Répartition géographique des emplois

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Les grandes villes concentrent les fonctions intellectuelles, de gestion et de décision Les fonctions exercées à Paris, dans les capitales régionales, dans les petites villes ou dans l’espace rural ne sont pas les mêmes. En 2006, les fonctions liées aux prestations intellectuelles, à la conception-recherche, au commerce inter-entreprises, à la gestion ou à la culture et aux loisirs représentent un quart de l’emploi national, contre un cinquième en 1982. Elles restent très concentrées dans la capitale, mais se développent dans les métropoles régionales. Les cadres occupant ces fonctions, dites « métropolitaines », travaillent essentiellement à Paris, malgré un rééquilibrage récent au profit des grandes villes de province. La présence de cadres des fonctions métropolitaines est un indicateur du rayonnement des grandes villes. Ainsi, Paris (avec 18 % de ses emplois en 2006), Grenoble et Toulouse (14 %) sont en première position de ce classement. Par ailleurs, les fonctions destinées à fournir des services à la population (santé-social, éducation-formation, administration publique, distribution, services de proximité) représentent 42 % de l’emploi, contre 31 % en 1982. Elles se développent de façon uniforme sur le territoire, en fonction de la présence de la population. Enfin, parmi les fonctions de production concrète, il n’y a pas que les emplois agricoles qui se localisent à l’écart des villes. Le bâtiment et les travaux publics ainsi que la fabrication sont également concernés. Le nombre d’emplois relevant de ces fonctions est en forte baisse. Répartir les professions exercées par les actifs en quinze ensembles Cinq fonctions concentrées dans les aires urbaines Les cadres des fonctions métropolitaines : essentiellement à Paris Une déconcentration au profit des métropoles régionales La répartition par fonctions des cadres des fonctions métropolitaines traduit des spécificités locales Les professions au service de la population : une répartition uniforme sur le territoire Les fonctions de production concrète s’éloignent des villes Encadrés Le regroupement des professions en quinze fonctions La répartition de l’emploi sur le territoire : d’une analyse sectorielle à une analyse par fonction
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 1278 - FÉVRIER 2010
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Répartition géographique des emplois
Les grandes villes concentrent les fonctions
intellectuelles, de gestion et de décision
Cyrille Van Puymbroeck, pôle Synthèses locales
et Robert Reynard, direction régionale de Rhône-Alpes, Insee
es fonctions exercées à Paris, dans les Les professions liées aux services à la popula-
tion, relevant de l’économie dite « présentielle »,capitales régionales, dans les petites
et les fonctions dites « abstraites », telles que laLvilles ou dans l’espace rural ne sont
conception-recherche ou les prestations intel-
pas les mêmes.
lectuelles, se développent simultanément. En
En 2006, les fonctions liées aux prestations revanche, les fonctions de « production con-
intellectuelles, à la conception-recherche, au crète » déclinent. Les processus de production
commerce inter-entreprises, à la gestion ou à se complexifient, les relations entre industrie et
services s’intensifient, les entreprises se diversi-la culture et aux loisirs représentent un quart
fient et externalisent.de l’emploi national, contre un cinquième en
La localisation de ces fonctions sur le territoire
1982. Elles restent très concentrées dans la
et leurs évolutions permettent de comprendre
capitale, mais se développent dans les métro- et d’anticiper les mutations économiques
poles régionales. (encadré 2). Ce ne sont pas les mêmes fonc-
Les cadres occupant ces fonctions, dites tions qui se localisent à Paris, dans les grandes
villes de province, dans les plus petites villes ou« métropolitaines », travaillent essentielle-
dans l’espace rural.ment à Paris, malgré un rééquilibrage récent
au profit des grandes villes de province. La
présence de cadres des fonctions métropoli- Cinq fonctions concentrées
taines est un indicateur du rayonnement des dans les aires urbaines
grandes villes. Ainsi, Paris (avec 18 % de ses
Un quart des emplois nationaux appartiennentemplois en 2006), Grenoble et Toulouse (14 %)
aux fonctions de gestion, de conception-recherche,sont en première position de ce classement.
