Aperçu des filières

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Si l'on considère l'ensemble des filières de production agroalimentaire, depuis les fournitures agricoles jusqu'aux produits finis, l'agriculture proprement dite ne fournit que 40% de la valeur ajoutée. Même si elle emploie beaucoup plus de personnes que l'industrie qui transforme ses produits, son importance économique relative tend à décroître. Cela se vérifie aussi bien dans la filière "sucre et rhum" que dans la filière "produits animaux".
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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éco nomie
L’ agroa li men taire
Des in dus tries dy na mi ques
Elar gi aux en tre pri ses ar ti sa na les le sec teur agroa li men taireChamp de l’étude
réa lise une part im por tante de l’ac ti vi té productive lo cale. Seu les
Cette étude porte sur l’en semble des l’in dustrie su crière et la dis til lerie sont tour nées vers
en tre pri ses agroa li men tai res, quelle l’ex por ta tion. Les au tres pro duc tions se dé ve lop pent en
que soit leur taille. Le nombre
aug men tant ou en main te nant leur part de mar ché face auxd’en tre pri ses étu diées est de 382 en
1993 et 559 en 1998, soit la quasi im por ta tions. La crois sance de l’ac ti vi té a per mis de créer 1 000
totalité des entreprises industrielles et em plois sup plé men tai res de 1993 à 1998. Elle a éga le ment per misprès de la moitié des entreprises
d’amé lio rer le re ve nu et les per for man ces des en tre pri ses.artisanales. Les don nées sont is sues
des enquêtes annuelles d’entreprises,
des fichiers fiscaux et des fichiers
ASSEDIC en ce qui concerne ’agroa li men taire tient une place Les trois prin ci paux seg ments, clas sés
l’emploi. pré pon dé rante dans l’in dustrie réu - sur le cri tère de la va leur ajoutée, sontL nion naise. Les 81 en tre pri ses agroa - l’in dustrie des bois sons avec 262 MF, la
li men tai res de plus de cinq sa la riés re pré - bou l an gerie-pâ tis serie ar ti sa nale (192 MF)
sen tent un peu plus de la moi tié du et les in dus tries des vian des (180 MF).Lexique chiffre d’af fai res de l’en semble de l’in - L’in dustrie tra di tion nelle du sucre, qui
-dustrie. Elles dé ga gent en 1998 une va dé gage le plus gros pro duit brut n’ar riveVa leur ajoutée : la va leur ajoutéeg
leur ajoutée d’en vi ron un mil liard de qu’en qua trième po si tion pour la va leurest égale à la dif fé rence entre la
francs et em ploient 3 400 sa la riés. En ajoutée (123 MF). Avec la dis til lerie-li -va leur de la pro duc tion évaluée au
prix du mar ché et la va leur des élar gis sant le champ de l’agroa li men - quo ris terie, elle re pré sente en vi ron 200
biens et ser vi ces uti li sés pour as su rer -taire d’une part aux en tre pri ses ar ti sa na MF de va leur ajoutée, soit 15 % du to tal
cette pro duc tion. Elle ex prime bien les, par ti cu liè re ment im por tan tes dans du sec teur. Ces deux in dus tries sont qua -
la ri chesse créée par les en tre pri ses. les seg ments de la trans for ma tion de la si ment les seu les ex por ta tri ces et réa li -
Elle est pré fé rable aux cri tè res de viande, de la bou lan gerie et des gla ces, sent en semble 97 % des ex por ta tions de
pro duc tion ou de chiffre d’af fai res et d’autre part au com merce de gros de pro duits ali men tai res, hors pois sons.
qui se trou vent ma jo rés lors qu’il y a
pro duits agri co les, on ob tient une va leur L’ac ti vi té du sec teur agroa li men taire re -des ces sions in ter nes au seg ment,
ajoutée de 1,5 mil liard de francs et un pose donc très lar ge ment au jourd’hui sur comme c’est le cas en ali men ta tion
-ani male no tam ment. ef fec tif de 5 400 sa la riés. Les seuls ef l’ap pro vi sion ne ment du mar ché lo cal.
fec tifs sa la riés sont évi dem ment in suf fi-
g Excé dent brut d’ex ploi ta tion (EBE) :
sants pour cer ner l’im pact du sec teur sur valeur ajoutée + subventions Une croissance tirée par la
l’em ploi compte tenu du poids des ar ti -d’exploitation - impôts et taxes - demande localesans et donc des em plois in dé pen dants.frais de personnel.
