Après le bac professionnel ou technologique : la poursuite d'études jusqu'à bac + 2 et sa rentabilité salariale en début de vie active

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Le rendement salarial que les bacheliers professionnels et technologiques peuvent attendre de la poursuite de leurs études dépend de leur réussite, incertaine, au diplôme de niveau bac + 2. Le calcul de ce rendement est fondé sur le supplément de salaire que pourraient escompter ces bacheliers, compte tenu de leurs caractéristiques individuelles, s'ils poursuivaient leurs études en cas de réussite au niveau du diplôme bac + 2, ou sans obtenir de titre plus élevé. En tenant exclusivement compte de l'incertitude liée au risque d'échec au diplôme et au risque de chômage, les bacheliers professionnels qui poursuivent leurs études peuvent espérer après trois ans de vie active un supplément moyen de salaire de 5,6 % relativement à ceux qui arrêtent leur formation initiale au bac, de + 10,6 % pour les bacheliers technologiques. Néanmoins, pour ces derniers, les caractéristiques des deux groupes (arrêt des études ou poursuite avec succès) diffèrent, et une simulation de la poursuite d'études pour les simples bacheliers ne leur attribue qu'un gain de 3,2 % en cas de succès au diplôme de bac + 2. Le rendement simulé de la poursuite d'études diplômantes par les bacheliers sortant immédiatement après leur réussite au bac professionnel est du même ordre de grandeur que celui obtenu par ceux qui ont effectivement poursuivi et réussi au niveau bac + 2 (autour de 13 %). L'avantage retiré de la poursuite d'études tiendrait alors essentiellement à une meilleure rémunération des caractéristiques individuelles analogues à celles de ceux qui ont effectivement poursuivi et réussi au niveau bac + 2. Les bacheliers professionnels qui n'ont pas poursuivi au-delà auraient pu avoir intérêt à le faire, et ce même dans le cas d'un cursus non sanctionné par un diplôme (le rendement serait alors de 5,2 %). Ces résultats reposent néanmoins sur l'hypothèse que les informations disponibles suffisent pour caractériser l'homogénéité ou la dissemblance des populations étudiées.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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EMPLOI
Après le bac professionnelou technologique : la poursuite d’étudesjusqu’à bac + 2 et sa rentabilité salarialeen début de vie activeStéphanie Moullet*
Le rendement salarial que les bacheliers professionnels et technologiques peuvent atten-dre de la poursuite de leurs études dépend de leur réussite, incertaine, au diplôme deniveau bac + 2. Le calcul de ce rendement est fondé sur le supplément de salaire quepourraient escompter ces bacheliers, compte tenu de leurs caractéristiques individuelles,s’ils poursuivaient leurs études en cas de réussite au niveau du diplôme bac + 2, ou sansobtenir de titre plus élevé.En tenant exclusivement compte de l’incertitude liée au risque d’échec au diplôme et aurisque de chômage, les bacheliers professionnels qui poursuivent leurs études peuventespérer après trois ans de vie active un supplément moyen de salaire de 5,6 % relative-ment à ceux qui arrêtent leur formation initiale au bac, de + 10,6 % pour les bachelierstechnologiques.Néanmoins, pour ces derniers, les caractéristiques des deux groupes (arrêt des étudesou poursuite avec succès) diffèrent, et de ce fait une simulation de la poursuite d’étudespour les simples bacheliers ne leur attribue qu’un gain de 3,2 % en cas de succès audiplôme de bac + 2.Le rendement simulé de la poursuite d’études diplômantes par les bacheliers sortantimmédiatement après leur réussite au bac professionnel est, en revanche, du même ordrede grandeur que celui obtenu par ceux qui ont effectivement poursuivi et réussi au niveaubac + 2 (autour de 13 %). L’avantage retiré de la poursuite d’études tiendrait alors essen-tiellement à une meilleure rémunération des caractéristiques individuelles analogues àcelles de ceux qui ont effectivement poursuivi et réussi au niveau bac + 2. Les bacheliersprofessionnels qui n’ont pas poursuivi au-delà auraient pu avoir intérêt à le faire, et cemême dans le cas d’un cursus non sanctionné par un diplôme (le rendement serait alorsde 5,2 %).Ces résultats reposent néanmoins sur l’hypothèse que les informations disponibles suffi -sent pour caractériser l’homogénéité ou la dissemblance des populations étudiées.
 Stéphanie Moullet appartient au Céreq (Département des Entrées dans la Vie Active). Courriel : moullet@cereq.fr.*L’auteur remercie Arnaud Dupray pour ses critiques et suggestions, ainsi que les deux rapporteurs anonymes de larevue.
