Les prix de l'énergie en 2004 : des hausses contrastées

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En 2004, les cours du pétrole brut augmentent fortement en dollars, de plus de 30 % en moyenne annuelle, mais l'évolution des changes atténue nettement cette hausse en euros. Les prix des divers produits énergétiques sur le marché français évoluent de façon très différenciée : les hausses sont importantes surtout pour le gazole et le fioul domestique ; en revanche les prix du fioul lourd et du gaz se replient en moyenne annuelle. De ce fait, l'impact sur les diverses branches consommatrices est inégal : les transports routiers et aériens sont beaucoup plus touchés que l'industrie qui utilise surtout de l'électricité, du gaz et du fioul lourd. Les ménages réduisent légèrement leur consommation de carburant, en revanche leur consommation d'énergie pour les usages domestiques est plus sensible aux aléas climatiques qu'aux variations de prix.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 1024 - JUIN 2005
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Les prix de l’énergie en 2004 :
des hausses contrastées
Marc Beudaert, division Comptes et études de l’industrie, Insee
n 2004, les cours du pétrole brut exprimée en euros, est moins forte : ce cours
s’établit à 30,8 euros en moyenne annuelleaugmentent fortement en dollars,
2004, en progression de 20,4 % par rapport àEde plus de 30 % en moyenne an-
2003 ; il reste légèrement inférieur à son niveau
nuelle, mais l’évolution des changes at-
de 2000 (30,9 euros, année du précédent choc
ténue nettement cette hausse en euros. sur les prix du pétrole, graphique 1). Le prix
Les prix des divers produits énergétiques moyen du pétrole brut importé par la France
sur le marché français évoluent de façon progresse un peu moins (+ 18,5 %).
très différenciée : les hausses sont im-
portantes surtout pour le gazole et le fioul
Hausse modérée pour le gaz
domestique ; en revanche les prix du fioul
à l’importation, forte pour le charbon
lourd et du gaz se replient en moyenne an-
nuelle. De ce fait, l’impact sur les diverses Le prix du gaz naturel à l’importation, large-
ment fixé dans des contrats à long terme, suitbranches consommatrices est inégal : les
en général celui du pétrole avec un décalagetransports routiers et aériens sont beau-
d’environ six mois. En 2004, il baisse en début
coup plus touchés que l’industrie qui uti-
d’année, pour repartir nettement à la hausse
lise surtout de l’électricité, du gaz et du au second semestre ; de ce fait le prix moyen
fioul lourd. Les ménages réduisent légè- en euros du gaz importé n’augmente que fai-
rement leur consommation de carburant, blement en moyenne annuelle (+ 3,1 %). Les
prix du charbon en euros s’accroissent forte-en revanche leur consommation d’énergie
ment à partir du deuxième trimestre 2004 ; enpour les usages domestiques est plus
moyenne annuelle, ils progressent de 24,8 %.
sensible aux aléas climatiques qu’aux va-
Au total, le prix moyen de l’ensemble des pro-
riations de prix. duits énergétiques importés s’accroît de
15,9 % en 2004 ; en 2000 leur hausse avait
atteint 66,2 % (tableau 1).
En 2004, le cours du pétrole brut, exprimé en
dollars, a établi un nouveau record, dépassant
Évolution du cours du Brent* depuis 1998les 50 dollars par baril en octobre ; en moyenne
annuelle, le cours du Brent (définitions) s’éta- (cours mensuel en dollars et en euros)
blit à 38,2 dollars par baril, en hausse de
32,4 % par rapport à 2003. Cette forte hausse
cours du Brent par baril cours du dollar en euros
d’ensemble appelle cependant quelques nuan- 1,300
ces : d’une part elle est plus sensible pour les
1,20050
bruts légers, l’écart de prix entre les produits
cours du dollar
1,100
lourds et légers s’étant fortement accru en
1,000402004, car la demande progresse principale-
0,900ment pour les produits légers ; mais surtout, en
Europe, cette augmentation est très atténuée 30 0,800
par l’évolution des changes.
0,700
20 0,600
Brent $/baril
0,500La hausse des cours du pétrole
est atténuée par l’euro 10 0,400
Brent€/baril 0,300
Depuis le début 2002, le cours de l’euro a aug-
0 0,200
menté presque continûment, passant de 0,87
1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
dollar à 1,34 dollar en fin d’année 2004. En *Cours « daté » du baril de Brent à Rotterdam.
