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Théories et conceptions générales. - compte-rendu ; n°1 ; vol.45, pg 189-203

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16 pages
L'année psychologique - Année 1944 - Volume 45 - Numéro 1 - Pages 189-203
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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2° Théories et conceptions générales.
In: L'année psychologique. 1944 vol. 45-46. pp. 189-203.
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2° Théories et conceptions générales. In: L'année psychologique. 1944 vol. 45-46. pp. 189-203.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1944_num_45_1_8165THÉORIES ET CONCEPTIONS GÉNÉRALES 189
centrisme », etc. De nombreux exemples puisés dans l'histoire et la
littérature illustrent cette classification. En appendice : le texte du
questionnaire de l'enquête de H. et W.
Cet ouvrage imposant et documenté, que nous n'avons que très
schématiquement résumé, nous semble appeler d'assez nombreuses
réserves. Outre le fait que l'A. paraît parfois céder à une fâcheuse
tendance philosophique et sacrifier la complexité vivante dès faits à
la satisfaction intellectuelle d'une systématisation trop achevée, d'une
sorte de chimisme statique et verbal, ce sont les bases mêmes de sa
pensée, sa perspective spiritualiste et dualiste et ses concepts psycho
logiques qui sont pour nous scientifiquement impropres et dépassés.
Il faut noter tout d'abord que les composantes fondamentales
sur lesquelles repose tout le système sont plus intuitivement évoquées
que véritablement définies, qu'il est difficile d'en concevoir l'indépen
dance (émotivité implique activité, secondante s'oppose à émotivité)
et la fixité (émotivité et secondante peuvent être considérées comme
des stades de développement) et que l'appareil statistique, jouant
sur des termes ambigus, n'apporte qu'une rigueur assez apparente.
Ce n'est pas, certes, que la catégorisation ne soit suffisamment
exhaustive. Il est assez facile, en effet, d'attribuer à quiconque une
des 8 étiquettes proposées et même de s'en contenter si l'on ne cherche
rien de plus qu'un amusement de société. Mais, appelé à une utilisation
pratique et efficace, le système ne nous fournit, malgré les nuances
et assouplissements proposés, qu'un schéma assez abstrait, le signa
lement d'un style superficiel et quasi physiologique de l'individu. Il
manque, pour remplir cette forme vide et. impersonnelle, les déter
minants profonds de, l'activité individuelle, que l'A. réserve sans
doute à la « liberté » du « moi », et qui constituent l'état qualitatif et
quantitatif de l'affectivité et des tendances, le stade génétique de
développement des différents aspects de la personnalité. Alors seule
ment peut se justifier l'importance extrême que l'A. attribue à la
caractérologie, connaissance de 1' « homme total » par opposition à la
psychotechnique, « étude de l'homme sensori-moteur et profession
nel ». Cette prétention au concret n'est pas seulement paradoxale
mais dangereuse : elle amène Le S. à supprimer la psychologie en
lui retirant son objet et en la confondant avec la psychotechnique,
à opposer la littérature, domaine du « concret » et de 1' « Esprit »,
à la science,,domaine de la « matière » et de la « systématisation », et
à invoquer des notions comme celles de « sympathie dialectique » et
d' « intuition caractérologique ». La possibilité d'une telle position
traduit au moins un fait : une psychologie véritablement scientifique
et concrète à la fois n'a pas su encore s'imposer. P. J.
2° Théories et conceptions générales
3. — K. W. SPENCE. — The nature of theory construction in
contemporary psychology (La de la construction de théories
dans la psychologie contemporaine). — Ps. Rev., LI, 1944,
p. 47-68.
L'auteur définit la théorie psychologique d'un point de vue
behavioriste-empiriste : elle sert à établir les lois générales du compor- 190 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tement, inaccessibles à la seule observation, en postulant certaines
variables qui s'ajoutent aux variables expérimentales (stimuli et
réponses) et rendent compte de leur irrégularité apparente. Il pense
que, d'après la nature de ces variables hypothétiques, on peut
distinguer quatre types de théories.
