Les villes nouvelles adoptées par leurs habitants

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Les villes nouvelles ont bientôt 40 ans. Aujourd'hui, leurs habitants jugent leur cadre de vie agréable et les trois quarts souhaitent y demeurer. La quasi-totalité se déclare satisfaite de son logement et de son quartier. Les habitants apprécient le bon niveau d'équipements, en particulier dans les domaines du sport et des loisirs. Quatre actifs sur dix travaillent dans leur ville nouvelle de résidence.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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ILE-DE-FRANCE à la page
N° 255 - Octobre 2005
Les villes nouvelles
adoptées par leurs habitants
Les villes nouvelles ont bientôt 40 ans. Aujourd’hui, leurs habitants jugent leur cadre de vie
agréable et les trois quarts souhaitent y demeurer. La quasi-totalité se déclare satisfaite de
son logement et de son quartier. Les habitants apprécient le bon niveau d’équipements, en
particulier dans les domaines du sport et des loisirs. Quatre actifs sur dix travaillent dans
leur ville nouvelle de résidence.
Sandrine BEAUFILS
Iaurif,
Françoise JACQUESSON
Insee Ile-de-France
es cinq villes nouvelles fran- aujourd’hui comme des bassins d’habitat de se sentir habitants de leur ville
ciliennes ont été conçues à la fin traditionnels. Leurs résidents souhaitent nouvelle (18 %).L des années 1960 par le gouverne- y rester et multiplient les étapes rési-
ment, dans le cadre du District de la région dentielles au sein de leur ville nou- Un quart envisage de déménager, soit
parisienne présidé par Paul Delouvrier pour velle. Cependant, ils se perçoivent en une proportion légèrement inférieure à
faire face à une croissance démographique majorité habitants de leur quartier ou de celle de grande couronne (32 %). Par-
et économique sans précédent de la région. leur commune (à hauteur de 58 %) avant mi ceux qui évoquent une intention de
De ce point de vue, le pari est réussi : alors
qu’elles ne comptaient que 178 000 habi-
tants en 1968, plus de 740 000 Franciliens y Croissance plus rapide de la population dans les années 70
Base 100 en 1968résidaient en 1999 (7 % de la population ré-
1 100gionale)✎❶❷. En outre, à l’heure où les vil-
les nouvelles réintègrent progressivement le
900droit commun, leurs résidents se déclarent
satisfaits de leur habitat (➩■ sources).
700
Les habitants en ville nouvelle 500
s’installent durablement
300
La population des villes nouvelles se com-
100pose très majoritairement de personnes
1975 19901968 1982 1999
qui ne sont pas originaires des communes
Cergy Evry
dans lesquelles elles demeurent. Elles y Marne-la-Vallée - Est Marne-la-Vallée - Ouest
sont, pour la plupart, arrivées à l’âge Saint-Quentin-en-Yvelines Sénart
adulte. Pourtant, ces communes ont réussi Lecture : la population de la ville nouvelle d'Evry a été multipliée par dix en 30 ans.
Source : Insee, recensements de la population (dénombrement)à retenir leurs populations et fonctionnent
Aménagement
urbainLes villes nouvelles en Ile-de-France
Source : Insee, recensement de la population de 1999Cergy La dernière fois qu’ils ont changé de lo- pas trouver leur quartier agréable à
gement, quatre sur dix sont restés dans la vivre. Ainsi, les habitants d’Évry, où le
Les habitants de Cergy-Pontoise sont sa- même ville nouvelle. Le phénomène parc social est le plus important, sont les
tisfaits des commerces et des équipe- d’installation durable est d’autant plus fré- moins satisfaits (85 %).
ments, mais leur constat sur leur cadre de
quent que la ville nouvelle est « ancienne »
vie est un peu plus nuancé que dans les
et que la construction de logements y est Quatre actifs sur dix travaillentautres villes nouvelles.
stabilisée. En effet, pour Sénart et
dans leur ville nouvelleMarne-la-Vallée, plus récentes, ces ins-
tallations sont moins nombreuses (30 %Les habitants de la ville nouvelle de
Rapprocher domicile et lieu de travail
Cergy-Pontoise déclarent à 89 % bénéficier et 38 %). À l’opposé, pour les villes
était l’un des objectifs de la fondation
de nombreux équipements (85 % dans les nouvelles de Saint-Quentin-en-Yvelines
des villes nouvelles. Celle-ci s’est ac-autres villes nouvelles) et 83 % estiment dis- et de Cergy, plus anciennes, elles sont
compagnée de la création de 300 000poser de tous les commerces à proximité. plus fréquentes (43 % et 46 %).
