Bretagne : une économie plutôt autonome et des entreprises rayonnantes

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La Bretagne compte 550 000 salariés dans les services marchands non agricoles, 333 000 d'entre eux dépendent d'un centre de décision breton, 152 000 de l'Île-de-France et 36 000 de l'étranger. La région est nettement moins dépendante de l'étranger que les autres régions françaises, et cette forte autonomie résulte d'une densité importante de groupes bretons. Les groupes privés ou coopératifs locaux contrôlent près d'un emploi sur cinq en Bretagne et un nombre important de salariés dans les autres régions. Ils placent la Bretagne parmi les régions françaises à fort rayonnement économique. La localisation des centres de décision dont dépendent les unités productives permet de mieux cerner l'autonomie ou au contraire la dépendance du système productif régional. Dans un contexte de mondialisation, la concurrence entre régions ou pays que pourraient faire jouer les décideurs est un facteur de vulnérabilité pour les territoires fortement dépendants d'entreprises extérieures. A l'inverse l'implantation d'un nouvel établissement ou le rachat d'une unité de production par un groupe extérieur à la région peut générer un certain dynamisme : investissements réalisés, emplois créés ou encore ouverture de nouveaux marchés. Parallèlement, certains groupes bretons contrôlent des établissements localisés en dehors de la Bretagne. Ils contribuent alors au rayonnement économique de la région. Autonomie, dépendance, rayonnement sont ici mesurés par le volume d'emplois salariés rattachés à un centre de décision : la tête de groupe lorsque l'établissement appartient à un groupe, le siège de l'entreprise dans le cas contraire.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Économie
Bretagne : une économie
plutôt autonome
et des entreprises rayonnantes
La Bretagne compte 550 000 salariés dans les secteurs
marchands non agricoles, 333 000 d’entre eux dépendent
d’un centre de décision breton, 152 000 de l’Île-de-France
et 36 000 de l’étranger. La région est nettement moins
dépendante de l’étranger que les autres régions françaises,
et cette forte autonomie résulte d’une densité importante
de groupes bretons. Les groupes privés ou coopératifs
locaux contrôlent près d’un emploi sur cinq en Bretagne
et un nombre important de salariés dans les autres régions.
Ils placent la Bretagne parmi les régions françaises à fort
rayonnement économique.
a localisation des centres de déci- fortement dépendants d’entreprises exté- établissements localisés en dehors de laLsion dont dépendent les unités pro- rieures. A l’inverse l’implantation d’un Bretagne. Ils contribuent alors au rayon-
ductives permet de mieux cerner l’auto- nouvel établissement ou le rachat d’une nement économique de la région. Auto-
nomie ou au contraire la dépendance du unité de production par un groupe exté- nomie, dépendance, rayonnement sont
système productif régional. Dans un rieur à la région peut générer un certain ici mesurés par le volume d’emplois sa-
contexte de mondialisation, la concur- dynamisme : investissements réalisés, lariés rattachés à un centre de décision :
rence entre régions ou pays que pour- emplois créés ou encore ouverture de la tête de groupe lorsque l’établissement
raient faire jouer les décideurs est un fac- nouveaux marchés. Parallèlement, cer- appartient à un groupe, le siège de l’en-
teur de vulnérabilité pour les territoires tains groupes bretons contrôlent des treprise dans le cas contraire.