de prestations intellectuelles, de commerce
Par ailleurs, les fonctions destinées à fournir
inter-entreprises et de culture-loisirs. Dans l’aire
des services à la population (santé-social, urbaine (définitions) de Paris, leur proportion
éducation-formation, administration publique, atteint 37 %, contre 14 % hors aires urbaines.
distribution, services de proximité) représen- Le nombre d’emplois relevant de ces cinq fonc-
tions décroît proportionnellement à la taille des airestent 42 % de l’emploi, contre 31 % en 1982.
urbaines et atteint un plancher dans l’espaceElles se développent de façon uniforme sur le
rural (tableau 1). Ces fonctions sont qualifiées de
territoire, en fonction de la présence de la
« métropolitaines », c’est-à-dire propres aux villes.
population. Quelques éléments caractéristiques des gran-
Enfin, parmi les fonctions de production des villes expliquent en partie la localisation de
concrète, il n’y a pas que les emplois agri- ces fonctions dans les agglomérations : den-
sité des réseaux de transport, taille du bassincoles qui se localisent à l’écart des villes.
d’emploi, présence de services rares et deLe bâtiment et les travaux publics ainsi que la
main-d’œuvre qualifiée.
fabrication sont également concernés. Le
Entre 1982 et 2006, la répartition géographique des
nombre d’emplois relevant de ces fonctions fonctions métropolitaines se rééquilibre au pro-
est en forte baisse. fit des grandes villes de province, essentiellement
dans les aires urbaines de plus de 200 000 emplois.
La répartition des professions en quinze grandes Ceci est assez net pour la conception-recherche,
fonctions (encadré 1) permet de compléter l’ap- mais ne suffit pas à remettre en cause la prédo-
proche classique de l’emploi par secteur d’activité. minance de la capitale.
INSEE
PREMIERE Répartition des emplois selon la taille des aires urbaines et les fonctions en 2006 (en %)Les cadres des fonctions
métropolitaines :
Aires urbaines Aires urbaines Aires urbaines
Ensembleessentiellement à Paris Aire urbaine de plus de de 50 000 à de moins Hors aires
(France
de Paris 200000emplois 200 000 de 50 000 urbaines
métropolitaine)
Au sein des cinq fonctions métropolitai- (horsParis) emplois emplois
nes, les cadres, les professions intellec- Agriculture 0,3 1,1 1,8 2,6 10,9 3,1
tuelles et les chefs d’entreprise Fabrication 6,5 8,2 10,5 12,5 14,0 10,2
Bâtiment, travaux publics 4,4 6,0 6,7 7,0 8,8 6,5représentent 37 % des emplois, qualifiés
Distribution 6,8 7,8 8,4 8,9 7,3 7,8de cadres des fonctions métropolitaines.
Services de proximité 9,6 9,0 9,0 9,4 11,0 9,6Entre 1982 et 2006, le nombre de ces
Santé, social 7,2 9,1 9,2 9,3 6,7 8,3
emplois a doublé : 1,1 million en 1982,
Éducation, formation 5,0 5,5 5,8 5,6 4,5 5,3
contre 2,3 millions en 2006. Leur part
Administration publique 9,2 9,3 9,5 9,3 6,4 8,8
progresse de façon régulière : de 5,2 %
Transports, logistique 8,1 8,3 8,6 8,5 8,3 8,4
en 1982 à 9,1 % en 2006. Dans l’aire
Entretien, réparation 5,7 7,1 8,0 8,3 8,2 7,4
urbaine de Paris, ils sont plus du double
Gestion 18,5 14,7 13,1 11,3 7,9 13,3
de la moyenne nationale (18,3 %), soit
Conception, recherche 4,9 3,8 2,1 1,5 1,1 2,8
1 million d’emplois sur les 2,3 millions au
Prestations intellectuelles 5,0 3,7 2,6 1,9 1,5 3,0
niveau national (tableau 2). La part des
Commerce inter-entreprises 5,1 4,2 3,2 2,6 2,1 3,5
cadres des fonctions métropolitaines est Culture, loisirs 3,8 2,0 1,5 1,4 1,4 2,1
un indicateur de l’insertion des villes Ensemble (emploi total) 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
dans l’économie de la connaissance et Nombre d’aires urbaines 1 13 51 289 0 354
Nombre total d’emplois 5 561 906 5 081 964 5 145 684 4 890 641 4 580 975 25 261 171de leur rayonnement décisionnel.
