Le travail frontalier : l'âge de la maturité

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De nombreux actifs se déplacent loin de leur domicile pour aller travailler, dont certains hors de leur zone d'emploi voire des frontières nationales. Dans les zones frontalières, les navettes hors zones d'emploi sont amplifiées, particulièrement en Lorraine où l'économie luxembourgeoise exerce une puissante attractivité. Dans la région, le travail frontalier vers le Grand-Duché poursuit sa montée en charge et s'ancre dans l'économie lorraine. Ainsi, les spécialisations sectorielles des frontaliers ne se figent pas mais s'adaptent aux évolutions économiques luxembourgeoises. Et signe de maturité, le phénomène frontalier étend son emprise à l'ensemble des classes d'âge, la primauté des jeunes actifs s'estompant quelque peu. Du fait de sa concentration spatiale, le travail frontalier, couplé à la dynamique de l'emploi local, détermine le devenir de la population active dans les territoires concernés.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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www.insee.fr/lorraine
°
99N Le travail frontalier :
De nombreux actifs se déplacent loin de leur domicile pour aller
travailler, dont certains hors de leur zone d’emploi voire des frontières
nationales. Dans les zones frontalières, les navettes hors zones d’emploi
sont amplifiées, particulièrement en Lorraine où l’économie
luxembourgeoise exerce une puissante attractivité. Dans la région,
le travail frontalier vers le Grand-Duché poursuit sa montée en charge
et s’ancre dans l’économie lorraine.
Ainsi, les spécialisations sectorielles des frontaliers ne se figent pas
mais s’adaptent aux évolutions économiques luxembourgeoises. Et signe
de maturité, le phénomène frontalier étend son emprise à l’ensemble
des classes d’âge, la primauté des jeunes actifs s’estompant quelque
peu. Du fait de sa concentration spatiale, le travail frontalier, couplé
à la dynamique de l’emploi local, détermine le devenir de la population
active dans les territoires concernés.
Dans les économies industrialisées, les Un effet frontalier manifeste
déplacements quotidiens que réalisent les ac- sur les sorties de zone d’emploi
tifs pour se rendre à leur travail constituent
désormais un phénomène économique majeur Par définition, les actifs occupés travaillent
aux implications multiples. En France en majoritairement dans la zone d’emploi où ils
2004, trois salariés sur quatre quittent leur résident. Toutefois les 348 zones d’emploi
commune de résidence pour se rendre à leur qui couvrent la France métropolitaine sont
travail. Les localisations des individus et des diversement ouvertes sur l’extérieur. En par-
emplois, qui obéissent à des contraintes et ticulier, les plus fortes proportions d’actifs
motivations propres, ne se polarisent pas occupés qui franchissent les limites de leur
exactement dans les mêmes espaces. De ce zone d’emploi pour aller travailler semblent
fait, certaines zones “envoient” une proportion se concentrer dans deux types d’espace :
importante de leurs actifs travailler à l’exté- les périphéries des gros pôles d’emploi et
rieur tandis que les autres les “reçoivent”. Les les bandes frontalières. Outre l’Ile-de-France,
premières sont généralement caractérisées ce phénomène d’attractivité d’une zone
par la dynamique de leur population active et d’emploi centrale sur son environnement est
les secondes par celle de l’emploi disponible. visuellement manifeste à Lyon et à Toulon-
Par ailleurs, d’autres facteurs interviennent Marseille, puis dans une moindre mesure à
conjointement comme le degré d’urbanisation, Bordeaux, Rouen et Amiens. Les taux de
le poids du chômage ou de façon plus localisée franchissement des zones d’emploi les plus
les effets frontaliers. élevés se polarisent également le long des
Vfrontières nationales, le plus signi-
Des frontières stimulent les déplacements domicile-travailficativement en Lorraine et en
Alsace et avec une moindre inten-
Taux de franchissement des zones d'emplois par les actifs occupés
sité en Franche-Comté et en
Rhône-Alpes. Ainsi, plutôt que de
se substituer à d’autres flux domi-
cile-travail, les flux transfronta-
liers semblent “s’ajouter” et
obéissent à des incitations et dé-
terminants spécifiques liés à la
zone de contact et de proximité
que constitue une frontière.
