Une Bretagne plus diplômée que les autres régions de province (Octant n° 95)

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Les actifs bretons sont plus diplômés que les autres actifs de province. Comme dans les autres régions, le CAP est le diplôme le plus fréquent, mais les Bretons sont plus souvent titulaires d'un BEP, d'un baccalauréat technologique ou professionnel ou encore d'un diplôme supérieur du premier cycle que les autres provinciaux. De même, les non-diplômés sont moins nombreux en Bretagne que partout ailleurs. Ces caractéristiques concernent toutes les générations d'actifs. Après correction des effets liés à l'âge, à la qualification et aux domaines professionnels, ces résultats favorables à la Bretagne subsistent.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Société
Une Bretagne plus diplômée
que les autres régions
de province
Les actifs bretons sont plus diplômés que les autres actifs
de province. Comme dans les autres régions, le CAP
est le diplôme le plus fréquent, mais les Bretons
sont plus souvent titulaires d’un BEP, d’un baccalauréat
technologique ou professionnel ou encore d’un diplôme
supérieur du premier cycle que les autres provinciaux.
De même, les non-diplômés sont moins nombreux
en Bretagne que partout ailleurs. Ces caractéristiques
concernent toutes les générations d’actifs. Après correction
des effets liés à l’âge, à la qualification et aux domaines
professionnels, ces résultats favorables à la Bretagne
subsistent.
e niveau de formation des actifs a une caractéristique fondamentale de la technologique ou professionnel : res-Laugmenté avec l’allongement des main-d’œuvre bretonne. pectivement 14,5 % et 10,8 %, contre
études ; il reste meilleur en Bretagne 11,6 % et 9,4 % en province. Pour ces
qu’en moyenne dans l’ensemble des ré- diplômes, la Bretagne occupe ainsi la
gions de province. Le CAP (Certificat première place, devant les Pays de la
La plus forte proportion ded’Aptitude Professionnelle) est toujours Loire.
le diplôme le plus souvent détenu par BEP et de baccalauréats
les actifs mais les diplômes supérieurs Elle est un peu moins bien placée pourtechnologiques
sont de plus en plus fréquents. En 1999, les diplômes supérieurs, mais figure auou professionnels eprès de 40 % des 1,125 million d’actifs 5 rang des 21 régions de province pour
sont titulaires d’un diplôme au moins les diplômes du premier cycle universi-
eégal au baccalauréat, soit un point et taire et au 9 rang pour le second cycle.
demi de plus que la moyenne de pro- Parmi l’ensemble des régions de pro- Elle est devancée à ces niveaux par les
vince. Ces avantages se vérifient dans vince, c’est en Bretagne que l’on observe régions du sud (Provence-Alpes-Côte
de nombreux domaines professionnels, les parts les plus importantes de titulaires d’Azur, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes,
pour tous les niveaux de qualification et d’un BEP (Brevet d’Etudes Professionnel- Languedoc-Roussillon) qui offrent da-
quel que soit l’âge des actifs. C’est donc les) et de titulaires d’un baccalauréat vantage d’emplois de haut niveau.
4 Octant n° 95 - Novembre 2003Société
en %Répartition des actifs en emploi selon leur diplôme en 1999Les non-diplômés moins
nombreux en Bretagne 25
Bretagne
20
De toutes les régions françaises, la Bre- Province
tagne est celle qui détient la plus faible
part de non-diplômés parmi ses actifs en 15
emploi : 8,7 % des actifs occupés ont
déclaré n’avoir aucun diplôme contre
1012,4 % dans l’ensemble de la province.
Dans certaines régions comme la Pi-
cardie, Champagne-Ardenne ou la 5
Haute-Normandie, les « sans diplô-
mes » représentent 15 % des actifs.
0
Sans BAC BAC Diplôme Diplôme
CEP BEPC, brevet CAP BEPCette moindre proportion de non-diplô- er eediplôme général technologique 1 cycle 2 ou 3 cycle
més se vérifie dans toutes les généra-
Source : Insee - Recensement de la population 1999 - exploitation complémentairetions. Elle est particulièrement marquée
chez les ouvriers et les employés mais
existe également pour les autres ni-
veaux de qualification.
