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Tendances et caractéristiques de l'urbanisation du Tiers Monde d'avant-hier et après-demain (1900-2025) - article ; n°94 ; vol.24, pg 325-348

De
25 pages
Tiers-Monde - Année 1983 - Volume 24 - Numéro 94 - Pages 325-348
24 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Paul Bairoch
Tendances et caractéristiques de l'urbanisation du Tiers Monde
d'avant-hier et après-demain (1900-2025)
In: Tiers-Monde. 1983, tome 24 n°94. pp. 325-348.
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Bairoch Paul. Tendances et caractéristiques de l'urbanisation du Tiers Monde d'avant-hier et après-demain (1900-2025). In:
Tiers-Monde. 1983, tome 24 n°94. pp. 325-348.
doi : 10.3406/tiers.1983.4292
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/tiers_0040-7356_1983_num_24_94_4292DÉMOGRAPHIE ET TRANSFORMATION IL
DES STRUCTURES SOCIO-ÉCONOMIQUES
TENDANCES ET CARACTÉRISTIQUES
DE L'URBANISATION DU TIERS MONDE
D'AVANT-HIER A APRÈS-DEMAIN (1900-2025)
par Paul Bairoch*
Fin 1982 (et il en sera de même jusqu'en 1984-198 5) n'est pas une
période idéale pour se pencher sur les perspectives de l'urbanisation,
comme d'ailleurs sur les perspectives en général. En effet, nous nous
trouvons à un moment où toutes les projections existantes se basent
encore largement sur les données de recensements effectués autour de
l'année 1970. Il en va d'ailleurs de même des données de synthèse di
sponibles pour la période contemporaine. A cela s'ajoutent encore les
distorsions créées par la crise qui, de plus en plus, apparaît comme une
crise structurelle mondiale.
Par conséquent le lecteur doit garder ces réserves en mémoire. Tout
efois, avec les caractéristiques de l'urbanisation, nous sommes en
présence d'un aspect socio-économique dont la frange d'incertitudes est
plus faible qu'elle ne l'est pour beaucoup d'autres aspects.
Afin de réduire tant soit peu les inconvénients signalés ci-dessus,
nous avons procédé à une reconstitution de l'importance et des carac
téristiques de la population urbaine en 1980 en nous basant sur un
dépouillement exhaustif des résultats provisoires des recensements
effectués autour de 1980.
Cet article comporte trois parties. La première est consacrée à un
aperçu historique, car l'histoire est nécessaire pour éclairer le futur. La
seconde partie est consacrée à l'évolution de la population urbaine
entre 1970 et 1980 réalisée grâce aux premiers résultats des recensements.
* Université de Genève.
Revue Tiers Monde, t. XXIV, n° 94, Avril-Juin 1983 326 PAUL BAIROCH
Et nous terminons par l'essentiel, c'est-à-dire les perspectives d'ici la
fin du siècle et jusqu'en l'an 2025.
En règle générale, nous traitons de la Chine séparément et ce pour
des raisons évidentes qui tiennent essentiellement aux problèmes des
sources. Donc nous aurons l'occasion de nous référer à deux ensembles
géographiques concernant le Tiers Monde : l'ensemble du Tiers Monde1
et le Tiers Monde à économie de marché, lequel comprend l'ensemble
des pays du Tiers Monde à l'exception de la Chine continentale, de la
Mongolie, de la Corée du Nord et du Vietnam2.
A) D* Un AVANT-HIER aperçu historique A AUJOURD'HUI : (1900-I980)
II est probable qu'avant que la révolution industrielle n'entraînât
dans le monde développé un processus d'urbanisation accéléré, le futur
Tiers Monde avait, dans son ensemble, un niveau d'urbanisation voisin,
sinon supérieur, à celui de l'Europe. D'autre part, la colonisation jus
qu'au début du xxe siècle n'avait pas entraîné de bouleversements du
point de vue du taux moyen d'urbanisation de ce Tiers Monde, le
faible recul enregistré par l'Asie ayant été compensé par la progression
de l'Amérique latine et de l'Afrique. De sorte que, vers 1910, alors que
dans l'Europe (sans la Russie) 41 % de la population vivaient dans des
villes de plus de 5 000 habitants, le pourcentage correspondant pour le
Tiers Monde n'était que de 9-10 %3.
