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Environnement économique CONJONCTURE NATIONALE Les prémices d’une reprise d’activité en fin d’année 2009 Après la crise financière de 2008, l’ensemble des économies avancées connaît une profonde récession en 2009. L’activité reprend progressivement durant l’année et s’accélère nettement au quatrième trimestre. En France, la production industrielle rebondit en fin d’année, notamment dans l’industrie automobile. Mais l’activité, en repli de 2,2% en 2009, devrait progresser modérément début 2010. En 2009, plus de 357 000 emplois sont détruits et le taux de chômage atteint 9,6% au dernier trimestre. Une année de profonde récession avoir augmenté de 0,6% en 2008. Ainsi, le commerce exté- rieur français ampute la croissance de 0,2 point en 2009. L’année 2009 est marquée par une profonde récession. Toutes les économies avancées sont touchées et leur activité Fort recul de la production est en repli de 3,5%. À partir du deuxième trimestre, et après deux trimestres de chute, le rebond de la demande des pays Dans l’ensemble des branches, la production recule de émergents permet au commerce mondial de se stabiliser. Il 3,1% en 2009, après avoir progressé de 0,6% l’année atténue également les effets de la crise dans les pays dont précécente. Elle augmente toutefois de 0,6% au quatrième l’économie dépend fortement du commerce extérieur, comme trimestre, notamment grâce à la reprise de la production l’Allemagne et le Japon.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Environnement
économique
CONJONCTURE NATIONALE
Les prémices d’une reprise d’activité
en fin d’année 2009
Après la crise financière de 2008, l’ensemble des économies avancées connaît
une profonde récession en 2009. L’activité reprend progressivement durant
l’année et s’accélère nettement au quatrième trimestre. En France, la production
industrielle rebondit en fin d’année, notamment dans l’industrie automobile.
Mais l’activité, en repli de 2,2% en 2009, devrait progresser modérément
début 2010. En 2009, plus de 357 000 emplois sont détruits
et le taux de chômage atteint 9,6% au dernier trimestre.
Une année de profonde récession avoir augmenté de 0,6% en 2008. Ainsi, le commerce exté-
rieur français ampute la croissance de 0,2 point en 2009.
L’année 2009 est marquée par une profonde récession.
Toutes les économies avancées sont touchées et leur activité Fort recul de la production
est en repli de 3,5%. À partir du deuxième trimestre, et après
deux trimestres de chute, le rebond de la demande des pays Dans l’ensemble des branches, la production recule de
émergents permet au commerce mondial de se stabiliser. Il 3,1% en 2009, après avoir progressé de 0,6% l’année
atténue également les effets de la crise dans les pays dont précécente. Elle augmente toutefois de 0,6% au quatrième
l’économie dépend fortement du commerce extérieur, comme trimestre, notamment grâce à la reprise de la production
l’Allemagne et le Japon. Ainsi, l’activité des économies avan- manufacturière au second semestre. Cette dernière gagne
cées, après s’être stabilisée au deuxième trimestre, repart au 2,0% au troisième trimestre et 1,7% au dernier. La produc-
troisième et accélère au quatrième (successivement +0,1%, tion est en nette progression dans l’industrie automobile,
+0,3% et +0,8%). Ce sursaut est cependant freiné par l’ato- elle croît de 7,7% au troisième trimestre et de 3,7% au
nie de la demande intérieure. Par ailleurs, comparée au fort quatrième. Ce dynamisme est dû à une forte augmenta-
recul enregistré en début d’année, cette reprise d’activité est tion d’achats de véhicules par les ménages (+14,9% au
d’une ampleur limitée. quatrième trimestre). En effet, ces derniers ont anticipé ce
En 2009, en raison de la récession mondiale, le commerce type de dépenses, avant que les conditions d’attribution
international se contracte fortement. Dans ce contexte, les de la prime à la casse et du bonus-malus écologique ne
exportations françaises reculent de 11,2% en 2009, contre soient moins avantageuses.
e– 0,6% l’année précédente. Celles-ci sont en nette diminution En France, l’activité progresse de 0,6% au 4 trimestre 2009.
