A travers les pays : un autre regard sur les contrastes territoriaux de la région

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Le découpage en pays de la région Centre, tel qu'il a été défini par les procédures contractuelles, s'insère dans un espace régional fortement contrasté. Eloignés des grands centres urbains qui concentrent l'activité économique, les pays à physionomie rurale ne parviennent pas à maintenir un tissu économique suffisant pour fixer leur population. Les pays situés dans la frange francilienne et sur l'axe ligérien assurent en grande partie la croissance régionale. D'autres pays perçoivent également les effets de la concentration au travers de la périurbanisation. La dispersion des zones d'habitation autour des pôles d'activité contribue alors à « spécialiser » les territoires, conférant aux uns une vocation plutôt résidentielle, aux autres des fonctions davantage économiques.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Atravers les pays:un autre regard sur les contrastes territoriaux de la région
n° 125 Octobre 2004 2,20
Le découpage en pays de la région Centre, tel qu’il a été défini par les procédures contractuelles, s’insère dans un espace régional fortement contrasté. Eloignés des grands centres urbains qui concentrent l’activité économique, les pays à physionomie rurale ne parviennent pas à maintenir un tissu économique suffisant pour fixer leur population. Les pays situés dans la frange francilienne et sur l’axe ligérien assurent en grande partie la croissance régionale. D’autres pays perçoivent également les effets de la concentration au travers de la périurbanisation. La dispersion des zones d’habitation autour des pôles d’activité contribue alors à « spécialiser » les territoires, conférant aux uns une vocation plutôt résidentielle, aux autres des fonctions davantage économiques. Jérôme Durant de la Pastellière
Située entre la région parisienne, au nord, etphénomènes contraires et d’influence la région limousine au sud, la région Centre ininégale :des mouvements naturels trèsArmature urbaine des pays tègre le dynamisme de l’une et les difficultés dedéfavorables (davantage de décès que de l’autre. Elle est par ailleurs traversée par la Loirenaissances) face à un solde migratoire et bénéficie alors de la dynamique propre auxpositif depuis 1982 (entrées de population territoires bordant les grands fleuves. Cessupérieures aux sorties).aDVFiTc influences diverses, aux effets parfois contraiConséquence d’une population âgée, res, font de l’espace régional un territoire natuces mouvements naturels continuent -OFVbVFiS rellement contrasté. Dès lors le maintien voirede peser négativement sur l’évolution PeVIOe le renforcement de la cohésion territoriale consdémographique, mais moins fortementeF'ecI titue un enjeu majeur des politiques publiques.sembletil ces toutes dernières années. En 'eFcIe/GâbiSFia eSPibOiveVFia DcSTia Pour la politique des pays, l’enjeu s’exerceeffet, exception faite du pays de Loches et LTiVe-'eFcIe prioritairement à travers des projets locaux deTouraine du Sud (renommé « Touraine côté /TVêbL'BVPgFSa-GâbiSFia VFPLeLTiVe développement. sud» en 2003), les résultats ont été moins eVSLôRTia Dans la composition de 2002, le découpagedéfavorables en 19992000 que sur la'IcFe-e VFPLeLTiVeLTiVeb-DTPTNSeV-FPDcL GeiSSTia en 31 pays concerne 1 743 communes parmipériode 19901999. L’amélioration la les 1 842 que compte la région, soit les deuxplus nette est celle du pays Loire LTiV-e LTiVeAFbcVe-OâbeFcd GVFSLeDTPTNSe tiers de la population régionale. Chaque pays aVal d’Aubois. TTcVFiSe DFSIeVV-eDTPTNSe ses spécificités et cette diversité de territoiresCes territoires sont défavorisésVOVeLe-cPFgP ebLcCTRTVFSbiSFia peut s’analyser en tenant compte de l’armatureéconomiquement par leur positionne -OiSTSFia urbaine. Selon le degré d’urbanisation d’unment géographique. A l’écart des ieVVzTS LTIOea'TiaIOFcb pays, quatre configurations se distinguent.zones les plus motrices – axe ligérien,ecLcDeLiSVFTcbT ATVL 'TcVNea franges franciliennes –, ces pays ont IaaTcLcS eb-OFRpFNSeLTiV-e LES PAYS RURAUX EN