L'Ile-de-France toujours très attractive pour les jeunes adultes

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La région capitale se démarque des autres régions métropolitaines par de nombreuses arrivées de jeunes adultes et des départs de familles et de retraités. La période 1999-2004 conforte cette tendance. Ce profil migratoire contribue à la jeunesse de l'Ile-de-France. Ainsi sur la période, 43% de l'excédent naturel métropolitain est imputable à la région. La taille des ménages baisse moins qu'ailleurs et les familles nombreuses se maintiennent. La pression démographique se traduit par une diminution sensible des logements vacants.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE
ILEDEFRANCE
eru1 janvier 2004, le nombre de Franciliens est estimé à 11,3 mil-
lions. La population francilienne s'est accrue rapidement auAcours des cinq dernières années, au même rythme que l'en-
semble du pays. Le poids démographique de l'Ile-de-France reste ainsi
stable depuis une quarantaine d'années (18,7 % de la population métro-
politaine). Les analyses présentées ici concernent uniquement la popula-
La région capitale se tion résidant en logement ordinaire, ou population des " ménages " (voir
démarque des autres Définitions).
régions métropolitaines
par de nombreuses
uatre changements de région sur dixQarrivées de jeunes
concernent l'Ile-de-Franceadultes et des départs
de familles et de
En Ile-de-France, la forte croissance démographique s'explique avantretraités. La période
tout par un solde naturel important : l'excédent des naissances sur les dé-
1999-2004 conforte
cès s'est accru par rapport à la période 1990-1999 et approche les 100 000
cette tendance.
personnes par an entre 1999 et 2004, soit 43 % du solde naturel métropo-
Ce profil migratoire litain. La région bénéficie par ailleurs d'un solde migratoire positif avec
contribue à la jeunesse les Dom-Tom et l'étranger (environ 20 000 personnes supplémentaires
de l’Ile-de-France. Ainsi, 1par an entre 1990 et 1999) .
sur la période, 43 % de
l’excédent naturel A l'intérieur du territoire métropolitain, la région capitale occupe une
métropolitain est place prépondérante dans les flux migratoires, bien au delà de son poids
démographique. Ainsi, 40 % des personnes ayant changé de région entreimputable à la région.
1999 et 2004 sont parties d'Ile-de-France ou s'y sont installées. Dans sesLa taille des ménages
échanges avec les autres régions de l'hexagone, l'Ile-de-France reste la ré-baisse moins qu’ailleurs
gion la plus fortement déficitaire, derrière Champagne-Ardenne et leet les familles
Nord-Pas-de-Calais. Elle a perdu en moyenne 70 000 personnes par an
nombreuses
entre 1999 et 2004. C'est davantage que dans la décennie précédente, où
se maintiennent.
le déficit atteignait 60 000 personnes par an.
La pression
démographique Ce déficit migratoire accentué avec la province s'observe dans un
se traduit par une contexte d'accroissement général de la mobilité inter-régionale. Ainsi, le
diminution sensible nombre d'arrivées en région parisienne augmente, tandis que le nombre
des logements vacants. de départs progresse encore davantage (Figure 1).
1 Pour l'ensemble de la métropole, le solde migratoire est passé de 50 000 par an sur la période
1990-1999 à environ 80 000 sur la période 1999-2004.
MENSUEL N° 252 - JUILLET 2005 - 2,2€
àlapage
PopulationFigure 2 - L'Ile-de-France attire toujours les jeunes adultesFigure 1 - Les départs augmentent davantage que les arrivées
Taux annuels d'entrée et de sortie durant la période 1999-2004Nombre annuel de migrants entre l'Ile-de-France et la province
Pour 1 000 habitants
250 000
50
200 000
40
150 000
100 000 30
50 000
20
Solde
0
Entrées Sorties 10
-50 000
0-100 000
20-29 ans 30-39 ans 40-59 ans 60 ans ou plus
1990-1999 1999-2004
Entrées Sorties
Champ : population de 5 ans ou plus en fin de période, vivant en logement ordinaire.
