Vosges : inventer de nouvelles voies économiques pour contrer le déclin industriel et fixer la population

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Porte sud de la Lorraine, le département des Vosges se partage entre une zone de moyenne montagne à l’est et la Plaine à l’ouest. Il a développé de longue date des activités liées à ses ressources que complète une industrie encore très présente et qui, malgré les crises successives, continue d’employer une part importante des actifs. Mais à l’image du textile, l’industrie vosgienne peine à s'inscrire dans une économie mondialisée. La réalisation de grands éléments structurants dans le domaine routier et l’arrivée du TGV ont, ces dernières années, renforcé les capacités de mobilité des personnes et des marchandises. Mais pour trouver un nouvel élan, de nouvelles voies, qui concilient développement économique et préservation du capital naturel, s’avèrent indispensables tant dans les activités du secteur primaire que dans l’industrie ou les services. L’avenir du département passe aussi par son ancrage aux métropoles de la Lorraine du nord, à l’heure où se profile le vieillissement de la population départementale, voire sa baisse. En parallèle, le vieillissement des actifs risque de générer des tensions inquiétantes sur certaines professions, notamment dans la santé et l'artisanat.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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°
150N Vosges :
Porte sud de la Lorraine, le département des Vosges se partage entre une zone
de moyenne montagne à l’est et la Plaine à l’ouest.
Il a développé de longue date des activités liées à ses ressources que complète
une industrie encore très présente et qui, malgré les crises successives, continue
M. le Préfet des Vosges a souhaité
confier à l'Insee Lorraine la réalisa- d’employer une part importante des actifs. Mais à l’image du textile, l’industrie
tion en partenariat avec les services
vosgienne peine à s'inscrire dans une économie mondialisée.
de l'État d'un diagnostic territorial
généraliste sur le département La réalisation de grands éléments structurants dans le domaine routier et
des Vosges.
l’arrivée du TGV ont, ces dernières années, renforcé les capacités de mobilité
L'objectif de ce diagnostic territorial
des personnes et des marchandises. Mais pour trouver un nouvel élan,est de donner une vue d'ensemble
de l'évolution du département et de de nouvelles voies, qui concilient développement économique et préservation
sa situation actuelle. Cette étude
du capital naturel, s’avèrent indispensables tant dans les activités du secteurstatistique transversale à caractère
socio-économique apporte les élé- primaire que dans l’industrie ou les services.
ments indispensables pour dégager
L’avenir du département passe aussi par son ancrage aux métropoles deles forces et les faiblesses du dépar-
tement, mettre en perspective les la Lorraine du nord, à l’heure où se profile le vieillissement de la population
potentialités à travers ses spécifici-
départementale, voire sa baisse. En parallèle, le vieillissement des actifs risquetés et les dynamiques sur lesquelles
fonder l'aménagement et le déve- de générer des tensions inquiétantes sur certaines professions, notamment
loppement du territoire.
dans la santé et l'artisanat.
Le département des Vosges tire son nom réglementaires, délimitant des sites classés :
du massif qui occupe un tiers de son territoire et Longemer, Ballon d’Alsace, sommet du
marque la frontière naturelle entre la Lorraine et Rouge-Gazon notamment.
l’Alsace. Il est limitrophe au nord de la
Meurthe-et-Moselle et de la Meuse ; au sud de la L’artificialisation des sols, due essentiellement au
Haute-Saône et du Territoire de Belfort ; à l’est de développement de zones commerciales et indus-
l’Alsace ; enfin, il jouxte la Haute-Marne à l’ouest. trielles au détriment des terres agricoles, pro-
gresse mais demeure limitée (+2,7% entre 1990 et
2000, contre +4,8% en France). Les Vosges restentDes paysages remarquables,
un département vert : seulement 4,2% de la sur-
une nature riche et variée
face est artificialisée.
Le relief est un élément essentiel du territoire vos-
gien. Parfois contraignant, il offre en revanche Ce capital naturel qu’il convient de préserver ap-
une palette de paysages remarquables. Ici, la na- porte par ailleurs matière à de multiples activités :
ture est belle, riche et variée. Elle recèle des es- agricoles et forestières d’une part, exploitation
pèces animales et végétales rares et protégées. des sources d’autre part. En découlent également
Elle est un véritable atout pour le département. de nombreux métiers, tant dans le tourisme (été,
Sa beauté est préservée en partie par des textes hiver, thermalisme) que dans l’industrie.
VLes entreprises de ce secteur, parmi mageries BONGRAIN GÉRARD au Tholy,Une industrie
lesquelles on dénombre certains des et le fabricant de surgelés GLACESencore très présente...
plus importants employeurs vosgiens, THIRIET àÉloyes.
