La Lorraine dans la Grande Région : la nouvelle frontière

De
Publié par

Avec une population voisine de 11,4 millions d'habitants, dont 5,3 millions d'actifs et 4,7 millions d'emplois, la Grande-Région réalise un Produit Intérieur Brut de près de 280 milliards d'euros en 2006. Territoire transnational au coeur de l'Europe, il est composé de quatre régions (deux allemandes, une belge et une française) et d'un État-nation (le Luxembourg), ancrés dans un passé commun. L'héritage industriel en constitue une dimension incontournable. Il pèse actuellement sur le dynamisme de la zone. Toutefois, pensée à l'échelle de la Grande-Région,l'industrie peut jouer un rôle d'entraînement sur l'économie. Dotée de ses propres institutions et bénéficiant de divers mécanismes de coopération interne, la Grande-Région constitue une réelle entité humaine et économique caractérisable par d'intenses interrelations. Ces échanges sont fréquemment stimulés par des disparités territoriales qui constituent autant de complémentarités et d'opportunités économiques. L'aspect le plus flagrant est le phénomène du travail frontalier qui permet à la croissance économique luxembourgeoise de s'alimenter de la population active disponible des zones limitrophes. Il en va ainsi d'autres interactions, plus ou moins liées entre elles, qui s'expriment dans des champs divers : création d'entreprise, économie résidentielle, commerce, tourisme, culture, etc. Il faut toutefois veiller à la soutenabilité de ce modèle centre-périphérie. Enfin, la prise de conscience de l'espace interrégional peut encore progresser. La coopération statistique y contribue en dessinant un visage démographique, économique et social à la Grande-Région.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 8
Tags :
Nombre de pages : 6
Voir plus Voir moins

www.insee.fr/lorraine
°
La Lorraine dans la Grande-Région :128N
Avec une population voisine de 11,4 millions d’habitants, dont
5,3 millions d’actifs et 4,7 millions d’emplois, la Grande-Région réalise
un Produit Intérieur Brut de près de 280 milliards d’euros en 2006.
Territoire transnational au cœur de l’Europe, il est composé de quatre
régions (deux allemandes, une belge et une française) et d’un État-nation
(le Luxembourg), ancrés dans un passé commun. L’héritage industriel
en constitue une dimension incontournable. Il pèse actuellement sur le
dynamisme de la zone. Toutefois, pensée à l’échelle de la Grande-Région,
l’industrie peut jouer un rôle d’entraînement sur l’économie.
Dotée de ses propres institutions et bénéficiant de divers mécanismes
de coopération interne, la Grande-Région constitue une réelle entité
humaine et économique caractérisable par d’intenses interrelations.
Ces échanges sont fréquemment stimulés par des disparités territoriales
qui constituent autant de complémentarités et d’opportunités
économiques. L’aspect le plus flagrant est le phénomène du travail
frontalier qui permet à la croissance économique luxembourgeoise de
s’alimenter de la population active disponible des zones limitrophes.
Il en va ainsi d’autres interactions, plus ou moins liées entre elles,
qui s’expriment dans des champs divers : création d’entreprise, économie
résidentielle, commerce, tourisme, culture, etc. Il faut toutefois veiller
à la soutenabilité de ce modèle centre-périphérie. Enfin, la prise
de conscience de l’espace interrégional peut encore progresser.
La coopération statistique y contribue en dessinant un visage
démographique, économique et social à la Grande-Région.
erAu1 janvier 2007, la Grande-Région En 2006, plus de 111 500 naissances ont
abrite une population de près de 11,4 millions eu lieu surleterritoiredelaGrande-Région.
d’habitants, soit un effectif voisin de l’Ile- Soit un taux moyen de natalité de 9,8 pour
de-France (11,6 millions d’habitants) et supé- 1 000 habitants, qui s’étage de 6,9 en
rieur à celui d’un État-nation telle que la Suède Sarre jusqu’à 11,8 en Lorraine. Et plus de
(9,1 millions d’habitants). Cette population est 114 500 décès sont intervenus au cours de
répartie assez irrégulièrement entre les cinq cette même année.
