Transferts d'établissements impliquant Paris : des flux croisés

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Les transferts d'établissements à destination ou au départ de Paris se soldent entre 1994 et 2002 par la disparition d'un peu plus de 4 000 établissements et 26 000 emplois. Les établissements entrants ou sortants présentent des profils comparables. Les échanges se font principalement avec la petite couronne, et concernent surtout les services aux entreprises.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE
ILEDEFRANCE
es transferts d’établissements constituent un des aspects les plus visi-
bles de la stratégie de développement des entreprises (voir Défini-Ltions). Touchant principalement des unités récentes, ils illustrent
aussi la précarité des très jeunes entreprises, dont la mortalité est particu-
lièrement élevée. Le nombre de transferts annuels impliquant Paris (au
départ ou à l’arrivée) a progressé de 6,1 % en moyenne par an entre 1994
et 1997. Il est quasiment stable depuis (- 1,4 %), avec environ 17 000
mouvements par an (Figure 1).
Les transferts
d’établissements
es échanges symétriquesDà destination
ou au départ de Paris Les établissements entrants ou sortants présentent des caractéristiques
se soldent identiques : mêmes zones géographiques et secteurs d’activité, ancienne-
entre 1994 et 2002 tés comparables (Figure 2). Les échanges ont lieu en majorité avec la pe-
par la disparition tite couronne, et notamment avec les Hauts-de-Seine. Grande couronne
d’un peu plus de et province représentent chacune environ 20 % des mouvements. La ré-
partition sectorielle des entrées et des sorties est également semblable : les4 000 établissements
services aux entreprises représentent 40 % des transferts et le commerce,et 26 000 emplois.
21 %. Il n’y a guère que le secteur « éducation, santé, action sociale » oùLes établissements
les établissements partants sont significativement plus nombreux queentrants ou sortants
ceux qui viennent s’implanter à Paris.
présentent
des profils
es pertes d'emploi limitées…Dcomparables.
Les échanges se font Entre 1994 et 2002, sur les 280 000 établissements de la capitale, près de
principalement 27 000 établissements se sont nouvellement installés à Paris. Il s’agit
avec la petite couronne, presque exclusivement d’unités relevant du secteur tertiaire : 85 %, dont
et concernent surtout près de la moitié pour les seuls services aux entreprises. Les entrées occa-
les services aux sionnent la création d’environ 3 000 établissements par an, soit un peu
entreprises. moins de 10 % du total des créations d’établissements dans la capitale.
MENSUEL N° 250 - MAI 2005 - 2,2€
àlapage
EntreprisesFigure 1 - Faibles pertes d'établissements entre 1994 et 2002
Transferts d'établissements impliquant Paris Nombre d'établissements entre 1994-2002 Evolution annuelle moyenne (en %)
Arrivées Départs Solde 1994-1997 1998-2002
Transferts internes à la capitale, dont : 88 300 88 300 7,6 - 1,8
Internes aux arrondissements 31 900 31 900 9,3 - 3,7
Entre deux arrondissements 56 400 56 400 6,7 - 0,7
Transferts avec d'autres départements, dont : 26 700 30 900 - 4 200 3,7 - 0,8
Ile-de-France 21 200 23 500 - 2 300 3,4 - 1,4
Province 5 500 7 400 - 1 900 4,7 1,3
Total 115 000 119 200 - 4 200 6,1 - 1,4
Champ : secteurs de l'industrie, de la construction et des services non financiers (ICS).
Lecture : 21 200 établissements arrivent à Paris sur la période en provenance d'autres départements d'Ile-de-France.
Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements
Sur la même période 31 000 établissements ont quitté la capi- En termes d’emploi, les transferts se soldent par un déficit
tale et Paris a perdu 4 200 du fait des transferts. global de 26 000 salariés entre 1994 et 2002, soit environ 3 000
Le déficit a diminué jusqu’en 1999, mais progresse depuis. Le par an. Il s’agit toutefois de diminutions annuelles peu signifi-
solde légèrement positif en 1999, provoqué essentiellement catives puisqu’elles ne représentent guère que 0,34 % de l’em-
par l’augmentation des entrées, est à rapprocher de la crois- ploi salarié parisien. Les services aux entreprises et les services
sance économique à la même époque. Au niveau régional, les aux particuliers, qui enregistrent chacun la suppression de
échanges avec chacun des départements varient considérable- 7 000 emplois, sont les plus touchés. Dans l’industrie, la perte
ment d’une année sur l’autre, et il est difficile de dégager des en volume est plus limitée : - 2 500 emplois, soit une diminu-
tendances ou des structures stables. En neuf ans, plus de la tion de 1,8 % sur la période étudiée.
moitié des pertes provient des échanges avec les autres
département d’Ile-de-France (- 2 300 établissements).