La diversité des ressources naturel- produisent à la fois des biens de Autre activité traditionnelle de poids, leles est à l’origine d’activités écono- consommation, des biens intermédiai- bois-papier compte près de 6 000 sala-miques qui ont débuté très tôt et ont res et des biens d’équipement. Leurs riés, dont 3 700 dans l’industrie pape-donné au département une autre produits peuvent être de renommée tière représentée par de grandscaractéristique forte : la culture in- mondiale : c’est le cas des turbocom- établissements : les PAPETERIESdustrielle. L’effectif total employé presseurs de HONEYWELL GARRETT à
CLAIREFONTAINE qui fêtent en 2008par l’industrie s’élève encore à Thaon-les-Vosges, mais également leurs 150 ans d’existence, NOVACARE,36 400 personnes début 2007, dans des armatures métalliques de sièges
ARJOWIGGINS et NORSKE SKOG GOLBEY.nombre de grands établissements d’automobiles de FAURECIA à Nompa- Dans l’industrie du bois, on recensede groupes nationaux ou internatio- telize, des équipements de refroidisse- 2 300 emplois salariés, dont près dunaux, ce qui représente 27% de ment industriel de TRANE, des boîtes tiers travaillent dans la centaine del’emploi salarié total, et place les froides cryogéniques de FIVES CRYO à scieries industrielles du département,Vosges en tête des départements Golbey, des structures métalliques secteur qui peine encore aujourd’hui àfrançais. d’envergure de VIRY à Éloyes, ou en- se structurer.
Premier employeur, premier exporta- core et dans un tout autre registre, des
L’industrie textile, malgré les crisesteur et premier investisseur des Vos- articles culinaires de DE BUYER au
successives des dernières années,ges, le secteur de la mécanique et du Val-d’Ajol ou des couverts de la
reste une spécificité vosgienne et four-travail des métaux compte près de SOCIÉTÉ DES COUVERTS DE MOUROUX à
nit encore du travail à plus de 3 30010 550 emplois, répartis dans 500 éta- Darney.
personnes en 2007. Ce secteur se ca-blissements. Le secteur est bien repré-
ractérise lui aussi par de grands nomssenté dans le domaine de l’équipement Les industries agricoles et alimentaires
à la renommée internationale, tels queautomobile qui profite notamment de la sont le second employeur avec 6 400
TRICOTAGE DES VOSGES (chaussettesproximité de grands donneurs d’ordres. salariés. Elles sont dominées par
«Bleuforêt»), LE JACQUARD FRANÇAIS etMais il comprend également d’autres NESTLÉ WATERS SUPPLY EST qui détient
GARNIER THIÉBAUT.productions telles que le matériel aé- avec VITTEL et CONTREXEVILLE les deux
raulique et thermique, le élec- premières marques françaises d’eaux
tronique et électrique, la mécanique minérales plates, et comptent égale-
... mais qui a perdu
générale et la construction métallique, ment de gros établissements tels les
10 000 emplois en sept ansl’équipement de la table et de la cui- fromageries de l’ERMITAGE à Bulgné-
sine, la construction de machines et ville (UNION LAITIÈRE DE LA RÉGION VIT- Toutefois, le secteur industriel qui oc-
d’outils, l’équipement industriel, la tréfi- TELOISE), la fromagerie MARCILLAT cupait 46 000 personnes en 2000 a
lerie, la fonderie. (GROUPE LACTALIS) à Corcieux, les fro- perdu 10 000 emplois en sept ans.
Cette hémorragie a particulièrement
touché le textile, activité embléma-Des spécificités encore fortes dans le textile et le bois-papier
tique des Vosges, qui a souffert de lamais un emploi industriel en net recul
mondialisation du marché et de l’ou-
Emploi salarié en 2007
verture aux pays à bas coûts sala-
Spécificité
riaux, et perdu 2 400 emplois entre
5 2000 et 2007, soit 42% de ses effec-
Textile
tifs. Sa spécialisation cotonnière lui
4 permet cependant de garder une pro-
Bois et papier
duction qui pourrait prospérer dans le
Équipements
du foyer
3 contexte actuel de préoccupation de
développement durable. Seules quel-IAA
Habillement ques unités transforment des fibres2
Santé,Agriculture
Caoutchouc, plastiques action sociale synthétiques ou artificielles.
Éducation
Hôtels, restaurants
Produits
1 Les équipements du foyer paient aus-minéraux
TransportsÉquip.
Construction si un lourd tribut, avec notamment laMétallurgiemécaniques
AdministrationAutomobile fermeture des usines SEB du départe-0
Poids dans l'emploi salarié total (en %) ment : on y recense en 2007 quelque
0 2 4 6 8 10 12 1 600 emplois de moins qu’en 2000.
Guidedelecture:
La surface des cercles représentant les activités est proportionnelle aux effectifs de ces secteurs en 2007 : 15 800 salariés pour La métallurgie perd 850 postes, les
santé-action sociale, 6 000 pour l’industrie du bois et du papier, etc.
industries agricoles et alimentaires,Une spécificité de 1 indique qu’un secteur d’activité est aussi représenté dans les Vosges que dans l’ensemble de la Lorraine.
Une s supérieure à 1 indique que ce secteur est plus présent dans les Vosges qu’en Lorraine. Exemple : industrie
l’habillement et la chimie-caout-textile = 2,5% des emplois des Vosges et 0,6% de ceux de la région. La spécificité est donc de : 2,5 / 0,6 = 4,3 soit une activité
plus de 4 fois plus importante qu’en moyenne lorraine en termes d’emploi. chouc-plastiques en perdent chacun
Les cercles rouges correspondent aux secteurs d’activité où l’emploi a progressé entre 2000 et 2007 ; les cercles bleus à ceux
où il a diminué. plus de 600.
