Être sans diplôme aujourd'hui en France : quelles caractéristiques, quel parcours et quel destin ?

De
Publié par

Cet article vise à étudier la population des personnes sortant sans diplôme du système éducatif français et plus particulièrement à décrire leur parcours scolaire et leur insertion sur le marché du travail, à partir des données de l'enquête Formation et Qualification Professionnelle 2003 de l'Insee. La mise en œuvre d'une méthode d'appariement optimal sur le calendrier scolaire recueilli lors de l'enquête permet d'établir une typologie des différentes trajectoires menant à une sortie sans diplôme. Les difficultés scolaires précoces, qui se manifestent par des redoublements à l'école primaire, apparaissent comme un facteur particulièrement déterminant de la sortie sans diplôme du système scolaire. Mais les orientations au cours du secondaire jouent également un grand rôle, opposant les élèves qui effectuent leur scolarité au collège puis au lycée général à ceux qui connaissent une orientation rapide vers des filières professionnelles, avec des fins d'études très rapides ou des études plus longues en CAP ou BEP. Toutefois, les différentes trajectoires ne se distinguent pas uniquement par les caractéristiques scolaires des élèves, mais aussi par leurs profils socioéconomiques. Ainsi, les personnes ayant les caractéristiques sociales les plus favorables à la réussite scolaire présentent des trajectoires plus classiques et redoublent plus tardivement. Les effets de l'hétérogénéité des origines sociales semblent donc persister malgré la caractéristique commune d'être non-diplômé. Cette hétérogénéité a des conséquences sur l'insertion dans le marché du travail. Le fait d'avoir une qualification est un facteur favorisant l'insertion, même lorsque la formation n'est pas validée par l'obtention d'un diplôme. Même si les filières professionnalisantes, comme les CAP, semblent avoir un effet protecteur, ce sont les personnes qui ont suivi les trajectoires scolaires les plus classiques qui ont le taux de chômage le plus faible.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 70
Tags :
Nombre de pages : 22
Voir plus Voir moins
ENSEIGNEMENT - ÉDUCATION
Être sans diplôme aujourdui  en France : quelles caractéristiques,quel parcours et quel destin ?Racid Bouia*, Manon Garrouste*, Alexandre Lebrère*,Layla Ricroc* et Tibaut de Saint Pol**
Cet article vise à étudier la population des personnes sortant sans diplôme du systèmeéducatif français et plus particulièrement à décrire leur parcours scolaire et leur insertionsur le marché du travail, à partir des données de lenquêteFormation et QualificationProfessionnelle 2003 de lInsee. La mise en uvre dune méthode dappariement opti-mal sur le calendrier scolaire recueilli lors de lenquête permet détablir une typologie des différentes trajectoires menant à une sortie sans diplôme.Les difficultés scolaires précoces, qui se manifestent par des redoublements à l’écoleprimaire, apparaissent comme un facteur particulièrement déterminant de la sortie sansdiplôme du système scolaire. Mais les orientations au cours du secondaire jouent égale-ment un grand rôle, opposant les élèves qui effectuent leur scolarité au collège puis aulycée général à ceux qui connaissent une orientation rapide vers des filières profession-nelles, avec des fins d’études très rapides ou des études plus longues en CAP ou BEP.Toutefois, les différentes trajectoires ne se distinguent pas uniquement par les caracté-ristiques scolaires des élèves, mais aussi par leurs profils socioéconomiques. Ainsi, lespersonnes ayant les caractéristiques sociales les plus favorables à la réussite scolaireprésentent des trajectoires plus classiques et redoublent plus tardivement. Les effets delhétérogénéité des origines sociales semblent donc persister malgré la caractéristiquecommune dêtre non-diplômé.Cette hétérogénéité a des conséquences sur linsertion dans le marché du travail. Le fait d’avoir une qualification est un facteur favorisant l’insertion, même lorsque la formationn’est pas validée par l’obtention d’un diplôme. Même si les filières professionnalisantes,comme les CAP, semblent avoir un effet protecteur, ce sont les personnes qui ont suiviles trajectoires scolaires les plus classiques qui ont le taux de chômage le plus faible etles trajectoires professionnelles les plus stables à la date de lenquête.