Répartition des actifs selon le diplôme, par domaine professionnel en 1999 (en %)
Bac
Diplôme
techno- Diplôme
Sans BEPC, Bac supérieur
Domaine CEP CAP BEP logique supérieur e Ensemble
diplôme Brevet général er 2 ou
ou profes- 1 cycle e
3 cycle
sionnel
Services aux particuliers
14,5 16,9 12,3 23,2 15,0 4,9 8,5 3,5 1,2 100,0 144 321(y emplois familiaux, sécurité)
Commerce 5,6 7,2 10,5 17,5 15,8 7,5 14,0 15,1 6,8 100,0 103 200
Santé, action sociale, 1,4 2,6 5,2 6,4 9,1 4,6 7,7 40,8 22,2 100,0 95 676
culturelle et sportive
Agriculture, marine, pêche, 13,2 14,8 7,8 14,3 23,3 2,6 15,1 6,8 2,1 100,0 93 619
sylviculture
Gestion, administration 2,2 3,6 7,6 12,2 17,5 7,3 18,2 20,2 11,2 100,0 86 170
Bâtiment, travaux publics 13,7 8,5 5,8 42,5 13,4 1,7 7,4 4,5 2,5 100,0 84 204
Fonction publique,
1,9 3,6 13,4 10,2 12,9 13,3 13,6 11,9 19,2 100,0 80 573professions juridiques
Tourisme et transports 13,8 11,4 10,2 30,4 16,3 3,4 7,9 4,8 1,8 100,0 79 234
Industrie de process 15,3 10,8 8,9 27,1 16,2 2,8 10,0 7,0 1,9 100,0 64 050
Enseignement, formation 0,6 0,5 1,4 2,2 1,4 13,2 4,5 22,7 53,5 100,0 61 376
Hôtellerie, restauration,
11,1 9,4 10,0 33,7 17,3 4,6 8,0 4,1 1,8 100,0 55 038alimentation
Mécanique, travail des métaux 11,7 8,6 5,7 40,0 16,6 1,3 10,0 5,2 0,9 100,0 52 932
Maintenance 4,5 5,1 4,9 33,5 21,8 1,9 16,3 10,9 1,1 100,0 27 657
Banques et assurances 1,4 1,6 10,3 10,5 10,9 13,0 16,8 21,1 14,4 100,0 26 715
Industries légères (graphiques, 14,0 12,3 8,7 37,6 13,9 2,3 7,3 2,9 1,0 100,0 17 862
bois, cuir, textile)
Électricité, électronique 6,4 7,3 9,5 19,2 18,6 5,2 17,3 15,2 1,3 100,0 15 015
Informatique ns ns 3,4 2,4 4,3 5,2 8,5 32,8 42,2 100,0 9 551
Communication, information, 3,6 2,1 9,1 11,4 6,7 12,4 9,3 20,5 24,9 100,0 9 011
spectacles
Études et recherche ns ns ns 1,6 ns 1,8 4,1 11,9 77,9 100,0 7 190
Artisanat 44,3 7,9 5,7 23,3 7,8 2,3 3,6 3,1 2,0 100,0 6 583
Ingénieurs et cadres
ns ns 3,1 8,9 5,4 3,9 12,2 20,7 41,8 100,0 3 730de l'industrie
Politique, religion ns ns ns ns ns 26,9 ns 13,5 31,7 100,0 1 070
Ensemble 8,7 8,3 8,5 20,7 14,5 5,6 10,8 12,7 10,2 100,0 1 124 777
ns : non significatif
Source : Insee - recensement de la population 1999 - exploitation complémentaire
Octant n° 95 - Novembre 2003 5Société
Pour identifier les spécificitésdelaEn Bretagne, moins de “sans diplôme” et plus de bacheliers
main-d’œuvre bretonne, nous avonsdans toutes les générations d’actifs en % comparé le diplôme le plus élevé obte-
nu par les actifs en Bretagne à celui ob-Part d’actifs Part d’actifs titulaires
tenu par l’ensemble des actifs de pro-“sans diplôme” d’au moins un baccalauréat
Âge en 1999 en 1999 vince, àâge, qualification et domaine
professionnel équivalents (encadré mé-
Bretagne Province Bretagne Province
thodologique).