1) Th. animistes invoquant l'âme, l'esprit ou la libido, l'instinct,
« 1 'insight » ;
2) Th. neuro-physiologiques ;
3>) Th. comme celle de Lewin invoquant une compréhension'
psychologique de la situation, et en une certaine mesure les théories
des champs cérébraux de Kohter et Koffka. L'acteur leur reproche de
s'appuyer sur l'introspection et de ne pas aboutir à des lois prat
iquement applicables et réserve ses préférences aux ;
4) Théories qui postulent des variables intermédiaires entre
stimulus et réaction (Hull et Tolrnan).
La classification de l'auteur ne vaut que d'un point de vue étro
itement behavïoriste. Il rejette d'ailleurs un empirisme absolu qui
voudrait écarter toute théorie, telle la doctrine de Woodrow qui est
signalée et critiquée. P. 0.
4. — H. ISRAEL et B. GOLDSTEIN. — Operationism in psychology
L' Opérationalisme en psychologie) . — Ps. Rev., LI, 1944,, (
p. 177-188. •
Bien qu'il se présente comme identique à la doctrine de Bridgmanr
l'opérationalisme des psychologues est en réalité différent. Bridgman
invoque principalement des opérations de mesure, les psychologues
opérationalistes des opérations de production <lu phénomène. L'opé-
ratiönalisme des psychologues constitue ainsi une attitude beaucoup
plus radicale et révolutionnaire car les événements ne sont plus
identifiés que par leurs relations fonctionnelles (p. ex. avec d'autres
événements qui les produisent ou par qui ils sont produits). Mais un
tel point de vue devrait logiquement conduire à des difficultés graves :
comment en particulier établir l'identité d'un phénomène produit
par des opérations différentes ? Les psychologues échappent à ces
difficultés parce qu'ils continuent à suivre les méthodes usuelles de
la science et que leur opérationalisme reste relativement étranger à
leurs recherches. P. O.
5. — G. MASTRANGELO. — Moderne prospetiive psieologiche
in psichiatrla (Perspectives psychologiques modernes en psychiat
rie). — Riv. dï Ps., N., VI, 3, 1945, p. -206-225.
L'article débute par un historique cru problème des rapporta
de l'âme et du corps, de la psychologie et de la psychiatrie, depuis
l'Antiquité jusqu'à la Gestalt, la psychanalyse et la psychosociologie.
L'A. exprime ensuite ses vœux quant au développement futur,
en Italie et dans le Monde, des sciences psychologiques. M. R.
6. — StJTERMEISTER. — Neue Gesichtspunkt* in der Psychologie
(Points de vue nouveaux en psychologie). — Rev. suisse Ps., II t
1944, p. 307-312.
Revue des points de vue plus ou moins récents en psychologie» THÉORIES ET CONCEPTIONS GÉNÉRALES 191
conçue comme une science de la Nature, en allant de la psycho-
physiologie au behaviorisme, et même aux conceptions de Kretschmer
sur les tempéraments. q, y
7. — R, BILZ. — Zur Grundlegung einer Paläopsyehoiogie (Fond
ation d'une paléopsychologie). — Rev. suisse Ps., III, 1944
p. 202-212 et p. 272-280.
L'auteur part de sa conception des « fonctions archaïques »
(ex. : les nourrissons endormis qui ferment leurs poings à la hauteur
de leurs yeux font comme les jeunes singes qui se cramponnent au
poil de leur, mère) pour montrer ce que l'on peut attendre d'une
« paléopsychologie », c'est-à-dire d'une recherche des origines, chez
les animaux ou chez les primitifs humains, de beaucoup de gestes
instinctifs existant actuellement chez les nourrissons, les enfants,
et même les adultes, et le plus souvent inexplicables du point de vue
strictement physiologique. Il montre en particulier tout le profit que
le psychologue peut tirer, dans ce but, des observations des animal
iers contemporains (v. Uexkiill, Hediger, Hokapfel-Meyer, Fischel,
K. Lorenz, Tinbergen, etc.). «~ G. V.
8. — P. SCHILDER, — Psychology and Physiology (Psychologie
et Physiologie). — J. of gen. Ps., XXIII, 1940, p. 329-341.
En contradiction avec Tolman qui considère les activités physio
logiques et le comportement psychologique comme deux séries
parallèles, l'auteur conçoit le comportement un ensemble
hiérarchisé qui inclut les activités physiologiques, au même titre que
les influences sociales et culturelles.