régions, de 4,2% au Luxembourg à 35,8% en
Rhénanie-Palatinat en passant par 20,6% en La densité de la population est elle-même va-
Lorraine. riable sur le territoire, allant du simple au
Vquadruple entre la Lorraine (moins nies suivantes. Entre 1990 et quence un bilan «grand-régional»
2
de 100 habitants au km)etla 2007, l’effectif total a progressé globalement positif. Il s’est ac-
Sarre (plus de 400 habitants au de 6%, soit à un rythme annuel compagné d’un vieillissement de
2
km). La superficietotaledela de plus de 0,3%. la population. Dans la Grande-Ré-
Grande-Région s’établit à 65 401 gion, le rapport des effectifs deCe profil coudé sur longue pé-
2
km , la Lorraine couvrant le plus 60 ans et plus à ceux de 20 à 60riode est observable en Lorraine,
2
grand territoire (23 547 km ) ans est passé de 37% à 42%Wallonie et Rhénanie-Palatinat,
avant la Rhénanie-Palatinat entre 1990 et aujourd’hui.alors que la croissance a été plus
(19 853) et la Wallonie (16 844). régulière au Luxembourg. Quant Ce phénomène a été porté prin-
à la Sarre, le redressement de cipalement par les deux Länder
Embellie démographique début 90 n’a duré qu’une dé- allemands, dont les taux attei-
depuis 1990 cennie avant qu’un nouveau recul gnent 48% (Sarre) et 46% (Rhé-
de la population se produise au nanie-Palatinat)enfin de période.Depuis 1970, date à laquelle la
e
tournant du 21 siècle. En revanche, le plus faible tauxpopulation s’établissait déjà à
est observable au Luxembourg10,6 millions d’habitants, la Depuis 1992, les moteurs démo-
(33%), du fait de l’impact non né-Grande-Région a connu deux pha- graphiques diffèrent d’une région
gligeable d’une immigration mas-ses démographiques. La pre- à l’autre. À la vigueur relative du
sive, particulièrement chez lesmière, de stagnation, a duré solde naturel en Lorraine vient
25-34 ans. La Lorraine se situejusqu’à la fin des années 80 avant s’ajouter le dynamisme migratoire
dans une situation intermédiaireque s’engage une croissance sen- de la Rhénanie-Palatinat et du
avec un ratio de 37%.sible au cours des deux décen- Luxembourg, avec pour consé-
11,4 millions d'habitants dans la Grande-Région en 2006
Superficie, population et PIB dans la Grande-Région en 2006
RHEINLAND-PFALZ
WALLONIE
LUXEMBOURG
PIB en milliards d'euros SAARLAND
100
33,3
Population
LORRAINE
3 000 000
Pour la Grande-Région1 500 000
2
Superficie (km):65401
Population : 11 351 093
PIB (milliards d'euros) : 278,5
300 000
Source : Portail statistique de la Grande-Région
2
IGN
-
Insee
2008l’ensemble du royaume, elle souffre ration en 2001 puis le retour enUne Grande-Région
aussi d’un effet géographique néga- fin de période à des niveaux satis-en déficit de croissance
tif tout au long de la période. faisants. Toutefois, son poids dans
Depuis 1990, l’emploi disponible la Grande-Région (12% du PIB)estQuantàla Rhénanie-Palatinatetlasur le territoire a progressé de insuffisant pour tirer à lui seul uneSarre, elles font partie des régionsprès de 10%, tandis que les po- zone manifestement en déficit deallemandes qui connaissent despulations active et active occupée croissance.performances moyennes voire fai-résidentes ont évolué plus modes-
bles, à l’écart des deux axes detement, à un rythme voisin de Penser l’industriecompétitivité que sont à l’ouestl’ensemble de la population (6%).