Moins de 30 ans 7,4 11,4 53,8 50,1
De 30 à moins de 45 ans 8,7 12,5 39,5 38,3
45 ans ou plus 9,3 12,8 30,9 30,1 A âge et emploi équivalents,
les actifs bretonsEnsemble 8,7 12,4 39,3 37,7
toujours plus diplômés
Source : Insee - Recensement de la population 1999 - exploitation complémentaire
La correction des effets de structure ne
remet pas en cause les constats citésLes écarts de niveau de diplômes entre la Bretagne
précédemment. Les « sans diplômes »et la moyenne des régions de province
sont moins nombreux en Bretagne et les
actifs titulaires d’un BEP sont surrepré-
e
Diplôme 2
e sentés, comme les bacheliers technolo-ou 3 cycle
giques ou professionnels, et les titulaires
er
Diplôme 1 cycle d’un diplôme de premier cycle universi-
taire. Elle compte ainsi 28 600 BEP de
plus qu’attendu, 15 600 baccalauréatsBAC technologique
Effectifs attendus
technologiques ou professionnels et
Différentiel régional 9 400 diplômes de premier cycle uni-
BAC général
versitaire supplémentaires.
BEP
Plus de BEPCAP
chez les actifs âgés
BEPC, brevet et plus de bacs professionnels
chez les jeunes
CEP
Sans diplôme En Bretagne, toutes les générations dé-
gagent une surreprésentation de diplô-
-50 000 0 50 000 100 000 150 000 200 000 250 000 mes techniques ou professionnels.
Chez les actifs de plus de 45 ans, leSource : Insee - Recensement de la population 1999 - exploitation complémentaire
BEP est nettement plus fréquent
Lecture : en Bretagne, 163 600 actifs sont titulaires d'un BEP (diplôme le plus élevé obtenu). qu’en moyenne sur l’ensemble des
Si la répartition par diplômes des actifs bretons était identique à l’ensemble de la province, pour régions. Le bac technologique et les
chaque catégorie d’âge, de qualification et de domaine professionnel, on ne compterait que diplômes du premier cycle universi-
135 000 titulaires d'un BEP. Elle dégage ainsi un avantage comparatif de 28 600 BEP taire sont aussi surreprésentésdans
supplémentaires. A l'inverse, elle compte 43 500 " sans diplôme " de moins qu'attendu. cette génération, mais l’écart est
moins important.
Chez les actifs d’âge intermédiaire -
30 à 45 ans - le BEP est encore le di-
plôme qui se démarque le plus de la
moyenne de province, mais la surre-
présentation des bacs technologiquesjeuneset50%chezlesplusde45ans.Diplôme et emploi occupé : et des diplômes supérieurs du 1erDe même, les ouvriers qualifiésouhau-un lien étroit cycle est plus marquée.tement qualifiésdel’hôtellerie - alimen-
tation - restauration ou du BTP (Bâti- Chez les moins de 30 ans, le déca-
ment Travaux Publics) sont majoritai- lage favorable à la Bretagne concerne
Le diplôme d’une personne qui travaille rement titulaires d’un CAP, alors que tous les niveaux de diplômes supé-
est étroitement liéà la qualification de dans le domaine de l’électricité - élec- rieurs au CAP, qu’ils soient d’ensei-
son emploi, à son âge mais également tronique, les ouvriers sont plus souvent gnement général, technique ou pro-
au domaine professionnel dans lequel titulaires d’un BEP ou d’un bac techno- fessionnel. La surreprésentation est
elle exerce. Par exemple, 58 % des ca- logique ou professionnel. La structure maximale pour les baccalauréats
dres et ingénieurs sont titulaires d’un di- de l’économie de la région va donc technologiques et les diplômes du
e e
plôme supérieur du 2 ou 3 cycle, mais conditionner la répartition de la popula- premier cycle universitaire ou équi-
la proportion passe à 75 % chez les tion active par diplôme. valents.
