Le monde rural face à la poussée urbaine

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En dépit de l'étalement urbain, le milieu rural rassemble près de 97 000 Réunionnais, dont un bon tiers se concentrent dans les bourgs. Les régions Sud et Est, ainsi que les Hauts offrent encore une véritable place au monde rural. Les bourgs qui ont su résister à l'absorption des villes constituent des pôles ruraux peu structurés. Par un phénomène de bascule, la population rurale a d'une part conquis des parcelles jusque là inhabitées, d'autre part quitté des zones enclavées.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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dos sier La ville s’étale
Le monde ru ral face
n dépit de l’éta le ment urbain, le l’unique agglo mé ra tion urbaine de la eux (35 par mi les plus den ses) a en effet
milieu rural ras semble près de com mune. Avec plus de cinq mille été absorbée par des agglo mé ra tions voi -E97 000 Réunion nais, dont un ruraux, cette petite com mune arrive juste si nes. Au cours de cette période, 6 autres
bon tiers se concen trent dans les der rière Saint Benoît par la taille de sa bourgs ont fran chi le cap des 2 000 habi -
bourgs. Les régions Sud et Est, ain si popu la tion rurale. tants pour deve nir des agglo mé ra tions.
que les Hauts offrent encore une Le Sud et l’Est aux popu la tions rura les
Le Nord demeure une région très -véritable place au monde rural. Les plus nom breu ses offrent encore une véri urbaine ; les ruraux repré sen tent à peine- -bourgs qui ont su résis ter à l’absorp table place aux bourgs : 8 % de la popu
4 % de la popu la tion. La rura li té est plustion des vil les cons ti tuent des pôles la tion y est concen tré dans 22 bourgs
pro noncée à l’Ouest (10 %), notam mentruraux peu struc tu rés. Par un phé no - réper to riés.
à Saint Leu (25 %) même si c’est à Saintmène de bas cule, la popu la tion rurale
Paul que l’on compte le plus de rurauxa d’une part conquis des par cel les Les bourgs aus si s’étalent(8 400).jusque là inha bi tées, d’autre part
quit té des zones trop encla vées. Une grande partie de la sur face des Bas Les bourgs d’aujourd’hui se sont consi -
étant occupée par des agglo mé ra tions dé ra ble ment agran dis depuis 1990. IlsSou mis à la poussée expan sive des
urbai nes, la popu la tion est beau coup plus ont accueil li 8 000 habi tants (+ 36 %),agglo mé ra tions, à des impé ra tifs d’amé - rurale dans les Hauts où elle a ten dance à prin ci pa le ment par éta le ment et rare ment-na ge ment du ter ri toire et à des con train
se ras sem bler dans des bourgs. Ce -par den si fi ca tion. Leur den si té de loge tes natu rel les, le monde rural réu nion -
regrou pe ment est moins mar qué dans les ments est de deux fois infé rieure à cellenais a per du un pré cieux ter rain. Il est
Bas, où la fron tière entre le rural et des agglo mé ra tions (3,4 loge ments àpour tant indis pen sable au main tien de
l’urbain est plus ténue. l’hec tare contre 6,6). Deux nou veauxcer tai nes acti vi tés éco no mi ques, notam -
rési dants sur trois se sont en effet ins tal- ment agri co les. Cer tains espa ces ruraux De nom breux bourgs situés à proxi mi té lés hors des péri mè tres qu’occu paient lesrésis tent mieux que d’autres à la d’agglo mé ra tions ont été absor bés par bourgs défi nis en 1990. Alors qu’un
poussée urbaine. cel les-ci. En 1999, les bourgs ne font bourg occu pait en moyenne 60 hec ta res il
véri ta ble ment office de pôles ruraux que y a dix ans, il en occupe main te nant 94.Le milieu rural ne peut guère se défi nir
dans les zones où la rura li té est forte Moins con traints par les prix du fon cierautre ment que par défaut, comme étant
(Hauts ; Sud et Est). Leur tis su urbain est que les agglo mé ra tions, les bourgs s’éten -la partie non agglo mérée du ter ri toire.
désor ga ni sé, plus encore que celui des dent encore davan tage. Cer tains d’entreCette défi ni tion recouvre bien enten du
agglo mé ra tions. S’ils se déve lop pent, eux plu tôt encla vés se sont agran dis endes réa li tés très diver ses : de l’espace
c’est davan tage par éta le ment que par gagnant une sur face remar quable (Dosinha bi table (vol can, rem parts, ravi nes) à
den si fi ca tion. d’Ane, le Téve lave).l’espace natu rel pro té gé, en pas sant par
les ter rains à forte voca tion agri cole ou Le bourg n’est l’habi tat de pré di lec tion Au sein de leurs anciens péri mè tres, la
les zones de cou pure d’urba ni sa tion. que pour un peu plus du tiers de la popu - popu la tion n’a aug men té que de 13 %.