RETRAIT SUR LE PLANiTaA'GceFSSVLTPOIiVVe' perdu de nombreux emplois dans la -FabePVTcaaiS-DÉMOGRAPHIQUE ET DE L’ACTIVITÉVeVLSI'PeLPF décennie 19901999, jusqu’à 10 % pour 'eVVe/DFiSbA-RFSLTia ÉCONOMIQUE certains. La majorité de ces territoires 'VeSSe Depuis 1962, sur les neuf pays identifiéspropose dans de fortes proportions desVâbO--eFL eS-'eVVe dans la catégorie des pays ruraux, sept ontemplois non qualifiés, à l’image du paysLPFVeV-e-eac VFPL'ASNPiS perdu de la population. Seuls les pays dude la Grande Sologne où le taux de qualifi Classification des pays Fea cVGFiSa Chinonais et de la ChâtreenBerry ont bénéfication des ouvriers n’est que de 50% Fea pgVicVGFiSa Fea Ridbea cié d’une légère croissance. Le déclin démocontre 66 % au niveau régional. Dans six PFea VcVFcd © IGN - INSEE -TRRcSea OTVa pFea graphique s’est développé à travers deuxpays ruraux, les taux d’activité sont en deçà Source : Conseil régional pgViRÈbVe Lea pFea JciS 
MOTS-CLES du THESAURUS INSEEdémographie, activité économique, mouvement naturel de la population, mouvement migratoire, prestation sociale, revenus, fiscalité
Directrice de la publication :Marie-Claude DUTÉRIEZ ISSN : 0986-976X - Code SAGE : ICI12548 Abonnement: contacter le 02.38.69.53.64
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de 50 %. Ce constat vaut aussi bien pour l’acti Dans le sud de la région, les pays ruraux de vité des femmes que pour celle des hommes. Loches et Touraine du Sud, de LoireVal Le poids de l’agriculture, plus lié aux d’Aubois et du Val de CreuseVal d’Anglin se caractéristiques physiques des territoires, estsont rapprochés de la croissance économique naturellement concentré dans les pays ruraux. régionale. Dans le premier pays cité, le niveau Le secteur y fournit aux alentours de 15 à 18 % de qualification des salariés a augmenté des emplois, soit trois fois plus qu’en moyenne significativement, le deuxième a bénéficié d’un régionale. A l’extrême sud, la Brenne, Ladynamisme économique en termes de taux de ChâtreenBerry ou le pays de Loches et création d’établissement et enfin le dernier s’est Touraine du Sud sont les pays les plus caracté distingué par un sursaut important du niveau ristiques de cette sectorisation. Dans ces trois d’activité (forte croissance du volume d’heures pays, l’industrie est sousreprésentée. Cede travail rémunérées). secteur concourt tout au plus au quart de Certains pays du sud comme les pays l’emploi total et à hauteur de 20 % seulement de La ChâtreenBerry, de la Brenne et du dans le pays de Brenne (28 % en région). Boischaut Nord sont restés à l’écart du déve Les revenus des résidents sont très netteloppement régional. Ces situations économi ment inférieurs à la moyenne régionale ( 17 %), ques parmi les plus défavorables de la région cette caractéristique les distinguant fortement en 2000 se traduisent soit par une déqualifica des autres pays de la région. Parallèlement, tion des emplois, soit par une contraction du nombreux sont les ménages allocataires deniveau d’activité. minima sociaux. En particulier, l’Allocation Sur le plan social, certains écarts se sont Solidarité Vieillesse complète pour un grand creusés entre les pays ruraux les plus au sud et nombre d’entre eux la retraite: 15% des ceux du reste de la région. Le chômage a moins allocataires de l’ensemble des pays rurauxdiminué qu’ailleurs et la fréquence des recours perçoivent cette prestation contre moins de 7 % aux minima sociaux s’est également moins dans l’ensemble des territoires de la région. réduite que dans les autres territoires. Ainsi, pour Certains territoires ont cependant bénéficié les pays de la ChâtreenBerry, de la Brenne et des années de croissance entre 1997 et 2001.du Boischaut Nord, le chômage de longue Quelques indicateurs représentatifs de la situation socioéconomique des pays Nombre Taux annuel moyenSalaire horaireTaux de création Pays en 2002d'allocataires de du solde naturelmoyen d'établissement minima sociaux en 1999 et 2000en 2000en 2000 pour 1 000 (pays renommés en 2003) (en %)(en euros)(en %) habitants en 2000 Boischaut Nord 0,7829,1 7,459,2 Brenne 0,58 33,17,58 