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Depuis le début des années 1980, les effec-tifs de jeunes qui entrent dans l’enseigne-ment supérieur se sont accrus. La quasi-totalitédes bacheliers généraux y accèdent, la part desbacheliers issus de séries autres que généralescroissant. Plus de quatre bacheliers technolo-giques sur cinq poursuivent leurs études dès larentrée suivante en s’orientant le plus souventvers des filières courtes, en particulier en STS,qui scolarisent plus de la moitié d’entre eux. Ladifférence majeure entre les bacheliers géné-raux et technologiques s’observe dans le typed’orientation. Ainsi, en 1996, les premiers sontprès de 58 % à opter pour la voie des études lon-gues à l’université alors que les seconds ne sontque deux sur dix à s’y inscrire, 68 % s’orientantvers un IUT ou en STS (Lemaire, 2004). Plusrécemment, seule la proportion de bacheliersprofessionnels poursuivant leurs études conti-nue d’augmenter. Alors même que le bac pro-fessionnel a pour vocation première de préparerà l’entrée immédiate sur le marché du travail,une proportion non négligeable de détenteurs dece diplôme (18 %) (1) choisissent d’entrer dansl’enseignement supérieur, essentiellement dansdes filières professionnelles. En 1998, près d’untiers des jeunes arrête les études une ou deuxannées après le bac, qu’un diplôme de niveaubac + 2 (BTS, DUT ou Deug) ait été obtenu ounon. On compte 90 000 jeunes qui ont entamédes études supérieures mais sans obtenir dediplôme supérieur au bac (Giretet al., 2003) etce sont les jeunes titulaires d’un bac profession-nel ou technologique qui, plus souvent que lesbacheliers généraux, sont dans cette situationd’échec. Les bacheliers technologiques repré-sentent en effet, en 1998, 60 % des sorties sansdiplôme de filières professionnelles contre prèsde 30 % des sorties diplômées d’un DUT etenviron six diplômés de BTS sur dix. Quant auxbacheliers professionnels, ils constituent 16 %des non-diplômés issus de filières profession-nelles et dans le même temps, moins de 3 % dela population des diplômés (Thomas, 2003).Pour la population des bacheliers tant techno-logiques que professionnels, la question dela poursuite dans l’enseignement supérieurcomme alternative à l’entrée sur le marché dutravail se pose donc d’autant plus que le ris-que d’échec au diplôme bac + 2 est important.Compte tenu de la finalité différente de ces deuxtypes de bac – l entrée dans la vie active pour lebac professionnel et la poursuite d’études dansl’enseignement supérieur professionnel pour lebac technologique –, et des taux de poursuitedivergents qui en découlent, ces deux popula-tions constituent deux cas de figures pertinents
à partir desquels il est possible de conduire uneanalyse comparative. Ces constats fondent notredouble objectif.Le premier est de déterminer comment les carac-téristiques des titulaires d’un bac technologiqueou professionnel contribuent à leur décisiond’entrée dans l’enseignement supérieur, à l’ob-tention du diplôme de niveau bac + 2, et à l’ac-cès à l’emploi. En particulier, on tentera d’isolerl’influence des parcours scolaires antérieurs.Le second est d’évaluer la rentabilité salarialed’investissements éducatifs correspondant àtrois types de sortie du système éducatif : immé-diatement après le bac, après avoir poursuividans l’enseignement supérieursans obtenir dediplôme, et avec un diplôme de niveau bac + 2.Le bac professionnel ou technologique etaprès : caractéristiques des populationsétudiées(1)L’importance prise par l’objectif de mener 80 %d’une génération au niveau du bac a fait dece diplôme un repère prédominant en matièred’éducation (Hanchane et Verdier, 2003). Septjeunes sur dix des générations récentes ontatteint le niveau du bac, 65 % des jeunes sontbacheliers, dont 26 % des bacheliers technolo-giques et 11 % des bacheliers professionnels.De facto, le bac est devenu un carrefour impor-tant des parcours scolaires où les questions depoursuite d’études et d’orientation se posent dela façon la plus décisive (2). Le bac technologi-que ouvre logiquement sur les filières courtes del’enseignement supérieur conduisant à un BTSou un DUT (Dubois et Raulin, 1997). Quant auxbacheliers professionnels, plus des deux tiers deceux qui poursuivent leurs études s’oriententvers les formations professionnelles qui débou-chent sur un BTS.Parmi les détenteurs d’un bac technologiquequi ont poursuivi leurs études au-delà de cediplôme, 35 % quittent pourtant en 1998 lesystème éducatif sans diplôme supplémentaire.C’est aussi le cas de six bacheliers profession-nels sur dix qui ont poursuivi dans des forma-
1. Ce taux de poursuite passe à 23,9 % (Lemaire, 1998) si l’ontient compte du fait que certains bacheliers professionnels, unsur trois, poursuit la formation dans l’enseignement supérieur parla voie de l’alternance avec un contrat d’apprentissage ou dequalification.2. Des travaux antérieurs (Epiphane et Hallier, 1996) à partir dedonnées portant sur les bacheliers généraux et technologiquesde 1998 se sont intéressés à leur devenir scolaire
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tions post-bac. Ces bacheliers, professionnels et IV (diplômé du bac) au niveau III (diplômé dutechnologiques, alimentent de ce fait l’essentiel niveau bac + 2) (3).du flux des jeunes qui quittent l’enseignementsupérieur sans diplôme.Pour les bacheliers professionnels, l’arbreDe l’obtention du baccalauréat jusqu’à l’em- d’orientation (cf. schéma 1) est basé sur uneploi occupé trois ans après la sortie de forma- population de 5 031 individus dont 20,7 % pour-tion initiale, les cheminements se distinguent suivent leur formation initiale jusqu’au niveauselon le type de bac. Sur la base de données bac + 2, seulement un tiers (347) obtenant leurd’insertion de la génération des jeunes sor- diplôme. Les taux d’emploi après trois ans detis de formation initiale en 1998 (l’enquêteGénération 98 du Céreq, cf. encadré 1), on3. Pour ces deux types de bac, la sortie de formation à un niveautraite de manière distincte les jeunes diplô-supérieur au bac + 2 est peu fréquente : seulement 6 % desmés de bac professionnel et de bac technolo-baicheliersprofessionnelset14%desbachelierstechnologiquesgique sortis de formation initiale, du niveautqiounsinointitaleenternés19d9an8salue-dnseleàigdnuenmiveentasuuIIpI.érieursortentdeforma-
Schéma 1L’arbre d’orientation pour les bacheliers professionnelsSortie(3 991)
Bacprofessionnel(5031)Bac+(2d7i)plômé34Poursuite(1 040)Bac + 2 non diplômé(693)
Source :Génération 98, Céreq.
Non-emploi (438)dont 54 % de chômage, 21 % d’inactivit éet 9 % de reprise d’études (les autresjeunes étant soit au service national,soit en formation)Emploi (3 553)Non-emploi (19)dont 58 % de chômageet 37 % d’inactivitéEmploi (328)Non-emploi (99)dont 63 % de chômageet 23 % d’inactivitéEmploi (594)
Encadré 1LES DONNÉES DEGÉNÉRATION 98Les données sont issues de l’enquêteGénération 98 que des informations relatives aux différents emploisréalisée par le Centre d’Études et de Recherches sur occupés.les Qualifications (Céreq) au printemps 2001. Ellesconcernent 55 000 sortants du système éducatif en Les données, en partie rétrospectives, permettent1998 tous niveaux de formation et toutes spécialités ainsi d’analyser les trois premières années de viede formation confondus parmi les 750 000 primo-sor- active au regard du cursus de formation initiale réa-tants en 1998. lisé. Elles autorisent donc la comparaison des moda-lités d’insertion professionnelle des jeunes selon leurL’enquête a pour objet de rendre compte des différen- niveau d’éducation dans une même conjoncture éco-tes composantes des parcours d’insertion profession- nomique. Cette source permet de saisir les différen-nelle : elle fournit des informations individuelles, socio- ces de situation, notamment salariale, à la date dedémographiques et relatives au parcours scolaire ainsi l’enquête.