Tout ce qui est rural n’est donc pas de la tion rurale. En 1999, on a décomp té Elle a par fois dimi nué en dix ans comme
la place à prendre. seu le ment 36 bourgs héber geant 35 200 à Salazie, à La Ravine Daniel – La Saline
habi tants, ce qui ne repré sente plus que les Hauts (Saint-Paul), au Baril – Basse
5 % de la popu la tion totale. Or, lors du Vallée (Saint-Phi lippe), à Bois RougeLa moi tié de la popu la tion
recen se ment de 1990, les bourgs étaient (Sainte-Marie), à Bras Pis to let (Sainte-rurale est dans le Sud
au nombre de 76 et regrou paient 10 % de Suzanne), à Pal miste Rouge (Cilaos).
la popu la tion. Près de la moi tié d’entre Rares sont les bourgs à avoir connu uneLa moi tié de la popu la tion rurale de
l’île habite dans le Sud. Dans cette
région, un habi tant sur cinq vit en Ré par ti tion de la po pu la tion ru rale
dehors des agglo mé ra tions urbai nes. On
en compte 9 500 à Saint-Joseph, 8 900 To tal
Est Nord Ouest Sud Hauts Basau Tam pon et près de 8 000 à Saint- Réu nion
Pierre. Les com mu nes plus peti tes de
Saint- Phi lippe et Petite Ile ont plus de Po pu la tion to tale 119 948 158 139 179 940 248 273 139 776 566 524 706 300
la moi tié de leur popu la tion en zone
Po pu la tion ru rale 23 308 6 648 18 801 48 128 55 510 41 375 96 885rurale.
- dont po pu la tion 9 804 3 088 3 364 18 945 23 903 11 298 35 201
A l’Est, la popu la tion rurale est moins des bourgs
nom breuse mais elle repré sente aus si un
% Po pu la tion ru ralecin quième de la popu la tion. C’est à 19,4 % 4,2 % 10,4 % 19,4 % 39,7 % 7,3 % 13,7 %
- dont % po pu laSalazie que la popu la tion vit le plus 8,2 % 2,0 % 1,9 % 7,6 % 17,1 % 2,0 % 5,0 %
tion des bourgssou vent en zone rurale : 71 % des Sala -
ziens sont diper sés en dehors de Source : INSEE, re cen se ment de 1999
20dos sier
à la poussée ur baine
den si fi ca tion sen sible : c’est le cas de Éta le ment ou den si fi ca tion aidant, La Mitage : 1 000 loge ments
-Pier re fonds (Saint-Pierre) dont la popu la Mare – Cité Duparc à Sainte-Marie ou bâtis dans des zonestion a qua dru plé sur la même sur face l’Étang Salé les Bains sont tout près de
depuis 1990, de l’Étang Salé les Bains, inha bi téesfran chir la barre des 2 000 habi tants pour
des Coli ma çons (Saint-Leu) et de Jean deve nir des agglo mé ra tions à part
Petit (Saint-Joseph). Con si dé rés comme entière. D’autres bourgs pour raient déjà Un petit tiers de la popu la tion rurale vit
des bourgs par leur niveau de popu la tion -être consi dé rés ain si s’ils n’étaient dis tri en habi tat dif fus sur près 11 000 hec ta -Pier re fonds et Etang Salé les bains sont
bués sur plu sieurs com mu nes (Bérive/ res. Les hameaux, qui pour ront se trans -en fait le résul tat d’opé ra tions de cons - Mont vert les Hauts/Piton Goya ves répar - for mer un jour en bourgs, regrou penttruc tion groupée de type urbain (Résorp -
tis sur Le Tam pon, Saint-Pierre et Petite près de 4 500 habi tants. On recensetion de l’habi tat insa lubre à Pier re fonds
Ile). enfin 23 800 per son nes dans les zoneset ZAC rési den tielle à Etang salé).
