Regards : Autour d'Estrées-Deniécourt : un territoire rural dynamique

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Entre Amiens et Saint-Quentin, le territoire d'Estrées-Deniécourt, dominé par les grandes cultures agricoles, est rural, industriel et ouvrier. En dehors de Péronne, un maillage de bourgs ruraux organise la vie locale et contribue au maintien de la population dans les zones les plus reculées. Le tissu industriel est diversifié : spécialisé dans l'agro-alimentaire, il contient également les filières de la chimie, de la métallurgie et du textile. Sa situation géographique et ses infrastructures de transport ont permis au territoire un développement des activités tertiaires, en particulier du transport et de la logistique. Grâce à ces facteurs, le chômage est sous la moyenne départementale, en dépit d'un faible degré de qualification des actifs.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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REGARDS Août 2005
Territoire Autour d’EstréesDeniécourt : un territoire rural dynamique
Entre Amiens et SaintQuentin, le territoire d’EstréesDeniécourt, dominé par les grandes cultures agricoles, est rural, industriel et ouvrier. En dehors de Péronne, un maillage de bourgs ruraux organise la vie locale et contribue au maintien de la population dans les zones les plus reculées. Le tissu industriel est diversifié : spécialisé dans l’agroalimentaire, il contient également les filières de la chimie, de la métallurgie et du textile. Sa situation géographique et ses infrastructures de transport ont permis au territoire un développement des activités tertiaires, en particulier du transport et de la logistique. Grâce à ces facteurs, le chômage est sous la moyenne départementale, en dépit d’un faible degré de qualification des actifs.
Line Leroux Catherine Renne
1 Au recensement de population de 1999.
e territoire d’EstréesDeniécourt défini dans cette L1 analyse comme un périmètre étendu à 30 kilomètres autour de cette commune de 228habitants du département de la Somme, présente des paysages très ruraux. Situé entre Amiens, capitale et principal pôle économique de la région, et SaintQuentin première agglomération de l’Aisne, ce territoire recouvre l’essentiel du plateau du Santerre. Au sud, il s’étend dans l’Oise sur une partie du plateau picard vers Noyon. Au nord, en direction d’Arras, la zone intègre une quarantaine de communes de la région du NordPasdeCalais dont Bapaume, la principale, abrite 4 300 habitants.
Composé d’un peu plus de 400 communes, le territoire d’EstréesDeniécourt regroupe au total 178 400habitants et 55500 emplois au dernier recensement de la population de 1999. Dominé par les grandes cultures agricoles, il se caractérise par un habitat dispersé : la densité de population n’est que 2 de 64 habitants au km , ce qui est bien en dessous des moyennes déjà peu élevées enregistrées dans la 2 2 Somme (90 hab/km ) et en Picardie (96 hab/km ).
À moins de 10 kilomètres d’EstréesDeniécourt, Péronne et sa périphérie proche, avec 14 000 habitants et un peu plus de 7 000 emplois, constituent le noyau urbain de la zone. A l’ouest et à l’est, une partie des villages situés audelà de 10 kilomètres autour d’EstréesDeniécourt se trouvent déjà sous l’influence urbaine d’Amiens ou de SaintQuentin à environ 20 minutes.
Le reste du territoire, soit au total les trois quarts des communes où résident les deux tiers de la population, s’assimile en revanche toujours au monde rural agricole. Pour ces campagnes plus éloignées des centres urbains, sept petites villes, Albert, Roye, Bapaume, Ham, Moreuil, Nesle et Montdidier, réparties de façon homogène sur le territoire, structurent la vie locale. De 2 500 à 10 000 habitants et comprenant entre 1 500 et 5 000 emplois, ces bourgs ruraux ont conservé une réelle autonomie dans leurs activités économiques, puis dans leurs fonctions commerciales et de services. Ils offrent ainsi à la population locale, un accès à l’emploi, aux commerces et aux services publics et privés, (y compris les services de santé et d’éducation) de bonne qualité à proximité. En 2004, la densité des équipements pour
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10 000 habitants est pour la plupart des commerces et services conforme à la moyenne régionale.
