Le nombre de collégiens pourrait diminuer dans le département du Nord

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La baisse de la fécondité, dont les effets se sont déjà fait sentir dans le primaire, pourrait toucher la population des collèges dans les prochaines décennies. Le niveau des naissances, qui varie localement, se combine à des mouvements migratoires propres à chaque territoire. Dans la plupart des cas, les deux facteurs se cumulent négativement. Toutefois, quelques secteurs font exception et pourraient connaître une augmentation de leur effectif de collégiens.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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NORD-PAS-DE-CALAIS
F N°8 - SEPTEMBRE 20022,29 € -15
Le nombre de collégiens
pourrait diminuer
dans le département du Nord
Dans un contexte de stabilité de la popu-
lation d’ici 2030, le nombre des 11-15 ans
aurait plutôt tendance à diminuer. Cette
La baisse de la fécondité, dont les effets baisse envisagée des effectifs aurait une
influence sur la gestion des collèges. Les
facteurs purement démographiques quise sont déjà fait sentir dans le primaire,
sont à l’œuvre dans ces projections doivent
être identifiés et analysés.
pourrait toucher la population des collèges
LA POPULATION TOTALE RESTERAIT
dans les prochaines décennies. STABLE ENTRE 1999 ET 2030
Selon les projections standard de populationLe niveau des naissances, qui varie localement,
(cf. Méthodologie), la population totale du
département dépasserait légèrement en
se combine à des mouvements migratoires 2030 son niveau de 1999 (+0,8%). Partie
erde 2,55 millions d’habitants au 1 janvier
1999, la population départementalepropres à chaque territoire. Dans la plupart
atteindrait les 2,57 millions de personnes
en 2030.
des cas, les deux facteurs se cumulent
La baisse de la fécondité et l’allongement
de la durée de la vie se traduisent dans le
négativement. Toutefois, quelques secteurs Nord, comme partout ailleurs, par un
vieillissement de la population. L’âge
moyen s’élèverait de cinq ans et demi enfont exception et pourraient connaître
trente ans pour atteindre un peu plus de
41 ans et demi en 2030. Seuls quelques
une augmentation de leur effectif de collégiens. territoires sont plus jeunes que le dépar-
tement en 1999 et vieilliraient moins que
la moyenne d’ici trente ans ; il s’agit dePatricia Antonov Zafirov
Lille, Roubaix, Tourcoing et, dans une
DIVISION SYNTHÈSES DÉMOGRAPHIQUES ET SOCIALES
moindre mesure, Denain.
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS - 130, AVENUE DU PRÉSIDENT J.F. KENNEDY - 59034 LILLE CÉDEX - TÉL. : 03 20 62 86 29 - TÉLÉCOPIE : 03 20 62 86 00N°8
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Si la baisse de la fécondité explique en partie À COMBINAISONS DE FACTEURS
la diminution du nombre des collégiens, les DéfinitionDIFFÉRENTES, RÉSULTATS DIFFÉRENTSmigrations influencent aussi leur évolution.
Le département du Nord connaît unLE NOMBRE DES COLLÉGIENS Indicateur conjoncturel de fécondité :
recul de la fécondité entre 1990 et 1999 :
BAISSERAIT SENSIBLEMENT l’indicateur conjoncturel de fécondité nombre moyen d’enfants que mettrait
perd en effet un dixième et se situe à 1,93D’ICI À 2030 au monde chaque femme d’une géné-
enfant par femme en 1999. Au cours de la
même période, bien que le solde migratoire ration fictive pendant sa vie fécondePour l’ensemble du département du Nord,
soit toujours négatif, le déficit s’atténue,cette baisse des effectifs varie de 1,9 point avec les taux par âge identiques à ceuxpassant de -16 400 personnes à -10 500
selon le scénario retenu (cf.Méthodologie).
personnes. observés l’année concernée.Le scénario standard minimise la perte de
collégiens potentiels en 2030 : -17,6%. Le
En 1999, point de départ de la projection,
scénario aménagé, privilégiant une prise
chaque territoire est caractérisé par unen compte des caractéristiques de chacun
indicateur conjoncturel de fécondité et un
des territoires, enregistre -19,5%. est assuré. Mais il ne suffit pas à garantir
profil migratoire qui lui sont propres.
l’augmentation du nombre de collégiens
Compte tenu de chacun de ces éléments,
Si la tendance à la baisse des effectifs des si les enfants quittent le territoire avant
les populations projetées n’évoluent pas
collégiens concerne la quasi-totalité des d’avoir atteint l’âge de fréquenter un éta-
toutes de la même façon, ni forcémentterritoires, elle n’est pas ressentie partout blissement du second degré.
dans les mêmes proportions.
