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Montlouis-sur-loire

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Montlouis-sur-loire

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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Rédaction et siège social 46, rue Vavin 75006 Paris 06 11 78 11 47 www.lerougeetleblanc.com CODE IBAN : FR76 30003 03859 00026200 174 06 SWIFT : SOGEFRPP Service AbonnementJean-Marc Gatteron 3, rue des Burons 57130 Ancy-sur-Moselle 06 11 78 11 47 jmgatteron@wanadoo.fr Directeur de la publication Paul Hayat Rédacteur en chef François Morel Comité de rédaction Philippe Barret, Emmanuel Costa Sedille, Jean-Marc Gatteron, Paul Hayat, Henri-Noël Lagrandeur, François Morel, Yaïr Tabor Autres membres du Comité de dégustation Jean-Marc Bellier,Solon Douligéris, Vincent Le Roy, Julien Marron, Frank Sauvey, Jean-Louis Subtil, Emmanuel Zanni Conception graphique Maurice Coriat Site lnternet Conception Frank Sauvey Impression Cloitre Imprimeurs 29800 Saint-Thonan Numéro I.S.S.N.: 0759-6642 Numéro C.P.P.A.P. : 0510T87787 e Dépôt légal :20093 trimestre Abonnements : • 1 an (4 numéros) : France : 48eEurope : 58e Reste du monde : 68e •2 ans (8 numéros) : France : 90eEurope : 105e Reste du monde : 135e Membres fondateurs (et anciens membres) Michel Bera, Michel Bettane, Jean-Benoît Chabrol, Noëlla Chaillou, Bruno Genty, Antoine Madrid, Nicolas Ross, Jean-Pierre Robinot (Max Anchel, René Brousse, Thierry Gontier, Guy Mandery) Le. ROUGE. &. Le. BLANC (Marque déposée des Editions du Vin) Revue trimestrielle éditée par SARL Les Editions du Vin Gérant :Philippe Barret est une revue indépendante sans publicité ou sponsoring. Ni elle ni son site Internet « lerougeetleblanc.com » ne sau-raient être confondus avec quelque entreprise de vente de vins en ligne que ce soit.
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Histoires de papes
Que les princes de l’Église aient eu longtemps la haute main sur le vignoble, c’est ce dont témoigne encore aujourd’hui un lieu (saint?) comme le célébrissime Châteauneuf-du-Pape. Si le “vin du pape” naît, e sous ce nom-là, de l’installation de la papauté en Avignon au XIVsiècle, le village de Châteauneuf-Calcernier – un nom qui évoque la produc-1 tion de chaux – ne devient officiellement Châteauneuf-du-Papequ’en 1893, à l’initiative de son maire Joseph Ducos, propriétaire du Château La Nerthe. L’appartenance papale pourrait certes être revendiquée aussi bien par les Graves de Bordeaux – Clément V, premier pape installé en Avignon, est ancien archevêque de Bordeaux et père du Château Pape Clément – ou le vignoble de Cahors – patrie du pape Jean XXII (qui fut aussi évêque de Porto !) –, mais le privilège est revenu à Châteauneuf, qui le brandit comme un ostensoir jusque sur le flanc de ses bouteilles et le défend bec et ongles. Les vignerons de l’AOC intentent ainsi depuis 2008 un procès aux vignerons du Comtat Venaissin (Valréas et Visan, notamment) pour leur interdire de persister à se dire de «l’Enclave des Papes», une dénomination pourtant tout aussi historique que Châteauneuf-du-Pape… Le papisme existe donc encore (la ville est d’ailleurs jumelée avec Castel Gandolfo, la cité de la résidence d’été du pape), et il produit encore des «protestants» ! Mais on l’a bien compris, du pape, personne n’en a cure dans cette affaire. Il ne s’agit que d’image de marque, de commerce et de concur-rence. C’est ce que la marque «Vieux Papes» a encore mieux compris, mais aucun procès ne lui est intenté. La fameuse marque de la Société des Vins de France (groupe Castel) – « la plus connue du public fran-çais », paraît-il – joue de cette discrète paronomase ecclésiastique pour vendre 18 millions de bouteilles par an de vins de table rouges, rosés et blancs, des boissons alcoolisées à base de raisin, sans appellation et sans origine… Si crise il y a dans le monde du vin, ce n’est certainement pas une crise de foi. François Morel
1. Surl’histoire de Châteauneuf-du-Pape, consulterMémoire d’un village, Jean-Claude Portès, Éditions Barthélémy, et www.chateauneuf.com/ville/index.
