La communauté urbaine de Brest (Flash d'Octant n° 91)

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Huit communes, 213 500 habitants, une ville-centre de 150 000 habitants : la communauté urbaine de Brest s'inscrit comme la seconde agglomération de Bretagne, se singularisant par sa petite taille géographique et la nature de son intercommunalité. Elle doit davantage se comprendre comme une super-ville-centre qui, pour avoir toute sa signification, implique d'y associer son espace suburbain. Sur de nombreux points, une différence substantielle existe toutefois entre la ville de Brest et sa périphérie, communautaire ou extracommunautaire : morphologie de l'habitat (collectif ou pavillonnaire, privé ou social), statut d'occupation (propriétaire ou locataire), mobilité résidentielle (population stable ou renouvelée) et rapport entre lieu de travail et lieu de résidence.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LE FLASH
Octant
Numéro 91 - Décembre 2003Territoires
La communauté Urbaine de Brest
Huit communes, 213 500 habitants, une ville-centre de 150 000 habitants :
la communauté urbaine de Brest s'inscrit comme la seconde agglomération
de Bretagne, se singularisant par sa petite taille géographique
et la nature de son intercommunalité. Elle doit davantageGouesnou
se comprendre comme une super-ville-centre qui,Bohars
Guipavas
pour avoir toute sa signification, implique d'y associerGuilers
son espace suburbain.
Le Relecq-
BREST Kerhuon Sur de nombreux points, une différence substantielle existe
Plouzané
toutefois entre la ville de Brest et sa périphérie, communautaire
ou extracommunautaire : morphologie de l’habitat (collectif
Plougastel ou pavillonnaire, privé ou social), statut d’occupation
(propriétaire ou locataire), mobilité résidentielle
(population stable ou renouvelée) et rapport entre lieu
de travail et lieu de résidence.
Le pays de Brest
es huit communes qui formentL la communauté urbaine de
Brest (la Cub) regroupaient
213 500 habitants en mars 1999,
dont 70 % dans la ville de Brest. C.C. du Pays
de Lesneven
et Côte desQuatre des autres communes
Légendes
dépassaient 10 000 habitants et
C.C. de Plabennec
et des Aberstrois en comptaient moins de
7 000.
C.C. du Pays d’Iroise
Communauté Urbaine30 ans d’existence de Brest C.C. du Pays
de Landerneau
Daoulas
La communauté urbaine est
l'une des neuf communautés
Pôle urbainshistoriques françaises. Histo-
Couronnes périurbainesrique en effet, la Cub célèbrera
C.C. du Pays
C.C. de la Presqu’îleer Communes multipolarisées de L’Aulne maritime
de CrozonAD au 1 janvier 2004 ses 30 ans
Communautés de communes
d'existence, 30 ans qui ont
Limite de la zone d’emploi
bouleversé le paysage. Conçue à Source : Insee, recensement de la population 1999 ©IGN - Insee 2003
l'origine pour absorber l'excé-
ded?dudeveloppementEUetParbanismegenceysBrest
ISSN 1276-972X - CODE SAGE : FLASH9164 - PRIX : 2,20ۃvolution de la population (indice 100 en 1954)dent d'urbanisation de la ville de jeune, mais celles de Vannes,
Brest, imaginé à l'image de la Saint-Brieuc et Lorient ont un âge
170
croissance des années 60, la Cub moyen plus élevé.
160s'inscrit aujourd'hui comme le Les moins de 25 ans représentent
Communauté Urbaine de Brest
cœur d'un espace urbain plus de 34 % de la population, 150
beaucoup plus vaste : 51 soit près de 5 points de plus que
140communes dans l'aire urbaine, sur l’ensemble du Finistère et 4 Pays de Brest
89 dans le pays de Brest qui points de plus qu’au niveau 130
coïncide quasi parfaitement avec régional. L’agglomération de
120
la zone d'emploi. Brest est, comme les autres,
La communauté urbaine de Brest concernée par le vieillissement : 110
Département du Finistèrea connu depuis son origine une entre 1990 et 1999, la part des
100
croissance globale extrêmement jeunes a diminué de 8,5 %, tandis
90modeste et tout à fait duale, la que la part des 60 ans et plus a
forte augmentation de population augmenté de 7,5 %. 80
des sept communes périphéri- 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999
ques (+ 24 000 habitants) com-
Source : Insee - Recensements de la populationL’emploi augmentepensant simplement la dépres-
et se tertiarisesion démographique de la ville-
La population aux recensementscentre entre 1975 et 1990
250 000(-17 200 habitants). Seule la La population active de la Cub
période la plus récente a vu un s'est enrichie de 4 200 actifs
retournement de tendance : occupés supplémentaires entre 200 000
ralentissement de la périurbanisa- 1990 et 1999, quand l'emploi
tion et retour d’un solde positif localisé sur son territoire augmen-
150 000
pour la ville-centre. tait de 8 500 postes.