Source : Inseeconséquence, l’évolution du baril de Brent,
INSEE
PREMIEREraffinage s’y adapte suffisamment. En fait de l’augmentation des prix, laEn France, des évolutions
effet, d’une part les mises en service de progression en valeur atteint 9,1 %.de prix différenciées
nouvelles installations de craquage ont La consommation des ménages pro-
Au cours des années 1998 à 2003, les prix été insuffisantes au cours des dernières gresse modérément : + 1,6 % en volume
de production des divers produits pétro- années ; or c’est la technique qui permet et 4,5 % d’augmentation des prix
liers raffinés (taxes pétrolières incluses) de produire des produits légers à partir (tableau 2). La consommation intermé-
sur le marché français avaient évolué de de brut lourd. Dans ces conditions des diaire des entreprises s’accroît un peu
manière à peu près parallèle ; les fluctua- excédents de fioul lourd se sont consti- plus : + 2,2 % en volume et surtout+8%
tions étaient atténuées pour les carbu- tués. D’autre part, parmi les produits en prix, d’où une progression de 10,4 %
rants routiers, produits fortement taxés. légers et moyens issus des raffineries, la en valeur.
En 2004 au contraire, leur variation est part du gazole reste insuffisante pour
très différenciée : le prix du fioul domes- répondre à la demande. Un impact des prix plus fort surtique progresse de près de 20 % en Les prix à la production du gaz compren-
les transports que sur l’industriemoyenne annuelle, alors que celui du fioul nent à la fois des prix libres et des prix
lourd diminue de 4 %. Des hausses impor- administrés. Ils étaient restés à un niveau
tantes affectent également les produits de élevé après les fortes hausses de 2000, Si l’on exclut les consommations internes
base pour la pétrochimie (naphta) et les puis ont baissé sensiblement de la mi-2003 à la branche énergie, les prix des
carburants pour avions. Tous produits à la mi-2004, suivant ainsi l’évolution des consommations intermédiaires d’énergie
confondus, les prix augmentent en produits pétroliers en 2003 ; mais ensuite supportés par les autres branches pro-
moyenne d’un peu plus de 10 %. ils repartent à la hausse. En moyenne gressent en moyenne de 7,3 % en 2004,
Pour les carburants routiers, les varia- annuelle, les prix du gaz diminuent de soit nettement moins qu’en 2000, année
tions relatives restent atténuées par la 4,3 % en 2004 en raison du mouvement de où cette hausse atteignait 13,6 %. Les
part des taxes : la taxe intérieure sur les baisse du début d’année (graphique 2a). différences de hausse de prix entre les
produits pétroliers (TIPP), stable en Les prix de l’électricité progressent de divers produits énergétiques induisent
2004, représente environ 0,42 euro par 1,4 % en moyenne annuelle en 2004, du des impacts directs très différents selon
litre pour le gazole et 0,59 euro pour le fait du relèvement de 3 % des tarifs sur- les branches utilisatrices, du fait de la
super sans plomb. Le prix du gazole tou- venu en juillet 2003. En 2004 est inter- structure de leur consommation énergé-
tes taxes comprises (TTC) progresse de venue la dernière étape dans la tique (tableau 3). Ces impacts peuvent
12,5 % alors que celui du super sans libéralisation du marché pour les utilisa- Évolution des prix des produitsplomb 95 ne s’accroît que de 5,2 % (gra- teurs professionnels. À terme, ce mou-
énergétiques sur le marché françaisphique 2b). Le prix du gazole TTC est vement de libéralisation devrait réduire
encore légèrement inférieur à celui du a - Ensemble des produits énergétiquesl’importance des tarifs administrés. En
super sans plomb, mais, si on considère Moyennes trimestrielles2004 cependant son effet est encore
Indices base 100 en 2000les prix hors taxes, l’écart est en sens très limité : moins de 2 % des utilisateurs
140inverse depuis le début 2003. professionnels qui avaient la possibilité
La hausse du gazole et du fioul domes- 130de le faire ont exercé leur droit à changer
tique (produits très voisins) s’explique 120de fournisseur ou à négocier leurs condi-
électricitépar les tensions sur les cours internatio- tions de prix. 110
naux de ces produits : en un peu plus
100
d’un an, de juillet 2003 à octobre 2004, le
gaz distribuéProgression modérée
90cours en dollars du gazole sur le marché
de la demande intérieure en énergie