En fait, dans le cas des zones
d’emploi lorraines, le phénomène
frontalier ne joue pas isolément
et vient se combiner avec les ef-
fets d’attractivité des zones d’em-
ploi régionales entre elles. Ainsi,
Taux de franchissement
parmi les deux zones qui envoient (en %)
plus d’un actif occupé sur deux 35et plus
de 25 à 35travailler en dehors de leurs limi-
de 18 à 25
tes, Briey se distingue nettement de 12 à 18
moins de 12
de Longwy. Dans la première, les
trois destinations majeures et re-
lativement équilibrées des actifs
occupés sont le Luxembourg, la
zone de Thionville et celle de
Metz. En revanche, la polarisation
des déplacements domicile-travail
des résidents de la zone de Long- Source : Insee - DADS 2004
wy vers le Luxembourg est
Les effets indéterminés des frontières
Le positionnement géographique de sion entre les marchés et de bourg, notamment par rapport à
la Lorraine soulève la question fonda- pénalisation des échanges. Au con- la Lorraine, permet de drainer les
mentale de la frontière et de ses ef- traire, la frontière zone de contact ressources humaines des zones
fets spatiaux. Une distinction est incitative. Elle est à l’origine de la où elles sont abondantes vers le
théorique traditionnelle révèle l’ambi- multiplication des échanges, grâce Grand-Duché où la croissance éco-
guité du rôle et des effets attendus notamment à des avantages compa- nomique est exceptionnelle. Toute-
d’une frontière, notamment quant ratifs, et induit davantage la notion fois, quelques “dégâts collatéraux”
aux flux économiques qui la traver- d’espace transfrontalier. Cela ouvre peuvent être identifiés qu’il s’a-
sent. La frontière peut être conçue la possibilité de mécanismes spécifi- gisse de tensions sur la main
alternativement comme une ligne de ques de développement économique d’œuvredanslarégiondedépart
démarcation ou au contraire une régional. Dans la réalité, les deux desfrontaliers,demiseenconcur-
zone de contact. conceptions se juxtaposent et les ef- rence difficile pour les salariés les
fets de la frontière sur la région plus fragiles du Luxembourg, ouLa frontière vuecomme lignededé-
transfrontalière restent ouverts : glo- plus globalement d’une gestionmarcation renvoie d’abord à la notion
balement négatifs, à somme nulle ou sous-optimale du système de for-de limite entre deux espaces assujet-
bien au contraire favorables à son dé- mation des actifs.tisà desnormesjuridiques et fisca-
veloppement économique d’en-les différentes, permettant ainsi Dans cet exemple, une politique
semble. La mise en place del’exercice d’une fonction de contrôle d’emploi et de formation couvrant
politiques adéquates est une condi-et de perception de droits. Dans l’ensemble du bassin frontalier
tion nécessaire pour assurer un bilancette conception, la frontière résulte constitue vraisemblablement une
positif des effets frontières.fréquemment de préoccupations voie permettant que les effets po-
d’ordre national et la région de fron- Par exemple, sur les marchés du tra- sitifs de meilleure allocation des
tière est cantonnée dans un rôle vail et de l’emploi de la Grande Ré- ressources l’emportent et annihi-
d’espace périphérique. La frontière gion, le haut niveau des salaires nets lent les “dégâts collatéraux” engen-
est alors plutôt à l’origine de distor- perçus par les salariés au Luxem- drés.
2
IGN - Insee 2007
©marquée. Relativement moins Rhénanie-Palatinat, de la Sarre et régions d’origine, la Lorraine est
forte à Thionville, cette attractivi- de la Lorraine, les flux frontaliers le plus gros pourvoyeur de main
té joue toutefois sur une popula- sont particulièrement intenses. d’œuvre tant en effectifs absolus
tion active de plus grande taille, Actuellement, près de 170 000 que relativement à la taille de sa
ce qui en fait la première zone hommes et femmes y traversent population active. Le phénomène
d’emploi pourvoyeuse de travail- une frontière nationale pour se frontalier, et particulièrement
leurs frontaliers. Quant à Sarre- rendre à leur travail, ce qui repré- luxembourgeois, est désormais
guemines et au Bassin Houiller, sente une proportion importante massif et incontournable en Lor-
les flux s’orientent principalement des 600 000 frontaliers dans raine. En mars 2006, parmi les
vers les Länder allemands. l’ensemble de l’UE15. Dans la 87 000 résidents lorrains qui tra-
Grande Région, les flux frontaliers versent chaque jour la frontière
sont également caractérisés par pour aller travailler à l’étranger,Le Luxembourg
uneforte asymétrie:leLuxem- sept sur dix soit 60 000 fronta-au centre des dynamiques
bourg est l’économie d’accueil liers, se rendent au Luxembourg.
de la Grande-Région
dans sept cas sur dix alors qu’un Ce niveau important est la résul-
Dans l’espace économique de la nombre négligeable d’actifs tante d’une croissance rapide,
Grande-Région, constitué de la luxembourgeois travaillent hors particulièrement au cours des an-
Wallonie, du Luxembourg, de la de leurs frontières. Du côté des nées 90. Quant aux autres ré-
gions d’accueil des frontaliers
lorrains, les deux Länder alle-
Décomposition des navettes sortantes entre navettes
mands et la Wallonie, leur dyna-internes au territoire national et navettes frontalières
mique économique et leur
60% taux de franchissement interne de la zone d'emploi
attractivité sur la main d’œuvretaux de frontalier de la zone
plutôt stagné.