d’habi tat rare. La dis tinc tion entre ces
-trois types d’habi tat repose sur la den si
Po pu la tion ru rale et type d’ha bi tat té de loge ment à l’hec tare : hameaux
lorsque la den si té est supé rieure à cinq,
Den si té en
Po pu la tion Sur face en ha % de po pu la tion zone d’habi tat rare lors qu’elle est infé -log/ha
rieure à 0,5, et zone d’habi tat dif fus
TOTAL 96 885 n.s.(*) 100,0 entre les deux.
- dont bourgs 35 201 3 489 36,3 Alors que beau coup se préoc cu pent de
- dont ha meaux >5 4 477 171 4,6
pré ser ver les espa ces natu rels, on cons -- dont dif fus de 5 0,5 33 405 10 952 34,5
tate aujourd’hui que cer tains ter rains- dont ha bi tat rare < 0,5 23 802 n.s. 24,6
autre fois inha bi tés ont accueil li des
Source : INSEE, re cen se ment de 1999. (*) n.s = non si gni fi ca tif loge ments de façon dif fuse. Sur ces sur -
fa ces, 1 000 loge ments se sont cons -
truits pour héber ger quel ques 3 000 per -
son nes. Ce phé no mène de mitage est
éga le ment répar ti entre les quatre
micro- régions ; un peu plus pré sent
dans les Bas que dans les Hauts. On
l’observe essen tiel le ment pour les Bas à
Saint-Benoît à proxi mi té de l’agglo mé -
ra tion, à Sainte- Suzanne vers Quar tier
Fran çais, et à Saint-Denis vers Bel le-
pierre et pour les Hauts à Saint-Paul
vers les hauts du Guil laume et la Petite
France.
-Lors qu’une par celle est qua si ment inha
bitée (moins d’un loge ment pour deux
hec ta res) et que sa den si té aug mente
vers l’habi tat dif fus, cette terre appa raît
dif fi ci le ment récu pé rable pour l’exploi -
-ta tion agri cole. Dès lors, on par le ra aus
si de mitage en pareil cas. Ce sont près
de 3 200 hec ta res en zones rura les très
peu peu plées qui ont ain si été mités,
héber geant 3 000 habi tants sup plé men -
-tai res (pour 1200 ména ges). Ces phé no
-mè nes sont par ti cu liè re ment remar qua
bles dans le Sud : les Hauts du Tam pon,
les Bas d’Etang Salé et de Saint-Louis.
Dans l’Ouest et l’Est, ils sont plu tôt
Les bourgs sont des ag glo mé ra tions de moins de 2 000 ha bi tants. Leur dé li mi - loca li sés dans les Bas de Saint-Paul et
ta tion a été faite lors de la dé fi ni tion des ag glo mé ra tions ur bai nes. de Saint- Benoît.
21dos sier
Les bourgs ayant plus de 1 000 ha bi tants en 1999
clas sés par ordre dé crois sant de po pu la tion Pro jec tions de
Com mune Nom du bourg Po pu la tion Sur face en ha po pu la tion par zone
d’au moins
Ste-Marie Cité Du parc - La Mare 1 992 93
Etang Salé Etang Salé les Bains 1 977 63 50 000 ha bi tants
Sa lazie Sa lazie 1 784 286
Pe tite Ile La Ra vine du Pont 1 738 172 Un nou vel ou til per met de de réa -
St-Pierre Mont vert les Hauts 1 696 199
li ser des pro jec tions de po pu la tion St-Jo seph La Pas se relle 1 669 160
par sexe et âge à moyen/longSt-Phi lippe Le Ba ril - Basse Vallée 1 525 65
Ste-Su zanne La Rue Mar chande 1 392 133 terme, sur toute zone de La Réu -
St-Be noît La Con fiance 1 329 46 nion jus qu’à l’ho ri zon 2050. La
St-André Bras des Che vret tes 1 315 114 zone doit être formée d’un nombre
La Pos ses sion Dos d'Ane 1 236 247
en tier de com mu nes com pre nantSa lazie Grand Ilet 1 148 353
Les Avi rons Le Té ve lave 1 134 117 au mi ni mum 50 000 ha bi tants. Pour
Le Tam pon Bé rive 1 115 109 toute zone cons tituée, Omphale
Ste-Marie Bois Rouge 1 096 39
-part de la po pu la tion du re cen se Ste-Su zanne Bras Pis to let 1 027 197
ment de 1999 qu’il ré tro pole auPe tite Ile Pi ton Goya ves 1 007 88
1er jan vier 1999. Ain si, le mo dèle
Au tres bourgs plus pe tits 11 021 1 007 peut fonc tion ner à pas an nuel à
chaque pre mier jan vier. Il est né -
TOTAL 35 201 3 489
ces saire de connaître la po pu la-
Source : INSEE, re cen se ment de 1999. tion de base par sexe et âge car
la mé thode consiste à pro lon ger
les bourgs et hameaux voi sins se ren for -
Res ser re ment de des taux (fé con di té, mor ta li té,cent comme autour des Makes, de Piton
solde mi gra toire). popu la tion dans les zones Sainte-Rose ou de la Ravine à Mal heur.
