Lindustrie en Bourgogne : diversifiée avec des spécialisations locales

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L’industrie en Bourgogne : diversifiée avec des spécialisations locales L’industrie bourguignonne est assez diversifiée bien que trois secteurs regrou­ pent près de la moitié des effectifs : métallurgie et fabrication de produits métalli­ ques, denrées alimentaires, produits en caoutchouc et en matières plastiques. Les très grands établissements sont rares : seuls trois, implantés en Saône-et-Loire, dépassent les 1 000 salariés. De nombreux dépendent de centres de décision extérieurs à la ré­ gion ; ils regroupent 69 % des salariés de l’industrie. La recherche-développement est encore trop peu présente et la main d’œuvre moins qualifiée et plus âgée qu’en moyenne nationale. C’est en dépassant ces dif­ ficultés que la région pourra amorcer un redressement de son emploi industriel. Aujourd’hui, l’industrie pèse de moins en moins dans l’économie régionale comme nationale : elle ne représente que 18,6 % de l’emploi régional contre 28 % en 1990 et 15,7 % de la valeur ajoutée contre 25 % ilya20 ans. ’industrie en Bourgogne, hors intérim, et Rhône-Alpes. Dans ce classement, la Lcompte aujourd’hui 100 000 emplois Franche-Comté arrive en tête (25 %) suivie de salariés. Elle regroupe 18,6 % des l’Alsace puis de plusieurs régions du bassin salariés de la région, une part qui place la parisien, Picardie, Haute-Normandie, Centre, e Bourgogne au 11 rang des régions les plus Champagne-Ardenne.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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L’industrie en Bourgogne :

diversifiée avec des spécialisations locales

L’industrie bourguignonne est assez diversifiée bien que trois secteurs regrou­
pent près de la moitié des effectifs : métallurgie et fabrication de produits métalli­
ques, denrées alimentaires, produits en caoutchouc et en matières plastiques. Les
très grands établissements sont rares : seuls trois, implantés en Saône-et-Loire,
dépassent les 1 000 salariés.
De nombreux dépendent de centres de décision extérieurs à la ré­
gion ; ils regroupent 69 % des salariés de l’industrie.
La recherche-développement est encore trop peu présente et la main d’œuvre
moins qualifiée et plus âgée qu’en moyenne nationale. C’est en dépassant ces dif­
ficultés que la région pourra amorcer un redressement de son emploi industriel.
Aujourd’hui, l’industrie pèse de moins en moins dans l’économie régionale comme
nationale : elle ne représente que 18,6 % de l’emploi régional contre 28 % en 1990 et
15,7 % de la valeur ajoutée contre 25 % ilya20 ans.
’industrie en Bourgogne, hors intérim, et Rhône-Alpes. Dans ce classement, la Lcompte aujourd’hui 100 000 emplois Franche-Comté arrive en tête (25 %) suivie de
salariés. Elle regroupe 18,6 % des l’Alsace puis de plusieurs régions du bassin
salariés de la région, une part qui place la parisien, Picardie, Haute-Normandie, Centre,
e Bourgogne au 11 rang des régions les plus Champagne-Ardenne. À l’opposé l’Île-de-France
industrielles de la métropole, entre la Lorraine ainsi que les régions du sud de la France, PACA,
Languedoc-Roussillon et la Corse, comptent
moins de 13 % d’emplois industriels.
e La Bourgogne au 11 rang
des régions métropolitaines
Relative diversification
Nord-Pas­
de-Calais
rois secteurs d’activité dominent en Bour­
Picardie Haute- Tgogne et regroupent près de la moitié des
Normandie
salariés de l’industrie : la métallurgie et fabrica­Basse- LorraineÎle-
Normandie de-
France tion de produits métalliques, la fabrication de Champagne-
Bretagne Alsace
Ardenne denrées alimentaires, les produits en caout­
Centre Pays de chouc et matières plastiques.
la Loire Bourgogne Franche-
Comté La métallurgie, premier secteur industriel de la
région, englobe principalement la sidérurgie, Poitou-
Charentes dominée par des établissements de grande taille Auvergne Limousin
Rhône-Part de l'emploi relevant pour la plupart du groupe ArcelorMittal,
Alpes industriel dans
l'emploi salarié la fabrication de générateurs de vapeur dominée
(en %)
Aquitaine par le groupe Areva et la fabrication de tubes en
19,5 Provence-Alpes-Midi- Languedoc- acier pour l’industrie nucléaire du groupe Vali­
18 Côte d'Azur Pyrénées Roussillon
nox Nucléaire. L’avenir de la filière nucléaire 13
constitue donc un enjeu important pour le main­
Corse
tien, voire le développement de ce secteur.