* Au moment de la rédaction de cet article, Rachid Bouhia, Alexandre Lebrère et Layla Ricroch étaient élèves administrateurs à lÉcolenationale de la statistique et de ladministration économique. Manon Garrouste y était quant à elle élève économiste-statisticienne.** Thibaut de Saint Pol appartient au Laboratoire de sociologie quantitative du Crest.Les auteurs tiennent à remercier chaleureusement Jean-Paul Caille, Cédric Afsa et Pascale Pollet pour leurs précieuses remarques etsuggestions.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 443, 2011
29
30
 
Lea usgymsteènmtaet ioscn oclaoinrsei dférraanbçlaei sd eas  ecfofencntuif su anue  cours de la seconde moitié du XXe siècle. Cetteévolution na cependant pas permis de donner àchacun un niveau de connaissances et de com-pétences suffisant pour s’intégrer sur le marchédu travail. En 2007, en France métropolitaine,136 000 jeunes sont sortis de formation initialesans diplôme du second cycle de lenseignementsecondaire (1). Les sorties sans diplôme repré-sentent environ 17 % de chaque génération. Lalutte contre labandon scolaire fait ainsi partie des missions essentielles de lÉtat, prévues à lafois dans les textes de loi et par la communautéinternationale. Les objectifs européens établislors du sommet de Lisbonne (2000) prévoienten effet de limiter à moins de 10 % la propor-tion de jeunes sortant précocement du systèmeéducatif, cest-à-dire le nombre de jeunes de18 à 24 ans nayant pas terminé avec succès un enseignement secondaire du second cycle(CAP, BEP, baccalauréat) et ne poursuivant niétudes ni formation. Ils préconisent égalementaux États membres d’atteindre 85 % de diplô-més du second cycle de lenseignement secon-daire parmi les 20-24 ans, soit moins de 15 % denon-diplômés.Lobjectif de cette étude est de comprendre ce qui caractérise les élèves qui quittent le systèmescolaire sans diplôme, notamment de savoirsils partagent des caractéristiques sociodémo-graphiques communes, mais aussi dobserverleurs parcours scolaires. Il sagit de question-ner lhomogénéité de cette population pourmontrer quil existe plusieurs catégories denon-diplômés et en quoi elles se différencientles unes des autres, mais aussi de voir si celainflue sur leur insertion professionnelle. Pourrépondre à ces questions, nous utilisons les don-nées de lenquêteFormation et QualificationProfessionnelle 2003 qui a lavantage de pré-senter des informations détaillées à la fois sur laformation initiale des individus et sur leur car-rière professionnelle (cf. encadré 1).