6 Octant n° 95 - Novembre 2003Société
Méthodologie
La mesure des écarts entre le diplôme des actifs bretons et la moyenne des actifs de province
Pour mesurer, en terme de diplôme, les spécificitésdela cet effectif théorique, ou effectif attendu, est comparéà l’effectif
main-d’œuvre bretonne ayant un emploi, l’étude compare le di- réel de la région. La différence, appelée effet résiduel ou encore
plôme le plus élevé obtenu par les actifs bretons avec celui obte- différentiel régional, permet d’identifier les spécificités
nu en moyenne par l’ensemble des actifs de province. régionales.
L’analyse structurelle-résiduelle, utilisée ici pour mesurer les Le croisement entre les 22 domaines professionnels, les 7 ni-
écarts, consiste à calculer dans un premier temps le nombre veaux de qualification (employés, ouvriers qualifiés et haute-
théorique de diplômés pour une catégorie d’actifs, en supposant ment qualifiés, techniciens et professions intermédiaires…)etles
que la répartition des actifs par diplômes soit identique à la trois tranches d’âge (moins de 30 ans, 30 à 44 ans, 45 ans et plus)
moyenne de province. La catégorie est définie par croisement aboutit à définir 207 catégories. Certains domaines ne comptent
entre le domaine professionnel, le niveau de qualification de qu’un ou deux niveaux de qualifications (ingénieurs et cadres de
l’emploi occupé et l’âge de la personne. Dans un second temps, l’industrie, services aux particuliers…).
Exemple :
Ouvriers qualifiés ou hautement qualifiés du BTP, de 30 à 44 ans
Bac
Diplôme
techno- Diplôme
Sans BEPC, Bac supérieur Total
CEP CAP BEP logique supérieur e
diplôme Brevet général er 2 ou Bretagne
ou profes- 1 cycle e
3 cycle
sionnel
Répartition des diplômes sur
l'ensemble des régions de 18,8 5,3 5,1 50,0 12,8 1,2 4,4 1,7 0,7 100,0
province (en %)
Effectifs attendus en Bretagne 4 499 1 261 1 224 11 972 3 075 297 1 057 398 156 23 939
Effectifs réels en Bretagne 3 036 931 1 064 13 282 3 747 238 1 125 390 126 23 939
Différentiel régional - 1 463 - 330 - 160 1 310 672 - 59 68 - 8 - 30 -
Lecture : si les 23 939 ouvriers qualifiés du BTP âgésde30 à 44 ans détenaient, en proportion, les mêmes diplômes que cette catégorie d'actifs dans
l'ensemble des régions de province, 4 499 seraient sans diplômes (18,8 % de 23 939 ). En Bretagne, on en dénombre seulement 3 036, la région
présente donc " un déficit " de 1 463 sans diplôme dans cette catégorie, compensé par un excédent de titulaires de CAP et BEP.
Source : Insee - Recensement de la population 1999 - exploitation complémentaire
La surreprésentation des BEP, baccalau- bâtimentoudel’agroalimentaire, les Peu de non-diplômés :
réats technologiques et professionnels employés non qualifiés du commerce, un avantage indéniable
et diplômes de niveau premier cycle de la manutention ou du transport sont
pour les entreprisesuniversitaire concernent plus de la moi- souvent titulaires d’un BEP et parfois
de la régiontié des domaines professionnels. L’écart d’un baccalauréat, diplômes qui de-
avec la moyenne de province, à qualifi- vraient leur permettre d’occuper un em-
cation et âges équivalents, est peu mar- ploi nettement plus qualifié.
