Transports : Le port du Havre progresse toujours

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En 2001, le port du Havre poursuit son ascension mais sur un rythme ralenti avec un trafic en hausse (+ 2 % après + 6 % en 2000). L'augmentation est due essentiellement aux importations de pétrole brut et aux marchandises diverses. L'activité "conteneurs" continue à progresser et s'établit à près de quinze millions de tonnes.Le port de Rouen, une nouvelle fois victime de la conjoncture internationale, connaît une chute de ses exportations de céréales qui provoque une baisse globale de - 5 % de son activité. Enfin, les efforts financiers consentis par les pouvoirs publics au port de Dieppe lui permettent de se ressaisir après le triste bilan de l'année 2000.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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TRANSPORTS
Le port du Havre progresse toujours
Francis COUVOUT
Marseille et Dunkerque enregistrent unTRAFIC DU PORT AUTONOME DU HAVREEn 2001, le port du Havre
(HORS AVITAILLEMENT) recul de -2% et Nantes-Saint-Nazaire, depoursuit son ascension mais sur
70 -5%. A l’étranger, le trafic des principauxTotal
un rythme ralenti, avec un trafic 60 ports de la Mer du Nord sont aussi en
50en hausse (+2% après +6% en recul, sauf Amsterdam. Le port du Havre
Entrées
40 consolide ainsi sa position de deuxième2000). L’augmentation est due
30 port français. Le trafic fluvial, quant à lui,
essentiellement aux
se porte moins bien : il diminue de -9%20 Sorties
importations de pétrole brut et après plusieurs années de hausse et re-10
aux marchandises diverses. descend à 2,6 millions de tonnes. La0
1991 1993 1995 1997 1999 2001 baisse revient aux produits énergétiques.L’activité «conteneurs» continue
Source : Port autonome du Havre Unité : million de tonnes Le port de Rouen connaît une évolu-
à progresser et s’établit à près
tion moins favorable. Après deux bonnes
de quinze millions de tonnes. Le second et se situent à plus de 36 MT en années (record historique en 1999 et
cumul annuel, soit une hausse de +6% record hors céréales en 2000), le port deport de Rouen, une nouvelle fois
(après +0,3% en 2000). Bien que la ma Rouen enregistre une baisse de -9%. Le-victime de la conjoncture
jeure partie du pétrole brut soit destinée trafic retombe ainsi au niveau des
internationale, connaît une
à la consommation intérieure, le port du années 1997 et 1998 avec 20,7 MT. La
chute de ses exportations de Havre exporte des quantités de plus en baisse est imputable, une nouvelle fois,
plus importantes de produits pétroliers aux exportations de céréales qui sont su-céréales qui provoque une
raffinés vers l’étranger et notamment jettes à de nombreux aléas conjonctu-baisse globale de -5% de son
vers le Royaume-Uni, un de nos trois rels. En particulier, les mauvaises
activité. Enfin, les efforts principaux fournisseurs régionaux de pé conditions météorologiques des années-
financiers consentis par les trole brut. Les entrées de charbon recu 2000 et 2001 ont nui aux récoltes et les-
lent de plus de 30% et les autres vracs exportations de céréales chutent ainsi àpouvoirs publics au port de
solides de -15%. De leur côté, les mar 5,5 MT contre 8,8 MT en 1999. Les ex- -
Dieppe lui permettent de se
chandises diverses et plus spécialement portations d’oléagineux sont également
ressaisir après le triste bilan de les conteneurs apportent un sujet de sa en net recul avec un tonnage divisé par-
tisfaction avec une hausse globale de quatre en deux ans. Les autres vracs sol’année 2000. -
+4% et un tonnage de plus de 15,2 MT. lides (sucre, malt, …) progressent ou se