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vie active est de 89 % pour l’ensemble des inactifs, la probabilité de reprise d’études étant5 031 bacheliers professionnels de l’échantillon, particulièrement élevée pour ce public (Thomas,de 85,7 % dans le cas de sortie sans diplôme de 2003).niveau bac + 2 et de 94,5 % lorsque le diplômeest obtenu. Le faible taux de poursuite est cohé-rent avec la spécificité du bac professionnel quiDes caractéristiques individuellesprépare ses détenteurs à une insertion directedifférentes...sur le marché du travail. Toutefois, pour ceuxentrant dans l’enseignement supérieur, la pro- Les populations de jeunes qui poursuivent desbabilité empirique de succès au diplôme est de études supérieures de niveau bac + 2 et ceux33 %. qui quittent l’école à l’issue de l’enseignementsecondaire ont connu des scolarités distinctesPourlesbachelierstechnologiques(cf.schéma 2), selon le type de bac obtenu (cf. tableaux A et Bla population étudiée est de 7 563 individus dont en annexe 1).82,1 % poursuivent la formation initiale jus-qu’au niveau bac + 2, où près de 54 % d’entre Près de 32 % sont en retard en classe de sixièmeeux (3 371) obtiennent leur diplôme. La confi gu- parmi les sortants au niveau d’un bac profes-ration est opposée à la précédente puisque seule sionnel, ils sont 34 % dans ce cas parmi lesune minorité (1 352 sur 7 563) de titulaires d’un non-diplômés de niveau bac + 2 et moins debaccalauréat technologique sortent à ce niveau. 28 % pour les diplômés de ce niveau. Le retardComparativement aux bacheliers professionnels scolaire rapproche également les jeunes sortantsqui poursuivent, le taux de réussite au diplôme immédiatement après le bac technologique deest de 21 points supérieur (54 % contre 33 %), ceux qui poursuivent au-delà du bac sans obte-suggérant que la différence entre les caractéris- nir de diplôme supérieur (avec respectivementtiques (les attributs) des diplômés et celles des 20 % et 19 % contre 13 % pour les diplômés dejeunes en échec soit plus importante à l’issue de niveau III).la filière professionnelle du bac que de celle dela filière technologique. La classe de troisième est une section généraledans plus de 9 cas sur 10 quel que soit le typeLe taux d’emploi après trois ans de vie active est de sortie de formation initiale pour les déten-de 76,8 % pour les bacheliers technologiques teurs d’un bac technologique. Près de 77 %sortant au niveau du bac, de 82,3 % dans le cas des sortants au bac professionnel ont suivi unede sortie sans diplôme de niveau bac + 2 et de troisième générale contre 80 % pour ceux qui92,1 % lorsque le diplôme est obtenu. Le taux sortent sans un diplôme bac + 2 et 88 % pourd’accès à l’emploi est d’autant plus faible que ceux qui ont obtenu le diplôme. La nature dele niveau de sortie est bas. Pour autant, ceux qui la classe après la troisième distingue aussi lesne sont pas en emploi peuvent être chômeurs ou différentes populations : les sortants au niveau
Schéma 2L’arbre d’orientation pour les bacheliers technologiques
Sortie(1 352)
Bactechnologique(7 563)Poursuite(6 211)
Source :Génération 98, Céreq.
Bac + 2 diplômé(3 371)Bac + 2 non diplômé(2 840)
Non-emploi (313)dont 35 % de chômage, 35 % de repris ed’études et 12 % d’inactivitéEmploi (1 039)Non-emploi (267)dont 57 % de chômageet 16 % d’inactivitéEmploi (3 104)Non-emploi (503)dont 51 % de chômageet 17 % d’inactivitéEmploi (2 337)
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du bac professionnel sont 79 % à posséder unCAP ou BEP (quelle qu’en soit la voie, scolaireou apprentissage), cette proportion étant de76 % pour les non-diplômés de l’enseignementsupérieur, soit sensiblement plus que celle desbacs + 2 (69 %). Les bacheliers technologiquesont moins souvent fréquenté une seconde géné-rale quand ils quittent l’école à l’issue du bac(42 %) que s’ils poursuivent au-delà (55 %) ;38 % des premiers sont passés par un CAP ouBEP, proportion plus de deux fois supérieure àcelle des seconds.Les bacheliers professionnels qui arrêtent leursétudes à ce stade ont pour plus de la moitié(51 %) un diplôme de spécialité industrielle,alors que ceux qui poursuivent ont plus souventune spécialité tertiaire (pour 68 % d’entre eux).La spécialité tertiaire est en revanche davantagela caractéristique de ceux qui s’arrêtent au bactechnologique (avec 73 %) que de ceux qui pour-suivent la formation initiale (61 % ont un bac ter-tiaire, 70 % s’ils sont non-diplômés de bac + 2).Quand ils sont diplômés du supérieur, lesbacheliers professionnels ont un BTS, de spé-cialité tertiaire dans 62 % des cas. S’ils quittentle système éducatif sans diplôme après le bac,ils sont issus de Deug pour 43 % d’entre eux, etpour 34 % d’une filière professionnelle tertiaire(c’est-à-dire une formation débouchant sur unBTS ou un DUT de spécialité tertiaire). 14 %des bacheliers technologiques diplômés du supé-rieur et sortant au niveau bac + 2 détiennent unDUT, près de 83 % ont un BTS (pour plus de lamoitié industriel). Pour les non-diplômés, prèsde 6 sur 10 ont échoué en STS ou IUT. Enfi n,l’échec à l’issue d’une filière professionnelle esttout aussi important parmi les détenteurs d’unbac professionnel que pour ceux, dans la mêmesituation, qui possèdent un bac technologique(57 % et 58 %).