Presque tous les secteurs industriels
Source : Insee, estimations d'emploi salarié 2007
sont ainsi fortement touchés, à l’ex-
2ception cependant de l’industrie auto- 34% en France (hors Île-de-France). culièrement élevé : le taux de chô-
mobile, qui enregistre entre 2000 et Elle se double depuis plusieurs dé- mage y demeure un des plus forts
2007 une progression de 8,3% de cennies, d’un taux d’activité féminin de la région. Il atteint encore 10,2%,
ses effectifs salariés, soit un gain supérieur à la moyenne nationale. soit 2 à 3 points de plus que dans le
d’environ 200 postes. Toutefois, cette reste du département, et la part desSon évolution récente est marquée,
tendance risque de fortement s’inver- chômeurs de longue durée (31,5%)ycomme ailleurs, par une tendance
ser à compter de 2008. est aussi et de loin la plus forte de lade fond qui correspond à l’effet mé-
région.Dans ce contexte d’une industrie vos- canique de l’arrivée à l’âge de la re-
gienne éprouvée, car surexposée aux traite des générations du La recherche d’un emploi hors du
délocalisations, le département ne «baby-boom» de l’après seconde département apparaît comme une
peut assurer sa reconversion que par guerre mondiale. Le baromètre nécessité pour de nombreux actifs
une anticipation poussée, une gestion 2008 établi par la Direction Régio- vosgiens. En une quinzaine d’an-
prévisionnelle des emplois et des nale du Travail, de l’Emploi et de la nées, le nombre de ceux qui rési-
compétences, de la recherche et de Formation Professionnelle (DRTEFP) dent dans le département mais
l’innovation. C’est la mission notam- en collaboration avec l’Association travaillent dans un autre territoire a
ment des Pôles de compétitivité Ma- pour l’Emploi dans l’Industrie et le presque doublé, passant de 7 100
tériaux Innovants et Produits Commerce (Assedic) Lorraine préfi- en 1990 à 13 000 en 2005.
Intelligents (MIPI), Fibres du gure ce qui risque à terme de deve-
La Meurthe-et-Moselle, et majoritaire-
Grand-Est et du futur Pôle mondial de nir une préoccupation récurrente sur
ment sa partie sud, capte des actifs
l’eau à l’étude. le marché du travail : l’existence de
des cantons limitrophes de Charmes et
métiers en tension et des besoins
de Coussey, la Haute-Marne attire des
de recrutement.Une population ouvrière et
actifs du canton de Lamarche, la
des besoins de recrutement Ces besoins de recrutement concer- Haute-Saône ceux du canton de
nent actuellement : les maçons qua-De ce caractère encore très indus- Bains-les-Bains, et le Bas-Rhin ceux
lifiés dans tout le département ; lestriel du département découle, en qui résident dans le canton de Proven-
ouvriers qualifiés de l’industrie, lesgrande partie, une des spécificités chères-sur-Fave. Cependant 88% des non qualifiés du grosde la population active des Vosges : actifs vosgiens dépendent encore d’un
œuvre du bâtiment, les cadres com-la surreprésentation de la population emploi endogène, soit une part relati-
merciaux et technico-commerciaux,ouvrière, qui représente 44% des vement importante par rapport aux au-
les vendeurs en alimentation danssalariés, contre 37% en Lorraine et tres départements lorrains.
les Vosges de l’Ouest ; les repré-
sentants-VRP, les agents de gar-Pôles de compétitivité MIPI
Échanges routiers
diennage et de sécurité, leset Fibres Grand-Est :
et ferroviaires facilitésconducteurs routiers et grands rou-un appui pour les entreprises
tiers, les cuisiniers dans le bassin Les capacités de mobilité des person-Le pôle Matériaux Innovants, Produits
Intelligents (MIPI) basé en Lorraine as- d’Épinal ; les ouvriers qualifiés du nes et des marchandises ont été faci-
socie aujourd’hui de nombreux parte- textile et du cuir, les plâtriers, char- litées, depuis plusieurs années déjà,
naires autour de projets de recherche pentiers et autres ouvriers qualifiés par l’amélioration du réseau routier
et développement de niveau internatio-
du gros et du second œuvre du bâti- dans le sens nord-sud avec les mises
nal, et s’engage dans de nombreuses
ment et de la manutention dans ce- à 2x2 voies des RN57 et RN59 danscollaborations avec les pays de l’Union
européenne, la Chine, le Japon, lui de Saint-Dié-des-Vosges ; les leur traversée du département. Des
l’Inde... Il fonde son effort sur 5 centres chaudronniers, tôliers industriels travaux identiques restent à mener
de recherche privés et 27 laboratoires qualifiés, les agents d’exploitation dans leur prolongement en Haute-
publics de recherche, appartenant aux
des transports dans celui de Remi- Saône jusque Luxeuil-les-Bains et
universités de Metz et de Nancy et à
remont-Gérardmer. Vesoul, et en Meurthe-et- Moselledes écoles d’ingénieurs. Il puise dans
un vivier universitaire qui, chaque jusque Lunéville.Malgré tout, le chômage reste à un
année, accueille 70 000 étudiants,
niveau élevé. Au second trimestre
dont 5 000 étrangers, et délivre 22 000 La réouverture en octobre 2008,
2008, il concerne un peu plus dediplômes. après des travaux de mise aux nor-
Quant au pôle Fibres Grand-Est basé à 13 000 personnes (1), soit 8,2% des mes de sécurité actuelles, du tunnel
Épinal, à l’École Nationale Supérieure actifs du département, contre 7,5% Maurice Lemaire entre Lusse (88)et
des Technologies et Industries du Bois en Lorraine et 7,2% en France mé- Sainte-Marie-aux-Mines (68), a per-(ENSTIB) aux côtés du Centre Régio-
tropolitaine. Et sur un an, il a crû de
nal de l’Innovation et du Transfert de mis de retrouver un axe de communi-
0,3 point (contre 0,1 point ailleurs enTechnologie pour les industries du cation essentiel avec l’Alsace.