8,9 La ChâtreenBerry 0,6846,8 7,397,6 Chinonais 0,0325,4 8,869,6 Grande Sologne 0,2317,5 9,089,3 Loches et Touraine du Sud(Touraine côté sud)26,7 8,40 10,0 0,33 LoireVal d'Aubois 0,4330,8 8,369,6 SancerreSologne 0,40 26,39,13 9,5 Val de CreuseVal d'Anglin 0,6130,3 8,048,5 Moyenne Pays Ruraux 0,4829,1 8,519,2 Bourges 0,2125,9 9,5110,9 CastelroussinVal de l'Indre 0,26 20,49,05 10,5 (Bassin de vie CastelroussinVal de l'Indre) Drouais 0,5320,7 9,87 10,4 Dunois 0,08 13,98,99 9,1 Issoudun et Champagne Berrichonne 0,2417,8 8,448,6 LoireTouraine 0,2415,3 8,93 10,4 Vierzon 0,16 31,18,77 10,2 Moyenne Pays Urbains0,14 18,99,16 10,0 Beauce 0,369,7 8,909,3 BeauceVal de Loire0,15 13,18,63 9,6 Chartrain (hors agglo de Chartres)0,36 6,39,73 9,7 Châteaux 0,2312,4 9,779,5 Forêt d'OrléansVal de Loire0,43 10,410,40 10,3 Gâtinais 0,0016,5 8,58 11,3 LoireBeauce 0,4010,0 9,26 10,5 LoiretSologneVal sud(SologneVal Sud)9,70 11,00,27 11,5 Loire Nature(Loire Nature Touraine)8,52 10,20,35 19,2 Moyenne Pays Périurbains0,27 12,89,22 10,2 Beauce/Gâtinais en Pithiverais0,18 11,79,28 9,4 Berry/SaintAmandois 0,44 38,38,09 10,5 Vallée du Cher et Romorantinais 0,1426,1 8,8410,6 Giennois 0,09 20,98,89 10,4 Perche(Perche d'EureetLoir) 0,1217,6 8,34 10,4 Vendômois 0,06 18,08,37 10,2 Moyenne Pays mixtes 0,1122,1 8,63 10,2 Moyenne des Pays de la région0,04 20,39,05 10,1 Moyenne régionale0,01 20,79,52 10,7 Sources : INSEE, RP 1999, Sirène, DADS  CAF  ANPE
Armature urbaine des pays
Les pays sont des territoires de projets dans lesquels les acteurs locaux ont décidé de s’unir pour travailler ensemble. Ils présentent des caractéristi ques sociodémographiques très variées, notablement influencées par leur armature urbaine. Le zonage en aire urbaine et son complément rural fournissent une grille de lecture de l’armature urbaine du territoire à travers laquelle les pays se répartissent selon leur mode d’organisation. En première approche, on peut distinguer quatre types de situation. La première est celle despays « ruraux »dont une très large majorité de la population réside dans l’espace dit à « dominante rurale ». Neuf des 31 pays de la région Centre sont de ce type. Le Boischaut Nord illustre la situation extrême. Il ne compte que 2 % d’urbains parmi ses habitants, ceux qui résident aux franges de l’aire urbaine de Châteauroux. Dans le Cher, le pays de LoireVal d’Aubois est de ce point de vue très proche. Ces deux pays ont en outre en commun de ne disposer d’aucun centre économique de dimension suffisante pour exercer une forte attraction sur l’espace environnant. Les sept autres pays ruraux ne comptent guère davantage de population urbaine, 10 %tout au plus. Mais ils sont constitués autour d’un pôle d’emploi rural  futil de taille modeste  qui héberge d’un quart à un tiers de la population. Sept autres pays, à l’inverse, sont nettement à dominanteurbaine. Ils comptent en leur sein une aire urbaine qui est le plus souvent presque totalement intégrée au pays. Ainsi les aires urbaines de Bourges et de Vierzon concentrentelles plus de 80% de la population du pays. Celles de Dreux, Châteaudun, Amboise ou Issoudun sont moins prédominantes mais regroupent néanmoins les deux tiers des habitants de «leur» pays. Au sein même de ces aires urbaines, l’agglomération pôle est largement prépondérante. La troisième configuration concerne neufpays« périurbains ».Ces pays sont localisés le plus souvent à la périphérie des grandes agglomérations. Pour l’essentiel, leur population réside dans les couronnes d’agglomération mais travaille généralement en dehors du pays, d’où une «vocation résidentielle» clairement affirmée. Le nombre d’emplois offert y est très inférieur au nombre d’actifs occupés qui y vivent. Une quatrième catégorie est celle de 6 pays dits« mixtes » au sens où l’on observe un relatif équilibre entre l’urbain et le rural. On y trouve les pays situés autour d’une aire urbaine de taille moyenne (Châteaudun, Vendôme, Gien,…) ou d’un pôle rural mais qui s’ouvrent assez largement à l’espace rural environnant. Leur vocation non résidentielle les distingue également des pays périurbains.
