Marne-la-Vallée, troisième pôle tertiaire d'IIe-de-France

Publié par

Marne-la-Vallée fait preuve de dynamisme : depuis sa création en 1965, l'offre d'emploi a presque quadruplé, et, depuis 1990, l'est de la ville nouvelle se développe. Troisième pôle tertiaire d'Ile-de-France, Marne -la-Vallée propose aujourd'hui 107 000 emplois, dont 40 % sont pourvus par des résidents. Parmi les "navetteurs", les cadres viennent plutôt de Paris, les ouvriers de la grande couronne.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 40
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins

INSEE
ILEDEFRANCE
vec plus de 107 000 emplois, soit plus de 2 % de l’emploi franci-
lien, Marne-la-Vallée est, en 1999, la ville nouvelle francilienneAqui en offre le plus. Depuis sa création au début des années 70,
l’offre a presque quadruplé. Au cours de la dernière décennie, le rythme
de progression annuelle se ralentit, mais il atteint encore près de 3,9 %
par an contre 6,9 % sur la période 1975-1990.
Cette offre d’emploi se répartit inégalement dans les 4 secteurs d’inter-
vention de l’Etat (voir Encadré). En 1999, le secteur « Porte de Paris » re-
Marne-la-Vallée fait présente près du tiers des emplois, le « Val Maubuée » près de 40 %, le
preuve de dynamisme : « Val de Bussy » un peu moins de 20 % et enfin le « Val d’Europe » 10 %.
depuis sa création en
L’évolution de l’emploi dans chaque secteur géographique révèle parfai-1965, l’offre d’emploi a
tement les différentes périodes d’aménagement de la ville nouvelle, depresque quadruplé, et,
l’ouest vers l’est (Figure 1). Avec une progression annuelle moyenne res-
depuis 1990, l’est de la
pective de 4,3 % et de 9,8 % entre 1975 et 1999, Porte de Paris et Val
ville nouvelle se Maubuée ont pris leur essor dès 1975 : ces deux zones sont à l’origine de
développe. Troisième la création de plus de 43 000 emplois entre 1975 et 1990 grâce notam-
ment à l’implantation d’entreprises du secteur privé (IBM, Groupama,pôle tertiaire
Société française de production (SFP), Ikéa, …) et d’établissements pu-d’Ile-de-France,
blics ou d’administrations (INA, Banque de France, Cour régionale des
Marne-la-Vallée
comptes, …). Depuis 1990, l’emploi progresse à un rythme plus modéré
propose aujourd’hui dans ces deux secteurs géographiques (+ 14 000 emplois).
107 000 emplois, dont
INSTITUT Val de Bussy et Val d’Europe sont les zones les plus dynamiques au cours40 % sont pourvus par
NATIONAL DE LA de la dernière décennie. Val de Bussy a connu une première phase de déve-des résidents. Parmi les
loppement entre 1982 et 1990 (+ 3 500 emplois) qui s’est accéléré pendantSTATISTIQUE « navetteurs », les
les 10 dernières années avec la création de 6 000 postes, dont 90 % dans leET DES ETUDES
cadres viennent plutôt secteur tertiaire. L’aménagement récent du dernier secteur, Val d’EuropeECONOMIQUES
de Paris, les ouvriers de se traduit par une forte hausse de l’emploi (+ 10 000 depuis 1990), en lien
avec l’ouverture du parc d’attraction Eurodisney en 1992.la grande couronne.
ILE-DE-FRANCE
MENSUEL N° 223 - MAI 2003 - 2,2€
àlapage
Emploipostes de cadres ou professions intellectuelles supérieures. CeFigure 1 - L'emploi selon les secteurs géographiques
sont notamment des cadres administratifs et commerciaux
1975 1982 1990 1999 TCAM (%) d’entreprise et des ingénieurs et cadres techniques d’entreprise
99/90 *
travaillant souvent dans des secteurs tels que le commerce de
Porte de Paris 12,6 18,6 30,7 34,6 1,3 gros, le conseil et assistance ou les activités financières.