Bois (CRITT Bois), du CRITT Métal, de Lorraine). Territorialement, la zone
Cetelor (Centre d’Essais TExtile d’emploi de Saint-Dié-des-Vosges Toutefois sur la RN66, la circulation
LORrain) et des centres techniques du enregistre toujours un niveau parti- reste encore difficile au-delà de la
papier et de recherche sur le textile, il
déviation de Rupt-sur-Moselle, dans
s’appuie sur un réseau de 1 500 entre-
la traversée des agglomérations quiprises (dont un potentiel de 450 pour le
(1) Demandeurs d’Emploi en Fin de Moisdépartement des Vosges), 45 000 em- s’échelonnent jusque Bussang. Et
(DEFM) catégorie 1 : demandeurs d’em-plois et 500 chercheurs sur les régions surtout, le département souffre en-
ploi à la recherche d’un emploi à durée in-Lorraine et Alsace. core de l’absence d’un axe perfor-déterminée et à temps complet.
3mant dans le sens est-ouest, de par la nouvelle attractivité des cultures des espèces animales et végétales.
Neufchâteau à Saint-Dié-des-Vos- de vente. Toutefois elle nécessite une attention
ges via Épinal. particulière pour limiter les impacts deLes agriculteurs vosgiens ont égale-
l’urbanisation et l’artificialisation desDans le domaine ferroviaire, l’arrivée ment à s’interroger sur le rôle à jouer
sols, et pour en préserver les qualités.récente du TGV Est-européen a nette- demain dans la production d’énergies
Et alors que le morcellement excessifment raccourci les temps de trajet en renouvelables, peu polluantes et
des surfaces constitue un handicapmettant Épinal à 2h20 de Paris, Remi- compétitives (biodiesel, huile végétale,
pour leur bonne gestion, les outils d’a-remont à 2h40 et Saint-Dié-des-Vos- méthanisation, bois et produits ligneux
ménagement restent à promouvoirges à 2h30. Mais le train fait peu partie pour le chauffage) et l’agrotourisme (vi-
pour contribuer à la protection d’un pa-du paysage vosgien : seules 38 com- site, hébergement, restauration).
trimoine qui fait aussi la richesse et l’at-munes possèdent une gare-voyageurs.
tractivité du département.Forêt-bois : un avenirIl reste par ailleurs à réaliser l’électrifi-
dans la construction,cation de la ligne Épinal-Belfort qui éta- Eau : préserver la qualité
blira une communication entre le TGV le chauffage et les loisirs
Grâce aux nappes d’eau profondesEst-européen et le TGV Rhin-Rhône, La forêt, avec 282 000 hectares, re- alimentées par des précipitations im-dont la mise en circulation est prévue couvre 48% du territoire et place les portantes et à l’importance du réseaupour fin 2011, et au-delà la Méditer- Vosges au troisième rang des départe- hydrographique, les Vosges serventranée. Pour les Vosges, cette liaison ments les plus boisés de France (après de château d’eau à la Lorraine.est d’importance car elle constitue une
les Landes et le Var). Les espèces rési-
opportunité d’ouvrir les échanges vers La bonne qualité de cette eau permetneuses (pins, sapins, épicéas) sont
le Sud et la Suisse. Et au nord, cette la production d’eau minérale, maisconcentrées dans la montagne à l’est,
ligne trouve son prolongement naturel face à sa vulnérabilité, la vigilancealors que les essences feuillues (chê-
dans celle d’Épinal-Nancy-Metz- s’impose notamment concernant les
nes et hêtres) sont localisées à l’ouest
Luxembourg qui draine le Sillon mosel- nitrates utilisés dans l’agriculture. Lesdans la Plaine.
lan, d’où l’attente des Vosgiens et leur cours d’eau reçoivent par ailleurs des
Le département des Vosges se situesoutien apporté au projet de la gare de rejets polluants importants, en prove-
en première position au niveau natio-Vandières (54). nance d’une part des industries, et ce
nal sur le plan de la production glo- malgré les efforts réalisés par cer-
bale valorisée de bois d’œuvre tains industriels, et d’autre part desAgriculture : une place
feuillus et résineux, tout comme le ménages dont trop peu (60% des loge-à trouver dans l’énergie, secteur de la papeterie qui s’est
ments) sont raccordés au réseau d’as-
la biochimie considérablement développé ces der- sainissement collectif, conséquence
nières années. Cette ressource fores-et l’agrotourisme d’un habitat dispersé.