Même si Paris maintient sa prédomi- Note : les cases colorées en rose affichent une part d'emploi significativement supérieure à la moyenne nationale, et inversement
pour les cases colorées en gris.nance, les cadres des fonctions métro-
Lecture : dans l'aire urbaine de Paris, 0,3 % des emplois relèvent de la fonction « agriculture ».
politaines augmentent au sein des Source : Insee, recensement de la population de 2006 (exploitation complémentaire au lieu de travail).
treize aires urbaines de plus de
Part des cadres des fonctions métropolitaines (CFM) dans les aires200 000 emplois : + 5 points entre
urbaines de plus de 200 000 emplois1982 et 2006, soit 10,5 % de l’emploi
en 2006.
Nombre total Nombre de CFM Part des CFM Part des CFM
Nom de l’aire urbaine
d’emplois en 2006 en 2006 en 2006 (en %) en 1982 (en %)
Paris 5 561 906 1 019 219 18,3 10,7Une déconcentration au profit
Grenoble 250 569 35 186 14,0 7,3
des métropoles régionales Toulouse 504 757 69 151 13,7 6,0
Lyon 811 214 98 024 12,1 6,5
Toutes les aires urbaines de plus de Montpellier 212 487 23 374 11,0 6,1
Nantes 351 665 36 770 10,5 5,4200 000 emplois ne sont pas concer-
Strasbourg 293 669 29 660 10,1 6,0nées de la même manière par ce réé-
Rennes 274 228 27 558 10,0 4,3
quilibrage des cadres des fonctions
Lille 498 654 49 547 9,9 5,2
métropolitaines. Ces emplois voient
Nice 385 430 37 489 9,7 5,8
leur importance s’accroître particulière- Marseille - Aix-en-Provence 620 766 59 137 9,5 5,7
ment dans les aires urbaines de Tou- Bordeaux 448 751 42 559 9,5 5,5
Rouen 219 850 15 222 6,9 4,3louse, Grenoble, Rennes et Lyon, et
Toulon 209 924 11 663 5,6 3,3plus modérément à Rouen et à Toulon
(graphique).
Note : les aires urbaines sont classées selon la part des CFM en 2006.
Au sein des aires urbaines de taille Source : Insee, recensements de la population de 2006 (exploitation complémentaire au lieu de travail) et de 1982 (sondage au
quart au lieu de travail).moyenne, leur part augmente égale-
ment, mais de façon plus limitée. Part des cadres des fonctions métropolitaines dans les aires urbaines de plus
Le haut et le bas du classement des de 200 000 emplois (en %)
aires urbaines selon la proportion de
Paris
Grenoblecadres des fonctions métropolitaines
Toulouse
Lyonne connaissent pas de bouleverse-
Montpellier
ments majeurs entre 1982 et 2006. En Nantes
Strasbourg
revanche, en milieu de classement, à Rennes
Lillel’ouest de la France, certaines capita- Nice
Marseille - Aix-en-Provenceles régionales, telles que Nantes, Ren- Bordeaux 1982 2006
Rouennes et Caen, et des villes de plus petite
Toulon
taille, comme Le Mans, Brest, Vannes, 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19
La Rochelle et La Roche-sur-Yon ont Lecture : à Paris, la part des cadres des fonctions métropolitaines dans l'emploi total était de 10,7 % en 1982 ; elle est de 18,3 % en 2006.