Un groupe n'a pas de psychologie, un individu n'a pas de physiol
ogie. Le peut seulement avoir une sociologie, l'individu une
psychologie et les organes, tissus, etc., une physiologie. Et ces
domaines sont non pas parallèles mais symétriquement hiérarchisés.
Ainsi pour Tolman les variables psychologiques indépendantes
correspondent à des variables physiologiques ; or, répond S., un phys
iologiste ne considère pas un poulet rôti comme partie de l'environ
nement, mais comme lipides et protides à ingérer. Cependant jamais la
substance chimique lipidique ou protidique, comme telle, ne crée un
état d'appétit comparable à celui créé par le poulet. Les facteurs
environnants agissent sur le comportement en fonction de l'histoire
individuelle et leur valence est distincte de ce que ferait attendre l'ana
lyse physiologique. La variable physiologique n'est qu'une partie de
la variable psychologique, il n'y a jamais de recouvrement complet. Si
une corrélation peut être établie entre faits physiolo giques et certains
éléments de comportement, il n'en est plus de même lorsqu'on consi
dère des comportements complexes. Une théorie valable du comporte
ment se doit, précisément, d'être capable de décrire les interconnexions
dans un ensemble structuré constitué par l'état actuel de l'individu
et l'environnement correspondant. - Y- G-.
9. — K. F. WALKER. — The nature and explanation of behavior
(La Nature et V explication du comportement). Ps. Rev.,
XLIX, 6, 1942, p. 569-585.
Le comportement consiste dans le changement des relations entre ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 192
l'organisme et un système de variables que nous appelons le milieu.
Mais le nombre des milieux est illimité, et il faut se garder d'expliquer
les faits correspondant à un certain contexte par d'autres fait«
observés dans un autre contexte. De même, si la physiologie peut
expliquer les mouvements du corps, elle ne saurait jamais expliquer
les rapports entre ces mouvements et d'autres variables.
Il suit de là des conséquences importantes pour la théorie de 1 1
motivation. On ne peut dresser une liste des impulsions (drives)
fondamentales, puisqu'il n'y a pas de contextes fondamentaux.
D'autre part, une théorie de la motivation ne doit pas employer les
concepts de désir, d'impulsion, de besoin. Il vaudrait mieux créer un
néologisme pour désigner ces faits, et l'A. propose le mot de envorg.
Une" explication du comportement doit employer des concepts qui
représentent l'organisme et le milieu unifiés dans un événement
simple. Cette conception se rapproche de celle de Lewin. G. P.
10. — H. W. WRIGHT. — The three contexts of human behavior
(Les trois contextes du comportement humain). — Ps. Rev..
L., 1943, p. 35f-369.
L'action humaine se déroule dans des milieux doués de signif
ication, ou « contextes ». Ces « contextes » sont au nombre de trois :
celui des^objets perçus en rapport avec les besoins, soit comme fins.
soit comme moyens. Le « contexte » social, celui dès personnes com
muniquant entre elles et interagissant autour des divers objets
culturels qui guident leurs actions. Les objets du monde réel qui
offrent matière à la connaissance scientifique, la technique, l'art. Le
passage de l'un à l'autre « contexte » constitue un élargissement, lié
l'être' humain. P. O. à la maturité croissante de
11. — H. H. DUBS. — The elementary units of behavior ( Les unités
élémentaires du comportement). — - Ps. Rev., L, 1943, p. 479-50:'.
Les unités du comportement sont des fonctions de deux types
principaux : 1) Les mécanismes psychologiques, du type réflexe (mais
pouvant être acquis) comportant une organisation de récepteurs, des
structures réactrices et une capacité de facilitation ou d'inhibition ;
2) Les intérêts comprenant une organisation de récepteur, l'aptitude
à mettre en jeu une énergie psychologique, des buts et des sentiments
de satisfaction ou d'échec. Ces unités permettraient, selon l'auteur,
d'éclairer certains problèmes, comme ceux de l'instinct, de l'émo
tion, etc. P. O.
12. — ROBERT LEEPER. — Dr Hull's Principles of behavior
(Les Principes du comportement du, DT Hull). J. of genet.
Ps., LXV, 1944, p. 3-52.