avec la même intensité. Quelques rares
secteurs y échappent même. Cinq territoires devraient ainsi maintenir
DANS LES TERRITOIRES leur population. Ils ne gagneraient toutefois
Les extrémités nord et sud du département pas de collégiens d’ici 2030. Les territoires
OÙ LE FORT NIVEAU DE FÉCONDITÉ
regroupent des territoires où les pertes de Saint-Pol-sur-Mer et Fourmies, de par les
seraient plus élevées qu’en moyenne NE COMPENSE PAS LES NOMBREUX forts excédents de départs sur les arrivées,
départementale. On constaterait le même figurent même parmi les territoires perdantDÉPARTS : DES EFFECTIFS
phénomène au sud et à l’est de Saint- une plus forte proportion d’élèves que la
DE COLLÉGIENS EN BAISSEAmand-les-Eaux. En revanche, dans le moyenne. Les territoires de Roubaix,
sud-est de Lille : les territoires de Templeuve, Tourcoing et Denain, se trouvent quant à
Saint-Amand-les-Eaux et Valenciennes Le niveau de fécondité joue un rôle eux, dans le groupe des territoires perdant
devraient maintenir ou augmenter leur important : au-delà des 2,1 enfants par moins de collégiens qu’en moyenne
effectif de collégiens. femme, le renouvellement des générations départementale.
ÉVOLUTION DE LA POPULATION TOTALE SELON LE SCÉNARIO AMÉNAGÉ LES EFFECTIFS DE COLLÈGIENS AURAIENT LE PLUS SOUVENT TENDANCE À DIMINUER D’ICI 2030
Selon le scénario aménagé
Variation de population
1999 - 2030 en %
+38,3 Évolution de la population
collégienne 1999 - 2030 en %+10,0
0 +23,7
+0,2-10,0
-4,0
-22,8 -16,2
Contour territoire d’étude -17,6
Moyenne régionale-21,8
-25,5
-45,6
Contour territoire d’étude
© IGN - Insee 2002 © IGN - Insee 2002
Source : Insee - Modèle Omphale 2000 Source : Insee - Modèle Omphale 2000N°8
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Quelques territoires conjuguent un indi- collégiens résulterait davantage du faible Quinze territoires possèdent un➠
cateur conjoncturel de fécondité proche niveau de fécondité que du flux migratoire niveau de fécondité élevé (indicateur
du seuil de renouvellement et des soldes défavorable. conjoncturel de fécondité supérieur
migratoires déficitaires : Maubeuge, Sin- ou égal à la moyenne départemen-
le-Noble, Anzin et Merville. À l’exception tale). Hautmont, Gravelines,
de Merville, la baisse du nombre de collégiens Avesnes-sur-Helpe, Somain, Vieux-DES TERRITOIRES POUR LESQUELSy serait plus soutenue qu’en moyenne Condé, et Cambrai seraient plus
départementale. durement touchés que la moyenneLA BAISSE D’EFFECTIF RÉSULTERAIT
par les pertes de collégiens.
DE LA COMBINAISON
DES TERRITOIRES POUR LESQUELS D’UNE FÉCONDITÉ FAIBLE Caudry, Hazebrouck et Lambersart
LE RECUL EST SURTOUT LIÉ connaîtraient des évolutions prochesET DE MOUVEMENTS
de la moyenne départementale.À UN FAIBLE NIVEAU DE FÉCONDITÉ MIGRATOIRES DÉFICITAIRES
Quant à Douai, Dunkerque, Lomme,Une fécondité faible accélère la baisse
La majorité des territoires cumule deux Armentières, Escaudain et Croix, lades effectifs de population si elle n’est
sources de diminution d’effectif de collé- baisse des collégiens y serait moinspas contrecarrée par un flux migratoire
giens : le niveau de fécondité n’assure pas forte.positif intense.
le renouvellement de la population et
Lille est particulièrement affecté par un
les sortants sont plus nombreux que lesbas niveau de fécondité, le plus faible de
personnes qui arrivent sur le territoire. Enfin, sept territoires dont le niveautous les territoires avec un indicateur ➠
de fécondité est inférieur à la moyenneconjoncturel de fécondité à 1,55 enfant
régionale enregistreraient une dimi-par femme. ➠Les territoires de Feignies,
nution plus ou moins forte de leurEn 1999, comme en 2030, la part des Villeneuve-d’Ascq, Comines, Marly
11-15 ans dans la population totale y effectif collégien. et Loos détiennent des niveaux de
est la plus faible. Lille enregistrerait, en fécondité relativement faibles (indi-
nombre, la plus grosse perte d’élèves Wormhout et Coudekerque-Branchecateur conjoncturel de fécondité
(-7 000) mais se trouverait en termes inférieur à 1,85 enfant par femme). perdraient respectivement 34% et
d’évolution relative, dans une situation Combiné avec des migrations plus 27%, les baisses de Wattrelos et
meilleure que la moyenne avec -8,1%. Haubourdin se situeraient autour deou moins favorables, cela aboutirait
la moyenne, tandis que Denain, Seclinà des diminutions de la population
et Marcq-en-Baroeul ne perdraientDans une moindre mesure, pour les terri- collégienne variant de -30% à -9%
toires d’Halluin et de Bailleul, la perte des d’ici 2030. que 13% à 16% de leurs collégiens.