à l’échelleFrancfort/Main - Munich - Milan
Le travail frontalier est à l’origine et à l’est Saxe - Thuringe au sud de de la Grande-Région
de cette distorsion en puisant ces l’ex-RDA. En findepériode,une spécialisa-ressources au-delà des frontières
Seul le Luxembourg a connu une tion économique perdure : chaquede la Grande-Région. En consé-
croissance exceptionnelle entre région dispose d’une structure in-quence, les taux d’emploi des ré-
1985 et 2000 (taux annuel de 5%), dustrielle plus marquée que sonsidents y demeurent plus faibles
avant de subir une brutale décélé- économie nationale, de même quequedanslereste de l’UnionEuro-
péenne, en particulier en Wal- Changement de régime à partir de 1990
lonie et en Lorraine.
Population de la Grande-Région entre 1970 et 2006La croissance économique s’est
établie quant à elle à un rythme
Nombre d'habitants (en millions)11,4
annuel de 3,1%. Cette évolution
11,2du Produit Intérieur Brut (PIB)
situelaGrande-Région àunni-
11,0
veau de performance inférieur à
10,8celuidelaFrance(3,4%)oudela
Belgique (4,3%), mais au-dessus
10,6
de celui de l’Allemagne (2,7%).
10,4Tandis que la croissance luxem-
bourgeoise tire le PIB grand-régio- 10,2
nal vers le haut, chacune des
10,0autres régions est moins dyna-
mique que l’économie nationale à
laquelle elle appartient. À des ef-
Source : Portail statistique de la Grande-Région
fets de structure défavorables
peuvent s’ajouter des contre-per-
formances sectorielles locales (ou Le moteur migratoire dominant
effets géographiques négatifs). Les facteurs d'évolution démographique dans la Grande-Région entre 1992 et 2007
Par ailleurs, du fait de gains de
Effectifsproductivité parfois élevés dans
500 000des secteurs industriels encore
très présents dans la Grande-Ré-
Mouvements migratoiresgion,lacroissancedelavaleur 400 000 naturelsajoutée ne nécessite pas systé-
matiquement celle des effectifs
300 000
employés.
En Lorraine, la forte présence en
200 000
début de période des industries des
biens intermédiaires, dont la dyna-
100 000mique nationale a été modeste
(croissancede+20% de la valeur
ajoutée à prix courants en une décennie
0
et demie contre +74% dans l’ensemble
de l’économie), a été entachée par
- 100 000une évolution régionale du secteur
encore plus défavorable.
Sarre Lorraine Luxembourg Rhénanie- Wallonie Grande-- 200 000En Wallonie, si la structure de son Palatinat Région
économie ne constitue plus un
handicap par rapport à celle de
Source : Portail statistique de la Grande-Région
3
1970
1974
1978
1982
1986
1990
1994
1998
2002
2006la Grande-Région par rapport à avancée par rapport à tous les au- Si les exigences permanentes de
l’UE27. tres grands pays européens. Tou- modernisation s’imposent à elle,
tefois,ceprocessusnes’est pas l’industrie ne constitue néanmoins
Mais les économies nationales dif- produit seulement dans l’hexagone pas un fardeau pour l’économie de
fèrent significativement. À une Alle- et en Lorraine, l’ensemble de la la Grande-Région. En s’appuyant
magneencorefortement Grande-Région ayant dû faire face sur les compétences acquises par
industrielle (25% de la valeur ajoutée) par le passé au déclin des indus- le passé, l’industrie peut continuer
s’oppose une France (15%)oùla tries dites traditionnelles, extrac- à fournir un volume d’emplois ap-
désindustrialisation est la plus tion minière et sidérurgie. préciable et stimuler par sa capaci-
té d’entraînement les secteurs de
L'envol luxembourgeois services aux entreprises. Dans un
contexte d’intenses flux commer-Produits Intérieurs Bruts (PIB) à prix courants
ciaux d’import/export croisés au
Indice 100 en 1992
sein de la Grande-Région, une im-
350
plantation industrielle sur son terri-
toire est susceptible de profiter à
l’ensemble de ses composantes ré-
300 gionales. Dans le domaine du mar-
ché du travail, ces externalités
positives sont flagrantes. Le main-
tien de l’activité industrielle dans le
250
sud du Luxembourg profite d’abord
et de façon croissante aux fronta-
Luxembourg liers et notamment aux Lorrains.
