Bilan 2010 - L'année 2010 en Basse-Normandie

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Un début de sortie de crise L’activité économique française redé- Afin de lutter contre le chômage, les mesures marre. Après une chute de 2,7 % en 2009, le spécifiques d’aide à l’emploi ont continué à PIB progresse de nouveau en 2010 : + 1,5 % progresser en 2010. La politique de l’emploi a en moyenne annuelle. A l’exception de la ainsi touché 62 000 bas-normands (hors me- construction, la production redémarre dans tous les sec- sures de Pôle Emploi), en hausse de 4 % sur un an. Les teurs, encouragée par la hausse des dépenses de axes d’action ont cependant évolué. Les bénéficiaires de consommation des ménages (+ 1,3 %) et par la forte re- contrats aidés sont en nette augmentation. 40 000 person- prise des échanges extérieurs. Cette nouvelle dynamique nes ont été embauchées dans ce cadre dans les secteurs a mis fin aux déstockages massifs constatés en 2009 et a marchands et non marchands au cours de l’année 2010. Le stimulé la reprise des investissements dans les entrepri- nombre de salariés bénéficiant d’aides au reclassement a ses. Les investissements ont cependant eu un impact né- lui aussi augmenté. En revanche, les dispositifs de départs gatif sur la croissance, la hausse constatée dans les anticipés en retraite ainsi que les actions de formation entreprises n’ayant pas compensé la baisse dans les mé- sont en diminution. nages et les administrations publiques.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Un début de sortie de crise
L’activité économique française redé- Afin de lutter contre le chômage, les mesures
marre. Après une chute de 2,7 % en 2009, le spécifiques d’aide à l’emploi ont continué à
PIB progresse de nouveau en 2010 : + 1,5 % progresser en 2010. La politique de l’emploi a
en moyenne annuelle. A l’exception de la ainsi touché 62 000 bas-normands (hors me-
construction, la production redémarre dans tous les sec- sures de Pôle Emploi), en hausse de 4 % sur un an. Les
teurs, encouragée par la hausse des dépenses de axes d’action ont cependant évolué. Les bénéficiaires de
consommation des ménages (+ 1,3 %) et par la forte re- contrats aidés sont en nette augmentation. 40 000 person-
prise des échanges extérieurs. Cette nouvelle dynamique nes ont été embauchées dans ce cadre dans les secteurs
a mis fin aux déstockages massifs constatés en 2009 et a marchands et non marchands au cours de l’année 2010. Le
stimulé la reprise des investissements dans les entrepri- nombre de salariés bénéficiant d’aides au reclassement a
ses. Les investissements ont cependant eu un impact né- lui aussi augmenté. En revanche, les dispositifs de départs
gatif sur la croissance, la hausse constatée dans les anticipés en retraite ainsi que les actions de formation
entreprises n’ayant pas compensé la baisse dans les mé- sont en diminution.
nages et les administrations publiques. Au total, l’investis-
sement est ainsi en recul de 1,2 % dans l’économie
En 2010, plus de 10 000 entreprises ont étéfrançaise.
créées en Basse-Normandie. La mise en
place du nouveau statut d’auto-entrepreneur
n'a plus, dans la région, le même effet favo-
rable : les créations d’entreprises sont stables alors qu’el-
Reprise de l’emploi mais chômage en hausse les continuent d’augmenter au niveau national (+ 7 %).
Cette faible dynamique place ainsi la Basse-Normandie
parmi les régions où l’on crée le moins d’entreprises enL’emploi salarié augmente de 0,6 % en
France métropolitaine. Le secteur tertiaire continue de ras-Basse-Normandie en 2010, conformément
sembler près de quatre créations sur cinq. Dans ce do-à la tendance nationale (+ 0,9 %). Ces 1 900
maine, si le secteur de l’administration publique,emplois supplémentaires ne se répartis-
enseignement, santé et action sociale est en nette haussesent cependant pas de façon équitable dans l’économie
(+ 12,7 %), en revanche, les activités immobilières conti-locale. Si l’emploi continue à diminuer dans la construc-
nuent à régresser (- 10 %).tion, il est en revanche reparti à la hausse dans les servi-
ces marchands. Du côté de l’industrie, la situation est plus
contrastée. Les suppressions d’emplois stables se sont
Après un effondrement en 2009, le volume
poursuivies dans ce secteur. Cependant, la reprise de l’acti-
global du commerce extérieur redémarre
vité s’est accompagnée d’une forte progression des emplois
en 2010 en Basse-Normandie (+ 17 %) dans
temporaires (+ 2 150 emplois). Hors emploi intérimaire, les un contexte national de reprise des échan-
effectifs salariés bas-normands ont donc continué à dimi-
ges extérieurs. Les importations (+ 20,6 %) augmentant
nuer en 2010.