-On compte en ef fet 1 115 en tre pri ses ar
Alors qu’au cune al ter na tive au sucreti sa na les re le vant de l’agroa li men taire.
n’émerge pour l’ins tant à l’ex por ta tion,
les pers pec ti ves de dé ve lop pe ment duLes au teurs
sec teur à court terme ap pa rais sent ain si
es sen tiel le ment liées à l’évo lu tion de la
g Jean Louis FUSILLIER est chargé de
de mande lo cale et à la ca pa ci té derecherche au Centre de coopération
concur ren cer les im por ta tions qui tien -internationale en recherche
agronomique pour le nent une place très im por tante. Les im -
développement (CIRAD). po r ta tions de pro duits ali men tai res trans -
for més sont en ef fet éva luées à 2,3 mil -Anne DALPHIN est volontaire àg
liards de francs en 1998, ce qui re pré -l’aide technique au CIRAD.
sente près de la moi tié de la
g Ana tole NEF est vo lon taire à l’aide consom ma tion ali men taire to tale. Les
tech nique à la di rec tion ré gio nale prin ci paux pro duits im por tés sont les
de l’INSEE.
vian des (510 MF en 1998), les pro duits
lai tiers (350 MF), les bois sons (300
MF), et les pro duits à base de cé réa les
(260 MF).Bibliographie
Entre 1993 et 1998 le sec teur agroa li -
Structure et performances du secteur men taire a en re gis tré glo ba le ment une
agroalimentaire réunionnais - Le to tal de la va leur ajoutée et forte crois sance, avec une aug men ta tiondes consom ma tions in ter mé diai -CIRAD - février 2001.
de la pro duc tion et de la va leur ajoutéeres donne la pro duc tion.
voi sine de 5 % par an. La crois sance des
2économie
con fron tées aux im por ta tions
Si la crois sance des duits lo caux et im por ta tions pro gres sent
-in dus tries agroa li à peu près au même rythme, au tour de
men tai res s’appuie 5 % par an.
sur un mar ché lo cal
Les seg ments où l’in dustrie lo cale pro -très por teur, no tam -
gresse le plus for te ment (fruits et lé gu -ment pour les pro -
-mes trans for més, pro duits à base de cé duits plus éla bo rés,
réa les, pro duits lai tiers) sont ceux ayanton peut tou te fois
les plus fai bles taux de pé né tra tion dess’in ter ro ger sur la
pro duits lo caux (moins du tiers du mar -ca pa ci té des en tre -
ché). Leur po ten tiel de dé ve lop pe mentpri ses à suivre l’évo -
par subs ti tu tion aux im por ta tions semble lu tion de la de mande
-en core im por tant. Pour les pro duits lai et à ga gner des parts
tiers, les in ves tis se ments réa li sés dans lade mar ché sur les
fi lière ont per mis un net ra len tis se mentim por ta tions. Glo ba -
des im por ta tions. Le seg ment des vian -le ment les im por ta -
des de bou cherie est le seul à connaîtretions de pro duits ali -
Seuls les su cre ries et le tra vail du grain ont ré duit leur un fléchissement des im por ta tions enm en tai res trans for més ef fec tif sa la rié entre 1993 et 1998. rai son de la crise de l’ESB.pro gres sent tout de
même de près de
4 % par an de 1993 à 1998. Crois sance, em ploi etpro duc tions s’éche lonne de 3 % à 15 %
par an se lon les seg ments. Les dis pa ri tés re ve nu des en tre pri sesDe 1993 à 1998, la ma jo ri té des in dus -
entre seg ments sont plus for tes si l’on tries ali men tai res amé lio rent leur po si -
consi dère la crois sance de la va leur Les ef fec tifs sa la riés ont aug men té detion face aux im por ta tions concur ren tes.