Conformément à leur concentration dans lesfilières industrielles, les hommes quittent le sys-tème éducatif plus tôt que les femmes lorsqu’ilsobtiennent un bac professionnel : 60 % des sor-tants au niveau du bac sont des hommes contre49 % parmi les jeunes qui poursuivent leursétudes au-delà du bac. Le cas inverse s’observechez les bacheliers technologiques avec respec-tivement 37 % et 55 % d’hommes. Quel quesoit leur bac d’origine, ceux qui obtiennent undiplôme supérieur de niveau bac + 2 sont plussouvent des hommes que ce n’est le cas chez lesjeunes en échec à ce niveau.La catégorie sociale de la mère à la fin des étu-des est la même quel que soit le niveau de sortiedu système éducatif et le type de bac obtenu. Enrevanche, avoir un père cadre est une caractéris-tique plus fréquente chez les jeunes diplômés debac + 2 que pour les sortants au niveau du bac(7,5 % contre 15 % de père cadre chez les bacprofessionnels, 10,5 % contre 16 % chez les bactechnologiques). Enfin, l’origine étrangère dupère ou de la mère est davantage propre aux jeu-nes qui poursuivent au-delà du bac plutôt qu’àceux qui arrêtent leur formation initiale à cestade. Elle semble cependant être associée à unemoindre réussite au diplôme supérieur, en parti-culier dans le cas des bacheliers professionnels.... et des conditions d’entrée dans la vieactive différentesLes taux d’emploi à trois ans des jeunes pour-suivant leurs études au-delà du bac sont plus éle-vés, que cette poursuite soit ou non sanctionnéepar l’obtention d’un diplôme pour les bachelierstechnologiques, et seulement lorsque les étudessupérieures aboutissent à un diplôme pour lesbacheliers professionnels (cf. tableau 1). Legain salarial lié à la poursuite des études n’est
Tableau 1L’insertion professionnelle des bacheliers professionnels et technologiques selon le niveau de fi nd’étudesNiveau de sortie de Répartition des sortants Proportion de ceux qui ont un Salaires mensuels moyensformation initiale (en %) emploi (en %) (en euros)Bacheliers Bacheliers Bacheliers Bacheliers Bacheliers Bacheliersprofessionnels technologiques professionnels technologiques professionnels technologiques(total : 100) (total : 100)Bac 79,3 17,9 89,0 76,8 1 020,6 946,0Bac + 2, sans diplôme 13,8 37,6 85,7 82,3 1 038,7 1 042,6Bac + 2, avec diplôme 6,9 44,5 94,5 92,1 1 229,2 1 195,7Lecture : parmi les détenteurs d’un bac professionnel sortis de formation initiale en 1998 immédiatement après le bac ou au niv eaubac + 2, 6,9 % ont le diplôme bac + 2. Parmi ces derniers, 94,5 % occupent un emploi à la date d’enquête et gagnent en moyenne1 229,2 euros mensuel, primes incluse, en mars 2001.Source : Génération 98 1ère interrogation, Céreq.
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important que lorsque le diplôme de bac + 2 estobtenu.L’insertion professionnelle des diplômés debac + 2 tout comme celle des sortants deniveau IV supérieur dépend largement de lafilière de formation suivie voire également dutype de bac pour les non-diplômés. À ce niveau,les filières professionnelles continuent d’assurerles conditions d’insertion les meilleures (Giretet al., 2003) et l’obtention du diplôme reste déter-minante pour l’accès à l’emploi. En particulier,après trois ans de vie active, les sortants de STSsans diplôme, détenteurs d’un bac professionnelou technologique, ont des taux de chômage de8 %, soit près de deux fois plus que ceux desdiplômés. À l’issue d’un premier cycle universi-taire, le taux de chômage passe de 8 % pour lesdiplômés à 12 % et 14 % pour les non-titulairesrespectivement bacheliers professionnels et tech-nologiques. De ce point de vue, leur situation estnettement moins favorable que celle des bache-liers professionnels et technologiques qui n’ontpas poursuivi leurs études au-delà (respective-ment 7 % et 9 %) (Thomas, 2003).En termes de caractéristiques des emplois déte-nus après trois ans de vie active, les différencessont également notables en fonction du bac etdu niveau de sortie de formation initiale.Si en 2001, 45 % des bacheliers professionnelsoccupent un emploi d’ouvrier, ils ne sont que22 % dans ce cas parmi ceux qui ont poursuivileurs études sans obtenir de diplôme de niveaubac + 2 et 9 % parmi ceux qui l’ont obtenu(cf.tableaux Det Een annexe 1). La part desemplois de cadres ou professions intermédiai-res pour les bacheliers professionnels passe de21 % pour les simples bacheliers à 56 % pourles titulaires d’un bac + 2. De la même façon,le poids des professions intermédiaires et descadres fait plus que doubler entre les sortants auniveau du bac technologique et les diplômés debac + 2 (27 % à 59 %).Dans 94 % des situations, les jeunes diplômésdu supérieur travaillent à temps plein, prèsde dix points de plus que pour les sortants auniveau bac.Enfin, en termes de contrat de travail, près de7 titulaires d’un bac professionnel sur 10 ontun CDI ou sont fonctionnaires, plus que parmiles jeunes poursuivant sans diplôme (6 sur 10)mais moins que les diplômés bac + 2 (77 %). Ceconstat est différent pour les détenteurs d’un bactechnologique : l’accès à l’emploi à durée indé-
terminée concerne moins les sortants au niveaubac (51 %) que ceux issus du supérieur sansdiplôme (57 %), moins encore que les diplômésbac + 2 (74 %).Les bacheliers professionnels qui ont poursuivileurs études sans obtenir de diplôme supplé-mentaire occupent plus souvent des emploisaidés que les jeunes sortis au niveau du bac(16 % contre 10 %). En revanche, la part desemplois aidés, trois ans après la fin des études,est la même pour les bacheliers technologiquesque pour les non-diplômés de niveau bac + 2,titulaires de ce bac (18 %).Au total, en termes de caractéristiques indivi-duelles comme en termes de conditions d’in-sertion professionnelle, c’est l’obtention dudiplôme de bac + 2 davantage que la poursuited’études en soi qui différencie ces populations.De plus, les éléments du parcours scolaire sontdes caractéristiques distinctives des bacheliersselon qu’ils poursuivent leurs études et qu’ilsquittent la formation initiale diplômés ou non.Dans ce qui suit, le caractère déterminant de cesparcours de formation