Bilan économique 2004 : En France, la reprise est tirée par la demande

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La croissance a repris en 2004 à un rythme modéré (+ 2,3 %) après deux années de stagnation économique. La performance des exportations françaises est toutefois décevante dans un contexte de forte activité mondiale. La reprise française est tirée par la consommation des ménages qui ont accru leurs revenus et puisé dans leur épargne. Les entreprises ont accéléré leur production et leurs investissements et amélioré leurs résultats financiers.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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dossier Bilan économique 2004
En France, la reprise
a croissance a repris en 2004 à de la détérioration totale du solde commer-
un rythme modéré (+ 2,3 %) cial. Le reste est imputable à l’ensembleLaprès deux années de stagnation des produits manufacturés, aux services
économique. La performance des financiers et au tourisme.
exportations françaises est toutefoisLe déficit public se réduit Le solde des revenus de la propriété et desdécevante dans un contexte de forte
transferts en capital est aussi déficitaire.activité mondiale. La reprise françaiseLe déficit public s’est réduit en 2004, L’ensemble des relations avec le reste du
est tirée par la consommation dess’établissant à 60 milliards d’euros au monde s’est dégradé et le solde s’établit
ménages qui ont accru leurs revenussens de Maastricht et à 3,6 % du PIB à moins 10 milliards d’euros, après
contre 4,2 % en 2003. Le poids de la et puisé dans leur épargne. Les entre-
moins 4 milliards en 2003, alors qu’ildette publique au sens de Maastricht prises ont accéléré leur production et
était excédentaire les années antérieures.s’est toutefois accru en 2004 de 71 leurs investissements et amélioré leurs
milliards d’euros, atteignant 1 067 résultats financiers.
milliards soit 65 % du PIB. Hausse de la consommation
L’activité économique française estLes recettes fiscales progressent et des revenus
repartie en 2004 : le PIB s’est accru devivement (+ 6,2 %) et particulièrement
2,3 % en volume après 0,8 % en 2003 etl’impôt sur les sociétés et la TVA,
Principal moteur de la croissance enfavorisés par l’amélioration des 1,2 % en 2002. La demande intérieure a
2004 la consommation des ménagesrésultats des entreprises et la augmenté de 3,2 % après deux années à
accélère (+ 2,1 %). Les dépenses descroissance de la consommation. Le 0,9 %. Mais la croissance est freinée par
taux de prélèvements obligatoires ménages se sont particulièrement portéesle solde négatif des échanges extérieurs
progresse ainsi de 0,3 points pour sur les achats d’automobiles, de biens dedû notamment à la hausse des importa-
s’établir en 2004 à 43,4 % du PIB. nouvelles technologies, de services detions qui atteint 6,9 % en volume.
La reprise des recettes fiscales transport et de services financiers. La
s’accompagne d’une moindre Le dynamisme des importations a été contribution à la croissance du PIB de la
croissance des dépenses. nettement supérieur à celui des exporta- seule dépense de consommation des
L’investissement des administrations tions. De ce fait le solde du commerce ménages s’élève à 1,1 % auquel s’ajoute
publiques locales et du secteur extérieur pèse sur la croissance avec une 0,3 % de contribution des transferts
hospitalier ainsi que les prestations
contribution négative record (- 9 %). La sociaux en nature. La consommationsociales ont constitué les dépenses les
hausse des prix du pétrole y est pour prise en charge par les transferts sociauxplus dynamiques tandis que les
beaucoup : l’énergie, qui ne représente en nature augmente de 2,2 % en volume,dépenses de personnel (traitements et
que 8 % des importations, explique 44 %pensions) continuent de ralentir toutefois les dépenses de santé ont ralenti.
(+ 2,9 % après + 3,4 % en 2003). Les
prestations sociales et autres transferts
sociaux en nature ralentissent leur Evolution trimestrielle du PIB et de ses principales contributions
progression qui est tout de même
encore de 4 % à cause de mesures
nouvelles. Le déficit des comptes des
administrations de sécurité sociale6
atteint16 milliards d’euros.
L’investissement public reste assez
soutenu (+ 3,3 %) mais ralentit alors
qu’il avait connu en 2003 une très
forte accélération, après deux années
de légère baisse en volume.
7
Lexique
Les données en volume : expriment
l’évolution de la valeur des différents
agrégats entredeux dates, compte tenu
de l’évolution des prix.
8
Le revenu disponible brut est un
concept de la comptabilité nationale
qui permet de cerner l’ensemble des Source : Insee, compte trimestriel, mai 2005.
revenus des ménages, qu’il proviennent
de l’activité, du patrimoine ou des La reprise économique s’esquisse en 2004 après deux années de fluctuations.
prestations sociales.
