Émissions de CO2 en Pays de la Loire : des pistes pour réduire l'usage de la voiture au quotidien

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www.insee.fr/pays-de-la-loire N°109. Septembre 2012 émissions de CO 2 en Pays de la Loire : des pistes pour réduire l’usage de la voiture au quotidien Les actifs et étudiants résidant dans les Pays de la Loire émettent autant de CO 2 congestion de certains réseaux routiers, N PayS de La LOire, les émissions par personne qu’au niveau national hors éloignement du lieu de travail, absence de Île-de-France. L’usage plus fréquent de de CO provenant des déplacements 2 la voiture dans la région est compensé Edomicile-travail et domicile-études choix du mode de transport. par de moindres émissions de CO par ne représentent que 2 % de l’empreinte 2 du fait de leurs répercussions écologiques, carbone de chaque ligérien (cf. Défnitions). véhicule. Proportionnellement plus sociales et économiques, les collectivités Ces émissions correspondent néanmoins nombreux que dans les autres régions et sont tentées d’agir sur les navettes quo- recourant moins souvent aux transports à 3 % des émissions directes produites tidiennes des habitants. Ces migrations collectifs qu’ailleurs, les habitants de sur le territoire régional, à 4,5 % des pendulaires constituent un terrain privilé- l’espace périurbain de la région sont les émissions provenant de la combustion gié de l’action publique, afn de proposer de produits énergétiques et à 13 % des premiers contributeurs des émissions de un mode de développement plus durable émissions dégagées par le secteur des CO .
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www.insee.fr/pays-de-la-loire
N°109. Septembre 2012
émissions de CO
2
en Pays de la Loire :
des pistes pour réduire
l’usage de la voiture au
quotidien
Les actifs et étudiants résidant dans les
Pays de la Loire émettent autant de CO
2
congestion de certains réseaux routiers, N PayS de La LOire, les émissions par personne qu’au niveau national hors
éloignement du lieu de travail, absence de Île-de-France. L’usage plus fréquent de de CO provenant des déplacements
2
la voiture dans la région est compensé Edomicile-travail et domicile-études choix du mode de transport.
par de moindres émissions de CO par ne représentent que 2 % de l’empreinte
2 du fait de leurs répercussions écologiques,
carbone de chaque ligérien (cf. Défnitions). véhicule. Proportionnellement plus
sociales et économiques, les collectivités
Ces émissions correspondent néanmoins nombreux que dans les autres régions et
sont tentées d’agir sur les navettes quo-
recourant moins souvent aux transports à 3 % des émissions directes produites
tidiennes des habitants. Ces migrations
collectifs qu’ailleurs, les habitants de sur le territoire régional, à 4,5 % des
pendulaires constituent un terrain privilé-
l’espace périurbain de la région sont les émissions provenant de la combustion
gié de l’action publique, afn de proposer de produits énergétiques et à 13 % des premiers contributeurs des émissions de
un mode de développement plus durable émissions dégagées par le secteur des CO . C’est en Vendée que les émissions 2 offrant des alternatives aux déplacements sont les plus élevées ; les agglomérations transports. Souvent considérées comme
coûteux et contraints, réalisés le plus nantaise et angevine sont celles une cible privilégiée des politiques
souvent en voiture. Ces mesures, la mise où les émissions de CO par km parcouru publiques de transport, les navettes
2
en place de nouvelles pratiques en matière domicile-travail et domicile-études pèsent sont les plus faibles. Le trajet entre
de mobilité durable et l’évolution des donc pour une part somme toute modeste Saint-Nazaire et Nantes est la liaison
comportements pourraient réduire sen-inter-agglomérations la plus fréquentée et dans les émissions de CO des ligériens.
2
siblement les émissions de CO. Le la plus émettrice de CO , devant celle 22
dynamisme démographique de la région reliant Nantes et Angers. À l’échelle Pour autant, les émissions liées aux
rend d’autant plus crucial la réduction locale, des leviers d’action divers navettes constituent l’un des postes
d’émission de CO par navetteur : si les ayant le plus augmenté au cours des 20 pourraient venir compléter des mesures 2
nationales visant à réduire les émissions dernières années (+ 30 % entre 1990 distances parcourues et les modes de
des transports. Elles visent à aménager et 2007). Cette progression est liée à la transports utilisés n’évoluaient pas,
le territoire pour réduire la dépendance dynamique économique de la région et tra- l’augmentation attendue de 11 % du
à la voiture et les émissions de CO , mais duit les diffcultés croissantes que peuvent nombre d’actifs d’ici 2030 entraînerait une
2
rencontrer les habitants pour rejoindre au aussi à favoriser des choix de modes de augmentation équivalente des émissions
transport moins émetteurs. quotidien leur lieu de travail ou d’études : totales de CO .
