Commerce : la grande redistribution

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Depuis 1980, le commerce a connu d'importantes mutations en Bourgogne, en lien avec l'évolution des habitudes d'achat. Les grandes surfaces se sont généralisées et sont maintenant implantées sur l'ensemble du territoire régional, notamment rural. A l'inverse, les commerces de proximité ont décliné depuis 20 ans, seule la boulangerie se maintenant mieux.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE N°85-Septembre 2001BOURGOGNE
Commerce :
la grande redistribution
Depuis 1980, le commerce a connu d’importantes mutations en Bourgogne,
en lien avec l’évolution des habitudes d’achat.
Les grandes surfaces se sont généralisées et sont maintenant implantées
sur l’ensemble du territoire régional, notamment rural.
A l’inverse, les commerces de proximité ont décliné depuis 20 ans,
seule la boulangerie se maintenant mieux.
u premier janvier 2000, la Bour-
Forte densité de grandes surfaces en BourgogneAgogne dispose d’une densité com-
merciale en super et hyper-marchés de
er
Densité en super et hyper-marchés (m² pour 1 000 habitants) au 1 janvier 2000318 m² pour 1 000 habitants. Elle se
er
situe au 1 rang des régions françaises
devant la Lorraine (308 m²), l’Aquitaine
(304 m²) et l’Alsace (295 m²).
L’ensemble des départements bour-
guignons bénéficient d’une desserte
supérieure à la moyenne nationale de
253 m² pour 1 000 habitants. L’Yonne
ème
se situe ainsi au 3 rang des départe-
ments métropolitains (331 m²), la
ème
Nièvre au 5 (328 m²), la Côte-d’Or au
ème
13 (313 m²) et la Saône-et-Loire au
ème
17 (308 m²). Les créations ou exten-
sions de grandes surfaces, gelées tem-
porairement en 1996, sont en constante
augmentation depuis.
Généralisation des
grandes surfaces
L’implantation de grandes surfaces
en Bourgogne s’est intensifiée depuis
entre 310 et 34020 ans. En 1998, 163 communes de
entre 290 et 310Bourgogne disposaient d’une grande entre 270 et 290
entre 250 et 270surface (super ou hyper-marchés) sur
entre 92 et 250leur territoire, soit près de8%de
Moyenne Bourgogne : 318
l’ensemble des communes de la région. France Métropolitaine : 253
Cette proportion ne s’élevait respective- Sources : DEcas - Point de vente - INSEE - Recensement de la population de 1999.
ment qu’à 6 et 4 % en 1988 et 1980.INSEE N°85-Septembre 2001BOURGOGNE
Forte progression des grandes surfacesAu cours des deux dernières décen-
nies, le nombre de super et
Part des communes dotées d’un super ou hyper-marché
d’hyper-marchés a plus que doublé. %
12
Les quatre départements bourgui-
gnons ont tous bénéficié de cette géné-
10
ralisation des grandes surfaces. La Nièvre
Nièvre reste le département ayant le Saône-et-Loire
plus de communes dotées d’un super ou 8 Bourgogne
hyper-marché (9,9 %). La Saône-et- Yonne
Côte-d'OrLoire a pour sa part connu l’évolution la
6
plus nette, notamment dans les années
80. La progression a été moindre par la
suite. 4
Jusque là confinées dans les centres
urbains et à proximité des principaux
2
axes de communication, les grandes
surfaces se sont répandues sur
0l’ensemble du territoire bourguignon au
1980 1988 1998cours des vingt dernières années,
notamment dans les communes péri-
Sources : INSEE - SCEES, Inventaires communaux de 1980,1988 et 1998.
urbaines et dans l’espace rural.