En 1999, 97 400 personnes en emploiqué dans l’enseignement-formation,
n’avaient aucun diplôme. Si le niveaul’informatique, et chez les cadres de
de diplôme des actifs bretons étaitl’industrie.
conforme au niveau moyen des régionsUn léger déficit de diplômés
e e de province - àâge, domaine profes-du supérieur (2 et 3 cycle)
sionnel et qualification des emplois
équivalents - on devrait compterSurqualification de certains
140 900 actifs non-diplômésenBre-
ouvriers et employés
Dans la région, près de 115 000 actifs tagne, soit 43 500 de plus. Dans le BTP,
e e
sont titulaires d’un diplôme du 2 ou 3 ils seraient 17 000 au lieu de 11 500,
cycle universitaire ou équivalent. La dans les services à la personne 30 000
La probabilité d’occuper un emploi de prise en compte des effets de structure au lieu de 21 000… Les titulaires du
manœuvre ou d’ouvrier non qualifié ne fait pas disparaître le léger déficit de CEP (Certificat d’Etudes Primaires) ou
lorsqu’on est titulaire d’un BEP, d’un ces diplômés. Mais le décalage reste du CAP sont également moins nom-
CAP, ou même d’un bac technologique faible et concerne essentiellement les breux dans la région qu’en moyenne,
est plus forte en Bretagne qu’ailleurs. indépendants et les cadres les plus âgés toujours à structure comparable, mais
L’inadéquation entre le diplôme et dans l’agriculture-pêche, le commerce les écarts sont moins marqués pour ces
l’emploi occupé est donc plus fréquente et le BTP. Il n’existe pas chez les jeunes deux diplômes.
qu’en moyenne dans les autres régions cadres. Dans les autres domaines, ces
de province pour les emplois peu quali- diplômés sont correctement représen- Les domaines qui emploient beaucoup
fiés. Ainsi en Bretagne, les agents d’en- tés, sans toutefois dépasser la moyenne d’ouvriers et d’employésbénéficient
tretien, les ouvriers non-qualifiésdu de province. ainsi d’une main-d’œuvre plus diplô-
Octant n° 95 - Novembre 2003 7Société
La nomenclature des familles professionnelles : une nomenclature de métiers
La nomenclature utilisée dans l’étude est celle des familles pro- Les niveaux d’analyse retenus dans l’étude sont de deux ordres :
fessionnelles. Elle a étéétablie en rapprochant la nomenclature le domaine professionnel (22 niveaux) et le niveau de qualifica-
des PCS (Professions et Catégories Socioprofessionnelles), uti- tion de l’emploi occupé en 7 postes (employés, ouvriers quali-
lisée pour la codification de la profession au recensement de la fiés et hautement qualifiés, techniciens et professions intermé-
population, et le code ROME (Répertoire Opérationnel des Mé- diaires…). La notion d’indépendants ne prend pas ici le sens
tiers et des Emplois) utilisé pour codifier les demandes d’emploi. habituel rencontré dans les études publiées jusqu’ici par l’Insee
Ces deux nomenclatures répondent à des logiques différentes. Bretagne (agriculteurs, artisans, commerçants, et prestataires de
La PCS caractérise le statut et la profession, le ROME s’appuie services à leur compte). Ce poste est ici essentiellement compo-
sur le métier exercé, les savoirs et les savoir-faire. La nomencla- sé des agriculteurs exploitants. De même, le domaine de l’arti-
ture des familles professionnelles est une combinaison des deux sanat est limité aux artisans d’art, les autres artisans étant classés
et tient compte du métier exercé, des savoirs mobilisés, du ni- dans le domaine qui se rapproche le plus de leur compétence.
veau de qualification de l’emploi. Elle ne prend pas en compte
le secteur d’activité de l’établissement employeur ni le statut de
la personne (indépendant, salarié). Ainsi les boulangers, qu’ils Les domaines professionnels en Bretagne
soient artisans ou ouvriers qualifiés dans un établissement in-
dustriel, seront classés dans la même famille professionnelle.