Second secteur industriel, la fabrication de Source : Insee - CLAP 2010 (effectifs au 31 décembre 2010).
denrées alimentaires, emblématique de la
BOURGOGNE
© IGN - Insee 2012.région, pèse pourtant moins en Bourgogne 100 000 emplois salariés industriels
qu’au niveau national en termes d’emplois Répartition des emplois salariés par secteur, en Bourgogne en 2010
(15,5 % contre 17,1 %). Ses activités sont très Secteurs d’activité Effectifs salariés
diversifiées : vinification et spiritueux (cas­ Métallurgie, fabrication de produits métalliques 19 000
sis notamment), préparation de jus de Denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac 15 500
Produits en caoutchouc, plastique et autres produits minéraux 11 900 fruits, de condiments, fabrication de pro­
duits laitiers frais, transformation de la Autres industries manufacturières 8 550
Fabrication de machines et équipements n.c.a. 7 800 viande et abattage et découpe de volailles.
Travail du bois, industries du papier et imprimerie 7 500 Senoble dans l’Yonne, LDC Bourgogne et
Fabrication d'équipements électriques 6 400 Bigard en Saône-et-Loire ou encore Barry
Fabrication de matériels de transport 6 300 Callebaut en Côte-d’Or figurent parmi les
Production et distribution d'eau, assainissement 4 250 principaux établissements de ce secteur, 'électricité, de gaz, de vapeur et d'air conditionné 2 800 dont l’activité entraîne dans son sillage
Textiles, habillement, cuir et chaussure 2 600 celle de l’emballage, du conditionnement
Industrie pharmaceutique 2 400 et du transport. Le secteur « produits en
Industrie chimique 2 200 caoutchouc, plastiques » regroupe aussi
Fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques 1 700 des activités diversifiées, souvent tribu­
Industries extractives 1 100 taires d’autres secteurs comme celui de
Total 100 000 l’automobile (c’est le cas des établisse­
Source : Insee - CLAP 2010 Secteur d'activité en NA08-A38
ments Michelin ou Pneu Laurent) ou de
Elle peut également favoriser les dépen­l’activité industrielle en général (cas des
Un tiers de l’emploi contrôlé ses de recherche et l’innovation, plus faci­établissements Plasto ou Saint Gobain
les à développer à l’échelle d’un groupe. Emballage). par des groupes étrangers
Mais les politiques de ces grands groupes
peuvent menacer l’emploi local. Les déci­La fabrication d’équipements électriques
n Bourgogne comme en France, les sions sont prises hors de la région et le reste bien représentée en Bourgogne Eétablissements industriels sont, pour maintien de l’activité dépend de malgré la disparition du groupe Thomson
la plupart de petite taille. La région stratégies nationales ou internationales et le redéploiement des activités du
compte 4 600 employeurs et parmi eux mettant en concurrence différents sites groupe Schneider Electric.
66 % ont moins de 10 salariés. Une soixan­ de production.
taine dépasse les 250 salariés dont 22 En revanche, le matériel de transport,
comptent plus 400 salariés. Seuls, trois avec 6 300 emplois salariés, figure parmi Recherche et innovation : des établissements, tous implantés en les secteurs « sous-représentés », com­
enjeux pour demain Saône-et-Loire, emploient plus de 1 000 paré à la moyenne nationale, malgré la
salariés : FPT Powertrain Technologies à présence d’un grand site de fabrication de
Bourbon-Lancy, Michelin au Creusot, a recherche-développement est encore moteurs de camions à Bourbon-Lancy.
Areva NP à Saint-Marcel. Mais, parmi les Linsuffisamment présente en Bourgogne : Des PME fabriquant des véhicules de
55 établissements français de plus de avec seulement 13,4 chercheurs pour 10 000 compétition et des équipementiers auto­
e 2 000 salariés, aucun n’est bourguignon. habitants, la Bourgogne se classe au 17 rang mobiles composent aussi ce secteur. Mais
Beaucoup de ces établissements, et des régions françaises. La taille des entrepri­de nombreux établissements régionaux,
notamment ceux de grande taille, appar­ ses industriellesdelarégion,inférieureàla qui relèvent de la plasturgie ou de la
tiennent à des groupes nationaux ou moyenne nationale, explique en partie ce mécanique, sont sous-traitants de l’in­
étrangers. constat. Les dépenses en recherche et dustrie automobile, ce qui, en la période
Ces établissements industriels dépendant développement sont en effet davantage le actuelle, fragilise leur activité.