Qui considère-t-on ici commesans diplôme ?Nous considérons comme personne sansdiplôme tout individu dont la formation initialenest pas validée au-delà de la scolarité obliga -toire, cest-à-dire qui na aucun diplôme, ou qui possède uniquement un CEP (Certificat d’Étu-des Primaires pour les individus sortis du sys-tème scolaire avant 1989 (2)), ou uniquementun BEPC (Brevet des collèges). Cette définition
est couramment utilisée, notamment par lInsee et le ministère de lÉducation nationale, pour décrire la population des non-diplômés. Parailleurs, cela correspond à lobjectif européendéfini lors du Sommet de Lisbonne consistantà limiter à 10 % la proportion de jeunes de18 à 24 ans sortant du système scolaire sansavoir obtenu au moins un diplôme de secondcycle de lenseignement secondaire et ne pour -suivant pas détudes. Un diplôme du secondcycle du secondaire (CAP, BEP, baccalauréat)est ainsi considéré comme le minimum requispar lUnion européenne. Nous nous intéressons donc au parcours scolaire et à la destinée socialedes individus sortis du système scolaire sans cebagage minimum.12Il est nécessaire de différencier ici « diplôme »et « qualification ». Parmi les individus sortis dusystème scolaire sans diplôme autre que, au plus,le brevet des collèges, certains ont pu continuerleurs études au-delà du collège sans pour autantobtenir un diplôme du second cycle. Dans cecas, ils sont « qualifiés » mais pas « diplômés ».La définition retenue revient donc à estimer quela qualification n’est pas suffisante notammentpour linsertion sur le marché du travail et quundiplôme protège les individus du chômage.Plusieurs études montrent ainsi qu’à nombredannées détudes identique, les individus qui ont obtenu un diplôme connaissent de meilleu-res conditions demploi que ceux qui nen ont pas (Jaeger et Page, 1996). En outre, en 2007,37 % des jeunes au chômage sortis du systèmescolaire moins de quatre ans auparavant, sontsans diplôme selon la définition retenue (3).3Par ailleurs, nous choisissons de restreindrenotre étude aux générations les plus récentes. Eneffet, les modifications du système éducatif etles évolutions du contexte économique et sociallaissent présager une forte hétérogénéité de lapopulation des non-diplômés dans lenquête.Pour obtenir une population plus homogène entermes de contexte institutionnel, nous limitonslétude aux individus sortis pour la premièrefois du système scolaire à partir de lannée1990. En effet, la massification et la démocra-tisation scolaire ont eu lieu dans le secondaireà partir des années 1980. Cest à partir de cette période que laccès à lenseignement secon-daire progresse dans toutes les catégories de lapopulation. Cette ouverture est dabord le fait1. Repères et références statistiques sur les enseignements, laformation et la recherche (RERS), DEPP, ministère de lÉducation nationale, 2010.2. Le CEP a été supprimé en 1989.3. Bilan Formation Emploi, Cereq, Insee, 2007.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 443, 2011
des collèges dans les années 1960, puis sétendaux lycées. En 1990, 44 % d’une générationavait obtenu son baccalauréat, quil soit géné-ral, technologique ou professionnel. En 2003,ce taux atteint 63 % de la génération. Ensuite,une série de réformes a transformé le paysagede l’enseignement secondaire à la fin des années1980, comme la modification de l’organisationdu brevet des collèges en 1985. En outre les sor-ties sans qualification se stabilisent dans la pre-mière moitié des années 1990. Elles concernentseulement 6 % des jeunes en 2008, contre untiers en 1965, un cinquième en 1975 et un hui-tième en 1985. Ainsi, comme la seconde vaguede démocratisation de lenseignement débute en1985, on peut supposer que les individus sor-tis du système scolaire à partir de 1990 (si lonconsidère les cinq premières années comme unepériode de montée en charge des dispositifs) ontconnu un contexte scolaire équivalent.Mais ce choix est aussi fondé empiriquement :en effet les non-diplômés qui sont sortis du sys-tème scolaire à partir de 1990 ont des durées descolarité plus proches des diplômés sortis avant1990 que des personnes sans diplôme sortiesavant 1990. En outre, des différences importan-tes existent en ce qui concerne le redoublement,en particulier au collège : 19 % des individussans diplôme sortis avant 1990 ont redoublé aumoins une fois au collège contre 39 % des indivi-dus sortis après 1990, écart qui peut notammentsexpliquer par la généralisation du collège.Limitée aux individus sortis du système scolaireà partir de 1990, létude porte sur une popula-