80de Rotterdam a doublé. La diésélisation
produits pétroliers (ensemble)
du parc automobile a accru la demande La demande intérieure en énergie pro- 70
mondiale en gazole, sans que l’outil de gresse de 2,1 % en volume en 2004 ; du
60
1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
Prix moyen des énergies importées
b - Produits pétroliers
Part en Moyennes trimestrielles
Indices base 100 en 2000valeur 2
Prix en euros courants (CAF) Évolution (en %)
2004 130
1
en %
120
1998 2000 2002 2003 2004 2003/2002 2004/2003 110
Pétrole brut (euro/tonne) 49,3 85,5 227,7 193,8 192,9 228,6 - 0,5 18,5 100
Super.s.pProd. pétroliers raffinés (euro/t) 24,9 129,9 277,9 232,0 248,3 279,0 7,0 12,4
90
Gaz naturel (centime par kWh) 16,6 0,73 1,02 1,16 1,28 1,32 10,8 3,1
80Charbon et autres combustibles
Gazole
minéraux solides (euro/tonne) 3,8 51,6 51,4 56,1 51,2 63,9 - 8,7 24,8 70
60Ensemble de l'énergie (évolution selon les comptes nationaux) 2,0 15,9
Fioul domestique
50
1. Part dans la valeur des importations d'énergie en 2004, en %. Fioul lourd
40
2. Prix moyen calculé par la direction des Douanes à partir des tonnages annuels importés, et des valeurs correspondantes 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
CAF ( c.-à-d. incluant l'assurance et le fret). Source : IPPI (Indices de prix à la production dans l'industrie),
Sources : Observatoire de l’Énergie d’après Douanes - Comptes de la Nation, Insee Insee
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (0) 1 41 17 50 50
INSEE
PREMIERE Principaux produits de l'énergie consommés par les ménages En 2004, les conditions climatiques contri-
buent à la progression de la consommation
Variation en % Valeur en milliards d’énergie des ménages hors carburants
d’euros courantsVolume Prix routiers (+ 3,3 % en volume), mais dans
2003 2004 2003 2004 2003 2004 une proportion bien moindre qu’en 2003,
Eau 1,3 0,5 3,2 2,9 3,9 4,0 où cette même consommation avait aug-
menté de 5,8 %. Cette progression, sur-Électricité 5,9 3,0 1,1 1,4 16,8 17,5
tout forte pour les achats de gaz, de fioulGaz 11,3 6,4 2,2 - 5,3 7,6 7,7
domestique et d’électricité, s’expliquait
Butane, propane 4,1 2,7 5,4 4,5 1,6 1,7
en fait par le retour à un niveau deFioul domestique 2,9 0,7 7,0 14,7 4,5 5,2
consommation normal, après une annéeChaleur (chauffage urbain) 1,1 7,2 0,0 0,0 1,2 1,3
Charbon 1,8 - 1,7 1,8 3,5 0,1 0,1 2002 particulièrement douce.
Carburants routiers, dont - 2,0 - 0,4 2,4 8,0 28,2 30,4 La réduction de la consommation de car-
Super sans plomb - 3,2 - 2,5 1,6 5,4 14,2 14,6 burants routiers par les ménages,
Gazole 4,7 5,6 3,5 11,2 12,2 14,4 apparue en 2003, se poursuit en 2004 de
Super « ARS » (ex « plombé ») - 28,9 - 28,2 1,4 4,8 1,5 1,2
façon beaucoup plus modérée (– 0,4 %
Lubrifiants automobile - 4,7 0,9 - 3,2 - 0,1 0,3 0,3
après–2%en volume). D’une part, les
Total énergie 2,2 1,6 2,5 4,5 64,0 67,9
véhicules deviennent de moins en moins
Source : Comptes de la Nation 2004 - Base 2000, Insee gourmands en énergie ; d’autre part, les
conducteurs ont réduit leur vitesse à laêtre estimés à partir du tableau des touchée par la hausse du charbon ; pour
suite de la mise en œuvre des nouvellesentrées-sorties de la comptabilité natio- les autres industries, la hausse du prix
mesures de contrôle. Ces diminutionsnale pour 2003, complété par des de l’énergie est en général limitée aux
n’affectent que la consommationenquêtes spécifiques (sources). environs de4%ou5%, avec un impact
d’essence. En revanche, la consomma-Les transports sont l’activité la plus direct limité sur les coûts. En effet, la
tion de gazole continue à progresser, cartouchée. Du fait de la hausse du gazole, plus grande partie des achats
les ménages continuent d’acheter deles transports routiers subissent un d’énergie par l’industrie concerne
plus en plus de véhicules diesel, malgréimpact sur leurs coûts de 1,7 %. Mais les l’électricité, dont les prix ont peu aug-
la réduction de l’écart de prix avec letransports aériens sont encore plus menté en 2004, et le gaz dont le prix
super sans plomb.affectés : l’impact sur leurs coûts est de est temporairement en baisse, ainsi
2,4 %, en raison de l’envolée des prix de que des produits pétroliers lourds peu
Nouvelle dégradationleurs carburants ; en revanche les autres touchés par la hausse.