La redistribution démographique Longtemps sous-développé,
100 000et urbaine sur le territoire a aussi l'emploi féminin s'est hissé au
beaucoup profité à la périphérie niveau régional et national au
(aire urbaine et pays) et créé une prix, il faut le souligner, d'un 50 000
situation nouvelle qui n'existait développement de 50 % de
pasilya25ans.Lacommunauté l'emploi à temps partiel. 0
urbaine, fortement intégrée Le portrait social de la Cub se 1975 1982 1990 1999
institutionnellement et compacte tertiarise toujours plus. L'analyse Brest CUB hors Brest
géographiquement, tend de plus de l'évolution des années 90
Source : Insee - Recensements de la population
en plus à prendre une position de révèle une nette progression des
super-ville-centre d'un territoire niveaux de compétences de la
Variation de population entre les recensementsurbain beaucoup plus large. population active : 10 % pour les
15 000Cette évolution transformatrice employés, + 12 % pour les
explique grandement la réalité professions intermédiaires et
contrastée de la Cub. Jusqu’en + 19 % pour les cadres et 10 000
1990, le solde naturel brestois très intellectuelles
positif a longtemps minimisé la supérieures. Cette dernière figure
5 000ponction migratoire que subissait parmi les toutes premières
la ville-centre ; a contrario, ce progressionsfrançaises, remettant
sont les soldes migratoires très ainsi à niveau le taux d'enca-
0
élevés qui ont assuré la crois- drement brestois historiquement
sance des communes périphéri- bas, généralement imputé au
-5 000ques. La décennie 90 a tempéré poids important de l’emploi
Bresttoutes ces évolutions : déficit public. On mettra ce taux en
CUB hors Brestmigratoire moins important à rapportavec les emploismétropo-
-10 0001 Pays hors CUBBrest, baisse des excédents litains supérieurs , en augmenta-
Total paysmigratoires dans les communes
périphériques, et chute généra- -15 0001- Les fonctions métropolitaines
1975-1982 1982-1990 1990-1999lisée de l'excédent naturel. Au supérieures dans les villes de l'Ouest,
Insee Bretagne - décembre 2002 Source : Insee - Recensements de la populationtotal dans la communauté
urbaine, les soldes naturel et
migratoire ont été positifs. Répartition de la population selon l’âge
Communauté Urbaine de Brest Finistère
Nombre % Nombre %Un territoire
0 à 4 ans 5,2 40 909 4,811 139particulièrement jeune
26 194 12,3 103 621 12,25 à 14 ans
36 105 16,9 108 039 12,7Aujourd'hui la communauté 15 à 24 ans
48 269 22,7 174 694 20,5urbaine de Brest affiche une 25 à 39 ans
40 à 49 ans 29 130 13,6 121 881 14,3moyenne d'âge de 37 ans, qui en
10,5 10,950 à 59 ans 22 523 93 356fait un territoire particulièrement
25 644 12,0 133 231 15,660 à 74 ansjeune en Bretagne, la moyenne
75 ans et plus 14 537 6,8 76 954 9,0départementale étant supérieure
100,0 100,0Ensemble de la population 213 541 852 685à 40 ans (40,4 ans). L’agglo-
Source : Insee, Recensement de la population 1999mération de Rennes est plus
Insee Bretagne - Flash d’OCTANT - N° 91 - Décembre 20032tion spectaculaire dans les villes A l’inverse, la population des industries agroalimentaires d'emplois de 11 400 en 25 ans,
de l'Ouest et en particulier à Brest ouvrière déjà peu développée à (perte globale dans l’industrie sa propre population active
où ces emplois ont progressé de Brest se tasse encore un peu sous inférieure à 500 emplois). Les occupée a, en revanche, dimi-
27 %, soit 17 points de plus que l'effet des réductions d'emplois professions indépendantes nué de 3 300 personnes. Seules
l'emploi total (essentiellement dans la construction navale diminuent également, traduisant les communes périphériques de