Source : Insee, recensements de la population de 2006 (exploitation complémentaire au lieu de travail) et de 1982 (sondage auamélioré leur position.
quart au lieu de travail).
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (0) 1 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREEn termes d’effectifs, Lyon se situe au
Encadré 1
deuxième rang, avec 98 000 emplois en
Le regroupement des professions en quinze fonctions
2006 (tableau 2). C’est essentiellement
dans les aires urbaines de plus de Pour analyser la répartition de l’emploi l’éducationetdelaformation progresse
sur le territoire, les professions ont été également. La fonction culture-loisirs ras-200 000 emplois que la part des cadres
regroupées en quinze fonctions. semble des professionnels des arts, desdes fonctions métropolitaines dépasse
La conception-recherche, en amont de la spectacles, de l’information, mais aussiles 10 % : Grenoble (14 % des emplois
production concrète, représente 3 % de des moniteurs sportifs. Elle ne représenteen 2006), Toulouse (13,7 %) et Lyon
l’emploi total (définitions) en 2006. Cette que 2 % de l’emploi. C’est la fonction qui a
(12,1 %), devant Montpellier, Nantes,
fonction augmente fortement sur les der- le plus progressé depuis 1982. Les em-
Strasbourg et Rennes (entre 10 et 11 %).
nières années (graphique). Elle com- plois liés aux activités de l’État et des col-
Aires urbaines de plus de 200 000
prend des chercheurs, des techniciens de lectivités locales (hors éducation et
emplois et forte proportion de cadres des recherche, des ingénieurs et des cadres santé-social) appartiennent à la fonction
fonctions métropolitaines ne vont pas d’études et de recherche-développe- de l’administration publique (9 % de l’em-
forcément de pair : à Rouen et Toulon, ment, notamment dans les nouvelles ploi total).
les cadres ne représentent que 7 % et technologies. Plusieurs fonctions fournissent des servi-
L’agriculture (y compris les métiers de la ces aux entreprises, traités en interne ou5,5 % des emplois. C’est également le
pêche et de l’exploitation forestière), la externalisés. La gestion regroupe lescas de Douai-Lens, Valenciennes,
fabrication (dans la production indus- professions liées à l’administration desBéthune. À l’inverse, dans certaines villes
trielle ou artisanale, intégrant les opéra- entreprises (cadres administratifs etmoins bien pourvues en emplois, la part
teurs de saisie et les techniciens de financiers, secrétaires et employés admi-
des cadres des fonctions métropolitaines
télécommunications) et le secteur des nistratifs) et les métiers de la banque et de
est élevée. C’est le cas de certaines
bâtiment et travaux publics sont qualifiés l’assurance. Avec 13 % de l’emploi, c’est
villes moyennes, comme Niort et de plu-
de production concrète. Les professions la fonction la plus importante en termes
sieurs villes de la région Rhône-Alpes de ces fonctions produisent directement d’effectifs. La part de cette fonction se
(Annecy, Chambéry, Valence). des biens matériels ou mettent en œuvre stabilise avec la généralisation de la
concrètement des processus techniques. bureautique permettant des gains de
L’agriculture perd 55 % de ses emplois productivité. Avec 4 % de l’emploi, le
La répartition par fonctions entre 1982 et 2006, et la fabrication 30 %. commerce inter-entreprises est très
des cadres des En 2006, 42 % de l’emploi (contre 31 % en présentdanslecommercedegros, mais
1982) est issu des professions liées aux également dans l’industrie, pour l’achatmétropolitaines traduit
servicesàlapopulationouaufonctionne- comme pour la vente. Le conseil, l’ana-
des spécificités locales
ment de la société. Ces professions relè- lyse et l’expertise (ingénieurs-conseils,
vent de l’économie dite « présentielle ». avocats, architectes, etc.), qui nécessi-
C’est souvent la fonction gestion qui est
La distribution (8 % de l’emploi) regroupe tent la mise en œuvre de connaissances
prédominante dans les aires urbaines
les professionnels de la vente aux parti- spécifiques, sont regroupés dans la
bien dotées en cadres des fonctions culiers (petits commerçants, vendeurs, fonction des prestations intellectuelles
métropolitaines. C’est le cas à Paris, caissiers), y compris l’artisanat commer- (3 % en 2006, contre 1,8 % en 1982).