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durée, déjà élevé en début de période, n’a pas réellement diminué à l’occasion de la phase de croissance de la fin des années 90.
TISSU ÉCONOMIQUE PORTEUR MAIS CONTEXTE SOCIAL DIFFICILE DANS LES PAYS URBAINS Contrairement aux pays ruraux, depuis quarante ans, les pays urbains sont parvenus dans leur ensemble, à accroître leur population, même si les flux migratoires sont devenus défavorables au cours de la décennie quatre vingtdix. Le pays de Bourges, et plus encore le pays Drouais, illustrent cette situation. Deux pays urbains s’opposent particulièrement: celui de Vierzon qui « perd sur les deux tableaux »et enregistre de ce fait un recul sensible de sa population et le pays Loire Touraine qui présente un relatif excédent natu rel mais bénéficie surtout d’un apport migratoire très conséquent. Les excédents naturels se sont réduits au cours des années 1999 et 2000. Cela est parti culièrement sensible pour le pays de Bourges où le solde naturel baisse, passant de 0,31 % en moyenne annuelle sur la décennie quatre vingtdix à 0,21% en 19992000. Toutefois, l’excédent des naissances sur les décès s’ac croit dans les pays de LoireTouraine et CastelroussinValdel’Indre (renommé « Bassin de vie CastelroussinVal de L’Indre » en 2003). Les pays urbains bénéficient d’un potentiel économique important et très concentré grâce à une agglomération qui structure chaque pays. L’emploi est un élément fort de la cohésion du territoire qui associe zones d’activité et de résidence. Liée au degré d’urbanisation, la tertiarisation est fortement développée. Les pays de Bourges, de Vierzon, Giennois et Dunois sont ceux où elle est la plus présente. Elle s’alimente à la fois d’emplois publics concentrés dans les villes (santé, éducation, administration,…) et d’emplois relevant du secteur marchand. Le pays de Bourges est celui dont le potentiel économique est le plus affirmé, s’appuyant sur de grands groupes industriels localisés dans l’agglomération de Bourges. Toutefois, l’érosion de l’emploi dans ce secteur s’est accentuée dans les années 19992003 suite à la déperdition de plus du quart des effectifs chez Giat Industrie et de 15 % au sein du groupe Aérospatiale Matra (nouvellement nommé MDBA). Le pays est néanmoins le seul à accueillir plus d’emplois qu’il n’héberge d’actifs. La situation sociale des pays urbains est cependant moins favorable que celle de l’en semble des pays de la région. Le chômage plus élevé en est la principale cause. La proportion d’allocataires percevant un minimum social est également forte. Seul le pays LoireTouraine fait ici exception. Il a bénéficié en effet de l’installa tion de populations plus aisées travaillant dans l’aire urbaine de Tours. Pour la majorité de ces pays, les différents indicateurs économiques sont favorablement orientés sur la période 19972001. Les progres sions les plus importantes sont à mettre à l’actif du pays Dunois tant en termes de niveau d’activité, de qualification des emplois, de rémunération des salariés qu’en termes de
Dynamisme démographique dans les pays périurbains ÉcVe
BVS
DFVbO
LTiVe AFbcV
DVTcFia
vePiSea
DeiSe-DFiSbDe-Sia PFVia VFP-L-eFVS
ÉaaTSS
-OFVbVFiS ePVIOe 'eFcIeG/âbiSFia 'eFcIe eSiPbOiveVFia DcSTia LTiV-e'eFcIe VeSLôRTia/TVêbL'BVPgFSa-VFPLeLTiVe âGbiSFia 'eFcI-e VFPLeLTiVe LTiVeb-DTPTNSV-eFPDcL
GVFSLe DTPTNS -OâbeFcd
GeiSSTia
DieS-eb-FVS
LTiVe-TTcVFiSe VFPPgeLc-OeVDFSIeVVe-DTPTNSe eb Lc CTRTVFSbiSFia ieVVzTS 'TcVNea 'TiaIOFcb LTIOea -OiSTSFia ATVL ebTTcVFiSeLcDcL IaaTcLcS eb PF -OFRpFNSe 'eVViIOTSSe LTiVe-VFPL'AcGTia -FabePVTcaaiS-VFPLe'PISLVe 'eVVe/DFiSb-ARFSLTia eiVSSe 'VeSSe LF -OâbVe-S-'eVVe FP Le -Vecae VPNSi-PF'LSA