dans les services aux entreprises militaire. Cet effet est cependant une évolution de la structure des la Cub apportent un correctif à
etlarecherche-développement). bien atténué par la bonne tenue activités économiques. Ceci est cette divergence fondamentale
particulièrement clair dans en faisant progresser à la fois
l'agriculture où la moitié des leurs emplois au lieu de travail
chefs d'exploitation a disparu (+ 9 000) et leur population
Les migrations alternantes en 1999 sans que pour autant l'emploi active occupée (+ 11 500
total dans ce secteur d'activité en personnes). Les emplois en
Évolution de l’emploi occupé
soit beaucoup affecté : la con- dehors de la Cub évoluent pluspar des actifs résidants :
en diminution-- centration des activités et le modestement ; en revanche, la - stable développement de l'emploi population active occupée s’est
salarié agricole réussissent, à la accrue de 36 % (+ 16 000).Taux de croissance
de flux entre 1990 et 1999 différence d'autres territoires, à y
maintenir le niveau d'emploi. Divergences croissantes
Flux entre lieu d'emploi et lieu
La Cub concentre de résidence
l'emploi
Les migrations alternantes
La tertiarisation de l'emploi domicile-travail entre la Cub et-
Communes
conforte sa localisation urbaine. le pays de Brest augmententPAYS DE BRESTpériphériques
fortement au cours des annéesLa Cub représentait 67 % dede la CUB
l'emploi du pays de Brest en 90 : + 36 % pour les migrations
1975, elle passe à plus de 69 % centripètes (emploi au centre,
en 1999. Cette évolution a résidence en périphérie) et le
double pour les migrationsmaintenu la position dominante
de la ville de Brest mais a aussi centrifuges. Ces dernières
contribué à renforcer l'emploi semblent à première vue illogi-
dans les communes périphéri- ques : elles concernent des
personnes qui résident dans laques, qui a plus que doublé en-
25 ans. Cub, où les emplois sont les plus
Si la ville-centre a accru son offre nombreux, mais qui travaillentBREST
malgré tout à l’extérieur, où les
emplois sont plus rares et de
surcroît nécessitent un déplace-L’emploi dans la communauté urbaine de Brest en 1999
ment.
Évolution Évolution Que la population active et
Hommes Femmes Ensemble 1990-1999 1990-1999
l'emploi augmentent tous deuxen nombre en %
n'empêche pas le nombre
Agriculture 912 436 1 348 - 40 - 3 d'actifs travaillant au lieu de
résidence de diminuer. LeIndustrie* 11 227 3 303 14 530 - 2 322 - 14
système urbain est donc, on s'enConstruction 4 146 360 4 506 - 874 - 16
doutait, plus complexe qu'uneTertiaire 39 698 36 144 75 842 11 497 18
simple équation. Ce paradoxe
Ensemble 55 983 40 243 96 226 8 261 9 apparent s'éclaire si on intègre la
dimension qualitative de l'offre* Y compris DCN (Direction des constructions navales)
Source : Insee, Recensement de la population 1999 et de la demande d'emploi :
disparité des emplois offerts ici
ou là et qualification différente
Population des ménages selon le mode de cohabitation des actifs selon leur lieu de
résidence.1999 Évolution
1990-1999 (%) Si la ville de Brest révèle un tauxNombre %
de catégories socioprofession-
Ensemble 208 274 100,0 2,0
nelles élevées, supérieur à toute
autre commune de l'espace17,5 39,0Ménages d’une personne 36 429
urbain, elle se caractérise égale-15 195 7,3 60,7Homme seul
ment par une surreprésentationFemme seule 21 234 10,2 26,8
des catégories sociales modestes
Familles 79,6 -3,0165 820 (employés), une précarité des
Familles monoparentales 19 693 9,4 24,8 emplois et un taux de chômage
Homme seul et enfant(s) 3,5 23,57 379 deux fois plus important que
5,9 25,6Femme seule avec enfant(s) 12 314 celui observé tant dans le reste
Couples avec enfants 105 943 50,9 -12,5 de la Cub qu'à l'extérieur.