200
Il n’en reste pas moins que les
secteurs des services ont été dé-
Grande-Région terminants. Le développement
Wallonie Lorraine150 luxembourgeois s’est appuyé for-
Rhénanie-
Palatinat tement sur la production de servi-
cesfinanciersvendussur le
Sarre
marché mondial. Cela se traduit100
par une contribution élevée de ce
secteur tant à la croissance qu’au
commerce extérieur luxembour-
Source : Portail statistique de la Grande-Région
geois, ainsi que par une volatilité
marquéepropreàunepetiteéco-
nomie tournée vers l’extérieur.Une spécialisation industrielle qui perdure
Part de l'industrie dans la valeur ajoutée, 1992-2006 Dans les autres régions, le déve-
loppement des services a toutefois35 %
étéplusendogène.Àcôtédes ser-
vices sociaux, de la fonction pu-
30
bliqueetceuxdeproximité auxComposante régionale
personnes, les branches de servi-
25 Référence nationale ou européenne ces aux entreprises (logiciels, re-
cherche, logistique, etc.)ont interagi
fortement avec l’économie rési-
20
dente et ont permis la modernisa-
tion des activités industrielles ainsi
15 que le maintien d’un potentiel ex-
portateur élevé.
10
Le Luxembourg
au cœur du réacteur
5
Avec une périphérie à développe-
ment modeste et un centre luxem-
0 bourgeois doté d’une croissance
Rhénanie- Grande-
LuxembourgSarre Lorraine Palatinat Wallonie Région riche en emplois, accompagner la
diffusion spatiale de cette crois-Note de lecture :
En Lorraine, la composante régionale est positive indiquant que l'industrie y est plus présente que dans l'économie nationale. sance constitue en soi un enjeu.
Dans le cas de la Grande-Région, la référence est l'UE27.
Le fait le plus significatif des rela-
Sources : Portail statistique de la Grande-Région, Eurostat
4
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006tions centre-périphérie est consti- fessionnelle. De nombreux ci- Un modèle économique
tué par le travail frontalier qui toyens européens vivent en de- soutenable ?
converge vers le Grand-Duché. En hors de leur pays d’origine. En
Les projections concernant le mar-2007, en moyenne 136 000 sala- Lorraine, à l’exception des ci-
ché du travail luxembourgeois lais-riés, dont la moitié sont lorrains, toyens italiens ayant immigré de
sent augurer une poursuite duvenaient travailler au Luxembourg plus longue date, les principaux
phénomène frontalier et des fluxen y représentant une part tou- contingents européens provien-
résidentiels. À l’horizon 2020, lejours croissante de l’emploi salarié nent actuellement de la
Grand-Duché pourra attirer selontotal (43%). Grande-Région. Les effectifs de ci-
un scénario retenu plus deMoins connu statistiquement, le toyens allemands et belges ont
180 000 travailleurs frontaliers,phénomène est quasiment iden- progressé considérablement de-
soit 44% de l’emploi salarié inté-tique sur le champ de l’entrepre- puis 1990, après un recul enre-
rieur contre 43% actuellement.neuriat (40%), et la dimension gistré pendant la période
Cette perspective de recours conti-grand-régionale globale y est précédente, pour s’établir à
nu et massif à une main-d’œuvremême plus prononcée. Tandis que 14 100 et 5 000 respectivement
extérieure soulèvera un certain47% des salariés en emploi, fron- en 2005. Du fait d’une chute plus
nombre de difficultés.taliers ou résidents au Luxem- marquée entre 1968 et 1990, le
bourg, sont soit français, soit nombre de citoyens luxembour- Au Luxembourg, la présence d’ac-
allemands, soit belges, ce taux est geois atteint les 2 100 unités, tifs nationaux moins bien formés
de 10 points supérieur sur le soit guère plus qu’en début de pé- et plus exigeants au niveau sala-
champ de l’entrepreneuriat. riode. Et il faut ajouter ceux qui, rial sera source d’un chômage in-
outre la résidence, ont opté pour térieur et de risques sur laPlus ou moins interdépendants de
