//img.uscri.be/pth/00c1e96bb2a6811b1761cb90b8d1b9a09fd2a345
La lecture en ligne est gratuite
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres
Télécharger Lire

Vision. - compte-rendu ; n°1 ; vol.47, pg 337-353

De
18 pages
L'année psychologique - Année 1946 - Volume 47 - Numéro 1 - Pages 337-353
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Voir plus Voir moins

1° Vision.
In: L'année psychologique. 1946 vol. 47-48. pp. 337-353.
Citer ce document / Cite this document :
1° Vision. In: L'année psychologique. 1946 vol. 47-48. pp. 337-353.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1946_num_47_1_8307— Psychophysiologie des sensations. III.
1° Vision.
45. — HARTLINE (H. K.), MC DONALD (P. R.). — Light and
dark adaptation of single photorecepter elements in the eye of
Limulus (Adaptation à la lumière et à l'obscurité de photorécept
eurs uniques dans Vœil du Limule). — J. cell. comp. Physiol.,
1947, 30, 225-253.
La stimulation lumineuse d'une seule ommatidée est obtenue par
projection avec un objectif microscopique de l'image d'une petite
ouverture d'écran, au niveau de laquelle se forme l'image d'un
filament incandescent. On obtient ainsi, dans le nerf, les décharges
d'une fibre unique. Le seuil de la réponse à la stimulation (comport
ant un seul influx) est déterminé dans divers états préalables
d'adaptation. Au cours de l'adaptation à l'obscurité, la décroissance
du seuil se fait suivant l'allure hyperbolique classique jusqu'à une
limite atteinte au bout d'une heure environ.
La donnée importante de la recherche consiste en ce fait que,
dans tous les cas, une stimulation dont l'intensité représente un
même multiple du seuil, provoque un train d'un même nombre
d'influx, et cela a permis de déduire la valeur du seuil du
constaté d'influx dans la réponse à la stimulation d'une intensité
donnée. Quant à la latence, elle ne varierait pratiquement pas
(sans doute dans la mesure où on atteint des intensités qui ne
restent pas très proches du seuil).
L'élévation du seuil dans l'adaptation à la lumière est fonction
à la fois de sa durée et de la grandeur de l'éclairement; dans une
marge assez large il y a équivalence des It adaptatifs (produits de
l'éclairement par la durée); mais, avec des éclats très brefs, il y a
une récupération plus rapide que pour éclairements prolongés,
à égalité de Vit total.
La similitude des résultats avec ceux que l'on obtient pour la
vision chez l'homme conduit les auteurs à admettre à l'origine dans
tous les cas des mécanismes biochimiques semblables.
Les auteurs donnent des figures exprimant les résultats numér
iques, mais sans fournir les chiffres, ce qui est regrettable. En déga
geant les valeurs probables des oscillogrammes de la figure 1, on a,
pour une stimulation constante, des réponses de cet ordre, pour des
durées d'adaptation à l'obscurité allant de trente secondes à une
heure (d'où se dégage une croissance linéaire des fréquences cen
trales en fonction du logarithme du temps d'adaptation) :
l'année psychologique, xlvii-xlvih 22 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 338
Durée d'obscurité (minutes). 0,5 1 2 5 10 20 40 60
Latence du 1er influx (msec). 126 133 139 139 139 124 120 106
Nombre total des influx du
9 train . 4 5 6 13 19 22 27
Fréquence centrale du train
60 72 88 94 107 116 125 (p. sec.) 137
H. P.
46. — SIMONSON (E.), BLANKSTEIN (S. S.-), CAREY (E. J.).
— The relationship between light adaptation and dark adapta
tion and its significance for apraisal of the glare effect of different
illuminants (La relation entre adaptation à la lumière et adaptation
à r obscurité et sa signification pour F appréciation de l'effet d'éblouis-
sement de différentes sources lumineuses). — Amer. J. Ophtalm.,
1Ô46, 29, 328-340.