Octant n° 100 - janvier 2005 15Économie
Dépendance selon l’activité de l’établissement
Taux de dépendance DontNombre
Secteur Nombre des salariés (en %) dépendance étrangèred’établissements
d’activité de salariésemployeurs
Bretagne Province Bretagne Province
Industries agroalimentaires 3 488 66 400 29,1 34,7 7,4 13,4
Industries des biens de consommation 1 492 24 246 37,8 43,9 7,7 18,7
Industrie automobile 86 10 553 91,7 84,3 2,9 27,8
Industries des biens d'équipement 1 645 37 365 60,7 57,5 14,8 29,5
Industries des biens intermédiaires 1 913 41 975 49,2 56,2 23,6 26,6
Energie 146 8 051 98,6 93,5 0,0 2,5
Construction 9 383 54 875 17,9 19,9 0,4 1,2
Commerce 18 425 119 906 27,7 31,8 5,6 7,7
Transports 2 297 34 389 43,0 53,7 4,1 5,7
Activités financières 1 980 23 009 80,6 77,5 3,7 5,0
Activités immobilières 1 128 5 470 6,8 11,7 0,0 2,1
Services aux entreprises 8 006 79 700 55,6 54,1 4,1 6,8
Services aux particuliers 12 892 43 429 13,3 19,2 1,8 4,3
Services marchands non agricoles 62 881 549 368 39,4 44,2 6,5 11,5
Source : Insee - année 2000
Structure du tissu productif régional selon le type de centre de décision
Répartition des établissements Répartition des salariés
Etablissement indépendant
Entreprise bretonne multi-établissements
Groupe privé breton
Entreprise française multi-établissements
(hors Bretagne)
Groupe privé français (hors Bretagne)
Groupe public français *
Groupe étranger - Union européenne à 15
Groupe étranger hors Union européenne
0 10 000 20 000 30 000 40 000 50 000 0 50 000 100 000 150 000 200 000
* y compris DCN, La Poste et France Télécom
Source : Insee - année 2000
La Bretagne se classe parmi les régions contrôle ainsi plus de 2,5 millions de sa-40 % des salariés dépendent
de province les moins dépendantes lariés du secteur marchand travaillantd’un centre de décision
avec la région Provence-Alpes-Côte en province.
extérieur à la Bretagne d’Azur, le Languedoc- Roussillon, l’Au-
vergne et Poitou- Charentes.
Une structure économiqueParmi les 550 000 salariés bretons des L’autonomie de l’Île-de-France et sa po-
favorablesecteurs marchands non agricoles, sition dominante ressortent nettement à
216 000 travaillent sous le contrôle travers ces indicateurs. Près de 80 % de
d’un centre de décision localisé à l’exté- ses salariés sont placés sous l’autorité
rieur de la Bretagne, dans une autre ré- d’un centre de décision francilien. De La moindre dépendance du système
gion française ou à l’étranger. Ainsi près plus, les établissements des autres ré- productif breton tient en partie à la
de 40 % des salariés bretons dépendent gions, non autonomes, dépendent très composition de son économie. La ré-
d’un centre de décision extérieur à la ré- majoritairement de la région parisienne gion compte davantage d’emplois dans
gion, contre 44 % en moyenne dans les lorsqu’ils ne sont pas contrôlés par un la construction, l’agroalimentaire, le
régions françaises, hors Île-de-France. groupe étranger. La région commerce, le conseil-assistance et les
16 Octant n° 100 - janvier 2005Économie
Principaux groupes bretons et nombre de salariés contrôlés en Bretagne
Nombre de salariésActivité dominante
contrôlés en 2000
Union régionale de coopérative agricole Industrie agroalimentaire 3 000 à 4 000
Agropar Industrieà
Coopérative des agriculteurs de Bretagne 2 000 à 3 000
Cooperl Hunaudaye Industrie agroalimentaireà
Sipa press Presse 2 000 à 3 000
Coopérative laitière de Ploudaniel Industrie 1 000 à 2 000
Centrale coopératives des agriculteurs de Bretagne agroalimentaireà
Société Yolande et Jean Floc’h Industrie 1 000 à 2 000
Union fermière morbihannaise Industrieà
Groupe Bigard Industrie agroalimentaire 1 000 à 2 000
Société des transports Gautier Transportsà
SPFC (Société de participation et de financement de communication) Publicité 1 000 à 2 000
Compagnie financière Roullier Chimie 1 000 à 2 000ère de Saint-Gérand 500 à 1 000Industrie agroalimentaire
Coopérative des agriculteurs du Morbihan 500 à 1 000