tion de 8 838 individus, parmi lesquels 1 541sont sans diplôme d’après la définition retenue,soit 17 % de l’échantillon étudié. Parmi les indi-vidus sans diplôme sortis pour la première foisdu système scolaire à partir de 1990, 65 % ontau plus le CEP, 35 % ont obtenu le brevet descollèges. Par ailleurs, 25 % ont préparé un CAPmais n’ont pas obtenu le diplôme et 22 % ontsuivi un ou deux ans de BEP sans obtenir leurdiplôme. Enfin, 1 % des non-diplômés ont com-mencé des études professionnelles sans avoir deCAP ou de BEP et n’ont pas obtenu le baccalau-réat professionnel.La relative méconnaissance des sortiessans diplômeLa thèse, aujourdhui bien connue, du capi -tal humain (Becker, 1962) définit le processusdéducation comme un investissement permet-tant daccumuler des connaissances. Cet inves-tissement permet daccroître ses salaires futursen augmentant sa productivité. Les individus,perçus comme des entités maximisatrices,décident à tout moment de poursuivre ou nonleurs études selon que la rémunération atten-due avec le diplôme recherché excède ou non lecoût direct des études et leur coût dopportunité correspondant au salaire auquel il faut renon-cer pendant la durée de celles-ci. Cette théorieferait ainsi de la population des non-diplômésun ensemble de personnes pour lesquelles il estplus coûteux de poursuivre des études que detravailler, au moment de la sortie du systèmescolaire. Dans cette perspective, il existerait
Encadré 1LENQUÊTE FORMATION ET QUALIFICATION PROFESSIONNELLE 2003
Lenquête Formation et Qualification Professionnelle Les données comportent des informations sur les(FQP) a été initiée par lInsee pour la première fois en ménages et lensemble de leurs occupants et sur lori-1964 puis rééditée en 1970, 1977, 1985, 1993 et 2003. gine sociale et géographique de chaque enquêté. EllesElle vise à étudier les relations entre la formation ini- renseignent également sur la situation professionnelletiale, lemploi et les salaires, ainsi que la mobilité pro-de lenquêté au moment de lenquête et cinq ans fessionnelle et sociale. auparavant, ainsi que sur son premier emploi. Ellesprésentent en outre un calendrier professionnel quiLe champ de lenquête est constitué de lensemble retrace les parcours professionnels sur les cinq der-des personnes âgées de 18 à 65 ans au moment denières années. Enfin, elles informent sur la formationlenquête appartenant à des ménages ordinaires (autre- initiale et continue des enquêtés et ont la particularitément dit, les collectivités comme les prisons, les insti- importante de décrire, en plus des diplômes obtenus,tutions ou les maisons de retraite ne sont pas prises en les études initiales année scolaire après année sco-compte) et résidant en France métropolitaine. En 2003, laire. Mis à part lenquêteGénération du Cereq avecléchantillon de départ comporte environ 40 000 loge-une perspective un peu différente puisquelle suit une ments tirés dans léchantillon-maître de lInsee. Dans génération, lenquête FQP est la seule enquête enchaque ménage, une ou deux personnes ont été tirées population générale en France qui permet de disposerau sort pour répondre à lenquête. Au total, 39 312 per- de ces différentes informations.sonnes ont été interrogées entre avril et juin 2003.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 443, 2011
31
32
 
donc des caractéristiques sociodémographiquespropres aux non-diplômés les conduisant à sor-tir du système scolaire.La littérature sest beaucoup intéressée à laquestion du lien entre le milieu social dorigine et les décisions des individus dans le processusdéducation. Les recherches sur la question ont longtemps estimé que ce lien était négligeablejusqu’à l’âge marquant la fin de la scolaritéobligatoire, puisque la scolarisation est alorsdéterminée par la loi et non choisie par lesindividus. En 2008-2009, en France, le taux descolarisation passe de 98 % à l’âge de 15 ans à94 % à 16 ans et à 90 % à 17 ans. Si l’influencedu milieu dorigine apparaît parfois négligeable dans le choix darrêter ses études, cest quilest atténué par limportance des taux de sco-larisation à ces âges (Mare, 1980). En France,lenquêteGénération 1992 a fait apparaître