la nationalité française, à savoir cohésion sociale. D’autant plusce phénomène, d’autres liens éco-
7 500 personnes allemandes de que cette concurrence porteranomiques se tissent. Il en va ainsi
naissance, 1 800 belges et aussi sur les logements disponi-des flux de revenu associés au tra-
1 000 luxembourgeoises. bles. De l’autre côté des frontiè-vail frontalier, qu’il s’agisse des sa-
res, ces mêmes pressionslaires ou des retraites. Plus de L’implantation des résidences se-
immobilières s’accompagneront500 millions d’euros de salaires condaires révèle un tropisme
cette fois de tensions sur lasont versés chaque année à des grand-régional manifeste. Plus de
main-d’œuvre qualifiée de certainsfrontaliers lorrains travaillant au 20% du parc total de ces résiden-
secteurs.Luxembourg. Selon le lieu de dé- ces en Moselle sont détenus par
pensedeces revenus(l’économie des non-résidents, contre 10% au Le développement quantitatif et
qui verse les salaires et les retraites niveau national. En première posi- qualitatif des besoins en
acquises versus l’économie de rési- tion, les résidents allemands dé- main-d’œuvre du Luxembourg
dence des frontaliers), l’impact global tiennent près des trois quarts des étendra vraisemblablement d’une
du travail frontalier peut en être si- résidences secondaires «étrangè- part l’emprise territoriale du tra-
gnificativement modifié. Ainsi, un res» en Lorraine, tandis que les vail frontalier, d’autre part la va-
enjeu pour l’économie luxembour- Belges et Luxembourgeois se si- riétéetlaqualitédes
geoise est de pouvoir capter une tuent en troisième et cinquième qualifications requises. Il lancera
partie de ce pouvoir d’achat, positions respectivement. un défi au système de formation
au-delà des seules dépenses con-
Brassage "grand-régional"traintes (restauration des salariés à
midi, etc.). Population totale, citoyens allemands, belges et luxembourgeois résidant en Lorraine
Par ailleurs, le mode de développe-
ment de l’économie résidentielle se Indice 100 en 1968
225complexifie du fait du travail fronta-
lier «adoptif» ou «atypique», phéno-
Belges
200mène désignant qu’un actif change
Allemandsde région de résidence mais
175continue à travailler dans sa région
d’origine. Ainsi, parmi les 64 000
150
frontaliers lorrains vers le
Grand-Duché, 5 400 ne sont pas
125
Population lorrainede nationalité française mais sont
allemands ou luxembourgeois. 100
Vivre dans 75
Luxembourgeois
la Grande-Région
50
1968 1975 1990 1999 2005De plus, ces habitudes de fran- 1982
chissement de frontière ne se
Source : Insee, Recensements de la populationcantonnent pas à la sphère pro-
5et en particulier à l’enseignement visites au Luxembourg, dont 90%Savoir plus :
supérieur lorrain. L’exigence originaires de la Grande-Région. Si
accrue de mobilité se heurtera près de quatre adultes luxembour-
alors à des contraintes matériel- geois sur dix ont assisté à au
- «Vingt-cinq ans d’évolutions régio-
les telles que le coût croissant de moinsune desmanifestationsdu
nales», Planning Paper 104, Bureau
l’énergie et l’engorgement des programme 2007, c’est le cas defédéral du Plan - Institut Bruxellois de
Statistique et d’Analyse - Studie- moyens de transport, ainsi qu’au deux adultes sur dix parmi ceux ré-
dienst van de Vlaamse Regering - vieillissement inéluctable des sala- sidant dans les quatre autres ré-
Institut Wallon de l’Evaluation, de la riés concernés. gions du territoire.
Prospective et de la Statistique, Avril
2008. Sans être exhaustif sur les pro- De telles manifestations contri-
- «Les résidences secondaires dont bables effets collatéraux du tra- buent à ancrer encore davan-
le propriétaire ne réside pas en vail frontalier, il apparaît que la tage la réalité d’un tourisme
France», Direction du Tourisme, No- soutenabilitédecemodèleéco- transfrontalier. Vu de Lorraine,
vembre 2007.