Source : Insee, répertoire Sirene, LIFI, 2000
Principaux centre de décisions français - localisés en dehors de la région - contrôlant des salariés en Bretagne
Nombre de salariésActivité dominante en Bretagne
contrôlés en 2000
La Poste Postes 12 000 à 14 000
France Télécom Télécommunications 10 000 à 12 000
Peugeot SA Construction automobileà
SCHR Yves Rocher Fabrication de parfums et savons 6 000 à 7 000
EDF Électricité 6 000 à 7 000
Carrefour Hypermarché, Supermarché 5 000 à 6 000
Confédération nationale du Crédit Mutuel Banque 4 000 à 5 000
BNP Paribasà
Société civile des mousquetaires Industrie agroalimentaire 4 000 à 5 000
SNCF Transport ferroviaireà
Alcatel Fabrication d’équipements électriques et électroniques 3 000 à 4 000
Vivendi Universal Services aux entreprises 3 000 à 4 000
Caisse nationale de Crédit Agricole Banque 2 000 à 3 000
Bouygues Travaux publics 2 000 à
Vinci Construction 2 000 à 3 000
Source : Insee, répertoire Sirene, LIFI, 2000
hôtels-restaurants que la moyenne des moins 80 % des salariésdeprovincedé- plus grande présence de centres de dé-
régions de province et ces activités sont pendent d’un centre de décision cision localisésdanslarégion. C’est le
relativement autonomes : seulement extérieur à leur région et la Bretagne cas dans les secteurs de l’hôtellerie-res-
20 % des salariés de province travaillant n’échappe pas à la règle. Dans les pos- tauration, la filière construction ou le
dans la construction, et un peu plus tes et télécommunications et l’énergie transport de marchandises. Les établis-
d’un tiers de ceux de l’agroalimentaire (eau, gaz, électricité), cette part dépasse sements du commerce de détail sont
dépendent d’un centre décision exté- 90 %. parfois organisésenréseaux ou ratta-
rieur à leur région. A l’inverse, certaines chés à des centrales mais conservent
activités industrielles, les postes et télé- souvent une autonomie financière ré-
communications et les activités finan- gionale. Ce constat s’applique à la
Davantage de centrescières, fortement dépendantes par na- grande distribution alimentaire (à l’ins-
de décision locauxture et très bien implantées dans la ré- tar des réseaux Leclerc, Intermarché,
gion, accroissent mécaniquement le de- Super U) ainsi qu’au commerce spécia-
gré de dépendance de la Bretagne. lisé dans l’équipement de la personne
Dans l’industrie automobile, la cons- La Bretagne tire sa relative indépen- ou de la maison. La concentration dans
truction navale, la pharmacie-parfu- dance pour moitié de la structure de son la grande distribution a toutefois forte-
merie ou l’électronique-téléphonie, au économie et pour l’autre moitié d’une ment réduit l’autonomie du commerce
Octant n° 100 - janvier 2005 17Économie
Principaux groupes étrangers et nombre de salariés contrôlés en Bretagne
Nombre de salariésPays de la tête de groupe
contrôlés en 2000
CF Gomma Italie 2000 à 3000
Northen Télécom Canada 1000 à 2000
Kingfischer Royaume-Uni 1000 à 2000
Pargesa Asset management Pays-Bas 500 à 1000
Schweitzer Mauduit international Etats-Unis 500 à 1000
Teksid Italie 500 à 1000
Preussag Allemagne 500 à 1000
Smithfield foods Etats-Unis 500 à 1000
Canon Japon 500 à 1000
Hill-Rom international Etats-Unis 500 à 1000
Source : INSEE, répertoire SIRENE, LIFI, 2000
régional au cours de la dernière dé-
cennie. Carrefour a augmenté son em-
prise sur le commerce breton avec le ra-
Un fort ancrage régional pour quelques groupes non bretons
chat des Continent et du réseau des
Comptoirs Modernes Economiques de
Le groupe parisien Yves Rocher se dis- nécessairement au moins un siège socialRennes. De même, la société Casino de
tingue des autres groupes français pré- d’entreprise localisé en France. LaSaint-Etienne a racheté le groupe
sents dans la région par un trèsfortan- localisation de ces sièges sociaux est unRallye, localisé dans la région brestoise.
crage breton. Le siège du groupe est à indicateur d’ancrage géographique.