du solde extérieur énergétiquemodes de transport (ferroviaire et mari-
time notamment) sont peu touchés, Le volume des importations d’énergieConsommation des ménages :
parce qu’ils consomment surtout de est en hausse sensible (+ 5 %). Cette
peu sensible aux prix
l’électricité ou du fioul lourd. progression ne concerne pas le pétrole
L’industrie (hors énergie), dans son À court terme, la demande des ménages brut, dont les importations restent sta-
ensemble, ne subit qu’un effet modéré : est peu sensible aux variations de prix bles, mais le gaz (+ 6,1 %) et surtout les
pour elle, la hausse des prix énergéti- des produits de l’énergie, car les possibi- produits pétroliers raffinés (+ 13,1 %), en
ques (7,8 %) est voisine de la hausse lités d’adaptation sont limitées : la particulier le gazole et le fioul domes-
moyenne subie par l’ensemble des consommation de fioul domestique tique, en raison de la forte demande.
branches, avec un impact direct sur les continue à progresser en 2004 malgré la Compte tenu des hausses de prix et de
coûts limité à 0,2 %. Mais certaines forte hausse des prix, à un rythme toute- volume, la valeur des importations progresse
branches industrielles sont plus affec- fois ralenti (tableau 2). En revanche, de 21,6 %. Le montant des importations
tées, et d’abord la chimie organique pour d’une année sur l’autre, les effets des dépasse ainsi 40 milliards d’euros en 2004
laquelle l’impact direct sur les coûts est fluctuations climatiques peuvent entraî- contre 33 milliards en 2003.
de 4,5 %, du fait de la forte hausse du ner des variations sensibles de la Malgré une augmentation en valeur des
naphta ; la sidérurgie est également consommation. exportations (+ 1,2 milliard d’euros), le
Impact direct de l'évolution des prix de l'énergie en 2004 sur les coûts de production par branche
Industrie Services Ensemble
Agriculture Construction Commerce Transports
(h. énergie) marchands (h. énergie)
1
Évolution des prix de l'énergie consommée par la branche 6,8 7,8 7,2 6,8 11,4 5,4 7,3
2
Coefficient technique de l'énergie 4,5 2,5 1,6 3,0 8,3 1,0 2,1
dont produits pétroliers 3,4 1,1 1,3 2,2 7,6 0,5 1,3
3
Impact direct des prix de l'énergie sur le coût de production 0,3 0,2 0,1 0,2 0,9 0,1 0,2
1. L'évolution des prix de l'énergie consommée par la branche tient compte de la structure détaillée de cette consommation par produits.
2. Le coefficient technique correspond à la part de la consommation d'énergie par une branche dans la production de cette branche.
3. L'impact direct des prix de l'énergie sur le coût est le produit de l'évolution des prix de l'énergie de la branche par le coefficient technique. Il s'agit donc de l'impact primaire de la hausse des prix
énergétiques sur le prix de production de la branche. Il ne tient pas compte des effets induits de cette hausse sur les coûts des autres facteurs de production.
