Villages et Bourgs des centres de vie qui bougent

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L'attractivité des bourgs, qui offre généralement services financiers et publics ainsi que le supermarché, est croissante. Au village, la présence des professions de santé et des services proches de la personne s'est cependant renforcée. Les centres de vie que sont les bourgs et les villages ont ainsi vu se modifier la richesse de leurs équipements commerciaux ou de services. Quelques-uns des enseignements de l'inventaire communal de 1996 dans le département du Nord...
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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NORD-P AS-DE-CALAIS
ROFILS
MAI 1997Prix : 15 francs N°5P
Ce type de commerce se situe aussi dansL’attractivité des bourgs, qui offreVillages de nombreuses communes de 2 000 àgénéralement services financiers et
5000 habitants. Les supermarchés sepublics ainsi que le supermarché,
développent le plus souvent dans des
est croissante. Au village, la présence
communes déjà équipées, qui disposentet bourgs, des professions de santé et des ser- d’une clientèle potentielle importante.
vices proches de la personne s’est Celle-ci provient des villages proches et
cependant renforcée. Les centres de délaisse les commerces de proximité.
Ce phénomène contribue à augmentervie que sont les bourgs et les villagesdes centres
l’influence du bourg.ont ainsi vu se modifier la richesse
de leurs équipements commerciaux
ou de services. Quelques-uns desde vie
enseignements de l’inventaire com- La correspondance entre les équipements
munal de 1996 dans le département et les types de communes
du Nord... L’observation est ici basée sur 27qui bougent
équipements. Ceux-ci se développent
généralement sur un type de commune.Le bourg en plein essor
Ils participent au classement des communes
en trois catégories.
Le bourg attire de plus en plus les
Le village attire les commerces de
habitants des villages constituant sa
proximité alimentaires (boulangerie,Annie Firlej périphérie.Son supermarché concurrence boucherie, alimentation générale) et non
en général fortement les commerces de alimentaires (distribution de carburant),Division Synthèses locales
proximité, garants avant son implanta- l’artisanat et la réparation (plombier,
et analyse du territoire tion d’une vie économique au sein électricien, plâtrier, réparation automobile)
et des services proches de la personnedu village. Celui-ci devient souvent
(médecin, infirmier, pharmacien, masseur-résidentiel et accueille ainsi une popula-
kinésithérapeute, dentiste ou coiffeur).tion citadine à la recherche d’un cadre
Le village accueille souvent moins de 2 000
de vie agréable. Le bourg attire toujours
habitants).
pour tous les équipements concernant les
Le bourg se singularise par l’implantation
services financiers ou publics. Il n’est des commerces alimentaires (supermarché)
cependant pas protégé de l’attraction et non alimentaires (librairie, droguerie,
de la ville. L’hypermarché de la magasin de chaussures), des services
ville concurrence, en particulier, les publics et financiers (banque ou caisse
d’épargne, perception, notaire, centre decommerces non alimentaires.
secours) et d’autres services (vétérinaire).Depuis l’inventaire communal de 1988,
Il compte souvent entre 2 000 et 5 000le nombre des supermarchés a plus que
habitants.(1)doublé . Leur développement concerne
La ville est notamment le lieu de l’installa-
(2)surtout le secteur urbain très présent sur
tion de l’hypermarché. Elle concentre une
le département et plus particulièrement population plus importante.
les communes de 5 000 habitants et plus.
er(1) Source : Insee - Répertoire Sirene aux 1 janvier 1988 et 1996
(2) Dans tout l’article, le terme commune urbaine s’applique à toute commune dépendant d’une aire urbaine (ensemble consti-
tué d’un pôle urbain et d’une couronne périurbaine). Le terme commune rurale désigne toute commune dépendant de l’espace
à dominante rurale (ensemble des communes ne dépendant ni d’une aire urbaine ni de communes multipolaires). Voir à ce sujet
“Les aires urbaines : une approche plus large de la ville - Insee Nord-Pas-de-Calais - Profils n°11, novembre 1996”.