d’un centre de décision situé hors de la
région concentrent 69 % des emplois sala­ La Bourgogne parmi les régions Le profil des emplois industriels rap­
riés industriels de la Bourgogne, un taux proche la Bourgogne des régions Centre, les plus dépendantes vis-à-vis de
e qui place la région au 5 rang des régions Lorraine et Picardie, où la métallurgie et le l’étranger
françaises les plus dépendantes de l’exté­caoutchouc sont bien implantés au détri­
rieur. La dépendance vis-à-vis des grou­ment de la fabrication de produits infor­
Nord-Pas­pes étrangers, parmi lesquels matiques, électroniques, optiques. de-Calais
ArcelorMittal, Sanofi Winthrop Industrie, En termes de spécialisation industrielle, la
Haute- Picardie
e Normandie classe aussi la région au 5 rang et Bourgogne occupe une position médiane,
Basse- Île- Lorraine
Normandie de-concerne 32 % des salariés. moins spécialisée que la Bretagne (agroa­ Champagne-France AlsaceBretagne Ardenne L’appartenance à un groupe présente des limentaire), la Franche-Comté ou
Centre Pays de atouts. Face à des marchés qui s’interna­Midi-Pyrénées (matériel de transport), la Loire Bourgogne Franche-
Comté tionalisent de plus en plus, elle peut dyna­moins diversifiée que PACA ou
Poitou-miser les établissements de la région en Rhône-Alpes. Cette relative diversification Charentes
Limousin Auvergne offrant un soutien commercial plus fort et Taux de dépendance de l’industrie bourguignonne constitue un Rhône-vis-à-vis de l ’étranger
Alpes un réseau de débouchés plus importants (en %) atout qui peut lui permettre de mieux
susceptibles de stimuler les exportations. 30 résister à des crises sectorielles. Mais elle Aquitaine
25
Provence-Alpes-Midi- Languedoc-ne favorise pas la lisibilité de l’industrie Taux de dépendance vis-à-vis de 20 Côte d'Azur Pyrénées Roussillon
régionale et peut, par la même, constituer l’étranger :
pourcentage de salariés travaillant dans un un frein à son développement.
établissement appartenant à un groupe dont
Source : Insee - CLAP 2008, LIFI - DIANE 2008. le siège social est localisé à l’étranger.
2 N° 179 - Octobre 2012 - © Insee Bourgogne - L’industrie en Bourgogne : diversifiée avec des spécialisations locales
©IG N- I ns ee2012. qu’en moyenne nationale. Ils sont aussi
occupés par des salariés plus âgés et donc Une soixantaine d’établissements
moins souvent titulaires du baccalauréat de plus de 250 salariés
ou d’un diplôme de l’enseignement supé­
rieur. PRYSMIAN CABLES ET VALEO VISION
SYSTEMES FRANCE Sens Le recrutement d’une main d’œuvre jeune YonneFMC TECHNOLOGIES
et qualifiée pour remplacer les généra­SENOBLE
PRYSMIAN CABLES ET tions nombreuses qui partent actuelle­
ALCAN FRANCE SYSTEMES FRANCE
DUC EXTRUSIONS ment à la retraite est un véritable enjeu BENTELER
AUTOMOTIVE
pour l’industrie régionale si elle veut faire
SICA DE VIANDES DE
L YONNE ET DU LOIRET preuve d’innovation. Les salaires de l’in­
SALZGITTER MANNESMANN
HERMES PRECISION ETIRAGE Chatillon dustrie méritent d’être soulignés pour
METAL DAVEY Côte-d'Or
BICKFORD SNC attirer les jeunes dans ce secteur. En
SALZGITTER MANNESMANN effet, le salaire brut horaire moyen, de STAINLESS TUBES Auxerre VALTI 16,5 euros dans l’industrie, est bien supé­
VALINOX NUCLEAIRE SEB rieur à celui des autres secteurs de l’éco­Avallon
Montbard SEBSNC PNEU LAURENT nomie : 14,8 euros pour la construction et
SCHNEIDER ELECTRIC
SAGEM 13,9 euros pour le secteur du commerce, TPC TPCBARRY CALLEBAUT ATELIERS D'ARMANCON
Cosne - Clamecy SOC PRODUCTION des transports, de l’hébergement et la ESSILOR
PHARMACEUTIQUE HYGIENE
Dijon
PLASTO restauration. SANOFI WINTHROP
PAPETERIES DE DIJON Enfin, les performances économiques des
JTEKT AUTOMOTIVE
URGO entreprises industrielles quasi-monorégio­
TYCO ELECTRONICS SIMEL
nalesdeplusde20 salariéspermettent d’i­CERMEX
VALEO Morvan dentifier d’autres défis pour l’industrie BeauneAutunARCELORMITTAL - STAINLESS &
NICKEL ALLOY régionale. Si la région se classe en position DIM SAINT GOBAIN
DANFOSS SOCLA EMBALLAGE médiane, en termes de taux d’exportation, SOCIETE
THERMODYN AREVA NP FRANCAISE FAURECIA
GARDY de valeur ajoutée ou de chiffre d’affaires
ALSTOM ANVIS AREVA NP e
INDUSTEEL FRANCE par actif, elle se situe seulement 20 en Nevers EMBALLAGES LAURENT
SAINT-GOBAIN
MICHELIN LDC BOURGOGNE termes d’investissement avec un taux de
DAUNAT BOURGOGNETEREX CRANES
FRANCE Chalon-sur-Saône 11,9 %.