Environ 5 sec. après une exposition à la lumière de durée variable
on détermine le seuil de vision lumineuse, et on répète cette déter
mination pendant l'adaptation à l'obscurité jusqu'à une certaine
Valeur limite, chez 10 sujets (dont 3 très entraînés) choisis parmi
un lot de 32 comme représentant les types extrêmes dans la vitesse
d'adaptation (les plus lents et les plus rapides). Les éclairements
.adaptatifs préalables allaient de 125 à 1050 bougies-pieds, avec des
durées de 0,5 à 100 sec.
Il n'y a pas eu de relation cohérente entre les deux vitesses d'adapt
ation, à la lumière et à l'obscurité. Dans l'adaptation à la lumière,
la durée d'exposition s'est montrée plus importante que la brillance,
pour les bas-niveaux de celle-ci, moins au contraire les niveaux élevés; l'adaptation à l'obscurité, quand un certain
niveau d'adaptation à la lumière a été atteint, est plus lente quand
la durée à la a été plus prolongée (avec une
brillance ' Les variations moindre, individuelles, par conséquent). aussi bien que les variations journal
ières chez un même individu, dans les vitesses des deux modes
d'adaptation se sont montrées tout à fait indépendantes. Tels sont
les résultats généraux de cette étude entreprise dans un but d'appli
cation pratique.
H. P.
46 bis. — BLISS (A. F.). — The Chemistry of day light vision (Le
chimisme de la vision diurne). — J. Gen. Physiol., 1946, 29,
277.
On décrit une méthode permettant l'obtention d'un pigment,
l'iodopsine, que l'auteur ainsi que Wald (1937) croient être celui à
qui nous devons la vision diurne. Du fait que le seuil foveal serait
à peu près cent fois plus élevé que le seuil extra-foveal, l'auteur
conclut que la concentration des pigments photosensibles contenus
dans les cônes est particulièrement faible. On ne peut guère admett
re ce raisonnement, car le rapport des seuils foveal et extra-foveal
est fonction du diamètre de la plage stimulée et diminue fortement
quand les plages deviennent très petites. On peut donc conclure
que les concentrations du pourpre et des pigments hypothétiques ■

' 339 VISION
responsables de la vision diurne doivent être du même ordre de gran
deur.
Bliss plonge des rétines (poulet, lézards nocturne et diurne»
grenouille) dans une solution aqueuse de digitaline à 2 % où elles
macèrent quatre à huit heures durant.
Il est impossible d'extraire l'iodopsine dans le glycocolate de soude
ainsi qu'on peut le faire avec la rhodopsine, car ce premier corps est
trop instable. On peut extraire la rhodopsine aussi bien que l'iodop
sine de rétines tannées dans l'acétate de plomb à 25 % et rincées
dans une solution de Ringer. Le séchage des deux extraits peut
s'effectuer sans dommage dans le vide à 0°.
La préparation de l'extrait se fait à la lumière rouge faible.. Après
extraction dans la digitaline et rinçage pendant 1 h. 1/2 dans une
solution Ringer, les rétines sont tannées pendant 30 minutes dans
une solution tampon à l'acétate de plomb (pH = 4,9). La saponine
de fabrication « Merck » permet d'ailleurs un meilleur enrichiss
ement en iodopsine, mais ce produit n'était pas à la disposition da
l'auteur.
Les animaux sont adaptés à la lumière blanche dans l'espoir de
détruire ainsi la rhodopsine. Deux à trois minutes au maximum
se passent entre leur mort et le dépôt de leurs rétines dans la digi-
.. -ta iodopsine
taJine et rpourtant on constate toujours le même rapport rr rhodopsine , ,■ * — : —
que celui qui correspond à une adaptation très prolongée à l'obscurité^
L'auteur, ne doutant nullement du bien-fondé des théories photo
chimiques courantes, en conclut que la régénération dans l'animal
vivant des pigments photosensibles est trop rapide.
Il est étonnant que la nécessité de faire une hypothèse si peu pro
bable ne fait pas douter l'auteur de la nature purement photo
chimique de l'adaptation.