Val Maubuée 4,2 12,0 29,7 39,8 3,3
Val de Bussy 10,6 11,4 15,0 21,2 3,9 Les ouvriers sont très nombreux dans le Val de Bussy, dans le-
Val d'Europe 0,3 0,4 0,7 11,5 36,5 quel, en raison de la forte présence du secteur industriel, ils occu-
Marne-la-Vallée 27,7 42,4 76,0 107,0 3,9 pent 28 % des postes offerts. Dans le Val d’Europe, l’importance
Ile-de-France 4 674,5 4 704,7 5 076,0 5 042,0 -0,1 des services aux particuliers, liés au parc Eurodisney, se traduit
*Taux de croissance annuel moyen par la prépondérance des employés (40 % des postes offerts),
Source : Insee, recensements de la population, emploi au lieu de travail principalement des employés administratifs d’entreprise et des
personnels de services directs aux particuliers.
echniciens et contremaitresT
ee3 pôle tertiaire d’Ile-de-Francefortement représentés L
Les emplois offerts à Marne-la-Vallée en 1999 sont principale- En progression de 57 % depuis 1990, l’emploi tertiaire
ment des emplois salariés, dont 27 % sont situés dans le sec- concerne désormais près de 86 000 actifs : Marne-la-Vallée est
eteur public (contre 30 % au niveau régional). L’emploi public devenue le 3 pôle tertiaire d’Ile-de-France, derrière Paris et La
est concentré à l’ouest de la ville nouvelle où sont localisés des Défense. Le commerce, les services aux particuliers (dont les
établissements publics ou administrations tels que l’ANPE et activités récréatives, culturelles et sportives et dans une
l’Ecole nationale du Trésor. L’emploi non salarié est peu déve- moindre mesure les hôtels et restaurants), les services aux en-
loppé (6 % des emplois). Commerçants et professions libéra- treprises et le secteur de l’éducation, de la santé et de l’action
les sont donc relativement peu représentés. Employés et sociale sont les principaux secteurs d’activité. En 1999, chacun
professions intermédiaires sont les plus nombreux : chacune d’entre eux offre près de 15 % des emplois de la ville nouvelle.
de ces catégories représente environ 28 % des emplois. Les ca- Inclus dans les services aux entreprises, les activités de
dres occupent un emploi sur cinq en 1999 (comme en 1990), conseils et d’assistance et les services opérationnels recrutent
de même que les ouvriers (contre un sur quatre en 1990). plus souvent des cadres d’entreprise (et notamment des ingé-
nieurs) ou des techniciens. De plus, les services opérationnels
Comparée à la région francilienne, la ville nouvelle se caracté- (comprenant les services de nettoyage, d’enquêtes et de sécuri-
rise par une surreprésentation des professions intermédiaires té) font également plus souvent appel à des ouvriers (32 % des
(et plus particulièrement des techniciens et des contremaîtres emplois de ce secteur).
ou agents de maîtrise) et des ouvriers non qualifiés, au détri-
ment relatif des cadres (Figure 2). L es secteurs géographiques
Les secteurs les plus anciens, Porte de Paris et Val Maubuée,
Marne-la-Vallée est l’une des cinq villes nouvelles franciliennes : créée enfournissent 69 % des emplois de Marne-la-Vallée, et 78 % des
1965, elle gardera son statut jusqu’en 2017.
Elle s’étend aujourd’hui sur 15 000 hectares et regroupe 26 communes ré-
Figure 2 - Les catégories socioprofessionnelles parties sur trois départements d’Ile-de-France : le Val-de-Marne, la
Seine-Saint-Denis et la Seine-et-Marne. Marne-la-Vallée est découpée en 4par secteur géographique en 1999
secteurs géographiques répartis comme suit :
%
40,0
Secteur I Porte de Paris 3 communes : Noisy-le-Grand, Bry-sur-Marne et
Villiers-sur-Marne.30,0
Secteur II Val Maubuée 6 communes : Champs-sur-Marne,
Croissy-Beaubourg, Emerainville, Lognes,
20,0 Noisiel, Torcy.
Secteur III Val de Bussy 12 communes : Bussy-Saint-Georges,
Bussy-saint-Martin, Chanteloup-en-Brie,
10,0 Collégien, Conches-sur-Gondoire,
Ferrières-en-Brie, Gouvernes, Guermantes, Jos-
signy, Lagny-sur-Marne, Montevrain, Saint-Thi-
bault-des-Vignes.0,0
Porte Val ValVal Marne- Ile-
Secteur IV Val d'Europe 5 communes : Bailly-Romainvilliers, Chessy,de Maubuée de d'Europe la- de-
Coupvray, Magny-le-Hongre, Serris.Paris Bussy FranceVallée
Des structures d’aménagement, sous forme d’Etablissements publicsAgriculteurs exploitants* Artisans, commerçants et chefs d'entreprise
Cadres et professions intellectuelles supérieures Professions intermédiaires d’aménagement (EPA) ont été créées pour accompagner le développement
OuvriersEmployés de la ville nouvelle : la première, EPAMARNE, est en charge des trois pre-
miers secteurs, la seconde, EPAFRANCE, agit sur le Val d’Europe. Ces éta-
blissements disposent de la maîtrise foncière des terrains qu’ils aménagent* Les agriculteurs exploitants représentent moins de 0,2 % des emplois
Source : Insee, recensement de la population 1999 - emploi au lieu de travail et commercialisent.Figure 3 - Lieu de résidence des actifs cupée (+16 000). Toutefois, Marne-la-Vallée ne propose que
travaillant à Marne-la-Vallée 0,84 emploi par actif occupé aux employés qui représentent
pourtant près du tiers des résidents.
