Bâtiment et travaux publics en 2002 : Hors grands chantiers, la construction régionale est en légère baisse

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En 2002, l'activité globale du BTP en Haute-Normandie est restée orientée à la hausse (+ 1,2 %) du fait de la présence de grands travaux exceptionnels. En l'absence de ceux-ci, l'année 2002 aurait été une année de retournement de tendance à partir d'un haut niveau et donc de baisse du volume d'activité régionale (- 1 %).
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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BÂTIMENT ET TRAVAUX PUBLICS EN 2002
Hors grands chantiers,
la construction régionale est en légère baisse
Patrick MATTELIN - Cellule économique régionale de Haute-Normandie
Erwan POULIQUEN - Direction régionale de l’Équipement
est estimée par la Cellule économiqueEn 2002, l’activité globale du
TRAVAUX PUBLICS
régionale à près de 3,9 milliards d’euros.
BTP en Haute-Normandie est
Pour la région, dans l’enquête trimestrielle dePour le reste, l’activité du BTP régio-
conjoncture, l’activité passée 2002 est jugéerestée orientée à la hausse nal subit une forte baisse des mises en majoritairement mal orientée par les chefs
(+1,2%) du fait de la présence chantier de logements et de bâtiments d’entreprises de travaux publics. Toutefois, le
solde d’opinion négatif semble se stabiliser.non résidentiels malgré une bonne tenuede grands travaux
Le repli d’activité annoncé au niveau national
des investissements des collectivités lo- est de -2% environ en volume. C’est sur ceexceptionnels. En l’absence de
cales. Cette situation reste conforme à la rythme que l’activité régionale est ressentie,
ceux-ci, l’année 2002 aurait été du fait principal de l’atonie des investisse-situation nationale engendrée par la
ments privés. Toutefois, la présence de chan-
une année de retournement de baisse des investissements industriels. tiers exceptionnels comme PORT 2000,
En 2002, avec 6 345 logements, le représentant en rythme annuel plus de 10%tendance à partir d’un haut
de l’activité régionale des travaux publics,nombre de logements commencés pour-
niveau et donc de baisse du permet au volume d’activité de travaux pu-
suit sa baisse, inférieur de -5,1% par rap- blics en Haute-Normandie en 2002, de rester
volume d’activité régionale orienté à la hausse (+7%) par rapport à 2001.port à 2001.
(-1%). Les autorisations ont, elles aussi,
jets suivent cette tendance (-6,2%) à unsuivi la même tendance (-8,1% en
niveau supérieur à 4 800 logementsrythme annuel), se maintenant
autorisés.n Haute-Normandie, l’année 2002 au-dessus de 7 000 logements annuels.
Ea donc été une année de contras- Le logement collectif peine à se re-Le logement individuel est légère-
tes pour la construction (BTP) due au fait dresser. Le niveau des mises en chantierment moins dynamique que l’an passé
baisse à près de 1 600 logements. Cede la présence de très gros chantiers puisqu’il baisse à nouveau (-3,8%) avec
niveau reste exceptionnellement bas.dans la région (PORT 2000, Investisse- 4 599 logements mis en chantier en
On constate en 2002 une chute desments pétrochimiques sur la 2002. La construction individuelle résiste
Basse-Seine...) qui vont se poursuivre projets comme des réalisations (-10%).toutefois assez bien depuis deux ans,
sur 2003 et 2004. Globalement, l’activité Le niveau des autorisations se situerestant au-dessus de 4 500 logements
autour de 2 200 logements.2002 pour l’ensemble du BTP régional mis en chantier annuellement. Les pro-
LOGEMENTS COMMENCÉS EN 2002 FORTE BAISSE
Haute-Normandie France DANS LE NON RÉSIDENTIEL
Nombre de constructions Évolution 2001/2002 Nombre de constructions Évolution 2001/2002
Individuels groupés 810 -9,8 34 500 +2,7
Après trois années de hausse, lesIndividuels purs 3 789 -2,5 157 300 +0,1
Total individuels 4 599 -3,8 191 800 +0,6 mises en chantier de bâtiments non rési-
Collectifs 1 596 -10,7 102 300 +0,6 dentiels ont lourdement chuté en 2002
Logements en résidence 150 +30,4 8 800 -15,4
(-21%), pour passer, en rythme annuel,Total 6 345 -5,1 302 900 0,0
sous le niveau de 1 000 000 m². Ceci estSource : DRE - SITADEL Unités : logement, évolution en %
principalement dû à la chute des locaux
agricoles et industriels. A noter toutefoisLOCAUX NON RÉSIDENTIELS COMMENCÉS EN 2002
la bonne tenue des investissements deHaute-Normandie France
Créations Évolution 2001/2002 Créations Évolution 2001/2002 stockage et de logistique en Haute-Nor-
Agriculture 355,8 -17,8 12 239,1 -6,7 mandie, qui ont pu jouer un rôle
Industrie et énergie 264,9 -37,5 9 353,3 -9,2
d’amortisseur.