2
Denis DOUILLARD,
Philippe PIROT (Dreal),
Brigitte ALLAIN, Ophélie KAISER,
Sébastien SEGUIN (Insee)émissions de CO en Pays de la Loire : des pistes pour réduire
2
l’usage de la voiture au quotidien
de CO , à plus de 650 kg (Lorraine, alsace, Émissions de CO par navetteur : 22
Picardie, Centre et Haute-Normandie). Ces Le parc automobile des Pays de la les Pays de la Loire dans la
trois dernières régions, qui bordent l’Île-de- Loire : prédominance du gazole, moyenne
France, génèrent des migrations de plus carburant moins émetteur de CO
2
longue distance qu’ailleurs, en raison de que le sans-plomb… mais plus
en 2007, 1,5 million d’habitants de la polluantfux quotidiens plus importants vers Paris et
région - soit 43 % de la population totale - sa banlieue.
ont effectué des navettes quotidiennes Trois facteurs permettent de hiérarchiser le
entre leur domicile et leur lieu de travail ou degré d’émissions en CO du parc automo-2La voiture : 81 % des bile des régions françaises : l’âge des véhi-d’études (cf. Pour comprendre ces résultats).
cules, la puissance fscale et la carburation. déplacements pendulaires, tous modes de transports confondus, les
De façon générale, les modèles récents, de
émissions de gaz à effet de serre (geS) mais 96 % des émissions de CO2 petites cylindrées et à motorisation diesel
liées à ces déplacements sont évaluées à émettent moins de CO au kilomètre que les 2
921 milliers de tonnes de CO , soit le qua- L’empreinte carbone des déplacements autres voitures. Le différentiel des émissions 2
de CO au km entre les modèles essence et trième volume des régions de province. dépend de plusieurs facteurs : la distance 2
gazole tend toutefois à se réduire d’année en elles représentent 620 kg de CO par actif moyenne parcourue, le mode de transport 2 année.
en emploi ou étudiant résidant dans les Pays utilisé, les caractéristiques du parc automo-
de la Loire. bile. Pour ce qui est de la distance moyenne Selon les chiffres provenant du Service de
parcourue, la région est proche des stan- l’observation et des statistiques du ministère
en charge des Transports (SOeS), le parc Les actifs et étudiants résidant dans la région dards nationaux. Chaque habitant des Pays
automobile des Pays de la Loire serait moins émettent autant de CO par personne qu’en de la Loire parcourt ainsi en moyenne 2 polluant en CO qu’au niveau national. La part 2France métropolitaine hors Île-de-France. 18,5 km par jour pour aller et revenir de des véhicules diesel y est plus élevée et les
eLes Pays de la Loire, 4 région de province son lieu de travail ou d’études. habitants de la région recourent davantage
par la population et la richesse produite, aux petites et moyennes cylindrées, de
e Les modes mécanisés individuels (moto moins de huit chevaux fscaux. En revanche, se classent au 6 rang des régions les
le parc des Pays de la Loire est en moyenne et voiture) sont prédominants et assurent plus émettrices, rapporté au nombre de
plus ancien que celui des autres régions de 81 % des navettes quotidiennes dans les navetteurs. en revanche, compte tenu du
province. Pour les décideurs locaux, l’enjeu
fort taux d’emploi régional, les émissions Pays de la Loire. Les ménages de la région consiste donc à ce que le renouvellement du
ede CO rapportées à la population totale se placent au 2 rang des régions fran- parc automobile s’accompagne de l’achat de 2
çaises après Poitou-Charentes en matière véhicules moins émetteurs.sont légèrement au-dessus de la moyenne
de taux d’équipement en automobiles (86 % nationale hors Île-de-France (264 kg par an
en 2007). Ce fort taux d’équipement et par habitant contre 257 kg).
es’explique par un type d’urbanisation diffus au 10 rang pour les transports collectifs et
eLa région se situe ainsi dans une position et peu dense. La part des navettes effec- au 20 rang pour les modes qui n’émettent
tuées par les modes alternatifs à la voi-intermédiaire entre les régions françaises pas de CO (vélo et marche à pied).