Paris mais 90 % des effectifs et la plupart
des établissements sont localisésenBre- Ainsi, 43 % des salariés bretons dépen-
tagne. Intermarché au travers de ses éta-Une dépendance marquée à dants de l’étranger sont rattachés à un
blissements industriels et ses bases logis- siège social localisé dans la région, lel’égard de la région parisienne
tiques est également trèsbienimplanté plus souvent parce que les établisse-
dans la région (près du quart des
ments français du groupe sont surtout
effectifs).
situés en Bretagne (SchweitzerLorsque les salariésdépendent d’un
Mauduit, Canon, Northen Télécom,centre de décision extérieur à leur ré- Parmi les autres groupes non bretons
Teksid, Hill-Rom…). Presque tous lesbien établis en Bretagne, on trouve éga-gion, celui-ci est le plus souvent localisé
autres salariésdépendant de l’étrangerlement BSA-Besnier et le groupe Cofigaden Île-de-France. Prèsde28%dessala-
sont rattachés à un siège social localisédans l’agroalimentaire, le groupementriés bretons sont rattachés à un groupe
en Île-de-France (41 %). C’est souventd’achat Leclerc, Thomson multimedia etou une entreprise localisésenrégion
le cas des groupes ayant des établis-Coficem (Sagem) dans les technologiesparisienne. Les régions très industrielles
de l’information et de la communica- sements disséminés sur l’ensemble du(Haute-Normandie, Franche-Comté,
tion, SHS (Resteco, Samsic) dans les ser- territoire (Nestlé, Kingfischer, Sécuri-Lorraine, Nord-Pas-de-Calais) et les ré-
vices, ou Verinvest dans le transport. tas), mais c’est également le cas pourgions les plus proches du bassin pari-
quelques groupes bien ancrés dans lasien sont les plus dépendantes de Des groupes étrangers
région (Gomma, Preussad, Standardl’Île-de-France. La Bretagne se classe bien implantés en Bretagne
Product). La dépendance à l’égard dejuste après, un peu au-dessus de la
Lorsqu’ils contrôlent des établisse- siège sociaux d’une autre région estmoyenne de province et loin devant les
ments français, les groupes étrangers ont marginale.régions du sud de la France.
En 2000, le groupe Peugeot SA contrô-
lait plus de 10 000 salariés bretons,
Yves Rocher, Carrefour et le Crédit Mu-
-tuel plus de 5 000 chacun. Parmi les au
tres groupes privés parisiens employant
plus de 2 000 salariésdanslarégion, on
trouve les groupes bancaires BNP Pari-
aussi plus de 2 000 emplois bretons. Lesbas et Crédit agricole. Dans le BTP, la Moins d’implantations
centres de décision parisiens sont surre-gestion de l’eau ou la publicité, de nom- étrangères
présentés en Bretagne parce que beau-breux établissements dépendent de
coup de grands établissements bretonsgroupes franciliens (Bouygues, Vivendi
appartiennent à des groupes privés fran-et Vinci). Alcatel, dans l’industrie des té-
çais, alors que dans d’autres régions, ce Les groupes étrangers sont aussi moinslécommunications, Besnier et Intermar-
présents dans l’appareil productif de latype d’établissements dépendent deché dans l’agroalimentaire géraient
groupes étrangers. région, ce qui explique encore la faible
18 Octant n° 100 - janvier 2005Économie
dépendance des établissements de Bre-
tagne : 6,5 % des salariés bretons des
Les groupes privés bretons
secteurs marchands non agricoles tra-
vaillent sous le contrôle d’un groupe
Dans beaucoup d’activités, les établisse- Ouest-France et Le Télégramme expliqueétranger contre 12 % dans l’ensemble
ments bretons sont plus souvent qu’ail- la forte autonomie des établissementsdes régions de province et 15 à 20 %
leurs contrôlés par des groupes privés régionaux.dans les régions très industrialisées
bretons, c’est cet élément qui constitue(Alsace, Haute-Normandie et Picardie).
le facteur explicatif majeur de la Dans les activités industrielles de biens
La composition de l’économie bretonne
moindre dépendance de la Bretagne. intermédiaires la plus grande autonomie
va dans le sens d’une moindre dépen-
tient notamment à la présence dans la
dance des établissements vis-à-vis de Les groupes privés sont trèsprésents chimie (engrais) du groupe malouin
l’étranger mais cela n’explique que la dans la filière agricole et agroalimentaire Roullier, et dans le plastique du quimpé-
moitié de cette sous-représentation. (fabrication et commercialisation des rois Bolloré. Dans la filière métallurgie,
produits de l’agriculture et des IAA, ser- le groupe rennais Legris et les groupes
En Bretagne comme dans les autres ré- vices annexes à ces activités). Ce poten- brestois Meunier et Bastide expliquent la
gions françaises, les groupes étrangers tiel repose sur la présence d’importantes plus grande autonomie de l’outil pro-
contrôlent principalement les activités coopératives comme l’Union régionale ductif régional.