La baisse si extraordinairement rapide, avec l'augmentation,
du niveau d'éclairement, de la sensibilité des récepteurs foveaux
et extra-foveaux de la rétine humaine à 0,1 lux — elle n'est plus
qu'un seizième de ce qu'elle est au seuil absolu — correspond, dans
l'idée des défenseurs des théories photochimiques du type de celle
de Hecht, à une baisse correspondante de la concentration de la
nature photosensible et ceci à un niveau où les récepteurs foveaux
n'ont même pas commencé à répondre. On voit quel démenti cons
titue pour ces théories la constatation de Bliss. Un petit calcul très
élémentaire montre d'ailleurs que le nombre des molécules de
pourpre contenues dans un seul bâtonnet devrait être sensiblement
inférieur à 1.000, pour que l'adaptation puisse être considérée comme
étant de nature photochimique (on calcule le nombre de photons
absorbés par bâtonnet et par unité de temps au niveau de brillance
considéré). Bref, l'observation de l'auteur constitue une contribu
tion intéressante à la critique des théories photocoimiques cou
rantes.
L'animal diurne qu'est le lézard Sceloporus et dont l'œil contient
seulement des cônes fournit un extrait entièrement insensible à
la lumière.
Le lézard Xanturia — animal nocturne, possédant lui aussi de» ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
cônes (de taille énorme) — ne contient également ni de la rhodopsine
ni de l'iodopsine; bref, aucune photo-sensibilité.
Dans l'embryon de poulet, des substances photo-sensibles sont
présentes à partir du 17e jour de l'incubation et toujours en pro
portion constante, ce qui devrait paraître étonnant si elles appar
tenaient à des récepteurs de type différent. L'auteur étudie le blan-
chissement spécifique de l'iodopsine par la lumière de différentes
longueurs d'onde. IF utilise un spectrophotomètre photo-électrique
(Bliss, 1943), des filtres appropriés déterminant des bandes de 5 à
10 m(x de largeur. La densité en fonction du blanchissement de la
solution est mesurée avec un faisceau scrutateur de 615 m(X de
longueur d'onde, car, pour de la lumière de cette longueur d'onde,
la baisse de l'absorption maximum due à la transformation de la
rhodopsine n'est plus que de 4 % de celle due à la
de l'iodopsine. 9
On constate que le taux de blanchissement est bien proportionnel
à l'énergie totale incidente.
La courbe obtenue se superpose approximativement à celle de
la visibilité dans les seules régions comprises respectivement entre
575 et 650 ra\i et entre 480 et 510 mjt. Dans le bleu, l'absorption
de l'iodopsine est bien plus forte, dans le jaune elle l'est légèrement
et dans le vert elle l'est un peu moins que ne le correspond la courbe
de visibilité. Le maximum d'absorption se trouve à 560 m(x.
L'auteur regrette que le manque de précision des mesures l'ait
empêché d'étudier le blanchissement spécifique en lumière bleue
et rouge, car cela aurait pu permettre de constater si, oui ou non,
l'iodopsine se compose de plusieurs corps piimaires.
Il faudrait bien qu'un jour on puisse faire cette constatation,
car, autrement, il serait difficile de concevoir le maintien du postulat
de Johannes Müller, concernant la spécificité nerveuse. Remarquons
qu'en mélangeant du pourpre rétinien au pourpre jaune, produit de
sa décomposition, on devrait obtenir une courbe d'absorption du
type de celle constatée par Bliss. N'est-ce pas troublant que — nous
citons Bliss — « les lipoïdes libérés par l'action de la lumière sur
la rhodopsine et l'iodopsine ont été trouvés être similaires et possé
der un spectre instable d'absorption en solution dans le chloro
forme, dont le sommet se place à 390 m(x et le minimum aux environs
de 470 m[x et qu'après transformation complète le spectre d'absorp
tion ressemble tout à fait à celui du rétinène (aldéhyde de vitamine
A) »? L'iodopsine pourrait fort bien être un mélange de pourpre
rétinien et de l'un ou de plusieurs de ses produits de décomposition,
pigments absorbants actifs ou non. Il nous semble que le dernier
mot ne soit pas encore dit à ce sujet.
L'auteur contrôle la production d'acide phosphorique et de
phosphate dans la rétine de « Rana pipiens » exposée à la lumière
diffuse du jour pendant 10 à 20 minutes. Aucune trace de ces corps
n'a pu être trouvée dans ces rétines.