ajoutée. 22 % entre 1993 et 1998, avec près deDeux in dus tries font ex cep tion. L’in -
1 000 em plois sup plé men tai res. La crois -dustrie des bois sons qui mal gré sa crois -L’in dustrie qui se dé ve loppe le plus ra - sance de l’ac ti vi té a donc eu des ef fetssance sou tenue (+ 5 % par an) ne suitpi de ment est la trans for ma tion des fruits si gni fi ca tifs sur l’em ploi, même s’il ne-pas l’évo lu tion du mar ché. Les im por ta -et lé gu mes. Il s’agit d’une phase de dé pro gresse pas aus si vite que la va leurtions de bois sons aug men tent de 7 % par col lage pour cette in dustrie qui part d’un ajoutée (res pec ti ve ment 4 % et 5,3 % enan sans les vins, ces der niers pro gres sant très bas ni veau de pro duc tion (40 MF en rythme an nuel).
en core plus ra pi de ment. L’in dustrie des1993) et double son chiffre d’af fai res sur
pro duits à base de viande est éga le mentles cinq ans. Les in dus tries si tuées en La bou lan gerie-pâ tis serie ar ti sa nale est
-lé gè re ment dis tancée par les im por ta -- le pre mier seg ment pour l’em ploi de sa amont de l’éle vage (fa bri cants d’ali
-tions. Dans les pro duits avi co les, pro la riés (1 040 en 1998), sa pre mière place ments du bé tail, co o pé ra ti ves d’ap pro vi -
sion ne ment et col lecte) ti rent par ti du
dé ve lop pe ment des for mes in ten si ves
d’éle vage. Elles réa li sent aus si une belle
per for mance en terme de crois sance de
la va leur ajoutée, mais la crois de
leur pro duc tion est plus mo deste. Les in -
dus tries des bois sons, des pro duits à
base de viande, la bis cui terie connais -
sent aus si une crois sance re mar quable
pour des sec teurs ayant déjà at teint une
cer taine ma tu ri té.
Les plus fai bles crois san ces concer nent
des in dus tries de pre mière trans for ma -
tion (vian des de bou cherie, sucre, tra vail
des grains). La qua si-sta gna tion de la va -
leur ajoutée des su cre ries est évi dem -
ment liée au tas se ment de la pro duc tion
de canne. En ce qui concerne l’industrie
de la viande bo vine, la crise de l’ESB a
Deux grou pes ap pa rais sent : dans l’un les ré sul tats de l’en tre prise crois senten traî né une chute des im por ta tions de -
plus vite que la va leur ajoutée, tan dis que dans l’autre les ré sul tats de l’en tre --puis 1996, non com pen sée par la pro
prise sont en plus faible crois sance, voire en régression.duc tion lo cale.
3éco nomie
s’est conso lidée avec une crois sance de
40 % des ef fec tifs de 1993 à 1998. Les Ca pi tal et tra vailau tres seg ments qui connais sent les plus
for tes crois san ces d’em plois sont la
Le croi se ment des cri tè res de pro duc ti- sa la rié) mais avec un ren de ment du ca -trans for ma tion des fruits et lé gu mes, la vi té des fac teurs tra vail et ca pi tal pi tal im mo bi li sé, moyen (ali men ta tion
char cu terie ar ti sa nale et les bois sons. conduit à dis tin guer au sein du sec teur ani male, dis til lerie). L’EBE y re pré sente
Seuls deux seg ments en re gis trent des agroali men taire in dus triel quatre ca té- près de 60 % de la va leur ajoutée. L’au -
go ries de seg ments. to ma ti sa tion est cer tai ne ment très pous-per tes d’em plois : les su cre ries qui sont
sée dans ces in dus tries. On note unepas sées de 682 à 444 sa la riés avec la 1 - - Des in dus tries in ten si ves en ca très forte pro gres sion de la pro duc ti vi téres truc tu ra tion in dus trielle de 1995, et le pi tal, avec une faible pro duc ti vi té du du tra vail en ali men ta tion ani male
tra vail et du ca pi tal. Il s’agit des su tra vail des grains. - (+ 70 % entre 1993 et 1998) qui at teint
crerie et des vian des ; l’EBE y re pré- un ni veau très su pé rieur à la ré fé renceAu delà de l’em ploi, cette crois sance sente moins du tiers de la va leur mé tro po li taine. Une conjonc ture très fa -
- ajoutée. Pour les su cre ries, la res truc- d’ac ti vi té a éga le ment per mis d’amé lio vo rable en 1998 pour le coût d’achat
tu ra tion des usi nes a tout de mêmerer le re ve nu des en tre pri ses (me su ré par des ma tiè res pre miè res doit con tri buer
per mis de forts gains de pro duc ti vi té du à ce ré sul tat ex cep tion nel.l’ex cé dent brut d’ex ploi ta tion), à deux tra vail (+ 60 % entre 1993 et 1998).