COMBINAISONS INDICATEUR CONJONCTUREL DE FÉCONDITÉ (ICF) - MIGRATIONS LES HYPOTHÈSES MIGRATOIRES DU SCÉNARIO AMÉNAGÉ
Lissage des quotients migratores 1990 - 1999Fort ICF et solde migratoire négatif
Période de référence des quotients migratoiresICF inférieur à la moyenne départementale étendus à 1982-1999et solde migratoire positif
étendus à 1982-1999 et lissage des quotientsICF faible et solde migratoire négatif
Quotients migratoires des 21-29 ans Contour territoire d’étude
augmentés d’un tiers
Pas d’aménagement, scénario standard
Contour territoire d’étude
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DES TERRITOIRES DONT LE NIVEAU
DE FÉCONDITÉ INFÉRIEUR À LA
MOYENNE DÉPARTEMENTALE ET
UN SOLDE MIGRATOIRE POSITIF
INDUIRAIENT UN MAINTIEN, VOIRE
UN ACCROISSEMENT DU NOMBRE
DE COLLÉGIENS
Si Saint-Amand-les-Eaux, et surtout
Valenciennes et Templeuve connaissaient
une augmentation de leur effectif de
collégiens d’ici à 2030, ce serait lié aux
installations de nouveaux habitants plus
nombreuses que les départs.
MÉTHODOLOGIE
Le zonage d’étude est défini à partir de regroupements de - pour huit territoires, dont les tendances migratoires
secteurs scolaires, de telle façon que chacun des 42 territoires récentes avaient peu de probabilité de se poursuivre, la
du département compte suffisamment d’habitants pour des période de référence en matière de migrations est
projections significatives. Pour obtenir un nombre de collégiens étendue à 1982-1999 ;
en 2030, une première étape consiste à projeter la population - pour deux territoires, présentant les caractéristiques des
totale, zone par zone, à l’aide de l’outil Omphale 2000 de deux premiers groupes, la période de référence en
l’Insee (cf. [1] et [2]). matière de migrations est étendue à 1982-1999 et la
méthode de lissage par médiane - moyenne est préférée ;
Deux scénarios sont envisagés, en fonction d’hypothèses - pour Lille, le solde migratoire des 20-29 ans, négatif sur
migratoires différentes. La projection dite “standard” applique 1990-1999, a été augmenté de 33% pour se rapprocher
les mêmes hypothèses à tous les territoires. La projection de celui de la période 1982-1999. Cette solution maintient
“aménagée” tient compte des spécificités migratoires locales. les fortes arrivées d’étudiants tout en amplifiant les
départs après les études qui ont été plus faibles au cours
Les hypothèses communes aux deux scénarios concernent la de la période 1990-1999 que par le passé.
fécondité et la mortalité. Les niveaux de fécondité de 1999,
propres à chacun des territoires, sont maintenus sur toute la La seconde étape de la démarche consiste à passer de la
période, ainsi que les écarts de mortalité entre le département population totale à celle des collégiens. La projection porte
du Nord et le reste de la France. sur les enfants au lieu de résidence et non au lieu d’études. Les
projections de collégiens sont obtenues en appliquant à la
Les hypothèses de migrations varient selon le scénario. population de chaque territoire des taux de scolarisation en
Dans la projection standard, les quotients de solde collège par âge. Ces taux, hors Segpa (Sections d’enseignement➠
général et professionnel adapté), sont obtenus en rapportantmigratoire 1990-1999 sont maintenus constants.
les effectifs de l’année scolaire 1998-1999 à la population
Dans la projection aménagée, qui concerne vingt-deux➠ recensée en 1999. Cette hypothèse suppose que la proportion
territoires : d’enfants scolarisés (y c. hors département) demeure constante.
- pour onze territoires, qui présentaient des variations Cette hypothèse est relativement prégnante dans la mesure
aléatoires de leur profil migratoire, la méthode de lissage où le nombre d’enfants scolarisés hors de la région et en
par médiane - moyenne est préférée ; particulier en Belgique est non négligeable.
Pour en savoir plus
• [1] Projections infrarégionales de population pour 2030 : des situations contrastées sur les différents territoires du Nord-Pas-de-Calais
Insee - Profils Nord-Pas-de-Calais n° 9, novembre 2001.
• [2] Projection de population du Nord-Pas-de-Calais en 2050 : un vieillissement inéluctable - Insee - Profils Nord-Pas-de-Calais n° 10,
novembre 2001.
Directeur de la publication : Jean-Claude HAUTCŒUR - Service Administration des Ressources : Marie-Françoise DUBOIS
Service Études Diffusion : Anne FLIPO - Service Statistique : Michel BREZAULT - Rédacteur en chef : Jean-Luc VAN GHELUWE
Secrétaire de rédaction : Francine LEDUC - Secrétaire de fabrication : Jean-Claude DELEHAYE - Vente : Bureau de vente -
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