La mobilité quotidienne des femmes : le rôle de la géographie

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Les Lorraines effectuent chaque jour des trajets plus courts que les hommes. Différents facteurs explicatifs liés au domicile et au lieu de travail ont été avancés pour expliquer ces différences. Les salaires tendent à progresser pour les hommes avec l'éloignement du domicile, à l'inverse des femmes. L'espace lorrain reste fortement polarisé, tant du point de vue de la répartition géographique des emplois que de celle des lieux de résidence. La répartition géographique des lieux d'emploi des femmes est plus différente de celle des hommes que la répartition de leurs lieux de résidence.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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103N La mobilité quotidienne des femmes :
Les Lorraines effectuent chaque jour des trajets plus courts
que les hommes. Différents facteurs explicatifs liés au domicile
et au lieu de travail ont été avancés pour expliquer ces différences.
Les salaires tendent à progresser pour les hommes avec l’éloignement
du domicile, à l’inverse des femmes. L’espace lorrain reste fortement
polarisé, tant du point de vue de la répartition géographique des emplois
que de celle des lieux de résidence. La répartition géographique
des lieux d’emploi des femmes est plus différente de celle des hommes
que la répartition de leurs lieux de résidence.
L’idée que l’accessibilité spatiale des Des navettes plus courtes
emplois influence la participation au marché pour les femmes
du travail, n’est pas une idée nouvelle. De nom-
breuses études ont démontré que la participa- En incluant les personnes qui résident et tra-
tion des femmes au marché du travail ne vaillent dans la même commune, la distance
dépend pas seulement de facteurs individuels domicile-travail moyenne des femmes est de
ou relatifs au ménage, comme le statut mari- 18,8 km. Pour la moitié des salariées, la
tal, la présence ou l’absence d’enfants, le ni- distance est inférieure à 6 km. La durée
veau de scolarité et l’ethnie, mais aussi de moyenne des navettes domicile-travail, si el-
l’accessibilité à des emplois “appropriés” qui les s’effectuaient toutes par la route, serait
correspondent généralement à ceux à domi- de 19 minutes en heures creuses et de 23
nante féminine. minutes en heures pleines [Fig.1].
23’ en moyenne par jour pour aller travailler quand on est lorraine [Fig.1]
Distance moyenne (km) Temps moyen*
Espace de résidence
Hommes Femmes Ensemble Hommes Femmes Ensemble
Pôles urbains 29,1 17,0 23,4 32,5 21,4 27,3
Couronnes périurbaines 34,5 22,8 29,2 37,2 28,5 33,2
Communes multipolarisées 30,4 21,5 26,4 30,8 23,9 27,7
Pôles d’emploi de l’espace à 25,9 16,2 21,5 25,8 17,2 21,9
dominante rurale
Couronnes des pôles d’emploi de 28,8 19,1 24,5 27,7 19,6 24,1
l’espace à dominante rurale
Autres communes de l’espace à 32,7 22,1 28,1 31,1 22,5 27,3
dominante rurale
Ensemble 30,3 18,8 25,0 32,5 22,7 27,9
Champ : secteur marchand * en minutes en heure pleine
Source : Insee, Dads 2004
VLesfemmesont desnavettesen sent entre Verdun et Bar-le-Duc et En matière de travail domestique,
moyenne inférieures de 30% à cel- Épinal et Golbey/Thaon-les-Vosges l’asymétrie entre hommes et fem-
les des hommes. En moyenne une [cartes 1 et 2]. mes reste la règle même si elle
Lorraine met 23 minutes chaque s’est atténuée dans les couples,Troisgrandstypes de facteursex-
jour pour aller travailler, contre 32 aujourd’hui les plus nombreux, oùplicatifs peuvent permettre de ca-
minutes pour un homme. La pro- les deux conjoints travaillentractériser la faible portée des
pension à “travailler chez soi” s’a- [DEGENNE, LEBEAUX, MARRY -navettes féminines : ceux qui se
vère plus faible pour les hommes 2002]. Le temps consacré parrattachent au domicile, ceux liés
(22,6%) que pour les femmes les femmes à leur activité profes-au travail et enfin ceux ayant trait
(30,5%). L’écart est plus marqué sionnelle diminue constammentaux modes de transport. Seuls les
pour les résidents des pôles ur- avec le nombre d’enfants parmideux premiers facteurs seront
bains et des couronnes périurbai- celles qui travaillent à tempsabordés dans cet article.
nes [Fig.2]. plein. La différence serait particu-
Responsabilités domestiques et lièrement marquée pour les mè-Des cartes de flux de navetteurs arbitrages dans la localisation ré- res d’un enfant qui travailleraientsont impuissantes à mettre en sidentielle sont souvent avancés 50 minutes de moins par jourévidence l’organisation spatiale pour expliquer les écarts entre queles femmessansenfant.des échanges. Pour ce faire, il sexes liés au domicile.