ex cep tions près (vian des de vo laille et 3 - Des in dus tries in ten si ves en
co o pé ra ti ves de ser vi ces aux éle va ges). -2 - Des in dus tries in ten si ves en ca main d’œuvre, à faible pro duc ti vi té
pi tal à forte pro duc ti vi té du tra vail-La crois sance de la va leur ajoutée a sur du tra vail (moins de 300 kF/sa la rié)
(va leur ajoutée su pé rieure à 500 kF/ mais à fort ren de ment des ca pi taux im -tout bé né fi cié aux re ve nus de l’en tre -
mo bi li sés (fruits et lé gu mesprise en ali men ta tion ani male, pro duits trans for més, bis cui terie, pro-
di vers, se conde trans for ma tion des vian - duits di vers). Bé né fi ciant d’une
des, tra vail des grains et su crerie (dont forte crois sance du mar ché,
l’EBE était né ga tif en 1993). Les seg - ces seg ments ap pa rais sent
ments qui ont pri vi lé gié la crois sance de comme les plus at trac tifs pour
les in ves tis se ments.la masse sa la riale et l’em ploi sont l’in -
dustrie lai tière, la bis cui terie, la trans for - 4 - Des in dus tries en si tua -
ma tion des fruits et lé gu mes, l’in dustrie tion in ter m é diaire (bois sons,
pro duits lai tiers, tra vail desde la vo laille, les co o pé ra ti ves de ser vi -
grains). Ces seg ments ap pa- ces aux éle va ges.
rai s sent éga le ment at trac tifs
pour l’in ves tis se ment compte
Une forte concen tra tion tenu du ni veau éle vé de leur
taux de marge brute d’ex ploi -
ta tion.Le sec teur agroa li men taire réu nion nais
se ca rac té rise par une forte concen tra -
-tion. Pour 11 seg ments par mi 17 ana ly
sés, les trois pre miè res en tre pri ses réa li - tion des fruits et lé gu mes, la bis cui terie le taux de marge brute d’ex ploi ta tion et
sent plus de 60 % du chiffre d’af fai res et les gla ces. Bé né fi ciant en outre d’un la pro duc ti vi té des res sour ces en tra vail
du seg ment. On re lève dans plu sieurs in - mar ché très por teur, ces seg ments sont et en ca pi tal.
dus tries des si tua tions de duo pole (ali - po ten tiel le ment at trac tifs pour les in ves -
men ta tion ani male, pro duits lai tiers, su - Le taux de va leur ajoutée est éga le menttis seurs. Ils pré sen tent une moindre
cre ries, bois sons) et un cas de qua si- un in di ca teur im por tant de struc ture deconcen tra tion, à l’ex cep tion no table des
l’ac ti vi té qui ex prime le de gré d’au to --mo no pole (trans for ma tion de la vo fruits et lé gu mes où l’en tre prise lea der
réa lise plus de 50 % des ven tes. nomie dans le pro ces sus de pro duc tion.laille).