REXAM SIMANDRECreusot ­FPT Louhans Concentration et Montceau
APERAM STAINLESS
FRANCE MASSILLY OXXO spécialisation industrielle
GROUPE BIGARD Nièvre 5EME SAISON MACON dans quelques zonesSCHNEIDER ELECTRIC Charolais Mâcon
Effectif
salarié u sein de la région, quelques territoi­
ITRON METSO
MINERALS Ares peuvent être qualifiés de très 1 440
industriels. C’est le cas des zones d’emploi de 480
Saône-et-Loire Montbard, Le Creusot/Montceau-les-Mines,
Source : Insee - CLAP 2010 (Effectifs au 31 décembre 2010). Louhans et du Charolais qui font partie des
50zonesd’emplois lesplusindustriellesdela
métropole parmi les 330 que compte celle-ci. Secteurs industriels :
Métallurgie, fabrication de produits métalliques Ici, l’industrie regroupe un quart à un tiers
Produits en caoutchouc, plastique et autres produits minéraux des emplois salariés. Elle est souvent spé­
Denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac cialisée dans un ou deux secteurs d’acti­
Fabrication de machines et équipement n.c.a. vité et concentrée dans quelques
Fabrication d'équipements électriques établissements de grande taille dont le
Produits informatiques, électroniques et optiques centre de décision est parfois extérieur à
Fabrication de matériels de transport la région, voire à la France. La santé éco­
Travail du bois, industries du papier et imprimerie nomique de ces territoires est très liée à
Textiles, habillement, cuir et chaussure celle de ces établissements et à leur capa­
Industrie pharmaceutique cité à accompagner les mutations écono­
Industrie chimique miques nécessaires.
Autres industries manufacturières
À Montbard, la métallurgie domine les
fait des grands établissements qui possè- projets innovants. 3 000 emplois industriels de la zone. Elle
dent les ressources financières et humai- La qualification de sa main d’œuvre se concentre au sein de trois établisse­
nes nécessaires. compte aussi dans la capacité de l’in- ments : Valti, Valinox Nucléaire et Salzgit­
Les deux pôles de compétitivité, nucléaire dustrie à innover. Aujourd’hui, 10 % des ter Mannesmann Stainless Tubes.
et agroalimentaire, et l’organisation des emplois industriels sont de niveau cadre Dans le Charolais, deux poids lourds, FTP à
filières pôle et ingénierie numérique, bois, en Bourgogne contre 12 % en moyenne Bourbon-Lancy (matériel de transport) et
pierre, méca-métallurgie et plasturgie nationale. Les emplois de l’industrie de la Aperam Stainless France à Gueugnon
devraient permettre de dégager les région sont avant tout des emplois (métallurgie), structurent l’industrie
synergies nécessaires pour aboutir à des ouvriers, légèrement moins qualifiés locale qui compte 6 000 emplois salariés.