De 1910 à la deuxième guerre mondiale la tendance est déjà diffé
rente. Pratiquement dans tous les pays du Tiers Monde la population
urbaine augmente beaucoup plus rapidement que la population totale
qui, elle aussi d'ailleurs, commence à croître plus rapidement. Mais
cela demeura une expansion relativement modérée, surtout par rapport
à ce qui allait suivre. Sidei9ioài95o (voir le tableau 1) la population
totale s'accrut annuellement de 0,9 %, la population urbaine de 2,2 %
1. Nous avons retenu ici la définition la plus couramment utilisée, à savoir : l'Afrique»
à l'exception de l'Afrique du Sud; l'Asie, à l'exception du Japon et de la Sibérie, mais y
compris l'ensemble de la Turquie; l'Amérique, à du Canada et des Etats-Unis;
et l'Océanie, à l'exception de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande.
2. Pour des raisons d'harmonisation des statistiques, le Vietnam du Sud, qui pour 1950
et 1970 faisait partie des pays à économie de marché, a été incorporé dans les pays à économie
planifiée pour l'ensemble des statistiques présentées ici.
3. Pour une reconstruction des tendances historiques de l'urbanisation, voir notre étude :
P. Bairoch, De Jéricho à Mexico. L'aventure des villes et le développement, à paraître en 1983 chez
Gallimard. urbanisation du tiers monde 327
Tableau i
Evolution de la population urbaine Q) de l'ensemble du Tiers Monde
Population urbaine Taux d'urbanisation
En
pourcentage
Population Variation de la Variation
totale En population annuelle annuelle
millions totale (millions) (%) (%)
Illustration non autorisée à la diffusion 1800 (727) (61) (8,3)
1900 9,1 O,I 1 089 99 o,5
1910 1,0 9,6 1 137 109 o,5
1920 1 198 1,6 10,8 1,2 129
1930 2,0 11,8 1 325 157 o,9
1950 1 651 259 2,5 *5,7 i,4
i960 4,8 20,2 2,6 414 2049
24,2 1970 626 4,2 1,8 2589
1980 4,i 3 282 1,6 28,4 933
(!) Est considérée ici comme urbaine la population vivant dans les villes de 5 000 habi
tants et plus.
Notes : Le faible degré d'arrondissement des chiffres n'implique nullement une marge
d'erreur correspondante. — Les chiffres entre parenthèses comportent une marge d'erreur
beaucoup plus importante que le reste des données.
Source : P. Bairoch, De Jéricho à Mexico. L'aventure des villes et le dévelop
pement, à paraître chez Gallimard.
et le taux d'urbanisation de 1,2 %, de 1950 à 1980 tous ces taux ont
doublé (respectivement 2,2 % pour la population totale, 4,6 % pour
la population urbaine et 2,2 % pour le taux d'urbanisation). Les
années 1947- 196 5, qui correspondent à la décolonisation, ont d'ailleurs
été marquées par des rythmes d'urbanisation nettement plus rapides
que la moyenne de la période 195 0-1980.
Même si l'on prend l'ensemble des 3 5 dernières années, on constate
qu'une telle évolution est unique dans l'histoire de l'humanité, à la fois
dans son rythme et dans ses modalités. Dans le monde développé, durant
la période où la croissance urbaine qui résultait de la révolution indust
rielle a été la plus rapide — à savoir entre i860 et 1900 — la population
des villes n'a progressé que de 2,3 % par an. Entre 1946 et 1982, les
villes de l'ensemble du Tiers Monde ont vu leur population progresser
de 4,4 % par an, c'est-à-dire une augmentation d'environ 780 millions PAUL BAIROCH 328
de personnes, soit un chiffre plus élevé que celui de toute la population
urbaine mondiale de 1946, laquelle résultait d'un processus d'urbani
sation plusieurs fois séculaire.
Mais plus spécifique encore est le fait que cette véritable inflation
urbaine du Tiers Monde s'est réalisée sans développement économique
susceptible de l'expliquer et de la justifier. Non seulement l'importance
relative des emplois industriels n'a progressé que très faiblement, mais
de surcroît on n'a pas assisté à un progrès de la productivité agri
cole susceptible de permettre l'alimentation de populations urbaines
croissantes.