convient de recourir à une
Interactions conjugales etclasse de modèles dits d’interac-
Inégalité dans le partage
tion spatiale. Ces modèles repo- choix du lieu de résidence
du travail domestiquesent sur deux hypothèses, l’une
Quels effets peut avoir un change-selon laquelle les échanges sont MADDEN [1981] trouve que les
ment de domicile sur les navettesavant tout fonction des capaci- femmes mariées ayant des en-
des couples bi-actifs ? Est-il plustés d’échanges des lieux émet- fants et les femmes chefs de fa-
difficile de choisir un lieu de rési-teurs et récepteurs, l’autre sur mille subissent une plus grande
dence optimal par rapport au lieule rôle joué par l’éloignement contrainte spatiale pour leur em-
de travail, quand il y a deux actifsentre ces lieux. Les écarts entre ploi que les autres femmes. Le
à satisfaire plutôt qu’un ?les flux observés et les flux esti- travail ménager et la division iné-
més par le modèle, appliqué aux gale du travail domestique entre Le schéma classique veut que le
navettes par sexe entre commu- les hommes et les femmes se- ménage choisit dans un premier
nes lorraines, permettent alors raient suffisants pour expliquer la temps sa localisation résidentielle
de dégager les principaux fac- navette réduite des femmes. en fonction du lieu de travail du
teurs explicatifs. L’effet de la dis-
tance, quel quesoitletypede Proportion d’actifs lorrains par sexe travaillant
spécification, s’avère plus fort dans et hors de leur zone de résidence [Fig.2]
pour les femmes que pour les
Hommes Femmes
hommes [Fig.3]. Autrement dit
Espace de résidence (%) Dans Hors de Dans Hors deles déplacements quotidiens des
la zone la zone la zone la zone
femmes diminuent beaucoup
Pôles urbains 27,3 72,7 38,3 61,7plus rapidement avec la distance
Couronnes périurbaines 9,0 91,0 10,3 89,7que ceux des hommes.
Communes multipolarisées 14,0 86,0 16,9 83,1
La géographie des résidus du mo-
Pôles d’emploi de l’espace 41,2 58,8 51,1 48,9
dèle fait ressortir la structure géo- à dominante rurale
graphique de l’organisation des
Couronnes des pôles d’emploi 8,7 91,3 6,4 93,6
navettes entre communes. Les es- de l’espace à dominante rurale
paces polarisés (résidus positifs), re- Autres communes de l’espace 19,2 80,8 23,6 76,4
à dominante ruraleçoivent plus de navetteurs que ne
le laisseraient penser leur capacité Ensemble 22,6 77,4 30,5 69,5
d’attraction et la distance qui les Champ : secteur marchand
Source : Insee, Dads 2004séparent des communes dont ils
sont issus. Les résidus négatifs té-
Freins de la distance par sexe [Fig.3]moignent eux d’une liaison anorma-
lement faible pour l’espace Hommes Femmes Ensemble
considéré (“effetdebarrièreaposte- Distance moyenne en km* 30,3 18,8 25,0
riori”). Les cartes de polarisation Coefficient de variation 5,0 5,4 7,3
des hommes et des femmes sont % de navettes intra-zones 22,6 30,5 26,2
proches et mettent en avant les Freins de la distance* :
relations entre pôles urbains. - Poisson -0,84 -0,95 -0,95
Même si pour les femmes, des re- - Non linéaire -0,86 -0,93 -0,90
lations privilégiées plus marquées * valeur du coefficient gamma qui explique la diminution de l'intensité des flux domicile-travail
selon la distance (cf.encadré)que pour les hommes, apparais-
Source : Insee, Dads 2004
2mari et quel’épouseajusteensuite entre sexes : si le changement ré- femmes mettraient davantage en
son lieu de travail en fonction du sidentiel est à courte distance, il avant les avantages fonctionnels :
domicile. Pour CAMSTRA [1996], la serait plus lié aux contraintes du proximité des commerces et équi-
probabilité de déménager serait travail de la femme que s’il s’effec- pements collectifs (crèches, écoles,
plus fortement liée à la distance tuait à longue distance. Dans les etc.), accessibilité aisée aux autres
domicile-travail pour les femmes ménages qui auraient récemment quartiers grâce aux transports col-
que pour les hommes ; les fem- changé de résidence, les temps de lectifs, alors que les hommes insis-
mes ayant une valeur du temps trajets des hommes diminueraient teraient plus sur les aspects
plus élevée que les hommes. Les alors que ceux des femmes aug- récréatifs de leur environnement
femmes quitteraient plus fréquem- menteraient. Les hommes tire- (proximité de cinémas, théâtres, res-
ment leur travail que les hommes raient davantage de gains salariaux taurants, ...). Par ailleurs, le choix
après un déménagement, qui les à changer de résidence que les de ces couples de résider en zone
aurait éloignées de leur lieu de do- femmes. centrale, ou d’y rester en dépit
micile. Les changements de domi- d’une nouvelle naissance, semble-
cile seraient plus profitables aux D’autres facteurs de nature socio- rait résulter de l’attachement à un
hommes en matière de raccourcis- logique joueraient pour une re- mode de vie très “ouvert” sur l’ex-
sement des navettes. Le mode de cherche de la “centralité” et le térieur et caractérisé par une in-
vie influencerait les différences refusdela“vieenbanlieue”.Les tense sociabilité.