L’ancrage est particulièrement fort
pour un habitant sur cinq : il résidait
Ils jugent positivement leur cadre de vie, sont
Évrydéjà dans la même ville nouvelle deuxsatisfaits de leur logement et trouvent leur
logements auparavant.
quartier agréable à vivre à 90 %. Cependant,
comme les habitants d’Évry et de
La ville est appréciée par les actifs et jugée bien
Marne-la-Vallée-Ouest, ils sont un peu moins Des habitants satisfaits de leur dotée en commerces et en équipements. Ce-
satisfaits de ce cadre de vie que les habitants
logement et de leur quartier pendant, le cadre de vie est moins apprécié et
des autres villes nouvelles.
apparaît moins sûr que celui des autres villes
Les habitants des villes nouvelles se dé- nouvelles.
Ils souffrent également un peu plus du bruit, clarent quasiment tous satisfaits de leur
du déficit d’espaces verts et du manque de logement (92 %), comme ceux de la
Le portrait de la ville nouvelle d’Évry tracé par
places de stationnement. grande couronne✎❸. Les plus satisfaits
ses habitants présente un caractère ambiva-
sont les propriétaires (98 %), ainsi que
lent. Ces habitants, et notamment les actifs,
les personnes vivant seules ou en couplemobilité, plus de la moitié souhaite dé- sont très contents de la desserte en trans-
sans enfant.ménager dans la même commune ou ports de la ville nouvelle. Ils estiment moins
dans une commune des environs. Etre fréquemment que les habitants des autres
Les quartiers des villes nouvelles sont ju-propriétaire, habiter une maison indivi- villes nouvelles que vivre dans leur ville nou-
gés agréables à vivre par 91 % de leursduelle n’incite pas à la mobilité : seuls velle, c’est accepter de passer beaucoup de
habitants (contre 86 % des Franciliens), temps dans les transports (46 % contre 52 %15 % des propriétaires évoquent l’inten-
notamment par les propriétaires. Les lo- dans les autres villes nouvelles). Et ils sonttion de quitter leur logement. D’une ville
cataires du parc social en sont moins nombreux à travailler sur place. Ils sont éga-nouvelle à l’autre, les intentions de dé-
contents (82 % contre 97 % des pro- lement très satisfaits des commerces et desménager varient : 34 % des habitants
priétaires de maison). Sans surprise, équipements. Près de neuf habitants sur dixd’Évry souhaitent déménager, alors qu’ils
ceux qui vivent dans un quartier de estiment avoir tous les commerces à proximi-ne sont que 21 % à Sénart.
té (83 % dans les autres villes nouvelles).grands immeubles de type « cité » ont
Les personnes multiplient les étapes rési- sept fois plus de chances que les habi-
dentielles au sein de leur ville nouvelle. tants des quartiers pavillonnaires de ne
Mais ils sont un peu moins positifs en ce qui
concerne leur cadre de vie que dans les au-
tres villes nouvelles, que ce soit sur le plan duUn logement satisfaisant, un quartier agréable à vivre
logement ou du quartier. Les habitants vivant
%
94 dans des quartiers ressemblant à des cités
et des grands ensembles sont les moins heu-
92
reux de leur cadre de vie (85 % seulement de
satisfaits). Or, ce type d’habitat est le plus fré-
90
quent à Évry (17 % des ménages sont
concernés contre 9 % dans les autres villes88
nouvelles).
86
Seuls, 78 % trouvent leur quartier sûr (87 %84
dans les autres villes nouvelles) et ils sont
82 plus nombreux à souhaiter déménager.