Sans entrer ici dans les problèmes des coûts de cette inflation urbaine4,
le dernier élément ci-dessus nous entraîne à insister sur un aspect import
ant et presque toujours négligé des conséquences de la croissance rapide
du taux d'urbanisation : il s'agit du déficit croissant de la production
agricole vivrière. Rappelons que jusqu'aux années 1950 le Tiers Monde
(Argentine exclue) était excédentaire en céréales : l'excédent du commerce
des céréales s'élevait pour 1934-1938 à 4 millions de tonnes, soit 2 %
de la production. Pour 1968- 1972, il s'agissait d'un déficit de l'ordre
de 27 millions de tonnes, soit 8 % de la production (pour 1978-1982
d'un déficit de l'ordre de 64 millions de tonnes, soit 14 % de la
production).
Il est indéniable que l'inflation urbaine joue en faveur d'une import
ation croissante de céréales dans le Tiers Monde. Aux facteurs struc
turels, tels que la localisation des centres urbains (en général très acces
sibles par voie d'eau) et la forte densité d'occupation des terres agricoles
(défavorable à la productivité) s'est encore ajouté un élément de nature
plus conjoncturelle constitué par l'évolution des prix mondiaux des
céréales très favorable pour les importateurs. Evolution résultant
des larges disponibilités des agricultures occidentales. Du début des
années 1950 au début des années 1970 (pour éliminer les effets du premier
choc pétrolier), les prix (en dollars) d'exportation du blé en provenance
de l'Occident avaient diminué d'environ 5 % (soit 0,4 % par an),
alors que les prix de consommation intérieure (en dollars) de la moyenne
des pays du Tiers Monde avaient progressé d'environ 40 % (soit 2,3 %
par an) durant cette même période5. Dans la mesure où les prix des
4. Pour un exemple récent de ce type d'analyse, voir J. F. Linn, The Costs of Urbanization
in Developing Countries, Economic Development and Cultural Change, Vol. 30, No. 3, April 1982
(p. 625-648).
5. Afin d'éliminer les effets (forte hausse des prix) dus à la guerre de Corée, la compar
aison a porté sur la période 195 3-195 7 à 1968-1972. Pour le blé, nous avons utilisé les prix
d'exportation de l'Australie, du Canada et de l'Argentine (la série des Etats-Unis n'est pas
strictement homogène mais elle dégage à peu près la même tendance). Pour le prix de détail, URBANISATION DU TIERS MONDE 329
transports maritimes ont, eux aussi, évolué encore plus favorablement
(pour les consommateurs), les prix d'importation s'en sont trouvés encore
abaissés6.
Il va de soi que l'urbanisation n'est pas le seul facteur explicatif de ce
déficit croissant7; et il doit certainement exister une liaison inverse : la
plus grande disponibilité de céréales importées constituant un facteur
d'attraction supplémentaire des villes. Et, dans cette optique, des re
ssources financières exceptionnelles peuvent jouer un rôle important.
Ainsi, par exemple, si l'on prend la grande région géographique qui
a le plus bénéficié des hausses des prix des produits pétroliers, à savoir
le Moyen-Orient, on s'aperçoit qu'entre 1968-1972 et 1978-1982 les
importations annuelles nettes de céréales sont passées de 5 à 20 millions
de tonnes et ce malgré une progression de 30 % environ de la production
alimentaire totale (et de 4 % par habitant). Il est vrai que, durant la
même période, la population urbaine de cette région a dû progresser
de quelque 55-65 %.
Au niveau des grandes régions, on trouvera dans le tableau 2 des
indications sur l'évolution de 1900 à 1980 de la population urbaine et
des taux d'urbanisation pour les pays à économie de marché (nous revien
drons brièvement sur le cas de la Chine plus loin).
En règle générale, et comme il fallait s'y attendre, l'expansion de la
population urbaine s'est réalisée en raison inverse du taux d'urbanisation.