Par ailleurs, le trafic passager rebondit maintiennent à leur niveau des années
de +8% et dépasse les 900 000 passa précédentes, ce qui compense les dimi- -n 2001, le port du Havre enre-
gers. Par comparaison avec les autres nutions sur les produits ensachés (farine,Egistre un nouvel accroissement de
ports français, le port du Havre a mieux sucre, malt, …). La baisse est plusson activité avec un trafic total de 69 mil-
réussi en 2001 que ses concurrents : sévère pour les importations (-12%) maislions de tonnes (MT) hors avitaillement,
il convient de relativiser après le recordsoit une hausse de +2,2% (après +5,6%
TRAFIC MARITIME DU PORT DE ROUEN
de près de 10 MT en 2000. Les tonnagesen 2000) avec des entrées légèrement 25
de charbon sont ainsi divisés par deux. Aplus dynamiques que les sorties (+3,8% Total
côté de pareilles chutes, les produits fo-contre +1,7%). Les entrées de pétrole 20
restiers paraissent presque stables. Unbrut restent de loin le poste le plus impor-
encouragement vient cependant destant avec près de 70% du total de l’en 15-
conteneurs qui poursuivent leur progres-Sortiessemble des entrées. Face à la nécessité
sion sur un rythme ralenti et atteignent10de renouveler les stocks et dans la pers-
presque les 1,2 MT. Le trafic fluvial enre-pective de marges accrues de raffinage Entrées
5 gistre à nouveau une baisse sensibleles importations de pétrole brut long- 1991 1993 1995 1997 1999 2001
(-13% après -15% en 2000) et retombetemps contenues en 2000 accélèrent au
Source : Port autonome du Rouen Unité : million de tonnes
aux niveaux de la période 1995-1998premier semestre avant de ralentir au
CAHIER D’AVAL n° 61 - Juillet 2002 21
ACTIVITÉS
ÉCONOMIQUESAGRICULTUREavec des tonnages de l’ordre de trois mil l’effondrement du nombre de passagers-
lions de tonnes. Les postes les plus tou en transit et une baisse de celui des-
Une annéechés sont les produits agroalimentaires. charters. Globalement, le trafic reste
Par contre, les matériaux de construction quasi stable avec un peu plus de 2001 morose
sont en nette augmentation. 35 000 passagers.
Le port de Dieppe se ressaisit avec un
Francis COUVOUT
tonnage total de 900 000 tonnes après le
passage à vide de l’an 2000. Le trafic TRANSPORT FERROVIAIRE :
transmanche de la Gare Maritime remonte FORTE BAISSE DU FRET
La poursuite de la chute desà plus de 330 000 tonnes en dépit d’une
Après une année 2000 en recul, ladéfaillance du Sardinia-Vera en fin de pé- cours de la viande bovine,
baisse du trafic ferroviaire s’aggraveriode. Un deuxième car-ferry sera mis en concomitante aux problèmes
de façon inquiétante en 2001 (-17%service en 2002, ce qui permettrait de pa-
que connaissent les agriculteursaprès -6%) et se situe juste au-dessustienter avant que les investissements
avec l’ESB et l’apparition de lades 10 millions de tonnes. Les arrivaconsentis par le Conseil général de -
ges sont plus sévèrement frappés queSeine-Maritime ne deviennent opération- fièvre aphteuse début 2001 et
les expéditions avec -23% contrenels. Le trafic de marchandises connaît les mauvaises conditions
-10%. Mis à part les produits métallurégalement une amélioration sensible, en --
climatiques ayant nui aux
giques, tous les autres postes sont entraîné par les trafics de fruits et d’oléagi-
productions céréalières ontdiminution, mais les contributions àneux et les graves de mer.
l’évolution globale sont différentes. La contribué aux résultats
baisse provient en grande partie de médiocres de l’agriculture
celle des «produits agricoles et aniAÉROPORTS : RESTRUCTURATION -
haut-normande en 2001.