initiale dans la décisionde poursuite d’études et l’obtention du diplômeva être analysé.Danslamesureoùlapopulationdesjeunesdiplô-més de bac + 2 en emploi en 2001, tout commecelle des jeunes salariés sortis immédiatementaprès le bac, ne résultent pas de sélections aléa-toires au sein de la population des sortants deniveau IV supérieur et III, apprécier l’avantagesalarial résultant de la poursuite d’études dans lesupérieur va nécessiter le recours à une métho-dologie prenant en compte ces sélections.L’influence du parcours scolairedans l’enseignement secondaire : de lapoursuite d’études à l’accès à l’emploiL’effet des variables traduisant le parcours sco-laire est analysé en tenant compte de l’influencede l’origine sociale (catégorie sociale du père etde la mère) et du pays de naissance des parentssur la poursuite d’études au-delà du bac, la réus-site au diplôme de niveau bac + 2 et l’accès àl’emploi. L’importance de l’origine sociale surl’orientation et le niveau d’études espéré estconnue (Coëffic, 1998, Fabre et Moullet, 2004,Goux et Maurin, 1997, Hanchane et Verdier,2003), mais d’autres déterminants comme ceuxliés à la construction des itinéraires scolaires ontpeu fait l’objet d’investigations, à l’exceptionde celles de Dupray et Recotillet (2005).
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Le rôle central des facteurs tels que la catégo-rie sociale des parents est depuis longtempsdémontré pour expliquer le niveau d’éducationdes enfants. À l’étape charnière du parcourséducatif que constitue le bac, les variables sus-ceptibles de traduire les opportunités de finan-cement de la formation supérieure et les capa-cités (aptitudes) individuelles manifestent tousleurs effets.Les schémas 1 et 2 distinguent les situationssur le marché du travail (en emploivs. en non-emploi) selon le niveau de sortie de formation.Sachant que les individus qui quittent le sys-tème éducatif au niveau du bac, par exemple,ont de caractéristiques spécifiques les distin-guant de l’ensemble des jeunes bachelierset dans la mesure où des facteurs explicatifs– observés ou non – de leur décision de mettrefin à leurs études peuvent également expliquerleur situation vis-à-vis de l’emploi, on tientcompte de l’interdépendance des situations(de niveau de formation et d’emploi) à l’aided’un modèle qualitatif trivarié de formeProbit(cf. encadré 2).Les résultats de l’estimation du modèleProbittrivarié figurent dans le tableau 2. Pour les bache-liers professionnels et technologiques, seuls lesenfants de père cadre ont une probabilité depoursuite d’études au niveau bac + 2 plus élevéeque les autres. De plus, cette caractéristique dupère continue de jouer un rôle favorable sur leschances de succès au diplôme supérieur aprèsun bac professionnel ou technologique. Avoirune mère ouvrière augmente la probabilité desortie du système éducatif immédiatement aprèsle bac professionnel. C’est le cas aussi pour cesbacheliers dont les mères sont artisans ou com-merçants. L’origine étrangère des parents consti-tue un facteur allant dans le sens de la poursuitedes études dans l’enseignement supérieur, encohérence avec les résultats de Caille et Vallet(1995), mais en revanche plutôt défavorable à laréussite au diplôme de niveau bac + 2 pour lesbacheliers technologiques.En ce qui concerne la probabilité d’emploi àtrois ans, pour les bacheliers professionnels,avoir une mère ouvrière ou artisan-commerçant-chef d’entreprise plutôt qu’employée l’améliore.En revanche, avoir un père cadre plutôt qu’em-ployé réduit leur chance d’être en emploi. Cerésultat apparemment étonnant s’explique par lefait que les enfants de cadre surtout s’ils sortentsans diplôme du supérieur sont les plus promptsà reprendre des études, prenant acte sans douteplus aisément que des jeunes de milieux socio-
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culturels plus défavorisés de leur déficit de for-mation initiale (Eckert, 2002).Pour les bacheliers technologiques, la catégoriesocioprofessionnelle du père n’a aucun effet surl’accès à l’emploi alors qu’une mère en non-emploi à la fin des études réduit les chancesd’emploi à trois ans. Si cette dernière est arti-san-commerçant–chef d’entreprise, la probabi-lité d’emploi s’en trouve améliorée.Toutes choses égales par ailleurs, un homme aune plus grande propension à poursuivre desétudes au-delà du bac, quel qu’il soit. Tant lerisque d’échec au diplôme bac + 2 que celui denon-emploi sont également réduits dans ce caspour les bacheliers technologiques. En revan-che, de ces points de vue, hommes et femmesne se différencient pas au sein de la populationdes bacheliers professionnels.Le retard scolaire à l’entrée en sixièmeque l’onpeut considérer comme une approximation del’« aptitude » de l’élève, est supposé être unfrein à la poursuite d’études et diminuer leschances de succès dans l’obtention du diplômede niveau bac + 2. Les résultats montrent queson effet n’est pas significatif pour expliquerl’arrêt de la formation initiale après l’obtentiondu bac professionnel ou technologique, mais iljoue à l’encontre de la réussite au diplôme pourles jeunes qui poursuivent leurs études au-delàdu bac, quel qu’il soit.Le type de classe de troisième (générale outechnologique, d’insertion ou Segpa (4) n’a pasd’effet sur la probabilité de poursuite d’étudesdans le supérieur pour les bacheliers technolo-giques. Être passé par une classe de troisièmeautre que générale réduit cependant les chancesde poursuite d’études pour les bacheliers pro-fessionnels et réduit la probabilité d’obtentiondu diplôme de niveau bac + 2 pour les bache-liers technologiques et professionnels.Si la classe suivie après la troisième corres-pond à une formation professionnelle plutôtque générale ou technologique, la probabilitéd’arrêt des études au niveau du bac technologi-que s’en trouve fortement accrue, et ce d’autantplus s’il s’agit d’une formation par apprentis-sage (BEP, CAP). Le même effet de la forma-tion professionnelle par apprentissage après laclasse de troisième s’observe pour les bache-4. Segpa : Section d’enseignement général et professionneladapté.