Source : Comptes de la Nation 2004 - Base 2000, Insee
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (0) 1 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREdéficit extérieur énergétique s’accroît diversifiée. Des éléments d’incertitude permis d’atténuer la hausse du cours du
donc fortement pour établir un nouveau pèsent cependant sur l’avenir : ce baril. La situation au premier trimestre
record à 27,9 milliards d’euros contre « mini-choc » se rajoute à celui de 2000, 2005 semble donc confirmer que, depuis
22 milliards d’euros en 2000. effaçant les effets de la baisse survenue 2000, l’économie française est entrée,
entre-temps ; les prix du pétrole se main- comme mondiale, dans une
tiennent à un niveau élevé au début de nouvelle période de pétrole cher, moinsUne nouvelle période
2005, et le prix du gaz suit désormais cher toutefois, du moins pour le moment,de pétrole cher
celui du pétrole, alors que sa modération qu’au début des années 1980.
Il ne semble pas qu’il y ait de véritable en début d’année 2004 avait contribué
« choc pétrolier » en 2004, mais une de façon importante à celle des prix Sources
augmentation des prix beaucoup moins énergétiques en 2004. De plus, la baisse
forte qu’en 2000 (encadré) et plus du dollar par rapport à l’euro avait
Comptes nationaux base 2000, Insee,
(nouvelle série de comptes nationaux).
Évolution sur longue période du prix du pétrole brut importé Observatoire de l’énergie.
Enquête annuelle sur les consomma-
Les prix du graphique ci-dessous sont in- que celui de 1974. L’économie française
tions d’énergie, réalisée par les services
diqués en dollars et en euros courants. Un est en effet devenue moins dépendante du statistiques de l’industrie et de l’agriculture,
prix en « euros constants de 2004 » est pétrole : l’électricité est désormais pour qui permet d’obtenir une structure de
également calculé, en déflatant par l’in- l’essentiel d’origine nucléaire, et la part consommation à un niveau fin pour les
dice des prix à la consommation, pour ap- des produits pétroliers dans les consom- branches industrielles.
précier l’évolution temporelle du prix réel mations intermédiaires des branches mar-
du pétrole brut importé. chandes hors énergie a diminué d’environ Définitions
En valeur réelle (euros de 2004) l’ampleur un tiers depuis la fin des années 1970.
de la hausse des prix du pétrole en 2000 La remontée du prix du pétrole en 2004
Le « Brent » est un pétrole brut léger de laest comparable à celle de 1974 : les évolu- est moins importante que celle de
mer du Nord qui, en Europe, est la principaletions des prix et les niveaux atteints sont 1999-2000 (+ 16 % en euros constants). Il
référence pour l’observation des prix. Lespratiquement identiques pour les périodes s’agit certes d’évolutions en moyenne an-
cours indiqués sont ceux du « Brent daté »,
1973-1974 et 1999-2000, le prix réel de la nuelle, qui atténuent les variations men-
qui correspondent à des transactions réel-
tonne passant d’environ 90 à près de 250 suelles ; néanmoins le prix maximum
les, et non à des achats à terme.
euros de 2004. Cette augmentation est en atteint en octobre 2004 (290 € /la tonne),
Les importations françaises de produits pé-
revanche sensiblement plus faible que reste très nettement inférieur aux niveaux troliers concernent différentes qualités de
celle de 1979-1980. de la période 1981-1985 où le prix à la bruts, lourds ou légers (85 Mt en 2004), ain-
Néanmoins l’impact du choc de 1999-2000 tonne oscillait entre 420 et 480 euros de si que des produits raffinés (32 Mt) ; la
sur les coûts de production a été moindre 2004. France produit aussi 1,3 Mt de brut, et ex-
porte 22 Mt de produits raffinés : elle importe
Prix moyen de la tonne de pétrole brut importé plutôt du gazole et exporte de l’essence.
500 Dans les tableaux et graphiques, les prix en
francs avant 1999 ont été convertis en eu-
450
en euros constants de 2004 ros selon un taux de conversion fixe.
400
350
Bibliographie
300
250
« Les comptes de la Nation en 2004 - Une
200
reprise tirée par la demande », Insee Pre-
en dollars courants
150 mière, n° 1017, mai 2005.
« Le bilan énergétique de la France en
100
en euros courants 2004 », Observatoire de l’Énergie, direc-
50 tion générale de l’Énergie et des matières
0 premières (DGEMP), avril 2005.
« La facture énergétique de la France en
2004 », Observatoire de l’Énergie, DGEMP,
Sources : Observatoire de l'Énergie d’après Douanes, Direm, BCE ; Insee pour les indices de prix avril 2005.
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1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
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1990
1992
1994
1996
1998
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2004
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