Directions préférentielles des hommes()Carte 1 Composition du ménage
Carte des plus forts résidus (flux observés - flux estimés) positifs (cf. encadré)
Selon BACCAINI [1996], la compo-
sition du ménage aurait un rôle
surlalongueurdelanavette mais
cette influence diminuerait si on
contrôlait d’autres facteurs. Les
actifs qui élèvent seuls leurs en-
fants (familles monoparentales)ver-
raient leur propension à faire de
longues navettes s’accroître une
fois contrôlés les effets du sexe,
du statut d’occupation du loge-
ment et de leurs autres caracté-
ristiques. Dans les couples où un
seul conjoint travaille, les navet-
tes seraient plus longues lorsqu’il
yadesenfants.Ceseraitlecon-
traire en cas de double activité :
Champ : secteur marchand lorsqu’il y a des enfants, la proba-
Source : Insee, Dads 2004
bilité de faire de longs trajets se-
rait nettement réduite et celle de
Directions préférentielles des femmes (Carte 2) travailler à son domicile, nette-
Carte des plus forts résidus (flux observés - flux estimés) positifs (cf. encadré) ment accrue.
Pour FAGNANI [1986]la présence
des enfants, et particulièrement
le passage de deux à trois en-
fants réduirait la navette des fem-
mes. La relative proximité
spatiale de leur emploi leur per-
mettrait d’atténuer les conflits
travail-famille, certaines d’entre
elles en profitant parfois pour ren-
trer déjeuner avec leurs enfants.
McLAFFERTY, PRESTON et HAMILTON
[1993] notent que le mariage, la
présence d’enfants et l’âge des
enfants influencent les navettes.
Ce constat ne fait cependant pas
Champ : secteur marchand l’unanimité. JOHNSTON-ANUMONWO
Source : Insee, Dads 2004
[1992] énonce que le nombre
3
Copyright : Insee - IGN 2007 Copyright : Insee - IGN 2007d’actifs dans le ménage diffé- semi-spécialisé concentreraient l’idée selon laquelle le jeu de l’offre
rencie plus clairement les diffé- leurs efforts très localement, là et de la demande sur le marché
rences de navettes entre sexes où les réseaux sociaux sont les du logement explique la localisation
quelaprésenced’enfants. plus denses. des ménages aisés et des ména-
gespauvresdansdes lieuxdiffé-
Enfin l’allongement de la distancePlusieurs auteurs ont analysé l'in-
rents. Dans ce modèle standard
entre lieux d’emploi et de rési-fluence de l'accessibilité géogra-
de l’économie urbaine, l’aire ur-
dence serait susceptible de jouerphique aux emplois sur la
baine est conçue selon une repré-
négativement sur la probabilitéparticipation au marché du travail.
sentation monocentrique.
d'un agent économique à trouver
un emploi de plusieurs manières : Le marché du logement étant un
Centre versus périphérie marché concurrentiel, à l’équilibre
* en limitant l’information dont il dis- chaque agent arbitre entre coût deLesfemmesont destrajets domi-
pose sur les emplois vacants : transport et prix du logement pourcile-travail sensiblement plus
méthodes de recrutement local choisir son lieu de résidence. Decourts que les hommes quel que
des entreprises et importance fait deux effets contradictoiressoit le type d’espace de rési-
des relations sociales ; jouent. D’une part, les agents éco-dence. 38,3% des femmes
* en désincitant à chercher un nomiques sont incités à résider encontre 27,3% des hommes tra-
emploi dans certaines zones : périphérie pour bénéficier de loge-vaillent dans les pôles urbains ; la
la distance aurait pour effet de ments spacieux dont l’accès estmajorité des emplois dans ces zo-
rendre plus sporadique la re- permis par les faibles prix du fon-nes ayant un taux de féminisation
cherche d’emploi d’agents éloi- cier. D’autre part, dans le cas oùimportant [Fig.2].
gnés, comparativement à ceux les emplois sont concentrés au
Certains auteurs mettent en avant vivant à proximité des zones centre-ville, les agents sont encou-
le fait que les emplois se seraient d’activités ; ragés à venir vivre au centre afin
suburbanisés selon des directions d’économiser sur le coût moné-* en mettant hors de portée cer-
différentes pour les hommes et les taire et d’opportunité des trajetstains emplois : les coûts de
femmes : la suburbanisation des journaliers. Le choix de résidencetransport peuvent représenter
emplois féminins aurait suivi la su- sera donc le fruit de la comparai-une part importante du salaire,
burbanisation résidentielle, tandis son entre l’élasticité revenu de latelle que l’agent ne conçoive
que la suburbanisation des emplois demande de logements et l’élastici-pas comme rentable l’offre
masculins s’effectuerait vers des té revenu du coût marginal dud’emploi qui lui est faite ;
zones industrielles plus éloignées. transport. Ainsi, si la demande de
* en restreignant l’"employabilité“
Cette différence pourrait expliquer logements croît plus vite avec le
au regard des employeurs,
l’allongement des navettes masculi- revenu que le coût du trajet domi-
ceux-ci mettant en place des li-
nes et l’accroissement des diffé- cile-travail, les ménages aisés pré-
mites géographiques au-delà
rences entre sexes. féreront résider en périphérie afin
desquelles, ils décident de discri-
de bénéficier d’une surface habi-
Uneautre hypothèsedere- miner les candidats à l’em-
table plus importante. En re-
cherche, celle dite du confine- bauche [redlining, ZENOU (2002)]:
vanche, si le temps de transport
ment spatial (“spatial entrapment”), plus le travailleur devra réaliser
pèse plus que les coûts monétai-
suggère que certaines entrepri- un long trajet quotidiennement
res dans la composition du coût du
ses se localiseraient à proximité pour se rendre à son travail,
trajet et que l’élasticité revenu de
des bassins de main-d’oeuvre fé- plus il sera fatigué et plus son ni-
la demande de logements est infé-
minine, la plupart du temps situés veau de productivité s’en trouve-
rieure à l’unité, les classes aisées
dans les banlieues des grandes ra réduit ; les employeurs seront
préféreront habiter au centre-ville,
villes. Lesfemmesdes couches dèslorsmoins enclinsà le re-
ce qui reléguera les classes défa-
moyennes qui demeurent en cruter, ce dernier n’étant pas en
vorisées en périphérie.