Typologie démographique des pays entre 1962 et 1999 /TVbea pVTNVeaaiTSa LgRTNVFpOiQcea LgNÈVea pVTNVeaaiTSa LgRTNVFpOiQcea ÉaaTV LgRTNVFpOiQce pcia VepPi Lpecia Pea FSSgea  PeVbea Le pTpcPFbiTS -TRRcSea OTVa pFea richesse économique mesurée par la taxe professionnelle. Dans les autres pays, les évolutions sont plus contrastées. Dans le pays de Bourges, les indicateurs économiques stagnent ou baissent légèrement (niveaux de qualification et d’acti vité, salaire horaire). Pour d’autres pays, malgré un recul relatif au cours de cette période, la situation ne revêt pas pour autant un carac tère aussi tranché. C’est le cas des pays d’« Issoudun et de la Champagne Berrichonne » et Dunois où le chômage a moins baissé qu’ailleurs. UNE SPÉCIFICITÉ DES PAYS PÉRIURBAINS: LA VOCATION RÉSIDENTIELLE Au regard de la démographie, les pays périurbains se démarquent nettement des autres pays avec des progressions très supérieures aux moyennes régionales. La croissance démo graphique au cours des années quatrevingtdix s’explique par des mouvements migratoires fortement positifs (solde migratoire de + 0,6 % par an) et dans une moindre mesure par un solde naturel excédentaire (+ 0,15 % l’an). La population composée de ménages actifs, plutôt jeunes, souvent avec enfants s’est déplacée en nombre vers ces territoires (mouvement de périurbanisation). La contribution des mouvements naturels s’est accrue sur la période récente, parfois de façon très substantielle comme dans les pays Loire Nature (nouvellement «Loire Nature Touraine »), LoireBeauce ou Forêt d’Orléans
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Population 1999(habitants) 150 000 75 000 15 000 © IGN - INSEE 2002 Sources : INSEE, recensements de la population 1962-1999
Val de Loire. L’excédent naturel annuel atteint ainsi un niveau élevé sur l’ensemble des pays périurbains, de + 0,27% au cours des deux dernières années. Les pays ayant ici une vocation résidentielle forte, leur dynamique démographique ne sem ble pas favoriser le développement d’activités économiques. Les habitants travaillent majoritairement en dehors du pays dont les emplois sont souvent occupés par des non résidents. L’activité des services à la personne en particulier y est plus faiblement développée qu’ailleurs (dans une moindre mesure pour les pays de LoireTouraine et LoireSologneVal Sud (« SologneVal Sud » depuis 2003)). Ces espa ces apparaissent en outre souséquipés dans de nombreux domaines, santé ou action sociale, culture, enseignement, situation imputable à la proximité de grands centres urbains (pays urbain ou agglomération). Leur situation sociale apparaît toutefois très favorisée au regard du reste des pays de la région. Les revenus, notamment, sont sensible ment plus élevés, le chômage en 2001 nette ment plus faible et les allocataires de minima sociaux proportionnellement peu nombreux. L’embellie conjoncturelle de l’économie nationale dans les années 19972001 a eu moins d’incidence dans ces pays et en particu lier dans les deux pays du LoiretCher. La BeauceVal de Loire et Les Châteaux enregistrent en effet les moins bons résultats en termes d’évolution : baisse moins prononcée du chômage, hausse modérée des salaires, moins
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La richesse des territoires et de leurs habitants 17 000 16 500Richesse des habitants Loiret-Sologne Chartrain 16 000 Châteaux Forêt d'Orléans 15 500 Loire-Beauce Beauce-Val de Loire 15 000 Beauce 14 500 Drouais Loire-Touraine Moyenne Pithiverais Bourges des pays 14 000 Dunois Sancerre-Sologne Castelroussin Gâtinais 13 500 Vendômois Vallée du Cher Giennois Grande Sologne 13 000 Perche Loire Nature 12 500 Issoudun Vierzon Chinonais 12 000 Loire-Val d'Aubois Loches Valde Creuse 11 500 Saint-Amandois 11 000 Boischaut Nord Brenne LaChâtre-en-Berry 10 500 Richesse des territoires 10 000 250 300 350 400 450 500 550 600 Potentiel fiscal : en euros par habitant en 2001