De surcroît, le territoire, situé sur l’axe de communication ParisLille bénéficie d’une situation géographique privilégiée, proche des grands axes de circulation de niveau européen. Avec l’autoroute A1, la ligne et la gare TGV située à AblaincourtPressoir à environ 3 km d’EstréesDeniécourt, le canal du Nord, la nationale et l’autoroute Amiens SaintQuentin, il dispose d’une desserte en infrastructures de transports bien développée.
Des campagnes relativement peuplées
Tous ces facteurs ont assurément contribué au maintien d’un niveau de population plus élevé que dans d’autres zones rurales. Depuis le début des années 1960, le territoire d’EstréesDeniécourt enregistre une croissance de sa population modérée, alors que de nombreuses campagnes françaises sont confrontées à l’exode rural. Entre 1962 et 1999, la population a augmenté de 6,3% ce qui représente au total 10 800 habitants de plus.
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Répartition de la population active occupée par catégorie socio rofessionnelle au lieu de travail du territoire d'EstréesDeniécourt Évolution 199099 Part en % en % A riculteursex loitants5,6 40,9 Artisans 3,710,1 Commer ants2,6 24,6 Chefs d'entrerise 10 salariés oulus 0,66,5 Professions libérales0,8 6,3 Cadres fon.ub, rof.intel. et art.2,4 30,9 Cadres d'entrerise 3,021,9 Prof. interm. ensein., santé, fon.ub. 6,719,0 Prof. interm. admin et commerc. entr.4,0 47,3 Techniciens 2,720,8 Contremaîtres, aents de maîtrise2,8 5,1 Em lo ésde la fonctionubli ue9,4 29,9 Em lo ésadministratifs d'entrerise 4,93,0 Em lo ésde commerce2,8 22,0 Personnels. serv. directs auxarticuliers 5,859,9 Ouvriers ualifiés21,5 4,8 Ouvriers nonualifiés 15,612,8 Ouvriers aricoles 5,05,1 Total 100,02,2 Source : Insee  Recensement de la population 1999 (exploitation complémentaire, au lieu de travail) et 1990 (sondage au quart, au lieu de travail)
Salaire brut horaire moyenar activitéen 2002 Unité : euros 20 km autour Picardie France d'Estrées Industries aroalimentaires 12,9113,26 12,54 Industries des biens de consommation10,39 13,96 15,69 Industrie automobile10,99 14,64 15,82 Industries des biens d'éui ements16,22 14,33 16,58 Industries des biens intermédiaires12,87 14,12 14,35 Éner ie16,06 16,30 19,77 Construction 11,2512,45 13,22 Commerce 10,6812,05 12,90 Trans orts10,69 11,56 13,25 Activités financières15,52 17,00 21,65 Activités immobilières12,47 12,61 14,02 Services aux entrerises  intérim10,18 10,73 10,96 Services aux entrerises  hors intérim13,08 13,56 17,07 Services auxarticuliers 9,539,99 11,53 Éducation, santé et action sociale11,99 13,14 13,46 Administration 14,1214,53 15,08 Ensemble 12,2713,04 14,48 Source : Insee  Dads 2002
Jusqu’en 1990, la croissance démographique tenait uniquement à l’excédent des naissances sur les décès. Entre 1990 et 1999, elle a été plus rapide grâce 2 à un excédent des arrivées d’environ 2 000 habitants sur les départs. Les progressions de population les plus marquées ont été enregistrées dans les communes les plus proches d’Amiens. Elles correspondent en partie, à l’extension de la zone de desserrement de l’habitat de la capitale. En revanche, les communes polarisées par SaintQuentin ont toujours tendance à perdre de la population.
Les arrivées récentes de population dans la zone sont plutôt des familles; des adultes de plus de 30 ans accompagnés de leurs enfants, et des personnes âgées de plus de 60 ans. L’essentiel des nouveaux habitants vient d’Amiens, puis SaintQuentin et Paris. Les départs concernent essentiellement les jeunes de 15 à 30 ans qui partent en ville poursuivre leur scolarité ou trouver un premier emploi.