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Tableau 2Probabilité d’occuper un emploi après trois ans de vie active étant données les probabilités depoursuite d’études après le bac et de réussite au diplôme de niveau bac + 2 (modèlesProbittrivariés)Bacheliers professionnels Bacheliers technologiquesCoefficientP-value CoefficientP-valueLes déterminants de la probabilité d’emploiConstante 2,6326 0,000 1,2726 0,000Sortie de formation initiale au niveau du bac - 0,8726 0,000 - 0,5166 0,000Échec au diplôme de niveau bac + 2 - 1,3165 0,000 - 0,4791 0,000Homme 0,0574 0,188 0,2181 0,000Absence d’emploi pendant les études - 0,1649 0,000 - 0,1546 0,002Existence d’emploi de vacances 0,0738 0,007 0,1921 0,000Spécialité industrielle du bac 0,3227 0,000* 0,0165 0,710*(Référence : bac tertiaire)Catégorie sociale de la mère à la fi n des études(Référence : employé)Artisan, commerçant 0,2940 0,000 0,1368 0,071Cadre - 0,0365 0,698 - 0,0522 0,409Technicien 0,0017 0,987 0,0531 0,539Ouvrier 0,1451 0,025 0,0092 0,868Inactive, chômeur - 0,0371 0,437 - 0,1182 0,012Catégorie sociale du père à la fin des études(Référence : employé)Artisan, commerçant 0,0105 0,862 - 0,0140 0,810Cadre - 0,2060 0,004 - 0,0361 0,530Ouvrier 0,0079 0,914 0,0137 0,810Technicien 0,0314 0,532 0,0680 0,164Inactive, chômeur - 0,0149 0,829 - 0,0645 0,319Classe après la troisième(Référence : seconde générale)Seconde technologique - 0,1768 0,052 0,0836 0,062BEP, CAP apprentissage 0,5039 0,000 0,2095 0,176BEP, CAP voie scolaire - 0,0374 0,513 0,1971 0,000Autres secondes 0,2211 0,032 0,1259 0,552Les déterminants de la probabilité d’échec au diplôme de niveau bac + 2Constante 1,3790 0,000 0,4866 0,000Homme 0,0688 0,171 - 0,3234 0,000Retard scolaire à l’entrée en troisième 0,1121 0,019 0,1178 0,005Père français ou né en France 0,0483 0,625 - 0,1401 0,035-Mère française ou née en France - 0,1783 0,084 - 0,1057 0,126Catégorie sociale de la mère à la fi n des études(Référence : employé)Artisan, commerçant 0,3278 0,001 - 0,0852 0,169Cadre 0,1870 0,132 - 0,0463 0,443Technicien - 0,0122 0,927 0,0030 0,966Ouvrier 0,0022 0,979 - 0,0406 0,431Inactive, chômeur 0,0528 0,434 - 0,0039 0,927Catégorie sociale du père à la fin des études(Référence : employé)Artisan, commerçant - 0,0755 0,333 - 0,0705 0,150Cadre - 0,2778 0,002 - 0,0965 0,049Ouvrier 0,0245 0,800 - 0,0727 0,170Technicien 0,0658 0,345 0,0443 0,310Inactif, chômeur 0,2050 0,047 0,1322 0,023Classe après la troisième(Référence : seconde générale)Seconde technologique - 0,0922 0,409 - 0,1461 0,000BEP, CAP apprentissage 0,7053 0,000 0,5486 0,000BEP, CAP voie scolaire 0,1864 0,008 0,3627 0,000Autres secondes 0,6320 0,000 0,2463 0,191Autres troisièmes 0,1265 0,033 0,1380 0,042(Référence : troisième générale)Les déterminants de la probabilité de sortie de formation initiale au niveau du bacConstante 0,4454 0,000 - 1,1746 0,000Homme - 0,0906 0,049 - 0,3607 0,000Retard scolaire à l’entrée en sixième - 0,0209 0,514 0,0591 0,200Père français ou né en France 0,1079 0,048 0,1704 0,009Mère française ou née en France 0,1178 0,037 0,1639 0,016
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liers professionnels. En revanche, pour ces Le passage par un BEP ou CAP continue d’avoirderniers, le passage par une seconde techno- un effet sur la probabilité d’occuper un emploilogique plutôt que générale accroît les chances trois ans après la fin des études. Pour les jeunesde poursuivre des études dans l’enseignement en possession d’un bac professionnel, détenirsupérieur. Avoir suivi une seconde technologi- un emploi à cette date est d’autant plus proba-que relativement à une seconde générale est un ble, toutes choses égales par ailleurs, qu’ils sontfacteur favorable à l’obtention du diplôme de passés par un BEP ou CAP par apprentissageniveau bac + 2, au contraire du passage par un alors que le passage par une classe de secondeBEP pour les bacheliers technologiques. Pour technologique est pénalisant. À niveau de sor-les titulaires d’un bac professionnel, l’obten- tie de formation initiale donné, les bachelierstion du diplôme est particulièrement freinée technologiques sont relativement favorisés danspour ceux passés par une première année de l’accès à l’emploi dans le cas d’un passage parBEP-CAP par apprentissage et dans une moin- un BEP-CAP par voie scolaire.dre mesure, par voie scolaire. Un déficit deconnaissances générales pourrait être un fac- Pour l’accès à l’emploi, la spécialité du bacteur défavorable à la réussite dans l’enseigne- technologique (industriel ou tertiaire) ne dis-ment supérieur. tingue pas les sortants bacheliers. Pour les titu-