industrielles des biens intermédiaires et des coopératives agricoles, la Coopéra-
tive des agriculteurs de Bretagne, la Coo-des biens d’équipement. Ils ont pour la Groupes et microgroupes :
perl Hunaudaye. Ces groupes coopéra-plupart concentré leurs investissements
forte densité en Bretagnetifs et les nombreuses autres coopé-dans l’ouest dans les filières des techno-
ratives régionales contrôlent principale-logies de l’information et de la commu-
ment des unités industrielles d’abattages Les groupes privés bretons de plus 500nication, de l’automobile ou de l’agro-
ou de transformation de viande. Elles salariés contrôlent 8 % des salariésdelaalimentaire.
sont également trèsprésentes dans l’in- région, deux fois plus qu’en moyenne
dustrie laitière, la fabrication d’aliments dans les régions de province. La Bre-
pour animaux, la filière légumes et le né- tagne se classe ainsi parmi les régions à
goce de produits agricoles. A côté de ce forte densité de grands groupes privésré-Groupes étrangers
système coopératif cohabitent des grou- gionaux au même titre que le Nord-Pas-dans les biens intermédiaires
pes privés locaux et des entreprises indé- de-Calais et l’Auvergne. Les mi-
et les biens d’équipement pendantes qui détiennent d’importants cros-groupes (moins de 500 salariés)
établissements de la filière IAA régio- sont également un peu mieux représen-
nale. Les groupes Agropar (Doux, Gali- tés en Bretagne que dans d’autres ré-
Dans les biens intermédiaires, prèsdu na), Jean Floc’h (Bernard SA), Bigard et gions : ils contrôlent 9 % des salariésde
quart des emplois dépendent de l’étran- Glon-Sanders contrôlaient en 2000, la région, soit un point de plus que la
vingt grands établissements agroalimen- moyenne de province. Dans les Pays deger. Dans la région, les centres de déci-
taires et plus de 7 000 salariés dans la la Loire, la Franche-Comté, le Poi-sion étrangers de ce secteur sont surtout
région. tou-Charentes, les régions Nord-Pas-localisés en Italie et aux Etats-unis. Les
de-Calais et Rhône- Alpes, plus de 10 %groupes italiens CF Gomma et Teskid
Dans la filière presse-édition-communi- des salariés sont dirigés par des mi-contrôlent respectivement une grosse
cation, la présence conjointe des groupes cros-groupes régionaux.unité de production d’éléments en
caoutchouc à Rennes, et une fonderie,
la SBFM à Caudan. Le groupe américain
Schweitzer Mauduit contrôle les pape-
teries de Mauduit à Quimperlé.Dela
même nationalité, le groupe Cooper
Standard détient un établissement spé-
cialisé dans le traitement du caout-
chouc à Vitré. Enfin le groupe Lazards Part des salariés contrôlés
contrôle Manoir industries à Saint- par un centre de décision localisé
Brieuc. dans la région de l'établissement
Dans l’industrie des biens d’équipe-
ment, 15 % des salariés bretons dépen-
dent d’un groupe étranger, deux fois
moins que dans l’ensemble des régions
de province ; c’est le corollaire d’une % des salariés
plus grande autonomie des établisse-
ments de fabrications de machines et 79
59équipement pour l’industrie, l’agricul-
58ture ou les IAA. Les activités les plus
55
contrôlées sont l’électronique-télé-
46
phonie (Canon, Mitsubishi) et la fabri-
cation de matériel médicochirurgical
(Hill-Rom sas). Les Etats-Unis et l’Alle-
magne contrôlent par ailleurs une tren-
taine de PMI spécialisés dans la fabrica-
tion de machines ou la maintenance
Source : Insee - année 2000industrielle ou d’ascenseurs. Les
Octant n° 100 - janvier 2005 19Économie
Autonomie et rayonnement des zones d'emplois bretonnes
90
Forte autonomie - Fort rayonnementForte autonomie - Faible rayonnement
80
Guingamp Pontivy
75
Dinan
Ploërmel Saint-Malo
Fougères
70
Carhaix
Morlaix
Auray
Quimper
Saint-Brieuc
65
Vannes
Lorient
Bretagne Taux de rayonnement
60
Vitré
Brest
55
Lannion
50
Rennes
Redon
45
Faible autonomie - Faible rayonnement Faible autonomie - Fort rayonnement
40
0 5 10 15 20 25
en % d'emplois salariés
Source : Insee - année 2000
Lecture : la zone de Quimper présente un taux de rayonnement de 22 % tandis que son taux d’autonomie vaut 67 % (taux de dépendance = 33 %).