de créations d’entreprise. Le pays de la Forêt d’OrléansVal de Loire les suit de près. Le pays du LoiretSologne se distingue de son côté grâce à un niveau d’activité en forte progression, appuyé en cela par un taux de création d’établissement en hausse sur trois années. L’augmentation substantielle de la taxe profes sionnelle dans le pays Loire Nature traduit également une évolution économique plus favorable. Durant cette même période, l’amé lioration de la situation sociale et en particulier du marché du travail a surtout bénéficié aux agglomérations, réduisant ainsi l’écart entre les pays urbains et les pays périurbains.
LES PAYS « MIXTES »,TERRITOIRES AU POTENTIEL ÉCONOMIQUE DIFFUS Les pays «mixtes »,marqués par une stabilité démographique depuis les années quatrevingtdix, présentent des signes de vulnérabilité. Avec une population souvent plus jeune que dans les pays ruraux et plus âgée que dans les pays urbains, ils bénéficient d’un certain pouvoir d’attraction (solde migratoire de 0,3 % par an depuis 1990) mais n’évitent pas des mouvements naturels généralement défa vorables. Le pays du Berry/SaintAmandois est le seul à ne pas avoir maintenu sa population, l’apport de nouveaux habitants faisant ici défaut. Le pays de Beauce/Gâtinais en Pithiverais se distingue du fait de sa localisa tion au sein des franges franciliennes. Pour plus d’un tiers, sa population réside dans des communes sous double influence, celle des agglomérations de Pithiviers et de Paris. Ainsi au même titre qu’un pays périurbain, la progres sion démographique de ce pays est aussi bien le fait d’un apport migratoire fort (0,47 % / an) que d’un solde naturel positif (0,15 % / an). Ces pays mixtes sont des territoires au potentiel économique diffus. Ils disposent d’un ou deux centres économiques (aires urbaines et/ou pôles ruraux) de dimension modeste qui concentrent une fraction de la population et/ou des emplois, sans qu’ils tiennent une place trop importante dans le territoire. L’économie se développe ainsi autour d’une aire urbaine de 4
Ruraux Mixtes Urbains Périurbains 650
Source : INSEE
Pour en savoir plus
A titre comparatif :  «L’espace à dominante rurale» Octant,revue d’études et de statistiques de la région Bretagne, n°91, octobre 2002  «Les pays s’installent dans la région»La lettre du Limousin, n°55, ème 2 trimestre2002
taille moyenne (Châteaudun, Vendôme, Gien,…) ou d’un pôle rural (Brou, Montoiresur leLoir, Saint Aignan…), l’une ou l’autre s’ouvrant largement à l’espace rural environnant. De moyenne urbanisation, ces pays affichent quelques résultats économiques supérieurs à ceux observés dans l’ensemble des pays de la région. Les niveaux d’activité dans les secteurs de l’industrie, du commerce et des services sont au dessus de la moyenne des pays et compa rables pour la plupart à ceux des pays urbains. Toutefois, la majorité de ces centres économi ques ont perdu des emplois au cours des années quatrevingtdix. Le Berry/Saint Amandois, disposant du pôle urbain de Saint AmandMontrond, est malgré tout le moins développé économiquement parmi les pays mixtes. Ce pays est aussi situé le plus au sud de la région. Les indicateurs sociaux témoignent d’une situation légèrement moins favorable que dans l’ensemble des pays de la région. Moins que le niveau du chômage ou du recours aux minima sociaux, des revenus en retrait caractérisent ces pays. Au nordest de la région, seuls deux pays ont enregistré des évolutions plutôt positives entre 1997 et 2001 : les créations d’entreprise ont été relativement soutenues dans le Perche (nouvellement « Perche d’EureetLoir ») et le niveau d’activité s’est étoffé dans le Vendômois. Le Berry/SaintAmandois est le pays où l’évolu tion entre 1997 et 2001 est la plus défavorable, tant sur le plan du revenu des ménages, du chômage de longue durée que pour le recours aux minima sociaux.