En 1999, 1 124 777 actifs en emploi résident en Bretagne. Le
Cette nomenclature se décline en plusieurs niveaux : domaine des services aux particuliers regroupe prèsde13%de
- 22 domaines professionnels, ces actifs. Les autres domaines compte moins de 10 % des actifs
- 84 familles professionnelles, chacun. Quatre sont plus représentés dans la région
- 224 familles professionnelles détaillées. que dans la moyenne des régions françaises : l’agricul-
ture-pêche, le BTP, les industries de process et l’hôtellerie-res-
Exemple : le plombier tauration-alimentation. L’importance de ces deux derniers do-
- Domaine professionnel : BTP maines est étroitement liée à la présence des industries
- Famille professionnelle : ouvriers qualifiés du second-œuvre agroalimentaires en Bretagne, secteur qui emploie des person-
- Famille professionnelle détaillée : plombiers, couvreurs, nels de fabrication et compte de nombreux emplois relevant des
chauffagistes métiers de l’alimentation.
méequ’en moyenne. C’est le cas no- qu’en moyenne : le BEP se substitue les âges, sont plus souvent titulaires
tamment des assistantes maternelles, souvent au CAP, le bac technologique d’un CAP ou d’un BEP que dans d’au-
employés de commerce, manœuvres et ou professionnel au BEP et dans une tres régions.
1
agents d’entretien , et des agents hospi- moindre mesure le DUT ou le BTS au
taliers. bac. Les non-diplômésreprésentent
13 % des actifs, contre prèsde20%sur
En Bretagne, dans le commerce, la ges- l’ensemble de la province. A structure Davantage de BEP dans
tion - administration, la santé - action comparable, la faible part de non-diplô- l’industrie, le commerce,
sociale, la fonction publique et les pro- més est in fine compensée par un sur-
le transport et l’hôtellerie-fessions juridiques, à qualification et croît de titulaires de baccalauréats tech-
restauration-alimentationâge égaux, les actifs possèdent plus sou- nologiques ou professionnels et de BEP.
vent un BEP ou un bac technologique Le bon niveau de diplômes des actifs se
que dans d’autres régions (et moins sou- vérifie nettement chez les indépendants
vent un CEP ou CAP). Dans les domai- et plus encore chez les ouvriers quali- Dans les domaines industriels (industrie
nes moins importants, en termes fiés ou hautement qualifiés du secteur. de process, mécanique-travail des mé-
d’effectifs, de la maintenance et de la taux, maintenance), le BEP est beau-
banque - assurance, le constat est iden- coup plus fréquent en Bretagne, tou-
tique. jours en compensation d’une absence
Très peu de non-diplômés de diplôme ou d’un diplôme moins éle-
dans le BTP vé. Ce constat vaut pour tous les ni-
veaux de qualification : ouvriers, tech-
Les actifs de l’agriculture niciens, agents de maintenance et
plus diplômés qu’ailleurs Dans le BTP breton, les « sans diplô- agents de maîtrise.
mes » représentent 13,7 % des effectifs,
contre 21 % sur l’ensemble de la pro- L’hôtellerie - restauration - alimentation
L’agriculture-pêche est une compo- vince. Chez les manœuvres et ouvriers et le transport comptent aussi nettement
sante importante de l’économie bre- non qualifiés, l’écart est plus grand : plus de BEP qu’ailleurs. Indépendants,
tonne. Elle regroupe plus de 8 % des ac- 25 % n’ont pas de diplôme en Bretagne, ouvriers qualifiés, serveurs, chauffeurs
tifs de la région contre 5,4 % sur 37 % en province. Dans ce secteur, ont ainsi un meilleur niveau de forma-
l’ensemble de la province. Comme c’est souvent le CAP qui se substitue à tion que dans la moyenne des régions
dans beaucoup d’autres domaines, les l’absence de diplôme mais tous les ni- françaises. Dans le commerce, l’avan-
diplômes obtenus sont plus élevés veaux de diplômes sont un peu mieux tage BEP s’accompagne d’une surrepré-
représentésqu’en moyenne en pro- sentation notable des baccalauréats
1: agents d’entretien des collectivités (y compris hôpi-
vince. Les ouvriers qualifiés notamment technologiques ou professionnels et destaux, établissements d’enseignement) ainsi que ceux
er
des entreprises privées spécialisées ou non dans cette (maçons, peintres, plombiers…), à tous diplômes supérieurs du 1 cycle.