Notre système de notation
• Toutes les dégustations horizontales sont « à l’aveugle ». Elles suivent généralement une sévère présé-lection dans le vignoble. Chaque commentaire est précédé de la note moyenne du vin (arrondie au demi-point) ainsi que des deux notes extrêmes de la notation quand elles paraissent significatives. • Les dégustations verticales et de domaine ne sont pas « à l’aveugle ». La grappe met en exergue un vin qui, d’une façon ou d’une autre (personnalité et style du vigneron, expression du terroir, millésime, rapport qualité/prix, etc.), apparaît comme une réussite intéres-sante ou convaincante et mérite d’être signalé à l’attention des lecteurs. • L’encadré « Ma feuille vineuse » (intitulé emprunté au titre d’un poème de René Char), billet d’humeur du rédacteur, distingue ce qui, au-delà des notes, semble offrir le visage le plus intéressant, ou le plus prometteur, ou le plus singulier (etc.), d’une appellation ou d’un domaine. • Les prix sont indiqués TTC (PNC = prix non connu). • Il convient de rappeler que les résultats de ces dégustations collectives sont relatifs, comme ceux de toutes dégustations de ce type, aussi sérieusement conduites soient-elles. Les mêmes dégustations dans d’autres circonstances pourraient comporter des différences de jugement dans l’appréciation de certains vins. Notre ambition est néanmoins d’apporter une information libre et sincère, souvent plurielle, mais aussi une information différente ou inédite. Les opinions exprimées par nos collaborateurs n’engagent que leur signature. Toute reproduction, même partielle, des textes, cartes et illustrations est interdite sans autorisation de l’éditeur.
LeRouge&leBlanc N° 94
Pour des raisons politiques, économiques et sociales, les vins de Montlouis ont longtemps été relégués derrière ceux de Vouvray. En moins d’une décennie, l’appellation de la rive gauche de la Loire est apparue en pleine lumière au point d’éclipser parfois sa “rivale” de la rive droite. En 1994,LeRouge&leBlanc(n° 42) avait fait le constat du potentiel du terroir de l’appellation, insuffisamment exploité. Oublions tout cela ! Alexandre Dumas s’en offus-querait, mais nous n’avons pas pu attendre cinq ans de plus pour le paraphraser : quinze ans après, il était grand temps de retourner à Montlouis pour voir de plus près le bond en avant de l’appellation.
LOIRE > TOURAINE > MONTLOUIS Montlouis-sur-loire l’irrésistible ascension
ParHenri-noëllagrandeuretJean-Marcgatteron
Avant la création des AOC, en 1936, tout vin issu du cépage chenin dans un losange englobant les coteaux de Tours à l’ouest, Château-Renault au nord, Bléré au sud et Onzain à l’est pouvait revendiquer le nom de Vouvray. Après 1936, seules Vouvray et ses sept commu-nes voisines situées sur la rive droite de la Loire ont eu droit à l’AOC. Les Vouvrillons étaient disposés à inclure Montlouis, mais pas les vignes de Lussault et de Saint-Martin-le-Beau tournées vers le Cher. Le temps du vouvray de Vouvray et du vouvray de Montlouis était
LeRouge&leBlanc N° 94
La Loire à Montlouis
révolu. Il faut dire que le pouvoir politique se situait à Vouvray, où florissait une viticulture aristocratique appar-tenant aux familles bourgeoises tourangelles.
Un long chemin En 1938, l’appellation Montlouis – devenue Montlouis-sur-Loire en 2002 – apparaît alors comme une sorte de règlement de compte entre les vignerons de la rive droite, les notables, et ceux de la rive gauche, les prolétaires… Une appellation qui, sans l’antériorité et la notoriété de sa voisine, n’était pas attractive, d’autant que le négoce y
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