A l’Est, de vas tes éten dues per dent desplus encla vées D’ici un à deux ans, il sera éga le-
habi tants, notam ment à Bras Panon et à -ment pos sible d’ef fec tuer des pro
Saint- Benoît. Cer tains de ces îlots seEn con tre partie, de vas tes îlots sont par - jec tions d’ac tifs, de mé na ges et
sont vidés à l’occa sion d’opé ra tions defois aban don nés par l’homme. On d’élè ves, par simple ap pli ca tion
résorp tion de l’habi tat insa lubre commeassiste aus si à des concen tra tions de taux par sexe et âge aux po pu -
au Port ou à Sainte-Marie. Mais dans lad’habi tat dans les Cir ques : à Mafate, à la tions pro je tées (taux d’ac ti vi té,plu part des cas il s’agit d’une formeCilaos et au fond de Salazie vers Grand
de chefs de mé nage, de sco la ri- d’exode rural. nIlet et Mare à Mar tin. Cer tai nes régions
sa tion). Ces taux se ront cal cu lés
Nel ly ACTIF et des Hauts peu den ses et dif fi ci les
par zone à par tir des don néesOli vier BOUSQUETd’accès se vident peu à peu tan dis que
-com mu na les is sues du re cen se
ment de 1999, puis pro je tés sui -
vant une ten dance dé finie au ni -
veau dé par te men tal.Les Au teurs du dos sier
Ce nou vel ou til, uti li sé par la di -w Nel ly ACTIF est res pon sable de la di vi sion “étu des” à la di rec tion ré gio nale de l’INSEE
rec tion ré gio nale de l’INSEE,
w Oli vier BOUSQUET est vo lon taire de l’aide tech nique à la di rec tion ré gio nale de l’INSEE.
s’ap pelle OMPHALE :
w Gil les LAJOIE est Maître de confé rence en géo graphie à l’Uni ver si té de La Réu nion.
w Franck TEMPORAL est vo lon taire de l’aide tech nique à la di rec tion ré gio nale de l’INSEE.
O u til de Bi blio graphie
M o dé li sa tion et de
w "Sché ma d’Amé na ge ment Ré gio nal” – Con seil Ré gio nal – no vembre 1995
P ro jec tion desw -"Con tri bu tion à l’éla bo ra tion du Sché ma d’Amé na ge ment Ré gio nal” – Di rec tion Dé
par te men tale de l’Équi pe ment – no vembre 1990 H a bi tants, des
w "Les mu ta tions de l’es pace ru ral à La Réu nion” - Di dier Ben ja min et Hen ry H. Go dard -
Actifs, desEco nomie de la Réu nion, n° 92, Nov.-Déc. 1997.
"Vil les d’Eu rope : à chaque pays sa dé fi ni tion”, J.P. Le Gléau, D. Pu main, T.w
L o ge ments et des Saint-Ju lien dans Eco nomie et sta tis tique : re gard so cioé co no mique sur la struc tu ra -
tion de la ville, n° 294-295 - 1996. lè vesE
w "4 mil lions d’habitants en plus dans les ai res ur bai nes”, Insee Pre mière, n° 765, avril
2001.
w "Pô les ur bains et pé riur ba ni sa tion - le zo nage en ai res ur bai nes”, Insee Pre mière,
n° 516 avril 1997.
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