50%
40% Accroissement
des “parts de marché”
30% des frontaliers lorrains
Entre 1999 et 2005, l’emploi sa-
20%
larié total au Luxembourg est pas-
sé de 230 800 à 287 300, ce10%
qui représente une hausse de
25%. A titre de comparaison,0%
l’emploi salarié sur le territoire
lorrain n’a progressé que d’à
peine1%aucoursdecetteNote de lecture :
À longwy, plus d'un actif occupé sur deux franchit sa zone d'emploi pour aller travailler, même période. Au Luxembourg,
dont l'essentiel en quittant le territoire national.
À Sarrebourg, un peu moins de trois actifs occupés sur dix quittent leur zone d'emploi le secteur tertiaire a absorbé
pour aller travailler, essentiellement en Lorraine (ainsi qu'en Alsace).
90% des emplois supplémentai-
Source : Insee - DADS 2004
L'augmentation des effectifs frontaliers lorrains plus rapide que l'économie luxembourgeoise
Taux d'évolution moyen/an du nombre de frontaliers lorrains entre 1999 et 2005
Services financiers%
12
Transports
et communications Santé et action sociale
10 Services collectifs, sociaux
et personnels
Services aux entreprises
8
Commerce
6
Effectifs
Construction
Hôtels 10 000
et restaurants
4
Industrie
2
Taux d'évolution moyen/an de l'emploi salarié
au Luxembourg entre 1999 et 2005 (%)
0
-2 02 46 8 10 12
Champ : secteurs employant plus de 1000 frontaliers lorrains
Note de lecture : Cercles proportionnels aux effectifs des frontaliers lorrains dans l'emploi salarié luxembourgeois en 2005
Source : STATEC - IGSS
3
Briey
Longwy
Toul
Thionville
Lunéville
Sarreguemines
Bassin houiller
Commercy
Sarrebourg
Meuse du nord
Metz
Bar-le-Duc
Saint-Dié
Remiremont-
Gérardmer
Epinal
Vosges de l'ouest
Nancyres et la construction 10%. Le tuées en dessous de la perfor- entreprises. Dans l’industrie
secteur financier constitue le sec- mance moyenne, avec +16% luxembourgeoise, qui a pourtant
teur moteur dans l’économie d’emplois entre 1999 et 2005. perdu globalement quelques cen-
luxembourgeoise et a entraîné Enfin, l’emploi salarié a très légè- taines d’emplois au cours de la
d’autres activités dans son sil- rement reculé dans l’industrie. période, 1 600 frontaliers lor-
lage, comme l’immobilier, la loca- Entre 1999 et 2005, parmi les rains supplémentaires s’y sont
tion et les services aux 56 500 emplois supplémentaires employés du fait de l’essor de
entreprises. Ces activités ont au Luxembourg, un sur trois a bé- certaines branches industrielles
connu la plus forte progression néficié aux frontaliers lorrains. comme les équipements électri-
du nombre d’emplois, +48% Leseffectifs de cesderniersont ques et électroniques. Dans les
entre 1999 et 2005. De moindre augmenté plus rapidement que secteurs du commerce, de l’hô-
taille, le secteur de la santé et de l’ensemble de l’emploi luxembour- tellerie et la restauration, plus
l’action sociale a été tout aussi geois, et ce dans tous les sec- d’un emploi sur deux créé au
dynamique en termes de création teurs, qu’ils soient en léger recul Luxembourg entre 1999 et 2005
d’emplois. En revanche, les bran- comme l’industrie ou dans une a profité aux frontaliers lorrains.
ches du commerce, de l’hôtellerie forte dynamique comme l’immobi- Dans les secteurs du transport et
et de la restauration se sont si- lier, la location et les services aux de la communication, et des ser-
vices financiers, ce sont environ
quatre nouveaux emplois sur dixLes frontaliers lorrains augmentent leur "part de marché"
qui ont été obtenus par les fron-dans quasiment tous les secteurs
taliers lorrains. Dans ces deuxPart de l'emploi frontalier lorrain dans l'emploi salarié au Luxembourg en 1999 et 2005 en %
secteurs, leur effectif a quasi-%35
ment doublé entre 1999 et
30 1999 2005. Au sein des services de la
2005 santé et de l’action sociale, 1200
25
emplois, soit 17% de l’ensemble
des créations, ont bénéficié aux
20
frontaliers lorrains, principale-
15 ment des femmes.