N° 179 - Octobre 2012 - © Insee Bourgogne - L’industrie en Bourgogne : diversifiée avec des spécialisations locales 3
© IGN - Insee 2012.À Louhans, les 2 000 emplois salariés de
l’industrie relèvent pour l’essentiel des L’industrie, image et opinions : de nécessaires actions partenariales
« denrées alimentaires » avec deux
Chacun a en tête quelques idées reçues sur l’industrie : « l’industrie n’est pas grands établissements : le groupe Bigard
compétitive », « elle ne recrute pas », « elle est source de pollution »… Autant de à Cuiseaux et LDC Bourgogne à Branges.
clichés à l’opposé du développement durable qui se réfèrent plus à « l’usine »
L’industrie de la zone d’emploi de
qu’à « l’industrie ».
Creusot/Montceau-les-Mines, 9 000 Fort heureusement, la perception mesurée, quantifiée, issue des différents sondages nationaux,
emplois salariés, est davantage diver­ est beaucoup plus positive : « L’industrie est le moteur du développement économique », « le
catalyseur de l’innovation, y compris verte », « le made in France peut être légitimement payé sifiée mais tout aussi concentrée sur
plus cher »… et ce, quelle que soit la population interrogée – grand public, enseignants, jeunes. de grands établissements : Michelin
Ces expressions favorables se réfèrent à la richesse de l’acte productif, qui constitue l’image la
pour la production de caoutchouc, plus valorisante de l’industrie. Cette dernière est d’ailleurs considérée comme porteuse d’avenir
Industeel pour la métallurgie, Alstom par 73% des sondés si elle mise sur l’industrie de pointe et l’international (Ifop 2012).
De cette image perçue, des enseignements sont à tirer. Par exemple, 54% du grand public (Ipsos Transport pour la fabrication de maté­
2011) comme la majorité des jeunes expriment un réel besoin d’information et, parallèlement, les riel ferroviaire, Thermodyn, pour la fabri­
industriels eux-mêmes éprouvent la nécessité de communiquer sur leurs métiers et accroître
cation de compresseurs et Terex Cranes leur notoriété (enquêtes CCI Bourgogne).
France pour celle d’engins de manuten­ Afin de satisfaire ces attentes, alors que l’État organise la Semaine de l’Industrie, les CCI ont
décidé d’inscrire « 2013, l’année de la compétitivité industrielle ». tion.
En effet, certaines manifestations contribuent directement à la notoriété de l’industrie, Les zones d’emplois d’Autun, de Chatil­
notamment auprès des jeunes dès le collège. Une telle sensibilisation peut utilement les
lon-sur-Seine et d’Avallon se caractérisent conduire à la Bourse de l’alternance afin de bénéficier de formations en apprentissage. D’autres
tout autant par la spécialisation et la opérations collectives valorisent les entreprises et leurs savoir-faire grâce aux pavillons
Bourgogne sur des salons internationaux. Par ailleurs, l’appui aux filières, aux pôles de concentration de leur emploi industriel :
compétitivité et à tous les groupements d’entreprises, crée bien sûr, une dynamique favorable à métallurgie à Chatillon-sur-Seine, produits
l’attractivité de l’industrie. Ce sont autant d’événements initiés en synergie avec tous les
en caoutchouc à Avallon (Pneu Laurent) et
dispositifs de l’État, de la Région, des organisations professionnelles et autres réseaux
textile à Autun (Dim). consulaires qui sont et seront prochainement mis en œuvre dans le cadre du « redressement
productif ». Sans nul doute, cette forte mobilisation renforcera, en Bourgogne, notre image
positive de l’industrie !
Dijon, zone industrielle
Marie-Hélène Juillard - Chambre de Commerce et d’Industrie Bourgogne (CCI Bourgogne)
ans les zones d’emploi sièges des trielle des zones d’emploi de Bourgogne régional contre 28 % en 1990 et 15,7 % de la Dprincipales villes de la région, l’in­ même si l’industrie ne représente que 13 % valeur ajoutée totale, soit 6 milliards d’eu­
dustrie offre beaucoup d’emplois mais de l’emploi salarié. Industrie pharmaceu­ ros, contre 25 % il y a 20 ans.
pèse moins dans l’économie locale, tique, matériel de transport, produits Cette baisse de l’emploi résulte pour
davantage orientée vers le commerce et informatiques, électroniques, optiques, partie d’un simple transfert d’emplois,
les services. Elle y est aussi plus diver­ denrées alimentaires, emballage…, la auparavant industriels, vers les services.