Couples sans enfant 40 184 19,3 17,9 La structure du parc immobilier
s'inscrit comme une composante
Hors famille dans un ménage
lourde de l'organisation du6 025 2,9 -13,3de plus d’une personne
territoire et de son fonctionne-
Source : Insee, Recensement de la population 1999
Insee Bretagne - Flash d’OCTANT - N° 91 - Décembre 20033
)
)
%
%
%)
8
%)
7
2
3
6
3
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+
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0
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0
3
0
1
4
4Proportion d’habitants de la CUB qui résidaient en 1999ment : 80 % du parc locatif social observable à tous les âges,
dans le même logement qu’en 1990et du parc locatif privé, l'essen- devient une composante essen-
tiel de l'accession à la propriété tielle de la demande de rési-
à caractère social (définie par un dences principales. Ainsi, à la
coût moyen de transaction variable démographique classi-
Gouesnouinférieur à 60 000 €) sont situés que, s’ajoute une variable qu’on
Bohars
peut qualifier de sociale (relativedans la ville-centre. Ceci la
Guipavas
à l’évolution des comporte-différencie radicalement du
Guilersreste du territoire urbain, carac- ments) toute aussi importante.
térisé par un habitat principale- Plouzané Le Relecq-Brestment individuel et des proprié- KerhuonLa mobilité résidentielle
taires-occupants. refaçonne la ville
La mobilité résidentielle, entreDavantage de ménages
1990 et 1999, renouvelle aud’une personne
moins de moitié la population de Plougastel
Sur la dernière décennie, la part l'agglomération. Mobilité se
des ménages d’une personne a conjugue plus facilement avec
En %augmenté de 39 % : ils sont locatif, et stabilité avec propriété
60 à 7036 430 en 1999. L'évolution occupée. Ceci étant, la réalité
45 à 60
spectaculaire des ménages de s'avère souvent plus complexe 30 à 45
15 à 30 Zone faiblement peuplée"célibataires" dans la décennie que ces archétypes qui, malgré
concerne certes la ville-centre, tout, existent.
propice, par son important parc La carte de la mobilité résiden-
locatif a une mobilité sociale et tielle dessine les contours d'une
résidentielle forte, mais touche agglomération duale, un peu
aussi la périphérie aux caracté- différents des représentations
ristiques nettement plus stables. habituelles (ville-centre et Typologie des quartiers par type d’habitat et statuts d’occupation
Depuis longtemps il est acquis communes périphériques).
que la démographie ne détient L'image présentée nous incite
pas seule la clé de l'augmen- plutôt à distinguer un centre-
tation des ménages et qu'à ville élargi, fortement façonné
Gouesnoupopulation constante, voire par une mobilité élevée qui le Bohars
déclinante, le nombre de renouvelle au moins aux deux Guipavas
ménages s'accroît. Les évolu- tiers en une décennie, et un
Guilerstions que chacun constate dans péricentre brestois et commu-
les comportements sociaux nautaire majoritairement stable. Plouzané Le Relecq-
expliquent cet apparent para- Kerhuon
doxe. Les décohabitations, Si la mobilité résidentielle
recompositions de ménages, recompose la ville très rapide-
Brest
modes de vie individualisés, ment et très profondément, elle
retard à la formation des est canalisée par des facteurs
couples, longévité différenciée structurels au premier rang Plougastel
selon les sexes expliquent une desquels le parc immobilier
réduction continue de la taille existant : la situation géogra-
des ménages et surtout une phique, la nature du parc
augmentation étonnante des (individuel ou collectif, privé ou
ménages dont la personne de social) et le statut résidentiel
référence se déclare célibataire dominant (propriétaire ou
ou divorcé. Cette augmentation locataire) conditionnent les taux
du nombre de ménages, de mobilité.