Lyon, Nantes et Strasbourg : signe de la cial (boulangers, bouchers). Les services Les deux dernières fonctions recensent
présence de sièges sociaux ou d’admi- de proximité représentent 10 % de l’em- des professions en relation directe aussi
ploi en 2006 et sont en progression. Ils bien avec les entreprises qu’avec lesnistrations d’entreprises, mais égale-
rassemblent des métiers assurant des ménages : l’entretien-réparation (lement d’activités financières, de banques
prestations de la vie courante (cuisiniers, nettoyage, la maintenance et certainsou d’assurances, comme à Niort, où la
serveurs, aides à domicile, coiffeurs, métiers liés à l’environnement) et lesgestion représente 57 % des cadres des
etc.). Les effectifs des métiers de la santé transports-logistique. La part de ces deux
fonctions métropolitaines.
et du social ont été multipliés par deux fonctions est restée stable entre 1982 et
Le commerce inter-entreprises atteint son
entre 1982 et 2006. La part de ceux de 2006, respectivement 7 % et 8 % de l’emploi.
maximum à Lyon, avec 17 % de ces
emplois, tandis que la fonction culture-loisirs
Part des quinze fonctions dans l'emploi en 2006 et 1982
est particulièrement bien implantée à
Conception, rechercheParis et Montpellier.
Agriculture
La conception-recherche est très pré- Fabrication
Bâtimentsente à Grenoble (45 %) et Toulouse
Distribution
Services de proximité(40 %), beaucoup plus qu’à Nice et
Santé, action sociale
Montpellier (29 % chacune). Education, formation
Culture, loisirs
Administration publique
Gestion
Commerce inter-entreprisesLes professions au service de
Prestations intellectuelles
1982 2006Entretien, réparationla population : une répartition
Transports, logistique
uniforme sur le territoire 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18
en %
Source : Insee, recensements de la population de 2006 (exploitation complémentaire au lieu de travail) et de 1982 (son-La distribution, les services de proximité,
dage au quart au lieu de travail).
la santé et le social, l’éducation et la for-
mation, fonctions dites « présentielles »,
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (0) 1 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREau quart) et de 2006 (exploitation complé-
Encadré 2
mentaire portant sur le lieu de travail).
La répartition de l’emploi sur le territoire : Les fonctions (encadré 1) ont été codifiées
selon un regroupement des postes de lad’une analyse sectorielle à une analyse par fonction
nomenclature des Professions et catégo-
La répartition de l’emploi sur le territoire exercer la même de conception ries socioprofessionnelles (PCS).