Le dernier ouvrage de Clark Hull est présenté par R. L. comme
représentatif des tendances, des préoccupations pratiques et théo
riques de la psychologie américaine, bien mieux que les ouvrages
de Me Geoch (Psychology of Human Learning, 1942) et de Tolman
(Purposive Behavior in Animals and Men, 1932) qui traitent des
mêmes problèmes : le learning et l'habitude. — Après une analyse
minutieuse de cet ouvrage, R. L. entreprend un examen critique THÉORIES ET CONCEPTIONS GÉNÉRALES 193
des principaux principes formulés par Hull. Ces principes constituant
une interprétation périphérique du learning par opposition à la
théorie centrale de E. C. Tolman. R. Z.
13. — S. KOCH. — Hull's principles of behavior (Les Principes
du Comportement de Hull). — Ps. Bull., XLI, 1944, p. 269-286.
Analyse critique du livre de Hull. Principles of Behavior, dont
l'intérêt réside pour l'A. dans une défense de l'esprit scientifique
à un moment où les spéculations métaphysiques ou théologiques
tendent à reprendre de l'importance dans l'étude des problèmes
humains. H. après des considérations méthodologiques expose sa
théorie des variables venant s'interposer, dans l'explication du
comportement, entre les variables indépendantes qui sont les anté
cédents du comportement et les variables dépendantes qui repré
sentent les aspects mesurables de ce comportement. Ces variables sont
des concepts comparables à ceux d'atome ou de molécule en phys
ique. Le type en est celui de l'habitude. Elles sont introduites par
H. dans ses 16 postulats. L'un de ces postulats, le plus important, est
celui qui expose les conditions de l'apprentissage. R. B.
14. — B. B. RITCHIE. — Hull's « treatment of learning » (Les
conceptions de Hull concernant l'apprentissage). — Ps. Bull.
XLI, 1944, p. 640-652.
Analyse critique du livre de Hull Principles of Behavior. R. B.
15. — LUCIEN BONNAFÉ, ANDRÉ CHAURAND, F. TOS
QUELLES ET ANDRÉ CLÉMENT. — L'Évolution du beha-
viorisme et la notion de structure en psychiatrie. — An. Méd.-Ps.,"
t. II, 1945, p. 555-559.
Rappel de l'évolution du behaviorisme. Très rapide examen de
certaines thèses de Tilquin, Politzer, Tolman. Applications à la
psychiatrie et à l'étude de la situation du malade dans les conditions
de la vie de l'asile et du malade en face du médecin. R. B.
16. — S. FELDMAN. — The head as organ of behavior .• a genetic
analysis (La tête comme organe du comportement : analyse génét
ique). — Am. J. of Ps., LV, 2, 1942, p. 157-170.
La tête joue le rôle d'organe régulateur du comportement,
d'organe principal de l'orientation. L'homme doit sa longue enfance
et sa posture verticale au fait que sa tête est grosse dès la naissance,
et son corps faible. Les relations dynamiques entre la tête et le
corps s'étendent à tous les aspects du comportement, la disparition
de quelques réflexes primitifs lorsque le contrôle de la tête est acquis
le prouve également. En orientation dans l'espace la tête prend aussi
la directive ; le nourrisson ne se tourne d'abord que pour des stimuli
' agissant sur sa tête : toucher facial, lumière et son. Le contrôle
corporel, organe des sens y compris, se développe parce que le mou
vement et la stimulation sont des menaces pour l'équilibre de la
tête. La perception est une sorte de contrôle, contrôle du monde
extérieur et de soi au moyen du contrôle de la tête et des organes
des sens. Chaque étape vitale développe de nouvelles orientations :
géographique, temporelle, sociale, intellectuelle, et de nouveaux
l'année psychologique, xlv-xlvi 13 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 194
types de contrôle. L'Auteur passe ainsi en revue les rôles de la tête
dans le comportement, tant du point de vue du développement que
comme organe de contrôle et organe d'orientation. I. L.
17. — W. FISCHEL. — Diè niederen und die höheren Denkleis
tungen (Les activités intellectuelles inférieures et supérieures). —
Z. f. a. Ps., LXIV, 1-2, 1942, p. 76-106.
C'est une revue des principales recherches de psychologie compar
ative et évolutionniste concernant les processus dé la pensée.