10 La capacité des frontaliers lor-
rains à occuper trois nouveaux
5
emplois sur dix s’est traduite par
un accroissement de leurs “ parts0
de marché ” dans quasiment tous
les secteurs d’activité entre
1999 et 2005. Au nombre de
58 000, ils occupent un emploi
Source : IGSS Luxembourg - STATEC salarié sur cinq dans l’économie
Un frontalier lorrain sur quatre dans les services aux entreprises
Emploi salarié intérieur au Luxembourg Frontaliers lorrains
1999 2005 1999 2005
Nombre de salariés 230 800 287 300 38 900 57 600
Secteur d’activité
Immobilier, locations et services aux entreprises (K) 14,0 16,6 21,7 23,8
Industrie, y compris énergie (C_E) 14,8 11,8 22,0 17,6
Commerce, réparations automobile et d’articles domestiques (G) 14,0 13,1 16,9 16,5
Construction (F) 10,5 10,2 13,0 11,4
Activités financières (J) 11,7 11,9 8,3 10,7
Transports et communications (I) 7,8 7,7 4,7 6,0
Hôtels et restaurants (H) 4,2 4,0 6,2 5,6
Santé et action sociale (N) 6,3 7,5 3,8 4,6
Services collectifs, sociaux et personnels (O) 3,4 3,3 2,1 2,4
Administration publique (L) 5,7 5,8 0,5 0,4
Éducation (M) 4,9 5,0 0,2 0,3
Autres 2,9 3,2 0,5 0,6
Total 100 100 100 100
Source : IGSS, Statec
4
Industrie (C_D)
Construction (F)
Commerce (G)
Hôtels et
restaurants (H)
Transports et
communications (I)
Services
financiers (J)
Services
immobiliers, de
location et aux
entreprises (K)
Services de
santé et d'action
sociale (N)
Services
collectifs,
sociaux et
personnels (O)
Autres services
(L-M-P)
Ensembleluxembourgeoise. Ce taux avoi- pris les moins dynamiques, sa qu’un résident luxembourgeois et
sine même les 30% dans les sec- spécialisation s’est adaptée à l’é- un frontalier allemand sur dix et
teurs les plus “investis” par les volution de l’activité économique un belge sur cinq. Tou-
frontaliers lorrains. Ainsi, en luxembourgeoise.Ainsi,lesec- tefois, le secteur des services aux
2005, les salariés lorrains occu- teur des services aux entrepri- entreprises rassemble des em-
pent 31% des emplois dans l’in- ses, à l’instar de l’économie du plois divers, comprenant aussi
dustrie au Luxembourg contre Grand-Duché, concentre encore bien des activités juridiques,
26% en 1999. Des configura- un peu plus les travailleurs fronta- comptables et de conseil de ges-
tions voisines sont observables liers lorrains. Ils sont désormais tion qui nécessitent le recours à
dans l’hôtellerie et la restauration un sur quatre à y travailler, ce qui des compétences spécialisées
ainsi que dans les services aux en constitue une spécialisation que des activités de nettoyage,
entreprises. Dans le commerce, marquée. Ces emplois n’occupent de surveillance dont la
en 2005, un emploi sur quatre
est occupé par un Lorrain contre La division sexuelle des métiers franchit les frontières
un sur cinq en 1999. Ces taux
Principaux secteurs d'activité (NACE3) des frontaliers lorrains par sexe au Luxembourg - mars 2006
révèlent entre autres une dépen-
dance marquée de ces secteurs
Sélection et fourniture de personnel
à la main-d’œuvre lorraine. En re-
Intermédiation monétaire
vanche, certaines branches de-
Travaux d'installationmeurent la spécialité des
résidents, comme la santé et l’ac- Activités de nettoyage
tion sociale, dans laquelle les
Construction d'ouvrages
de bâtiment ou de génie civilfrontaliers lorrains ne représen-
Activités juridiques, comptables
tent encore que 12% des effec- et de conseil en gestion
Transports urbains et routierstifs totaux malgré une percée Femmes
Hommesenregistrée au cours de la der- Commerce de détail
en magasin non spécialisé
nière période.
