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Vision. Motricité oculaire. - compte-rendu ; n°1 ; vol.21, pg 409-420

De
13 pages
L'année psychologique - Année 1914 - Volume 21 - Numéro 1 - Pages 409-420
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Henri Piéron
H. Laugier
Henri Wallon
7° Vision. Motricité oculaire.
In: L'année psychologique. 1914 vol. 21. pp. 409-420.
Citer ce document / Cite this document :
Piéron Henri, Laugier H., Wallon Henri. 7° Vision. Motricité oculaire. In: L'année psychologique. 1914 vol. 21. pp. 409-420.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1914_num_21_1_8133SENSATION ET PERCEPTION 409
7° Vision. Motkiciil OWJWrre.
J. HERBERT PARSONS. — An Introduction to the Study of Colour
Vision (Introduction à l'étude de la vision des couleurs). — In-8 de
300 pages, 1915. Cambridge University Press.
Voici, sous un titre modeste, un excellent livre et qui rendra de
réels services. La psychophysiologie de la vision évolue en effet grâce
aux travaux de nombreux chercheurs, on commence à apporter une
précision satisfaisante dans les expériences sur la vision de la lumière
et des couleurs. Une bonne mise au point facilitant la connaissance
des résultats acquis comme tremplin pour de nouvelles recherches
était donc désirable. Parsons, qui est ophtalmologiste à l'hôpital de
l'University College de Londres, nous la donne.
Il envisage successivement les faits concernant la vision normale
des couleurs, ceux concernant la cécité chromatique, et enfin les
théories. Dans la première partie, il examine les bases — physique,
anatomique et psychologique — de la vision des couleurs, la vision du
spectre (luminosité, nuances, saturations chromatiques) dans l'adapta
tion à la lumière (vision photopique) et dans l'adaptation à l'obscurité
(vision scotopique), les variations dans le champ de la rétine, les
phénomènes temporels, l'influence de la surface d'excitation, enfin
l'évolution de la vision chromatique chez les animaux, chez les primit
ifs, chez les enfants.
La troisième partie comporte un exposé de la théorie d'Young-
Helmholtz, et de la théorie d'Hering, ainsi que des recherches qu'elles
ont suscitées, puis une revue des théories de Donders, Ladd-Franklin,
Me Dougall, Schenck, Wundt, G. E. Müller et Edridge Green.
Le livre est élégant, clair et est illustré de bonnes figures. Il fait
honneur à la Cambridge University Press.
H. P.
L. BARD. — Du rôle des bâtonnets et des pigments rétiniens dans la
perception des formes et des couleurs. — J. de Ph., XVIII, 1919,
p. 276-294.
L:auteur a appliqué à cette question ses méthodes de construction
logique entièrement a priori.
La perception lumineuse serait une fonction primordiale de l'irrita
bilité spécifique des cônes et bâtonnets ; la perception des formes
exigerait une morphologie particulière de la surface des éléments
sensibles, avec dispositifs adjuvants, fournis par les grains pigmen-
taires de la zone profonde, mobilisés par la lumière vers les points
focaux d'énergie lumineuse, pour localiser avec précision les éléments
ponctuels des images sur la surface nerveuse.
Enfin la vision des couleurs exigerait un triage ou un renforcement
électif, assuré par une absorption due aux grains chromatiques en des
interférences assurées par le pourpre rétinien.
On voit que l'auteur, pour aboutir à une conclusion de ce genre, se 410 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
montre peu au courant de la physiologie de la vision. De fait il commet
de grosses erreurs, comme celle qui consiste à affirmer ce « fait
incontestable que la vision centrale persiste beaucoup plus que la
vision latérale dans la demi-obscurité » !
D'ailleurs, Bard n'hésite pas à méconnaître des faits, s'ils gênent sa
conception, et il le reconnaît franchement.
« II est vrai, l'hypothèse que je propose, que le pourpre est un
dispositif destiné à favoriser la vision des couleurs, est en désaccord
avec le fait qu'il n'imprègne que les bâtonnets, alors que la capac
ité des cônes pour la vision des couleurs ne saurait être contestée.
Malgré cette difficulté.... »
Qu'une hypothèse soit absolument contredite par un fait d'expé
rience, cela n'a peut-être pas une très grande importance pour l'auteur,
mais pour le lecteur, qui n'a pas encore la foi, cela en a beaucoup
plus.
