Bilan 2010 - Contexte national

De
Publié par

Au-delà du PIB,L’économie française le revenu national disponible La commission sur la mesure des performances économiquesrenoue avec la croissance et du progrès social de septembre 2009, dite Commission “Stiglitz”, recommande de mettre l’accent sur le revenu national brut (RNB) plutôt que sur le PIB. Cet agrégat complète le PIB En 2010, le produit intérieur brut progresse avec le solde des flux de revenus avec le reste du monde. Cette de 1,5 % en moyenne annuelle, après une démarche peut s’étendre jusqu’au revenu national disponible chute de 2,7 % en 2009 sans précédent de- brut (RNDB), qui prend en compte d’autres flux de revenus avec l’extérieur (impôts versés à l’Union européenne, prestationspuis la seconde guerre mondiale. Les flux sociales versées à des non-résidents, ou reçues par lesd’échanges extérieurs rebondissent vive- résidents en provenance de l’étranger).ment. L’investissement des entreprises re- part à la hausse et leur comportement de En 2010, le RNB progresse plus rapidement que le PIB en valeur : 2,6 % contre 2,3 %. En effet, les bénéfices réinvestis par lesstockage apporte un fort soutien à l’activité. entreprises françaises de leurs filiales à l’étranger sontLa consommation des ménages accélère. particulièrement dynamiques. Ils profitent d’un rebond conjoncturel plus fort en moyenne chez les principaux partenaires de la France, après une récession plus marquée en 2009.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 19
Nombre de pages : 2
Voir plus Voir moins

Au-delà du PIB,L’économie française le revenu national disponible
La commission sur la mesure des performances économiquesrenoue avec la croissance
et du progrès social de septembre 2009, dite Commission
“Stiglitz”, recommande de mettre l’accent sur le revenu national
brut (RNB) plutôt que sur le PIB. Cet agrégat complète le PIB
En 2010, le produit intérieur brut progresse avec le solde des flux de revenus avec le reste du monde. Cette
de 1,5 % en moyenne annuelle, après une démarche peut s’étendre jusqu’au revenu national disponible
chute de 2,7 % en 2009 sans précédent de- brut (RNDB), qui prend en compte d’autres flux de revenus avec
l’extérieur (impôts versés à l’Union européenne, prestationspuis la seconde guerre mondiale. Les flux
sociales versées à des non-résidents, ou reçues par lesd’échanges extérieurs rebondissent vive-
résidents en provenance de l’étranger).ment. L’investissement des entreprises re-
part à la hausse et leur comportement de En 2010, le RNB progresse plus rapidement que le PIB en valeur :
2,6 % contre 2,3 %. En effet, les bénéfices réinvestis par lesstockage apporte un fort soutien à l’activité.
entreprises françaises de leurs filiales à l’étranger sontLa consommation des ménages accélère.
particulièrement dynamiques. Ils profitent d’un rebond
conjoncturel plus fort en moyenne chez les principaux
partenaires de la France, après une récession plus marquée en
2009. Le RNDB progresse un peu plus fortement encoreUne reprise de l’activité dans la plupart
(+ 2,7 %) : les transferts de l’État au profit de l’Union européennedes secteurs
diminuent, pour partie en compensation de la hausse des autres
sources communautaires (TVA, droits de douane).n 2010, l’économie française progresse, en données bru-Etes, de 1,5 %, après avoir fortement reculé de 2,7 % en
2009. Fin 2010, l’activité reste ainsi à un niveau inférieur à celui
de début 2008. Sur l’année 2010, la production manufacturière l’automne ayant été rigoureux sur le plan climatique. Soute-
repart à la hausse (+ 4,5 %), après une chute d’une ampleur nues par la hausse des dépenses en hôtellerie-restauration
inédite en 2009 ; toutes les grandes branches contribuent à ce et celles en information-communication, les dépenses des
rebond. La production des branches de services principale- ménages en services principalement marchands continuent
ment marchands augmente également (+ 1,8 %), notamment de progresser (+ 0,8 %).
dans les services aux entreprises et dans les transports qui
Après avoir été portées par le plan de relance en 2009, les dé-avaient pâti de la crise en 2009. En revanche, la baisse de la
penses de consommation des administrations publiques dé-production dans la construction se poursuit quasiment au
célèrent en 2010 (+ 1,2%).même rythme.