Artisans, commerçants
et chefs d'entreprise
(4,2 %) Avec respectivement 0,77 et 0,89 emploi par actif occupé,
Cadres et professions Porte de Paris et Val de Bussy souffrent encore d’un déficit
intellectuelles supérieures
(20,4 %) d’emplois par rapport à leur population active occupée, même
s’il s’est encore réduit pendant la dernière décennie. ParProfessions intermédiaires
(27,6 %) contre, l’équilibre est atteint pour Val Maubuée, et Val d’Eu-
rope offre un excédent d’emplois lié à l’ouverture du parc d’at-Employés
(28,4 %) traction Eurodisney : 1,8 emploi par actif occupé en 1999
contre seulement 0,29 en 1990.
Ouvriers
(19,3 %)
Contrairement aux trois autres secteurs, Val de Bussy est le
Ensemble
seul à proposer moins d’emplois par actif occupé qu’en 1990
(- 0,12) en raison d’une progression plus importante de la po-
0 20 40 60 80 100%
pulation active occupée (+ 7 500 contre + 6 200 emplois).
Marne-la-Vallée Paris Petite couronne (hors Marne-la-Vallée)
Grande couronne (hors Marne-la-Vallée) Province uatre emplois sur dixQ
pourvus par des résidents
Lecture : 27,5 % des cadres travaillant à Marne-la-Vallée y résident. Ce taux est de 49,6 %
pour les employés. Proche de la capitale avec le secteur Porte de Paris en petiteSource : Insee, recensement de la population 1999 - emploi au lieu de travail
couronne, Marne-la-Vallée en est également éloignée par ses
trois secteurs géographiques situés en grande couronne, dont
La présence de grandes banques, assurances ou organismes de le dernier se trouve à plus de 30 km de Paris. Cette caractéris-
crédit (BNP, Crédit Lyonnais, Groupama, DIAC…) témoigne tique longitudinale détermine l’aire de recrutement de la ville
de l’attrait de la ville nouvelle et plus particulièrement du secteur nouvelle (Figure 3).
Porte de Paris qui propose 1,5 fois plus d’emplois dans les acti-
vités financières que la moyenne régionale. Les cadres et les em- Quatre emplois sur dix à Marne-la-Vallée, soit près de
ployés administratifs d’entreprise occupent respectivement un 43 700, sont pourvus par des actifs résidant dans l’un
tiers des emplois de ce secteur, les professions intermédiaires des secteurs de la ville nouvelle. Porte de Paris et Val de Bussy
administratives ou commerciales un cinquième. sont les deux zones qui emploient le plus de résidents (près du
tiers), Val Maubuée un peu plus du quart. Dans le Val d’Eu-
Le secteur tertiaire s’est également développé autour de nom- rope, secteur au développement économique récent et au taux
breux centres de formation et de recherche comme la zone d’emploi net très élevé, les emplois sont occupés par moins
scientifique de la cité Descartes située dans le Val Maubuée d’un résident sur cinq, mais 18 % des actifs qui y travaillent
(Ecole nationale des Ponts et Chaussées, Ecole d’architecture, proviennent des trois autres secteurs géographiques.
Institut français d’urbanisme…).
Près des deux tiers des emplois des artisans, commerçants et
e secteur industriel conforte sa position chefs d’entreprise sont pourvus par des résidents. A l’opposé,L
les non-résidents occupent 72 % des postes de cadres offerts
En 1999, 2,3 % des emplois industriels offerts dans la région, en raison de l’excédent d’emplois de cadres comparé au profil
soit plus de 15 500, sont situés à Marne-la-Vallée contre 1,6 % des résidents actifs occupés. D’une part, certains cadres ont
en 1990. Les secteurs de l’agroalimentaire et des biens d’équi- privilégié un cadre de vie en résidant à Marne-la-Vallée, même
pement y sont respectivement 2 et 1,4 fois plus développés si leur lieu de travail est plus éloigné. D’autre part, suite au dé-
qu’en moyenne régionale. D’importants établissements em- ménagement de leur entreprise en ville nouvelle, nombre de
ployeurs, tels que Nestlé, William Saurin et Herta, s’y sont en cadres travaillent désormais à Marne-la-Vallée, mais ne s’y
effet installés, et plus particulièrement dans le Val Maubuée et sont pas pour autant installés.
le Val de Bussy.