Leur réseau relationnel est moins dévelop-
80 pé : ils appartiennent moins souvent à une
Cergy Evry Marne-la-Vallée Sénart Saint-Quentin- Villes nouvelles
en-Yvelines association ou à un groupe d’amis et ils
% d'habitants satisfaits de leur logement % d'habitants estimant leur quartier agréable à vivre déclarent plus souvent s’être ennuyés la
Source : Enquête sur les Modes de Vie dans les villes nouvelles d'Ile-de-France, 2005 veille de l’enquête.emplois entre 1968 et 1999. Une partie moins nombreux à travailler sur place Sur ce plan, les villes nouvelles sont ju-
des actifs résidant en ville nouvelle a trou (29 %). Ceci révèle le caractère plus rési gées par les habitants mieux pourvues en- -
vé un emploi sur place : en 2005, 43 % dentiel de cette ville nouvelle ainsi que équipements de loisirs que la moyenne
des actifs travaillent dans leur ville nou- le retard du développement écono- de l’Ile-de-France✎❺. Près de neuf ha-
velle. Ils étaient 37 % en 1999 ✎❹. mique et l’absence sur son territoire bitants sur dix déclarent disposer d’un
Seuls les actifs de Sénart sont nettement d’une institution départementale géné- stade ou d’un équipement sportif dans
ratrice d’emploi public (préfecture,
conseil général...). Un quart des actifs
1
Marne-la-Vallée-OuestMarne-la-Vallée-Est des villes nouvelles travaillent dans leur
commune de résidence. Occuper un
emploi dans sa commune est plus fré-
La ville nouvelle apparaît bien desservie parSon cadre de vie est estimé comme agréable, quent à Évry (31 %) qu’à Sénart (18 %).
les transports en commun, mais son cadresûr et proche de la nature. Les habitants ap-
de vie est jugé un peu moins agréable et plusprécient moins la desserte en transports, en
Le temps passé en trajet est un des princi- dense.commerces et en équipements.
paux inconvénients évoqués par les habi-
tants des villes nouvelles. Les actifs ont en
Les habitants de Marne-la-Vallée–OuestLes habitants de Marne-la-Vallée-Est sont moyenne 1 h 15 de temps de trajet pour
estiment bénéficier d’une bonne desserteceux qui apprécient le plus leur cadre de se rendre sur leur lieu de travail et en re-
en transports en commun (86 % contrevie : 95 % sont satisfaits de leur logement venir, y compris ceux travaillant dans leur
81 % pour les autres villes nouvelles). Ilset estiment leur quartier agréable à vivre. ville nouvelle. Ce temps varie de 1 h 10
les utilisent majoritairement, que ce soitIls sont les plus nombreux avec ceux de pour les résidents de Saint-Quentin-
pour aller travailler ou pour des motifs extra-Sénart à affirmer que vivre en ville nou-
en-Yvelines et Évry à plus de 1 h 20 pour
professionnels. Les sorties le soir se font plusvelle, c’est bénéficier d’une certaine quali-
ceux de Cergy et Sénart.
souvent par ce mode de transport que dansté de vie et vivre à proximité de la nature.
les autres villes nouvelles.
Six actifs sur dix se rendent sur leur lieu de
Les habitants se montrent plus critiques travail en voiture ou en deux-roues moto-
Mais ils jugent leur cadre de vie un peuenvers la desserte des transports et la pré- risé, et trois sur dix utilisent les transports
moins agréable que dans les autres villessence des commerces et des équipe- en commun. Ces comportements sont
nouvelles (89 % contre 92 %). Ils déclarentments, sans doute en raison de la identiques à ceux des actifs de grande
plus souvent que les espaces verts sont« jeunesse » de cette partie de la ville. Les couronne. L’utilisation des transports en
mal entretenus (15 % contre 12 %) et queactifs sont plus nombreux que dans les commun varie de 24 % à Saint-Quentin-
les immeubles environnants sont en mau-autres villes nouvelles à utiliser la voi-
en-Yvelines à 37 % à Marne-la-Vallée.
vais état (16 % contre 11 %). Ils se promè-ture pour aller travailler (64 % contre
Inversement, c’est dans la première que
nent moins souvent dans le quartier et sont61 %), mais aussi pour les motifs extra-
l’on utilise le plus un véhicule motorisé
moins nombreux à affirmer disposer d’unprofessionnels.
(67 %) et dans la seconde le moins (56 %).
espace vert à moins de dix minutes à pied.