Figure 2 - Symétrie des origines géographiques et des secteurs d'activité entre 1994 et 2002
Répartitions géographiques Répartitions sectorielles
Yvelines Autres ICS
Seine-et-Marne IndustrieServicesVal-d'Oise
ConstructionProvince aux
Essonne particuliers
3%
14 % 8%7%
21 %
7%
4% 5%6%
4% 7% 8%5%24 % 7%6%4% 12 %
21 % 21 %
12 %12 % Sorties31 %
30 %
Sorties15 % 4%42 %
4%
39 %Entrées17 % Entrées
Transports
Hauts-de-Seine Services auxVal-de-Marne Commerce
entreprisesSeine-Saint-Denis
Champ : secteurs de l'industrie, de la construction et des services non financiers (ICS).
Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissementsLes transferts avec la province, bien que désavantageux en ter-ourquoi délocaliser ?P
mes d’établissement, sont favorables à la capitale en termes
d’emploi (+ 1 700), grâce notamment aux services aux entre-
Parmi les facteurs explicatifs du déménagement d’un établissement, de prises (+ 1 600). Dans les autres secteurs, Paris est égalementnombreuses études mentionnent le besoin d’agrandissement de l’établisse-
bénéficiaire, excepté dans le commerce et les industries desment, la minimisation des coûts (foncier, taxe professionnelle, construction,
mise aux normes des locaux…), l’accès aux réseaux de communication et biens de consommation, mais les gains sont faibles.
aux infrastructures, ou la proximité des clients.
De 1994 à 1996, Paris affichait le taux de solde le plus faible de
Certains établissements se rapprochent de leurs fournisseurs ou bien de France. L’amélioration des échanges de 1997 à 1999 atteste
leurs concurrents, pour mettre en réseau leurs connaissances, établir un d’une attractivité retrouvée du département. Elle n’aura pas
partenariat, coopérer sur un projet.
duré, Paris retrouvant dès 2000, la dernière place en
Ile-de-France(Figure3).Cependant,lacapitalen’ajamaiscesséDes facteurs « externes » peuvent également jouer : les qualités des infras-
tructures de recherche et d’éducation, le cadre de travail (paysage, cli- d’attirer de nombreux établissements : elle éprouve pourtant
mat….), le prestige de la commune ou de la rue de localisation. des difficultés à retenir ceux qui s’y trouvent déjà. Si l'industrie
automobile et les activités immobilières ont bénéficié des trans-
ferts en gagnant des établissements, dans tous les autres sec-
teurs, les sorties l’emportent sur les entrées.… sauf avec les Hauts-de-Seine
Le poids prépondérant dans l’économie parisienne des servi-Les échanges les plus déficitaires s’opèrent avec les
ces aux entreprises, du commerce et de la construction, sec-Hauts-de-Seine (- 22 700 emplois sur les neuf ans). Plus de la
teurs dont le taux d'attractivité est modeste, explique lamoitié de ces emplois relèvent des services aux entreprises,
faiblesse du taux de solde observé dans le département. Adont 8 500 pour la seule activité « conseils et assistance ». Pa-
contrario, des secteurs peu dominants à Paris, tels que les in-ris concède également des salariés dans ses échanges avec la
dustries des biens d’équipement, impactent moins le résultatSeine-Saint-Denis et le Val-de-Marne (3 600 chacun), alors
global du département, malgré des pertes d’établissements im-qu’il en gagne avec les Yvelines (2 000, principalement dans
portantes pour ces secteurs.les services aux entreprises).
a mobilitéL
au sein de la capitale
éfinitionsD
La mobilité des établissements en Ile-de-France est très nette-
ment supérieure à celle constatée en métropole. En termes deTransfert d’établissement
taux de mobilité, les départements franciliens occupent les
Un transfert d’établissement correspond au transfert complet des moyens de huit premières places. Cependant, les écarts se réduisent entre
production de l’étab d’un lieu géographique à un autre à l’intérieur
la métropole et l’Ile-de-France. Cette plus grande mobilité sedu territoire français. Cela laisse de côté les transferts avec l’étranger ainsi
que les transferts partiels, c’est-à-dire les transferts d’une partie seulement retrouve à Paris, quel que soit le secteur. La différence entre la
des moyens de production (machines, emplois). Les transferts entre unités capitale et la métropole est néanmoins plus faible dans le sec-
légales d’un même groupe (restructurations) ne sont pas pris en compte.
teur « éducation, santé, action sociale ».
L’observation de la mobilité des entreprises et établissements repose sur des
concepts à la fois juridiques et statistiques (création pure, reprise, etc...). Les
données sont issues du Répertoire des entreprises et des établissements.