On trouve par mi les seg ments ayant le
Cette concen tra tion est évi dem ment liée L’évo lu tion de 1993 à 1998 est marquée plus fort taux de va leur ajoutée (plus de
au contexte in su laire étroit pour des in - par une aug men ta tion im por tante du 30 %) les ac ti vi tés ar ti sa na les (bou lan -
ves tis se ments in dus triels. On note ain si nombre d’en tre pri ses (près de 300 sup - gerie, char cu terie, gla ces) mais aus si des -une re la tion entre le de gré de concen tra plé men tai res), es sen tiel le ment dans les in dus tries de se conde trans for ma tion
tion et l’in ten si té ca pi ta lis tique qui cor - seg ments ar ti sa naux de bou lan gerie et (pro duits à base de vian des, dis til lerie-res pond au mon tant de ca pi tal im mo bi li - char cu terie. On note éga le ment un élar - li quo ris terie, fruits et lé gu mes, bis cui -
sé pour dé ga ger un franc de va leur gis se ment de la base pro duc tive avec des terie, bois sons) L’in dustrie des bois sons, ajoutée. Ce ra tio ex prime l’im por tance créa tions d’en tre pri se dans la se conde la dis til lerie-li quo ris terie et la se condedes coûts d’entrée sur le seg ment pour -trans for ma tion des vian des et la bis cui trans for ma tion des vian des se dis tin -des concur rents po ten tiels. terie. A l’op po sé, deux seg ments se guent par leur per for mance en terme de
concen trent en core : les in dus tries duLes in dus tries «lour des» avec un coef fi - taux de marge brute d’ex ploi ta tion
sucre et des bois sons.cient d’in ten si té en ca pi tal su pé rieur à 3 (proche de 20 %).
(su crerie, pre mière trans for ma tion des
La com pa rai son avec des ré fé ren ces sec -vian des, co o pé ra ti ves de ser vi ces aux Per for man ces des
to rie l les de France mé tro po li taine montre éle veurs) sont lo gi que ment les plus
en tre pri ses que la plu part des in dus tries réu nion nai -concen trées. Les seg ments à plus faible
ses ont des taux de va leur ajoutée et dein ten si té ca pi ta lis tique (moins de 1,5)
Du point de vue de la ges tion des en tre - marge brute éle vés (les in dus tries dessont évi dem ment les sec teurs ar ti sa naux
-(bou lan gerie, char cu terie) mais on y pri ses, la per for mance peut s’ap pré hen bois sons, des vian des, du lait, des fruits
trouve aus si l’in dustrie de trans for ma - der à tra vers trois cri tè res com plé men tai res : et lé gu mes, des ali ments du bé tail et du
4économie
L’agroa li men taire
tra vail des grains). Pour le taux de va -
leur ajoutée, les écarts vont de 5 à 20
points, à l’ex cep tion du tra vail des grains Aper çu des filièresqui a un ra tio com pa rable. Pour le taux de
marge brute d’ex ploi ta tion, les écarts sont
de 2 à 6 points, ce qui reste consi dé rable.
L’im por tance des taux de va leur ajoutée Si l’on consi dère l’en semble des fi lières de pro duc tion
et de marge brute d’ex ploi ta tion tient à agroa li men taire, de puis les four ni tu res agri co les jus qu’aux
plu sieurs fac teurs de na ture struc tu relle
pro duits fi nis, l’agri cul ture pro pre ment dite ne four nit que 40 %ou liés au com por te ment des en tre pri ses.
de la va leur ajoutée. Même si elle emploie beau coup plus deLa re la tive pe tite taille des uni tés de pro -
-duc tion réu nion nai ses li mite évi dem per son nes que l’in dustrie qui trans forme ses pro duits, son
ment les pos si bi li tés de me ner des stra té - im por tance éco no mique relative tend à dé croître. Cela se vérifie
gies de vo lu mes à bas prix. La concen tra tion aussi bien dans la filière “sucre et rhum” que dans la filière
des s eg ments con tribue à at té nuer la
“produits animaux”.concur rence, et fa vo rise les stra té gies de
va lo ri sa tion des pro duits à prix éle vés.