E. B.
46 ter. — IVANOFF (A). — Sur la discrimination de l'intensité
d'une source ponctuelle. — Thèse Paris, 1946, Edit, de la Revue
d'Optique théorique et instrumentale, 69 pages. vision . 341
C'est la loi de la sensibilité différentielle de l'œil qui sert comme
pierre de touche dans toute ébauche de théorie photochimique de
la vision.
L'auteur s'est donc proposé de faire une étude expérimentale
d'ensemble de la loi de variation du rapport Al/I en fonction de I
et d'essayer d'expliquer les résultats dans le cadre de la théorie
photochimique moderne de S. Hecht, afin d'éprouver cette dernière.
Contrairement aux chercheurs qui l'avaient précédé dans cette
voie, l'auteur étudie la discrimination de l'intensité d'une source
ponctuelle, afin, dit-il, d'obtenir des résultats relatifs à un point
de la rétine, et non pas des résultats totalisant l'effet d'un grand
nombre de cellules. Remarquons que, malgré toutes les précautions
que prend l'auteur pour rendre aussi petite que possible la projec
tion rétinienne de la plage stimulatrice, cette dernière couvre néces
sairement un certain nombre de cellules réceptrices! et les mouve
ments involontaires de l'œil ont comme effet d'augmenter encore ce
nombre. Ainsi la méthode de l'auteur permet l'étude d'une surface
rétinienne très limitée, mais non pas celle d'un point rétinien (ou
d'une seule cellule réceptrice).
Il est évident que, dans ces conditions, l'auteur ne peut pas étu
dier la sensibilité différentielle simultanée, mais est obligé d'étudier
la successive. Il aurait pu appliquer cette
méthode purement et simplement, mais il a préféré procéder à des
mesures de papillotement, c'est-à-dire il a présenté au sujet des
paires de stimuli I et I + AI répétées.
Il n'est guère nécessaire d'insister sur le fait que des fonctions
nerveuses et même corticales interviennent dans le cas complexe
du papillotement_ (Ségal, Thèse, 1940; Bartley, Vision, 1941), et
ainsi toute tentative d'explication par une théorie purement photo
chimique est condamnée d'avance à l'échec. Et depuis 1941, année
où Hecht, Shlaer et Pirenne ont publié une étude très complète
sur le seuil absolu, toute théorie photochimique du type de la théorie
de Hecht (aussi bien que du type de celles de Lazareff ou de Pütters)
se trouve amputée de sa base essentielle sans laquelle elle devient
manifestement erronée.
En effet, des mesures faites par Hecht et ses collaborateurs il
ressort qu'au seuil absolu un très petit nombre de photons (un maxi
mum dé 5 à 14, d'après l'interprétation de Hecht, mais peut-être
même 2), absorbés dans autant de bâtonnets, faisant partie de la sur
face rétinienne stimulée — et qui comprenait des centaines de bâ
tonnets — donnent lieu au départ de l'influx qui est à la base de
la sensation liminaire. Puisqu'un photon ne peut décomposer qu'une
seule molécule du pourpre, dans chaque bâtonnet frappé il n'y peut
être créé qu'une seule molécule du produit de décomposition actif,
qui, soit directement soit indirectement, provoquerait le départ
d'un influx vers les centres. Mais, pour expliquer le mécanisme de la
discrimination des brillances, la théorie de Hecht aussi bien que
celle de Myram ou celle de Moon et Spencer, doivent admettre V exis
tence d'une concentration liminaire du produit de décomposition actif,
laquelle correspondrait tout juste à un AI devenu
perceptible. C'est la loi d'action de masse qui détermine l'équilibre 342 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
<ent*e pourpre, produit de décomposition et autres produits rentrant
éventuellement dans le cycle de décomposition, recombinaison!
•Or, aucune concentration liminaire ne peut exister, le départ de l'in-
'flux étant déterminé par la d'une seule molécule de
pourpre dans quelques rares bâtonnets.
