99 % des Franciliens vivent dans l'aire urbaine de Paris

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Réalisé à partir du recensement de 1999, le nouveau zonage en aires urbaines souligne l'hégémonie de l'aire urbaine de Paris. Avec près de 11 200 000 habitants et 1 584 communes, elle recouvre désormais la quasi-totalité du territoire francilien, et étend largement son influence au-delà des fontières régionales. Entre 1990 et 1999, l'aire urbaine de Paris a gagné 429 communes, essentiellement en Seine-et-Marne et, au delà de l'Ile-de-France, dans l'Oise, l'Eure et l'Eure-et-Loir. Six aires urbaines franciliennes ont été absorbées par celle de Paris. Seules trois aires résistent encore à l'attraction de l'aire urbaine parisienne.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE
ILE DE FRANCE
99% des franciliens vivent dans
l’aire urbaine de Paris
e zonage en aires urbaines, construit à partir des trajets domi-
cile-travail, permet d’étudier l’organisation de l’espace autour desLvilles et dans leur zone d’influence immédiate. L’aire urbaine estRéalisé à partir du re-
unensembledecommunesd’unseultenant,constituéed’unpôleurbain
censement de 1999, et de sa couronne périurbaine. Le pôle urbain est une agglomération
(unité urbaine) offrant au moins 5 000 emplois. Sa délimitation reposelLe nouveau zonage en
sur une notion morphologique de continuité du bâti (cf. encadré). Laaires urbaines, sou-
couronnepériurbaineestdéterminéeenfonctiondesdéplacementsquo-
ligne l’hégémonie de tidiensdesactifsquiyrésident:40%d’entreeuxtravaillentdanslepôle
l’aire urbaine de Paris. urbain ou dans une autre commune de la couronne périurbaine.
Avec près de
Lescommunesmultipolariséessontcontiguësauxairesurbaines,maisles11 200 000 habitants
actifsquiyrésidentnesedéplacentpasmajoritairementversuneseuleaireet 1 584 communes,
urbaine.elle recouvre désor-
mais la quasi-totalité L’Ile-de-Francenecompteplus,en1999,quequatreairesurbaines,quiac-
du territoire francilien, cueillent 99,6 % de sa population. Celle de Paris, la plus vaste, occupe la
et étend largement son presque totalité de l’espace régional et déborde même de ses frontières.
influence au-delà des Elle ne laisse, en Ile-de-France, qu’une étroite bande de territoire au
sud-estdudépartementdeSeine-et-Marne,oùsesituentlesairesurbainesfrontières régionales.
de Montereau-Fault-Yonne, Provins et Nemours (cf. figure 1).Entre 1990 et 1999,
l’aire urbaine de Paris
En1999,11174740personnesviventdansl’aireurbainedeParis,donta gagné 429 commu-
10842040enIle-de-France.(cf.figure2).Lepôleurbain,composéde396
nes, essentiellement communes,regroupe9644500habitants,dont2125250àParis,ville
en Seine-et-Marne et, centre. Plus de 86 % de la population de l’aire urbaine de Paris vit dans le
au-delà de pôleurbain,suruntiersdesasuperficie.LacouronnepériurbainedanssonINSTITUT
l’Ile-de-France, dans ensembleaccueillequantàelle1530240habitants.NATIONALDELA
l’Oise, l’Eure etSTATISTIQUE
Lestroisautresairesurbainesfranciliennesregroupentenviron67000ha-ETDESETUDES l’Eure-et-Loir. Six aires
bitants,sur23communes.Unpeuplusde57000habitantsviventdanslesECONOMIQUES urbaines franciliennes
pôles urbains de ces aires urbaines.
ont été absorbées par
celle de Paris, seules Les 66 communes qui échappent aux aires urbaines sont pour la plupart
trois autres résistent multipolarisées,l’espaceàdominanteruralenecomptantplusque8com-
encore à l’attraction munes.Cesdeuxtypesd’espace,quiaccueillentmoinsde0,4%delapopu-
lation,(1,9%en1990),ontétéfortementréduitsdufaitdel’extensiondevers le centre.