Stockage non agricole 115,2 +36,5 3 274,1 +10,5
Par ailleurs, le niveau des autorisa-Garages, parking 6,5 +331,1 420,8 +90,8
Commerces 72,6 -24,1 4 028,2 -0,8 tions baisse autour de 1 100 000 m²
Bureaux 56,9 -13,6 3 509,6 -20,6
(-14%).
Enseignement, santé, culture et autres 112,8 -22,6 5 648,8 -7,8
En 2002, la croissance de l’entretienTotal 984,7 -21,2 38 473,9 -6,6
2 et de la rénovation (selon l’enquête natio-Source : DRE - SITADEL Unités : millier de m , évolution en %
CAHIER D’AVAL n° 64 - Juillet 2003 17
ACTIVITÉS
ÉCONOMIQUESCOMMERCE EXTÉRIEUR 2002 permet de renouer avecLES MATÉRIAUX
des échanges extérieurs en aug-DE CONSTRUCTION
mentation sur un an qui restent
En 2002, les productions de matériaux lavés néanmoins en deçà de ceux duUn nouveau recul
sont en hausse de +6% alors que dans le
4e trimestre 2000. Globalement,même temps la consommation de ces mêmes
matériaux sur la Haute-Normandie a baissé de les exportations 2002 s’élèvent àFrancis COUVOUT
-3%. Cette baisse est confirmée par celle des 18 milliards d’euros, soit une
bétons prêts à l’emploi (-4%).
baisse de -3% après -4% en
La production régionale des ciments reste
2001. Parmi les trois secteurs,mieux orientée, profitant selon toute vraisem-
blance d’exportations vers des régions limi- biens de consommation, biens in-
trophes et vers les gros chantiers de la termédiaires et biens d’équipe-En 2002, l’environnementrégion.
ment, tous trois en recul, ce sont les biens
international est resté peu d’équipement qui accusent de loin la plus
porteur et la demande forte baisse avec -10%. En revanche, l’auto-nale «Baromètre de l’entretien rénovation
mobile progresse de +3%. Les produitsdu bâtiment») poursuit son ralentisse- étrangère adressée à la
agroalimentaires sont en faible augmenta-ment. Le volume national de travaux réali- Haute-Normandie a continué de
tion (+2%), insuffisante pour compenser lasés progresse en un an de +2,5% en
décliner. Une certaine stabilité chute de près de 15% sur les produits éner-
valeur, soit une légère décrue de -1% si
gétiques. Par ailleurs, les importations, han-semble être réapparue en fin
on tient compte de l’effet «prix» évalué au
dicapées par la faiblesse de l’investissementd’année mais la reprise n’aura3e trimestre 2002 à +3,7%.