H. P.
H. PIÉRON. — La photométrie est-elle possible? Le vice fondamental
dés unités photométriques et le double processus de sensibilité
lumineuse de la rétine. — Revue du Mois, X-XIV, 1919, n° 116,
p. 208-215.
Les physiciens juxtaposent à des unités objectives, comme la masse
ou la longueur, des unités d'intensité lumineuse, alors que la lumière
est un processus subjectif dépendant de conditions physiologiques
très complexes. La photométrie ne se préoccupe pas assez des condi
tions qui permettent à des radiations de se transformer en lumière
(en particulier l'ouverture pupillaire, la région rétinienne excitée, etc.).
Mais ce qu'il y a de grave, c'est que, du fait de l'existence de deux
processus rétiniens, qui interviennent dans la synthèse physiologique
de la lumière en proportions inégales dépendant. de l'énergie des radia
tions, la photométrie est rendue impossible : en effet, ces deux pro
cessus ont une inégalé sensibilité aux diverses radiations spectrales et
les sources à comparer n'ont à peu près jamais une composition spec
trale quantitativement identique. Dès lors, si deux sources sont éga
lisées pour une énergie globale de 1 par exemple, l'égalisation ne
vaut plus pour une multipliée ou divisée par 10, ce qu'impli
querait pourtant le postulat fondamental de notre photométrie.
H. P.
LEONARD THOMPSON TROLAND. — The heterochromatic differential
threshold for brigtness : I. Experimental (Le seuil différentiel hété-
rochromatique de clarté : I. Partie expérimentale). — Ps. Rev., XXV, 4,
1918, p. 305-329.
On sait qu'il est difficile de comparer la clarté de deux plages lumi
neuses lorsqu'elles ne sont pas de même couleur; cette difficulté se
traduit par une élévation du seuil différentiel. Comment varie cette
élévation du seuil selon les couleurs comparées, telle est la question
que s'est posée l'auteur. SENSATION ET PERCEPTION 411
II a déterminé les données du problème avec la précision néces
saire, rappelant que l'unité de lumière devait être physiologique, car
c'est l'éclairement de la rétine qui est à la base de la sensation lumi
neuse, et il varie avec l'ouverture pupillaire; il propose d'appeler
photon la stimulation rétinienne provoquée par l'éclat lumineux d'une
plage ayant une bougie par mètre carré, avec un millimètre carré
d'ouverture pupillaire effective.
En employant un spectrophotomètre Lummer-Brodhun et une
pupille artificielle, l'auteur détermine la valeur liminaire dans la
comparaison de clarté de deux bandes spectrales à la valeur d'environ
25 photons.
L'une des bandes fait étalon (un rouge entre 678 et 708 nn, un
jaune entre 570 et 580, un vert entre 499 et 511 et un bleu entre 469
et 481); l'autre est l'élément de comparaison (13 en tout, du rouge,
vers 693, au violet, entre 427 et 433).
L'égalisation photométrique fut faite, non par la comparaison
directe, mais par la méthode du papillotement, qui a pour base
l'influence de l'intensité lumineuse sur la persistance des images, et
qui facilite beaucoup l'égalisation hétérochrome. Il a été tenu compte
des absorptions de lumière par les verres des appareils optiques
employés.
La valeur du seuil se montre minima dans la comparaison (à peu près
égale pour le rouge, le jaune, le vert, bien plus élevée pour le bleu), et
grandit pour les radiations plus courtes et plus longues, mais, après
avoir atteint un maximum (le plus élevé pour le rouge, le moins pouf
le bleu), diminue ensuite légèrement.
L'auteur, en adaptant une échelle de teintes (Nutting, 1916), à la
place de l'échelle des longueurs d'onde, cette échelle tenant compte
de la rapidité de variation chromatique en fonction de la longueur
d'onde, peut comparer les différentes couleurs en les ramenant à un
même système de coordonnées, le seuil homochrome étant pris pour
unité, et l'augmentation relative de ce seuil pour les diverses teintes
chromatiques dé l'échelle donnant le comportement de ce qu'il
appelle « le facteur hétérochromatique » dans la comparaison des
clartés : ce étant l'ordonnée et l'abscisse représentant la diff
érence en degrés de l'échelle des teintes de Nutting, des courbes pour
les 4 couleurs étalons traduisent ce comportement dont l'auteur fournit
une expression mathématique basée sur la courbe du rouge, la plus
régulière, mais en modifiant son système de coordonnées.