Par ail leurs les en tre pri ses réu nion nai ses ’in dustrie agroa li men taire réu nion- mi ques en ter mes de créa tion de re ve nu
ont vrai sem bla ble ment moins ex ter na li sé naise uti lise en partie les pro duc- -et de dis tri bu tion de ce re ve nu entre opé
leurs ac ti vi tés. L’ex ter na li sa tion, ten dance Ltions agri co les lo ca les. On peut ra teurs au sein des fi liè res.
forte des dix der niè res an nées dans les donc en vi sa ger une ap proche glo bale du
in dus tries ali men tai res mé tro po li tai nes a sec teur et rai son ner sur l’en semble de la Stagnation de laen ef fet conduit à une baisse du taux de fi lière de pro duc tion. Celle-ci in clut
filière “sucre et rhum”va leur ajoutée com binée à une hausse du l’agri cul ture, les ac ti vi tés amont de four -
taux de marge. ni tu res d’in trants et de ser vi ces et les ac -
On a re grou pé dans la fi lière «sucre etti vi tés aval de trans for ma tion et dis tri bu -
Les points de va leur ajoutée sup plé men - rhum», la pro duc tion de canne à sucre et tion. La va leur ajoutée di recte de cet
tai res par rap port à la mé tro pole, se ré - les ac ti vi tés va lo ri sant di rec te ment ceen semble agri cole et agroa li men taire estpar tis sent dif fé rem ment se lon les seg - pro duit : en pre mière trans for ma tion, lesévaluée en 1998 à 2,48 mil liards de
ments. Pour les in dus tries des bois sons su cre ries, et en se conde les dis til le ries et francs hors sub ven tions aux pro duitset des fruits et lé gu mes, c’est sur tout la li quo ris tes. Ain si dé li mitée, la fi lière dé -agri co les et à 2,73 mil liards de francs
masse sa la riale qui en bé né ficie. Ces in - gage une va leur ajoutée di recte d’en vi -avec sub ven tions, ce qui re pré sente en -
dus tries sem blent pri vi lé gier une plus ron 400 MF en 1998. La con tri bu tion devi ron 10 % de la va leur ajoutée mar -
-forte in ten si té en main d’œuvre par rap la fi lière à l’em ploi est es timée au tour de chande de l’éco nomie réu nion naise.
port aux nor mes mé tro po li tai nes, comme 8 000 em plois di rects, es sen tiel le ment
le mon trent les im por tants écarts de pro - dans la pro duc tion agri cole puisque lesL’agri cul ture compte pour 40 % dans
duc ti vi té du tra vail. Dans les in dus tries in dus tries ne re pré sen tent plus que 570cette va leur ajoutée glo bale. Le quart va
des vian des et du lait, le sur croît de va - sa la riés en 1998.aux in dus tries trai tant en partie des pro -
leur ajoutée se par tage entre masse sa la - -duits lo caux (su crerie, dis til lerie, in dus
riale et re ve nu de l’en tre prise (EBE) et tries des vian des, du lait, des fruits et lé -
on note des écarts ré duits de pro duc ti vi té gu mes) et 30 % aux in dus tries à base de
du tra vail. Deux seg ments, l’ali men ta - ma tière pre mière im portée.
tion ani male et le tra vail des grains,
confor tent sur tout leurs re ve nus d’en tre - En 1993 l’agri cul ture re pré sen tait 44 %
prise. de la va leur ajoutée de la fi lière. Cette
-di mi nu tion de la part re la tive de l’agri Entre 1993 et 1998, les évo lu tions sont
-cul ture s’ins crit dans une baisse ten dan con tras tées. Trois seg ments amé lio rent
cielle qui est conforme aux évo lu tionsfor te ment leur taux de va leur ajoutée et
ob ser vées dans tous les pays éco no mi -de marge brute : bois sons, pro duits à
que ment dé ve lop pés où in ter vient unbase de vian des et ali men ta tion ani male.