banlieue seraient vues comme mesure de fournir un niveau d’ef-
une main-d’œuvre peu coûteuse, fort aussi important que les em- La ville monocentrique a connu ces
ayant reçu une bonne éducation, ployés résidant à proximité de la dernières années de profondes
pour qui l’avancement dans la zone de travail, d’autant qu’il transformations structurelles. Elles
carrière ne serait pas une priori- risque d’être moins flexible au ni- se caractérisent par l’émergence de
té, non-syndiquées et bon mar- veau de ses horaires de travail. centres secondaires au sein de la
ché. Ne disposant généralement ville, qui devient alors polycentrique,
pas d’un véhicule automobile, ces ou par la création de villes satellitesQuel modèle ?
femmes seraient prêtes à délais- localisées à la périphérie des gran-
ser les emplois mieux payés mais Les économistes, depuis la fin des des métropoles. La rente foncière
distants en faveur d’emplois lo- années cinquante, se sont intéres- ne suivrait donc plus un profil mono-
caux sous-payés, qui leur permet- sés à l’analyse du lien entre lieu de tone, car sa valeur remonterait
tent de remplir leur rôle familial. résidenceetniveaudevie desmé- dans le voisinage des centres se-
Les femmes qui cherchent un nages. Le modèle développé par condaires. En outre, le centre-ville
emploi non spécialisé ou ALONSO-MUTH-MILLS [1968] soutient verrait son rôle diminuer en tant
4que centre d’emploi traditionnel. La Pour THISSE, WASMER et ZÉNOU Il en ressort que la propension
baisse du coût des migrations alter- [2003], à l’équilibre, le salaire w est dessalariéséloignésdes emplois
nantes, jointe à la hausse des reve- une moyenne pondérée de la pro- à accepter un emploi est plus
nus des ménages, constituerait la ductivité marginale du travailleur faible.Des gradientsderente fon-
raison majeure de l’étalement carac- PMTetdeson salairederéserve cière élevés, des transports col-
téristique des villes modernes, beau- (1), égal à la somme des indemni- lectifs chers, lents et peu
coup moins compactes que les villes tésdechômage IC,ducoût généra- fréquents ou des difficultés de
anciennes. lisé de transport domicile-travail CT congestion obligent les entrepri-
et l’éventuel supplément de loyer SL, ses à offrir des salaires plus éle-Une des causes d’inégalité dans l’ac-
si le salarié décide de déménager vés, ce qui réduit leur propensioncès à l’emploi réside dans l’écart de
pour se rapprocher de son nouveau à créer des emplois dans ces zo-la distance géographique ou “so-
lieu de travail : nes. Pour les auteurs, l’accès àciale” entre les demandeurs et les
wP=+ββ*(MT 1−)*(IC+CT+SL). l’emploi peut donc être facilité paroffreurs d’emplois : c’est la problé-
une politique de réduction du coûtmatique du “spatial mismatch”intro- Lesemployeursnecompensent
généralisé du déplacement domi-duite par KAIN [1968]. Franchir la donc pas intégralement les tra-
cile-travail. Néanmoins la multipli-distance qui sépare le domicile du vailleurs pour les surcoûts provo-
cation des horaires fractionnéslieu de travail représente un double qués par leur activité. Pour qu’un
flexibles, ou des horaires décalés,coût : un coût monétaire, sauf en salarié choisisse d’être actif plu-
qui affectent principalement lescas de prise en charge par l’em- tôt qu’inactif, il faut que la produc-
femmes, induisent des coûts fixesployeur ou la collectivité et un coût tivité marginale PMT soit
de déplacement. La possibilitéen temps, plus ou moins important supérieure à IC-CT-SL . Un salarié
d’accéder à des services publicset pénible selon la plage de déplace- à faible productivité doit recher-
de proximité (crèches)peutégale-ment dans la journée (congestion, cher une localisation pour laquelle
ment faciliter les déplacements
confort, sécurité). le total CT + SL soit faible.
quotidiens.
Les économistes du travail, quantContribution des différents facteurs aux disparités
de salaires [Fig.4] à eux font l’hypothèse d’une locali-
sation résidentielle fixe et consi-Hommes Femmes
dèrent que des déplacementsEnsembleVariables (%) Temps Temps Temps Temps
domicile-travail lointains doivent
complet partiel complet partiel
être compensés par des salaires
Distance (km) 0,2 0,2 0,3 0,1 0,4
plus importants. Il existerait alors
Sexe 2,5
une relation positive entre salai-
Condition d’emploi 0,2
res et coût de déplacement.