Source :Insee, Enquête annuelle de recensement 2004 et recensement de la population 1999 Evolution des taux annuels de migration nette
ombreuses arrivées de jeunes adultes Pour 1 000 habitantsN
20et départs de familles et de retraités
15
L'Ile-de-France a la particularité d'avoir un solde migratoire très
10
excédentaire pour les jeunes adultes et un déficit à tous les au-
5tres âges. Seule l'Alsace présente un profil similaire, mais moins
marqué. Les étudiants et jeunes actifs à la recherche d'un emploi 0
sont en effet très nombreux à venir s'installer dans la région ; ils -5
viennent alors souvent seuls. Les départs concernent majoritai-
-10
rement des familles avec enfants ou des couples de retraités.
-15Après 30 ans, ils dépassent nettement les arrivées (Figure 2).
20-29 ans 30-39 ans 40-59 ans 60 ans ou plus
1990-1999 1999-2004
Ces tendances se sont accentuées au cours des cinq dernières
années. Le surplus de jeunes adultes s'est accru, du fait d'une Champ : population de 5 ans ou plus en fin de période, vivant en logement ordinaire en France
métropolitaine.2hausse des arrivées plus importante que celle des départs .Au Lecture : chaque année entre 1999 et 2004, pour 1 000 Franciliens âgés de 30 à 39 ans en fin
de période, 19 sont arrivés dans la région et 32 l'ont quittée. Le taux annuel de migration nettecontraire, le déficit migratoire s'est creusé entre 30 et 59 ans, en
(voir définitions) est donc de - 13 pour mille sur cette période (19-32).
raison d'une accélération des départs et d'une baisse des arri- Source :Insee, Enquête annuelle de recensement 2004 et recensement de la population 1999
vées. Chez les plus âgés, le déficit se maintient à un niveau élevé,
suite à une diminution simultanée des entrées et des sorties.
e sud et l'ouestL
attirent de nombreux FrancilienséfinitionsD
Toutes les définitions sont disponibles sur le site http://www.insee.fr, Les trois quarts de ces migrations concernent des régions non
dans la rubrique " Nomenclatures - définitions - méthodes ".
limitrophes de l'Ile-de-France, que ce soit dans le sens des arri-
Population des ménages vées (70 % des nouveaux Franciliens viennent d'une région
éloignée de la capitale) ou, plus encore, dans le sens des dé-Les résultats présentés ici concernent uniquement la population des ména-
ges. Un ménage correspond à l'ensemble des personnes qui partagent un parts (75 %) (Figure 3).
même logement à titre de résidence principale. Ne font pas partie des ména-
ges les personnes vivant en habitation mobile (caravanes, péniches) et la po-
pulation des communautés (foyers, cités universitaires, maisons de retraite,
Malgré tout, au regard des populations de chaque région, lesetc.) dont la collecte est trop partielle à l'issue d'une seule vague d'enquête.
échanges avec les régions voisines du Centre et de Picardie
Migrations
sont les plus intenses, dans les deux sens. Il s'agit alors plus
Les éléments sur les migrations présentés ici ne portent que sur la popula- souvent qu'ailleurs de familles avec enfants. Le littoral médi-
tion des ménages de cinq ans et plus résidant en France métropolitaine en
terranéen et l'ouest de la France continuent de séduire de1999 et en 2004 (ou en 1990 et 1999) ; les échanges avec les Dom-Tom et
avec l'étranger ne sont pas intégrés. Le solde migratoire avec la province nombreux Franciliens, à la recherche d'un cadre de vie plus
est estimé par différence entre les arrivants et les sortants de la région, en
agréable. Certaines régions attirent plus spécifiquement ceuxprovenance ou à destination de la métropole. Le taux annuel de migration
nette est le rapport de ce solde annuel à la population moyenne de la région. qui sont en fin de vie active ou à la retraite comme le Limou-
sin, la Bourgogne, la Basse-Normandie, Poitou-Charentes, la
2 Cette augmentation s'explique en partie par le fait que la mobilité est désormais me- Bretagne ou Languedoc-Roussillon.
surée sur cinq ans, et non plus sur neuf ans. Ainsi, entre 1990 et 1999, les jeunes mi-
grants âgés de 20 à 29 ans en 1999 pouvaient avoir migré entre 11 et 29 ans, alors
qu'entre 1999 et 2004, ils étaient âgés de 15 à 29 ans lors de leur migration. Or
L'Ile-de-France gagne des migrants de cinq régions, toutes situéesl'Ile-de-France est avant tout attractive pour les 20-30 ans, et nettement moins pour
les plus jeunes. au nord-est (Nord-Pas-de-Calais, Lorraine, Franche-Comté,Figure 3 - D'où viennent et où vont les Franciliens ?
