AntianÉco 61 - Année économique et sociale 2003 en Guadeloupe

De
Publié par

Synthèse 2003 : une année de paradoxes irée par la consommation des mé- loupe importe des produits de luxe, collectivités territoriales. L'activitéTnages, l'économie guadelou- elle en exporte aussi:àla faveur de la touristique, plutôt en baisse si on la péenne a continué à croître en 2003 , relance de la défiscalisation, les ex- compare à la saison 2000-2001, a pâti sans entraîner cependant une dynami- portations de bateaux de plaisance de la chute du transport aérien qui se sation de l'activité des entreprises, et vers les États-Unis ont redémarré. poursuit, bien qu'à un rythme moins sans doper la création d'emplois. Mais, paradoxe des échanges exté- élevé : 2,8 % contre 5,3 % en 2002. En rieurs, si les exportations de sucre ont fin de compte, si les " touristes " (les augmenté (+ 27 %), avec une cam- clients des hôtels) ont été plutôt plusUne consommation pagne marquée par une forte richesse nombreux, ils sont restés peu de soutenue en sucre, la production et les exporta- temps, ce qui réduit le taux d'occupa- tions de rhum ont diminué, tandis que tion des hôtels (55 % en 2003-2004, La consommation des ménages a été la consommation locale de rhum, elle, contre 68 % deux ans plus tôt). soutenue ; elle a été stimulée par une progressait peu (+ 1,6 %). Peut-être faut-il y voir la conséquence offre de crédits dont le rythme de pro- d'une plus grande fréquentation des gression s'est accéléré, passant de hôtels par les résidents.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 23
Nombre de pages : 1
Voir plus Voir moins

Synthèse
2003 :
une année de paradoxes
irée par la consommation des mé- loupe importe des produits de luxe, collectivités territoriales. L'activitéTnages, l'économie guadelou- elle en exporte aussi:àla faveur de la touristique, plutôt en baisse si on la
péenne a continué à croître en 2003 , relance de la défiscalisation, les ex- compare à la saison 2000-2001, a pâti
sans entraîner cependant une dynami- portations de bateaux de plaisance de la chute du transport aérien qui se
sation de l'activité des entreprises, et vers les États-Unis ont redémarré. poursuit, bien qu'à un rythme moins
sans doper la création d'emplois. Mais, paradoxe des échanges exté- élevé : 2,8 % contre 5,3 % en 2002. En
rieurs, si les exportations de sucre ont fin de compte, si les " touristes " (les
augmenté (+ 27 %), avec une cam- clients des hôtels) ont été plutôt plusUne consommation
pagne marquée par une forte richesse nombreux, ils sont restés peu de
soutenue en sucre, la production et les exporta- temps, ce qui réduit le taux d'occupa-
tions de rhum ont diminué, tandis que tion des hôtels (55 % en 2003-2004,
La consommation des ménages a été la consommation locale de rhum, elle, contre 68 % deux ans plus tôt).
soutenue ; elle a été stimulée par une progressait peu (+ 1,6 %). Peut-être faut-il y voir la conséquence
offre de crédits dont le rythme de pro- d'une plus grande fréquentation des
gression s'est accéléré, passant de hôtels par les résidents.Les entreprises
8,2 % à 17,9 %, soit un doublement ! semblent essoufflées
Elle a pu tirer profits de l’augmentation 4 160 nouvelles entreprises ont été
des prestations sociales (+ 26 millions créées, mais la grande majorité d'entre
d'euros). Elle a enfin bénéficié de la Globalement, la création d'entreprises elles (87 %) n'emploient pas de sala-
hausse modérée des prix (1,6 %), s'est ralentie (1,7 %, contre 2,5 % en riés à leur ouverture. Cela n'a pas per-
après deux années de hausse plus sen- 2002). Si l'industrie se montre active, mis de stimuler la création d'emplois,
sible (de l'ordre de 3 %). Cet accrois- les services de leur côté sont en perte plutôt atone, d'où une stabilisation,
sement de la demande semble avoir de vitesse (+ 0,8 %, contre 6 et3%au- voire un redémarrage, du taux de chô-
moins intéressé les produits de pre- paravant). Les commerces ont un bon mage au sens du BIT (26,9 % contre
mière nécessité que les autres, qu'ils niveau de créations (+ 4,4 %), tandis 25,7 % en 2002). Ce qui est surpre-
soient de luxe ou pas. En effet, si les que le bâtiment stagne. La stagnation nant, c'est que les demandeurs d'em-
surfaces commerciales à dominante du bâtiment, attestée par la baisse de ploi s'inscrivent de moins en moins à
alimentaire ont marqué le pas (- 4,5 % la construction neuve et des ventes de l'Anpe, et c'est le troisième paradoxe
pour les supermarchés), c'est au profit ciment, surprend, face à des crédits à de l'année. Les demandes d'emploi en
des grands magasins spécialisés en l'habitat qui évoluent favorablement fin de mois et le taux de chômage (au
équipement de la maison (+ 7 %), et (+ 4,6 %) et des attestations de confor- sens du BIT) mesurent deux réalités
surtout du groupe " sports-loisirs-cul- mité électrique (COmité National différentes, mais ils ont une bonne dé-
ture " (+ 25 %) . De même, les immatri- pour la Sécurité des Usagers de l'ÉLec- cennie de vie parallèle qui s'est ar-
culations de véhicules neufs, symbole tricité) en hausse de 15 %. Et c'est là rêtée en 2003 : accident de parcours
s'il en est de la consommation, ont un deuxième paradoxe ; mais ce pa- ou nouvelle tendance ? L'année 2004
augmenté de 16 % après, il est vrai, radoxe n'est peut-être qu'apparent… (résultats de l'enquête emploi de juin
une année 2002 en retrait de 10 % sur Dans l'ensemble, les entreprises ont notamment) devrait apporter un éclai-
2001. Qui plus est, les achats de véhi- été peu actives, si l'on en juge par leur rage intéressant sur ce point.
cules tout terrain (les fameux 4/4) recours au crédit : qu'il s'agisse des
continuent de progresser à un bon entreprises individuelles ou des socié-
Delile Diman-Anténorrythme (21 %). Entre 2000 et 2003, les tés, le financement par le système ban-
ventes de 4/4 ont augmenté de 54 %, caire est en baisse (- 2,3 % pour les
tandis que celles des véhicules utilitai- premières, - 3,6 % pour les secondes).
res diminuaient de 5 %. Si la Guade- Elles ont peu investi à l’inverse des
2
N° 61 - Guadeloupe - Septembre 2004

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.