Pour comprendre ces résultats
Aire urbaine :ensemble de communes d’un seul tenant et sans enclave, constitué par un « pôle ur bain » et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celuici. Le pôle urbain est une unité urbaine offrant 5 000 emplois ou plus. Mouvement ou solde naturel:correspond à la différence entre les naissances et les décès enregis trés dans un territoire au cours d’une même année. Mouvement ou solde migratoire: représente la différence entre les entrées et les sorties de population dans un même territoire et sur une même période. Minima sociaux :on appelle « minima sociaux » des prestations sociales non contributives, c’estàdire sans contrepartie de cotisations, attribuées sous condition de ressources en vue d’assurer à l’individu et à sa famille un revenu minimum. Le système de protection sociale français comprend 8 minima : le revenu minimum d’insertion (RMI), l’allocation aux adultes handicapés (AAH), l’allocation de parent isolé (API), le minimum vieillesse (et l’allocation supplémentaire vieillesse ASV), le minimum invalidité, l’allocation d’assurance veuvage, l’allocation d’insertion, l’allocation de solidarité spécifique (ASS). Les caisses d’allocations familiales gèrent les trois premiers de ces minima. Revenu: le revenu retenu dans cette publication est le revenu net annuel moyen du ménage fiscal. Le ménage fiscal est un ménage ordinaire constitué par le regroupement des foyers fiscaux répertoriés dans un même logement. Il ne coïncide pas exactement avec la notion habituelle du ménage, comme dans le cadre du recensement de la population. Potentiel fiscal: le potentiel fiscal d’un pays est un indicateur de richesse fiscale. Il est obtenu par produit des bases communales de chacune des 4 taxes (taxe d’habitation, foncier bâti, foncier non bâti, taxe professionnelle) par le taux moyen national pratiqué. Les bases retenues sont les bases taxées majorées des bases exonérées sur décision des collectivités locales. Activité économique et indicateurs socioéconomiques :l’activité retenue dans cet article est synthétisée par quelques indicateurs les plus représentatifs disponibles annuellement :  le volume d’heures de travail rémunérées rapporté à la population. Mesurée à partir des données des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), cette variable renseigne sur le niveau d’activité ;  le degré de qualification des emplois est mesuré à partir de la part des cadres et professions intermédiaires dans l’emploi total. Source : DADS. Champ : Industrie Commerce Services (ICS) ;  le salaire horaire moyen renseigne sur le niveau de rémunération des emplois et par conséquent, en partie, sur leur productivité. Source : DADS. Champ : ICS ;  le taux de création d’établissement traduit le dynamisme et l’esprit d’entreprise. Il porte sur l’ensemble des créations (« pures », par reprise ou réactivation).Source : SIRENE. Champ : ICS ;  les bases brutes de la taxe professionnelle rapportées à la population sont constituées pour partie de la masse salariale, pour partie des investissements réalisés.
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