Bâtiment et travaux publics en 2001 : Ralentissement de la croissance de l'activité

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En 2001, l'activité globale du bâtiment et des travaux publics en Haute-Normandie ralentit sa progression. L'activité liée au bâtiment se stabilise alors que celle des travaux publics est restée un peu plus dynamique.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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BÂTIMENT ET TRAVAUX PUBLICS EN 2001
Ralentissement de la croissance de l’activité
Patrick MATTELIN - Cellule économique régionale de Haute-Normandie
Erwan POULIQUEN - Direction régionale de l’Équipement
Pour le bâtiment seul, cette améliora-En 2001, l’activité globale du TRAVAUX PUBLICS
tion se situe autour de +0,3%, soit en
bâtiment et des travaux publics Globalement, l’activité progresse encore pardessous de la progression de 2000 qui
rapport à 2000, même si le taux de croissance
en Haute-Normandie ralentit sa était de +5,4%. s’est légèrement infléchi (+3%). A cause d’un
premier et dernier trimestre 2001 moins dynaPour les travaux publics, la progres --progression. L’activité liée au
miques. Enregistrée en octobre 2001, l’opi-sion du volume de production est es-
nion des chefs d’entreprise reste positivebâtiment se stabilise alors que timée encore à +3%, donc légèrement quant à l’activité passée et réservée quant à
l’activité future ou les carnets de commandes.inférieure à celle de 2000 (+5%).celle des travaux publics est
Les effectifs sont jugés plutôt stables. La
Le secteur de la construction de loge- concurrence se renforce et les prix sontrestée un peu plus dynamique.
ments a connu une légère baisse (-3,6%) considérés plutôt en baisse.
avec près de 6 700 logements mis en
chantier. Cependant, ce niveau reste chantier régionales. Ce phénomène est
e BTP est resté bien orienté en dans la moyenne des huit dernières par ailleurs soutenu par l’octroi des prêts
L 2001 grâce à la bonne tenue de années, hormis 1999 qui avait connu un à taux zéro dont 2 739 ménages ont pu
l’entretien et de la rénovation mais égale- pic exceptionnel à presque 9 000 bénéficier en 2001, chiffre comparable à
ment à un bon niveau de croissance des logements. 2000.
investissements hors logements aussi C’est le secteur du logement collectif La Seine-Maritime est restée relative-
bien privés qu’émanant des collectivités qui résiste le mieux, sa légère hausse ment stable à -0,7%, le logement collectif
locales. (+3%) atténuant le repli des logements et l’individuel groupé compensant la
En 2001, le BTP haut-normand a donc individuels purs ou diffus (-7%). Le loge baisse de l’individuel pur. Le départe- -
poursuivi sa progression mais à un rythme ment social a soutenu le secteur du col ment de l’Eure connaît, lui, une diminu- -
moindre que celui de l’année 2000. En lectif en progressant de 20,3% avec tion d’environ 9%, celle-ci concernant
2001, la cellule économique régionale de 1 621 logements financés, dont 85% en tous les secteurs.
Haute-Normandie estime l’augmentation construction neuve. Cependant, la Les chiffres des autorisations de
du volume de production en région pour la maison individuelle reste une forme d’ha construire confirment les tendances ob- -
construction (ensemble du BTP) à +0,9% bitat très recherchée, représentant servées sur les mises en chantier : avec
au lieu de +5,3% en 2000. presque les trois quarts des mises en 7 573 logements, la baisse est de 5%, af-
fectant le logement individuel et le dépar-
LOGEMENTS COMMENCÉS EN 2001 tement de l’Eure.