2
ture (transports collectifs et modes doux les plus mesurées, émettant moins de
- bicyclette et marche) est donc plus faible 600 kg de CO par navetteur (Languedoc-
2 Le parc automobile ligérien apparaît néan-
roussillon, Provence-alpes-Côte d’azur, dans la région qu’ailleurs en province (19 % moins légèrement moins émissif en CO
2Corse, auvergne, Limousin et Champagne- contre 21 %). La région se classe ainsi au que la moyenne des régions de province.
e7 rang national pour le recours à la voiture, ardenne) et les espaces les plus émetteurs L’usage plus fréquent de la voiture est
ainsi compensé en Pays de la Loire par de
Des émissions de CO proches de la moyenne nationale hors Île-de-France
2 moindres émissions de CO par véhicule
2Comparaison des principaux indicateurs sur les navettes quotidiennes et leurs émissions de CO selon le 2 que dans les autres régions. au fnal, la territoire de résidence
dont : sous-représentation des modes alternatifs à dont : Espace périurbain Ensemble Grands pôles des grands pôles la voiture ne pèse donc pas sur l’empreinte urbains urbains
carbone des déplacements pendulaires :
avec 128,0 grammes de CO émis par Pays de la Loire 81,3 71,0 91,4Part modale de la 2
voiture ou moto navetteur et par km (contre 128,2 au niveau
France hors (%) 79,2 71,8 89,6 national), les Pays de la Loire occupent le Île-de-France
e12 rang des 21 régions de province.
distance moyenne Pays de la Loire 18,5 14,2 23,4
parcourue par
personne par jour Sur les 921 milliers de tonnes de CO émis France hors 218,5 14,7 24,4ouvré (km) Île-de-France chaque année par les habitants des Pays
CO émis en de la Loire pour les motifs domicile-travail
2 Pays de la Loire 620 450 800
moyenne par et domicile-études, 96 % sont dus à l’usage
personne et par France hors
620 480 830 de la voiture ou de deux-roues motorisés. an (en kg) Île-de-France
étant en moyenne utilisés sur de plus
CO émis en Pays de la Loire 128,0 122,9 131,32 longues distances que les autres modes moyenne par
personne et par de transport (21,6 km), les véhicules et France hors
128,2 125,3 131,1km (en g) Île-de-France deux-roues motorisés sont à l’origine de
Champ : déplacements pendulaires des actifs en emploi et des étudiants (plus de 150 km exclus). 88 % des kilomètres parcourus. Les trans-
Lecture : en Pays de la Loire, 71 % des actifs en emploi ou étudiants qui résident dans un grand pôle urbain utilisent principalement la voiture ou la moto ports collectifs représentent 8,0 % du
pour les navettes quotidiennes.
Sources : Insee, Recencement de la population 2007 ; SOeS ; Certu. nombre de navettes, mais seulement 4,1 %
des émissions de CO .
2
émiSSiONS de CO eN PayS de La LOire : deS PiSteS POur réduire L ’uSage de La vOiture au quOtidieN - SePtembre 201222Voiture,
moto
Transport
collectif
Modes
doux
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Les modes de transport individuels motorisés expliquent l’essentiel des Moins de CO émis par km
2
émissions de CO
2 dans les grandes
répartition des émissions de CO et des personnes selon le mode de transport dans les Pays de la Loire (en %)2 agglomérations
Les disparités d’émissions de CO entre
2
grandes unités urbaines refètent, d’une
part, la densité du réseau de transports
collectifs des agglomérations et l’intensité
du recours aux modes doux et, d’autre part,
la distance plus ou moins importante à
parcourir pour rejoindre son lieu de travail.
ainsi, les agglomérations nantaise et ange-
Part des distances vine sont celles où les émissions de CO
2
Part des émissions de CO
2 par km parcouru sont les plus faibles, alors
Fréquence d’utilisation qu’elles culminent dans les agglomérations
du littoral et vendéennes (Saint-Nazaire,
Pornic, Saint-brevin-les-Pins, Les Sables-
d’Olonne, Fontenay-le-Comte, Les Herbiers,
Champ : déplacements pendulaires des actifs en emploi et des étudiants (plus de 150 km exclus). Challans, Saint-Hilaire-de-riez et La roche-
Lecture : les actifs et étudiants résidant en Pays de la Loire utilisent à 81 % une voiture ou une moto pour leurs navettes. Ces modes motorisés
sur-yon), dont le réseau de transports individuels représentent 88 % des km parcourus par les navetteurs et 96 % des émissions de CO des navetteurs.