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS 130, avenue du Président J.F. Kennedy - 59034 Lille Cedex - Tél. : 03 20 62 86 29 - Télécopie : 03 20 62 86 00de 1988 : une implantation sur une com-Les commerces de proximité Alimentations générales ou supérettes : commu
en péril mune de plus de 5 000 habitants, ou
comprise entre 2 000 et 5 000 habitants
Victimes de cet essor, les commerces de souvent chef-lieu de canton. Leur nombre
proximité et en particulier l’alimentation a peu évolué entre 1988 et 1996.
générale disparaissent des petites Les services bancaires suivent une évolu-
communes. En 1988, plus de 70% des tion identique.
communes possédaient une alimentation
La santé au villagegénérale ou une supérette. En 1996,
moins de la moitié des communes en dis-
Par contre, les services qui intéressent laposent. Ce sont les petites communes qui
santé ont connu un développementconnaissent une chute spectaculaire:
important. Les installations nouvelles171 communes de moins de 2 000 per-
n’ont pas toujours eu lieu dans le bourg.sonnes sur les 427 que compte le dépar-
Celui-ci a perdu son attraction sur ce typetement ont perdu ce commerce. Sur le
de service : on peut désormais plus sou-département du Nord, le nombre total de Pôle
vent s’adresser au médecin, à l’infirmierces commerces a baissé de plus de 30%
(1) ou au masseur-kinésithérapeute auvillage,depuis 1988 .
et ce, plus encore en secteur urbain.La boulangerie-pâtisserie, présente dans Satellite
Les professions les plus présentes sur les58% des communes devient aujourd’hui
communes sont le médecin et l’infirmier.le commerce de proximité par excellence.
Le nombre de médecins a progressé deIl n’y a souvent pas de boulangerie Équipements présents en 1988,
(1)plus de 10% en huit ans . Ils sont pré- disparus en 1996dans les communes de moins de 500
sents sur plus de 60% des communes dupersonnes. L’implantation nouvelle sur
département. Les communes rurales sont Équipements absents en 1988,quelques communes urbaines, qui ont
présents en 1996moins de 40% à en disposer. Les petitesentre 1 000 et 2 000 habitants, compense
communes de moins de 1 000 habitantsen partie les pertes depuis 1988. La bou-
en sont toujours privées.langerie de village reste souvent signe de
Le masseur-kinésithérapeute n’est pasqualité, et témoigne de l’attachement du
Supermarchés : communes pôaussi présent que le médecin ou l’infir-consommateur à une certaine tradition
mier. Mais cette profession s’est large-ou habitude. Elle déroge un peu à
ment diffusée depuis huit ans. Ainsi, lel’influence du supermarché, et donc du
masseur-kinésithérapeute devient un ser-bourg sur le village
vice de proximité qu’il est logique deÀ l’inverse, la boucherie subit fortement
trouver au village. En 1996, autant dela concurrence grandissante du super-
communes disposent d’un pharmacienmarché. Entre 1988 et 1996, la moitié
que d’un masseur-kinésithérapeute. Lesdes boucheries du département ont dis-
(1) communes nouvellement équipées sontparu . Un boucher n’est installé que sur
souvent urbaines et ont entre 1 000 etun peu plus d’une commune sur deux
2000 habitants. Il est souvent absentaujourd’hui, pour près de deux sur trois il
lorsque la commune a moins de 1 000y a sept ans. Beaucoup de communes
habitants.urbaines et rurales comprenant entre 500
Statu quo enfin pour ce qui est des den-et 2 000 habitants ne disposent plus en
tistes ou des pharmaciens. Le nombre de1996 de ce commerce de proximité.
communes disposant d’un dentiste ouCet équipement était souvent absent des
Pôle
d’un pharmacien a peu évolué entrecommunes de moins de 500 habitants
1988 et 1996. Le nombre de ces profes-lors de l’inventaire de 1988.
sionnels sur le département est resté
SatelliteMaintien des services dans les stable. Le dentiste s’installe principale-
bourgs ment sur des communes urbaines de plus
Équipements présents en 1988, de 2 000 habitants.
disparus en 1996
Le bourg conserve une relative attraction
en matière de services, surtout de ser- La proximité d’autres services Équipements absents en 1988,
présents en 1996vices publics. La perception, le notaire
S’intéressant aux soins, non des hommesou le centre de secours montrent la même
structure de localisation depuis l’inventaire mais des bêtes, le vétérinaire reste un
130, avenue du Président J.F. Kennedy - 59034 Lille Cedex - Tél. : 03 20 62 86 29 - Télécopie : 03 20 62 86 00 INSEE NORD-PAS-DE-CALAISunes pôles et communes satellites en 1996
Le département du Nord : une typologie communale variée
Pour apprécier les résultats de cette enquête, il est intéressant de connaître lesRemarque : par définition, une commune
dont les habitants ne fréquentent aucune particularités du département du Nord. En effet, celui-ci présente une structure aussi
supérette ou alimentation générale n’est complexe que variée. Il compte 652 communes, 111 d’entre elles accueillent plussatellite d’aucune autre.
(2)de 5 000 personnes. La dominante des communes est fortement urbaine (plus de
60% des communes). Depuis 1988, 20% des communes ont perdu des logements :
les trois quarts ont moins de 2 000 habitants et près d’une sur deux est à dominante
rurale.