nomique nécessitera l’articula- la hiérarchie des flux touristi-
- «Luxembourg et Grande Région,
tion et la mutualisation de ques diffère sensiblement de
Capitale européenne de la Culture
moyens de formation initiale et celle observée au niveau de la2007», Rapport d’évaluation prélimi-
naire. professionnelle, des politiques France métropolitaine. Alors que
- «L’économie luxembourgeoise, un ka- foncières et de transport ratio- lestouristesallemandsetbelges
léïdoscope 2006», Statec, Octobre nalisant les déplacements domi- arrivent respectivement en troi-
2007. cile-travail, etc. sième et sixième positions des
- «Regards sur l’économie allemande nuitées au niveau national, ils oc-
n° 81», CIRAC, mai 2007.
cupent les deux premières pla-Le sentiment
ces en Lorraine en 2006. Notred’appartenance
région accueille ainsi 3,2% desà la Grande-Région
nuitées de touristes belges et
La construction d’une culture com- 2,2% des nuitées allemandes,
mune est essentielle au sentiment contre 1,0% de l’ensemble des
d’appartenance à la Grande-Région nuitées étrangères. Symétrique-
que veut développer la présidence ment, la clientèle française est
luxembourgeoise. L’événement la première dans le Land de
«Luxembourg et Grande-Région, Sarre.
Capitale européenne de la Culture
2007" a été un outil visant à for-
Gérard MOREAUger des compétences culturelles et
interculturelles partagées. Il a don-
né lieuàaumoins 3,3millions deMinistère de l’Économie,
des Finances et de l'Emploi
Insee
Institut National de la Statistique Coopération statistique dans la Grande-Région
et des Études Économiques
Direction Régionale de Lorraine Parmi les coopérations qui émail- qui consolide les efforts de collecte
15, rue du Général Hulot lent la Grande-Région, celle des offi- et d’harmonisation des années
CS 54229 cesstatistiquesduredepuisplusde écoulées. D’autre part, l’ensemble
54042 NANCY CEDEX 30 années. À l’initiative de la com- de cesdonnéesont été misesàdis-
Tél :03 83 91 85 85
mission Saar-Lor-Lux, cette coopé- position du grand public sur le por-
Fax :03 83 40 45 61
ration a été initiée en 1974. tail statistique de la Grande-Région
www.insee.fr/lorraine
Plusieurs objectifs ont été poursui- (www.grande-region.lu)dansle
vis dès l’origine : établir des statisti- cadred’unprojeteuropéen Inter-DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
ques des travailleurs frontaliers, reg. Ce portail, actualisé en continuJean-Paul FRANÇOIS
réaliser un bilan économique de la depuis sa naissance en fin 2006,Directeur régional de l’Insee
Grande-Région, réunir des statisti- fournit gratuitement de nombreu-
COORDINATION RÉDACTIONNELLE
ques conjoncturelles, etc. Pour ré- ses statistiques, dont des séries
Christian CALZADA
pondre à ce cahier des charges, longues et des métadonnées asso-
Gérard MOREAU
plusieurs éditions successives d’un ciées, en allemand et en français.
annuaire statistique commun ontRESPONSABLE ÉDITORIAL ET Actuellement, une autre étape de
été publiées depuis 1992, au fur etRELATIONS MÉDIAS cette coopération s’ouvre avec pour
à mesure desquelles des nouvellesJacqueline FINEL objectif d’enrichir encore le visage
thématiques ont été introduites. statistique et la connaissance com-
RÉDACTRICE EN CHEF
Afin de moderniser et de rationali- mune de la Grande-Région. À travers
Agnès VERDIN
ser les méthodes de travail, deux une approche thématique, des ef-
SECRÉTARIAT DE FABRICATION options ont été suivies. D’une part, forts de construction et d’harmonisa-
MISE EN PAGE - COMPOSITION le groupe de statisticiens, composé tion seront entrepris afin de fournir
Marie-Thérèse CAMPISTROUS desofficesdelaLorraine, du des indicateurs pertinents rendant
Marie-Odile LAFONTAINE Luxembourg, de la Wallonie, de la compte du fonctionnement et du dé-
Rhénanie-Palatinat et de la Sarre, a veloppement économique de ce terri-ISSN : 0293-9657
mis au point une base de données toire.© INSEE 2008
6

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.