appel à des équipements alternatifs.En 1980, les trois quarts des super et larges zones d’activité commerciale à
Les évolutions des 20 dernières années proximité de dessertes routièreshyper-marchés étaient localisés dans
ont conduit à la diminution de ces dispa- expliquent cette évolution.des pôles urbains et ruraux. A l’inverse,
rités spatiales. Avant 1988, le phénomène estune large part du territoire ne disposait
circonscrit aux périphéries de Chalon-d’aucune grande surface. L’est de la
sur-Saône, Nevers et, dans uneNièvre et le nord de la Côte-d’Or, éloi- Nombreuses ouvertures
moindre mesure, Auxerre et Mâcon.gnés des grandes agglomérations, autour des grandes villes Après 1988, les ouvertures ontétaient ainsi faiblement dotés. Seules
et dans le rural davantage concernées Dijon (vers l’est4 communes de la Nièvre rurale hors
et le sud-est, le long de la voie ferrée),Val-de-Loire disposaient d’un super-
Chalon-sur-Saône et Auxerre bénéfi-marché : Corbigny, Château-Chinon, Au sein de l’espace urbain, ce sont
ciant également de nouvelles implanta-Moulins-Engilbert et Luzy. De même, les communes de l’immédiate
une seule grande surface était installée périphérie des grands centres urbains tions.
qui ont été les principales bénéficiaires Les pôles urbains ont égalementau-dessus d’une ligne Montbard-Dijon,
de la généralisation du commerce de profité d’une densification du tissu desà Châtillon-sur-Seine. Une part impor-
masse. La forte croissance démogra- super et hyper-marchés, notammenttante de ces populations devait donc
phique et la recherche de vastes après 1988. Certaines zones sontsoit parcourir de longues distances pour
espaces permettant l’implantation de néanmoins moins équipées comme lesaccéder à une grande surface, soit faire
couronnes périurbaines d’Autun et
d’Avallon, le nord-ouest de Dijon et le
nord-est de Chalon-sur-Saône.
8 % des communes bourguignonnes disposent d’une grande surface Dans l’espace à dominante rurale, la
généralisation des grandes surfaces a
pris deux aspects : la densification du% d’individus
% de communes Distance*
ayant en 1998 tissu des pôles jusqu’en 1988 et unedotées d’une d’accès à une
une grande
grande surface grande surface meilleure desserte à l’intérieur du ruralsurface dans
en 1998 en 1998 (km)
leur commune isolé sur l’ensemble de la période.
En 1988, 72 % des pôles ruraux sont
63,5 93,9 5,6Pôles urbains
ainsi dotés d’une grande surface contre
5,8 21,6 9,2Communes périurbaines 59 % en 1980. La décennie 90 a elle été
5,0 22,7 12,6Rural sous faible influence urbaine marquée par une stabilisation à l’inté-
72,4 92,2 2,6 rieur de cette catégorie de communes.Pôles ruraux
Certains pôles ont même vu une part de0,7 5,2 9,0Périphérie des pôles ruraux
leurs grandes surfaces fermer. Il s’agit
6,9 35,6 14,1Rural isolé
de Châtillon-sur-Seine, Saint-Florentin,
8,0 57,7 10,7Bourgogne Clamecy, La Charité-sur-Loire et
* Distance calculée à vol d’oiseau pour les Bourguignons ne disposant pas d’une grande surface dans leur Bourbon-Lancy.
commune de résidence.
Sources : INSEE - SCEES, Inventaire communal de 1998 - Recensement de la population de 1999.
© INSEE Bourgogne - 2001 - Commerce : la grande redistribution 2INSEE N°85-Septembre 2001BOURGOGNE
Parallèlement, le nombre de super
Implantation des grandes surfaces principalementet hyper-marchés a presque triplé en
autour des grandes villes et le long des axes routiersvingt ans dans le rural isolé.
Aujourd’hui, près de 7 % des commu- Implantation des grandes surfaces par type d’espace (zonage en aires urbaines de 1990) en Bourgogne
nes appartenant à cet espace sont
équipées, contre à peine 3 % en 1980.
Le sud de la Saône-et-Loire a vu se
construire des grandes surfaces dans
des communes rurales proches des
pôles ou des axes de communication.
