La formation initiale en Haute-Normandie en 2004 : Un sursaut temporaire dans le premier degré, une baisse renforcée pour le collège

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À la rentrée 2004, l'Académie de Rouen a accueilli 192 600 enfants dans le premier degré, 170 000 élèves dans le second degré et 37 000 étudiants en Université ou en post bac de lycée. En un an, la baisse d'effectif concerne 3 000 élèves, la très lègère hausse dans le premier degré ne pouvant compenser la baisse sensible dans le second degré. Les résultats aux examens, bien qu'en dessous des moyennes nationales sont en progression.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LA FORMATION INITIALE EN HAUTE-NORMANDIE EN 2004
Un sursaut temporaire dans le premier degré,
une baisse renforcée pour le collège
Boris SIMON - Rectorat de l’Académie de Rouen
nelles gagnent 350 enfants (surtout en d’élèves dans ce type de dispositif s’estA la rentrée 2004, l’Académie de
Seine-Maritime) et les écoles primaires stabilisé en 2004, à 3 400 élèves. D’une
Rouen a accueilli 192 600
360 élèves (principalement dans l’Eure). façon générale, le secteur privé résiste
enfants dans le premier degré, Suivant le mouvement national, le taux mieux que le public à la baisse
de scolarisation à 2 ans poursuit sa démographique.170 000 élèves dans le second
contraction. Cette diminution se Après une année de hausse, le
degré et 37 000 étudiants en conjugue avec une baisse de la natalité second cycle professionnel accueille
Université ou en post bac de (données provisoires) sur les années 23 050 élèves soit autant qu’en 2002.
2002 et suivantes. Si la région n’attire Une diminution est sensible au niveaulycée. En un an, la baisse
pas de nouveaux arrivants avec enfants, des BEP (perte de 250 élèves). Les CAP
d’effectif concerne 3 000 élèves, ce sursaut de la population scolarisée sont en augmentation et la contraction du
risque de ne pas durer. L’école privée, en nombre de bacs professionnels semblela très légère hausse dans le
augmentation depuis 1996, connaît une temporaire car due à un taux de réussite
premier degré ne pouvant
stabilisation et concerne 8,6% des effec- en hausse pour l’année 2004. Les BEP
compenser la baisse sensible tifs en 2004. poursuivent de plus en plus leurs études,
soit en première d’adaptation, soit endans le second degré. Les
première professionnelle. En 2000, 45%
résultats aux examens, bien BAISSE DES EFFECTIFS des BEP poursuivaient leur scolarité
qu’en dessous des moyennes DANS LES COLLÈGES ET LES LYCÉES alors qu’ils sont 48% aujourd’hui à le
faire. La part des premières profession-nationales sont en progression.
Le second degré, public et privé sous nelles a augmenté dans la même période
contrat, est touché de plein fouet par la de 5 points alors que la part des premiè-
baisse démographique puisqu’il perd res d’adaptation a reculé de 3 points. A
près une baisse continue des ef- 3 700 élèves. Les collèges publics sont l’avenir, la confirmation des poursuitesAfectifs depuis une décennie, le particulièrement touchés ; ils perdent d’études des BEP et le maintien des CAP
nombre d’enfants scolarisés à la rentrée 2 600 élèves. Les élèves entrants en devraient limiter les pertes d’effectifs en
2004, dans le premier degré, augmente sixième sont beaucoup moins nombreux lycées professionnels, en partie au détri-
de 700 unités, soit une hausse de 0,4%. que ceux qui sortent de troisième. De ment du second cycle technique qui re-
Cette hausse demeure relativement mo- plus, les taux de redoublement en col- crute de moins en moins après le BEP.