Les « vérifications » des théories photochimiques n'ayant jamais
•eu un autre caractère que la recherche d'un ou de plusieurs para
mètres tels qu'introduits dans la formule théorique ils fournissent
-des valeuis numériques, se rapprochant autant que possible des va
leurs expérimentales, il ne paraîtpas exact — comme le prétend l'au-
tetn — que « la théorie de Hecht comporte une part de vérité puis
qu'elle nous permet de rendre compte qualitativement sinon quanti
tativement de tous les résultats expérimentaux ». Il est pourtant
à remarquer que l'auteur fait de très grandes réserves et considère
la théorie de Hecht comme un « outil » précieux à la disposition des
«opticiens physiologistes plutôt que" comme un moyen d'expliquer
tous les phénomènes de la vision à l'aide de la réaction photochi-
mique réversible se produisant dans la rétine.
Après un historique de la mesure de la sensibilité différentielle
de l'œil et quelques indications de principe au sujet de la théorie
photochimique de Hecht (10 pages) on décrit le principe des mesures
<le la sensibilité différentielle successive d'une source ponctuelle,
par la méthode du papillotement (9 pages).
On expose la nécessité d'opérer les mesures à un état d'adapta
tion bien déterminé et décrit le dispositif, très simple, qui sert à cet
«effet.
•Quand il opère dans l'obscurité et en vision indirecte, l'auteur
rencontre le phénomène d'Yves Le Grand et Gebléwicz, c'est-à-dire
le papiliotement disparaît quand le sujet fixe son regard trop long
temps. Aussi, il enjoint au sujet de promener son le long d'un
arc de cercle centré sur le point de l'espace où se trouve la plage
papillotante. Cet arc de cercle est marqué par du sulfure de zinc
phosphorescent (il ne paraît pas exclu que les mesures aient pu être
influencées par l'intervention de cette source lumineuse auxiliaire).
Les mesures en lumière colorée ont été faites à l'aide d'écrans colorés
«lont les coefficients de transmission ont été évalués grossièrement,
en photométrie hétérochrome, à l'aidé d'un brillancemètre de Jobin
et Yvon. Quand on opère en lumière rouge, on emploie une ampoule
rouge de photographe qu'on entoure de papier Rubra; on constate
«lors au spectroscope que seul le « rouge » passe.
Cette méthode d'opérer appelle une critique. Bien que homo-
«hrome pour toute longueur d'onde inférieure à 620 m(ji environ,
la radiation rouge montre une particularité de première importance
à partir de 670 à 680 m|x environ. Toute radiation de longueur
d'onde plus grande n'agit que de façon négligeable sur les bâton
nets, dç sorte que sous l'action d'une telle lumière le seuil en vision
par les récepteurs du rouge est nettement plus bas que celui en
vision pai les bâtonnets. Ceci se traduit en vision périphérique par
la disparition de l'intervalle photochromatique et par l'apparition
de la loi de Piper qui remplace alors là loi de Ricco, valable en
radiation de longueur d'onde plus courte (Baumgardt, 1947). vision 343
Nous ne pouvons donc considérer la lumière « rouge » telle que
l'utilise l'auteui, comme non actinique par rapport aux bâtonnets,
car il est probable qu'elle contient en proportion considérable des
radiations de longueurs d'onde comprises entre 635 et 670 m(i.
On détermine par la méthode des cercles tangents de Fick-Broea
le diamètre pupillaire des sujets qui opèrent avec pupille naturelle.
Les résultats expérimentaux occupent douze pages. Générale
ment, on opère en lumière blanche, la source lumineuse apparais
sant sous un angle de 50" environ (il est certain qu'en opérant sans
pupilles artificielles la projection rétinienne de l'image correspond
ait à un diamètre sensiblement plus élevé, à cause du flou dû à la
dioptrique de l'œil).
On étudie l'influence de la localisation rétinienne à préadaptation
constante (0,6 nits) à 0*, 1°, 2°, 5°, 10°, 20° et 30° du centre foveal
et l'influence de la brillance de préadaptation de l'œil entre 0,6 et
4.000 nits, la fréquence du papillotement étant invariablement
égale à 8. Après préadaptation à l'obscurité on constate, ainsi qu'il
fallait s'y attendre, que la sensibilité croît ainsi beaucoup à la péri
phérie de la rétine tandis que, entre 0° et 5°, une préadaptation k
0,6 nits fournit pratiquement les mêmes valeurs que l'adaptation
à l'obscurité.