La structure d’âge du territoire est assez caractéristique d’une zone rurale : les retraités déjà bien représentés ont renforcé leur poids dans la population en 1999. Comparativement à la moyenne départementale, les 3550 ans sont surreprésentés, de même, les familles avec couples, en particulier celles sans enfant.
Parallèlement à l’expansion démographique, le nombre de logements s’est accru de 8,1% depuis 1982. Le poids des résidences principales s’est nettement affirmé au détriment de celui des résidences secondaires et des logements vacants : en 1999, 87,4 % des logements sont des résidences principales.
Une terre de grandes cultures… Recouvrant l’essentiel du plateau du Santerre, l’appareil productif se distingue par une forte présence de l’agriculture et des industries. Comme à l’échelle nationale, le territoire d’EstréesDeniécourt connaît toutefois depuis 1975 un renouvellement de son tissu productif, se traduisant par une baisse significative des emplois agricoles et industriels, redéployés en direction des activités tertiaires.
Entre 1990 et 1999, l’emploi a bénéficié d’une évolution de 2,2%, soit environ 1200 emplois supplémentaires. Appartenant principalement aux secteurs tertiaires, ces emplois ont été créés dans un rayon de 20 à 30 km autour d’EstréesDeniécourt.
L’agriculture occupe une grande place dans l’activité économique de ce territoire rural : 11,6% des emplois en 1999 y sont consacrés, ce qui représente près de 6500 actifs occupés. Cette proportion d’emplois agricoles dépasse largement
2 Solde migratoire calculé à partir de l’exploitation complémen taire du RGP 1999.
celles observées dans la Somme (6%) et en Picardie (4,9 %).En 2000, 2798 exploitations agricoles ont été recensées autour d’EstréesDeniécourt couvrant 226 740hectares. Au total, 96,2% des terres sont labourables et l’activité agricole repose à 76,3% sur     ! les grandes cultures: céréales, pommes de terre,    &'(   2  betteraves et légumes. > > >  > * : *> >  > …et d’industries >" 2>  ?4 @ *>  > De même, à l’image de la région, le tissu >  " >  industriel est dense, dominé par les implantations en > >  >        milieu rural de grands établissements sous le contrôle            8   de groupes français ou étrangers. En 1999, l’industrie                !   " emploie 28% des actifs travaillant sur le territoire >  " > 4" 4>" >d’EstréesDeniécourt. Les filières caractéristiques de l’industrie picarde à savoir, les industries chimiques, >" > > 6>" >  : de la métallurgie et du textile y sont bien représentées.   > Avec l’implantation d’Airbus à Méaulte (près    Ad’Albert), site employant plus de 1000 salariés, "   la filière aéronautique apparaît dans la région   spécifique à la zone. ! !"-"- ##"- $$"- = ="--   Les industries agroalimentaires sont une autre      spécialité du territoire. Elles regroupent 9% des emplois, soit au total 5000 personnes. Parmi les grand nts,Bonduelle et BPL Légumes à Estrée ilycerà Faverolles, SaintLouis à Eppeville et bien d’autres ment sur place les productions des            0!<        cultures agricoles. En 2005, le site uction de Flodor à Péronne, qui t un peu plus de 200 salariés, a s portes.
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n in,la situation géographique de la e, ses nombreuses infrastructures de sport et la présence des grands ssements industriels favorisent le ppement des activités tertiaires, en ulier du transport, de la logistique et rvices aux entreprises. Ces secteurs tent plusieurs établissements tants : ACR logistique à Roye, Pro nne et un grand entrepôt TM Logistique à Chaulnes.
ion active progresse  ns En 1999, 77 700 actifs résident dans ne d’EstréesDeniécourt, ce qui sente une augmentation de 6,7% au ingt dernières années. Entre 9, l’entrée régulière de jeunes ctive et le développement de minine ont permis une us rapide du nombre d’actifs la période 19821990.