Tableau 2 (suite)Probabilité d’occuper un emploi après trois ans de vie active étant données les probabilités depoursuite d’études après le bac et de réussite au diplôme de niveau bac + 2 (modèlesProbittrivariés)Classe après la troisième(Référence : seconde générale)Seconde technologique - 0,2321 0,014 0,0382 0,382BEP, CAP apprentissage 0,5034 0,000 0,9193 0,000BEP, CAP voie scolaire - 0,0917 0,128 0,5896 0,000Autres secondes 0,3274 0,005 0,5989 0,001Autres troisièmes 0,0606 0,116 0,1036 0,150(Référence : troisième générale)Spécialité industrielle du bac 0,4630 0,000 - 0,0783 0,046(Référence : bac tertiaire)Catégorie sociale de la mère à la fi n des études(Référence : employé)Artisan, commerçant 0,1935 0,020 0,1014 0,123Cadre - 0,0911 0,347 0,0345 0,620Technicien - 0,1334 0,207 0,0646 0,415Ouvrier 0,1543 0,021 0,0721 0,204Inactive, chômeur 0,0265 0,610 - 0,0156 0,748Catégorie sociale du père à la fin des études(Référence : employé)Artisan, commerçant 0,0105 0,869 - 0,0502 0,359Cadre - 0,2631 0,000 - 0,1705 0,003Ouvrier - 0,0008 0,991 0,0972 0,084Technicien 0,0755 0,154 0,0281 0,555Inactif, chômeur - 0,0028 0,969 -0,0405 0,531Coefficients de corrélationρ12 = corr (ε1i,ε2i)0,9681 0,000 - 0,3252 0,000ρ13 = corr (ε1i,ε3i)0,8971 0,000 - 0,3122 0,000ρ23 = corr (ε2i,ε3i)0,9232 0,000 0,8372 0,000Log vraisemblance- 4 744,8 - 10 490,8N5 031 7 563Test LR**ρ12 =ρ13 =ρ23 = 0 1 002,02 0,000 1 629,9 0,000Lecture : (*) les p-values indiquent le seuil de signifi cativité du paramètre estimé. La spécialité industrielle du bac professionnel augmentesignificativement au seuil de 1 % les chances d’emploi à trois ans par rapport aux spécialités tertiaires. Pour les bacheliers techno logi-ques, spécialités industrielles et tertiaires ne se distinguent pas pour expliquer la probabilité d’emploi de manière signifi cative : le risqued’erreur à conclure à un effet de la spécialité dépasse 70 %.(**) le test du ratio de vraisemblance permet de rejeter l’hypothèse d’absence de corrélation entre les variables inobservées d es troiséquations. Pour la population des détenteurs d’un bac professionnel, les variables inobservées déterminant la probabilité de ne paspoursuivre d’études post-bac, celles déterminant la probabilité d’échec au diplôme de bac + 2 et celles explicatives de la prob abilitéd’occuper un emploi, après trois ans de vie active, sont corrélées positivement entre elles. Pour les détenteurs d’un bac techn ologique,les facteurs inobservés déterminant la probabilité de quitter la formation initiale immédiatement après le bac et les facteurs non observésexplicatif de l’échec au diplôme de bac + 2 sont les uns comme les autres négativement corrélés les variables inobservées expl icativesde l’accès à l’emploi. Enfin, les facteurs non observés de la probabilité d’échec au diplôme de bac + 2 et ceux déterminant l’accès àl’emploi sont corrélés positivement.Source :Génération 98, 1ère interrogation, Céreq.
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Encadré 2MODÈLEPROBIT TRIVARIÉ ET ENDOGÉNÉITÉ DE LA POURSUITE D’ÉTUDESAfin de contrôler l’endogénéité de la poursuite d’études, un système de variables qualitatives dépendantes décri-vant le type de sortie de formation initiale (immédiatement après le bac, au niveau IV supérieur) ainsi que l’accèsà l’emploi à la date d’enquête est estimé par des modèles de formeProbit. Les niveaux de fin d’études retenusinterviennent comme variables explicatives de la situation d’emploi. Formellement, les trois processus en cause,reliés entre eux, sont modélisés à partir de variables latentesys*i,s = 1, 2 ou 3, de la façon suivante :y=1 si y1>0y*=i*iii′ β + εi1*1X1 1 10 si y1i0*y=1 si y2i>0y*=X′ β + ε2*2 2 2 2i0 si y2i0i i i*1 si 0*y3i=y3*ii>où y3i=X3iβ3+ γ1y1i+ γ2y2i+ ε3i0 si y30La variable dichotomiquey1 correspond à la sortie de formation initiale immédiatement après l’obtention du bac,y2 à la sortie de formation initiale au niveau de formation IV supérieur. Enfi n,y3 prend la valeur 1 si l’individu est enemploi à la date d’enquête, 0 sinon. Une spécifi cation de typeProbit repose sur l’hypothèse de normalité de laloi des composantes d’erreur des modèles de régression sous-jacents, la normalisation à 1 des variances étantnécessaire pour des raisons d’identification. On a :1 12 13εε2NΣΣ=ρ112ρρρε3(0,)etρ13ρ213213À moins que les termes d’erreurs soient indépendants, des conditions d’exclusion de variables doivent néces-sairement être imposées pour que les paramètresγ soient identifiés. La contribution individuelle à la fonction devraisemblance s’écrit comme ci-dessous :nL=P (y1=1,y2=1,y3=1)P (y1=0, y2=1,y3=1) p(y1=0, y2=0, y3=1)P (y1=1,y2=1,y3=0)i=1P (y1=0, y2=1,y3=0)P (y1=0, y2=0, y3=0)avec+∞ +∞ +∞P (y1=1,y2=1,y3=1)=∫ ∫ ∫φ3(0,0,0,ρ12,ρ13,ρ23)dε3dε2dε1X1β1X2β2X3β3−γ1−γ2la probabilité que l’individu n’ait pas poursuivi d’études supérieures et soit en emploi à la date d’enquête ;φ3 est lafonction de densité de la loi normale trivariée.X1β1+∞ +∞P (y1=0, y2=1,y3=1)=∫ ∫ ∫φ3(0,0,0,ρ12,ρ13,ρ23)dε3dε2dε1−∞ −X2β2X3β3−γ2la probabilité que l’individu soit sorti de formation initiale au niveau IV supérieur (non-diplômés de bac + 2) et soiten emploi à la date de l’enquête ;X1β1X2β2+∞P (y1=0, y2=0, y3=1)=∫ ∫ ∫φ3(0,0,0,ρ12,ρ13,ρ23)dε3dε2dε1−∞ −∞ −X3β3la probabilité que l’individu soit sorti de formation initiale diplômé de bac + 2 et soit en emploi à la date de l’en-quête ;+∞ +∞ −X3β3−γ1−γ2P (y1=1,y2=1,y3=0)=∫ ∫ ∫φ3(0,0,0,ρ12,ρ13,ρ23)dε3dε2dε1X1β1X2β2−∞la probabilité que l’individu n’ait pas poursuivi d’études supérieures et ne soit pas en emploi à la date de l’en-quête ;X1β1+∞ −X3β3−γ2P (y1=0, y2=1,y3=0)=∫ ∫ ∫φ3(0,0,0,ρ12,ρ13,ρ23)dε3dε2dε1−∞ −X2β2−∞la probabilité que l’individu soit sorti de formation initiale au niveau IV supérieur et ne soit pas en emploi à la datede l’enquête et