deste au regard de l’augmentation de lège ont beaucoup diminué. Par consé- Les effectifs du second cycle général
0,8% au niveau France. Ce mouvement quent, les élèves demeurent moins et technique diminuent cette année de
est principalement dû à la reprise de la longtemps en collège. Le poids des Sec- 470 élèves, comme les années précé-
natalité qui a été sensible dans les tions d’Enseignements Généraux et Pro- dentes. La perte d’effectif se positionne
années 2000-2001 (environ un millier fessionnels Adaptés (SEGPA) augmente surtout au niveau de la première, notam-
d’enfants en plus). En un an, les mater- depuis 1998, même si le nombre ment à cause d’un taux de redoublement
LES EFFECTIFS SCOLARISÉS EN HAUTE-NORMANDIE PAR NIVEAU DE FORMATION (1) (PUBLIC ET PRIVÉ SOUS CONTRAT)
1996-1997 1997-1998 1998-1999 1999-2000 2000-2001 2001-2002 2002-2003 2003-2004 2004-2005
Premier degré (2)
(enseignement préélémentaire et élémentaire) 212 247 207 548 204 201 201 334 197 876 194 592 192 498 191 909 192 625
Second degré dont : 189 778 189 870 188 580 186 593 182 703 179 743 177 343 174 998 171 280
Premier cycle (y compris 4e et 3e techno-
logiques de LP et formations de SEGPA) 118 762 117 010 115 110 112 840 110 409 107 914 106 355 103 969 101 285
Second cycle professionnel 24 196 24 800 24 570 24 461 23 682 3 481 23 057 23 622 23 056
Second cycle général et technologique 46 820 48 060 48 900 49 292 48 612 48 348 47 931 47 407 46 939
Post-baccalauréat en lycée 6 542 6 570 6 507 6 624 6 632 6 640 6 523 6 470 6 570
Université 33 146 31 573 32 006 31 275 31 099 29 689 30 470 30 461 30 430
Source : Éducation nationale - Rectorat de Rouen Unités : élève, étudiant
(1) hors EREA, y compris SEGPA.
(2) constat estimé depuis 1999.
CAHIER D’AVAL n° 69 - Juin 2005 27
SOCIÉTÉLES RÉSULTATS AUX PRINCIPAUX EXAMENS DANS L’ACADÉMIE DE ROUEN (hors agriculture)
Session 2004 Session 2003 Session 2002 Session 2001 Session 2000
Présents Admis Taux de réussite Taux de réussite Taux de réussite Taux de réussite Taux de réussite
Diplôme national du brevet 24 436 19 119 78,2 77,7 78,3 78,4 80,1
Certificat d’aptitude professionnelle 6 174 4 664 75,5 74,3 75,2 77,9 76,2
Brevet d’enseignement professionnel 8 994 6 593 73,3 75,3 75,8 72,7 77,0
Baccalauréat 19 973 15 179 76,0 74,9 74,7 74,9 76,0 général 9 303 7 308 78,6 79,0 75,9 75,1 75,8
Baccalauréat technologique 6 496 4 569 70,4 68,2 72,4 73,2 74,7 professionnel 4 174 3 302 79,1 75,9 75,4 77,2 78,5
Brevet de technicien supérieur (p) 4 357 2 953 67,9 64,2 65,6 64,3 66,2
Source : Éducation nationale, Académie de Rouen Unités : diplômé, %
(p) provisoire
Cette évolution qui se confirme n’est pas afin qu’ils puissent valoriser leurs capaci- et a contrario une spécialisation dans
sans conséquence sur l’enseignement tés, même et surtout dans les filières où l’Eure pour les filières professionnelles.
supérieur. En effet, la propension aux ils sont rares. Même si l’Académie demeure à un
études longues des bacheliers profes- Le taux de réussite au CAP retrouve classement peu enviable vis-à-vis des
sionnels est moindre que celle des ba- son niveau de 2001 (81,4%) après deux autres académies, les écarts de réussite
cheliers généraux et technologiques. années de baisse. Depuis 2002, le taux se réduisent d’année en année, et en
de réussite au BEP connaît une diminu- particulier dans la filière générale.
tion de 75,3% à 73,3%. Le nombre de bacheliers augmente
DES RÉSULTATS AUX EXAMENS Les résultats aux bacs profession- passant de 14 801 en 2003 à 15 179 en
EN HAUSSE nels sont en hausse continue pour at- 2004.
teindre un taux de 81,4%.