plus vite que les exportations (+ 13,2 %), le déficit du solde
commercial se creuse. Si la région bénéficie de secteurs
porteurs à l’exportation tels que l’agro-alimentaire, elle
Malgré une légère croissance de l’emploi
pâtit cependant d’une trop faible diversification de la basesalarié, la demande d’emploi a progressé
exportatrice : quatre secteurs concentrent 77 % des expor-
pour la troisième année consécutive en 2010
tations sur des produits de faible valeur ajoutée, et souvent
en Basse-Normandie (+ 2,1 %). À la fin de
peu innovants.
l’année, le taux de chômage s’élève à 8,5 % de la popula-
tion active (9,2 % au niveau national). Cette hausse du
nombre de demandeurs d’emploi touche en particulier les
Une reprise en demi-teinte selon les secteursseniors. Si le nombre de jeunes demandeurs d’emploi di-
minue dans la région, leur proportion reste cependant bien
L’activité de l’industrie bas-normande re-supérieure à la moyenne nationale (21,5 % contre 18,1 %).
démarre en 2010. Le chiffre d’affaires desConséquence de trois années de crise, le chômage de
entreprises industrielles de la région aug-longue durée est en forte hausse : le nombre de deman-
mente de 7,8 % après avoir chuté de 17 %deurs d’emploi inscrits depuis plus de 12 mois à Pôle
en 2009. Les niveaux de 2008 ne sont donc pas retrouvés etEmploi a progressé de 19,5 %.
Insee Basse-Normandie - Bilan 2010 3la prudence reste de mise dans le secteur. La reprise de baisse. De même, si l’aéroport de Deauville-Saint Gatien a
l’activité se traduit par un fort recours aux emplois intéri- tiré profit de la fermeture provisoire de l’aéroport de
maires. Par ailleurs, les chefs d’entreprises ont préféré re- Caen-Carpiquet, le trafic aérien passagers a globalement
tarder leurs projets d’investissement. Ceux-ci sont en diminué de 11,5 % dans la région.
baisse de 20 % par rapport à 2009.
L’artisanat donne des signes de reprise au
La production de matériel de transport est re- cours de l’année 2010. L’activité reprend et
partie à la hausse en 2010 (+ 12,7 %). Cette l’état global des trésoreries s’améliore. Les
augmentation a, entre autres, été possible artisans restent cependant prudents face à
grâce à la reprise de la production d’automo- ce retournement de tendance. Ils préfèrent ainsi recon-
biles, dopée par la prime à la casse. duire leurs investissements, qui restent, en 2010, à des ni-
veaux très bas. L’emploi pâtit également de cette frilosité
ambiante : il reste stable en 2010.Les industries agro-alimentaires, qui avaient
mieux supporté l’année 2009 que le reste de
l’industrie, repartent à la hausse en 2010.
En 2010, l’agriculture bas-normande a pu tirerLeur chiffre d’affaires augmente de 5,8 %
profit d’un contexte national et international(contre 2 % au niveau national), porté par la progression de
très perturbé. Sécheresse, incendies et au-la demande des ménages français et étrangers, mais aussi
tres inondations ont durement frappé la pro-par la hausse des cours des matières premières.
duction céréalière internationale. Dans le même temps,
les agriculteurs bas-normands ont pu maintenir leurs ren-
La construction ne bénéficie pas de la re- dements et ainsi vendre leur production à des prix ayant
prise d’activité globale en 2010 en plus que doublé par rapport à 2009. Du côté des éleveurs,
Basse-Normandie. Avec 7 150 logements la hausse du prix du lait, conjuguée à une augmentation de
mis en chantier en 2010, la région enregistre la production laitière, ont permis de faire face au renché-
une baisse de 10 % alors que, sur le plan national, la ten- rissement des matières premières, la production de four-
dance est à la reprise (+ 3 %). La baisse du nombre de mai- rages ayant souffert de la sécheresse. La production de
sons individuelles mises en chantier en est la principale viande a, elle aussi, augmenté.
raison. Cela se traduit, pour ce secteur, par une diminution
de l’emploi salarié (- 2,3 %).
La fréquentation touristique progresse en
2010 en Basse-Normandie. Si la clientèle
Le bilan de l’emploi dans le secteur ter-
française est stable, les touristes étrangers
tiaire est positif en 2010 grâce aux activités
sont de retour. Les Américains (+ 17 % cette
de services. L’emploi augmente de 3,3 %
année) participent ainsi à la hausse d’activité dans les hô-dans les services marchands, et ce dans
tels bas-normands (+ 0,8 %). Dans les campings, la fré-
presque toutes les branches. En revanche, l’emploi n’est
quentation est également en hausse (3,5 %). L’allongement
pas reparti à la hausse dans le commerce et affiche même
de la durée des séjours, encouragée par le développement
une légère baisse de 0,2 %.
des emplacements locatifs, a ainsi plus que compensé la
baisse du nombre de touristes (- 2,4 %), notamment français.
L’année 2010 a été inégale dans le secteur
des transports en Basse-Normandie. Si le
port de Caen-Ouistreham affiche une nette
Magali LANSON-DURANCEAUhausse des trafics marchandises et pas-
Insee Basse-Normandiesagers, la fréquentation des ports de la Manche est en
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