20 économie 1er trimestre 2005
DE LAREUNIONdossierEN METROPOLE
est tirée par la demande
Malgré la faible croissance de l’emploi,
la masse salariale a progressé plus vite en Le contexte mondial et européen
2004 qu’en 2003 (+ 2,8 % au lieu de
+ 2,0 %). Elle a bénéficié de la revalori-
Grâce au dynamisme de l’économie naison d’une segmentation géogra-sation du salaire minimum (+ 5,8 %) et sa
américaine ainsi qu’à l’expansion de phique et d’une sectoriellehausse a été particulièrement accentuée
nombreux pays à forte croissance toutes deux défavorables a joué contredans la construction. La masse des rému-
(Chine, Inde, Pays d’Europe centrale et la vigueur des exportations françaises,nérations versées progresse de façon
orientale), l’activité mondiale a enregis- contrairement à celles de l’Allemagne.équivalente dans le secteur privé
tré en 2004 une croissance inégalée(+ 2,8 %) et les administrations (+ 2,9 %) ; Les premiers signes d’un essoufflementdepuis vingt ans (environ + 4,5 %). Pourelle est plus marquée dans les collectivi- de la demande mondiale ont en outreautant, les exportations françaises entés locales et les hôpitaux. Le revenu été distinctement perceptibles dès leont peu tiré profit, puisque leur haussed’activité des entrepreneurs individuels a troisième trimestre de l’année dernière,s’est limitée à 3,2 %, soit moins que leurprogressé de 3,8 % après 2,6 % en 2003. ce qui a encore renforcé la faiblessemoyenne au cours du dernier cycle
conjoncturelle en Italie et en Allemagne.Les revenus du patrimoine (y compris (4,8 %). La dégradation du solde cou-
Cette inflexion mondiale a résulté d’uneloyers) ont contribué pour un point à la rant de 8,8 milliards d’euros peut en
amorce de resserrement monétairecroissance du revenu disponible des grande partie s’expliquer par le déca-
dans les pays anglo-saxons, afin de pré-lage persistant de conjoncture entre laménages après avoir pesé pour - 0,2 point
venir tout risque de surchauffe sur lesFrance et ses principaux partenaires,en 2003. Les loyers nets de taxe foncière
prix des biens et des actifs notammentl’Allemagne et l’Italie : alors que notreont augmenté de 5,6 % contribuant ainsi
immobiliers. Ce mouvement a étécroissance atteignait 2,3 % (après cor-sensiblement à la hausse du revenu. Dans
encouragé par la poussée des coursrection des jours ouvrables), le PIB de lale même temps les revenus financiers se
pétroliers dans une fourchette de 40 àzone euro n’aurait progressé que desont accrus de 3,5 % grâce à la crois-
50 dollars, poussée qui à ce jour n’est1,8 %. Le décalage des demandes inté-sance des dividendes distribués par les
pas endiguée. Dans le même temps, lesrieures est encore plus marqué, en parti-entreprises, après un reflux important en
exportateurs européens ont dû faire faceculier par rapport à l’Allemagne, où la2003. A l’inverse en 2004 la baisse des à la chute du dollar vis-à-vis de lagrande faiblesse des demandes desindemnités d’assurance liée au recul de la monnaie unique qui a fortement entaméentreprises et des ménages ne s’estsinistralité a pesé sur le revenu dispo-
leur compétitivité prix.jamais démentie tout au long de l’année.nible.
La performance décevante des exporta-Avec un revenu disponible brut en pro-
tions françaises peut notamment êtregression de 3,2 % et une hausse des prix Source : Insee, note de conjoncture, mars
reliée à son positionnement. La combi- 2005.de 1,8 % le pouvoir d’achat des ménages
a progressé globalement de 1,4 %. Les
ménages ont puisé dans leur épargne
pour accroître davantage leurs dépenses
4 % en 2003. En effet la consommation L’excédent brut d’exploitation desde consommation. Ainsi leur taux
des ménages ralentit sur ce poste et les sociétés non financières progresse ded’épargne recule, passant de 16 % en 6
exportations baissent, cependant l’utilisa- 4,4 %. Il s’accompagne d’une crois-2003 à 15,4 % en 2004. L’investissement
tion de l’énergie en consommation inter- sance notable des dividendes versés, endes ménages en logement reste tonique
médiaire augmente en même temps que augmentation de 13,6 % (contre 2,3 %avec + 2,9 % en volume après + 3,6 % en
l’activité des autres branches. en 2003). Les sociétés ont aussi accru2003.
leur investissement de 5,3 % en valeur
La filière agricole et agroalimentaire a
avec un taux d’autofinancement en netreconstitué en 2004 ses stocks érodés enAmélioration de la situation
recul (82 % succédant à 87 % en 2003,
2003 par les effets de la canicule. Ainsi 7des entreprises mais 78 % en 2002). Elles creusent ain-
l’augmentation des stocks contribue pour
si leur besoin de financement qui atteint
1 point à la croissance du PIB, dont 40 %La production accélère dans la plupart 28 milliards d’euros en 2004.
dans la filière agricole et agroalimentaire.des branches sauf dans l’énergie. Au total
D’après INSEE PREMIERE n° 1017elle s’accroît de 2,7 % après 0,6 % en L’investissement des entreprises repart Les comptes de la Nation en 2004 :
2003. Les services marchands profitent (+ 2,8 %) aprés avoir stagné en 2003 et une reprise tirée par la demande
du dynamisme de la demande des entre- Mai 2005.baissé en 2002. Sa contribution à la
prises et des ménages. La construction 8croissance redevient positive et s’établit à
bénéficie de la croissance toujours 0,3 %. L’investissement en biens d’équi-
importante de l’investissement, tant des pement et en automobile s’est nettement
administrations publiques que des ména- redressé, il va de même pour le bâtiment,
ges. Seule la production d’énergie ralen- même s’il reste peu dynamique (+ 0,6 %).
tit avec une croissance de 2,5 % après
économie 211er trimestre 2005
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