En appelant n le nombre de degrés homochromes équivalant à un
degré hétérochrome donné, f le facteur hétérochromatique et m le
seuil homochromatique relatif (fractionnel), on aurait
"— _ log (1 — fin) '
log(l-ni)
Si cette expression est discutable, en tout cas le fait important, c'est
l'élévation très rapide du seuil quand les lumières comparées ont des
couleurs qui s'éloignent l'une de l'autre. De petites différences de
teinte rendent tout de suite la photométrie beaucoup plus incertaine. ^'^
412 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
En admettant, dans le spectre, 134 nuances différentes, le passage
d'une nuance à la nuance voisine d'après la formule générale ci-dessus,
ferait passer le facteur hétérochromatique — c'est-à-dire élèverait le
seuil différentiel de clarté —, de 1 à 1,45.
H. P.
H. BUISSON. — La limite de sensibilité de l'œil et le minimum de
puissance perceptible visuellement. — Journal de Physique, 5e s.,
VII, 1917, p. 68-74.
Après avoir rappelé les anciennes déterminations divergentes de
l'énergie correspondant au seuil absolu de sensibilité lumineuse,
l'auteur expose les siennes propres, effectuées avec des écrans phos
phorescents au sulfure de zinc et sel de radium, dont la couleur
correspond à peu près à la sensibilité rétinienne maxima.
L'éclat des surfaces avait 2 à 4. 10~6 bougies par centimètre carré,
soit 6 à 12 microlamberts. Après 15 minutes d'adaptation à l'obscurité,
en recherchant la distance maxima de vision de disques de grandeur
variable, les mesures suivantes furent obtenues :
Diamètre , Intensité Distance Distance
du disque. Éclat par cm*. (bougies). de visibilité, pour 1 bougie.
2,5mm 1,7 .10-6 8,4 .10-8 t-jo 26km,5
5,06mm 4,15.10-8 83,0 10-8 26m 28km,5
5,12mni 2,77.10-6 57,2.10-» 20m 26ltm,4
La grandeur stellaire visible à la limite serait presque la huitième
(7,97), d'après ces chiffres. En utilisant des données de Rüssel et
Reeves, en particulier pour l'influence du diamètre probable de
l'ouverture pupillaire à l'obscurité, on trouverait, en énergie, une
valeur intermédiaire entre celle de Rüssel et celle de Reeves (Astro-
physical Journal, 45, 1917, p. 60 et 46, 1917, p. 167), respectivement de
7,7 et 17, l-10-10erg sec. La valeur de Buisson serait de 12,6. 10-10.
A ce taux, une petite calorie, transformée entièrement en énergie
rayonnante de longueur d'onde égale à 550, donnerait une émission
visible pendant plus d'un milliard d'années.
L'œil se montrerait ainsi un appareil plus de mille fois plus sensible
que l'oreille.
H. P.
E. B. TITCHENER. — A note on the sensory character of black (Note
sur le caractère sensoriel du noir). — J. of Ph., XIII, 1916, p. 113-
121.
JAMES WARD. — Â further note on the sensory character of black
(Nouvelle note). — Br. J. of Ps., VIII, 1916, p. 212-221.
Il y a quelques années, Ward avait soutenu que le noir n'était pas
une sensation, mais que l'obscurité représentait l'intensité zéro de la
qualité sensible, c'est-à-dire de la lumière, et correspondrait ainsi au
silence. SENSATION ET PERCEPTION 413
Mais le silence, dit Titchener, peut être perçu; le noir et le blanc
sont des sensations positives, tout comme le bleu et le vert. Il y a une
qualité noire, qui apparaît bien dans les images consécutives négatives.
Ward répond que Titchener considère les données physiologiques
comme négligeables, mais que le stimulus capable de provoquer une
sensation a bien son importance. On ne peut, selon lui, distinguer le
privatif du négatif, ni admettre, avec Titchener, la conception de
Hering, qui oppose le noir au blanc comme le rouge au vert : s'il y a
un blanc aveuglant, il n'y a pas de noir aveuglant.
H. P.
R. A. HOUSTOUN. — A theory of colour vision {Une théorie de la
vision des couleurs). — Pr. of R. S., A. 92, 1916, p. 424-432.
La meilleure explication, d'après l'auteur, de la courbe spectrale de
visibilité de la lumière, c'est qu'il y a dans l'œil un très grand nombre
de vibrateurs, ayant leur libre période correspondant à celle des radia
tions vertes du maximum de la courbe. Ceux-ci exécutant des vibraforcées sous 1'infiuence des ondes lumineuses, l'amplitude de
ces vibrations serait maxima quand la période libre coïnciderait avec
celle de la lumière incidente.