tière de qualité reconnue dansEn 2007, les Vosges comptent un Développé de longue date, le ther-plusieurs domaines (sciage, meubles,peu plus de 3 000 exploitations agri- malisme vient compléter l’offre tou-
papier) assure plus de 13 000 emploiscoles, dont 1 800 professionnelles ristique mais ses quatre stationspour l’ensemble de la filière bois (dontpour une Superficie Agricole Utilisée souffrent de l’érosion de la cure mé-
3 700 salariés pour l’activité «papier»), ré-(SAU) de 218 000 hectares, soit 37% dicale «traditionnelle». Même si el-partis dans 1 200 entreprises dansdu territoire départemental. Toutefois, les ont su développer de nouveauxles secteurs suivants : sylviculture,en sept ans, le nombre d’unités pro- concepts qui intègrent l’eau, la re-bûcheronnage, débardage, sciage,fessionnelles a été réduit de 19%, mise en forme et le bien-être, lamenuiserie et ameublement, papier,alors que la moyenne d’âge des ex- création de spas dans de nombreuxpâtes, panneaux, emballages. Resteploitants est de 45 ans. Dès lors, hôtels capte une bonne partie de lacependant à consolider les industriesl’installation de jeunes agriculteurs est clientèle, et au-delà des frontièresde transformation et privilégier les cir-une préoccupation permanente. hexagonales, des pays émergentscuits locaux.
Le lait et la viande demeurent les filiè- proposent des séjours de balnéo-
Parallèlement, dans le contexte ac-res prépondérantes en occupant la plu- thérapie à des tarifs très compétitifs.
tuel de développement durable et depart des exploitations. Elles profitent Enfin, l’industrie papetière y puiselutte contre l’effet de serre, les Vos-d’une valeur sûre, l’herbe, qui repré- également la matière qui lui est in-ges doivent valoriser cette ressourcesente plus de 62% de la SAU,ets’a- dispensable, trouvant ainsi surlocale, qui a un bel avenir dans ladossent à une industrie agro- place les ressources naturelles né-construction de maisons en bois, lealimentaire puissante et dynamique cessaires à sa production.développement de chaufferies bois,(6 400 emplois salariés, avec notamment
la valorisation des coproduits fores-
cinq établissements à vocation fromagère et Tourisme : limitertiers. C’est là la mission du pôle d’ex-
trois abattoirs) mais les exploitations
la dépendancecellence rurale porté par le Payspeuvent encore parfaire leur gestion et
d’Épinal Coeur des Vosges. aux conditions climatiquesla valorisation de leurs produits en or-
ganisant des «circuits courts» qui assu- La forêt a aussi un rôle à jouer dans Le département des Vosges grâce à
rent aux producteurs un meilleur les activités de loisir de pleine nature, ses paysages montagneux et ses fo-
partage des plus-values, alors que l’a- la protection de la ressource en eau, rêts est devenu un des lieux de va-
venir de la place de l’herbe est fragilisé ou encore le maintien de la biodiversité cances les plus prisés de l’est de la
4France, attirant notamment les ran- électriques et électroniques), les contrô- est estimée à 380 000 habitants (2),
donneurs l’été et les skieurs l’hiver. les-analyses et mesures, la soit légèrement moins que son ni-
La volonté et le savoir-faire des Vos- maintenance de matériel de produc- veau de 1999. Après une baisse
giens ont su valoriser ces atouts na- tion et le transport de marchandises. continue depuis 1975, et 600 habi-
turels et en développer d’autres, à L’offre logistique est également inté- tants perdus annuellement lors de la
travers l’organisation de nombreuses ressante car de par son positionne- décennie 1990, on n’enregistre plus
manifestations festives, populaires, ment géographique, le département sur les dernières années qu’une
sportives, culturelles ou gastronomi- dispose d’un avantage important : perte annuelle d’une centaine d’ha-
ques tout au long de l’année. l’accès à un potentiel de 70 millions bitants, mais cette situation con-
de consommateurs dans un rayon de traste toutefois avec celle des troisCe tourisme familial et de proximité
300 km. autres départements lorrains où laest actuellement source de 12 000
population progresse.emplois dans les Vosges, ce qui en L’ambitieux projet de plate-forme lo-
fait un facteur économique non négli- gistique à Damblain dans les Vosges Le principal facteur en est un
geable dont le chiffre d’affaires (142 de l’Ouest sur une ancienne base de nombre de départs supérieur à celui
millions d’euros en 2007) profite en pre- l’OTAN est de nature à développer de des arrivées. Même si en vingt ans
mier lieu aux structures d’héberge- manière importante ce type d’offre de le déficit migratoire a été ramené de
ment qui comptabilisent 2,2 millions services. Enfin, d’autres domaines 2 300 habitants par an à 500, il
de nuitées par an. sont à explorer ou à développer, no- continue de peser négativement sur
tamment ceux à forte valeur ajoutéeToutefois, les dernières saisons, tant l’évolution globale de la population.
tels que le conseil et l’assistance.hivernales qu’estivales, ont montré,
Et ce n’est pas le solde naturel seulpar manque de neige et pluie exces-
qui est capable de compenser cesive, sa vulnérabilité. À l’heure où Avenir démographique
déficit. Entre 1999 et 2006, résultatl’emploi industriel recule, le tourisme incertain de la fécondité élevée des Vosgien-peut devenir un atout majeur. Mais
La démographie vosgienne, comme nes qui abordent la maternité à unpour relever ce défi, il doit réussir sa
celle de nombre de départements âge plus précoce que la moyennediversification vers des activités
du nord de la France, subit les ef- des Françaises, le nombre de nais-moins dépendantes des conditions
fets d’une situation économique plus sances a bien dépassé d’un peuclimatiques, tout en préservant ses
erou moins morose. Au 1 janvier plus de 400 personnes par an leespaces naturels.