L'A. attire l'attention sur le fait que la schématisation analytique
ne rend pas souvent suffisamment compte d'énormes possibilités
de variation des fonctions intellectuelles. Il s'efforce dans le schéma
qu'il fournit lui-même de remédier à cette lacune. Son schéma qui
gagnerait à être plus clair et plus explicite tiendrait compte aussi de
la sériation des fonctions selon les couches psychologiques, lesquelles
ont été admises par certains auteurs allemands (Hellek : couche
nucléaire, couche superficielle ; Braun : couche somato-biologique ;
couches des instincts, des tendances, des sentiments ; couche de
l'intelligence, de la pensée structurale et de la volonté). S. P.
18. — C. G. JUNG. — L'homme à la découverte de son âme. —
Préface et traduction de R. GAHEN SALABELLE. — In-12 de
405 pages (Collection « Action et Pensée »). Genève, Éditions
du Mont-Blanc, 1944.
Disciple du maître zurichois, R. Cahen Salabelle a, pour assurer
aux conceptions de Jung le plus grand rayonnement en pays de
langue française, traduit un ensemble de travaux caractéristiques,
fournissant bien les bases psychologiques de sa psychothérapie, et
choisis d'accord avec lui.
Dans un premier livre d'exposition, on trouve une conférence de
1931, sur le problème fondamental de la psychologie contemporaine,
qui consisterait à déterminer le conditionnement spirituel des opé
rations psychiques, et un article de 1934 sur la psychologie et les
temps présents, mettant en saillie le rôle, qui serait eminent, de
Y « arrière-plan de l'âme », régissant la conscience intellectualisée.
Le second livre, consacré aux complexes, comporte deux chapitres
d'introduction à la psychologie analytique d'après une série de
conférences inédites faites à Bâle, en 1934, et complétées par des
considérations générales sur la théorie des complexes (leçon inau
gurale du 5 mai 1934, à l'École Polytechnique fédérale de Zurich).
* Enfin les rêves sont l'objet de la troisième partie ; le premier
chapitre sur la psychologie du rêve est extrait de YEnergetik der
Seele (1928) ; le second, sur l'utilisation pratique de l'analyse oni
rique a fait l'objet d'une conférence au Congrès de la Société
médicale de Psychothérapie à Dresde, en 1931 ; et le troisième
complète les conférences du second livre et l'introduction à la psy
chologie analytique.
C. G. Jung a complété ce livre par quelques lignes d'épilogue, où
il se dit convaincu que l'étude scientifique de l'âme est la science de
l'avenir.
On peut, grâce à cet ouvrage synthétique, se faire une idée précise
des conceptions générales de Jung, à qui l'on doit la notion du THÉORIES ET CONCEPTIONS GÉNÉRALES 195
j
« complexe » qui voit dans le rêve une compensation équilibrante à
la vie consciente de la veille, et, admet que tout rêve doit avoir un
sens, pour qui la symbolisation.est un retour à la forme de pensée
personnalisante du primitif qu'il a lui-même étudiée (et la nature des
symboles pourrait être héréditairement transmise dans la structure
de la psyché). Parti des recherches de laboratoire (au temps de la
méthode des associations), Jung, au cours de la carrière clinique de
psychothérapeute, en est venu à une exaltation quasi mystique de
l'Inconscient. H. P.
19. — ROBERT P. FISCHER. — Schilder's Mind : Perception
and thought and Goals and desires of man (Perception et pensée
et « Buts et désirs de l'homme »). — - Ps. Bull, XLI, 1944, p. 30-40.