maux vivants» dont le tonnage estEN COURS
De plus, l’avance en matière dedivisé par deux en un an. Comme les
années précédentes, plus de neuf biocarburants dont bénéficiaitEn 2001, la reprise par Air France ou
dixièmes du trafic est réalisé enses filiales des deux aéroports haut-nor- la France, et notamment la
Seine-Maritime. Le trafic de l’Euremands a entraîné une profonde restruc- Haute-Normandie, n’a plus
connaît néanmoins un recul encoreturation qui n’est sans doute pas
l’attrait qu’elle avait jusqu’alors.plus brutal que celui de la Seine-Mariterminée. Au Havre-Octeville, il ne reste -
En effet, d’autres pays detime avec -27% au lieu de -16%plus qu’une ligne régulière internationale
à destination de Londres qui accuse ce- l’Union européenne nous ont
pendant un recul de -15% avec aujourd’hui rattrapés.
8 440 passagers. Sur le plan national, la
ligne directe Le Havre Clermont-Ferrand
LES IMMATRICULATIONS près un 2e semestre 2000
a été supprimée en octobre 2001 et rem- DE VOITURES EN 2001 Amarqué par l’apparition de l’en-
placée par une ligne régulière directe
céphalopathie spongiforme bovineEn 2001, les immatriculations de véhicules par-pour Lyon après escale à Rouen-Boos.
ticuliers neufs progressent de 3% en (ESB), la fièvre aphteuse fait son appari-
Ce changement de stratégie n’a pas Haute-Normandie et se situent à leur meilleur
tion début 2001 et vient ajouter de nou-niveau depuis 1996 pour la région avec près deréussi à rétablir un trafic lignes régulières
57 000 immatriculations. Néanmoins, ce bon ré- veaux tracas aux éleveurs, semant le
intérieures en baisse de -30% sur un an. sultat doit être relativisé car la progression est
trouble chez les consommateurs. Les
plus rapide au niveau national (+6%) et il faudraitLe trafic des passagers en transit sur les
remonter avant 1993 pour trouver un nombre total cours de la viande bovine chutent de
lignes régulières s’effondre à 11 500, soit supérieur. La part de la Haute-Normandie ne
nouveau et obligent les autorités de tu-
cesse donc de décliner depuis une dizainele tiers de l’effectif 2000. En revanche, les
d’années. La part des gazoles reste supérieure de telle à suspendre les cotations pendant
charters progressent à près de plus de 4 points dans la région par rapport à la deux mois pour protéger les producteurs.
France. De même, la région résiste mieux que la25 000 passagers, ce qui n’empêche pas
Après la reprise des cotations au 2e tri- en général à la pénétration des marques
une chute globale du trafic passager de étrangères avec 34% de voitures neuves étrangè- mestre 2001, la baisse pour les vaches
res contre 40%. Le changement de législationprès de -50%. La seule consolation vient
est de l’ordre de 25% sur un an. En re-concernant le changement de millésime qui
du fret aérien dont le tonnage est multi- passe de juillet à janvier depuis l’année 2000 a vanche, les éleveurs de porcs et de vo-
supprimé le creux des ventes de véhicules quiplié par trois en un an et atteint presque
lailles profitent en partie d’unavait lieu en mai et juin et l’a reporté en période
les 200 tonnes. L’aéropor t de de vacances. Comme en 1999, l’Eure se montre retournement de la demande en leur
un peu plus dynamique que la Seine-Maritime.Rouen-Boos profite nettement du regrou-
faveur. Les cours de la viande porcineLes gazoles y sont plus nombreuses avec 6
pement de sa ligne Rouen - Lyon avec la
points d’écart mais les marques étrangères sont sont montés jusqu’à 13 F/kg en mars
ligne Le Havre - Clermont-Ferrand. Cette un peu moins fréquentes.
2001. Ils ont ensuite suivi une tendance
amélioration suffit tout juste à équilibrer
à la baisse jusqu’au début 2002, néan-
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