Auxiliaires financiers
Autres commerces de détail
en magasin spécialiséLe travail frontalier
Activités pour la santé humaine
au diapason de l’économie
Sidérurgieluxembourgeoise
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500
Même si le travail frontalier lor-
rain a conforté sa place dans Champ : secteurs totalisant plus de 1 500 frontaliers lorrains
Source : IGSS Luxembourg - STATECtous les grands secteurs, y com-
Davantage de seniors parmi les frontaliers lorrains
Tranches Ratio moins de 30 ans /
Secteurs Ensemble Moinsde30ans 30 à49ans 50 ansetplus
d’âge 50 ans et plus
Industrie 1999 8 793 2 030 5 823 940 2,2
2006 10 622 1 752 7 045 1 825 1,0
évolution 18,2% -13,7% 17,1% 94,1%
Construction 1999 4 989 1 224 3 224 541 2,3
2006 6 878 1 066 4 710 1 102 1,0
évolution 31,9% -12,9% 36,8% 103,7%
Commerce et 1999 8 859 3 813 4 539 507 7,5
hôtellerie- 2006 13 340 3 668 8 420 1 252 2,9
restauration évolution 46,5% -3,8% 77,5% 146,9%
Intermédiation 1999 3 186 1 492 1 616 78 19,1
financière 2006 6 436 2 153 3 983 300 7,2
évolution 117,7% 44,3% 177,5% 284,6%
Immobilier, 1999 8 298 3 686 3 987 625 5,9
location - services 2006 14 348 4 465 8 376 1 507 3,0
aux entreprises évolution 76,4% 21,1% 117,3% 141,1%
Ensemble 1999 38 911 13 880 21 933 3 098 4,5
2006 60 277 14 891 38 263 7 123 2,1
évolution 54,9% 7,3% 74,5% 129,9%
Source : IGSS
5main-d’œuvre est moins qualifiée. rant à des actifs résidents plus commel’indiquel’évolution des
Le travail temporaire fait égale- éloignés,enprovenancedela pyramides des âges entre 1999
ment partie de ces services. zone d’emploi de Metz. et 2006, des nouveaux fronta-
liers sont embauchés plus tardi-Le secteur des services aux en-
vement au cours de leur vieDes embauchestreprises a repoussé l’industrie
professionnelle. Ce phénomèneen deuxième place dans la hié- de frontaliers plus âgés
est manifeste dans l’intermédia-rarchie des secteurs employeurs
En revanche, la situation des tion financière. Au contraire, lesde frontaliers lorrains. La spé-
femmes n’évolue guère. Leur évolutions à l’œuvre dans l’in-cialisation industrielle de ces
part dans le travail frontalier dustrie dessinent davantage underniers s’est atténuée au fil du
vers le Luxembourg reste régu- processus de vieillissement desrecul de ces activités dans l’en-
lièrement inférieure à 40% et el- salariés en place que l’alimenta-semble de la Grande-Région :
les n’échappent pas à la tion continue par des flux del’industrie luxembourgeoise n’a-
traditionnelle division sexuelle nouveaux frontaliers.brite plus que 17,6% des fronta-
des activités. Leur part dans l’in-
liers lorrains contre 22,0% en En 2006, plus de 7 000 fronta-
dustrie ne décolle pas, un poste
1999. Quant au secteur finan- liers lorrains étaient âgés de 50
sur six, tandis qu’elles reculent
cier,emblématiquedumodèle ans et plus. Désormais, leur ef-
dans les activités de services,
économique luxembourgeois, il fectif représente près de la moi-
passant de 49% à 47% des ef-
bénéficie relativement le plus de tiédeceuxdemoins de 30 ans,
fectifs.
l’apport supplémentaire de main contre un cinquième en 1999. A
Ceci explique que leur part stagned’œuvre lorraine. Ils sont désor- titredecomparaison,ces deux
dans le travail frontalier en dépitmais plus de 6 400 à s’em- tranches d’âge ont des effectifs
d’une tertiarisation qui leur estployer dans les services voisins dans la population active
traditionnellement favorable. Au-financiers et représentent un occupéefrançaise.Ceproces-
paravant majoritaires dans l’inter-frontalier sur dix. A ces muta- sus d’équilibrage des généra-
médiation financière, elles sonttions économiques structurelles, tions s’opère dans l’ensemble
désormais à parité avec les fron-recul de l’industrie et développe- des grandes branches. Dans l’in-
taliers masculins. Elles ont subiment des services aux entrepri- dustrie, la construction, et
plus durement que leurs homolo-ses et de l’intermédiation même le commerce et l’hôtel-
gues, particulièrement les plusfinancière au Luxembourg, ré- lerie-restauration, un certain dé-
jeunes, le ralentissement de l’acti-pondent des infléchissements de sintérêt des jeunes frontaliers
vité financière au Luxembourgl’offre de travail des lorrains. lorrains semble s’exprimer. Leur
entre 2003 et 2004.Ainsi, les frontaliers de moins de effectif recule alors que ces sec-
30 ans ont manifestement dé- teurs emploient toujours plus deL’essor et le vieillissement des
laissé les activités de l’industrie frontaliers lorrains tous âgesfrontaliers lorrains s’entretien-
et de la construction. Quant aux confondus, sous l’effet du dou-nent. D’une part, des carrières
compétences nécessaires aux blement, voire davantage, defrontalières se dessinent et les
services financiers, elles n’ont l’effectif des seniors. En re-salariés en poste vieillissent iné-
pu être mobilisées qu’en recou- vanche, dans les autres servi-luctablement. D’autre part,
ces, les jeunes frontaliers
progressent, mais un peu moins
Des embauches plus tardives rapidement que les travailleurs
les plus âgés aux effectifs initia-Pyramides des âges des frontaliers lorrains au Luxembourg
lement faibles. Quant aux fronta-
effectifs3000
liers âgés de30à49ans,leur
part s’accroît et s’approche des
2500 deux tiers.