Haute-Normandie France Les mises en chantier de bâtiments
Nombre de constructions Évolution 2000/2001 Nombre de constructions Évolution 2000/2001
non résidentiels ont encore progressé enIndividuels purs 3 885 -7,1 157 168 -5,8
Individuels groupés 898 -0,1 33 626 +6,5 2001 pour se porter au niveau de
Total individuels 4 783 -5,9 190 794 -3,8 1 250 000 m² en rythme annuel (+9%),
Collectifs 1 788 +2,8 101 995 -0,9
les secteurs d’activité ayant le plus cons-Logements en résidence 115 - 10 614 +26,8
truit étant l’industrie, le stockage et l’agriTotal 6 686 -3,6 303 403 -2,0 -
Source : DRE - SITADEL Unités : logement, évolution en % culture. Le dynamisme de ces mises en
chantier est en grande partie dû à celui
qui s’est manifesté sur le territoire du dé-LOCAUX NON RÉSIDENTIELS COMMENCÉS EN 2001
partement de l’Eure.Haute-Normandie France
Créations Évolution 2000/2001 Créations Évolution 2000/2001 Par ailleurs, le niveau des autorisa-
Agriculture 433,1 +8,2 13 114,5 -3,2 tions baisse à 1 280 000 m² (-15%),
Industrie et énergie 423,7 +16,6 10 362,6 +5,3
assez uniformément sur la région. CeStockage 84,4 +60,8 2 966,3 -15,9
Garages, parking 1,5 -58,9 221,1 -26,0 chiffre reste toutefois élevé, au-dessus
Commerces 95,7 +16,6 4 139,5 +4,7 du niveau des mises en chantier de ces
Bureaux 65,9 -23,1 4 370,5 +24,7
dix dernières années.
Enseignement, santé, culture et autres 145,8 -10,9 6 104,7 -2,4
En 2001, la croissance de l’entretienTotal 1 250,0 +8,6 41 279,2 +0,7
2
Source : DRE - SITADEL Unités : millier de m , évolution en % et de la rénovation (selon l’enquête natio-
18 CAHIER D’AVAL n° 61 - Juillet 2002
ACTIVITÉS
ÉCONOMIQUESdes françaises, a aussi contri-COMMERCE EXTÉRIEURLES MATÉRIAUX bué à freiner les exportations de
DE CONSTRUCTION produits agricoles. Hors énergieRalentissement
et produits agro-alimentaires,
En 2001, les productions de matériaux enre- des échanges exportations et importations degistrent une baisse par rapport à 2000. Cette
baisse est variable : de -1,8% pour les granu produits manufacturés suivent- extérieurs en 2001
lats lavés à -3,7% pour les ciments. La toutes deux en glissement
consommation de matériaux lavés en annuel une évolution négative.
Francis COUVOUTHaute-Normandie progresse de +4,9%.
L’inclinaison est cependant net-
tement plus forte pour les impor-
tations qui ont fait preuve de dynamismeEn 2001, les échanges
nale «Baromètre de l’entretien et de la au premier semestre avant de ralentir aucommerciaux entre la
rénovation du bâtiment») poursuit son ra second, entraînées par des-
Haute-Normandie et l’étranger reculs sensibles dans toutes les branches,lentissement. Le volume national de tra-
ont nettement ralenti, sauf dans les secteurs de la phar-vaux réalisés progresse en un an de +3%
macie-parachimie et de la chimie.conséquence du coup de freinen volume annuel glissant. Les carnets de
Les exportations de produits manu-brutal qui a frappé l’économiecommandes se détendent sensiblement,
facturés ont diminué dès le premier tri-américaine et s’est propagéconfirmant ainsi une plus faible progres- mestre et le recul est allé en s’accélérant
rapidement à toute l’économiesion à venir de l’activité “entretien”. jusqu’à la fin de l’année. A l’exception de
la pharmacie-parachimie, toutes lesLes aides au logement privé accor mondiale. Dans un premier-
branches enregistrent une baisse dedées par l’Etat au titre de l’Agence natio- temps, l’économie française,
leurs exportations au second semestre.