Le bruit (24 % contre 21 %) et le manque de
Les habitants déclarent moins souvent sécurité (29 % contre 25 %) les préoccu-Des quartiers bien équipés
avoir un magasin d’alimentation (80 %), un pent plus particulièrement. Ils sont égale-
bureau de poste (56 %) ou une boulangerie Autre ambition assignée aux villes ment les moins nombreux à savoir que leur
(85 %) à moins de dix minutes à pied de chez commune fait partie d’une ville nouvellenouvelles, en faire des lieux exemplaires
eux que les habitants des autres villes nou- (79 % contre 92 % dans les autres villesen matière de qualité de vie, notamment
velles (respectivement 87 %, 72 % et 89 %). nouvelles). Ceci peut s’expliquer par lespar l’offre de services et d’équipements qui
caractéristiques géographiques dedevait accompagner l’arrivée des habitants.
Marne-la-Vallée. La continuité du bâti
entre l’espace urbain central et l’ouest de
la ville nouvelle définit moins nettement leQuatre actifs sur dix travaillent dans leur ville nouvelle de résidence
commencement de celle-ci. D’autant plus
Ville nouvelle de résidence qu’une partie significative du parc de loge-Ensemble
Lieu de travail des villes ments a été construite antérieurement à laMarne-la- St-Quentin-Cergy Evry Sénart nouvelles politique ville nouvelle.Vallée en-Yvelines
Dans la ville nouvelle de résidence 45 44 44 29 46 43
1
Afin de prendre en compte l’hétérogénéité dedont : dans la commune de résidence 24 31 21 18 26 23
Marne-la-Vallée, nous présenterons d’une partA Paris 16 12 21 17 8 16
Marne-la-Vallée–Ouest, réunissant les secteurs 1
En petite couronne
16 10 22 19 16 18 (Porte de Paris) et 2 (Val Maubuée), dont l’aména-(hors ville nouvelle de résidence)
gement, quasiment achevé aujourd’hui, a débuté
En grande couronne
20 32 12 35 29 22 dans les années 1970, et d'autre part
Marne-la-Vallée–Est, composée des secteurs 3
Ailleurs 3 2112 2
(Val de Bussy) et 4 (Val d’Europe), où l’urbanisa-
Ensemble 100 100 100 100 100 100
tion, beaucoup plus récente, s’est pleinement dé-
Source : Enquête sur les Modes de Vie dans les villes nouvelles d'Ile-de-France, 2005 veloppée à partir de la fin des années 1980.Des équipements de loisirs plus nombreux et plus utilisésLes sources
100 1,50
VN = villes nouvelles IdF = Ile-de-France
90 VN 1,35
L’enquête sur les modes de vie dans les
VN80 1,20villes nouvelles d’Ile-de-France a été réalisée IdF
VNpar téléphone auprès de 4 800 habitants rési-
70 1,05IdF
dant dans une des cinq villes nouvelles IdF
60 0,90d’Ile-de-France entre février et mars 2005
par l’institut de sondage Louis Harris. 50 0,75
40 0,60
800 enquêtés ont été interrogés dans
30 0,45chaque ville nouvelle, 1 600 à
Marne-la-Vallée. Le questionnaire com- 20 0,30
prend une partie ménage (la personne de
10 0,15
référence du ménage ou son conjoint a ré-
0pondu) et une partie individu (une personne 0,00
Centre socio-culturel, maison de Stade ou équipement sportif Bibliothèque, médiathèque
edu ménage tirée selon la méthode des quo- quartier ou club du 3 âge
tas). Les thèmes abordés sont l’habitat et
Source : Enquête sur les Modes de Vie dans les villes nouvelles d'Ile-de-France, 2005
l’environnement urbain, le quartier et son et Enquête Permanente sur les Conditions de Vie des ménages, 2001, Insee.
utilisation à travers les commerces, les équi-
pements et les services, les relations per-
leur quartier (75 % en Ile-de-France enSaint-Quentin-en-Yvelinessonnelles et associatives, le travail ou les
2001). Près de huit sur dix déclarent dis-études, le sentiment d’appartenance à la
poser d’un centre socioculturel, d’uneville nouvelle. La ville nouvelle a su, d’après ses habitants, e
maison de quartier ou d’un club du 3
concilier un cadre de vie agréable, une
âge (62 % en Ile-de-France) et plus de
L’enquête a été financée par le Programme bonne desserte par les transports et des
sept sur dix d’une bibliothèque ou d’une
d’histoire et d’évaluation des villes nouvelles, quartiers bien dotés en commerces et en
médiathèque (66 % en Ile-de-France).l’EPAMarne-EPAFrance et l’EPA Sénart. équipements.