Nombre de migrants entre 1999 et 2004
Source : Insee, Enquête annuelle de recensement 2004
Champagne-Ardenne et Alsace). Avec les seize autres, la région moins de 20 ans (26 %) reste inférieure à celle des régions du
parisienne est largement perdante dans ses échanges. nord-ouest à forte natalité (Nord-Pas-de-Calais, Picardie et
Haute-Normandie), mais elle dépasse la moyenne française.
Comme dans l'ensemble du pays la population vieillit, mais
'Ile-de-France parmi les régionsL moins qu'ailleurs.
les plus jeunes de l'hexagone
avantage de petits ménages,DLes arrivées de jeunes adultes et les départs nombreux aux
mais les familles nombreuses résistentâges plus avancés ont pour effet de maintenir dans la région
une population jeune. De plus, une bonne partie de ceux qui
arrivent ont des enfants sur place, contribuant ainsi à cette jeu- L'Ile-de-France compte 4,8 millions de ménages en 2004. Les
nesse. ménages d'une personne sont fréquents dans la région (36 %
contre 32 % en province), en raison du nombre élevé de jeu-
nes célibataires. Par contre les ménages de deux personnes yL'Ile-de-France demeure ainsi l'une des régions les plus jeunes
de l'hexagone. Sa population comprend une très forte propor- sont relativement peu nombreux (29 %). Comme dans l'en-
tion d'adultes entre 20 et 40 ans et un nombre réduit de per-
sonnes âgées (Figure 4). Seuls 16 % des habitants ont 60 ans
ou plus, proportion la plus faible du territoire. La part des a nouvelle méthode de recensementL
Figure 4 - Les jeunes adultes surreprésentés en Ile-de-France Depuis 2004, une technique d'enquête annuelle remplace le comptage tradi-
tionnel effectué tous les huit à neuf ans. Le recensement a lieu désormais
Rapport entre la structure par âge de l'Ile-de-France et celle de la France en 2004 chaque année, en janvier et février. Tous les habitants ne sont pas recensés
1,3 la même année, mais l'ensemble du territoire français est pris en compte au
bout d'un cycle de cinq ans. Le premier cycle s'achèvera en 2008, date à la-
quelle des premiers résultats définitifs seront établis. Les résultats présentés1,2
dans cette étude ne sont que des estimations qui devront être confirmées
avec les données des campagnes suivantes. La méthode est différente selon
1,1 la taille des communes.
Les communes de moins de 10 000 habitants
1,0
Elles font l'objet d'un recensement exhaustif une fois tous les cinq ans. Elles
sont réparties en cinq groupes. Un groupe est recensé exhaustivement
0,9 chaque année. En cinq ans, la totalité des habitants des communes de moins
de 10 000 habitants sont recensés.
0,8
Les communes de 10 000 habitants ou plus
Elles sont toutes concernées chaque année par une enquête de recense-0,7
ment portant sur 8 % des logements. La France compte environ 900 commu-
nes de 10 000 habitants ou plus, dont 258 en Ile-de-France. En cinq ans, tout
Lecture : les personnes de 25 à 29 ans sont 1,27 fois plus représentées en Ile-de-France le territoire est pris en compte et environ 40 % de la population des commu-
qu'en France. nes de 10 000 habitants ou plus est enquêtée.