Finalement, on étudie l'influence de la fréquence de papillot
ement pour des sources ponctuelles en lumière blanche et en lumière
de plusieurs couleurs et du diamètre apparent de la source.
On fait varier la fréquence de papillotement / entre 1 et 10, on garde
I constant et procède uniquement en vision directe, après adaptat
ion à l'obscurité aussi bien qu'après adaptation a une brillance de
0,6 nits environ.
On constate que la préadaptation à la lumière accroît la sensi
bilité différentielle à partir d'une fréquence / égale à 4 (ou à 5), selon
l'observateur. Les deux paires de courbes, correspondant à deux
observateurs, sont assez différentes les unes des autres; il nous
paraît assez difficile d'en tirer des conclusions d'un caractère général.
En lumière rouge et en lumière bleue, les courbes ont pratiquement
la même allure qu'en blanche.
L'élément le plus important de la thèse d'Ivanoff nous parait
être constitué par la mesure de l'influence du diamètre apparent de
la source lumineuse. On opère aux angles de vision de 50", de 2'30"
et de 23' et après adaptation à l'obscurité aussi bien qu'après adap
tation à la lumière (0,6 nits env.). Le niveau de brillance utilisé est
de l'ordre de 18 nits.
Quand le diamètre de la source augmente, la fréquence, à partir
de laquelle ÀI/I cesse d'être constante, augmente également et la
sensibilité différentielle devient meilleure après adaptation à la
lumière qu'après adaptation à l'obscurité, même à fréquence faible.
Le premier phénomène nous semble être dû au fait que la fr
équence critique de fusion est d'autant plus élevée que l'est le diamètre
de la plage stimulée; Ségal (1940) a démontré le caractère central
de ce phénomène. Que l'on observe, avec une plage suffisamment
grande, une plus g^à^dïr-seiisifeîlité—différentielle après adaptation
à la lumière qu'api es adaptation à l'obscurité ne paraît plus étonnant 344 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
si l'on considère que la brillance utilisée par l'auteur est assez élevée
pour créer — après adaptation à l'obscurité — la sensation la plus
intense possible et, par conséquent, un état que nous appelons habi
tuellement « éblouissement ». Si Ivanoff avait opéré à l/10e du niveau
choisi par lui, il n'aurait probablement pas pu observer cette inver
sion qui, sans doute, reflète des phénomènes corticaux.
Au dernier chapitre (32 pages) l'auteur discute ses résultats expé
rimentaux. Nous ne pouvons entrer ici dans le détail de la discussion,
qui s'inspire de la formulation la plus moderne de la théorie de
Hecht et des considérations de Bryam. Qu'il nous suffise de citer
une phrase de l'auteur (p. 68) qui nous paraît résumer très heureu
sement la tentative d'expliquer des phénomènes du type étudié
par une théorie photochimique courante quelconque : « On sera à
juste titre tenté dédire qu'on peut arriver "à tout expliquer, d'une
part, en multipliant le nombre des constantes et, d'autre part, en
les faisant varier par surcroît. »
E. B.
47. — MELIAN (A.). — Dispositivo para determinar el tiempo de
adaptaciôn por des lumbramiento (Dispositif pour déterminer le
temps d'adaptation à V éblouissement) . — Rev. Psicol., 1946, 2,
477-483.
L'auteur définit l' éblouissement comme une sensation de malaise
accompagnée de la difficulté de voir ce qui se présente quand, dans
notre champ visuel, apparaissent des surfaces brillantes ou un foyer
lumineux; il peut être produit également par n'importe quelle
lumière intense dans certaines conditions, par exemple, la réflexion
d'une surface polie. Le contraste entre un objet lumineux et le fond
sur lequel il se trouve peut produire des troubles quand il est très
l' éblouissement est produit par la accentué. Mais, généralement,
pénétration directe dans l'œil des rayons d'une quelconque source
lumineuse distincte de l'objet qu'on regarde.
La plupart des auteurs considèrent que le malaise et l'incapacité
de voir qui accompagnent l'éblouissement sont produits par des
processus physiologiques différents.