En 2010, le revenu disponible brut des ménages augmente de
La consommation des ménages rebondit, 2 % en valeur. Dans le même temps, le prix de la dépense de
leur pouvoir d’achat ralentit consommation finale progresse de 1,2 %, si bien que le pou-
voir d’achat du revenu disponible brut ralentit : 0,8 %, contre
Les dépenses de consommation des ménages progressent
1,3 % en 2009.de nouveau en 2010 (+ 1,3 %). Les achats de produits manu-
facturés renouent avec la croissance (+ 1,3%). L’accélération Les impôts sur le revenu et le patrimoine payés par les ména-
de la plupart des grands postes de produits manufacturés ges s’accroissent de 2,5 % après avoir baissé de 4,6 % en
compense la réduction des achats de véhicules neufs due au 2009. Ce rebond s’explique par la fin de mesures exception-
retrait progressif du dispositif de “prime à la casse”. Les dé- nelles d’allègement prises lors de la crise (suppression tran-
penses énergétiques croissent à nouveau de 1,8 %, l’hiver et sitoire des deux derniers tiers de la première tranche
d’imposition à l’impôt sur le revenu). Il résulte aussi du redé-
marrage des revenus d’activité générant un surplus de con-
tribution sociale généralisée (CSG) et de contribution au
remboursement de la dette sociale (CRDS). Par ailleurs, cer-
tains impôts sont relevés : le taux du forfait social est doublé,
l’exonération de CSG dont bénéficiaient certains contrats
d’assurance-vie à la succession est supprimée. Dans le
même temps, les prestations sociales reçues par les ménages
ralentissent : décélération nette des indemnités chômage,
non-reconduction des primes exceptionnelles versées dans
le cadre du plan de relance, diminution des prestations fami-
liales et vieillesse.
Alors que leur revenu augmente de 2 %, la consommation des
ménages progresse en valeur de 2,6 %. Leur taux d’épargne
diminue ainsi d’un demi-point en 2010 à 16 %, après avoir pro-
gressé d’un point l’année précédente, durant la crise.
8 Insee Basse-Normandie - Bilan 2010LES PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES DE LA FRANCE
Les moteurs du PIB se relèvent
Montant Contribution à la
Évolution en volume (en %) Évolution des prix
(en milliards croissance du PIB
aux prix de l’année précédente 2010/2009 (en %)Agrégats économiques d'euros) (en points)
2008 2009 2010 2010
Produit intérieur brut - 0,1 - 2,7 + 1,5 + 0,8 1 932,8 + 1,5
Importations + 0,9 - 10,8 + 8,8 + 4,0 537,5 + 2,2
Consommation des ménages + 0,5 + 0,6 + 1,3 + 1,3 1 435,2 + 1,0
Consommation des
+ 0,9 + 2,5 + 1,5 + 1,3 168,9 + 0,1
administrations publiques
Formation brute de capital fixe + 0,3 - 9,0 - 1,2 + 1,2 373,3 - 0,2
Variation de stocks
- 0,2 - 1,2 + 0,6 /// 0,7 + 0,6
(en contribution au PIB)
Exportations - 0,3 - 12,4 + 9,7 + 1,7 492,2 + 2,3
Source : Insee, comptes nationaux - base 2005
veaux atteints en 2010 restent en effet bien inférieurs à ceuxL’investissement recule moins fortement
de 2007. La hausse de la demande étrangère associée au re-
L’investissement diminue légèrement de 1,2 % en 2010. L’in- bond de l’activité mondiale est le facteur principal de la re-
vestissement des entreprises non financières renoue avec la prise des exportations et l’accélération de la demande finale
croissance (+ 2,4 %) grâce à l’investissement en produits ma- (+ 2,9 %) s’accompagne d’un regain des importations.