Les vibrations donneraient des ondes nerveuses transmises au
cerveau, où le centre de perception des couleurs serait tel que la
courbe des longueurs d'ondes l'atteignant serait suffisamment définie
par trois points. Avec un système de vibrateurs uniques, la percept
ion cérébrale des diverses couleurs pourrait parfaitement s'effectuer.
Cette théorie, notons-le, est sans aucun rapport avec les données
physiologiques.
H. P.
HENRI PIÉRON. — Influence de l'état d'adaptation de l'œil sur les
lois de décroissance des temps de latence sensorielle pour diverses
radiations lumineuses. — C. R., CLIX, 1914, p. 281-284.
L'état d'adaptation de l'œil change la loi de décroissance des temps
de réaction à la lumière, en fonction de l'intensité lumineuse crois
sante, mais ne la change pas également pour les radiations rouges et
les radiations bleues.
Voici les différences constatées (y étant le temps, x l'intensité, a et
k des constantes).
Lumière blanche. Lumière rouge. Lumière bleue.
Adaptation à l'obscurité ... y = j-= -{- k, y=-^- -\- k, y = -^=-{-k.
\[x '\JX sjx
Adaptation à la lumière ... y = --\-k, y = --{-k, y = ^^= + k.
x x \x
La loi de décroissance est la même, à l'obscurité, pour le rayonne
ment total et pour les radiations bleues, à la lumière le et les radiations rouges.
H. P. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 414
LOUIS LUMIÈRE. — Sur un phénomène d'apparence singulière,
relatif à la persistance des impressions lumineuses sur la rétine. —
C. R., CLXVI, 1918, p. 654-656.
Lorsque, après adaptation à l'obscurité, en lumière rouge (verre
rouge rubis devant la source lumineuse) d'intensité convenable, on
regarde le cadran d'une montre dite lumineuse, et que l'on déplace
légèrement ce cadran, les chiffres lumineux paraissent en retard sur
le cadran lui-même dans ce déplacement.
Dans ce cas, le cadran blanc réfléchit de la lumière rouge, et le sul
fure de zinc radifère des chiffres émet des radiations verdâtres. Dès
lors la cause du phénomène doit être cherchée dans des différences
de persistance des impressions lumineuses suivant la longueur d'onde,
et on peut le reproduire avec des points verts sur fond rouge.
Ce phénomène, analogue aux « cœurs flottants », a engagé l'auteur
à entreprendra des recherches sur les facteurs de la persistance des
sensations visuelles.
H. P.
PAUL WOOG. — Oe la persistance variable des impressions lumi
neuses sur les différentes régions de la rétine. — C. R., t. GLXVIII,
24, 1919, p. 1222-1224 et CLXIX, p. 93-94.
Sans procéder à des mesures de persistance, en établissant que le
papillotement se produit, pour les régions latérales de la rétine, dans
des conditions où la fusion centrale est réalisée, l'auteur montre qu'il
existe une persistance maxima dans une zone fovéale et juxta-fovéale
d'environ 2 mm. 35 de diamètre (angle inférieur à 9°).
Le fait est rapproché de la prédominance presque exclusive des
cônes dans cette région, qui seraient plus facilement tétanisés que les
bâtonnets.
Mais il faut se rappeler que la persistance est fonction inverse de
l'intensité lumineuse; or celle-ci est plus grande dans les régions laté
rales de la rétine que dans la zone fovéale, et cela peut contribuer à
expliquer les différences de persistance. Il faudrait, avant de conclure,
des expériences faites dans des conditions propres à éliminer cette
influence. L'auteur en l'absence d'expériences précises, discute, dans
une seconde note, l'objection.
Il faut se rappeler à cet égard que Charpentier avait obtenu des
résultats inverses, et que Braunstein, dans une étude très complète, a
montré que, suivant l'état d'adaptation de la rétine et l'intensité lumi
neuse, la fusion se faisait plus facilement, tantôt au centre et tantôt
à la périphérie (Z. f. Ps., 1903).
H. P.
A. POLACK. — Inversion du phénomène de Purkinje dans l'hémé-
ralopie congénitale. — C. R., CLXVI, 1918, p. 501-502.
De deux plages, rouge et bleue, de même éclat pour un éclairement
moyen, la rouge paraît plus sombre que la bleue à un observateur
normal quand on a diminué l'éclairage ; or, chez un héméralope con- SENSATION ET PERCEPTION 415
génital, à l'inverse, c'est la plage rouge qui devient la plus claire.