erau premier trimestre (– 7,3%). Les importations se replient Elle était en fort recul au 1 trimestre (– 1,4%) et en légère
également de façon importante. Elles chutent de 9,7%, après croissance au cours des deux trimestres suivants (+0,3% puis
6Conjoncture nationale
Une reprise timide, après une profonde récession
France : équilibre ressources-emplois en volume aux prix de l’année précédente chaînés, données CVS-CJO, moyennes trimestrielles ou annuelles (en %)
2008 2009 2010*
2008 2009
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
Produit intérieur brut +0,5 – 0,4 – 0,2 – 1,5 – 1,4 +0,3 +0,2 +0,6 +0,2 +0,3 +0,3 – 2,2
Importations +1,5 – 1,1 +0,4 – 4,0 – 5,8 – 2,6 +0,3 +3,3 +0,8 +0,5 +0,6 – 9,7
Dépenses de consommation des ménages – 0,2 +0,1 +0,3 0,0 +0,2 +0,3 +0,1 +0,9 +0,1 – 0,2 +0,9 +0,8
Dépenses de consommation des APU** +0,3 +0,3 +0,6 +0,4 +0,1 +0,6 +0,6 +0,7 +0,4 +0,5 +1,3 +1,7
Formation brute de capital fixe (FBCF) +1,0 – 1,5 – 1,2 – 2,6 – 2,4 – 1,0 – 1,4 – 1,2 – 0,9 +0,4 +0,4 – 6,9
dont :
Entreprises non financières +2,1 – 1,4 – 0,6 – 3,1 – 3,4 – 1,2 – 1,0 – 0,8 – 0,4 +0,6 +2,4 – 7,7
Ménages +0,1 – 1,4 – 2,8 – 2,5 – 1,7 – 1,6 – 2,3 – 2,7 – 1,9 – 0,4 – 1,4 – 8,1
Exportations +2,3 – 2,3 – 0,4 – 6,2 – 7,3 +0,5 +1,8 +0,5 +1,2 +1,1 – 0,6 –
Contributions :
Demande intérieure hors stocks +0,2 – 0,2 0,0 – 0,5 – 0,4 +0,1 – 0,1 +0,5 0,0 +0,1 +0,9 – 0,6
Variations de stocks*** +0,1 +0,1 0,0 – 0,5 – 0,7 – 0,6 – 0,1 +0,9 +0,1 0,0 – 0,3 – 1,4
Commerce extérieur +0,2 – 0,3 – 0,2 – 0,5 – 0,2 +0,8 +0,3 – 0,7 +0,1 +0,1 – 0,3 – 0,2
* Prévisions, d’après la note de conjoncture nationale de mars 2010
** Dépenses de consommation des administrations publiques
*** Les variations de stocks comprennent les acquisitions nettes d’objets de valeur
Source : INSEE
+0,2%). Sur l’ensemble de l’année 2009, le PIB français Tendance à la baisse
recule de 2,2%, après une croissance de 0,3% en 2008. de l’inflation sous-jacente
De nombreuses destructions d’emploi Le niveau élevé du chômage tempère la progression des
salaires. Par ailleurs, la faiblesse de la demande contraint les
Au niveau national, 357 600 postes sont supprimés en 2009. entreprises à contenir les prix pour conserver leurs clients. Ces
Cependant, grâce à une amélioration de la conjoncture, deux éléments entretiennent une tendance désinflationniste.
le recul de l’emploi marchand est moins important sur la Cependant, la hausse récente des prix des matières premiè-
deuxième partie de l’année (– 0,6% contre – 1,6% au premier res, et notamment du pétrole, viendrait limiter cette baisse en
semestre). se diffusant progressivement aux prix à la consommation. En
L’impact de la crise est particulièrement fort dans l’industrie. effet, depuis la fin de l’année 2008, les prix du pétrole ont
Dans ce secteur, 173 000 emplois sont détruits en 2009, soit doublé, partant d’un point bas à 40 $ le baril, et remontant
deux fois plus que l’année précédente (– 82 300). aux alentours de 80 $ à la mi-octobre 2009. Par conséquent,
(1)L’emploi intérimaire perd 152 500 postes au quatrième la baisse de l’inflation sous-jacente se poursuivrait, mais
trimestre 2008 et au premier trimestre 2009. Il se stabilise de façon modérée. Ainsi, de 1,6% en janvier 2010, elle
au deuxième trimestre et rebondit au second semestre s’établirait à +1,4% en juin 2010.
(+10,9%). Hors intérim, le recul de l’emploi dans le tertiaire
marchand est plus modéré sur l’ensemble de l’année 2009 :
une perte de 75 000 emplois au premier semestre et un
gain de 7 300 au second.
En revanche, dans le secteur tertiaire non marchand, 76 400
emplois sont créés en 2009, soit deux fois plus que l’année
précédente. Cette hausse s’explique par l’augmentation, dans
le même temps, du nombre de bénéficiaires de contrats aidés
(contrat d’accompagnement vers l’emploi - CAE, contrat
d’avenir - CAV).
En France métropolitaine, depuis le second semestre 2008, le
chômage repart à la hausse et retrouve son niveau de 1999.
Ainsi, au quatrième trimestre 2009, la part de la population
active au chômage est de 9,6% contre 7,8% un an plus tôt.