PCS 79,0 80,0 84,4 74,6 83,8
Pour les deux courants, un meilleurTaille de l'établissement 4,1 3,8 2,6 4,7 5,2
logement et de meilleurs emploisSecteur d’activité 4,5 4,6 7,3 6,8 7,4
sont des facteurs favorisant des na-Âge 9,6 11,4 5,3 13,8 3,3
vettesquotidiennespluslongues.% expliqué par le modèle 57,4 58,6 56,6 53,2 50,9
Lecture : près de 80% des disparités salariales sont expliquées par la PCS, "toutes choses L’analyse développée ici consiste
égales par ailleurs"
à analyser dans quelle mesure laSalariés du secteur public et semi-privé, hors apprentis, stagiaires, chefs d’entreprises
Source : Insee, Dads 2004 variabilité des caractéristiques
personnelles des salariés, des
Déplacements quotidiens et disparités de salaires [Fig.5] postes qu’ils occupent et des en-
treprisesqui lesemploient,est
Hommes Femmes
susceptible d’expliquer la variabili-
Distance (km) Temps com- Temps Temps com- Temps
té des salaires en Lorraine. En
plet (%) partiel (%) plet (%) partiel (%)
particulier, la distance domi-
]0,10] +0,8 +1,9 +0,5 +1,3
cile-travail en km est incorporée
]10,20 ] +0,9 +2,1 +1,0 +2,0
dans le modèle. Le poids de cha-
]20,30] +1,6 +3,4 +0,8 +1,0
cune de ces caractéristiques est
]30,40] +1,5 +3,3 +1,1 n.s.
ainsi estimé "toutes choses éga-
]40,50] +2,0 +5,2 +1,3 -3,1
les par ailleurs”, c’est-à-dire indé-
]50,60] n.s. +3,5 n.s. -1,7
pendamment les unes des autres
]60,70] +1,6 +3,0 n.s. -1,9
[encadré].
]70,80] +1,6 +4,0 n.s. -2,3
]80,90] +1,5 +3,5 -1,4 -1,6
]90,100] +2,5 n.s. n.s. -3,9 (1) Le salaire de réserve est habituelle-
]100, 300] +5,7 +5,7 +4,0 -3,0 ment défini comme le salaire minimal
qu'il faut offrir à un salarié pour qu’il ac-Référence : 0 km n.s. : non significatif
Lecture : "toutes choses égales par ailleurs", le salaire d'un salarié à temps complet de sexe cepte un emploi. Dans le cas présent,
masculin travaillant entre 20 et 30 km de son lieu de résidence est supérieur de 1,6% à ce-
c’est aussi le salaire qui le rend indiffé-lui d'un salarié de mêmes caractéristiques travaillant à domicile
Salariés du secteur public et semi-privé, hors apprentis, stagiaires, chefs d’entreprises rent entre maintenir ou rompre la rela-
Source : Insee, Dads 2004 tion avec l’entreprise qui l’emploie.
5Quel quesoitletyped’emploi, la centre-ville qui entraînerait la d’allongement des distances
distance domicile-travail contribue création d'une main-d'oeuvre de domicile-travail, si l’utilisation ou la
peu aux disparités de salaires réserve tirant les salaires vers le disponibilité de moyens de trans-
entre hommes et femmes en Lor- bas, la demande de travail étant ports rend difficile tout accès aux
raine, même si elle joue relative- inférieure à l'offre. D'autre part, emplois trop éloignés.
ment plus pour les femmes à le niveau des salaires serait plus
Enfin le sens du lien entre discor-temps partiel [Fig.4]. L’essentiel faible parce que les ressources
dancespatialeetdurée du tempsprovient des différences de qualifi- issues du travail des femmes, qui
de trajet est indéterminé. En effet,cations - résultat qui corrobore les résident au centre-ville et exer-
l’augmentation de la distance entrethéories du capital humain dévelop- cent un emploi en périphérie,
lieux de résidence et de travailpées dans les années 50-60 sont plus faibles comparative-
peut conduire à deux effets oppo-[MINCER J., BECKER G.] - et des diffé- ment aux agents vivant et exer-
sés. L’exemple d’une déconcentra-rences par âge, en particulier pour çant une activité en banlieue. En
tion d’une partie des emplois dulessalariésà tempscomplet. effet, les femmes subiraient des
centre-ville vers la périphérie acoûts de transports importants
La rémunération a tendance à pour effet d’accroître la distancequi exerceraient sur elles une
croître avec la distance domi- moyenne et par conséquence laforte contrainte budgétaire.