2
Sources : Insee, Recensement de la population 2007; SOeS ; Certu. collectifs est moins développé. Parmi les
grandes agglomérations de la région, Saint-contre 91 % dans les couronnes). La proxi-Davantage d’émissions de CO
2 Nazaire se démarque par son fort niveau mité des emplois et l’offre de transports col-dans l’espace périurbain d’émissions, avec des distances parcourues lectifs facilitent ainsi le recours à des modes
plus élevées qu’ailleurs et une utilisation de À l’instar des autres régions, la majorité des alternatifs à la voiture.
la voiture plus fréquente. migrations quotidiennes des habitants des
Pays de la Loire s’effectue à l’intérieur des Proportionnellement plus nombreux que
étant nombreux à travailler dans l’un des agglomérations, où se concentre l’essentiel dans les autres régions et recourant moins
deux grands pôles d’emploi de Nantes ou de la population, de l’emploi et des établis-
souvent aux transports collectifs qu’ailleurs, de Saint-Nazaire, les habitants des unités sements universitaires de la région. Les
les habitants de l’espace périurbain de la urbaines de taille intermédiaire de la navetteurs résidant dans les grands pôles
région sont les premiers contributeurs des Loire-atlantique ou du nord de la vendée urbains sont plus nombreux que ceux qui
émissions de CO . À titre d’illustration, au (Pornic, Saint-brevin-les-Pins, Saint-Julien-de-2habitent dans les couronnes périurbaines
sein de l’aire urbaine de Nantes, où résident Concelles, Clisson et montaigu) parcourent de ces pôles. S’ils émettent au total un
plus du quart des navetteurs de la région, des distances importantes et émettent ainsi volume important de CO , leurs émissions
2
les résidents de l’espace périurbain - dont la beaucoup plus de CO . Les liaisons au sein de CO par personne ou par km parcouru 22
majorité travaille dans la métropole nantaise de l’unité urbaine de Cholet sont également sont, en revanche, nettement inférieures.
ou un grand pôle d’emploi voisin comme très émettrices de CO . en effet, le trajet aller-retour du domicile 2
Saint-Nazaire ou rennes - représentent 30 % au lieu de travail est à la fois plus court en
Parmi les liaisons entre agglomérations, des navetteurs de l’aire urbaine, mais 45 % moyenne (14,2 km contre 23,4 pour ceux
celle entre Saint-Nazaire et Nantes est la des émissions de CO de l’ensemble des qui résident dans une couronne périurbaine) 2
plus fréquentée et la plus émettrice de CO , et moins souvent réalisé en voiture (71 % navetteurs. 2
Dans les Pays de la Loire, le périurbain contribue plus aux émissions de CO qu’ailleurs
2
répartition des navetteurs et des émissions de CO selon le territoire de résidence (en %)2
Grands pôles urbains
60 Espace périurbain des grands pôles urbains
Autres pôles
50 Autour des autres pôles
Communes isolées hors influence des pôles
40
30
20
10
0
Pays de la Loire France hors Île-de-France Pays de la Loire France hors Île-de-France
Part des navetteurs (en %) Part du CO total émis (en %) 2
Champ : déplacements pendulaires des actifs en emploi et des étudiants (plus de 150 km exclus).
Lecture : 46 % des navetteurs résident dans les grands pôles urbains de la région, ils émettent 34 % des émissions de CO .
2
Sources : Insee, Recensement de la population 2007; SOeS ; Certu.
émiSSiONS de CO eN PayS de La LOire : deS PiSteS POur réduire L ’uSage de La vOiture au quOtidieN - SePtembre 2012 émiSSiONS de CO eN PayS de La LOire : deS PiSteS POur réduire L ’uSage de La vOiture au quOtidieN - SePtembre 20122 23émissions de CO en Pays de la Loire : des pistes pour réduire
2
l’usage de la voiture au quotidien
Moins d’émissions de CO dans les grandes agglomérations qu’ailleurs
2
émissions de CO liées aux navettes selon le territoire de résidence2
Distances élevées, Distances élevées, Moyenne
faible efficacité carbone forte efficacité carbone régionale
950
(128) Reste de la Loire-Atlantique
850
Reste de la Sarthe Reste du Maine-et-Loire
750 Pornic / Saint-Brevin
Reste de la Mayenne Moyenne
régionale 650
Reste de la Vendée (620)
Les Sables-d'Olonne
Saint-Nazaire 550 Challans / Saint-Hilaire-de-Riez /
Nantes Saint-Jean-de-Monts
La Roche-sur-Yon
Cholet
450 Angers
Laval Le Mans Faibles distances, Faibles distances,
faible efficacité carbone forte efficacité carbone
350
115 120 125 130 135 140
Efficacité carbone (CO émis par km parcouru) 2
Sources : Insee, Recensement de la population 2007; SOeS ; Certu.