Analyse des deux livres de Schilder publiés en 1942 à New- York
(au Colombia Press). Les titres de chapitre de son premier livre sont
déjà un programme : homosexualité, sadomasochisme, etc., et non
point intelligence ou apprentissage, etc. Se souciant moins des
expériences de laboratoires et des vérifications statistiques que
d'une large documentation le plus souvent de nature psychiatrique,
S. rappelle le réalisme naïf d'un Freud, d'un Adler ou d'un Jung.
En face de la psychologie animale chère aux expérimentalistes il
veut sauvegarder l'autonomie d'une psychologie rigoureusement
humaine. Pour lui, perception, temps, espace qu'il étudie d'un point
de vue génétique ne peuvent se comprendre séparés de la motricité
et de la vie instinctuelle. De même la naissance et le développement
du langage apparaissent liés à la recherche de la nourriture et de
l'objet sexuel. Sa distinction entre symbole et signe est toute impré
gnée de rappels psychanalytiques. Finalement, pensée, perception,
conscience comme des phénomènes actifs, dynamiques
par lesquels l'individu cherche à réaliser une construction finale qui
peut se faire seulement contre le monde extérieur et pensée et action
s'identifient. S., considérant l'aspect dynamique des tendances et
des besoins, défend la thèse de l'indéterminisme psychologique au
niveau de la micropsychologie. Il affirme, d'autre part, son désaccord
avec Freud : ce qui compte pour l'homme ce n'est pas la satisfaction
en tant que telle des tendances, mais la poursuite de buts et d'objets.
L'idéal n'est pas dans la quiétude de la satisfaction, mais dans
l'activité constructive. D'où sa critique des instincts de mort de
Freud et de Menninger. Dissociant la sexualité des fonctions de
reproduction il y découvre le sentiment de l'incomplétude et la
recherche dans l'union sexuelle de ce que viendra apporter à l'homme
ce complément nécessaire critique des conceptions psychanalytiques
classiques du complexe d'Œdipe, du narcissisme, de l'agressivité,
ainsi que de l'opposition féminité-masculinité qu'on tend à superposer
à celle de la soumission-dominance.
Ainsi pour S. l'activité humaine est moins déterminée par la nos
talgie d'on ne sait quel passé qu'elle n'est orientée vers l'avenir. Par une
suite d'essais et d'erreurs l'homme se dirige vers le bonheur et finale
ment toutes les actions humaines sont des actions sociales. R. B.
20. — H.'THOMAE. — Die existentielle Lage im Sinngefüge des
menschlichen Handelns (Le conditionnement existentiel dans la ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 196
structure significative de l'action humaine). — Z. f. a. Ps., LXIV,
3-4, 1943, p. 121-160.
Définition du concept :
Le schéma conditionnel signifie la présence d'une multitude de
rencontres, espérances, attentes, points de vue, injonctions, chances
de succès, etc., qu'avait traversés ou qu'avait éprouvés un sujet
au cours de sa vie en tant que simples indices de l'incommensurable
étendue des événements psychiques qui, tout en pouvant être vécus,
ne le sont pas nécessairement. Ainsi ce concept comprend tout ce qui
est arrivé à l'individu au cours de sa vie, tout ce dont, sous une forme
très concentrée, il doit être toujours conscient, et dont il doit tenir
compte. Le devenir tendanciel (superconcept qui doit embrasser
l'ensemble des phénomènes tels que penchants, impulsions, désirs,
passions, aspirations, vœux) réagissant par un schéma spécifique
d'activité à un schéma spécifique déclencheur de cette dernière,
n'est pas orienté par les zones immédiatement voisines d'événements
psychiques ou par certaines parties éloignées mais par l'ensemble de
conditionnement de la vie individuelle. La relation entre « le concret »
et « l'intentionnel » est à tel point étroite et insoluble que cette
orientation ne résulte e_n aucun cas des considérations conscientes
ou de l'actualisation des moments passés plus ou moins décisifs et
frappants au cours de l'existence.
Caractéristique phénoménologique du schéma conditionnel. — L'effi
cacité du schéma conditionnel peut embrasser des phénomènes
connus sous une autre dénomination tels que : attitude, disposition,
et en général tous les facteurs dynamiques. Au contraire il faut
admettre un facteur liant et conditionnant à la fois toutes les expé
riences psychiques venant de directions diverses, un lien tendanciel
particulièrement dominant et structuré qui correspondrait au
« milieu essentiel » de Volkelt, au « je personnaliste » de Lerch ou à
la « manifestation dominante de la dynamique vitale individuelle »
de l'A.
Genèse du schéma conditionnel. — Dans l'efficacité du schéma
conditionnel il s'agit toujours des influences exercées par les événe
ments tendanciels liés aux assises psychiques passées et s'exerçant
grâce aux facteurs corticaux (puisque par la voie mnémonique).