Dans l’Yonne, la bande rurale s’éten-
dant de Sens à Cosne-Cours-sur-Loire
a également été une zone de crois-
sance. L’est de la Nièvre a été la
troisième zone d’extension.
La plupart des communes bourgui-
gnonnes sont à présent à proximité
d’une grande surface. Seule la zone
située entre Châtillon-sur-Seine et
Dijon apparaît faiblement desservie.
Actuellement, les 42 % de Bourgui-
gnons ne disposant pas d’une grande
surface au sein de leur commune de
résidence doivent parcourir en
moyenne 10,7 kilomètres. Cette
distance est très variable d’un type
d’espace à l’autre, les habitants du
rural isolé parcourant plus de 14 kilo-
mètres contre moins de 3 pour leurs
Communes disposant d’un super ou hyper-marchéshomologues des pôles ruraux.
Pôles urbains
Ces distances moyennes cachent Couronnes périurbaines
Communes multipolariséesde fortes disparités entre communes. sous faible influence urbaine
Ainsi, 67 000 personnes habitent une Pôles ruraux
Périphérie des pôles ruraux
des 302 communes situées à plus de Rural isolé
Voies ferrées20 kilomètres d’un super ou hyper-
Autoroutes
marché. Parmi elles, près de 10 000 Sources : INSEE - SCEES, Inventaire communal de 1998.
parcourent plus de 30 kilomètres.
A l’opposé, 200 communes rassem-
blant 118 000 personnes se trouvent à alimentaires vendus dans une grande Le magasin d’alimentation générale
surface est ainsi passée de 12 % au et la supérette, qui offrent la mêmemoins de 5 kilomètres d’une grande
début des années 70 à 62 % actuelle- gamme de produits que les grandessurface.
ment. Les habitudes d’achat ont surfaces, ont été les premiers touchés
évolué, les consommateurs groupant par leur concurrence. 915 communesDifficultés des
désormais souvent leurs achats en un bourguignonnes sont maintenant équi-
commerces traditionnels seul endroit où ils se rendent une fois pées contre 1 886 en 1980. Le rythme
par semaine. des fermetures s’est même accéléré au
Les fermetures de commerces tradi- cours des dix dernières années.Cette généralisation de la grande
tionnels ont été nombreuses en Bour- L’ensemble des départements et desdistribution sur l’ensemble du territoire
gogne au cours des 20 dernières types d’espace ont été concernés.bourguignon s’est faite au détriment
années, leur rythme et leur ampleur La station-service, autrefois large-des commerces traditionnels que sont
variant en fonction des types de ment présente au sein du monde rural,le bureau de tabac, le magasin
commerce. Si les magasins d’alimenta- a connu la même évolution. 43 % desd’alimentation générale, la station-
tion générale et les stations-service ont stations implantées en Bourgogne enservice, la boulangerie et la boucherie.
été nombreuses à disparaître, les 1980 ont disparu depuis. Les ferme-Ces petits commerces soutiennent
boulangeries ont été plus faiblement tures ont été plus nombreuses aprèsdifficilement la concurrence des
touchées par la crise du commerce de 1988. Les évolutions sont cependantgrandes surfaces, celles-ci offrant à la
proximité. Les bureaux de tabac et les contrastées en fonction des catégoriesfois une gamme de produits plus
boucheries se situent quant à eux dans d’espace : l’urbain hors pôle et le périur-étendue et des prix souvent plus attrac-
une position intermédiaire. bain rural ont été davantage touchés.tifs. En France, la part des produits
© INSEE Bourgogne - 2001 - Commerce : la grande redistribution 3INSEE N°85-Septembre 2001BOURGOGNE
Les disparités spatiales demeurentParmi les magasins d’alimentation
spécialisés, la boulangerie a moins % de communes disposant d’un commerce de proximité en 1998 par catégorie d’espace
(zonage en aires urbaines de 1990)souffert du développement des grandes
100surfaces que la boucherie. 32 % des
communes bourguignonnes restent 90
ainsi dotées d’un boulanger en 1998
80
contre 18 % pour les boucheries. Par
70ailleurs, le déclin des boucheries est
davantage dû à des problèmes 60
structurels (difficulté de remplacement
50
des bouchers partant à la retraite par
40des jeunes) qu’aux récentes crises
sanitaires. 30
20
Denis Quénelle
10
0
Magasin d'alimentation Bureau Station-service Boulangerie Boucherie
générale de tabac
Pôles urbains Pôles ruraux
Couronnes périurbaines Périphérie des pôles ruraux Total Bourgogne
Communes sous faible influence urbaine Rural isolé
Sources : INSEE - SCEES, Inventaire communal de 1998.