queles non-diplômés étaient plus souvent des gar-çons que lensemble des jeunes sortis au mêmemoment de formation initiale, plus souvent issusde milieu populaire, de familles nombreuses, etégalement un peu plus souvent de limmigra -tion (Bordigoni, 2001). Cependant, cette mêmeétude insiste sur le fait que cette population estloin dêtre homogène. Certaines personnes sans diplôme ont leur propre foyer et un emploi sta-ble cinq ans après leur sortie du système sco-laire, alors que dautres ont un emploi trop pré-caire pour quitter le domicile de leurs parents etque dautres encore nont pas trouvé demploiaprès cinq années de vie active.Les travaux portant sur les non-diplômés ontégalement cherché à connaître leur parcours,et les motivations de leur choix dorientation. Les choix dorientation sont un objet complexe à étudier, qui fait intervenir un très grand nom-bre de facteurs dont les liens de causalité sontdifficiles à évaluer. À 15 ans, les projets profes-sionnels des élèves sont déjà fortement corrélésavec leur milieu dorigine (Murat et Rocher, 2002). Il en est de même des motifs de laban -don et de l’échec scolaire. Ainsi par exemple,en France, il existe un fort lien entre les résul-tats scolaires et notamment le retard scolairedenfants vivant dans le même voisinage depuis plusieurs années (Goux et Maurin, 2005). Uneenquête canadienne montre également que lerisque dabandon scolaire est très lié à lengage -ment et à lencadrement parental dans les études de leurs enfants (Potvin, 1999). De nombreuxfacteurs interviennent ainsi dans labandon sco-laire (Janosz, 2000) : des facteurs institution-nels, cest-à-dire lécole et son organisation, des facteurs familiaux (linvestissement des
parents dans les études), des facteurs interper-sonnels (les relations sociales et avec les pairs)et des facteurs individuels (ce sont plus sou-vent les garçons qui décrochent, plus souventles enfants issus des communautés noires ouhispanophones aux États-Unis, etc.). En outre,au cours de la scolarité, on peut identifier des« facteurs indirects » qui déterminent lavan-cée dans le parcours scolaire et des « facteursdirects » qui influent sur la validation ou non dudiplôme (Bouhia et de Saint Pol, 2010). Parmices facteurs jouant sur lobtention du diplôme, le rôle de la mère semble prépondérant, ainsique le contexte lié à létablissement dans lequelest inscrit lélève.Si la décision d’arrêter ses études peut apparaî-tre comme le produit dun arbitrage entre lesrémunérations futures attendues et les « coûts »de lobtention dun diplôme, les individus sontdonc aussi plus ou moins contraints dans leurschoix de parcours scolaires et professionnels.En s’appuyant sur l’approche par les « capaci-tés » de Sen, deux auteurs de l’IDHE montrentque lappartenance à des trajectoires demploi type, définies à partir du milieu d’origine et desconditions demploi dans les premières annéesde vie active, conditionne fortement les carriè-res des individus peu diplômés (Farvaque etOliveau, 2004).Enfin, se pose également la question du devenirdes personnes sans diplôme sur le marché du tra-vail et du rôle quy joue le diplôme. Les indivi -dus sans diplôme sont bien plus vulnérables queles autres en termes dinsertion sur le marché du travail et ils sont plus souvent touchés parle chômage. De nombreuses études montrent eneffet quil existe un « effet diplôme », cest-à-dire quà nombre dannées détudes identique, les individus qui ont obtenu un diplôme béné-ficient de meilleures conditions d’emploi queceux qui n’en ont pas (Jaeger et Page, 1996).Cela rejoint la théorie du signal (Spence, 1973)selon laquelle lacquisition dun diplôme naug-mente pas la productivité des individus mais sertà « signaler » ses compétences aux employeurssur le marché du travail. Ceci confirme parailleurs limportance de différencier diplôme et qualification. Les travaux du Cereq montrentégalement que le diplôme et la perception sub-jective de son utilité ont un impact important surles choix de parcours scolaires et professionnels(Berthetet al., 2008). Lensemble des travaux sur le diplôme et labandon scolaire est vaste etrelativement disparate. Il concerne aussi bien lesfacteurs et les motifs de labandon scolaire quele rôle du diplôme dans linsertion profession-
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 443, 2011
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.