difficultés et fermetures d’établisse- de biens d’équipement industriels et du région Nord-Pas-de-Calais qui doit son
ments ont cependant fortement réduit la commerce de détail (LIDL). taux de rayonnement élevé au groupe
dépendance à l’égard du Japon et du Auchan.
continent nord américain. Le groupe
canadien Nortel Network a fermé trois Des entreprises rayonnantes, La position favorable de la Bretagne est
de ses établissements bretons en 2002. liée à la présence de plusieurs groupesdans des activités diversifiées
Le groupe japonais Mitsubishi a fermé de dimension nationale ou internatio-
une importante unité de production en nale qui ont conservé leur centre de dé-
Parallèlement, certaines entreprises2003. Par ailleurs, les effectifs ont beau- cision dans la région. Le groupe
bretonnes contrôlent des salariés à l’ex-coup diminué dans les autres usines de Ouest-France est présent dans l’édi-
térieur de la Bretagne : 55 600 salariésl’électronique-téléphonie depuis 2001. tion-presse (Sipa Press), la communica-
employésdansprès de 3 000 établisse- tion et la publicité (SPFC). Le groupe fi-
ments localisés dans les autres régionsPrès de 7 000 salariés bretons du com- nistérien Bolloré contrôle des établisse-
1
françaises . Le taux de rayonnement desmerce dépendent de l’étranger, soit ments du transport maritime et de logis-
groupes et entreprises bretonnes est re-5,6 % des emplois du secteur, un peu tique, des établissements industriels
lativement élevé par rapport à lamoins que dans les autres régions. Le spécialisés dans la fabrication de papier
moyenne des régions de province. Lagroupe britannique Kingfisher (Castora- et de films plastiques ou dans la distri-
e
Bretagne se classe au 5 rang tout justema, Euroloisir, Darty) est le groupe bution d’énergie. Le groupe rennais Le-
aprèsl’Auvergne (Michelin), le Limou-étranger le plus implanté dans le com- gris spécialiste de la robinetterie, et de
sin (Legrand), et Rhône-Alpes (Créditmerce régional. Deux autres pays euro- la connectique industrielle rayonne
Lyonnais) et nettement en dessous de lapéens contrôlent aussi plus de 1 000 sa- également par ses filiales de fabrication
lariés dans le commerce. Les Pays-Bas d’engins de levage et de manutention
sont plutôt centréssur le négoce de (Potain).
1 : Les informations disponibles ne permettent pas deboissons et le commerce d’équipements
mesurer les effectifs contrôlés à l’étranger ; ne sontautomobiles. Les groupes allemands pi- Les groupes agroalimentaires contri-
donc comptabilisés que les effectifs des établisse-
lotent surtout des établissements de dis- buent au rayonnement économique dements implantés sur le territoire français (y compris
DOM-TOM).tribution pharmaceutique, du négoce la Bretagne : Glon-Sanders, Bigard,
20 Octant n° 100 - janvier 2005
en % d'emplois salariés
Taux d’autonomieÉconomie
Le poids des groupes dans les zones d'emploi bretonnes
en % des effectifsDéfinitions
Redon
Établissement : unité de base du sys-
Vitrétème production, l’établissement peut
être un élément d’un système plus Rennes
complexe (entreprise ou groupe) ou
Pontivy-Loudéac
bien constituer à lui tout seul une en-
Ploërmeltreprise dite mono-établissement.