Parfois l'égalité persiste, et le phénomène de Purkinje ne se produit
pas, tout simplement.
Des examens directs de la sensibilité lumineuse montrent que
l'adaptation à l'obscurité ne modifie pas la sensibilité pour le rouge,
et diminue beaucoup, au lieu de l'augmenter, la sensibilité pour le
bleu, chez l'héméralope, qui ne présente pas l'intervalle photochromat
ique, sauf, faiblement, pour le vert.
La sensibilité chromatique est d'ailleurs normale, et les équations
de Maxwell ne révèlent aucune anomalie.
Il y a là des faits extrêmement intéressants, mais qui devront être
repris avec des méthodes plus rigoureuses, en employant, non des
couleurs pigmentaires, mais des couleurs spectrales pures.
H. P.
L. T. TROLAND. — The absence of the Purkinje Phenomenon on the
Fovea (L'absence du phénomène de Purkinje dans la Fovea). — Journal
of the Franklin Institute, t. CLXXXII, 1916, p. 111-112.
Hering (Das Purkinjesche Phänomen im zentralen Bezirke des
Sehfeldes, Archiv für Ophtalmologie, 1915, t. XC, p. 1-12) prétend qu'il y
a dans la fovea une adaptation à l'obscurité appréciable et qu'on y
peut mettre en évidence le phénomène de Purkinje : avec un petit
cercle mi-rouge et mi-bleu, on obtient un effacement transitoire de la
moitié rouge par la moitié bleue.
Mais Troland, reprenant les expériences, montre qu'il n'y a pas
trace de phénomène de Purkinje, à condition de maintenir rigoureu
sement la fixation fovéale, ce qui n'a certainement pas été réalisé dans
les expériences de Hering.
H. P.
MABEL GLARE WILLIAMS. — Description of an unusual case of par
tial color-blindness (Description d'un cas rare de cécité chromatique
partielle). — Ps. Mon., XXV, 2, 1918, p. 1-30.
L'attention de l'auteur fut attirée sur un étudiant qui n'employait
que deux noms de couleurs, le rouge pour les rouges et jaunes, et le
vert pour les verts et bleus.
Une étude systématique de sa vision fut faite dans des conditions
tout à fait précises, comparativement avec trois sujets normaux.
Dans le spectre, au lieu de distinguer, comme les normaux, 72 à
88 nuances, — ce qui est un minimum, le nombre pouvant atteindre 200
— ce dyschromate n'arrive à en trouver que 6 à 12, dans la région du
jaune orangé, et dans celle du bleu vert. Il y a, pour lui, une zone
spectrale grise, dépourvue complètement de couleur, étroite, entre les
longueurs d'onde 568,38 et 566,52, et une autre dans le violet.
Ainsi on se trouve en présence d'Un sujet qui n'a la vision que de
deux couleurs, le jaune orangé et le bleu vert, d'après la nature des
radiations donnant au maximum les deux sensations chromatiques les
plus pures (longueurs d'onde de 600 et de 450). 416 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
II y a là un cas tout à fait important au point de vue des théories
des couleurs.
H. P.
G. E. FERREE et GERTRUDE RAND. — Some areas of color blindness
of an unusual type in the peripheral retina (Quelques zones de cécité
chromatique d'un type rare à la périphérie de la rétine). — J. of exp. Ps.,
II, 3, 1917, p. 295-303. — Chromatic thresholds of sensation from
center to periphery of retina and their bearing on color theory (Seuils
de sensation chromatique du centre à la périphérie de la rétine et leur
signification pour la théorie des couleurs). — Ps. Rev., XXVI, 1 et 2, 1919,
p. 16-41, et p. 150-163.
Le couplage des couleurs, par paires de complémentaires se neutral
isant en proportions définies pour ne laisser persister que la sensa
tion achromatique de lumière, est à la base de la théorie de Hering,
avec les couples bleu-jaune et rouge-vert.
Mais il existe des faits curieux de dissociation de ces couples.- C'est
ainsi que Schumann s'est montré atteint d'une cécité chromatique
complète pour le vert et presque insignifiante pour le rouge.
Ferrée et Rand on trouvé des zones périphériques de la rétine dans
lesquelles se rencontre ce même type de cécité chromatique pour le
vert, bien que le vert — qui n'est pas vu comme couleur — reste doué
de la propriété de neutraliser le rouge — vu comme couleur — pour
ne laisser persister que la sensation achromatique de lumière.