Source : Insee, Enquête annuelle de recensement 2004
0-4
5-9
10-14
15-19
20-24
25-29
30-34
35-39
40-44
45-49
50-54
55-59
60-64
65-69
70-74
75-79
80-84
85-89
90-94Figure 5 - La taille des ménages diminue moins qu'en province... La taille moyenne des ménages baisse de façon ininterrompue
depuis les années soixante-dix, mais dans des proportions
Nombre moyen de personnes par ménage
moindres qu'au niveau national (Figure 5). Les ménages franci-3,4
liens comptent désormais plus de personnes qu'en province
3,2
(2,34 en moyenne contre 2,31).
3,0
2,8 Tandis que la taille des ménages se réduit, les logements ne ces-
sent de s'agrandir. Les Franciliens disposent donc de plus en plus2,6
d'espace habitable, tout comme l'ensemble des Français. Toute-
2,4
fois, les ménages franciliens restent défavorisés en termes d'es-
2,2 pace, avec en moyenne 0,69 personne par pièce en 2004 contre
0,56 en province. Cet écart tend à s'accentuer au fil des ans.2,0
année
Ile-de-FranceProvince
orte diminution des logements vacantsF
... et l'espace disponible par personne augmente
La réduction du nombre de personnes par ménage, alliée au
Nombre moyen de personnes par pièce dynamisme démographique de la région, tend à accroître la
1,1
demande de logements. La construction neuve ne peut y ré-
pondre entièrement. Elle n'a jamais été aussi faible depuis un1,0
demi-siècle : 30 000 logements par an achevés depuis 1999 au
0,9 lieu de 50 000 dans les deux décennies précédentes. La pres-
sion sur le marché du logement se traduit donc par une chute0,8
de la vacance, nettement plus sensible qu'au niveau national.
0,7 Avec 6,2 % de logements vacants, l'Ile-de-France retrouve un
niveau comparable à celui de la province (Figure 6).0,6
0,5
année Figure 6 - Caractéristiques du parc de logements (en %)
Province Ile-de-France
Ensemble des logements* Résidences principales
Source : Insee, Enquête annuelle de recensement 2004 et recensements de la population
1962 à 1999 Part des Part des Part de Taux
résidences logements l'habitat de
principales vacants individuel propriétaires
semble de la France, la proportion de petits ménages (une ou 1999 2004 1999 2004 1999 2004 1999 2004
deux personnes) tend à se renforcer. Ce mouvement est toute-
Ile-de-France 88,7 91,1 8,1 6,2 26,4 27,0 44,3 46,2fois moins marqué qu'ailleurs. En outre, la part des grands mé-
Province 81,7 82,6 6,7 6,1 61,9 62,2 57,2 59,1nages (5 personnes ou plus) ne diminue plus depuis 1990.
Ainsi début 2004, ces ménages sont devenus relativement plus *le parc de logements se compose de résidences principales, de résidences secondaires
ou occasionnelles et de logements vacants.nombreux en Ile-de-France qu'en province (8 % contre 7 %).
Source : Insee, Enquête annuelle de recensement 2004
Ils rassemblent près d'un Francilien sur cinq.
Le parc francilien de résidences principales comporte un quart de
our en savoir plusP maisons individuelles. Elles sont plus fréquentes à mesure que
l'on s'éloigne de Paris. Comme dans le reste du pays, l'habitat indi-Pour plus d'informations sur le recensement, voir le site
http://www.insee.fr, à la rubrique « Recensement de la population ». viduel progresse. Il reste toutefois à un niveau très inférieur à la
province, conséquence de l'urbanisation prononcée de la région.
Baccaïni B. : « Des changements de région plus fréquents qui bénéficient De même, la part des propriétaires continue d'augmenter, mais
aux régions du sud et de l'ouest », Insee première, n° 1 028, juillet 2005.
demeure la plus faible du territoire : 46 % des ménages franciliens
er sont propriétaires de leur logement, contre 59 % en province.Belloc B. : « La population francilienne au 1 janvier 2004 », Insee
Ile-de-France faits et chiffres, n° 80, février 2005.
Atlas des Franciliens, tomes 1 à 4, Insee-Iaurif.
Nicole BOULET,Laure OMALEK
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1962 1962
1968
1968
1975 1975
1982 1982
1990
1990
1999 1999
2004 2004

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