2000 Le travail frontalier
2006 au secours de l’emploi
19991500 local...
La concentration spatiale
marquée des travailleurs fronta-1000
liersdansles zonesdeLongwy
et Thionville, plus de neuf sur dix
500
en 1990, s’est réduite au fil des
années. Ce déserrement géo-
âge des frontaliers
0 graphique a profité prioritaire-
17 19 21 23 25 27 29 31 33 35 37 39 41 43 45 47 49 51 53 55 57 59 61 63 65 67 69 71 73 75
ment aux zones d’emploi de
Briey et de Metz.
Source : IGSS Luxembourg - STATEC
6Fortes contributions du travail frontalier
Évolution de l'emploi salarié et de l'emploi frontalier par zone d'emploi et par secteur d'activité entre 1999 et 2005
Longwy
Total
Services
Commerce
Construction
Industrie
Briey
Total
Services
Commerce
Construction
Industrie
Thionville
Total
Services
Commerce
Construction
Industrie
Metz
Total
Services
Commerce
Construction
Industrie
Bassin Houiller
Total
Services
Commerce
Construction
Industrie
Meuse du Nord
Total
Services
Commerce
Construction
Industrie
Effectifs %
-30 -10 10 30 50 70 90 110 130-6000 -1000 4000 9000
travail frontalier
emploi local
Source : Insee, IGSS
7Rapporté à l’emploi local, le tra- vices, le commerce et la cons- eu lieu dans les zones de Long-
vail frontalier a pris de l’impor- truction mais de 2 300 dispari- wy et du Bassin Houiller où l’em-
tance dans les principales zones tions dans l’industrie. A Briey, ploi industriel a perdu plus de
d’emploi concernées par le phé- l’emploi local a progressé de 20% des effectifs de 1999. A
nomène.Leniveaudedépen- 900 unités, toutes les grandes l’issuedeces évolutions,des
dance le plus élevé est atteint à branches ayant participé à la spécialisations industrielles mar-
Longwy oùà1emploilocal cor- croissance. Dans ces deux zo- quées demeurent, le Bas-
respond 0,6 emploi frontalier. nes, les évolutions des effectifs sin-Houiller en tête avec une
Ce taux s’élève à 0,33 et 0,16 à frontaliers vers le Luxembourg part de 29,1% de l’emploi indus-
Thionville et Briey respective- ont été encore plus favorables. triel, suivi de Briey (25,8%),
ment. Le travail frontalier et En Meuse du Nord, la hausse Thionville (23,5%)etLongwy
l’emploi local constituent l’en- globale de l’emploi local, +4,4%, (21,6%). Parallèlement, le recul
semble des possibilités offertes soit 600 emplois supplémentai- de la spécialisation industrielle
aux actifs résidents pour pouvoir res, s’est opérée en dépit d’une s’est opéré au sein du travail
se fixer durablement dans les perte des emplois industriels. frontalier. Parmi les résidents
territoires. Enfin,lazoned’emploideMetza de Thionville, qui constituent
enregistré la plus forte hausse 60% des frontaliers lorrainsLes progressions du travail fron-
de l’emploi local, +5,2% entre vers le Grand-Duché, la propor-talier contrastent avec les évolu-
1999 et 2005, avec la création tion de salariés employés danstionsplusmodestesdel’emploi
de plus de 6 000 postes dont l’industrie luxembourgeoise alocal. Dans les zones “frontaliè-
87% dans les services. Dans chuté de cinq points passant deres”, définies comme celles où ré-
ces deux zones, le développe- 20% à 15% sur la période.sident plus d’un millier de
ment du travail frontalier a joué Cette adaptation sectorielle s’estfrontaliers (zones d’emploi de Thion-
un rôle secondaire. aussi réalisée à Briey et à Long-
ville,Longwy, Metz,Briey,Meuse du
wy,maisà desdegrésmoin-
Nord et Bassin Houiller), l’emploi lo- Des modifications structurelles
dres. Il en résulte unecal a progressé de 1,4% entre ont accompagné ces évolutions.