nale pour l’amélioration de l’habitat soutenue par la demande En moyenne annuelle, les exportations
(ANAH)ou de la Prime à l’amélioration de intérieure dynamique, a sont en baisse de 4% en Haute-Nor-
l’habitat (PAH), soit respectivement mandie et quasi stables au niveau natio-continué à importer sur la
1 711 et 2 017 logements aidés, se si nal. Par contre, les importations reculent- lancée des trimestres
en Haute-Normandie comme en France,tuent en léger retrait par rapport à 2000,
précédents mais la demande de près de 2%. Au total, la balance com-suivant en cela le moindre dynamisme
étrangère ne suivant pas, les merciale extérieure de la région dégage
de l’entretien.
un léger excédent de 125 millionsimportations ont fini par chuter
Pour la réhabilitation des logements d’euros après 615 millions d’euros en
à leur tour.sociaux à l’aide des financements 2000 (1). Le taux de couverture décline à
1,01 mais reste supérieur au taux natioPALULOS, l’année 2001 marque une -
près une année 2000 marquée nal qui se redresse légèrement (0,99baisse (-21%) du nombre de logements à A par une forte accélération des im- après 0,96).
gros travaux subventionnés, soit 3 875 portations haut-normandes, l’année 2001 Le principal fournisseur de la
réhabilitations enregistre au contraire une décélération Haute-Normandie reste de loin le
sensible et même brutale au 4e trimestre. Royaume-Uni, qui totalise à lui seul 16%
Les fluctuations à la hausse et à la baisse des importations, puis les deux produc-
L’EMPLOI DANS LE BTP des cours du pétrole sont en partie res- teurs de pétrole : Norvège et Arabie
ponsables de ces évolutions contrariées. Il Saoudite, talonnés en 2001 par l’Alle-
En octobre 2001, l’emploi intérimaire poursuit
s’y ajoute néanmoins une perte de vigueur magne. La facture pétrolière des deux
et amplifie sa baisse sur 12 mois (-209 « équi-
pays producteurs a sensiblement baissédu commerce international, conséquencevalents temps plein » selon la source DARES)
en 2001 alors que celle de l’Allemagnequi est apparue dès le 2e trimestre 2001. du ralentissement de l’économie améri-
En moyenne annuelle, l’emploi permanent progresse et rejoint ainsi les deux pré-caine. La crise de l’encéphalopathie spon-
reste orienté à la hausse, de l’ordre de +272 cédentes avec un peu plus de 9% degiforme bovine au 2e semestre 2000,
emplois. Cette croissance s’amenuise à +0,7% parts de marché chacune. Globalement,relayée par l’épizootie de fièvre aphteusecontre 4,5% en 2000.
l’Union européenne fournit à la régionau début 2001 avec l’embargo sur les vian-Fin septembre 2001, l’offre de travail globale
une petite moitié des produits en prove-(emploi salarié et intérim) poursuit encore sa
nance de l’étranger. Le principal clienthausse, portant ainsi le niveau de l’emploi
IMPORTATIONS DE LA HAUTE-NORMANDIEglobal salarié mobilisé pour la construction à de la Haute-Normandie est encore une
20+4 500 emplois par rapport au 1er trimestre fois le Royaume-Uni (12,5%) devant
1997. l’Allemagne et l’Espagne, quasiment à
16 égalité (10%) et la Belgique (7,5%). Les
Total des importations exportations vers les quatre pays précé-
12 dents augmentent de4à8%en 2001 ce
qui compense la perte de marché vers
8 les Pays-Bas en très net recul. Globale-
Autres importations ment, la part des exportations à destina-
4 tion de l’Union européenne progresse
Produits énergétiques de deux points à 60%, mais le montant
0 stagne
1991 1993 1995 1997 1999 2001
Source : Direction interrégionale des Douanes Unité : milliard d’euros (1) Données brutes douanières FAB/CAF.
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ACTIVITÉS
ÉCONOMIQUES

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