cile-travail en particulier pour les durée moyenne du trajet que de-
hommes.Àl’inverse,pour les Néanmoins, cette approche ne vront effectuer les habitants des
femmes à temps partiel, le sa- permet pas de vérifier l’existence centres-villes. A contrario, la durée
lairecommenceàbaisseravec d’un mauvais appariement spatial. moyenne de trajet des résidents
l’éloignement du lieu de résidence Le temps de trajet est tout d’abord des centres-villes peut aussi dimi-
au-delà des 30 km [Fig.5]. susceptible d’intégrer d’autres op- nuer. En effet, puisque la probabili-
portunités que la seule navette té d’occuper un emploi est une
entre lieu de résidence et de tra- fonction décroissante de la dis-Les limites d’une utilisation
vail :lefaitdedéposer lesenfants tance séparant l’emploi du lieu de
des différences de temps
à l’école, faire des achats, etc. résidence, peu d’habitants des
de trajets Ensuite, le temps de trajet ne centres-villes trouveront un emploi
prend pas en compte le refus d’of- en périphérie. Ainsi, la majeureUne manière, souvent avancée, de
fres d’emplois éloignés et le report partie des résidents des cen-tester l'existence de l'hypothèse de
vers des emplois de proximité, tres-villes ne travaillera pas en péri-"spatial mismatch" consiste à véri-
mais moins adaptés. phérie mais dans les centres-villes.fier s'il existe ou non, une diffé-
Peu d’entre eux réaliseront doncrence dans la durée moyenne des
Si l’on se réfère au modèle mono- de longs trajets pour se rendre surtrajets domicile-travail entre
centrique, la longueur des déplace- leur lieu de travail. De ce fait, lasous-populations (communautés,
ments des ménages est durée moyenne du trajet des tra-hommes-femmes, riches-pauvres,
étroitement liée à leurs revenus ; vailleurs résidant dans les cen-etc.). Le temps ou coût de trajet
les ménages aisés peuvent choisir tres-villes sera plus faible que dansserait ainsi un bon indicateur de
de résider loin des centres d’em- la situation antérieure, alors quel'accès aux emplois pour les habi-
ploi afin de bénéficier de meilleures les emplois se seront éloignés.tants d'une zone donnée.
aménités résidentielles localisées Enfin, une limite peut venir du co-
D'autre part, le niveau des salai- (pollution sonore moindre, congestion dage même des distances dans
res proposés aux femmes serait moindre, logement plus grand, etc.). les enquêtes ménages-déplace-
plus faible dans les zones d'em- De ce fait, lorsque l’on réalise des ments, où les distances sont sou-
ploi situées à proximité de leur comparaisons entre durées vent appréhendées ex post.
lieu de résidence, en l'occurrence moyennes de trajet domicile-travail,
le centre-ville, qu'en périphérie. on intègre un effet richesse pou- L’approche souvent avancée, de
Cette différence dans le montant vant nuire à ce que l’on veut dé- mesurer indirectement l’accessibili-
de la rémunération s'expliquerait montrer. De même un mauvais té aux “opportunités” d’emplois qui
par la faible densité d'emplois au appariement peut ne pas produire consiste à vérifier s’il existe ou
Freins de la distance par catégorie socioprofessionnelle [Fig.6]
Artisans- Professions
Cadres Employés Ouvriers Ensemble
commerçants intermédiaires
19,9 47,0 38,5 15,0 19,2 25,0Distance moyenne en km*
0,6 1,8 3,2 4,7 3,8 7,3Coefficient de variation
% de navettes intra-zones 40,6 25,7 21,0 34,0 21,3 26,2
Freins de la distance* :
n.s. -0,71 -0,87 -0,92 -0,66 -0,95- Poisson
n.s. -0,75 -0,84 -0,94 -0,91 -0,90- Non linéaire
n.s. : non significatif
* valeur du coefficient gamma qui explique la diminution de l'intensité des flux domicile-travail selon la distance (cf. encadré)
Source : Insee, Dads 2004
6non, une différence dans les temps Ces écarts ne résultent pas uni- Ainsi les emplois féminins de ca-
ou durées moyennes des trajets quement de choix ou contraintes dres sont excédentaires par rap-
domicile-travail entre sous-popula- qui conduiraient certaines catégo- port à la demande locale dans les
tions conduit à ignorer, par cons- ries à résider près de leur lieu de zones d’emploi de Bar-le-Duc et de
truction, la nature qualifiée ou non travail mais également de la Longwy.Àl’inverse,onconstate
des emplois offerts. structure spatiale des résidences un déficit d’emplois qualifiés dans
et des emplois. la zone de Toul, les postes de ca-
À qualification plus élevée,
dres ne représentent que 51,7%
navette plus longue des besoins de la population rési-
Rôle du taux de couverture
Au sein de la population d’actifs mo- dente, ce qui peut expliquer la
biles lorrains, les cadres et les pro- forte propension (87%)des fem-L’organisation des flux quotidiens