Cette remontée du chômage est due à la poursuite de pertes
d’emplois, malgré la reprise, et à un accroissement de la
population active supérieur à ce qui était attendu.
L’année économique et sociale 2009 en Franche-Comté 7Conjoncture nationale
Ménages : stabilisation de la consommation Comment s’expliquent les écarts de performance
et contraction des investissements en Europe pendant la récession
Les dépenses de consommation des ménages résistent bien à La récession, touchant la plupart des pays à partir de la
mi-2008, est d’une ampleur inédite depuis la fin de la la crise. Elles progressent de 0,8% en 2009 après une évolu-
deuxième guerre mondiale. En Europe, l’activité recule tion de +0,9% l’année précédente. Stable au cours des trois
de façon très synchronisée, mais l’ampleur du retrait de premiers trimestres de 2009, la consommation des ménages
la croissance n’est pas la même dans les grands pays
augmente nettement au quatrième trimestre (+0,9%). Elle eeuropéens. Ainsi, sur l’épisode de récession 2 trimestre
ebénéficie notamment de l’effet des mesures de soutien au 2008 – 2 trimestre 2009 (inclus), le PIB est fortement
marché automobile. En 2009, les acquisitions de logements en baisse en Allemagne et en Italie (respectivement
neufs se contractent fortement, notamment sous l’influence – 6,3 points et – 6,5 points), et un peu moins en Espagne
et au Royaume-Uni (respectivement – 4,2 points et conjuguée des conditions difficiles de financement, des faibles
– 5,6 points). Le repli de l’activité est sensiblement gains de pouvoir d’achat et de forte hausse du chômage.
moindre en France (– 3,3 points).
Ces écarts de performance, entre pays européens, ne
Perspectives 2010 : une croissance fragile tiennent pas à des différences d’exposition aux chocs.
En effet, le choc financier a entraîné un durcissement
Le PIB français progresserait modérément au premier se- des conditions financières assez homogène en Europe,
malgré une exposition des secteurs bancaires variable mestre 2010 (+0,2% au premier trimestre puis +0,3% au
selon les pays. De même, la chute du commerce mondial deuxième). Les entreprises relanceraient cependant quelque
n’a pas fait apparaître de différenciation marquée entre peu leurs projets d’investissement. Le rythme des destructions
les pays, en fonction de la structure géographique de
d’emplois, atténué depuis l’été 2009, faiblirait encore en dé-
leurs échanges. Au contraire, des reculs similaires des
but d’année suivante. Au deuxième trimestre 2010, le taux de demandes extérieures sont pointés.
chômage atteindrait 9,8% de la population active en France
métropolitaine. La consommation des ménages, fragilisée Les écarts de résultats entre grands pays européens
proviennent donc davantage de différences de réactions par la faiblesse du pouvoir d’achat et le contrecoup de la
de la part des agents économiques, plutôt que du degré prime à la casse, stagnerait globalement durant le premier
d’exposition du secteur bancaire à la crise financière ou semestre 2010.
de l’orientation géographique des échanges extérieurs.
Face à un choc de même nature, les comportements
des ménages et des entreprises, ainsi que la réaction
des autorités publiques, semblent être à l’origine des
divergences de résultats observées en Europe.
La France se distingue des autres grands pays européens
sur les points suivants :
une croissance moins dépendante des exportations
que l’Allemagne, d’où une activité davantage épargnée
en cas de chute de la demande mondiale ;
une crise immobilière de moindre ampleur en France
qu’en Espagne ou au Royaume-Uni ;
des ménages et des entreprises moins endettés qu’en
Espagne et en Grande Bretagne ;
un plan de relance pour soutenir le pouvoir d’achat
des ménages et la demande, au contraire de l’Italie.
En revanche, en matière d’emploi, le bilan est moins
favorable en France qu’en Italie et en Allemagne.
En France et à l’étranger, l’activité pourrait toutefois être
En somme, la France n’enregistre pas une meilleure soutenue par un mouvement de reconstitution des stocks. À
performance économique que ses principaux voisins. l’inverse, la demande intérieure française pâtirait davantage
Ce sont plutôt des facteurs spécifiques propres à chacun du contrecoup de la prime à la casse et d’un redressement
des autres grands pays européens qui ont pénalisé leurs
plus lent du marché immobilier. économies.
Catherine PERRIN (INSEE) D’après INSEE, En ordre dispersé, Note de conjoncture, décembre 2009.
D’après INSEE, Une demande sans tonus en Europe, Note de conjoncture, mars 2010.
(1) L’inflation « sous-jacente » est mesurée en retirant à l’indice d’ensemble les prix de l’énergie, des produits frais, les tarifs publics et en corrigeant des mesures fiscales.
L’année économique et sociale 2009 en Franche-Comté 8
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