sifiée. Cependant, par les emplois qu’elle diversification est importante. À côté de D’une part, l’organisation des entreprises
induit, elle reste un enjeu majeur de déve­ grands établissements gravitent aussi de industrielles s’est modifiée et avec elle les
loppement économique de ces territoires. nombreuses PME. Cet éventail d’activités fonctions auxiliaires auparavant intégrées
Ainsi, la zone d’emploi de Dijon compte permet de mieux amortir les crises secto­ aux établissements industriels ont été
22 000 emplois industriels. De ce fait, elle rielles. externalisées. D’abord limité aux activités
peut être considérée comme la plus indus- Viennent ensuite les zones d’emploi de à faible valeur ajoutée comme l’entretien,
Chalon-sur-Saône et d’Auxerre, avec cha­ le transport, ce phénomène s’est propagé,
cune près de 13 000 emplois salariés touchant la formation et la gestion. Quatre zones d’emploi très
industriels. Le tissu productif, assez D’autre part, le recours à l’emploi intéri­industrielles
diversifié à Auxerre, est davantage spé­ maire minore aussi les effectifs réelle­
cialisé à Chalon-sur-Saône dans la métal­ ment mobilisés dans l’industrie, les
Part de l'industrie dans
l'emploi salarié (en %) lurgie avec la présence d’Areva. intérimaires étant comptabilisés dans le Sens Sens
25
À Nevers, Sens et Mâcon, l’industrie secteur des services aux entreprises, 20
15 emploie 6 à 7 000 salariés avec une pré­ même lorsqu’ils travaillent dans l’in­
pondérance de la métallurgie à Nevers dustrie. De fait, pendant que l’emploi
ChatillonChatillon (Valéo Sécurité Habitacle, ArcelorMittal industriel diminuait de 143 000 emplois en Auxerre Auxerre
Stainless et Nickel Alloy) et de la fabrica­ 1990 à 100 000 en 2010, soit une baisse de
tion d’équipements électriques à Sens 30 %, celui des services aux entreprises se Avallonvallon Montbard Montbard
Cosne Cosne - Clamecy Clamecy (Valéo et Prysmian Câbles et Systemes développait de 30 000 à 54 000 salariés. Dijon Dijon
France) et à Mâcon (Schneider Electric À cela s’ajoutent des suppressions d’em­
Morvan Morvan
Energy France). plois suite à des restructurations mais
Autun Autun BeauneBeaune aussi des délocalisations d’activités sou­
Chalon-sur-Saône Chalon-sur-Saône vent à fort contenu en main d’œuvre. Pour
NeversNevers Baisse de l’emploi

Creusot Creusot - autant, la valeur ajoutée industrielle n’a Montceau Montceau dans l’industrie
LouhansLouhans Effectif salarié CharolaisCharolais cessé de progresser avec une croissance
de l'industrie
en volume de 30 % entre 1990 et 2010,
22 400 Mâcon Mâcon
’industrie pèse de moins en moins témoignant des gains de productivité de
7 470 Ldans l’économie régionale comme ce secteur. Cette croissance a été Limite de zonne d'emploi
Limite de la région bourgogne
dans l’économie nationale : elle ne repré­ continue pendant vingt ans, excepté une Source : Insee - CLAP 2010 (effectifs au 31 décembre 2010).
sente plus que 18,6 % de l’emploi salarié baisse pendant la crise de 2008-2009.
4 N° 179 - Octobre 2012 - © Insee Bourgogne - L’industrie en Bourgogne : diversifiée avec des spécialisations locales
©IG N- I ns ee2012. Baisse des effectifs de l’industrie au
Des conditions de travail plutôt favorables
profit des services aux entreprises
Depuis près de 20 ans, les entreprises n’ont cessé de se réorganiser afin
160 000 d’accroître leur productivité, parfois au prix de réductions substantielles de
Industrie leurs dépenses en personnel. Ce mouvement s’est progressivement140 000
généralisé à l’ensemble des activités économiques mais c’est l’industrie qui a
120 000 dû, la première, du fait de sa surexposition à la concurrence internationale,
procéder à des restructurations d’envergure fortement ressenties dans les organisations du100 000
travail. Pour autant, les principaux indicateurs confirment une situation globalement plus
80 000 favorable que celle qui caractérise les autres grands secteurs de l’activité régionale.
60 000
La part des intérimaires se révèle supérieure à ce que l’on constate ailleurs. Cette situation, en
40 000 apparence défavorable, correspond sans doute à de réels besoins d’ajustements aux à-coups de
la production. Cependant, elle n’exclut pas l’embauche définitive d’intérimaires sur certains20 000 entreprisesServices aux postes qualifiés. Cette forme de recrutement constitue également un moyen, pour l’entreprise,
0
d’effectuer une sélection parmi l’ensemble des actifs qu’elle mobilise aux moments de forte
activité. Le phénomène est d’ampleur très inégale selon les différentes activités de l’industrie
(de 1,6 % de l’emploi salarié dans l’habillement à 10,6 % dans l’industrie pharmaceutique).