nufacturés. La reprise du marché immobilier de l’ancien com-
pensant largement la baisse continuelle des achats de Le taux d’autofinancement des sociétés
logements neufs, le recul de l’investissement des ménages non financières progresse
s’atténue nettement (- 1,5 %). Enfin, les dépenses d’investisse-
En 2010, la rémunération des salariés des sociétés non finan-ment des administrations publiques chutent de 9,6 %, malgré
cières (SCF) augmente au même rythme que leur valeurles mesures prises dans le cadre du plan de relance en 2009.
ajoutée. Du fait de la réforme de la taxe professionnelle qui
Le déstockage des entreprises s’interrompt, en lien avec l’ac- réduit les impôts sur la production qu’elles acquittent, le taux
célération de la demande finale. De ce fait, les variations de de marge des SNF se redresse toutefois de 0,9 point à 30,2 %.
stocks constituent le principal facteur de l’accélération du PIB. Au total, l’excédent brut d’exploitation s’accroît de 5,3 % en
Ce mouvement est analogue au rebond survenu lors des années 2010 après avoir chuté de 11 % en 2009.
qui ont suivi les crises précédentes de 1976 et 1994.
L’épargne des SNF augmente sensiblement (+ 11,3 %). En plus
du dynamisme de leur excédent brut d’exploitation, elles bé-Contribution faiblement positive du commerce
néficient du redressement du solde de leurs revenus finan-extérieur à la croissance
ciers, à la faveur d’un rebond très important des bénéfices
En 2010, les échanges extérieurs de biens et services crois- réinvestis par celles d’entre elles qui ont des filiales à l’étran-
sent vivement. Toutefois, le rebond des exportations en vo- ger. L’impôt sur les sociétés progresse vivement, atténuant la
lume (+ 9,7 %) et celui des importations (+ 8,8 %) n’effacent progression de leur épargne.
que partiellement la chute sans précédent de 2009. Les ni- Le redémarrage de leur investissement reste en deçà de la
progression de leur épargne, si bien que leur taux d’autofi-
nancement continue d’augmenter (+ 5,8 points).
L’activité des sociétés financières ralentitLes comptes nationaux changent de base,
le PIB est légèrement révisé La valeur ajoutée des sociétés financières décélère en 2010
(+ 5,7 %) après le rebond de l’année précédente (+ 19,1 %).La publication du compte provisoire de l’année 2010 est
Celle des banques progresse de 6,4 % après 31,5 % en 2009.l’occasion du passage de la base “2000” à la base “2005”, qui
conduit à réviser le niveau des agrégats macroéconomiques Ce très fort ralentissement résulte de la moindre baisse des
publiés jusqu’alors. Par ailleurs, les comptes sont élaborés dans taux d’intérêt de marché, qui atténue la progression de leurs
une nouvelle nomenclature, la “NAF rév.2” (nomenclature marges d’intermédiation. En outre, le recul de la production
d’activité française révision 2). Ces changements substantiels facturée des banques s’est accentué.
s’ajoutent aux révisions plus habituelles portant sur les comptes
La valeur ajoutée des sociétés d’assurance rebondit dedéfinitif (2008) et semi-définitif (2009). Une note à ce sujet est
+ 5,8 % du fait de l’assurance-dommage. Pour sa part, l’activi-consultable sur le site internet de l’Insee.
té d’assurance-vie s’inscrit dans un léger recul après une
Dans le cadre du changement de base et des travaux de révision
forte progression en 2009.
des comptes des années antérieures qui lui sont associés, la
croissance des précédentes est légèrement modifiée Article extrait de l’Insee Première n°1349 de mai 2011,
certaines années (cf note précitée). “Les comptes de la Nation en 2010”
par Anne-Claire FRETAY, Insee Basse-Normandie
Insee Basse-Normandie - Bilan 2010 9

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.