Le nord du département éloigné de la métropole lilloise comprend une plaine mari-
time féconde composée de communes urbaines gravitant autour d’une grande ville,
Dunkerque. Il s’étend jusqu’à la Flandre intérieure avec un secteur nord rural, qui
connaît pour quelques communes des signes de départs, bordé de communes
multipolaires et de petites aires urbaines attirées par la métropole lilloise.
La métropole lilloise, secteur urbain par excellence, concentre deux habitants sur
cinq. Entre 1988 et 1995, le nombre des résidences principales a augmenté
globalement mais aussi pour chaque commune. L’augmentation est d’autant plus
significative que l’on s’éloigne des grands centres vers des petites communes alliant
un cadre de vie et des emplois à proximité.
Reprenant par extension les zones d’emploi du Douaisis et du Valenciennois,
le Bassin minier accueille un habitant sur cinq. Ses communes dépendent essentiel-
lement d’aires urbaines qui connaissent entre 1988 et 1995 un accroissement du
nombre de logements déclarés au titre de la taxe d’habitation. Par contre, certaines
communes situées sur l’ancienne veine houillère ont montré un recul.
Source : Insee - Inventaires communaux 1988 et 1996 À l’exclusion de deux aires urbaines autour de Maubeuge et Cambrai, le sud du
département reste à dominante rurale. 40% de ses communes ont perdu des
logements sur la période 1988-1995. Les trois quarts hébergent moins de 1 000
habitants.
les et communes satellites en 1996
professionnel implanté dans le bourg. La réparation automobile disparaît de
Installés plus fréquemment dans les certaines communes surtout lorsqu’elles
communes urbaines de plus de 5000 hébergent moins de 2000 personnes.
habitants, les vétérinaires tendent à se Les garages sans commerce de véhicules
développer vers les communes plus sont plus touchés que ceux réalisant des
petites mais toujours urbaines. ventes automobiles.
L’implantation des coiffeurs sur les
Le bourg n’est pas préservé decommunes, présente de nombreuses
similitudes avec les professions médicales l’influence de la ville
et paramédicales. Certes, le coiffeur ne
Ainsi, pour de nombreux services, horssoigne pas mais favorise le bien-être de
l’individu. Le nombre de communes dis- les services proches de la personne,
posant d’un salon de coiffure a diminué, le bourg confirme ainsi en 1996, sa pré-
mais faiblement, en raison de quelques dominance sur le village. Il n’en subit pas
disparitions dans le secteur rural. Les fer- moins l’attraction de la ville ou du centre-
urbain.metures sur des communes urbaines sont
compensées par des ouvertures d’en- Par exemple, certains commerces comme
seignes sur d’autres unités identiques. le magasin de chaussures ou la drogue-
rie sont victimes de l’influence de l’hyper-D’autres services montrent quelques
signes de faiblesse. Le nombre de com- marché.
munes équipées d’une station de taxi Traditionnellement, ces commerces s’im-
baisse : seulement 23% des communes en plantent sur des communes urbaines
Source : Insee - Inventaires communaux 1988 et 1996 disposent. Ce sont souvent les communes hébergeant au moins 2 000 habitants.
En 1996, ce sont donc ces communes quiayant moins de 5000 habitants qui
perdent ce mode de transport. connaissent des désaffections.
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS 130, avenue du Président J.F. Kennedy - 59034 Lille Cedex - Tél. : 03 20 62 86 29 - Télécopie : 03 20 62 86 00La librairie s’est par contre maintenue sur L’artisanat des villages en déclin
les bourgs. Même si le nombre de ces
commerces a chuté de plus de la moitié Peu importe l’activité exercée, l’artisanat
jadis présent sur des petites communesdepuis huit ans, le nombre de communes
équipées d’au moins une librairie en urbaines ou rurales disparaît.
1996 n’a pas changé. La profession artisanale la moins présente
Pour comprendre ces résultatsL’hypermarché est l’équipement type de en 1996 sur la commune est le peintre-
la grande ville. plâtrier. Cet artisan est celui qui a le plus L’inventaire communal de 1996
déserté le village depuis l’inventaireIl est présent sur un faible nombre de Pour répondre à une demande du
communes qui concentrent une forte de 1988. Une commune sur deux ne conseil général, l’Insee Nord-Pas-de-
population. Ainsi, les implantations possède ainsi plus de peintre-plâtrier. Calais a interrogé en novembre
1996 l’ensemble des communes duL’électricien connaît pratiquement lad’hypermarchés ont eu lieu sur moins
Nord dans le cadre d’un inventairede trente communes qui rassemblent 30% même situation. Malgré tout, quelques
communal. de la population du département. implantations sur des bourgs de plus de
L’inventaire communal établit un étatCes communes, toutes urbaines, ont plus 2 000 habitants permettent de limiter la
des principaux commerces, services
de 5 000 habitants et plus souvent plus diminution du nombre de communes en
et équipements destinés aux particu-
disposant. Les autres artisans ou entre-de 10 000. Deux exceptions, Englos et liers, informe sur le cadre de vie et
Escaudœuvres, qui disposent d’un hyper- preneurs, comme le maçon, le plombier l’environnement dans chaque com-
marché mais sont situées à la périphérie ou le menuisier-charpentier disparaissent mune. Lorsque l’équipement n’existe
également des communes même si l’on pas, il repère la commune habituelle-d’un centre urbain. Entre 1988 et 1996
ment fréquentée. On peut ainsi ana-le nombre des hypermarchés a peu recense quelques implantations de ces
lyser les relations entre les com-évolué. professions sur des communes urbaines.