P oulation active du teritoire d'EstréesDeniécourt Po p u la tio na c tiveÉ vo lu tio nÉ vo lu tio n e n1999 199099(% )198290 (%) T e rrito ired 'E stré e s77 7126,3 0,4 So mme244 0254,9 1,7 Pic a rd ie835 8595,9 5,2 So u rc e: In se e  Re c e n se me n ts d e la p o p u la tio n 1982, 1990 e t 1999
Dem andeursd'em plois au sein du territoire d'EstréesDeniécourt au 31 mars 2005 Ho mme sFe mme sE n se mb le 10 km au to u rd ’E stré e s457 517974 20 km au to u rd ’E stré e s1 5761 6723 248 30 km au to u rd ’E stré e s3 6963 9657 661 So u rc e: A g e n c e n a tio n a le p o u r l’e mp lo i
Définitions Les demandeurs d’emplois sontdes personnes sans emploi immédiatement disponibles, tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, à la recherche d’un emploi à durée indéterminée à temps plein pour la catégorie 1 à durée indéterminée à temps partiel pour la catégorie 2 et à durée déterminée, temporaire ou saisonnier pour la catégorie 3. La population activela population ayant un emploi, les comprend chômeurs et les militaires du contingent. Un établissementest une unité géographique dans laquelle se réalise l’activité d’une entreprise. Une entreprise peut comporter un ou plusieurs établissements.
En 1999, plus de 80% des emplois sont occupés par la population locale dont près de la moitié dispose d’un travail dans sa commune de résidence. Au total, 9 800 emplois sont occupés par un extérieur venant principalement des pôles d’emploi d’Amiens ou de SaintQuentin. De la même manière, parmi les 20 600 actifs résidents qui travaillent en dehors du territoire d’EstréesDeniécourt, la plupart se dirige vers les pôles économiques les plus proches à savoir Amiens et SaintQuentin. Environ 1600 actifs travaillent sur Paris.
La population active de la zone se caractérise en 1999 par une sous représentation des femmes dont le taux d’activité est de 59,6% contre 61,1% pour la Picardie. Sa répartition par catégorie socio professionnelle est à l’image des activités présentes dans la zone et notamment de la place importante de l’industrie. En 1999, les ouvriers représentaient 22,4 % de cette population (contre 18,9% dans la Somme). Les cadres et professions intellectuelles supérieures sont en revanche sous représentées (2,9 % dans la zone contre 4,2% dans la Somme).
Les niveaux de formation de la population active sont inférieurs à la moyenne régionale. Parmi les moins de 40 ans, 22% ont terminé leurs études sans diplôme contre 19% en Picardie et 17,5% seulement détiennent un diplôme supérieur au baccalauréat contre 21,2%.
Un chômage sous la moyenne départementale
En dépit de l’écart des niveaux de formation, la zone bénéficie d’un niveau de chômage inférieur à celui de la Somme. Au 31 mars 2005, il représente 3 environ 10,8 %de la population active contre 11,3 % pour le département.
4 Parmi les 7600 demandeurs d’emploisde la zone, environ 52 % sont des femmes et 23 % des jeunes de moins de 25 ans. Un tiers des chômeurs sont des ouvriers et la moitié des employés. Parmi les femmes inscrites au chômage, environ 20% sont ouvrières et 69 %employées.
Le nombre de chômeurs inscrits depuis plus d’un an a progressé de 11,4% par rapport à 2004. Ils représentent désormais un tiers des demandeurs d’emploi. Parmi eux 55% sont des femmes.
3 Taux de chômage de la zone d’emploi du SanterreSomme. 4 Demandeurs d’emplois de catégorie 1,2 et 3.
Pour en savoir plus « La Picardie et ses zones d’emploi » Insee Picardie Dossier n°312002 « Lesterritoires vécus de la Picardie: le rôle des pôles ruraux » InseePicardie Relais n°1092002 Line Leroux
Insee Picardie1, rue Vincent Auriol 80040 AMIENS CEDEX 1Téléphone : 03 22 97 32 00Télécopie : 03 22 97 32 01 Directeur de la Publication :Pascal SEGUINRédacteur en chef :Catherine LEPINMaquette Insee Picardie
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