Figure 3 - Le solde des transferts d'établissements
Entrée ou arrivée, sortie ou départ sur les années 1994 à 2002
Une entrée signifie le transfert à Paris d’un établissement installé auparavant
dans un autre département.
Solde Taux de solde
(en ‰)d'établissementsLes arrivées comprennent les entrées et les transferts d’établissements à
100 0,5l’intérieur de Paris.
0 0,0
Une sortie est le transfert d’un établissement installé à Paris vers un autre
département. -100 -0,5
-200Les départs comprennent les sorties et les transferts d’établissements à l’in- -1,0
térieur de Paris. -300
-1,5
Taux de solde (ou d’attractivité) -400
-2,0
-500Pour une année donnée, le taux de solde est le ratio entre le solde des trans-
-2,5ferts hors du département et le nombre moyen d’établissements implantés -600
dans le département.
-3,0-700
Taux de mobilité
-800 -3,5
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002Pour une zone géographique donnée, le taux de mobilité est égal au nombre
de transferts rapporté au stock total d’établissements. Indicateur de mouve-
Champ : secteurs de l'industrie, de la construction et des services non financiers (ICS).ment, il peut aussi bien traduire une instabilité qu’un dynamisme.
Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissementses caractéristiques du tissu économique parisienL
En 2002, selon le Répertoire des entreprises et des établissements, Paris sements sont, avant tout, pourvoyeurs d’emplois de bureau, et réagissent
compte 280 000 établissements, soit 54 000 de plus qu’en 1994 (champ comme tels en matière de transferts.
ICS : industrie, commerce et services, hors activités financières). L’emploi
correspondant s’élève à 970 000 personnes. La variation du nombre d’éta- Dans le domaine de la construction, le phénomène typiquement parisien de
blissements dépend des créations, des défaillances et des transferts (y com- la domiciliation conduit à la formation de grappes très localisées, qui contras-
pris les transferts avec l’étranger et les transferts partiels non pris en compte tent avec le caractère non sédentaire du secteur. Cela peut perturber les
dans l’étude). comparaisons entre arrondissements.
Plus généralement, Paris représente plus de 40 % du stock régional d‘éta- Les sièges sociaux, réputés nombreux à Paris, ne le sont guère plus que
blissements (10 % du stock national). Près de 20 % des établissements sont dans l’ensemble de la métropole, car une très large majorité d’entreprises
e e
concentrés dans 2 arrondissements :8 et 16 (voir Figure). n’a qu’un seul établissement (92 % à Paris ; 93 % France entière).On ne peut
parler de forte densité de sièges (sièges sociaux et administratifs) que lors-
Le tissu économique de Paris présente de nombreuses spécificités. L’in- qu’il s’agit de grandes unités. Ainsi, par exemple, 63 % des établissements
dustrie, en particulier, y est peu représentée, et les emplois industriels se li- parisiens de plus de 100 salariés sont des sièges, contre 52 % dans le reste
mitent surtout à l’imprimerie et à la confection. De fait, qu’il s’agisse de de la métropole.
commerce de gros, d’industrie lourde, d’énergie ou de services, les établis-
Stock d'établissements par arrondissement
Moins de 10 000 ets
De 10 000 à 15 000 ets
De 15 001 à 20 000 ets
De 20 001 à 25 000 ets
Plus de 25 000 ets
Sur la période 1994-2002, la mobilité des établissements pari-
siens culmine en 1997 et décroît régulièrement depuis. La
baisse de la mobilité est moins sensible dans les autres dépar-
e etements franciliens, et Paris passe du 2 au 4 rang régional.our en savoir plusP
La mobilité régionale a même dépassé celle de Paris. Au sein
Levasseur S. : « Les transferts d’établissements en Essonne : plus de de la capitale, on constate une mobilité plus forte à l’ouest
4 000 emplois gagnés en 7 ans », Insee Ile-de-France à la page, n° 233, fé-
e e e(8 ,16 et 17 arrondissements) et dans la partie centre-nordvrier 2004.
er e e e(1 ,2 ,9 et 10 ).
Jourdan N. : « Les transferts interrégionaux d’établissements - Forte pro-
gression entre 1996 et 2001 », Insee première, n° 949, février 2004.
BrunoFRANCOMME
« Desserrement modéré des établissements vers le Bassin parisien », Atlas
StéphaneLEVASSEURdes Franciliens, tome 4 - Activité et emploi, Insee-Iaurif, décembre 2003,
Serviceétudesetdiffusionpp. 22-23.
Levasseur S., Vicaire V. : « Les transferts d’établissements sur un territoire :
l’exemple du Val-de-Marne », Insee Ile-de-France à la page, n° 222, avril
2003. Cette étude a été réalisée en partenariat avec la Mairie de Paris,
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