munes. Il ne s’agit pas de dénombrer
des équipements mais plutôt de
Le département du Nord au travers de quelques équipements
connaître leur existence sur la com-Unité : %
mune.Équipements Part des communes Part de la population
selon le type équipées concernée La commune réunit une commission
de la commune
communale qui est chargée de1988 1996 1988 1996
Commune de type bourg répondre au questionnaire reçu.
Droguerie, quincaillerie 39,1 28,2 83,1 74,0 À aucun moment, les habitants de la
Librairie papeterie 27,8 26,8 78,7 78,0
commune ne sont consultés.
Banque, caisse d’épargne 27,9 26,5 80,7 79,1
Les réponses fournies ne sont doncService de taxi 27,5 23,3 73,3 70,0
Supermarché 21,2 20,1 72,2 68,1 qu’une émanation d’un groupe d’in-
Magasin de chaussures 24,8 17,0 75,7 63,2 dividus et non une photographie des
Vétérinaire 14,3 16,1 57,4 63,8
comportements de l’ensemble de laPerception 13,0 12,6 57,6 56,7
Notaire 11,7 11,7 44,7 44,9 population.
Centre de secours 12,9 11,3 49,6 50,9 La collecte est faite par téléphone.
L’enquêteur ne se déplace plus.Commune de type village
Médecin 60,3 62,0 95,1 95,2 Il interroge le représentant communal
Plombier 70,4 61,7 94,7 92,0 et saisit simultanément sur un micro-
Maçon 69,2 59,8 93,5 87,1
ordinateur les réponses données.Infirmier, infirmière 60,4 59,5 93,7 93,5
Réparation automobile 63,5 58,6 94,5 92,3 Certains contrôles sont donc immé-
Boulangerie, pâtisserie 63,2 58,4 94,7 93,3 diatement appliqués. Des réponses
Menuisier 64,3 56,4 91,3 88,8
peuvent être ainsi précisées ouBoucherie, charcuterie 65,3 54,4 95,5 91,9
modifiées. Après trois semaines deSalon de coiffure 54,1 52,5 93,0 92,3
Pharmacie 48,3 48,9 92,2 92,0 collecte, les résultats bruts sont
Masseur-kinésithérapeute 42,2 48,3 89,3 91,2 réunis et exploitables sur support
Électricien 50,9 47,1 85,8 85,6
informatique.Plâtrier, peintre 58,9 45,4 90,9 84,5
Alimentation générale, supérette 73,5 42,8 96,5 83,2
Dentiste 34,8 36,8 86,1 86,8
Distribution de carburants 48,5 36,3 86,8 80,8
Commune de type ville
Hypermarché 3,8 5,1 22,7 30,1
Source : Insee - Inventaires communaux 1988 et 1996
Pour en savoir plus
L’inventaire communal de 1996 dans le Nord - Insee Nord-Pas-de-Calais - Les Dossiers de
Profils, à paraître au second semestre 1997.
Directeur de la publication : Jean-Claude HAUTCŒUR - Service Administration des Ressources : Daniel HUART - Service Études Diffusion : François HOUSSIN
Service Statistique : Robert MORIZUR - Rédactrice en chef : Élisabeth VILAIN - Secrétaire de fabrication : Jean-Claude DELEHAYE
Vente : Bureau de vente, 130 avenue J.F. Kennedy - BP 769 - 59034 LILLE CEDEX - Tél : 03 20 62 86 66 - Télécopie : 03 20 62 86 00
CPPAD en cours - ISSN 1269-0260 - Dépôt légal mai 1997 - © Insee 1997 - Code Sage PR0970520 - UNIVERS LILLE Tél : 03 20 63 10 07
130, avenue du Président J.F. Kennedy - 59034 Lille Cedex - Tél. : 03 20 62 86 29 - Télécopie : 03 20 62 86 00 INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS

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