tendre. même si cette augmentation du aux pôles d’emploi par des infrastructures devant celle reliant Nantes et angers. Les
prix des carburants demeurait modeste ou de transports collectifs. des politiques de liaisons de Nantes et angers avec rennes
était compensée par des progrès techno-font également partie des liaisons les plus revitalisation urbaine, visant à la réhabilita-
émettrices de CO , en raison de distances logiques (voiture électrique, hybride, baisse tion des friches urbaines et au retour des 2
Grands pôles urbainssupérieures à 100 km par trajet aller. du sensible de la consommation), l’augmenta- populations au cœur des villes - métropoles 60 Espace périurbain des grands pôles urbainsfait de l’effcacité de l’offre ferroviaire tion du trafc routier mettrait à mal l’équilibre comme petits bourgs - peuvent en partie Autres pôles
permettant de relier entre elles les princi- du budget-temps de ces familles.
50 répondre à l’objectif de réduire l’éloignement Autour des autres pôles
pales agglomérations de la région (Nantes,
entre les lieux de domicile et d’activité par
À l’échelle locale, les enjeux d’offre de angers, Le mans, Saint-Nazaire), ces une densifcation des centres urbains. au
transport et d’offre de logement sont liés liaisons émettent relativement peu de CO
2 cours de la décennie écoulée, les trajets se
aux mesures pour une réduction des émis-au km. Les émissions sont en revanche plus
sont en effet considérablement allongés du sions de CO . des leviers d’action divers élevées sur les liaisons où le train est concur- 2
fait de la périurbanisation. dans les grandes rencé par des voies routières rapides et (technologiques, réglementaires, incitatifs)
agglomérations, les plans locaux de l’habitat gratuites (Nantes-Clisson, Nantes-rennes, pourraient venir compléter des mesures
visent ainsi à réduire les départs des Nantes-La roche-sur-y on par exemple). elles nationales de réduction des émissions dues
personnes de 25 à 39 ans et de leurs familles culminent pour les trajets où la voiture n’est aux transports (incitations au renouvelle-
en dehors des grands pôles urbains. Nantes pas ou très peu concurrencée, notamment ment du parc, véhicules moins émetteurs,
pour les liaisons Nantes-Cholet, angers- biocarburants, grandes infrastructures de métropole s’est par exemple fxé comme
Cholet, Les Sables-d’Olonne-La roche-sur- transports ferroviaires…). Les nouveaux objectif de réduire d’un tiers ces départs à
yon ou Saint-brevin-les-Pins-Nantes. habitants ou ceux qui cherchent un nouveau l’horizon 2030. en extrapolant cet objectif
logement pourraient être les premiers aux cinq autres principales agglomérations
Aménager le territoire concernés, le choix d’un lieu de résidence de la région, l’atteinte de cette cible condui-
allant le plus souvent de pair avec le choix pour réduire la dépendance rait à une réduction de 4 % des émissions
d’un mode de transport pour se rendre sur à la voiture régionales liées aux navettes.
son lieu de travail. La localisation concertée
attendue par de nombreux observateurs, des emplois sur le territoire est un enjeu
en favorisant le télétravail et le passage
l’augmentation du prix des carburants est clef de cet objectif de réduction des émis-
à la semaine de quatre jours de travail, porteuse d’une modifcation en profondeur sions de CO .
2
la diffusion des nouvelles technologies de des pratiques de mobilité des ménages. Les
l’information et de la communication permet habitants qui vivent éloignés des centres- Le premier type de mesures cherche à
aussi de réduire le nombre de déplacements. villes afn de bénéfcier de conditions de diminuer la longueur et le nombre de dépla-
elle pose néanmoins la question de l’accep-cements réalisés en voiture. elles visent à logement en rapport avec leurs revenus,
tabilité sociale d’un recours accru au travail notamment les familles modestes, pourraient restreindre l’étalement urbain dans les zones
en effet voir leur équilibre économique se périurbaines qui ne sont pas ou mal reliées « hors les murs ».