pro ces sus d’in dus tria li sa tion des fi liè resTan dis que trois au tres connais sent une
agroa li men tai res.-dé té rio ra tion pour ces deux ra tios : pre
mière trans for ma tion des vian des, dis til -
Un dé cou page ver ti cal à par tir du pro -lerie, pro duits lai tiers. L’ap pa ri tion d’un
duit agri cole conduit à dé li mi ter des fi -nou veau concu rrent en 1991 sur un sec -
liè res de pro duc tions. Quatre gran des fi -teur en qua si-mo no pole a dé gra dé les
liè res sont pré sen tes à La Réu nion : lamar ges réa li sées par les en tre pri ses de L’agri cul ture four nit 40 % de la
fi lière «sucre et rhum», la fi lière «pro - -va leur ajoutée de la fi lière agroa l’industrie laitière. n
duits ani maux», la fi lière «fruits et lé gu - li men taire. Les ac ti vi tés «amont»
de four ni ture d’in trants et deJean-Louis FUSILLIER, mes» et la fi lière «plan tes aro ma ti ques».
ser vice in ter vien nent pour 6 % Ana tole NEF et Les fi liè res du sucre et des pro duits ani - et les in dus tries de trans for ma -Anne DALPHIN maux font l’ob jet d’un sui vi sta tis tique tion pour 54 %.
suf fi sant pour éva luer leurs ef fets éco no -
5éco nomie
ajoutée du dé but de la dé cennie, et aux
su cre ries de dé pas ser le seuil de ren ta bi -
li té des usi nes.
Les dis til le ries et les li quo ristes sont
moins dé pen dan tes de leur ma tière pre -
mière lo cale et dis posent de mar ges de
man œuvre pour va lo ri ser et pro mou voir
leurs pro duits. Ils par vien nent à ac croître
leurs ven tes et leur va leur ajoutée et dé -
ga gent un bé né fice net de 37 MF en
1998.
Crois sance de la fi lière
“produits animaux”
La va leur ajoutée de la fi lière
«sucre et rhum» stagne de 1993
à 1998 et la part des plan teurs Le dé ve lop pe ment ac cé lé ré de la pro -
di minue avec l’accroissement du duc tion lai tière pèse en core peu dans le Les sec teurs en amont de l’éle -
coût des intrants. -to tal de l’éle vage. La pro duc tion de vo -vage et en se conde trans for ma
tion connais sent les plus for teslail les est pré pon dé rante et reste concur -
crois san ces de va leur ajoutée.rencée par les im por ta tions (en vi ronLes deux an nées de ré fé ren ces, 1993 et
40 % de part de mar ché). Celle de porc1998 sont tou tes deux de mau vai ses
leur va leur ajoutée (de 50 MF en 1993 àsa ture presque le mar ché lo cal pour lacam pa gnes : leur pro duc tion de canne à près de 100 MF en 1998). Leur pro duc -viande fraîche et connaît donc des cy cles sucre tourne au tour de 1,7 mil lion de
tion est tirée par le dé ve lop pe ment d’éle -plu ri-an nuels. Il semble jus te ment queton nes alors que la moyenne dé cennale
va ges de pe tite di men sion très in ten sifs1998 cor res ponde à une phase basse duest de 1,8 million. La com pa rai son de
uti li sant des ali ments concen trés. Ils bé -cycle du porc avec des dif fi cul tés deces deux an nées montre une sta gna tion
né fi cient en outre d’une conjonc ture fa -mise en marché.de la va leur ajoutée glo bale de la fi lière
vo rable sur le mar ché in ter na tio nal quiavec tou te fois des di ver gen ces entre les La va leur ajoutée dé gagée par la fi lière leur per met en 1998 de s’ap pro vi sion ner sta des de la fi lière. est de près de 700 MF en 1998 et les en maïs à un coût in fé rieur de 20 % à ce -
em plois oc cu pés sont es ti més à en vi ron lui de 1993. Dans le même temps le prix Les plan teurs en re gis trent une di mi nu -
4 000. Avec 240 MF, les éle veurs ne re -tion de leur va leur ajoutée, de 235 à 210 de vente des ali ments reste qua si ment