2006, la population du département nombre de décès. Mais l’excédent
Services :
des opportunités dans Périurbanisation autour d'Épinal et de Saint-Dié-des-Vosges
les services à la personne
Évolution annuelle moyenne de la population* des communes entre 1999 et 2006
et aux entreprises
Face à la baisse des emplois indus-
triels, les services sont, avec la
construction, un bon moteur de la
croissance dans les Vosges. Avec
61 700 salariés, administration com-
Neufchâteauprise, ils pèsent déjà plus que l’in- Saint-Dié-
des-Vosgesdustrie et ses 36 400 salariés. Reste Mirecourt
que leur poids dans le département
(47%) s’établit bien en dessous de
Vittel Épinal
celui observé en Lorraine (58%)ou
en France (62%).
Deux filières, au moins, présentent
un certain nombre de pistes porteu-
ses de développement. Les services
à la personne, tout d’abord, qui en
lien avec le vieillissement annoncé
de la population, devraient répondre
à des besoins accrus et pourraient
fournir une opportunité d’emploi.
Par ailleurs, les services aux entrepri- 190 habitantsIGN-Insee 2008 Taux annuel d'évolution (%)
ses offrent des possibilités dans la 2ouplus
* population municipale
de0à2formation, le traitement des déchets 60 habitants
de-2à0(en particulier ceux issus d’équipements
moins de -2
Sources : Insee, Recensement de la population 1999 - Enquêtes annuelles de recensement 2004 à 2008
(2) Population municipale
5naturel s’érode au fil des ans (il a été une certaine vitalité et s’opposent à Dans le domaine des résidences se-
divisé par trois en vingt ans) car l’espé- la dépression qui frappe les zones condaires, l’est du département se
rance de vie est une des plus faibles rurales de l’ouest et du sud. distingue. La construction s’y pour-
de France (75 ans pour les hommes et suit en effet dans la zone d’emploiCar les disparités de développe-
82,6 ans pour les femmes) et surtout, de Remiremont-Gérardmer quiment qui se faisaient jour dans les
les nombreux départs de Vosgiens confirme ainsi sa vocation touris-années 1980-1990 se sont confir-
lors des décennies précédentes tique en totalisant 43% des résiden-mées, voire amplifiées. Les Vosges
laissent aujourd’hui place à une po- ces secondaires bâties en Lorrainede l’Ouest et la Vôge, situées loin
pulation plutôt âgée et à moins de depuis 1999.des zones de croissance de la ré-
jeunes gens en âge de procréer. gion et limitrophes d’espaces en Côté parc locatif social, les Vosges
Dans ces perspectives, sans l’arrivée perte de vitesse dans la Meuse, en comptent 24 700 logements, dont
de jeunes couples avec enfant(s), la Haute-Marne et en Haute-Saône, 86% en immeubles collectifs. Ces lo-
population départementale sera sou- restent des territoires fragiles. gements sociaux représentent 11%
mise dans un proche avenir à un du parc départemental des résiden-La répartition de la population sur le
vieillissement certain et à une diminu- ces principales. Mais dans l’agglomé-territoire régional joue également en
tion de ses effectifs. Si les tendances ration d’Épinal et dans la communedéfaveur du département. Les agglo-
démographiques observées entre de Saint-Dié-des-Vosges, ils compo-mérations d’Épinal et Saint-Dié-des-
1990 et 2005 se maintiennent, en sent près du tiers des logements. LesVosges restent de taille modeste
2030, le département comptera près personnes qui résident dans le parccomparées aux concentrations urbai-
de 40 000 personnes âgées supplé- social du département représententnes du nord de la Lorraine avec les-
mentaires et deviendra l’un des plus 51% de la population logée dans l’en-quelles elles ne peuvent rivaliser.
âgés du Grand-Est. semble du parc locatif vosgien.
S’y ajoute la dynamique actuelle du
Si tel est le cas, il devra faire face Deux grands chantiers de rénova-Luxembourg qui déplace le centre de
aux problèmes que peut poser la tion urbaine ont été entrepris dansgravité de la région vers le nord. Pour
présence en grand nombre d’une le département, l’un sur la communeÉpinal, et son agglomération, l’enjeu
population âgée, voire très âgée d’Épinal, l’autre sur celle deest de rester amarré à la partie sud
(plus de 80 ans, âge dit de la dépen- Saint-Dié-des-Vosges. Ils concer-du Sillon mosellan et à ses effets mé-
dance). Dans le même temps, le dé- nent la rénovation des logements detropolitains dynamisants, pour ne pas
partement perdra 20 000 habitants trois Zones Urbaines Sensiblesdemeurer à l’écart de la zone princi-
et les décès y seront plus nombreux (ZUS) : certains logements serontpale de croissance de la population et
que les naissances. démolis puis reconstruits sur place,de l’emploi de la région.
d’autres seront créés hors de ces
zones. D’autres aménagements se-Rester amarré
Des besoins variés
ront également réalisés sur cesà la dynamique
en logement quartiers : voiries, équipementsdu Sillon mosellan
Le marché du logement suit la situa- commerciaux et culturels...