émiSSiONS de CO eN PayS de La LOire : deS PiSteS POur réduire L ’uSage de La vOiture au quOtidieN - SePtembre 2012 émiSSiONS de CO eN PayS de La LOire : deS PiSteS POur réduire L ’uSage de La vOiture au quOtidieN - SePtembre 20122 24
Émissions de CO par personne et par an (en kg)
2nombre de places réservées à la voiture Favoriser des choix de modes Des actions pour accroître le
dans les quartiers résidentiels comme dans de transport moins émetteurs recours aux transports collectifs
les zones d’activités par des politiques de
un second type de mesures consiste à stationnement volontaristes, accroître le La généralisation de la billettique et de
favoriser l’usage de modes de déplacement taux d’occupation des voitures réalisant l’intégration tarifaire - sur le modèle du dis-
moins émetteurs de CO que le modèle des trajets domicile-travail (covoiturage, 2 positif Korrigo en bretagne -, l’expérimen-
dominant, basé sur « l’autosolisme » et le crèches inter-entreprises…), dissocier tation de péages urbains dans certaines
recours aux énergies fossiles. Ces mesures possession et utilisation de la voiture agglomérations de la région, le développe-incitatives seront d’autant plus effcaces (services de location et d’auto-partage), ment du transport à la demande en zones qu’elles assureront aux intéressés une
subventionner l’achat de véhicules fai- peu denses visent quant à eux à inciter les sécurisation de leur déplacement, un niveau
blement émetteurs (électriques, gNL...), utilisateurs de la voiture à se reporter sur les de confort satisfaisant, un coût et un temps
majorer la part régionale de la taxe inté- transports collectifs. S’il s’avère très coûteux de parcours équivalents voire réduits par
rieure de consommation sur les produits rapport à un mode de transport plus émet- pour la collectivité, le développement de
énergétiques. Si elles peuvent contribuer à teur. ainsi, pour développer le recours l’offre de transports collectifs peut avoir
réduire les émissions de CO , ces actions
2aux modes doux dans les déplacements une infuence considérable sur la réduction
ne sont néanmoins pas neutres au niveau courts, diverses actions ont été mises en des émissions de CO , en plus des consé-
2social et en termes de libre choix du œuvre dans les villes à travers le monde : quences positives en matière économique,
mode de transport. elles peuvent en effet versement d’une prime transport aux actifs sociale et de maillage du territoire. À titre
s’accompagner de contraintes pesant cyclistes, aides fnancières à l’achat de
d’exemple, 5 000 utilisateurs quotidiens
davantage sur les ménages modestes vélos à assistance électrique, mise en place
de la nouvelle ligne de « tram-train » reliant
vivant dans les couronnes périurbaines que de jalonnement pour les cycles au détriment
Nantes à Châteaubriant sont attendus.
du stationnement automobile sur la voirie, sur des ménages assez aisés vivant dans
amélioration des cheminements piétons, les grands centres urbains.
en cumulant une augmentation limitée du anticipation de la place de ces modes dans
recours aux transports collectifs au sein les schémas d’urbanisation. Les plans de Les Conseils généraux sont par exemple en
des agglomérations, surtout celles qui sont déplacements urbains visent ainsi une première ligne pour inciter au covoiturage
déjà bien équipées (Nantes métropole a augmentation signifcative de la part de dans les trajets entre l’espace périurbain
ces modes doux : + 60 % par exemple à un objectif d’augmentation de la part des et les grandes agglomérations. Pour ce
l’horizon 2030 à Nantes métropole. Si la transports collectifs de 10 % seulement à faire, ils développent notamment des aires
part de ces modes doux dans l’ensemble l’horizon 2030), un doublement de cette de covoiturage et des systèmes d’infor-
des déplacements domicile-travail ou part dans les liaisons entre couronnes mation. À l’heure actuelle, moins d’une
domicile-études de moins de 5 km aug- périurbaines et grands pôles urbains et une voiture sur vingt comprend un passager
mentait de 50 % d’ici 2030, ce serait 2 %
poursuite au même rythme de l’accroisse-en plus du conducteur au cours d’un trajet
des émissions régionales de CO liées aux
2 ment de la fréquentation des trains régionaux domicile-travail. Si cette proportion passait à navettes qui seraient économisées.
une voiture sur cinq, les émissions régionales dans les principaux trajets entre aggloméra-
de CO seraient réduites de 6 % pour les tions, les émissions régionales de CO liées d’autres actions visent à rationnaliser ou 2 2
limiter l’utilisation de la voiture : réduire le déplacements domicile-travail. aux navettes seraient réduites de 2 %.