pré sen tent qu’un peu plus du tiers deMF sous l’ef fet d’un tas se ment de leur stable. Les gains dé ga gés par ce dif fé -
cette va leur ajoutée. Leur part re la ti ve -pro duc tion conjuguée à un ac crois se - ren tiel de prix fa vo rable peu vent tou te -
ment faible s’ex plique par l’étendue dument des consom ma tions in ter mé diai res. fois être réin jec tés dans l’en semble du
champ re te nu pour dé fi nir la fi lière. On sec teur co o pé ra tif de la fi lière. Les co o -L’ef fet né ga tif du ci seau des prix (sta -
in clut no tam ment des in dus tries de -gna tion des prix de vente et ren ché ris se - p é ra ti ves d’éle veurs in ves ties dans l’ap pro
trans for ma tion qui s’ap pro vi sion nent enment des in trants) joue plei ne ment lors - vi sion ne ment, la col lecte et la trans for ma -
grande partie en vian des im por tées (lesqu’il n’y a pas de gain de pro duc ti vi té. tion fonc tion nent en ef fet de ma nière in -
-im por ta tions de vian des fraî ches ou conge tégrée et re pré sen tent en vi ron les deuxLa baisse de re ve nu des plan teurs est
lées re pré sen tent 350 MF soit plus de latoutefois amortie grâce aux sub ven tions. tiers des pro duc tions ani ma les. Une caisse
moi tié du pro duit brut des éle va ges réu nion -- de com pen sa tion gérée par l’in ter pro fes -Ces der niè res tien nent une place pré pon
nais). Un autre fac teur tient au mode d’éle - sion per met de sta bi li ser les prix des pro -dé rante dans le re ve nu. En 1998 pour un
vage pro mu, qui est in ten sif en in trants. duits ani maux aux dif fé rents sta des de lare ve nu net d’ex ploi ta tion dé ga gé par la
- fi lière.canne à sucre de 240 MF, les sub ven
Entre 1993 et 1998, la va leur ajoutée detions au pro duit et à l’ex ploi ta tion at tei -
la fi lière croît de plus de 25 %, celle des La crois sance de la va leur ajoutée engnent 205 MF, soit plus de 80 %.
é le veurs n’aug mente que de 20 %. L’aug - aval est con trastée. Le stade de pre mière
Les su cre ries comp tent pour 30 % dans men ta tion la plus forte se situe dans les trans for ma tion connaît une faible crois -
la va leur ajoutée de la fi lière. Tout ac ti vi tés en amont de l’éle vage. Les fa - sance, il est pro b a ble ment af fec té par la
comme leur vo lume de ma tière pre - bri cants d’ali ments du bé tail dou blent crise de l’ESB de 1996 qui a en traî né
mière, leur va leur ajoutée stagne en une chute des im por ta tions de viande
com pa rant 1993 et 1998. Mal gré leur bo vine. Le stade de se conde trans for ma -
La fi lière “pro duits ani maux”res truc tu ra tion en 1995, les su cre ries, tion des vian des et du lait en re gistre par
con fron tées à un faible ni veau d’ac ti vi té, contre une hausse de 25 % sur ces cinqw Fa bri ca tion d’ali ments pour ani mauxen re gis trent en 1998, un dé fi cit de 60 an nées et sa va leur ajoutée dé passe celle
MF après amor tis se ment. w -Ser vi ces aux éle veurs (es sen tiel le de l’éle vage en 1998. Il tire par ti de la
ment co o pé ra tifs) crois sance de la de mande des consom -Les ré sul tats des plan teurs comme des ma teurs pour des pro duits de plus enw Éle va ges (hors pois sons)su cre ries sont très sen si bles aux fluc tua - plus éla bo rés. ntions du vo lume de canne à sucre pro - w 1ère trans for ma tion des vian des
duit. En 1999 le re dres se ment de la pro - Jean-Louis FUSILLIERw 2ème trans (dont in dustrieduc tion à plus de 1,9 Mt per met aux Ana tole NEF etlai tière et char cu terie).
plan teurs de re trou ver leur va leur Anne DALPHIN
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