fessions intermédiaires effectuent mes cadres résidant dans la zones’expliquepar l’existencededésé-
les déplacements de plus longue dis- à faire de longues navettes [Fig.8 etquilibres entre l’offre et la de-
tance[Fig.6].Les freinsdeladis- cartes par sexe et PCS].mande d’emplois à l’intérieur des
tance, dans la spécification non communes, les communes “excé-
linéaire du modèle développé [enca- Plus le taux de couverture de l’em-dentaires” en emploi attirant les
dré], s’avèrent plus forts pour les ploi est élevé dans une zone et plusactifs résidant dans les commu-
employés que pour les cadres. la proportion de navettes interzonesnes “déficitaires”. C’est ce désé-
est faible : les coefficients de corré-La moitié des cadres salariés tra- quilibre que traduit le taux de
lation entre ces deux variables sont,vaillent dans une commune située couverture de l’emploi, rapport
pour la majorité des PCS, négatifsàplus de20minutes parlaroute entrelenombred’emplois offerts
et significatifs. Cette relation estde leur commune de résidence. et le nombre d’actifs résidant
particulièrement forte pour les hom-Les artisans-commerçants sont dans la zone. Un taux de couver-
mes, à l’exception des artisans-com-ceux qui travaillent le plus près de ture de l’emploi inférieur à l’unité
merçants et des ouvriers, elle n’estchez eux : plus de la moitié caractérise un excédent d’emplois
par contre valide que pour les fem-d’entre eux réside à moins de 9 par rapport au nombre d’actifs
mes employées [Fig.9].minutesdeleurlieudetravail par résidents. Néanmoins, il faut éga-
la route. Près de la moitié des na- lement prendre en compte l’as-
vettes se font entre pôles urbains pect qualitatif des emplois offerts Différences de genre
et ce quelle que soit la catégorie et de la demande. Une commune
socioprofessionnelle, à l’exception peut offrir (au moins potentielle- Une première hypothèse se rap-
desnavettesd’ouvriers(33%). Il ment)dutravail àtous ses ca- porte à la répartition spatiale rési-
n’existe pas de différence signifi- dres, sans avoir un nombre d’em- dentielle. Selon le modèle de
cative entre sexes [Fig.7]. plois d’ouvriers suffisant pour la cohabitation de l’écologie sociale
population ouvrière résidente. urbaine, les individus ayant des
Polarisation des navettes par PCS en Lorraine [Fig.7]
Professions
Artisans-
Zone de résidence Zone de travail Cadres intermé- Employés Ouvriers Ensemble
commerçants
diaires
Hommes
Pôles urbains Pôles urbains 45,2% 51,1% 43,3% 50,6% 32,9% 40,2%
Couronnes périurbaines 15,7% 17,6% 16,7% 15,4% 11,8% 14,2%
Communes multipolarisées Pôles urbains 6,0% 7,2% 9,2% 8,1% 8,1% 8,3%
Pôles urbains Couronnes 5,4% 4,0% 4,8% 3,1% 8,3% 6,2%
périurbaines
Autres communes de l’espace Pôles urbains 1,9% 2,9% 3,6% 3,7% 3,8% 3,6%
à dominante rurale
Autres 25,9% 17,2% 22,4% 19,0% 35,1% 27,5%
Femmes
Pôles urbains Pôles urbains 50,0% 55,8% 46,3% 44,3% 33,8% 44,3%
Couronnes périurbaines 16,4% 16,8% 19,4% 17,0% 11,7% 17,0%
Communes multipolarisées Pôles urbains 6,7% 6,4% 9,2% 9,6% 8,3% 9,2%
Pôles urbains Couronnes 3,0% 3,7% 3,2% 2,6% 6,7% 3,3%
périurbaines
Autres communes de l’espace Pôles urbains 1,9% 2,8% 3,9% 3,7% 3,7% 3,7%
à dominante rurale
Autres 22,0% 14,5% 18,0% 22,7% 35,8% 22,6%
Lecture : 51,1% des navettes de cadres masculins se font entre pôles urbains
Champ : secteur marchand
Source : Insee, Dads 2004
7caractéristiques similaires ten- dans les mêmes zones, ce qui de- tégorie professionnelle qu’entre
dent à se regrouper dans les mê- vrait se traduire par des réparti- personnesdemêmesexedeca-
mes zones (“qui se ressemble tions spatiales résidentielles tégories professionnelles différen-
s’assemble”). Dans la mesure où semblables. D’où l’hypothèse que tes. Cette hypothèse est vérifiée
femmes et hommes ont le même la répartition spatiale résidentielle dans la figure 10 pour toutes les
statut socio-économique (PCS), on est moins différente entre hom- catégories socioprofessionnelles.
s’attendrait à les voir cohabiter mes et femmes d’une même ca- La seconde hypothèse a trait à la
répartition géographique des lieux
Dissimilarités* hommes-femmes par PCS, selon : d’emploi. Au sein d’une même ca-
les zones de résidence, d'emploi et la structure des déplacements tégorie, les dissimilarités entre les
(Fig.11) répartitions spatiales des lieux
0,18 % d’emploi des femmes et des hom-Résidence
mes peuvent dépendre de plu-Lieu de travail
Domicile - Travail sieurs facteurs : une stratégie0,16
spatiale différente dans la re-
cherche d’emploi, qui conduirait les
0,14
femmes à rechercher des emplois
plus proches de leur domicile, des
0,12 répartitions spatiales distinctes
des secteurs d’activité où sont
concentrés les femmes et les
0,10
hommes d’une même PCS, etc.