Du Grenelle de l’environnement aux plans climat énergie territoriaux, en passant par le schéma régional climat air
énergie
La loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010 porte sur l’engagement de la France pour l’environnement. La maîtrise de l’énergie et l’effcacité énergétique sont en
eeffet des enjeux majeurs du XXI siècle, en termes de lutte contre le changement climatique, de préservation des ressources naturelles, d’indépendance
énergétique et de lutte contre la précarité énergétique. Les mesures prioritaires du Grenelle visent à baisser la consommation d’énergie et réduire les
émissions de gaz à effet de serre (GES). La France s’est ainsi engagée auprès de l’Union européenne à réduire de 20 % les émissions de GES pour 2020
par rapport à 1990 et à diviser ces émissions par 4 (75 % de réduction) d’ici 2050. Le plan climat de la France en 2010 vise une baisse de 11 % des
émissions de CO dans le secteur des transports entre 2005 et 2020.
2
Pour la réalisation de ces engagements nationaux, l’article 68 de la loi Grenelle 2 prévoit une déclinaison régionale via les schémas régionaux climat air
énergie (SRCAE). Le SRCAE doit ainsi créer une dynamique locale en s’appuyant sur un état des lieux partagé des caractéristiques énergétique, clima-
tique et atmosphérique de la région. Ces démarches co-pilotées par l’État et la Région doivent aboutir à des orientations en termes de réduction des
émissions de GES et d’adaptation au changement climatique, de maîtrise de l’énergie, de qualité de l’air et de développement des énergies renouvelables
en respectant les objectifs du Grenelle, mais en les adaptant pour tenir compte des spécifcités régionales.
Dans les Pays de la Loire, les travaux du SRCAE sont en cours et donneront lieu prochainement à débat pour une adoption attendue début 2013. Réali-
sée en partenariat entre la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) et l’Insee, la présente étude a pour objectif
d’alimenter le diagnostic sur la question des émissions de CO dans la région.2
Le SRCAE est un document d’orientation stratégique non prescriptif, qui n’a pas vocation à comporter de mesures ou d’actions. Les mesures ou actions
découlant des orientations du SRCAE doivent relever des collectivités territoriales soumises à la mise en place de plans climat énergie territoriaux (PCET).
L’article 75 de la loi Grenelle oblige en effet les régions, départements, communes et intercommunalités de plus de 50 000 habitants à réaliser un bilan
de leurs émissions et à défnir un PCET qui précise des mesures politiques d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, répondant au cadrage
régional du SRCAE.
émiSSiONS de CO eN PayS de La LOire : deS PiSteS POur réduire L ’uSage de La vOiture au quOtidieN - SePtembre 201225émissions de CO en Pays de la Loire : des pistes pour réduire
2
l’usage de la voiture au quotidien
Pour comprendre ces résultats Défnitions
Diverses sources ont été mobilisées pour Les gaz à effet de serre (GES) sont les composants gazeux de l’atmosphère, naturels ou
estimer les émissions de CO : le recen- résultant de l’activité de l’homme. En retenant la chaleur dans la troposphère, ils provoquent
2
sement de la population, les déclarations l’effet de serre, qui peut conduire au réchauffement de la planète. La limitation des GES
annuelles de données sociales (DADS), constitue donc un enjeu majeur des politiques environnementales pour lutter contre le
l’enquête nationale transports et dépla- réchauffement climatique. Adopté le 11 décembre 1997 et entré en vigueur en 2005, le
cements, le distancier Loxane, le modèle protocole de Kyoto explicite les objectifs et les moyens pour mettre en œuvre la convention
Copert 4, le fchier central des automo- centre des Nations Unies sur les changements climatiques. Les principaux GES sont le
biles, les coeffcients de l’Institut national dioxyde de carbone (CO ), le méthane (CH ), l’oxyde nitreux (N O) et les gaz fuorés (HFC,
2 4 2
de recherche sur les transports et leur PFC et SFU ). Les GES proviennent pour 75 % des émissions de CO , malgré les forts 6 2
sécurité (Inrets) et les émissions par pouvoirs de réchauffement global des autres gaz. Dans le secteur des transports, plus
kilomètre des transports collectifs fournies de 95 % des émissions proviennent d’émissions de CO émanant de la combustion d’éner-2
par l’Agence de l’environnement et de la gie fossile. Hormis les GES, les déplacements domicile-travail sont aussi à l’origine de la
maîtrise de l’énergie (Ademe). production de polluants atmosphériques (oxyde d’azote, particules en suspension), dont la
réduction constitue un enjeu majeur de santé publique.