activité
8 Octant n° 95 - Novembre 2003Société
Comparaison entre le nombre attendu de diplômes et le nombre réel par domaine Effectifs attendus
entre la Bretagne et la moyenne des régions de province, à âge et qualification équivalents Différentiel régional
BTPServices aux particuliers Santé - Action sociale, culturelle et sportive
e
Diplôme 2
eou 3 cycle
erDiplôme 1 cycle
BAC technlogique
BAC général
BEP
CAP
BEPC, Brevet
CEP
Sans diplôme
-10 000 0 10 000 20 000 30 000 40 000 -10 000 0 10 000 20 000 30 000 40 000 -5 000 0 5 000 15 000 25 000 35 000
Commerce Agriculture-Pêche Mécanique -Travail des métaux
eDiplôme 2
eou 3 cycle
erDiplôme 1 cycle
BAC technologique
BAC général
BEP
CAP
BEPC, Brevet
CEP
Sans diplôme
-5 000 0 5 000 15 000 25 000 -5 000 0 5 000 15 000 25 000 -10 000 0 10 000 20 000
Tourisme et transport Gestion-Administration Hôtellerie-Restauration-Alimentation
eDiplôme 2
eou 3 cycle
erDiplôme 1 cycle
BAC technologique
BAC général
BEP
CAP
BEPC, Brevet
CEP
Sans diplôme
-10 000 0 10 000 20 000 -5 000 0 5 000 10 000 15 000 -5 000 0 5 000 10 000 15 000
Industrie de process Maintenance Banque-Assurance
eDiplôme 2
eou 3 cycle
erDiplôme 1 cycle
BAC technologique
BAC général
BEP
CAP
BEPC, Brevet
CEP
Sans diplôme
0 5 000 10 000 15 000 -1 000 0 1 000 3 000 5 000-2 000 0 2 000 6 000 10 000-5 000
NB : attention aux comparaisons entre domaines, les échelles sont différentes d’un graphique à l’autre.
Source : Insee - Recensement de la population 1999 - exploitation complémentaire
Octant n° 95 - Novembre 2003 9Société
Les migrations d’actifs : surtout des départs de jeunes actifs très diplômés
Sur la période 1990-1999, le bilan
emigratoire des actifs en emploi avec Diplôme 2 cycle
eles autres régions françaises est ou 3 cycle
er
Diplôme 1 cyclepresque équilibré : 110 250 actifs ont
quitté leur région pour s’installer en BAC technologique
Bretagne, et 112 700 sont partis pour
BAC généralhabiter une autre région française.
Mais la Bretagne a plutôt gagné des BEP
actifs peu qualifiés et perdu des jeu-
CAPnes diplômésdel’enseignement su-
BEPC,périeur. Elle est, aprèsles régions
brevet des collègesNord-Pas-de-Calais et Lorraine, celle
CEPqui affiche le déficit migratoire le
plus important pour les actifs diplô- Sans diplôme
mésdel’enseignement supérieur.
-10 000 - 7 500 -5 000 -2 500 0 2 500 5 000Ces jeunes ont quitté la région en
Solde (arrivées - départs)cours d’études pour poursuivre leur
cursus de formation ou à la fin de
Source : Insee - Recensement de la population de 1999leurs études pour prendre un premier
emploi ailleurs : dans 30 % des cas
en Ile-de-France, et dans 20 % dans
les Pays de la Loire. C’est l’Ile-de-
France qui tire le meilleur bénéfice
du chassé-croisé des jeunes actifs Migrations d'actifs en emploi entre la Bretagne et les autres régions françaises
haut diplômés, mais le solde migra-
toire des diplômésdusupérieur bre- 10 000
tons est déficitaire avec neuf autres
8 000régions ; il n’est légèrement positif
Arrivéesqu’avec les régions Nord-Pas-de-Ca-
6 000
Départslais et Lorraine. Le dynamisme de la
Soldecréation d’emploi de la décennie 90 4 000
en Bretagne a toutefois limité le défi-
2 000cit migratoire, en favorisant l’arrivée
de nombreux diplômés dans la ré-
0e e
gion : 25 000 diplômésdu2 ou 3
er
cycle et 20 000 diplômésdu1 -2 000
cycle.