UNE TYPOLOGIE DE L'ESPACE COMMUNAUTAIRE
Une typologie des communes et trente dernières années, on le
des quartiers de l’agglomération trouve naturellement dans les
permet de distinguer quatre communes périphériques de la
grands types de quartiers, fondés Cub, mais aussi dans les
sur le type d’habitat dominant et quartiers brestois.
le statut d’occupation. Ici le logement individuel
- occupé par son propriétaire - Zone faiblement peuplée
atteint ou dépasse fréquemmentHabitat pavillonnaire
80 % de l’habitat, les autres Propriétaires Locataires Mixte
types d'habitat ou autres statuts Individuel monotype PrivéLe « monotype »individuel
d'occupation demeurent très
Individuel dominant HLM monotype Présence significativeEspace urbanisé au cours des minoritaires. de logements HLM
dans un autre type
Collectif HLM dominant
Insee Bretagne - Flash d’OCTANT - N° 91 - Décembre 20034locatif privé. Au total, le type social et de plus, de quartiers fort trois ou quatre types significati-Individuel dominant, mais
dominant est moins affirmé que ordonnancés, laissant peu de vement représentés, au pointquartiers de transition
celui de l’habitat individuel : le place à l'intervention ultérieure. qu'aucune dominante réelle
n'émerge vraiment. Dans laQuartiers des années 50-60, statut de propriétaire en collectif
comme Le Landais, Pont-Neuf, dépasse rarement 50 %. Un moitié d'entre eux, des loge-
Habitat locatif HLMPen-ar-Chleuz, Cavale Blanche, secteur est très représentatif de ments sociaux sont présents.
Mesdoun, ce sont d’anciens ce type : celui de la place de Ces quartiers sont des anciens
Les types précédents laissent faubourgs (Saint-Marc, Kérinou,faubourgs de la ville de Brest. La Strasbourg auquel on associe
dominante individuelle s'inscrit facilement les secteurs Montai- présager que ce parc se présente axe Rive Droite), quartiers
dans un contexte urbain plus gne et Bellevue. Le Bas-Jaurès/ en blocs plus ou moins impor- populaires à l'origine, linéaires
tants et compacts.varié où le collectif privé existe Saint-Michel, où le collectif et peu profonds, où se sont
installés ensuite, quelquefoisminoritairement. Exception- privé représente 85 % du parc
nellement la mixité inclut un immobilier, réalise l'équilibre dans la cacophonie urbaine, desLe « monotype » HLM
parc social substantiel ; c’est le parfait entre propriétaires et logements aussi dissemblables
La première variante est préci-cas des quartiers de Cavale locataires du secteur privé. que le petit pavillon des années
sément celle du bloc compact. 50 et la "tour" de dix étages.Blanche et Kéranroux.
On y trouve les grands ensem-Habitat collectif privé
bles d'habitat social où la quasi-à dominante de locataires Quel impact sur laHabitat collectif privé totalité des logements sont des
structure socialelogements HLM : Pontanézen,Ce type correspond au centre- de l'agglomération ?Kérédern, Valy-Hir/Kérourien,ville reconstruit ou au quartier
Kérangoff, Quéliverzan.à dominante Saint-Martin/Octroi, tous deux
L’analyse des communes etnettement locatifs. Ce parc àde propriétaires
HLM dominant quartiers de l’agglomérationdominante locative ne s'accom-
peut se faire en étudiant lesL'habitat collectif représente pagne que très exceptionnelle- en habitat mixte
surreprésentations des catégo-plus de 80 % des logements. La ment d'un parc HLM (haut
propriété est moins répandue Bellevue, Saint-Pierre, Quéli- ries sociales, sommairementJaurès). Bien entendu il s'agit ici
que dans les quartiers d’habitat verzan, Kerbernard, Pen-ar- divisées en trois ensembles :à nouveau de quartiers cons-
cadres supérieurs et professionsindividuel. En effet, plus de 30 % Créac'h, Lambézellec présen-truits entre 1955 et 1970, avant
libérales, professions intermé-des logements font partie du parc le développement du logement tent un profil de quartier
d'habitat social (35 à près de diaires et ouvriers-employés
Typologie des quartiers par surreprésentation 60 % de logements HLM). Dans (carte ci-contre).