dépendance encore significative1999 et 2005, soit près de Dans toutes les zones, la part
à l’emploi industriel frontalier, à5 000 emplois supplémentaires, de l’industrie dans l’emploi local
hauteur de 22% et 23,7% res-pour atteindre un effectif voisin de a reculé à l’exception de la zone
pectivement.345 000 fin 2005. Globalement, de Briey où elle s’est maintenue
les 13 600 créations d’emplois du fait de l’industrie automobile. La zone d’emploi de Metz, qui
dans le tertiaire ont compensé la Lesreculsles plus rapidesont accueille désormais 8% des
pertedeprèsde9000 emplois
dans l’industrie de ces zones au
cours de la période. Quant au tra-
Les frontaliers messins sont tournésvail frontalier, il a offert 4 fois
vers les services aux entreprisesplus d’opportunités que l’emploi
local, avec 19 600 postes sup-
Principaux secteurs d'activité des frontaliers au Luxembourg par zone d'emploi
plémentaires. en 2006
%
35
Services aux entreprises... tout particulièrement
Industrie
à Longwy Commerce
30 Services financiersSi l’emploi lorrain a globalement
stagné, des variations territo-
riales, quantitatives et structu-
25
relles, sont perceptibles. Dans
les zones de Longwy et du Bas-
20sin-Houiller, l’emploi local a re-
culé, de -900 et -5 200
respectivement entre 1999 et
15
2005. Dans la première zone,
le travail frontalier a constitué
une opportunité essentielle. 10
Dans les zones de Thionville,
Briey, Metz et Meuse-du-Nord,
5
l’emploi local a progressé. À
Thionville, il a augmenté de
03,3%, soit 2 800 emplois sup-
Longwy Briey Thionville Metzplémentaires, comme résultante
de créations nettes dans les ser-
Source : IGSS Luxembourg - STATEC
8frontaliers (soit plus que la zone de périeure à 1%. Par contre, la si- active de certaines zones d’em-
Briey), fournit une main d’œuvre tuation du Bassin-Houiller est ploi. Elles nécessiteront en tout
tournée vers les secteurs les préoccupante. Son éloignement casque lesadaptations enta-
plus dynamiques du Luxembourg géographique avec le Grand-Du- mées au cours de la période se
: un tiers travaille dans les servi- ché explique la faible croissance poursuivent.
ces aux entreprises contre de son nombre de frontaliers,
moins d’un quart en moyenne, et tandis que les flux vers la Sarre
Gérard Moreauun sur cinq dans les services fi- régressent du fait d’une situa-
nanciers contre un sur dix en tion tendue sur le marché du Martine Neiss
moyenne. travail. Une telle conjonction
économique défavorable pénalise
l’évolution de la population activeLa population active
de la zone. En Meuse-du-Norddopée par l’opportunité
et à Metz, le travail frontalier
luxembourgeoise
vers le Luxembourg joue un rôle
moins déterminant dans la dyna-Globalement, les conséquences
mique de leur population active.en termes de population active
paraissent plutôt favorables En termes de perspectives,
pour les zones frontalières. Ainsi même si les destins ne sont pas
les zones d’emploi de Longwy, tracés,ilest àcraindreque les
Briey et Thionville sont les plus “doubles spécialisations industriel-
dynamiques de la région sur la les” (de l’emploi local et du travail
période 1999-2004 avec une frontalier) puissent peser sur les
évolution annuelle moyenne su- évolutions futures de la population
Définitions
Définition du travailleur frontalier : d’après l’article 1 du règlement de la CEE 1408/71, est considéré comme
travailleur frontalier “ tout salarié ou non salarié qui exerce son activité professionnelle surleterritoired’unEtat
membre et réside sur le territoire d’un autre Etat membre, où il retourne en principe chaque jour ou au moins une
fois par semaine ”.
L’estimation du nombre de travailleurs frontaliers lorrains
Les statistiques publiées concernent les frontaliers lorrains salariés. Les informations les plus détaillées provien-
nent du Luxembourg et permettent des analyses plus précises.
* Fontaliers travaillant au Luxembourg
Source : Les données provenant de l’Inspection Générale de la Sécurité Sociale permettent de chiffrer le nombre
de frontaliers salariés par zone d’emploi en Lorraine, par sexe et secteur d’activité. Les statistiques sur les profes-
sions distinguent seulement trois catégories : les ouvriers, employés et fonctionnaires. Ainsi, en mars 2006, on
compte autant d’ouviers que d’employés parmi les frontaliers lorrains.
* Frontaliers travaillant en Allemagne
Les statistiques des Landesarbeitsamt de Sarre et de Rhénanie-Palatinat indiquent le nombre de travailleurs fron-
taliers travaillant dans ces deux länder et résidant en France.
* Frontaliers travaillant en Belgique
Les statistiques sont issues de l’Institut National d’Assurance Maladie-Invalidité (INAMI) qui recense les travailleurs
frontaliers résidant en France.
Nomenclature des Activités économiques dans la Communauté Européenne :
La nomenclature NACE est le système utilisé au sein de l’Union Européenne pour classer les différents secteurs
économiques.
Estimation d’emplois salariés en Lorraine
Il s’agit d’estimation d’emploi au 31 décembre de chaque année. Les données sont provisoires pour 2005.