Les déplacements de plus de 150 km ont
été exclus de l’analyse. Près de 12 000 L’empreinte carbone représente la quantité de gaz à effet de serre émise pour satisfaire
navetteurs résidant en Pays de la Loire la consommation de la population. On distingue les émissions directes - produites sur un
déclarent travailler à plus de 150 km de territoire - des émissions indirectes, qui correspondent aux émissions liées aux importations
leur domicile. Ils résident pour 40 % d’entre de produits et services sur un territoire.
eux dans la Sarthe et travaillent en région
parisienne pour la plupart. Empruntant le Le secteur des transports regroupe à la fois des activités de transports de marchandises
train dans la très grande majorité des cas, et de transports des voyageurs.
leurs émissions sont plus effcaces que
la moyenne des navetteurs à moins de Les transports collectifs recouvrent les bus, autocars, trains, métros, tramways, ainsi que
150 km de leur lieu de travail : 113 grammes le ramassage scolaire.
de CO émis par km.
2
Les déplacements « réguliers » ou « pendulaires » sont les déplacements domicile-
Les déplacements pendulaires peuvent travail ou domicile-étude ; le trajet aller-retour compte pour une seule navette.
être analysés selon deux approches géo-
graphiques possibles : soit en considérant
le lieu de résidence de l’individu, soit son
lieu de travail. Dans cette étude, les fux
et les émissions de CO sont évalués au 2
lieu de résidence. Les résultats issus de Pour en savoir plus
ces deux approches sont néanmoins très
proches. Les différences proviennent pour Okham e. et al., Le développement durable dans les Pays de la Loire, insee Pays de la
une large part des 24 000 navettes qui Loire, Dossier, n°46, juin 2012.
sont réalisées quotidiennement entre
la Bretagne et les Pays de la Loire. Ce Legendre d. et Seguin S., Chaque habitant des Pays de la Loire émet en moyenne 2,15
fux de navetteurs est le deuxième en tonnes de CO pour effectuer ses déplacements de l’année, insee Pays de la Loire, 2
volume (après les échanges entre les Information statistiques, n°411, juin 2011.
régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et
Languedoc-Roussillon), parmi les 210 Seguin S. et al., Les transports et déplacements des habitants des Pays de la Loire, insee
relations bilatérales reliant les régions Pays de la Loire, Dossier, n°35, avril 2010.
métropolitaines de province.
rodrigues a. et al., En Pays de la Loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne,
insee Pays de la Loire, Dossier, n°38, octobre 2010.
Longuar Z., Nicolas J.-P., et verry d., Chaque français émet en moyenne deux tonnes de
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION CO par an pour effectuer ses déplacements, Commissariat général au développement 2
Jean-Paul Faur durable - Service de l’observation et des statistiques, La Revue du CGDD, décembre 2010.
RÉDACTEUR EN ChEF
Sylvain duverNe
Levy d. et Le Jeannic t ., Un habitant de pôle urbain émet deux fois moins de CO2 que la
SECRÉTARIAT DE RÉDACTION moyenne pour se rendre à son lieu de travail ou d’études, Insee première, n°1357, juin
ET CONTACTS PRESSE
2011.Clémence CuLy
véronique remONdiNi
Charlotte riegL Rapport d’inventaire national : Inventaire des émissions de polluants dans l’atmosphère
MISE EN PAGE / IMPRIMEUR en France, CitePa, avril 2010 : http://www.citepa.org/fr/inventaires-etudes-et-formations/
NyL Communication - Nantes
inventaires-d-emissions/secten
Photo : Olivier CaLveZ - angers Loire métropole.
e dépôt légal : 3 trimestre 2012 - iSSN 1633-6283 Lenglart F., Lesieur C. et Pasquier J.-L., Les émissions de CO du circuit économique en
2
© iNSee Pays de la Loire - Septembre 2012 France, insee, Insee Références, L’économie française - Comptes et dossiers, édition 2010.
Schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie (SRCAE) : http://www.pays-de-la-INSEE Pays de la Loire
105, rue des Français Libres loire.developpement-durable.gouv.fr/schemas-regionaux-du-climat-de-l-r211.html
BP 67401 - 44274 NANTES Cedex 2
Tél. : 02 40 41 75 75 - Fax : 02 40 41 79 39
Inventaire énergétique et des émissions polluantes issues des transports en Pays de la Informations statistiques au 09 72 72 4000 pour
le prix d’un appel local. Loire, Dreal Pays de la Loire, Analyses et connaissance, n°28, septembre 2011.
émiSSiONS de CO eN PayS de La LOire : deS PiSteS POur réduire L ’uSage de La vOiture au quOtidieN - SePtembre 2012 émiSSiONS de CO eN PayS de La LOire : deS PiSteS POur réduire L ’uSage de La vOiture au quOtidieN - SePtembre 20122 26

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