des catégories socio-professionnelles Il en ressort une image peut-êtreces quartiers, l'habitat social
inattendue, différente de lacohabite, le plus souvent, avec
un parc substantiel de logements représentation habituelle de
collectifs privés (locataires et l’agglomération. En effet, la
Gouesnou
périphérie plus stable et trèspropriétaires) ; exceptionnelle-Bohars
propriétaire se caractérise parment, on trouve des logementsGuipavas
individuels occupés par leurs une absence de traits saillants, à
Guilers propriétaires dans les anciens la différence de Brest qui
témoigne de contrastes. OnPlouzané bourgs comme Saint-Pierre etLe Relecq-Brest
Kerhuon observe cependant une concen-Lambézellec. Ce type représente
déjà une combinatoire sociale tration de catégories sociales
assez développée et annonce le supérieures et moyennes dans la
périphérie pavillonnaire ouest ettype le plus achevé en matière
littorale, tout comme à Bohars,de mixité.
Plougastel Plougastel (Keraliou/Le Passa-
ge), Plouzané (Trinité/Techno-
Surreprésentation des ouvriers-employés Quartiers mixtes pôle) et Le Relecq-Kerhuon, ou
Surreprésentation des professions intermédiaires dans le quartier de Saint-Marc à
Surreprésentation des cadres supérieurs
Brest. Le niveau des prix fonciersSurreprésentation combinée des cadres supérieurs Un quartier sur six appartient à
et des professions intermédiaires et immobiliers dans ces secteurscette catégorie. La mixité se
Aucune surreprésentation
manifeste par la présence de explique cette situation.
L’activité des habitants des communes de la Communauté Urbaine de Brest en 1999
Autres
% chômeurs
Élèves - inactifs etActifs*Population dans laÉtudiants de personnesChômeurs Retraitésoccupéstotale population15 ans et plus de moins
active
de 15 ans
Bohars 3 167 1 245 95 519 389 919 7,1
Brest 15,9149 649 54 772 10 360 23 074 20 764 40 679
Gouesnou 6 041 2 553 174 809 730 1 775 6,4
Guilers 8,36 948 2 719 247 1 050 786 2 146
Guipavas 5 140 1 957 1 450 7,312 588 402 3 639
9,4Plougastel-Daoulas 12 243 4 729 493 2 209 1 208 3 604
Plouzané 8,912 054 4 478 440 1 406 2 148 3 582
Le Relecq-Kerhuon 4 189 1 923 1 111 9,710 851 451 3 177
Communauté Urbaine de Brest 213 541 79 825 12 662 32 947 28 586 59 521 13,7
* y compris les militaires du contingent
Source : Insee, Recensement de la population 1999
Insee Bretagne - Flash d’OCTANT - N° 91 - Décembre 20035Les quartiers de transition (où Petit-Paris. Pour la plupart, ces de même par un taux de chô-Concentration de cadres
l’habitat individuel domine mais quartiers se caractérisent par un mage variant du simple audans le centre-ville
coexiste avec une forte compo- habitat mixte, incorporant double (8à9%enpériphérie et
brestois sante d'habitat collectif princi- fréquemment du logement 15,9 % à Brest), s'inscrit en fait
palement privé) font apparaître social, mais principalement très clairement dans le type
Plus inattendue sans doute a une surreprésentation des composé d'habitat collectif d'urbanisation.