Saint-Brieuc
Entreprise :l’entreprise est une unité
Morlaix
économique organisée pour produire
Vannesdes biens ou des services pour le mar-
ché. Elle est représentée par une per- Brest
sonne juridique, physique ou morale et
Lorient
composéed’un ou plusieurs établisse- Grands groupes
Fougères privés bretonsments. L’entreprise est juridiquement
autonome mais peut dépendre finan- Quimper Micro-groupes
cièrement d’une autre entreprise. privés bretonsCarhaix
Saint-Malo Grands groupesGroupe : le groupe est constitué d’un
français non bretons
ensemble de sociétésliées entre elles Guingamp
Micro-groupespar des participations au capital. Une Dinan
françdes sociétés du groupe détient sur les
Aurayautres un pouvoir de décision. Groupes étrangers
Lannion
Tête de groupe : entreprise qui con-
010 20 30 40 50 60 70trôle au moins une autre entreprise et
qui n’est contrôlée par aucune autre
Source : Insee - année 2000
société. Elle peut être localisée à l’exté-
rieur du territoire français.
Lecture : Dans la zone d'emploi de Redon, 1 % des salariés travaillent dans un établissement
appartenant à un groupe privé breton (plus de 500 salariés), 7,4 % dans un établissement dépendantCentre de décision : le centre de déci-
d'un micro-groupe privé breton (moins de 500 salariés) ; 45,7 % dans un é désion est la tête de groupe si l’établisse-
d'un grand groupe français non-breton ; 1,9 % dans un établissement dépendant d'un micro-ment appartient à un groupe ou, le
groupe français non breton et 4,8 % dépendent de l'étranger. Les 40% des salariés non représentés
siège social de l’entreprise dans l’autre
sur le graphique travaillent dans des groupes publics, des établissements indépendants ou des
cas. Le centre de décision représente le
entreprises non organisées en groupe.
sommet de la pyramide légale du
groupe ou de l’entreprise, mais peut ne
pas correspondre au centre de décision
réel, notamment dans le cas de déloca-
lisation à l’étranger pour des facilités
fiscales.
dans une autre région française. Les Rayonnement de Quimper,
groupes PLG, dans la distribution de dépendance pour Lannion
produits d’entretien, Cardinet Victoire et Redon
dans l’imprimerie et Pigeon dans les tra-
vaux publics contrôlaient entre 700 et
Doux-Galina et les grandes coopérati- 900 salariés chacun.
ves (Ploudaniel, Union régionale des Si Brest, Lorient et Vitré détiennent des
coopératives agricoles, Union fermière taux de dépendance et de rayonnement
morbihannaise) contrôlent 6 400 sala- proches de la moyenne régionale, lesRayonnement vers les Pays
riés extérieurs à la région. Citons aussi autres zones s’en distancient notable-
de la Loire, l’Île-de-Franceles groupes industriels Roullier et Meu- ment. Quimper détient le meilleur taux
nier et dans le transport, les groupes et Rhône-Alpes de rayonnement, fortement liéà la pré-
Excel et Gautier. sence du groupe Bolloré. Cette zone est
par ailleurs faiblement dépendante. A
Dans les services aux entreprises, le Les établissements extérieurs apparte- l’opposé, Lannion et Redon s’avèrent
rayonnement tient surtout à Groupe LG, nant à des groupes privés bretons sont fortement dépendantes et peu rayon-
spécialiste du nettoyage et Loxaco principalement localisésdanslarégion nantes, et semblent plus exposées que
(Loxam) qui exerce son activité dans la voisine des Pays de la Loire, en Île-de- d’autres à des à-coups économiques. La
location de matériels. France et Rhône-Alpes. Dans les Pays forte spécialisation dans l’électronique-
de la Loire, le rayonnement porte prin- téléphonie pour la première et la parfu-
Dans les autres activités, plusieurs grou- cipalement sur des activités de services merie-cosmétique pour la seconde ex-
pes se distinguent par le nombre d’éta- aux entreprises, du commerce et des pliquent ce constat. Lannion dépend
blissements contrôlés ou par le volume IAA. Les établissements franciliens et d’une filière organisée à partir de gran-
d’emplois concernés. En 2000, le rhônalpins sont surtout spécialisésdans des entreprises nationales. Redon est
groupe Le Duff était à la tête de 200 éta- les services (services opérationnels, res- trèsdépendante du groupe Yves Ro-
blissements et 3 000 emplois localisés tauration) et le transport. cher, dont le siège est localiséà Paris ;
Octant n° 100 - janvier 2005 21Économie
Méthodologie
Le champ de l’étude : cette étude porte sur les données de l’année 2000. Elle concerne l’ensemble des établissements employeurs
de Bretagne appartenant aux secteurs marchands non agricoles. Les sources utilisées sont le répertoire Sirene, l’enquête sur les liai-
sons financières (LIFI), les fichiers de déclarations fiscales (DADS), et le système unifié de statistique d’entreprise géré par l’Insee
(SUSE).