L’étude se fait dans le cadre d’un partenariat
Ils utilisent ces équipements aussi, etélargi, associant l’Insee et l’Iaurif.
Les habitants de Saint-Quentin-en-Yvelines
surtout, plus fréquemment. Les habitants
savent très majoritairement que leur com-
des villes nouvelles se sont rendus uneLe questionnaire de cette enquête s’est inspi- mune fait partie de la ville nouvelle (95 %) et
fois dans le mois dans une bibliothèqueré de celui de l’enquête « Vie de quartier » plus d’un quart se sentent avant tout habi-
ou une médiathèque, soit deux fois plusmenée dans les dispositifs des enquêtes per- tant de leur ville nouvelle. Globalement, ils
que la moyenne des Franciliens. Demanentes sur les conditions de vie de l’Insee, estiment qu’y vivre, ce n’est pas comme
afin de disposer d’une référence régionale. même, ils ont profité 1,3 fois d’unvivre dans n’importe quelle commune de
complexe sportif contre 0,8 fois pour lesbanlieue environnante et que c’est mieux
Franciliens. Les habitants de villes nou-que vivre dans une ville ancienne des envi-Les résultats présentés dans cette étude
rons. Ce constat positif se décline de plu- velles pratiquent également, dans leurss’appuient sur des comparaisons avec des
quartiers, d’autres activités de loisirs : ci-données de référence issues de diverses sieurs manières.
sources : néma, restaurant, sport ou promenade.
Tout d’abord, les habitants pensent bénéficier
Une grande majorité s’estime satisfaite■ l’enquête Vie de quartier 2001 (Insee). d’une bonne qualité de vie (89 % contre 81 %
de la présence de commerces en villesCette enquête a servi de référence pour dans les autres villes nouvelles). Ils sont très
les questions concernant le logement et nouvelles : 83 % déclarent que vivre ennombreux (93 %) à affirmer disposer d’un es-
ville nouvelle, c’est avoir tous les com-le quartier, l’équipement et la sociabilité. pace vert à moins de dix minutes à pied de
Les comparaisons se font au niveau de chez eux. Ils bénéficient également de nom- merces à proximité et 80 % disent ne pas
l’Ile-de-France dans sa totalité ; breux équipements. Ils estiment avoir tous les devoir prendre leur voiture pour aller
commerces dont ils ont besoin à proximité et chercher le pain. En revanche, un habi-
sont globalement plus nombreux à n’évoquer tant sur cinq estime que le manque de■ l’enquête nationale Logement de 2002
aucun manque dans leur quartier. commerces est un des problèmes les(Insee). Les résultats de cette enquête ont
été utilisés pour les parallèles sur l’instal- plus préoccupants dans le quartier ou
lation durable, le logement et le quartier. Pour eux, vivre à Saint-Quentin-en-Yvelines, dans la commune.
Ces comparaisons se font au niveau de la ce n’est pas passer beaucoup de temps dans
grande couronne ; les transports. D’autre part, la proportion d’habitants
ayant un bureau de poste (69 %) ou des
commerces tels que café (90 %), maga-■ le recensement général de la popula- Sur le plan relationnel, ils sont plus souvent
sin d’alimentation et boulangerie (88 %)tion de 1999 (Insee). Il fournit des don- membres d’une association, notamment
nées de référence sur les actifs. Les à moins de dix minutes à pied de chezsportive ou culturelle, et sont moins nom-
comparaisons se font au niveau de la breux à déclarer s’être sentis seuls ou s’être eux est plus faible en ville nouvelle que
grande couronne. ennuyés la veille de l’enquête. sur l’ensemble du territoire francilien.