LE ZONAGE EN AIRES URBAINES (définition de 1990)
L’espace à dominante urbaine regroupe les pôles urbains (villes ou agglomérations regroupant au moins 5 000 emplois en 1990) et les communes
dont plus de 40 % des actifs ont un emploi dans une ou plusieurs aires urbaines (périurbain).
L’espace à rurale rassemble les communes sous faible influence urbaine (dont 20 à 40 % des actifs résidents travaillent dans une aire ur-
baine), les pôles ruraux (dont le nombre d’emplois est supérieur à 2 000 et supérieur au nombre d’actifs résidents), leurs communes périphériques
(dont 20 % des actifs résidents travaillent dans un pôle rural) et le rural isolé.
L’INVENTAIRE COMMUNAL
Les communes françaises ont été enquêtées en 1980, 1988 et 1998 sur les commerces et les services implantés sur leur territoire et, en leur absence,
sur la commune généralement fréquentée par les habitants pour trouver ce commerce. Les commerces retenus ici sont les super et hyper-marchés, la
boucherie, la boulangerie-pâtisserie, le magasin d’alimentation générale, la station-service et le bureau de tabac. Ces équipements sont dénombrés
dans le cadre de l’enquête dans la limite de 5 équipements en 1980 et de 9 en 1988 et 1998.
Hypermarché : magasin en libre-service d’une superficie de vente supérieure ou égale à 2 500 m². Une part importante de la surface est réservée à
des marchandises non alimentaires.
Supermarché : magasin en (ou rayon en libre-service d’un grand magasin) d’une surface de vente comprise entre 300 et 2 500 m², pré-
sentant principalement des produits alimentaires.
Thème du prochain numéro : Les nouveaux arrivants dans la Nièvre
POUR EN SAVOIR PLUS
INSEE - BOURGOGNE
- Le commerce bourguignon s’est bien porté en 2000 - L’année 2000 en
2 bis, rue Hoche - 21000 Dijon
Bourgogne - INSEE Bourgogne Dimensions - Dossier n°30 - juillet 2001.
Tél:0380406767
Fax:0380406740
- Équipement des communes de Bourgogne - INSEE Bourgogne Dimensions -
Directrice de la publication : Véronique Moyne
Dossier n°24 - mai 1999.
Rédacteur en chef : Denis Quénelle
Maquette PAO : Catherine Naslot
- Équipement commercial des communes françaises - INSEE Synthèse n°52 -
Abonnement :
septembre 2001.
11 numéros par an + Bilan économique
et social annuel : 22,87 euros - 150 F
- Le commerce en 2000 - INSEE Première n°772 - avril 2001.
2,29 euros - 15 F le numéro
Impression : Imprimerie 21 - Dijon
- Premier rapport de l’Observatoire National du Commerce (1999-2000) -
Dépôt légal : à parution
Observatoire National du Commerce - 2001 - consultable sur le site du ministère
ISSN 1246-483 X
www.pme-commerce-artisanat.gouv.fr.
Code Sage D018516
 INSEE 2001- Grandes surfaces alimentaires : vers le modèle américain en matière de
services - INSEE Première n°686-décembre 1999.
© INSEE Bourgogne - 2001 - Commerce : la grande redistribution 4

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