ILE-DE-FRANCE
M ENSUEL N° 1 9 6 - AVRIL 2001 -16,40F/2,50 €
àlapage
TerritoireFigure 1 - Le zonage en aires urbaines 1999 en Ile-de-France et dans les départements limitrophes
Source : Insee, recensement de la Population 1999
l’aire urbaine de Paris. Leur superficie ne représente plus que régionales,danssixdépartementslimitrophes.99%delapopu-
7,6%duterritoirerégional,aulieude28,6%en1990(cf.fi - lation francilienne vit dans l’aire urbaine de Paris.
gure 3).
Composée aujourd’hui de 1 584 communes, dont près de 400
En 1990, l’Ile-de-France comptait six autres aires urbaines, hors Ile-de-France, l’aire urbaine de Paris s’est agrandie, entre
contiguësàlacouronnepériurbainedeParis.Lesaires 1990et1999,de429communes.Danssapartiefrancilienne,
de Champagne-sur-Seine, Coulommiers, Fontainebleau et elle a progressé sur les deux départements qu’elle ne couvrait
Meaux en Seine-et-Marne, ainsi que celle d’Etampes dans pas entièrement, l’Essonne et la Seine-et-Marne. En 1999, seu-
l’Essonne n’ont pas résisté à l’attraction de l’aire urbaine pari- lement89communesfranciliennessur1281,toutesausud-est
sienne et ont été absorbées dans sa couronne périurbaine. La de la Seine-et-Marne, échappent à l’aire urbaine de Paris. Cette
disparitiondel’aireurbainedeMeluns’expliquequantàellepar extension vers l’est a débordé sur trois départements voisins,
la fusion de son pôle urbain avec celui de Paris (cf. figure 4). raccrochantàlacouronnepériurbaineparisienne23communes
del’Aisne,3delaMarneet10duLoiret.Maisc’estaunordetà
l’ouestdelarégion,dansl’Oise,l’Eureetl’Eure-et-Loirquel’at-
’aire urbaine de Paris débordeL traction de l’agglomération parisienne et de sa couronne est la
largement des frontières régionales plusforte.Entre1990et1999,135nouvellescommunessesont
raccrochées à l’aire urbaine de Paris dans ces trois départe-
L’aire urbaine de Paris est aujourd’hui un vaste territoire de ments:l’Oiseacédé52communessupplémentaires,l’Eure45,
14 518 km2 décalé vers le nord-ouest par rapport aux limites et l’Eure-et-Loir 38. Globalement, ces communes étaient en
administratives de la région Ile-de-France. Elle couvre entière- 1990, à parts égales, soit multipolarisées soit dans un espace à
mentseptdeshuitdépartementsfranciliens,s’étendsurlaqua- dominante rurale.
si-totalité de la Seine-et-Marne, et déborde des frontièresZ onage en aires urbaines
Pôle urbain : c'est une unité urbaine (une agglomération) qui offre au moins
5 000 emplois sur son territoire, sous réserve qu'elle ne soit pas sous la dé-
pendance directe d'un pôle urbain plus important. Le nom du pôle urbain est
celui de l'unité urbaine correspondante.
L'aire urbaine est un ensemble de communes d’un seul tenant et sans en-
clave, constitué d'un pôle urbain auquel on a agrégé les communes rurales ou
unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40% de leurs actifs
ayant un emploi travaillent dans le pôle ou dans la couronne périurbaine. Le
nom attribué à chaque aire urbaine est celui du pôle urbain correspondant.
La couronne périurbaine est constituée, dans chaque aire urbaine, des com-
munes n'appartenent pas au pôle urbain.
Aire urbaine = pôle urbain + couronne périurbaine
Les communes multipolarisées sont les communes rurales ou petites uni-
tés urbaines envoyant 40% de leurs actifs ayant un emploi vers plusieurs aires
urbaines, sans atteindre ce seuil avec une seule d'entre elles, et qui forment
avec elles un ensemble connexe.
Les communes périurbaines sont soit les communes appartenant aux couron-
nes périurbaines soit classées communes multipolarisées.
L'espace à dominante urbaine est l'ensemble des pôles urbains et des com-
munes périurbaines. Autrement dit, c'est l'ensemble des aires urbaines et des
communes multipolarisées.