Épinal, chef-lieu du département, tion économique et démographique. De même, le schéma de cohérencecompte 34 000 habitants en 2006 et La construction de logements neufs a territoriale des Vosges centralesson agglomération 61 000, ce qui la bien augmenté de 75% en moyenne prévoit d’étendre l’offre de logementclasse au cinquième rang en Lor- annuelle entre 1999 et 2006 par rap- social à d’autres communes plus ru-raine, et en fait l’élément principal de port à ce qu’elle était sur la décennie rales, et des constructions de loge-la structure urbaine du territoire. Les précédente, dépassant légèrement ments adaptés à une populationdeux autres agglomérations d’impor- en cela la moyenne régionale tout en vieillissante.tance sont Saint-Dié-des-Vosges et restant inférieure à la moyenne natio-
Remiremont avec respectivement nale, mais dans les Vosges, les prix
16% des Vosgiens29 000 et 22 000 habitants. des terrains sont 2,2 fois moins chers
sous le seuil de pauvreté26 autres pôles urbains de plus de qu’en moyenne en Lorraine, et ceux
2 000 habitants assurent le maillage des maisons jusqu’à 1,2 moins éle- En 2006, le revenu médian des mé-
du reste du département. Ils demeu- vés au moment de la construction. nages vosgiens s’élève à 15 600
rent de taille réduite mais ont un rôle euros par an et par unité deConséquences positives, les surfaces
essentiel dans l’animation des espa- consommation (UC), soit 500 eurossont supérieures à celles rencontrées
ces ruraux qui les entourent et com- de moins que le revenu médian desdans les autres départements lorrains
portent un tissu artisanal riche et Lorrains, et 800 euros de moins queplus urbanisés. Mais autour d’Épinal
vivant. celui des Français de province.et de Saint-Dié-des-Vosges où le
Cette même année, sur les 156 600Toutefois, depuis 1999, les évolu- nombre de ménages a crû plus vite
ménages du département ayant dé-tions démographiques des uns et que le nombre de logements, la situa-
claré des revenus aux services fis-des autres divergent. Elles sont le tion sur le marché du logement est
caux, 44% sont non imposables, unreflet du contraste existant à l’inté- tendue. En revanche, à l’ouest, le
taux supérieur à celui de la Lorrainerieur du département où seuls les taux de vacance des logements est
(43%)etàceluidelaFrancedepro-espaces périurbains autour d’Épinal important, signe du manque d’attracti-
vince (40%).et Saint-Dié-des-Vosges conservent vité de ce secteur.
616% des Vosgiens âgés de moins éducative, la santé, la citoyenneté vertes par des zones de recours aux
de 65 ans vivent sous le seuil de et la prévention de la délinquance, soins définies par la mission régio-
bas revenus, soit avec moins de le cadredevie. nale de santé en Lorraine.
845 euros par mois et par UC.Cela Néanmoins, avec 98 médecins pour
fait des Vosges le département où Accès aux soins en danger 100 000 habitants, la proportion de
la proportion de personnes à bas re- Actuellement, le territoire vosgien médecins généralistes libéraux par
venus est la plus élevée de la région est assez bien équipé médicale- habitant est dans les Vosges infé-
avec la Meuse (17%). Cette pauvre- ment : un bon maillage hospitalier, rieure à ce qu’elle est en moyenne
té est majoritairement présente mêlant établissements publics ou nationale ou régionale (104). Plus in-
dans les villes comportant de nom- privés (26 proposant quiétant encore, le nombre de mé-
breux logements sociaux et
2 800 lits), répartis entre les bourgs decins généralistes exerçant en
concentrée dans un périmètre géo- du département ; des structures libéral est en baisse, alors que la
graphique très restreint : 13 commu- d’accueil pour personnes âgées, of- population vieillit et que les besoins
nes accueillent en effet à elles frant 4 900 places, proportionnelle- vont s’accroître dans les années à
seules la moitié des Vosgiens ment plus nombreuses que dans les venir. Et surtout, d’ici 2015, 4 méde-
concernés. autres départements lorrains, en cins sur 10 auront atteint l’âge de la
À côté de cette pauvreté urbaine, rapport à la population résidente ; retraite.
existe aussi une rurale, des maisons de santé en dévelop- En l’absence de nouvelles installa-
peut-être moins visible mais bien pement (2 sont créées, 7 sont en pro- tions, la situation pourrait devenir
réelle. Quinze communes, dont six jet), dont la pluridisciplinarité est alarmante : le nombre de généralis-
sont chefs-lieux de canton, comptent précieuse en milieu rural. tes baisserait de 44% en 2015, alors
au moins 100 habitants vivant sous le En 2007, 4 500 professionnels de que les personnes âgées de 75 ans
seuil de pauvreté, ce qui représente santé exercent dans les Vosges, et plus représenteraient plus de
environ 15% des moins de 65 ans. dont 2 500 infirmiers et 910 méde- 10% de la population vosgienne. Le
La répartition spatiale des revenus cins, généralistes ou spécialistes. département a donc tout intérêt à
dans les Vosges semble relative- Peu de communes ne sont pas cou- être attractif pour attirer de jeunes
ment homogène, mais recèle ce- généralistes en quête d’installation
pendant quelques divergences. Les
populations les plus aisées résident
Jusqu'à 6 000 euros d'écart de revenu selon les cantonsdans les cantons de Vittel et d’Épi-
nal-Est, et les ménages les plus
Revenu fiscal médian des ménages par canton en 2006
pauvres se trouvent dans la com-
mune de Saint-Dié-des-Vosges, et
dans les cantons de Rambervillers
et de Bains-les-Bains.