Part des enquêtés ayant un de ces équipements
dans leur quartier (%)
Fréquentation en quatre semainesCe constat va de pair avec la faible pro- et concentré que le commerce ancien. moyenne, avec huit amis et trois voi-
portion d’habitants effectuant les cour De plus, les communes situées en ville sins au cours des huit derniers jours,-
ses alimentaires dans leur quartier, nouvelle sont quasiment toutes dans les alors que les Franciliens n’avaient dis-
excepté à Marne-la-Vallée-Ouest. En ef- départements de grande couronne, où les cuté qu’avec six amis et deux voisins.
fet, le commerce des villes nouvelles est commerces sont généralement plus rares.
unce spécifique, plus moderne Ils déclarent aussi plus souvent apparte-
nir à un groupe d’amis. La moitié des ré-
Une sociabilité plus intense en sidents de ville nouvelle sont membres
Sénart ville nouvelle qu’en d’un groupe d’amis ou d’une bande de
copains de trois personnes ou plus,Ile-de-France
alors que les Franciliens ne sont que
Le cadre de vie y est apprécié ainsi que les Les habitants des villes nouvelles dé- 37 % à déclarer faire partie d’un
bonnes conditions de logement. Les actifs clarent avoir un réseau relationnel dé groupe d’amis.-
sont moins satisfaits de la desserte en trans-
veloppé, au niveau des amis et voisins,
ports en commun.
ou dans le cadre d’une association. La Ils font également plus souvent partie d’une
structure sociodémographique des vil- association : un habitant sur deux contre
les nouvelles peut expliquer en partie 38 % des Franciliens. Les associations lesLes habitants de la ville nouvelle de Sénart,
ces comportements, qui sont, en géné- plus « plébiscitées » sont les associationsmajoritairement propriétaires de maisons
ral, plus fréquents chez des personnes sportives : 22 % des habitants en font(62 %), estiment vivre dans un cadre de vie
au niveau d’études élevé et dans les fa- partie (13 % seulement en Ile-de-France).satisfaisant. Ils sont, avec Marne-la-Vallée-
milles avec enfants, deux populations Viennent ensuite les associations de lo-Est et Saint-Quentin-en-Yvelines, les plus
importantes dans les villes nouvelles. cataires ou de propriétaires (14 %) et les as-satisfaits de leur logement, estiment leur
quartier agréable à vivre et considèrent bé- sociations culturelles ou musicales (13 %).
néficier d’une certaine qualité de vie et de la Les habitants discutent plus souvent De plus, les habitants des villes nouvelles
proximité de la nature. Ils sont moins nom- avec des amis et des voisins que l’en- privilégient les associations de leur quartier
breux à souhaiter déménager que dans les semble des Franciliens. Ils ont parlé, en ou de leur commune.
autres villes nouvelles et, lorsque c’est le cas,
ils souhaitent davantage partir en province
(un tiers de ceux qui souhaitent déménager
Pour en savoir plusdésirent vivre en province contre 24 % dans
les autres villes nouvelles).
Enquête sur les modes de vie dans les villes nouvelles d’Ile-de-France, Iaurif (à paraître fin 2005).
Imbert C. : « L’ancrage résidentiel et familial en ville nouvelle », Note rapide, n° 376/d, Iaurif,
Mais les habitants sont plus nombreux à janvier 2005.
juger que la ville nouvelle est mal desservie
en transports en commun (30 % contre « Les villes nouvelles : Atlas statistique 1968-1999 », ouvrage et cédérom, Insee, décembre 2004.
15 % dans les autres villes nouvelles). C’est L’atlas statistique des villes nouvelles, qui couvre la période 1968-1999, est
un des problèmes qui les préoccupent le composé :
plus, d’autant que les actifs sont moins - d’un ouvrage de 72 pages qui donne une analyse statistique (chiffres,
nombreux à travailler sur place. Les habi- graphiques et cartes) des cinq villes nouvelles d’Ile-de-France : Cergy-
tants de Sénart utilisent davantage la voi- Pontoise, Evry, Marne-la-Vallée, Saint-Quentin-en-Yvelines et Sénart ;
ture particulière, que ce soit pour le travail - d’un cédérom qui présente des données statistiques plus complètes (en-
ou pour des motifs extra-professionnels. Ils viron 800 tableaux ou cartes) sur l’ensemble des neuf villes nouvelles
estiment passer beaucoup de temps dans françaises : les villes précédemment citées, ainsi que L’Isle d’Abeau, les
les transports. En effet, leur temps de par- Rives de l’Etang de Berre, Val-de-Reuil et Villeneuve d’Ascq.
cours pour aller au travail et en revenir est
« Atlas des Franciliens, tome 3 - Population et modes de vie», Insee-Iaurif, 2003.le plus long (1 h 24).
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