est le plus souvent analysée en fonction dans une entreprise industrielle, dans un
d’un découpage sectoriel, qui correspond établissement de recherche (public ou
à l’activité principale exercée par les éta- privé) ou dans une société de services. Définitions
blissements. Cette approche est com- De même, un responsable d’entrepôt
plétée ici par une analyse des fonctions remplira sensiblement la même fonction
Les analyses qui figurent dans cetteremplies par les actifs, résultant de la logistique, qu’il travaille dans une entre-
publication s’appuient sur le zonage enprofession qu’ils occupent. Les profes- prise de transports, dans une unité de
aires urbaines (ZAU), défini sur la base dusions sont réparties en quinze fonctions, production industrielle, dans un super-
recensement de 1999 et qui divise le terri-
certaines d’entre elles interviennent dans marché ou dans un établissement du
toire en deux grandes catégories : l’es-
les différentes étapes de la production, commerce de gros. L’analyse fonction-
pace à dominante urbaine, composé des
d’autres sont plutôt tournées vers les servi- nelle permet donc de s’affranchir des
pôles urbains et du périurbain (couron-
ces à la population. choix d’organisation interne des entre- nes périurbaines et communes multipolari-
La localisation des fonctions dans les aires prises. sées) et l’espace à dominante rurale, qui
urbaines (définitions) éclaire ainsi la divi- Enfin, les fonctions sont également trans- comprend des petites unités urbaines et
sion géographique du travail. versales par rapport au statut (indépen- des communes rurales.
Uneaireurbaine est un ensemble de com-Autre avantage, les fonctions exercées dant ou salarié, public ou privé) et
munes d’un seul tenant et sans enclave,sont transversales par rapport aux sec- peuvent associer plusieurs niveaux de
constitué par un pôle urbain et une cou-teurs d’activités. Ainsi, un ingénieur de qualification (un ingénieur de fabrication
ronne périurbaine.
recherche ou un cadre d’études peuvent et un ouvrier, par exemple).
Un pôle urbain est une unité urbaine offrant
au moins 5 000 emplois et qui n’est pas
située dans la couronne périurbaine d’un
autre pôle urbain.
sont réparties de façon uniforme sur le localisation hors des aires urbaines s’ac- L’emploi total comprend l’emploi salarié et
territoire, proportionnellement à la popu- centue avec les années : entre 1982 et l’emploi non salarié.
lation. L’administration publique est un 2006, pour la fabrication, les pertes
peu plus concentrée, du fait de la locali- d’emploi atteignent 43 % dans l’aire
Bibliographiesation des services de l’État dans les urbaine de Paris, contre 23 % hors des
chefs-lieux de région et de département. aires urbaines. La fabrication et le bâti-
Enfin, on observe également une locali- ment désertent également les grandes Beckouche P., Damette F., « Une grille
sation uniforme pour la logistique et les capitales régionales. Les professions d’analyse globale de l’emploi. Le partage
géographique du travail », Économie ettransports et, dans une certaine mesure, liées à la fabrication ne nécessitent pas
statistique n° 270, Insee, 1993.pour l’entretien-réparation, qui tend cepen- la proximité des grandes villes. Le prix
Julien P., « Onze fonctions pour qualifier
dant à s’installer plutôt en province. de l’immobilier, du foncier, et le faible
les grandes villes », Insee Première n° 840,
niveau de qualification de la main-d’œuvre 2002.
recherchée incitent les entreprises de ce Albert L., Garreau P., Fouchier V., « La spé-
cialisation économique des villes françai-Les fonctions de production secteur à se localiser à l’écart des grands
ses », Datar, 2004.pôles urbains (définitions), sous conditionconcrète s’éloignent des villes
Labossse L., Calzada C., « Metz et Nancy :
d’une desserte adéquate en réseau de
un destin lié », Économie Lorraine n°145,
Il n’y a pas que les emplois agricoles qui transports de marchandises. Insee Lorraine, 2008.
sont localisés loin des villes : la fabrica- Labosse L., Calzada C., « Hiérarchie ur-
baine française : deux villes lorraines pourtion, le bâtiment et les travaux publics Sources
une métropole », Économie Lorraines’éloignent peu à peu des grandes aires
n° 149, Insee Lorraine, 2008.
urbaines. La fabrication représente 7 %
Hautenauve J.-M., « Mutation fonctionnelle
des emplois dans l’aire urbaine de Paris, Les données sont issues des recense- de l’emploi et dynamique urbaine », mémoire,
contre 14 % hors aires urbaines. Cette ments de la population de 1982 (sondage Institut d’Études Politiques de Lyon, 2009.
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