C’est dans les deux plus grandes
villes du département, Épinal et
Rambervillers
Saint-Saint-Dié-des-Vosges, que les
Dié
des-écarts de revenus sont les plus im-
Vosges
portants : des personnes aisées y
côtoient des populations très défa-
Vittel
vorisées, dont les revenus sont 8
Épinal-Est
fois moins importants.
Fin 2006, 11 600 Vosgiens étaient
couverts par le Revenu minimum Bains-
les-d’insertion (RMI) et bien que leur Bains
nombre soit en baisse en 2007,
pour la première fois depuis sept
ans, celui-ci demeure élevé et reste
un indice inquiétant de la persis-
tance de la pauvreté.
Enfin, depuis janvier 2007, trois
Contrats Urbains de Cohésion So-
Revenu fiscal médian (euros/UC/an)ciale (CUCS) succèdent aux contrats IGN-Insee 2008
18 000 et plusde ville et répondent aux besoins
de 17 000 à 18 000
Vosges : 15 600des quartiers les plus en difficulté.
de 16 000 à 17 000 Lorraine : 16 100
Ils interviennent sur les domaines de 15 000 à 16 000
de 14 000 à 15 000touchant directement la vie des ha-
moinsde14000bitants : l’emploi et le développe-
Source : Direction générale des impôtsment économique, la réussite
7afin de renouveler les effectifs Par ailleurs, en prenant les 200 com-Savoir plus :
partants. Dans certaines zones en munes de Lorraine les plus «riches»
déficit de médecins, des aides à fiscalement, dans les Vosges 27% se
l’installation sont déjà mises en situent hors d’un Établissement Pu-
- Arrondissement de Saint-Dié-des-Vos-
place. blic de Coopération Intercommunale
ges : renouveau démographique mais
(EPCI), en Meurthe-et-Moselle 18%,fort recul de l’emploi industriel, Économie
Lorraine n° 144, octobre 2008 pour seulement 6% des communesIntercommunalité
meusiennes et 2% des mosellanes.inachevée et faiblement- Écoscopie de la Meurthe-et-Moselle,
Ouvrage, avril 2008 L’intégration fiscale des communesintégrée fiscalement
vosgiennes reste donc bien souvent
- Écoscopie de la Meuse, Ouvrage, dé- En septembre 2008, 420 communes
à faire, comme le montre égalementcembre 2006 sur les 515 que compte le départe-
le faible niveau du coefficient d’inté-ment des Vosges sont regroupées auSite internet :
gration fiscale (CIF) qui mesure réel-sein de 43 communautés de commu-www.insee.fr
lement le niveau de mise ennes (CC) dont une a son siège en
commun des ressources fiscalesMeurthe-et-Moselle, intégrées el-
des communes vers les intercom-les-mêmesauseinde4Pays:Pays
munalités. Même si celui-ci a ten-de l’Ouest Vosgien, Pays d’Épinal
dance à augmenter avec le temps, ilCœur des Vosges, Pays de la Déo-
s’étale de 4% à 67%. Et pour plusdatie et Pays de Remiremont et ses
de la moitié des CC, il est inférieur àVallées.
20% et ne dépasse 50% que dans
À cette date, c’est ainsi 83% de la quatre d’entre elles.
population vosgienne qui vit sous le
régime de l’intercommunalité, mais
celle-ci reste la moins développée
des quatre départements lorrains et
se caractérise par un extrême mor-
Mireille FLORÉMONTcellement : la moitié des CC comp-
tent moins de 8 communes et moins
de 5 500 habitants (contre 12 et 6 900
en Lorraine).
Ministère de l’Économie,
de l’Industrie et de l’Emploi
Insee
Institut National de la Statistique
et des Études Économiques Enjeux et interactions favorables
Direction Régionale de Lorraine
15, rue du Général Hulot
CS 54229
54042 NANCY CEDEX Élever les qualifications
Éviter le décrochageet adapter les formationsTél : 0383918585
aux métiers en tension des franges
Fax: 0383404561 Élargir l’offre ouest et sud
S’amarrer
touristique vers moinsDiversifier et inventer Accompagneràladynamiquewww.insee.fr/lorraine
de dépendancede nouveaux produits, le vieillissementdu Sillon mosellan
aux conditions climatiquescréneaux ou process
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
Jean-Paul FRANÇOIS
Directeur régional de l’Insee
Prévenir la baisseLutter contre le déclin
COORDINATION RÉDACTIONNELLE de la populationde l’emploi industriel
Christian CALZADA et son vieillissement
Gérard MOREAU
RESPONSABLE ÉDITORIAL ET
RELATIONS MÉDIAS
Brigitte VIENNEAUX
Assurer la cohésionGérer durablement
RÉDACTRICE EN CHEF des territoiresles ressources locales
Agnès VERDIN
SECRÉTARIAT DE FABRICATION
MISE EN PAGE - COMPOSITION RenforcerPréserver Favoriser l’intercommunalitéDévelopperles ressourcesMarie-Thérèse CAMPISTROUS la mixité socialeune agriculture
en eau dans les quartiersMarie-Odile LAFONTAINE durable
Veiller au maintiendéfavorisésValoriser
des services
le patrimoineISSN : 0293-9657
dans les bourgs ruraux
forestier© INSEE 2008
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