L'espace à dominante rurale est l'ensemble des communes ou petites unités
urbaines n'appartenant pas à l'espace à dominante urbaine.
L’Oise est particulièrement sensible à l’influence parisienne : moyenne. Dans les communes de la couronne périurbaine, la
183communeset193200habitants,soitprèsde30%delasu- croissancedelapopulationaétéplusvive:1,1%(tauxcalculés
perficie et plus d’un quart de la population de ce département, sur la délimitation du zonage en aires urbaines de 1999). L’in-
font désormais partie de l’aire urbaine de Paris. tensité de la croissance a cependant ralenti par rapport à la pé-
riode précédente, 1982-1990au cours de laquelle les taux
Cependant, les 332 700 habitants de l’aire urbaine de Paris qui d’évolutiondelapopulationavaientétéde–0,14%pourParis,
résidentdanslesrégionslimitrophesreprésententmoinsde3% + 0,7 % pour sa banlieue et + 2,5 % pour sa couronne périur-
de sa population totale. baine (taux calculés sur la délimitation des aires urbaines de
1990) (cf. figure 5).
’étalementL Lapériurbanisationpeutteniràplusieursphénomènes:désirle
urbain se vivre à la campagne tout en travaillant en ville, politique pu-
blique d’aménagement du territoire (villes nouvelles, améliora-
La croissance de l’aire urbaine de Paris continue de suivre un tionduréseaudestransportspublicsouroutiers,etc.),reculdes
schéma de développement dit d’étalement urbain, où le taux famillesmoinsaiséesversdeszonesoùl’immobilierestplusac-
d’évolution de la population croît régulièrement du centre de cessible, offre de logements supérieure en couronne due à la
l’aire vers sa périphérie. « saturation » des pôles…
Entre1990et1999,lapopulationdeParis,villecentredupôle Le desserrement de la population s’est accompagné, avec une
urbain,abaisséde0,14%.Celledesabanlieue,définiecomme moindre amplitude, d’un desserrement de l’emploi. Celui-ci a
le reste du pôle urbain, a augmenté de 0,3 .% par an en baisséde0,9%àParis,aaugmentéde0,3%danslabanlieuedu
Figure 2 - Les aires urbaines franciliennes en 1999
Aire urbaine de Ensemble de l’aire urbaine Pôle urbain Couronne périurbaine
Nombre de Population Nombre de Population Densité Nombre de Population Densité
communes communes communes
Paris 1 584 11 174 743 396 9 644 507 3 542 1 188 1 530 236 130
dont partie francilienne 1 192 10 842 037 396 3 542 796 1 197 530 135
Montereau-Fault-Yonne 5 26 455 4 25 580 699 1 875 49
Nemours 3 18 951 2 18 713 577 1 238 62
Provins 15 21 687 3 12 814 379 12 8 873 49
Source : Insee, recensement de la Population 1999Figure 3 - Evolution de la population pôle urbain et de 0,5 % dans la couronne périurbaine. Sur les
dans les différents types d’espace, en Ile-de-France 5 087 000 emplois offerts dans l’aire urbaine de Paris en 1999,
soit0,1%demoinsqu’en1990,unpeuplusde3000000sont
Nombre de com- Population
situésenbanlieue,unpeumoinsde420000encouronne;prèsmunes
d’un tiers des emplois sont offerts à Paris.
1990 1999 1990 1999
Aires urbaines 1 011 1 215 10 460 898 10 909 130 orte croissance démographique desF- Pôles urbains 425 405 9 652 814 9 701 614
communes intégrant le pôle urbain de Paris
- Couronnes périurbaines 586 810 808 084 1 207 516
Communes multipolarisées 182 58 136 600 35 195
Espace à dominante rurale 88 8 63 056 7 686 Le zonage en aire urbaine, traduction de liens entre territoires
Ensemble de l’Ile-deFrance 1 281 1 281 10 660 554 10 952 011 quireposentsurlesdéplacementsdesactifs,exprime,autravers
de son évolution dans le temps, des dynamiques territoriales.