Le taux de réussite au diplôme natio- L’amélioration est générale mais un peu
nal du brevet augmente légèrement en plus sensible dans le secteur de la pro- PLUS D’ÉTUDIANTS EN ÉCONOMIE
2004 pour retrouver son niveau de 2002. duction que dans celui des services. Le ET EN MÉDECINE
Selon la nouvelle loi d’orientation, il de- bac général subit une érosion, mais
vrait à l’avenir sanctionner l’acquisition toute relative compte tenu du cru ex- Le nombre d’étudiants est quasiment
du socle minimal de connaissance. Il de- ceptionnel que constituait l’année stable, avec une légère diminution à l’uni-
vrait aussi permettre de détecter une ex- 2003. Le taux de réussite a augmenté versité de Rouen et une légère augmen-
cellence parmi les élèves de familles en série Littéraire (L) et Economique et tation à celle du Havre. Les disciplines
défavorisées et leur offrir des bourses Sociale (ES) et a diminué en série dont les effectifs baissent sont les lettres,
Scientifique (S). la filière scientifique et dans une moindre
Le bac technologique connaît une mesure la filière Sciences et TechniquesRÉORIENTATION
amélioration, en particulier pour les fi- Activités Physiques et SportivesDANS LE SUPÉRIEUR
lières Sciences et Techniques Indus- (STAPS). Les disciplines en expansion
La première année dans le supérieur est trielles (STI) et Hôtellerie. La réussite sont l’économie et la médecine (due à
souvent perçue comme une année difficile
aux bacs Sciences Technologiques Ter- une augmentation du numerus clausus).
et génératrice de nombreux abandons. Une
tiaires (STT) et Sciences Médico-So- Les bacheliers des filières généra-enquête sur ce sujet relativise cette idée
reçue. En effet, parmi les bacheliers 2002 qui ciales (SMS) est, quant à elle, en légère les sont moins nombreux. Cet état de
ne se sont pas réinscrits dans la même fi- baisse. fait entraîne une certaine désaffection
lière après une année de supérieur (cas de 3 La proportion de bacheliers dans des inscriptions en première année
étudiants sur 10), se distinguent plusieurs
une génération atteint, en 2004, 60,6% pour les universités (-1,3%). Les Clas-
populations :
retrouvant ainsi l’écart de 1 point avec ses Préparatoires aux Grandes Ecoles
ceux qui ont effectivement arrêté leurs
le niveau national constaté en 2001. La (CPGE) subissent le même sortétudes (20% des non réinscrits), qui se ré-
partissent de façon équitable entre part des bacheliers professionnels et puisque dans l’Académie, il y a une
l’emploi, l’inactivité en attente de reprise dans une moindre mesure technolo- baisse du nombre d’élèves alors qu’au
d’études et sans envie de re- gique compense en partie l’écart défa- niveau national, c’est une filière en
prise d’études ;
vorable (plus de 2 points) sur les légère augmentation. En revanche, les
ceux qui ont changé d’orientation et sont
bacheliers généraux. Sections de Techniciens Supérieurs
repartis sur une première année (75% des
En 2004, la proportion de bacheliers connaissent un regain d’intérêt. Denon réinscrits) ;
dans une génération marque une relative plus, la réussite au Brevet de Techni-ceux qui ont validé leur première année et
ont été acceptés en deuxième année dans spécialisation en Seine-Maritime pour cien Supérieur augmente encore cette
une autre filière (5%). les filières générales et technologiques année pour atteindre 67,9%
28 CAHIER D’AVAL n° 69 - Juin 2005

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