Années
Le taux de rotation de la main d’œuvre (nombre d’entrées et de sorties rapportées à l’effectif
Source : Insee, estimations d'emplois salariés total), qui est parfois le signe d’une instabilité liée à diverses composantes des conditions de
travail (horaires, salaires, pénibilité…), est de moitié inférieur à la moyenne régionale (17,8 %
Les services aux entreprises comprennent : contre 37,5 % toutes activités confondues).
- les activités juridiques, comptables, de
gestion, d'architecture, d'ingénierie, de Le troisième indicateur, très dépendant des fluctuations conjoncturelles, concerne la part des
contrôle et d'analyse techniques (13 200 contrats à durée déterminée dans les embauches. Si l’on excepte la construction qui a beaucoup
salariés en 2010) «misé» sur les contrats à durée indéterminée comme facteur d’attractivité, on observe que
- Recherche et développement scientifique l’industrie occupe là encore une situation plutôt favorable (35 % de CDI contre 20 % dans le
(2 500 salariés en 2010) tertiaire).
- Autres activités spécialisées scientifiques Autre élément majeur des conditions d’emploi : les risques physiques auxquels sont exposés les
et techniques (3 800 salariés en 2010) salariés dans leur travail. D’une part, les accidents du travail reconnus par la CARSAT sont
- Activités de services administratifs et de proportionnellement moins nombreux dans l’industrie que dans les autres activités
soutien (34 100 salariés en 2010) économiques. D’autre part, l’exposition aux contraintes posturales et articulaires, qui constitue
le risque le plus fréquemment rencontré dans l’ensemble des postes de travail, apparaît plutôt
Moins d’emploi mais moins prégnante dans l’industrie que dans la construction et certaines activités tertiaires
plus de valeur ajoutée (transport, commerce).
Frédéric Perrier Cornet DIRECCTE Bourgogne
Évolution de l'emploi et de la valeur
Précarité Risques pour la santé
ajoutée de l'industrie Base 100 en 1990
Accidents du Salariés%140 %deCDD travail soumis à desBourgogne Valeur ajoutée Taux de d'intérimairesdans les rapportés à contraintes130 rotation % dans l'effectifFrance de embauches l’effectif posturales et
salarié120 province salarié % articulaires %
110 Industrie 17,8 64,8 6,4 4,2 79,2
100 Construction 18,1 61,0 6,0 8,2 85,8
90 Tertiaire 49,0 79,7 1,4 4,4 73,8
Emploi
80 dont commerce 37,1 77,2 1,1 3,8 80,2
Tous secteurs 37,5 77,1 3,3 4,7 76,570
60 Champ : salariés, tous établissements
Sources : Carsat, Dares, Direccte, Unedic, Urssaf - Données 2010
moyenne nationale. Les restructurations Ses effectifs ont progressé de 80 %, pas-
Source : Insee, estimations annuelles de DIM à Autun ont affaibli ce secteur qui sant de 1 340 à 2 400 salariés, alors qu’ils
d’emploi 1990 - 2009
représente désormais moins de 3 % de restaient stables en moyenne nationale.
l’emploi industriel de la région contre 6 % Ses trois principaux établissements, à
Chimie, textile, produits ily20anset9%ilya30 ans. savoir Laboratoires Urgo, Sanofi Winthrop
électroniques : forte baisse La fabrication de produits électriques, Industrie et Soc Production Pharmaceu-
électroniques et informatiques a aussi tique Hygiène, sont tous localisés dans lade l’emploi
beaucoup réduit ses effectifs, de près de zone de Dijon.