P our en savoir plusers un équilibre globalV
entre population active occupée et emploi
Insee - Iaurif : « Qui travaille en ville nouvelle ? », Atlas des Franciliens,
tome 4 (à paraître).En 1999, l’équilibre entre le nombre d’emplois offerts et celui
Fouchier V. : « Villes nouvelles : données récentes », Regards surdes actifs occupés résidents est presqu’atteint : Marne-la-Vallée
l’Ile-de-France n° 42, décembre 1998.propose 0,94 emploi par actif occupé résident. Ce niveau est lé-
Chevalier H. : « Villes nouvelles et localisation des entreprises », Regardsgèrement inférieur à celui de l’ensemble des 4 autres villes nou-
sur l’Ile-de-France n° 35, mars 1997.velles franciliennes (1,09) et de la région (1,04). Depuis 1990,
Marne-la-Vallée s’est rapprochée de l’équilibre : l’offre d’emploi Aubry B., Zin El Abidine K. : « Les villes nouvelles en Ile-de-France »,
Insee Première n° 377, juin 1995.(+31 000) a en effet progressé plus que la population active oc-Figure 4 - Aire de recrutement de Marne-la-Vallée
Source : Insee, recensement de la population 1999
Parmi les 63 400 actifs travaillant à Marne-la-Vallée, mais n’y rési- souvent à Paris que les autres navetteurs (22,8 % contre
dant pas, près de la moitié habitent dans la grande couronne, plus 7,8 %) et seulement un tiers d’entre eux habitent en grande
du tiers dans la petite couronne et 11,5 % à Paris. La présence et le couronne (contre la moitié pour les autres).
développement des infrastructures routières (autoroute A4, Fran-
cilienne vers l’aéroport de Roissy) et des transports en commun L’aire de recrutement la plus étendue est celle du secteur ter-
(ligne A du RER, gare TGV de Chessy) déterminent l’aire de re- tiaire : elle donne donc la physionomie globale de l’aire de
crutement des actifs située le long des axes reliant Paris et recrutement de Marne-la-Vallée. En effet, près des trois
Marne-la-Vallée ainsi que leur moyen de transport : près des deux quarts des navetteurs travaillent dans le tertiaire : parmi eux,
tiers des navetteurs utilisent la voiture pour aller travailler et un plus de 40 % travaillent dans les activités de commerce ou
quart les transports en commun. de services aux entreprises. Un sur six occupe un poste dans
le secteur industriel. Représentant un tiers des navetteurs
travaillant dans ce secteur d’activité, les ouvriers viennent
es cadres « navetteurs » viennent de Paris,L majoritairement de grande couronne.
les ouvriers de la grande couronne
En raison de sa proximité avec Paris, l’aire de recrutement de la
ville nouvelle (Figure 4) est décalée vers la capitale. De plus, les Nathalie MORER
cadres - un quart des navetteurs - résident près de trois fois plus Service études et diffusion
Directeur de la publication : Alain Charraud - Comité de rédaction : Brigitte Belloc
INSTITUTNATIONAL Rédacteur en chef : Jean-François Moreaux - Secrétaire de rédaction : Josette Siriostis
DELASTATISTIQUE Conception graphique : Muriel Granet - Maquette : Vincent Bocquet - Impression : Comelli
Abonnements : Agnès Vavasseur - Tél. : 01 30 96 90 75 - Fax : 01 30 96 90 67ETDESETUDESECONOMIQUES
Tarif : 12 numéros par an - France : 24€€- Etranger : 30 - Le numéro : 2,2€
Vente par correspondance : Tél. :0130969099- Fax :0130969027- Internet :www.insee.fr/ile-de-franceDirection régionale d’Ile-de-France
Vente sur place : Insee Info Service - Tour Gamma A - 195, rue de Bercy - 75582 Paris cedex 12 - Tél. : 01 41 17 66 11 - Fax : 01 53 17 88 097, rue Stephenson - Montigny-le-Bretonneux
er© Insee 2003 ISSN 0984-4724 - Dépôt légal : 1 semestre 2003 - Commission paritaire n°2133 AD --Code Sage I032235278188 Saint-Quentin-en-Yvelines cedex

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.