Par là-même, la théorie du schéma conditionnel apporte une contribu
tion à la théorie structurale des assises psychiques déterminantes
pour l'activité humaine. L'A. évite la dénomination « couche »,
« assise », et parle de la « superstruction » ; car il désire mettre davan
tage en relief le caractère processif de l'intégration du psychisme,
intégration qui doit être comprise génétiquement, par opposition
à l'image statique qu'en fournit la théorie des assises. Dans le
deuxième et le troisième chapitre, H. T. expose la structure interne
du schéma conditionnel et son efficacité. S. P.
21. — ALBERT WELLE K. — Das problem des seelichen Seins.
Die Strukturtheorie Felix Krügers : Deutung und Kritik. Zugleich
ein Beitrag zur Wissenschaftslehre und zur Theorie des Charakters
(Le problème de V existence psychique : La théorie de la structure
de Félix Krueger : Interprétation et critique. En même temps, THÉORIES ET CONCEPTIONS GÉNÉRALES 197
contribution à la théorie de la connaissance et à celle du caractère).
— Z. f. a. Ps., LXI, 3-4, 1941, p. 129-238.
Il nous paraît impossible de donner une analyse vraiment
f exhaustive de cet article qui doit être lu par tous ceux qui s'inté
ressent aux théories de la structure. On y trouvera, appuyée sur de
nombreuses citations, la preuve de la distinction que faisait
F. Krueger, entre les concepts structure, totalité, complexe, global
ité, le tout, etc., qui sont utilisés dans la littérature psychologique
comme synonymes.
S'il était traduit en français, cet article contribuerait largement
à éclaircir et à préciser quantité de concepts à contenu obscur et mal
défini, dont on se sert à n'importe quel propos, chaque fois que l'on
veut nfer la nature composée d'un phénomène, que celui-ci soit
physique ou psychique, objet sensible, vécu ou activité psychique.
L'A. montre par un rapprochement judicieux de citations, comment,
chez Krueger, le concept même de structure embrasse déjà l'axiome
fondamental-, à savoir que les sentiments et les désirs possèdent la
« dimension de profondeur ». - . S. P.
22. — A. H. MASLOW. — A Theory of human motivation (Une
théorie des besoins humains). — Ps. Rev., L, 1943, p. 370-396.
Description des principaux besoins de l'homme. Ces besoins
formeraient une hiérarchie, fonction de leur prépondérance relative :
un besoin « supérieur » n'apparaîtrait que lorsque les besoins plus
impérieux sont déjà satisfaits. Les besoins les plus prépondérants
sont les besoins physiologiques, puis viennent les besoins de sécurité.- r
d'amour, d'estime et de réalisation de soi. L'homme a totij ours quelque
chose à désirer puisque la satisfaction d'un besoin ouvre la voie à
un autre besoin. Il ne fait voir en tout ceci que schéma général auquel
échappent nombre d'individus. P- O.
23. — MONIKA HOLZAPFEL-MEYER. — Eine neue Theorie
der Objektwahl (Une théorie nouvelle du choix des objets). —
Rev. Suisse Ps., Ill, 1944, p. 55-58.
K. Lorentz a montre, chez les animaux supérieurs, que le choix
des objets (ou des partenaires sexuels, etc.), n'est pas fait au hasard,
mais dépend d'excitations déterminées, fixées héréditairement en
des schémas innés. Lorentz pense que ces faits peuvent être étendus
à l'homme et même à l'homme civilisé. L'auteur rapproche ces
observations de celles de Szondi (« Analyse de la destinée ») : pourquoi
choisissons-nous telle profession, tel partenaire dans l'amour ou
l'amitié ? Parce que ce choix est dicté par des facteurs héréditaires,
des « gènes », qui pourraient bien être dominants, ou récessifs, etc.,
et obéir aux règles mendéliennes. Szondi pense que les porteurs de
gènes semblables ont une grande force d'attraction l'un pour l'autre
(« attraction génotrope », ou « génotropisme ») , et il a cherché à montrer,
en s'aidant de généalogies, la preuve de ces gènes : p. ex., deux époux
ont des hérédités semblables dans leurs familles respectives (démence,
alcoolisme, etc.). C'est peut-être aller un peu vite en besogne, et la
part d'hypothèse reste grande, mais l'idée est cependant à creuser.
G. V.

Un pour Un
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