-4 000
Les migrants sont jeunes et le plus
-6 000souvent trèsdiplômés : 80 % des par-
15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65tants et les deux tiers des nouveaux
âge en 1999arrivants étaient âgés de moins de 40
ans en 1999. Près de la moitié des
Lecture : les migrations sont analysées selon l'âge et le statut d'activité en 1999, sur la période
migrants sont diplômésdel’ensei- 1990-1999 ; le départ d'un actif de 29 ans en 1999 a donc eu lieu entre 20 et 29 ans et peut être
gnement supérieur, alors que ces di- lié à l'emploi mais aussi à la formation. Par ailleurs, ne sont comptabilisés que les mouvements
plômés représentent moins du quart de personnes ayant un emploi en 1999 et qui habitaient une région différente de celle de 1990 ;
des actifs dans la région. Prèsde les migrations avec départ après 1990 et retour avant 1999 ne sont pas comptées.
60 % des partants et la moitié des Source : Insee - recensement de la population de 1999
nouveaux arrivants occupent un em-
ploi de cadre supérieur, ingénieur,
technicien ou exerce une profession
er
intermédiaire. Les ouvriers et em- diplômés de l'enseignement supérieur les diplôméssupérieurs de 1 cycle. Chez
ployés sont moins mobiles. qui constituent le noyau du déficit. Sur les bacheliers, les départs sont plus nom-
la décennie, la région accuse ainsi une breux que les arrivées dans les jeunes gé-
Les actifs ayant quitté la région sont perte de 11 800 jeunes actifs titulaires nérations mais le mouvement s'inverse
e e
toutefois plus jeunes que ceux qui d'un diplôme supérieur de 2 ou 3 dès 33 ans, et le solde est au final presque
l'ont rejoint. Ainsi pour tous les ni- cycle et âgésde22 à 33 ans en 1999 ; nul. Quant aux titulaires de diplômes infé-
veaux de diplômes supérieur ou égal celle-ci n'est pas compensée par le gain rieurs au bac, les mouvements sont moins
au baccalauréat, le solde migratoire de 3 000 diplômésdusupérieur de plus nombreux, s'équilibrent aux âges les plus
est négatif avant 30 ans et redevient de 33 ans. La migration est moins im- jeunes et sont excédentaires entre 30 et 40
positif dès 33 ans. Ce sont les jeunes portante et le déficit moins sévère pour ans.
10 Octant n° 95 - Novembre 2003Société
Pour en savoir plusDes niveaux de formation
plus élevés
Qualification et diplôme / Sophie Audric ; Prospective emploi-formation à l’horizon
dans la gestion-administration Insee, Division croissance et politiques 2010 / Estelle Orivel ; Ministère de l’édu-
macroéconomiques - Dans : La Société cation nationale, Direction de la program-et la banque-assurance
française : données sociales 2002-2003. - mationetdudéveloppement (DPD). -
(2002, nov.) Dans : Note d’information [DPD]. - N° 30
(2002, juil.)En Bretagne comme ailleurs, les non-
Qu’ils travaillent ou non, les jeunes sontdiplômés sont rares dans la gestion -
de plus en plus diplômés/Irène Houssais, Résultats du baccalauréat 2003 / Aca-
administration et la banque - assu-
François-Xavier Dussud ; Insee Bretagne - démie de Rennes - Dans Zoom, les dos-
rance. La région se distingue ici par
Dans Octant n° 87 (2001, oct.). siers thématiques de l’Académie de Ren-
une sous-représentation des CEP, Bre- nes - (2003, juil) et sur www.ac-rennes.fr
vet et CAP au bénéfice de diplômes
plus élevés, et surtout des diplômes su-
erpérieurs du 1 cycle. Le BEP est surre-
présenté dans la gestion - administra-
tion, et le baccalauréat technologique
dans la banque - assurance.
Dans la fonction publique, la situation
est semblable, mais en tenant compte
de la structure par âge et qualification,
les effets sont moins marqués.
Irène Houssais
Octant n° 95 - Novembre 2003 11
n

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