Les régions (et pays) dont le taux d'urbanisation était faible au point
de départ ont enregistré les taux de croissance les plus élevés. Ce qui,
néanmoins, n'a pas conduit à des rythmes d'urbanisation modérés pour
les régions les plus urbanisées. Ainsi l'Amérique latine, dont la proport
ion de citadins était de 40 % vers 1950, soit trois fois plus élevée que
celle du reste du Tiers Monde, a vu son taux d'urbanisation progresser
de près de 60 % entre 1950 et 1980.
nous avons calculé les données pour 27 pays les plus significatifs (en termes de taille des pays
et en fonction des disponibilités des séries).
6. On ne dispose que de très peu de séries des prix d'importation de céréales pour les
pays du Tiers Monde. De ce fait le prix du fret revêt un grand intérêt. Ainsi, de 1953-195731968-
1972, le taux de fret (tramp) des céréales entre les Etats-Unis et Anvers et Hambourg est
passé de 9,5 à 5,0 $ la tonne. De l'Australie au Royaume-Uni, de 16,2 à 8,2 % la tonne. Pour
1 968-1 972, de l'Amérique du Nord à l'Inde, il s'agissait de 14,7 % départ des côtes ouest, et
de 13,1 % départ des côtes est. (D'après fao : Annuaire de la production, Rome, diverses livrai
sons. Et fao : Annuaire FAO du commerce, Rome, diverses livraisons.) Le gain au niveau des
pays du Tiers Monde doit se situer autour des 5-7 $ la tonne, soit une baisse du prix d'expor
tation + fret de l'ordre de 12-16 %.
7. D'ailleurs, les résultats préliminaires d'une analyse en cours sur les rapports entre
croissance urbaine et évolution du déficit céréalier n'ont pas encore permis de dégager des
résultats statistiquement significatifs.
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2- <<<ЬО о H -3 URBANISATION DU TIERS MONDE 331
Une des caractéristiques importantes de cette phase de rapide urba
nisation du Tiers Monde (et sur laquelle nous mettrons l'accent dans la
partie consacrée aux perspectives) est la forte concentration de la popul
ation urbaine dans les grandes villes. Notons que dans le cadre du
monde préindustriel beaucoup de régions du futur Tiers Monde ont été
caractérisées par la présence de grandes villes. Après le déclin de la
Rome antique et jusqu'à 1830, la plus grande ville du monde a toujours
été localisée dans des territoires du futur Tiers Monde : Constantinople
Tableau 3
Evolution par classe de taille des villes (*•) du Tiers Monde
à économie de marché
Taille des villes
(en 1 000 habitants) 1900 1930 1950 1980 (3)
Nombre de villes
100- 200 40 44 134 449
200- 500 22 274 39 79
500-1 000 8 7 23 99
1 000-5 oo° 1 6 18 63
5 000 et plus 2 14
Total 7° 256 97 899
Population des villes (en
millions d'habitants)
100- 200 6,2 5,4 *7,3 64,9 Illustration non autorisée à la diffusion
200- 500 12,1 86,6 5,4 22,3
500-1 000 16,2 5,4 68,5 6,3
1 000-5 000 1,2 129,0 9,6 3O,9
5 000 et plus 100,0 10,4
Total 34,2 97,2 449,° 17,5
64,0 189,0 706,0 Population urbaine (2) 101,0 totale 2 217,0 631,0 800,0 172,0
(*) Villes selon la définition de zones métropolitaines.
(2) Est considérée ici comme urbaine la population vivant dans les villes de 5 000 habi
tants et plus.
(*) Chiffres préliminaires.
Note : Le faible degré d'arrondissement des chiffres n'implique nullement une marge
d'erreur correspondante.