Source : Insee, recensement de la Population 1999 Des communes multipolarisées, par exemple, peuvent opter
pour un pôle et entrer dans sa couronne périurbaine (cf. fi-
Figure 4 - Les quatre aires urbaines franciliennes 1999
Source : Insee, recensement de la Population 1999Figure 5 - Evolution de la population et de l'emploi
entre 1990 et 1999
catégorieauseinduzonagedonnentlieuàunetypologiedeter-
ritoires aux mouvements démographiques bien différenciés.
Ainsiles8communesdelacouronnepériurbainedeParis,dans
sa délimitation de 1990, qui ont intégré en 1999 le pôle urbain,
ontconnuunecroissancedémographiquede+2,4%paran,en
moyenne, alors que dans le reste du pôle, la population des
communes « stables » n’a augmenté que de 0,2 %. La variation
dedensitédepopulationaétéde+138habitants/km2dansle
premier groupe pour + 62 dans le second. Le dynamisme dé-
mographiquedes8communesentréesdanslepôleurbains’ex-
plique autant par un fort excédent des naissances sur les décès
que par un solde migratoire élevé, chacun de ces composants
Source : Insee, recensement de la Population 1999
contribuant pour 1,2%àla croissance de la population (cf. fi-
gure7).Cescommunessecaractérisentégalementparuneaug-
gure6).Bienquelaconstructiondesairessoitsansrapportavec mentation annuelle moyenne record du nombre de leurs
l’évolutiondémographiquedescommunes,leschangementsde
Figure 6 - Aire urbaine de Paris en 1999 selon les différents types d'espace en 1990
Source : Insee, recensement de la Population 1999Figure 7a - Evolution de l'aire urbaine de Paris entre 1990 et 1999
Délimitation 1999 Délimitation 1990 Nombre Population Taux de variation annuel moyen Variation
de en de la population de
communes 1999 densité
Total dû au solde dû au solde
naturel migratoire
Pôle urbain Pôle urbain 388 9 589 255 0,2 0,8 -0,6 62
Couronne périurbaine 8 55 252 2,4 1,2 1,2 138
Couronne périurbaine Pôle urbain 28 193 892 0,7 0,8 -0,1 26
Couronne périurbaine 780 1 034 206 1,1 0,6 0,6 14
Communes multipolarisées 241 205 962 1,2 0,4 0,8 8
Espace à dominante rurale 139 96 176 1,1 0,3 0,7 6
Ensemble de l’aire urbaine de Paris 1 584 11 174 743 0,3 0,8 -0,5 22
Source : Insee, recensement de la Population 1999
Figure 7b - Taux d'évolution annuel moyen de la population Parailleurs,380communesprécédemmentmultipolariséesou
del’espaceàdominanterurale,sesontraccrochéesen1999àla
couronne périurbaine. Elles se distinguent par une croissance
démographique relativement forte, respectivement de 1,2 % et
1,1 %, qui repose sur des apports migratoires élevés. Ceux-ci
contribuent respectivement pour près de 0,8 % et un peu plus
de 0,7%àlavariation totale de la population.
L’évolutiondémographiquedescommunesdelacouronnepé-
riurbaine de 1999, qui étaient déjà dans ce type d’espace en
1990,ressembleàcelledescommunespasséesd’unecouronne
dans le pôle urbain, mais avec des taux de croissance environ
moitié moins élevés. C’est aussi dans ces deux types d’espace
que les emplois offerts ont sensiblement augmenté.
Marie-Elisabeth HASSAN
Service des études et de
la diffusion
Source : Insee, recensement de la Population 1999
résidencesprincipales(+3,2%)etdunombred’emploisofferts
(+ 6,5 %).
Danslepôleurbain«stable»,lacroissancedelapopulationre-
pose sur les mouvements naturels, car le déficit migratoire
conduitàunepertedepopulationde0,6%paranenmoyenne.
Ce groupe de communes est le seul à connaître une baisse, de
0,3%enmoyenneannuelle,dunombredesesactifsoccupés.Il
offre 0,2 % d’emplois de moins.
… ainsi que des communes
rattachées à la couronne
Le solde migratoire joue négativement sur la croissance démo-
graphique des 28 communes appartenant à d’anciens pôles ur-
bains, et absorbées dans la couronne périurbaine. Le taux
d’évolution de la population active occupant un emploi, bien
que positif, y est aussi très en retrait.

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