La dépendance:ladépendance mesure, pour un territoire, l’importance des emplois qui sont contrôlés par des centres de décisions
situés en dehors de ce territoire.
Nombre de salariésdépendants
Taux de dépendance = ×100
Nombre de salariés total du territoire
Le rayonnement : le rayonnement mesure l’influence en terme d’emplois des centres de décisions localisés sur un territoire, en rap-
portant le nombre de salariés externes à la région (mais dépendants d’un centre de décision interne à ce territoire) à l’effectif salarié
de cette zone. Ce taux de rayonnement peut être dans certains cas supérieur à 100 (cas des territoires parisiens contenant beaucoup
de sièges sociaux et de têtes de groupe).
Nombre de salariés hors région,'dépendants d uncentre de décision du territoire
Taux de rayonnement = ×100
Nombre de salariés total du territoire
les effectifs français du groupe sont SA, Carrefour, La Poste…)ou étrangers Pour en savoir plus
néanmoins concentrés sur la zone de (Gomma, Canon, Sanden). Le taux de
Redon, territoire originel de la marque. rayonnement élevé résulte surtout de la
Mutations économiques en Bre-
présence des groupes Legris, Ouest- tagne : forces et faiblesses des zones
France et Le Duff. d’emploi / Insee Bretagne. - Dans :
Pontivy se démarque parmi Dossier Web ; n° 1 (2004, oct.). Sys-
tème en ligne.les zones agroalimentaires
Près de 60 % Images économiques des entreprises
erde groupes privés à Redon et des groupes au 1 janvier 2002. -
Les petites zones et celles du centre Bre- Dans : Insee résultats-Economie ;
tagne sont pour la plupart faiblement n° 13 (2003, déc.) - 34 p. Papier +
dépendantes et peu rayonnantes : le La présence d’Yves Rocher dans la zone cédérom.
poids de l’agroalimentaire est important de Redon explique la forte part des
Le tissu économique du Bassin pari-
et les grands établissements industriels groupes privés français parmi les cen- sien : forte autonomie et influence
de biens intermédiaires ou de biens tres de décision de cette zone. A l’oppo- importante / Caroline Roux. - Dans :
d’équipement sont peu présents. Ponti- sé, la proportion de salariés des secteurs Insee Picardie-Relais;n° 132 (2004,
vy-Loudéac se singularise toutefois dans marchands contrôlés par des groupes juil.). - 4 p.
ce groupe par un taux de rayonnement publics est très forte sur le territoire de
Midi-Pyrénées, une économie plutôtrelativement élevé pour une zone Lannion, alors que le tissu productif
autonome / Céline Rouquette,agroalimentaire. Cette spécificité s’ex- d’Auray se distingue par davantage
Jean-Louis Julia. - Dans : Inseeplique par le rayonnement, au-delà des d’entreprises ou d’établissements indé-
Midi-Pyrénées : 6 pages ; n° 71
limites géographiques régionales, du pendants. Enfin dans les zones de
(2004, avr.). - 6 p.
groupe Glon-Sanders et de l’Union fer- Saint-Malo, Guingamp et Dinan, les
Une économie plutôt autonome :mière morbihannaise. groupes étrangers sont peu présents.
l’industrie du caoutchouc : un atout
pour le rayonnement auvergnat /Les grands établissements de la zone
Vincent Rougeot. - Dans : Insee Au-d’emploi de Rennes dépendent de grou-
vergne : la lettre;n° 20 (2004, juil.).pes privés ou publics parisiens (Peugeot Irène HOUSSAIS
- 6 p.
22 Octant n° 100 - janvier 2005
n

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