9Savoir plus :
L’enjeu frontalier, au cœur du développement
de la Lorraine - Une urgence : le Luxembourg
- S'employer ici et ailleurs : dyna-
Àlui seul,leterritoiredelaGrandeRégionactive quelquesmique des zones d'emploi en Lor-
30% de l’ensemble des flux frontaliers constatés au sein deraine - Économie Lorraine n° 92 -
juillet 2007 l’espace UE-15... Une dynamique essentiellement portée bien
entendu par l’attractivité de l’emploi luxembourgeois et de la
- Bilan Économique 2006 - Économie
croissance économique Grand Ducale... mais une situation quiLorraine n° 84-85 - Frontaliers lor-
concerne également au premier plan la Lorraine : plus derains : sept sur dix travaillent au
Luxembourg 85 000 travailleurs frontaliers dont 60 000 à destination du
Luxembourg, tout cela fait de notre région la plus forte pour-
Sites Internet :
voyeuse d’un marché du travail étranger frontalier dans l’Eu-
- Insee : rope des 15... Une singularité qui apparaît quasiment
www.insee.fr aujourd’hui comme une révélation quand on donne ainsi la vraie
mesure d’un phénomène qui était, au fil des ans, presque ba-- CES de Lorraine :
nalement ancré dans notre paysage économique.www2.cr-lorraine.fr/ces/
Un tel constat doit forcément être porteur d’un sens nouveau,- Portail statistique de la Grande Ré-
gion : d’opportunités bien sûr, si ce n’est même de nouvelles fonda-
www.grande-region.lu/ tions pour notre développement : nous voulons croire qu’il té-
moigne de l’intégration de notre région dans un espace en
mouvement avec son temps, en construction, sur le plan éco-
nomique, social, culturel. Nous voulons croire qu’il est un volet
à part entière de notre mutation à long terme tant aujourd’hui
Remerciements à l'IGSS lesdynamiques de croissancedel’économiedite“de la
Luxembourg pour la mise à connaissance” font bouger les frontières, se nourrissent des
disposition de données échanges, élargissent les bassins de vie en permettant d’exploi-
ter pleinement et de façon complémentaire les richesses des
territoires : les ressources de leur population, de leur tissu
économique et scientifique, la densité de leurs appareils de for-
mation, les atouts de leur cadre et de leur culture de vie.
Dans la présente étude, l’Insee s’attache plus particulièrement
à spécifier le diagnostic et les enjeux du travail frontalier. PourMinistère de l’Économie,
des Finances et de l’Emploi sa part,leConseil EconomiqueetSocialdeLorraineaprésen-
Insee té en juin 2007 une communication qui développe surtout la
Institut National de la Statistique singularité du développement économique du Luxembourg, la
et des Études Économiques
véritable explosion des ratios qui l’impose plus que jamais
Direction Régionale de Lorraine
15, rue du Général Hulot comme un partenaire incontournable de l’avenir de la Grande
CS 54229 Région. Ainsi, à son rythme actuel de croissance, le PIB du
54042 NANCY CEDEX
Luxembourg pourrait rejoindre celui de la Lorraine à l’horizon
Tél :03 83 91 85 85
2030 alors qu’il n’en représentait que le quart en 1990... UnFax :03 83 40 45 61
www.insee.fr/lorraine Etat que nous qualifions “d’État Métropole” qui, autour de la dy-
namiquedesaville capitale,a spécialisé son développement
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
sur le tertiaire supérieur entraînantlacroissancedeses fonc-
Jean-Paul FRANÇOIS
tions dites “métropolitaines”. À ce titre, il diffuse l’impact et l’ef-Directeur régional de l’Insee
fet d’attractivité de son économie au-delà de ses frontières.
COORDINATION RÉDACTIONNELLE
L’avenir de sa croissance croise désormais les axes de déve-
Christian CALZADA
loppement de notre région Lorraine.Gérard MOREAU
C’est donc un regard volontairement optimiste que le CES veutRESPONSABLE ÉDITORIAL ET
soutenir sur les relations objectives de notre région avec sonRELATIONS MÉDIAS
Jacqueline FINEL environnement frontalier. Cette étude de l’Insee et les indica-
teurs et analyses proposées par le CES se conjuguent pour af-
RÉDACTRICE EN CHEF
firmer qu’il existe bien une exception frontalière lorraine et qu’ilAgnès VERDIN
est plus que temps de savoir en tirer pleinement parti en
SECRÉTARIAT DE FABRICATION
ébranlant les frontières de notre espace de vie, en dévoilant de
MISE EN PAGE - COMPOSITION
nouveaux horizons de notre développement.Marie-Thérèse CAMPISTROUS
Marie-Odile LAFONTAINE
Véronique CERUTTI
ISSN : 0293-9657
Conseil Économique et Social de Lorraine
© INSEE 2007
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