vec la fermeture de Kodak , l’industrie moitié sur la période, marquée Dans les secteurs phares de la région,Achimique est le secteur le plus touché notamment par la fermeture de Thomson métallurgie, caoutchouc-plastiques et
par la contraction de l’emploi, très et les restructurations au sein de agroalimentaire, la baisse de l’emploi est
marquée entre 2005 et 2008. Avec 2 200 Schneider Electric. un peu moins marquée que dans l’en-
emplois en 2010 contre 10 300 en 1990, ce semble de l’industrie. De fait, la spécialisa-
secteur ne pèse plus que 2 % dans tion de l’industrie régionale sur cesIndustrie pharmaceutique
l’industrie régionale contre 7 %, 20 ans secteurs s’est renforcée.en hausse
auparavant. La métallurgie a tout de même réduit de
L’industrie textile est le deuxième secteur 25 % ses effectifs, soit 6 300 emplois sup-
où l’emploi a le plus diminué en l’inverse, malgré la fermeture de primés. Dans le caoutchouc-matières plas-
Bourgogne, passant en 20 ans de 9 000 à Àdeux établissements des laboratoi- tiques, la baisse est de l’ordre de 30 %, soit
2 600 emplois, soit une baisse de plus de res Fournier, l’industrie pharmaceutique 5 000 emplois de moins. Dans l’agroali-
deux-tiers des effectifs, comparable à la a recruté entre 1990 et 2010. mentaire, l’emploi est au même niveau en
N° 179 - Octobre 2012 - © Insee Bourgogne - L’industrie en Bourgogne : diversifiée avec des spécialisations locales 5
Effectifs salariés
1990
1992
1990
1994
1993
1996
1996
1998
1999
2000
2002
2002
2005
2004
2008
2006
2008
20112010 que 20 ans plus tôt, résultat d’une hausse restructuré en plusieurs établissements.
jusqu’au début des années 2000 suivie d’une Quelques établissements font cependant excep­
baisse. tion : Michelin à Blanzy a maintenu ses effectifs,
Ivéco devenu FPT Powertrain Technologies
France s’est développé (1 100 à 1 400 emplois sala­De moins en moins de grands
riés) de même qu’Areva à Saint-Marcel, les ate­établissements
liers d’Armançon ou LDC Bourgogne.
Le nombre d’établissements de plus de 500
a baisse de l’emploi a transformé le pay­ salariés est passé de 31 en 1994 à 18 en 2010. Lsage industriel de la région. La Bourgogne Parmi eux, neuf dépassaient les 1 000 salariés
abrite ainsi moins de grands établissements et en 1994 ; ils sont trois aujourd’hui.
davantage de PME. Les établissements industriels de moins de 250
Plusieurs établissements de grande taille ont salariés concentrent désormais 71 % de l’emploi
fermé leurs portes (Kodak, DIM…). D’autres ont industriel contre 63 % en 1993.
réduit effectifs suite à des restructura­
tions et/ou à des rachats par de grands grou­ �Insee - Christine Charton,
pes industriels. Benjamin Quévat
Ugine Gueugnon, devenu Aperam Stainless
France comptait 1 800 salariés en 1994 ; ils sont
moins de 1 000 en 2010. Imphy SA, devenu
Arcelor est passé de 1 200 à 650 salariés, CMP
Kléber devenu Anvis France Decize SAS, de
1 000 à 300 salariés. Alsthom à Mâcon a égale­
ment réduit ses effectifs, 1 100 emplois en 1994,
680 en 2010 alors que Creusot Loire Industrie,
qui comptait encore 1 700 emplois en 1994, s’est
Les trois secteurs phares de la région ont renforcé leur position
Répartition de l'emploi industriel par secteurs en 1990 et en 2010
Métallurgie, fabrication de produits métalliques
Denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac
Produits en caoutchouc, plastique et autres produits minéraux
Autres industries manufacturières
Fabrication de machines et équipements n.c.a
Travail du bois, industries du papier et imprimerie 1990 2010
Fabrication de matériels de transport
Fabrication d'équipements électriques
Production et distribution d'eau, assainissement
Production et distribution d'électricité, de gaz, d'air conditionné
Textiles, habillement, cuir et chaussure
Industrie pharmaceutique
Industrie chimique
Produits informatiques, électroniques et optiques
Industries extractives
% 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Source : Insee, Clap 2010
POUR EN SAVOIR PLUS
- Les grandes zones d’emploi sont les mieux armées face aux mutations économiques.
Insee-Bourgogne Dimensions n°157. Mars 2010.
- Les services en Bourgogne : 120 000 salariés en appui des 113 000 salariés de
l’industrie. Insee-Bourgogne Dimensions n°151. Février 2009.
- Spécialisation, concentration et dépendance de l’emploi industriel en Bourgogne. Insee
Dimensions n° 114. Novembre 2004.
- Un tissu plus concentré qu’il ne semblait. Insee Première n° 1399. Mars 2012.
- L’industrie en France 2009. Insee référence web - Mai 2010.
6 N° 179 - Octobre 2012 - © Insee Bourgogne - L’industrie en Bourgogne : diversifiée avec des spécialisations locales

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