Au sein d’une même catégorie
0,08
professionnelle, la répartition géo-
graphique des lieux d’emploi des
0,06 femmes devrait être donc plus
différente de celle des hommes
que la répartition géographique0,04
de leurs lieux de résidence. C’est
ce que l’on constate, en particu-
0,02
lier pour les employés et profes-
sions intermédiaires [Fig.10], où
0,00 la colonne lieu de travail est plus
Artisans- Cadres Professions Employés Ouvriers
commerçants Intermédiaries élevée que la colonne lieu de rési-
Champs : secteur marchand, zones d'emploi dence. Enfin la structure des dé-
* cf.encadré
placements pendulaires des
Source : Insee, Dads 2004
femmes employées s’avère nette-
Taux de couverture* de l’emploi féminin [Fig.8]
Artisans- Professions
Zones d’emploi Cadres Employés Ouvriers Ensemble
commerçants intermédiaires
112,5 105,7 93,8 105,2 100,8 102,7Longwy
Briey 72,7 90,7 63,8 67,6 81,3 69,3
Thionville 103,8 98,7 76,6 89,9 81,2 86,3
91,7 64,1 54,0 66,9 69,4 64,2Lunéville
98,9 96,9 101,2 111,0 107,4 106,6Nancy
Toul 84,6 51,7 47,1 60,3 82,2 58,6
102,6 95,9 110,8 126,4 144,3 121,0Metz
92,9 89,8 73,9 87,1 83,4 84,0Bassin Houiller
Sarreguemines 94,4 102,8 94,3 97,8 117,3 100,1
Sarrebourg 94,7 74,4 69,4 80,6 80,4 78,0
94,4 89,7 86,0 90,3 90,2 89,3Meuse-du-Nord
94,7 108,4 90,4 101,8 86,2 97,2Bar-le-Duc
Commercy 100,0 79,5 61,7 75,2 87,1 75,1
Vosges-de-l’Ouest 89,5 103,7 97,7 99,1 102,6 99,5
102,7 99,3 92,6 98,2 90,7 96,2Épinal
Remiremont-Gérardmer 103,8 91,4 80,2 96,3 103,2 94,7
Saint-Dié 87,0 88,3 79,0 93,4 86,9 89,1
* <= 100 : déficit d’emplois, > 100 : excédent d’emplois
Champ : secteur marchand
Source : Insee, Dads 2004
8ment plus distincte de celle des miciles et résidences seraient plus cher les schémas de localisation
hommes (Fig.11). suburbains. Si la proportion de la des différentes activités écono-
force de travail non-mariée devait miques et donc ceux d’une offre
s’accroître (monoparentalité) pour d’emploi, s’adressant alors plusTendances
les deux sexes, les différentiels de indistinctement aux femmes et
Dans le futur proche, si la partici-
navettes entre sexes diminueraient aux hommes. Les mobilités des
pation au marché du travail des
et domiciles et résidences seraient hommes et des femmes en se-
femmes devait croître, les navettes
plus centralisés. raient d’autant rapprochées.
desfemmesprogresseraient.Sila
force de travail devait compter plus Les substitutions d’emplois de
Christian CALZADAde mères, la longueur des navet- service à des emplois de produc-
tes des femmes diminuerait et do- tion pourraient tendre à rappro-
Taux de couverture de l’emploi par sexe et proportion de navetteurs [Fig.9]
Hommes Femmes
PCS
2 2
R Pente R Pente
Artisans-commerçants 0,02 -0,12 0,00 0,02
Cadres 0,54 -1,33 0,17 -0,82
Professions intermédiaires 0,68 -2,07 0,45 -1,02
Employés 0,52 -1,95 0,56 -1,51
Ouvriers 0,24 -1,29 0,14 -1,18
Ensemble 0,60 -2,00 0,35 -1,26
Lecture : le R² ou coefficient de détermination, mesure la qualité de l'ajustement entre le taux de couverture de l'emploi et la proportion de navetteurs par PCS
La pente est le taux de variation du taux de couverture de l'emploi quand la proportion de navetteurs varie
Champ : secteur marchand
Source : Insee, Dads 2004
Dissimilarités* hommes-femmes par PCS et type d’espace [Fig.10]
Lieu de Lieu de
Rang Rang Navettes Rang
résidence travail
Femmes
Artisans-commerçants Cadres 0,220 2 0,222 2 0,171 6
Professions intermédiaires 0,113 12 0,152 7 0,084 21
Employés 0,086 17 0,080 18 0,183 4
Ouvriers 0,115 11 0,091 17 0,097 16
Cadres 0,133 7 0,076 21 0,144 9
Employés 0,213 3 0,161 6 0,315 1
Ouvriers 0,310 1 0,259 1 0,197 3
Professions intermédiaires Employés 0,084 18 0,092 16 0,176 5
Ouvriers 0,183 5 0,185 3 0,055 24
Employés 0,126 8 0,131 10 0,127 10
Hommes
Artisans-commerçants Cadres 0,139 6 0,163 5 0,102 14
Professions intermédiaires 0,097 15 0,127 11 0,093 17
Employés 0,083 19 0,125 12 0,088 19
Ouvriers 0,105 14 0,061 24 0,148 8
Cadres 0,108 13 0,105 15 0,118 12
Employés 0,095 16 0,059 25 0,102 15
Ouvriers 0,210 4 0,179 4 0,215 2
Professions intermédiaires Employés 0,040 25 0,077 20 0,046 25
Ouvriers 0,124 9 0,133 8 0,120 11
Employés 0,117 10 0,133 9 0,117 13
Femmes-Hommes
Artisans-commerçants 0,058 23 0,074 22 0,089 18
Cadres 0,076 20 0,080 19 0,070 22
Professions intermédiaires 0,060 22 0,107 13 0,056 23
Employés 0,050 24 0,107 13 0,161 7
Ouvriers 0,065 21 0,070 23 0,084 20
*cf. encadré
Champs : secteur marchand, zones d’emploi
Source : Insee, Dads 2004
9Taux de couverture par sexe, PCS et zone d'emploi
Hommes Femmes
artisans - commerçants artisans - commerçants
Hommes Femmes
cadrescadres
Hommes Femmes
professions intermédiaires professions intermédiaires
Champ : secteur marchand
Source : Insee, Dads 2004
Fait avec Philcarto : http://perso.club-internet.fr/philgeo (discrétisation '1, 2, 3')
10
Copyright : Insee - IGN 2007

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