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laires d’un bac professionnel, les spécialités bacheliers professionnels et pour les bacheliersindustrielles (et agricoles) favorisent cet accès technologiques.relativement aux spécialités tertiaires. En dif-férentiant encore les deux bacs, le niveau de Au total, certaines caractéristiques relatives ausortie du système éducatif détermine fortement parcours scolaire en collège et lycée influencentla probabilité d’emploi trois ans plus tard. Pour la probabilité de poursuite d’études au niveaules bacheliers professionnels, sortir au niveau bac + 2 et la réussite à ce diplôme. Ces résultatsIV supérieur est un frein à l’emploi davantage confirment l’intérêt de la prise en compte de cesencore que si l’entrée sur le marché du travail a variables de trajectoires scolaires pour étudierlieu immédiatement à l’issue du bac. En revan- les conditions de poursuite d’études post-bac etche pour les bacheliers technologiques, sortir de d’insertion professionnelle. En particulier, cetteformation initiale non diplômé de niveau bac + 2 poursuite et le risque d’échec au diplôme qui luiou sortir au niveau IV de formation défavorise est associé agissent non seulement sur la proba-de manière comparable l’accès à l’emploi. bilité d’occuper un emploi à la date d’enquêtemais aussi dans la détermination des salaires,L’hypothèse d’absence de corrélation entre les dans la mesure où ces étapes sélectionnent desvariables individuelles inobservées explicatives populations spécifiques. Les attributs propres àd’une part, de la probabilité de sortir de forma- ceux qui poursuivent ou, tout aussi particuliers,tion initiale après le bac, d’autre part, du risque aux diplômés de bac + 2 impliquent qu’ignorerd’échec au diplôme bac + 2 et de la probabilité ce caractère singulier risque de conduire à desd’emploi après trois ans de vie active, est reje- conclusions erronées sur l’efficacité salariale detée par un test du ratio de vraisemblance (cf. la poursuite d’études, diplômante ou non.Traitertableau 2), ce qui est cohérent avec le choix de du rendement salarial de la formation supposemodélisation retenu. De plus, les corrélations dès lors de contrôler ces effets de sélection puis-entre les caractéristiques inobservées explicati- qu’une part de la rémunération est attribuable àves de l’accès à l’emploi et celles explicatives la valorisation des caractéristiques explicativesde l’échec au diplôme bac + 2, comme avec de ces sélections. Préalablement, il est possibleles déterminants inobservés de l’arrêt des étu- d’évaluer les rendements espérés de la poursuitedes au bac sont significatives à la fois pour les d’études après le bac au moyen de fonction de
Encadré 2 (suite)X1β1X2β2X3β3P (y1=0, y2=0, y3=0)=∫ ∫ ∫φ3(0,0,0,ρ12,ρ13,ρ23)dε3dε2dε1−∞ −∞ −∞la probabilité que l’individu soit sorti de formation initiale diplômé de bac + 2 et ne soit pas en emploi à la date del’enquête.En raison de l’intégration multidimensionnelle de la fonction de vraisemblance, on recourt pour son estimation auxtechniques de simulation à l’aide de la procédure GHK (cf. Greene, 2003) et à l’extension à la programmation deStata proposée par Terracol (2002) dans le cas de variables endogènes (ce qui est de cas ici des variablesy1 ety2).Variables explicatives et variables d’exclusionConcernant les probabilités d’achever la formation initiale à l’issue du bac et celle de sortie sans diplôme dans lecas où la formation se poursuit dans l’enseignement supérieur, les facteurs explicatifs regroupent des variablesinformatives du parcours de formation initiale – l’existence d’un retard scolaire à l’entrée en classe de sixième, letype de classe de troisième suivi et celui de la classe suivie après l’année suivante. Le sexe, la catégorie sociale desparents en fin d’études et le pays de naissance de chacun d’eux sont également pris en compte.Pour expliquer la probabilité d’être en emploi à la date d’enquête, on retient l’existence éventuelle d’emploi encours d’études ou de vacances, la spécialité de formation du bac, la classe suivie après la troisième, le sexe ainsique la CS des deux parents en 1998.Pour identifier l’ensemble des paramètres du modèle, l’estimation requiert que certaines explicatives des deuxpremières équations ne soient pas incluses dans la troisième. On choisit d’écarter la variable de retard scolaireà l’entrée du collège et le type de classe de troisième dans la mesure où le niveau de sortie est supposé intégrerl’ensemble de ces caractéristiques d’itinéraire scolaire et constitue uneproxy des capacités individuelles pouraccéder à l’emploi.
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