catégories moyennes. On trouve privé se prêtant bien à la Les zones d’habitat pavillon-priori, la forte concentration de
ces catégories sociales supérieu- aussi cette forte présence des transition entre statut de naire, à Brest ou en périphérie,
res au centre de Brest est surtout catégories intermédiaires en locataire et de propriétaire (ou présentent le même taux de
caractérisée par une grande périphérie : Le Relecq-Kerhuon vice-versa) et constituant le chômage (8 à 10 %). A l'opposé,
et Plouzané (Trinité et Bourg). La cœur de l'offre brestoise le élevé se confondmobilité et une fonction locative
très élevée. Le centre-ville ZAC (Zone d’Aménagement d'accession sociale. avec la géographie du logement
reconstruit, antérieurement très Concerté) de Castel-Nevez, social : le monotype HLM et une
prisé en particulier par les troisième pôle d'urbanisation de Typologie partie des quartiers où l'habitat
Plouzané, présente en revanche social domine (Pontanezen,militaires de rangs supérieurs, et taux de chômage
semblait en déclin d'attractivité, une surreprésentation d'ou- Kéredern…) se singularisent par
ce que dément pour l'heure cette vriers-employés, résultant à la Le vaste espace non caractérisé des taux de chômage supérieurs
par une catégorie socialeobservation. Le centre Jaurès fois d'une présence significative à25%.
de logements sociaux et d'une dominante, et plus particulière- Le centre-ville, prisé par les(Saint-Martin/Sanquer), plus
ancien et plus mixte par la orientation de l'intervention ment la périphérie pavillon- catégories supérieures, se situe
présence de pavillonnaire publique vers l'accession naire, s'identifie comme une toutefois dans la moyenne du
urbain, confirme l'attractivité du sociale. Quelques grands zone résidentielle où la biacti- taux brestois, témoignant en cela
ensembles urbains brestois vité dans les ménages est de d'une large fonction d'accueil. Ilcentre. Quartiers à forte
mobilité, quartiers d'accueil, ils s'identifient aussi par cette règle. en est de même, sans surprise,
reflètent la forte augmentation caractéristique : Saint-Pierre, le La géographie du chômage des quartiers mixtes ou d'habitat
du nombre de cadres de Landais et Recouvrance sur la complète le panorama social. La collectif privé majoritaire.
Rive Droite, ainsi que Bellevue dualité ville-centre/communesl'agglomération brestoise entre
1990 et 1999. (ex-ZUP), place de Strasbourg/ périphériques, qui se traduit tout
Les communes et les quartiers de la typologie
Habitat individuel Monotype Habitat collectif privé à dominante de locataires
Brest:,Rural Ouest Maison blanche/Le Portzic, Kerargaouyat/Le Brest : Recouvrance/Cafarelli, Bas de Siam, Siam/Tour d'Auvergne,
Crugel, Poulleder/Kernabat, Kergaradec/L’hermitage, Loscoat, Siam/ Saint-Louis, Port/Gare/Liberté/Foch, Bonne nouvelle, Sanquer,
Kervao/Brest nord, Le Restic, Kerangall/Kerampere, Keranroux, La Saint-Martin, Pilier Rouge, Keruscun, Sebastopol, Recouvrance/
Cavale blanche ouest/Mesnos. Pontaniou.
Plouzané : Kerallan, La Trinité, Technopôle
Le Relecq-Kerhuon : Pont de l'Iroise rocade sud, Kermadec,
anse de Kerhuon HLM Monotype
Guilers
Bohars Brest : Keredern, Pontanezen, Kerangoff, Kerourien/Valy-Hir.
Gouesnou
Guipavas
Plougastel
HLM dominantHabitat individuel dominant
Brest : Saint-Pierre, Quéliverzan, Kergoat Ouest, Kergoat Est,Brest : La Cavale blanche est/Kervallon, Mesdoun, Landais,
Kerhallet, Quizac, Kerbernier, Kerbernard/Pen-ar-Créac’h,Forestou, Le Bot/Pont neuf, Dourjacq/quartier Buquet,
Lambezellec.Kerallan/Pen-ar-Ch'leuz, Treornou/Croix rouge,
Le Relecq-Keruhon : Bourg, La Corniche
Habitat mixte
Habitat collectif privé à dominante de propriétaires
Brest : Kerbonne, Les quatre moulins, Kerigonan, Poul-ar-Bachet,
Brest : Dourjacq, Petit-Paris, Bellevue centre, Prat-Ledan, Lanredec/Facultes, Bas-Jaurès/Saint-Michel, Kerourien sud, Le
Guelmeur, Saint-Marc, Kerinou, Kerelle/Keredern Sud.Kerichen/Montaigne, Menez Paul
INSEE Bretagne
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Insee Bretagne - Flash d’OCTANT - N° 91 - Décembre 20036

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