productif et elles-mêmes tributaires des ex-
Les carnets de commandes se déten- lieu que si la confiance est portations, sont en recul de -8% (après -2%
dent sensiblement sur la région. rétablie. Globalement, la en 2001). L’automobile, entraînée par la de-
Avec 3 464 logements aidés en 2002, mande des ménages, est en augmentationHaute-Normandie réalise près
les aides au logement privé accordées (+5%). Tous les autres grands secteurs re-
de 5,5% des exportationspar l’État au titre de l’ANAH (Agence na- culent. Ainsi, les produits énergétiques sont
comme des importations de lationale pour l’amélioration de l’habitat), en chute de 11% et contribuent pour beau-
tant pour les propriétaires bailleurs que coup à la baisse en raison de leur poidsFrance et reste la sixième région
dans les importations régionales qui avoi-pour les propriétaires occupants, sont en exportatrice et la cinquième
sine les 40%. Les biens d’équipement sontbaisse (-7%) par rapport à 2001.
pour les importations. encore plus touchés (-19%) mais leur contri-Pour le financement de travaux dans
bution est plus modeste. Au total, le solde dele logement social, quelques indices de
près avoir connu une période de la balance commerciale redevient nettementreprise de construction se confirment. En A développement assez spectacu- positif avec un excédent de plus d’un milliard
2002, on enregistre en effet une légère
laire jusqu’en 2000, les échanges extérieurs d’euros, soit un taux de couverture de 106,
progression du nombre de constructions entre la Haute-Normandie et l’étranger recu- ce qui est mieux qu’au niveau national.
de logements locatifs aidés (+4%), soit lent en 2002 pour la deuxième année Bien que la France réalise la majeure
près de 1 700 logements financés par consécutive. Pénalisés par un environne- partie de ses échanges extérieurs avec
des aides de l’Etat. Cette progression est ment international peu demandeur et un l’Union européenne, la Haute-Normandie ne
essentiellement due aux constructions taux de change de l’euro en hausse face au le fait pas sur le plan des importations à
neuves (+7%). dollar, les échanges extérieurs trimestriels cause des entrées de pétrole brut qui pro-
de la Haute-Normandie ont nettement fléchiEnfin, pour la réhabilitation, avec viennent pour deux tiers d’Arabie Saoudite
au cours du second semestre 2001 et n’ont3 800 logements locatifs sociaux réhabili- et de Norvège. Le reste est fourni essentiel-
pas pu depuis retrouver leur dynamisme an-tés en 2002, la baisse se poursuit (-2%) lement par le Royaume-Uni. Ce dernier
térieur. La chute n’a commencé à décélérer reste cependant le premier fournisseur de la
qu’au printemps suivant. Le 4e trimestre Haute-Normandie devant les deux autres.
L’EMPLOI DANS LE BTP Ces trois pays cumulent près de 40% des
IMPORTATIONS DE LA HAUTE-NORMANDIE importations régionales. Après le pétroleEn octobre 2002, l’emploi intérimaire poursuit
20sa baisse sur 12 mois (-506 équivalents temps brut, les trois principaux produits importés
plein selon la source DARES), baisse qui est sont les produits de la chimie organique, les
apparue dès le 2e trimestre 2001, après une 16 produits pétroliers raffinés et les équipe-
décélération du recours à l’intérim intervenue Total des importations
ments pour automobiles. Du côté clients, leen milieu d’année 2000.
12
En moyenne annuelle, l’emploi permanent premier est encore le Royaume-Uni, devant
reste orienté à la hausse, de l’ordre de +291 l’Allemagne et l’Espagne qui achètent
8emplois. Cette croissance se stabilise.
chacun à peu près 10% des exportations de
L’offre de travail globale (emploi salarié et in- Autres importations
la Haute-Normandie. Les trois premiers pro-térim) reste stable par rapport au niveau 4
estimé un an auparavant, portant ainsi le duits exportés sont d’abord des produits deProduits énergétiques
niveau de l’emploi global salarié mobilisé
0 la construction automobile devant les pro-
pour la construction dans la région, à +4 600 1992 1994 1996 1998 2000 2002 duits pharmaceutiques et les produits pétro-emplois par rapport au 1er trimestre 1997.
Source : Direction interrégionale des Douanes Unité : milliard d’euros liers raffinés
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ACTIVITÉS
ÉCONOMIQUES

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