Les effets de l' éblouissement peuvent être appréciés d'une manière
subjective en plaçant le sujet dans une situation déterminée d' ébloui
ssement et en l'interrogeant sur la sensation de malaise éprouvée
en la comparant avec celle que provoque un autre foyer éblouissant
qu'on lui fait regarder immédiatement après.
Une autre méthode consiste à mesurer, dans des conditions dif
férentes d'éblouissement, le degré d'acuité visuelle à l'aide d'un
test standardisé.
Dans les expériences réalisées avec les deux méthodes les résultats
observés ne sont pas en corrélation; c'est-à-dire qu'un éblouissement
qui diminue à peine la capacité visuelle peut provoquer un malaise
grave; mais, en règle générale, on peut dire qu'un
qui l'acuité visuelle est préjudiciable tant pour les yeux
que pour le bien-être général du sujet.
Au point de vue pratique, dans les conditions générales de travail,
l'important est de supprimer l'éblouissement par un bon éclairage vision 345
diffus accompagné d'une lumière supplémentaire sur la surface
du travail.
Mais quand il s'agit de certaines professions comme celles de
chauffeur d'automobile, pilote d'avion, etc., où l'on ne peut sup
primer l'éblouissement, il est indispensable d'apprécier dans quelle
mesure les sujets peuvent résister aux effets de cet éblouissement.
Dans ce but, l'Institut National de Psychotechnique de Madrid a
mis au point un appareil qui permet de faire varier rapidement
l'intensité du foyer éblouissant et, par suite, de mesurer non seul
ement l'effet des différentes intensités lumineuses sur un sujet mais
aussi d'un foyer d'intensité déterminée sur plusieurs sujets,
mettant ainsi en évidence les différences individuelles de résistance
à l'éblouissement.
L'essentiel de la méthode appliquée par l'auteur consiste dans la
mesure du temps mis pour retrouver l'acuité visuelle normale après
Le dispositif est le suivant : une caisse de bois rectangulaire de
60 cm. de long et de 35 cm. de haut est divisée intérieurement par
une cloison verticale en deux compartiments hermétiquement fermés
pour que la lumière ne filtre pas de l'un dans l'autre.
Dans l'un d'eux est placé un phare d'automobile dont une rési
stance permet de faire varier l'intensité. De chaque côté du phare
des fenêtres verticales de verre opalin portent des numéros et sont
éclairées par transparence. L'autre compartiment est divisé, par
deux cloisons horizontales parfaitement ajustées, en trois cases qui
peuvent être éclairées indépendamment. La partie antérieure de
la caisse est constituée par un verre opalin qui porte trois rangées
d'optotypes de Snellen. Les rangées correspondant aux cases supé
rieure et inférieure s'éclairent simultanément tandis que la rangée
qui correspond à la case centrale se trouve en connexion avec le
phare, de sorte que, lorsque ce dernier s'allume, la case centrale
est obscure et qu'elle s'éclaire immédiatement quand le phare
s'éteint. Devant la vitre qui porte les lettres est disposé un verre
photométrique qui la couvre entièrement, permettant de les tenir
cachées.
Pour appliquer l'épreuve on place l'appareil dans une chambre
obscure de telle sorte que le centre du phare soit situé à une hauteur
de 1 m. 55. Le sujet est placé à 6 mètres. On lui fait lire les opto-
types des échelles supérieure et inférieure pour vérifier si sa vision
est normale. Puis on l'avertit qu'il ne doit bouger ni le corps ni la
tête (un dispositif est prévu pour les maintenir immobiles) et,
immédiatement, on éclaire le phare et les fenêtres verticales. On
lui fait additionner horizontalement les numéros de droite et ceux
de gauche dans le but de provoquer la concentration de la vision;
ceci pendant trente secondes durant lesquelles le sujet est ébloui.
On éteint le phare et les fenêtres verticales et instantanément l'échelle
centrale d'optotypes apparaît. Le sujet doit reconnaître les lettres
qu'elle présente; on note le temps.
L'expérience a été réalisée sur 3.417 sujets, âgés de 20 à 40 ans,
d'acuité visuelle normale. L'intensité lumineuse était de 100 lux
pour le phare et de 10 lux pour les optotypes.