Source : P. Bairoch, Taille des villes, conditions de vie et développement écono
mique, Paris, 1977 (avec données revisées et calculs complémentaires pour 1980). 332 PAUL BAIROCH
entre 360 et 650 (ces dates et celles qui suivent sont approximatives);
Changan (ou Sian) entre 650 et 830; Bagdad entre 83oet93o;à nouveau
Constantinople entre 930 et 1000; Constantinople encore et Kaifeng
entre 1000 et 11 70 ; Hanchow entre 11 70 et 1320; Le Caire entre 1320
et 1350; Nankin entre 1350 et 1430; Pékin entre 1430 et 1830. Le flam
beau passe alors aux pays développés : Londres de 1830 à 1920; New
York de 1920 à 1975; Tokyo de 1975 à... Et reviendra probablement,
à partir de 1985, au Tiers Monde : à Mexico. Vers 1700, sur les 22-24 villes
de plus de 200 000 habitants que comptait le monde, seulement 3 se
trouvaient en Europe et dans les pays de peuplement européen (vers 1 500,
cette proportion était même de 1 sur 13-15). Vers 1900, le monde
comptait quelque 140 villes de plus de 200 000 habitants, dont 95 se
trouvaient dans les pays développés.
A partir de 1930, on assiste à une véritable explosion des grandes
villes du Tiers Monde (voir le tableau 3). Dans le Tiers Monde à économie
de marché le nombre de villes de plus de 100 000 habitants s'est trouvé
multiplié par 10 entre 1930 et aujourd'hui (fin 1982). Et le nombre de
très grandes villes, celles de plus d'un million d'habitants (le million
d'habitants étant à peu près la limite supérieure des plus grandes villes
du monde traditionnel), est passé de 6 à plus de 80.
Dans le Tiers Monde, les grandes villes concentrent une très forte
proportion de la population urbaine. Actuellement, les villes de plus
de 500 000 habitants concentrent 43 % de la population urbaine. A niveau
de taux d'urbanisation semblable, les pays développés (vers 19 10)
n'avaient que 29 % de leur population urbaine dans de telles villes.
B) L'évolution d'hier a aujourd'hui (1970-1980)
Rappelons que dans l'introduction nous avons insisté sur le fait que
les données actuelles et les projections dont on dispose aujourd'hui se
basent sur des données émanant des recensements effectués autour
de 1970. L'objet de cette brève partie est de confronter les estimations
(en grande partie des projections) qui concernent l'évolution de 1970
à 1980 aux données provisoires qui commencent à être publiées et qui
émanent des recensements effectués autour de 1980.
Ï-Л Tiers Monde à économie de marché
On trouvera dans le tableau 4 la comparaison entre les chiffres des
estimations des Nations Unies et nos estimations préliminaires en ce URBANISATION DU TIERS MONDE 333
Tableau 4
Evolution 1 97 0-1980 de la population urbaine Q) du Tiers Monde
à économie de marché
Mond marché) marché} (économie (économie Amérique
Afrique
latine Tiers Asie
de de
Situation iyjo (pop. totale, millions) 1 112 1 329 283 727
Population urbaine (en 64 159 234 457
Taux d'urbanisation (en pourcentage) 56,0 21,0 19,5 26,3
Evolution 1970 à ipgo
Taux annuel croissance popul. urbaine
A) Estimations Nations Unies 5,6 4,o 4,2 3,9
B)auteur 6,1 Illustration non autorisée à la diffusion 3,9 4,3 4,4
Situation 1980 (pop. totale, millions) 438 368 1 406 2217
Population urbaine (en
A) Estimations Nations Unies 110 232 688 345
B)auteur 116 232 706 357
Taux d'urbanisation (en pourcentage)
A) Estimations Nations Unies 24,6 31,0 24,4 62,5
B)auteur 63,1 31,8 26,5 25,4
(*) Est considérée ici comme urbaine la population vivant dans les villes de 5 000 habi
tants et plus.
Note : Les données des Nations Urnes ont été recalculées afin de les rendre homogènes
aux nôtres en ce qui concerne la définition de la population urbaine et les définitions géo
graphiques.
Source : Voir le texte.
qui concerne le Tiers Monde à économie de marché. Le cas de la Chine
sera examiné plus loin.
Afin d'intégrer les données du tableau 4 dans une perspective his
torique, rappelons que de i960 à 1970 la population totale du Tiers
Monde à économie de marché s'était accrue de 2,6 % par an et que la
population urbaine s'était accrue, quant à elle, de 4,5 % par an. Pour
la décennie 1970-1980, la croissance de la population totale a été de 2,5 %
par an (et peut-être de 2,6 %). En ce qui concerne la population urbaine,
d'après les estimations des Nations Unies, la croissance a été de l'ordre

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