D'autre part, on sait que les couleurs changent de teinte, en passant
de la vision centrale à la vision périphérique, le rouge tendant au
jaune par exemple; ces variations sont explicables, car la lumière
rouge excite à la fois une sensation de rouge et une sensation de
jaune, la première prédominant au centre, mais s'effaçant plus vite
vers la périphérie.
Pour les variations du jaune et du bleu, elles s'expliquent par
l'influence variable, dans la sensation résultante, de la composante
achromatique.
Mais on admettait que les limites de sensibilité chromatique à la
périphérie de la rétine étaient les mêmes pour les deux couleurs d'un
même couple. Or l'étude très précise faite par les auteurs des varia
tions de la sensibilité chromatique rétinienne, avec des spec
trales d'énergie mesurée, un éclairage environnant de même intensité
que le stimulus, une élimination de la cause d'erreur possible par
-variation du diamètre pupillaire, une détermination exacte du point
rétinien excité, a donné des courbes du seuil chromatique qui ne
coïncident nullement pour les quatre couleurs fondamentales étudiées
(à 660-680 jxfz ; 575-587 ; 518-526 ; et 468-474).
Ces courbes ont toutes ce caractère commun de montrer une très
faible variation, depuis le centre jusqu'à 20° à 40° dans le méridien
temporel, 50° à 85° dans le méridien nasal, selon les couleurs, puis de
manifester une ascension brusque et rapide à partir d'un point cri
tique, non sans quelques irrégularités. C'est pour le vert que le point SENSATION ET PERCEPTION 417
critique est le moins excentrique, pour le jaune qu'il l'est le plus, le
bleu et le rouge ayant un comportement voisin, intermédiaire.
Mais, malgré ces variations dans la sensibilité chromatique pour
deux couleurs d'un même couple, la proportion des deux complément
aires assurant la neutralisation chromatique reste partout la même.
Il y a là une importante donnée, au point de vue de la conception
d'une théorie des couleurs, comme le soulignent très justement Ferrée
et Rand.
H. P.
SHEPHERD DAWSON. — The experimental study of binocular colour
mixture [Uétude expérimentale du mélange binoculaire des couleurs).
— Br. J. of Ps., VIII, 4, 1917, p. 510-551, et IX, 1, 1917, p. 1-22.
En comparant, dans des conditions variées (de grandeurs, de con
tours, de clarté du fond, etc.), l'influence exercée par des couleurs
différentes vues par chacun des yeux — couleurs complémentaires ou
non complémentaires de même saturation et de même clarté, de satu
ration différente, ou de différente clarté — , l'auteur a noté, chez trois
sujets, à côté d'importantes différences individuelles, le rôle de nom
breux facteurs dans la détermination de la résultante binoculaire, qui
oscille entre une rivalité complète des champs et une fusion très ana
logue à la fusion monoculaire.
Avec des couleurs très saturées, la fusion est impossible, surtout
pour les complémentaires, et se fait 3'autant mieux que la saturation
est moindre; de grandes différences (de clarté, de saturation) entre
les deux champs s'opposent aussi à la fusion.
Le lustre et le prétendu paradoxe de Fechner ne constituent que des
cas particuliers de la fusion qui, à la différence de la fusion monoc
ulaire, ne peut résulter, selon les vues de Helmholtz, Sherririgton,
Mac Dougall, etc., que d'un phénomène psychique de perception.
Il n'y a pas fusion simple dans les .centres corticaux, car, comme
l'a signalé Mac Dougall, il n'y a pas addition des clartés des deux yeux :
en concentrant sur un seul œil des champs lumineux fusionnés en
vision binoculaire, la clarté de la résultante monoculaire est beaucoup
plus grande que celle de la résultante binoculaire.
Le lustre résulte de différences de clarté dans les régions correspon
dantes des images des deux yeux, il est comparable à l'impression de
profondeur binoculaire ; dans les deux cas, il y a intégration de deux
images monoculaires différentes. Le lustre monoculaire, comme la pro
fondeur monoculaire, implique des mouvements de l'œil ou de l'objet.
H. P.
MAURICE DUBUISSON. — Recherches sur l'illusion de Zöllner. — J.
de Ps., XI, 2, 1914, p. 149-159.
L'illusion de Zöllner est examinée comme type d'illusion d'optique,
celle-ci représentant un fait général commun à toutes les figures,
résultant du désacord de la mesure physique des longueurs, des sur-
l'année psychologique, xxi. 27

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