Contexte national et international 2007 : léconomie française garde le cap (Octant n° 113)

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En 2007, l’économie mondiale résiste plutôt bien aux multiples chocs qui l’affectent. La croissance française garde elle aussi le cap, soutenue par une demande intérieure encore ferme et la création de plus de 350 000 emplois. Le solde commercial continue néanmoins de se dégrader et la hausse des prix du pétrole et des matières premières alimentaires pèse sur l’inflation dès la mi-2007. Tout comme pour l’économie mondiale, 2007 pourrait se révéler être une année de transition pour la France. La croissance reste en effet dans la lignée de 2006 mais les chocs qui ont commencé à l’affecter en 2007 devraient faire davantage sentir leurs effets en 2008.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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2007 : l’économie française
garde le cap
En 2007, l’économie mondiale résiste plutôt bien aux En France, la croissance du PIB ré-
siste plutôt bien, malgré un léger ra-multiples chocs qui l’affectent. La croissance française
lentissement (+ 2,1 % en 2007 après
garde elle aussi le cap, soutenue par une demande + 2,4 % en 2006). L’écart de crois-
intérieure encore ferme et la création de plus de 350 000 sance avec nos partenaires euro-
péens se résorbe quasiment au coursemplois. Le solde commercial continue néanmoins de se
de l’année et la croissance est la
dégrader et la hausse des prix du pétrole et des matières même en France et en Allemagne.
premières alimentaires pèse sur l’inflation dès la L’économie française bénéficie en ef-
fet d’une demande intérieure et d’unmi-2007.
marché de l’emploi dynamiques en
Tout comme pour l’économie mondiale, 2007 pourrait se 2007. En revanche, le déficit de com-
révéler être une année de transition pour la France. La pétitivité de la France pèse sur ses
échanges extérieurs et l’inflationcroissance reste en effet dans la lignée de 2006 mais les
progresse.
chocs qui ont commencé à l’affecter en 2007 devraient
faire davantage sentir leurs effets en 2008.
Flambée du prix
des matières premières
Le prix du baril de pétrole augmenten 2007, les chocs économiques niveau de 2006 (+ 2,6 % en 2007
fortement en 2007, passant d’environEsont d’une ampleur consé- après + 2,8 %).
55 $ en début d’année à près de 100 $quente : flambée des prix du pétrole et
en fin d’année. Cette hausse résultedes matières premières alimentaires, La quasi-stabilité en zone euro cache
d’une vive croissance de la demande.forte appréciation de l’euro sur le mar- un ralentissement progressif en cours
Dans le même temps, les cours desché des changes et crise immobilière d’année. La hausse de TVA en Alle-
matières premières alimentaires s’en-américaine suivie d’une crise finan- magne a en effet un impact sur la
volent réellement.cière internationale. consommation des ménages plus im-
portant et durable que prévu. Ensuite,
La flambée des cours pousse l’infla-Malgré ces chocs, la croissance mon- l’inquiétude des entrepreneurs face à
tion à la hausse. Elle se replie très lé-diale résiste bien en 2007. La la crise financière freine l’investisse-
gèrement en moyenne en 2007consommation des ménages améri- ment en cours d’année. Enfin, le ra-
(1,5 % après 1,6 % en 2006) mais ellecains ne flanche pas, l’activité des lentissement de l’économie améri-
progresse nettement dès la mi-2007pays émergents est très vigoureuse caine et de la demande mondiale
(2,6 % en décembre), dans le sillageet la croissance en zone euro se adressée à la zone euro pèse sur les
de l’inflation alimentaire.maintient en moyenne quasiment au exportations en 2007.
6 Octant n° 113 - Juin 2008 Bilan économique 2007Contexte national et international
fin 2007 le rythme de la zone euro en non marchands en 2007 (+ 60 000Le déficit commercial atteint
deçà duquel elle est restée en 2005 et après + 81 000 en 2006) provient no-un record
2006. tamment de la forte baisse du nombre
Pour la quatrième année consécutive, de bénéficiaires de contrats aidés
le déficit commercial de la France (- 39 000 après + 20 000 en 2006).
s’accentue en 2007 et s’établit en va- La hausse du pouvoir d’achat
leur à un niveau historique de près de En parallèle, le taux de chômagese retrouve plus dans
40 milliards d’euros. Le solde com- baisse de façon régulière depuis deuxl’épargne que dans la
mercial en produits manufacturés est ans : de 9,1 % au premier trimestreconsommationà l’origine de cette dégradation : les 2006, il passe au dernier
importations augmentent encore for- Le socle de la consommation de- 2007 à 7,5 % de la population active
tement (+ 7,5 %) et la performance à meure ferme en 2007, bénéficiant no- en France métropolitaine. Cette
l’exportation (+ 3,6 %) souffre de la tamment de très solides gains de pou- baisse tient notamment à l’ampleur
baisse de régime du secteur voir d’achat. La forte croissance de des créations d’emplois.
automobile. l’emploi associée à une progression
des salaires dans le secteur privé
Vis-à-vis des pays européens, le défi- au-dessus de 3 % permettent une 2008 : la France
cit commercial s’amplifie nettement hausse de la masse salariale versée n’échapperait pas au
en 2007, particulièrement avec l’Alle- aux ménages de près de 4 % en 2007
ralentissement mondialmagne, premier partenaire commer- comme en 2006. Les réductions d’im-
cial de la France. Le déficit des pôts permettent également l’accéléra- Au début de 2008, l’économie mon-
échanges avec les pays asiatiques se tion du revenu disponible brut des diale continue de ralentir. L’économie
creuse de nouveau d’un montant si- ménages en 2007. Enfin, la hausse américaine est quasiment à l’arrêt. En
milaire à celui constaté en moyenne des prix à la consommation étant en revanche, les pays émergents conti-
depuis 2003. moyenne un peu plus modérée en nuent de croître à vive allure. La zone
2007 qu’en 2006, le pouvoir d’achat euro se trouve dans une position in-
Le creusement du solde commercial s'accélère nettement (+ 3,1 % après termédiaire. Le ralentissement amor-
s’opère dans un contexte de ralentis- + 2,4 % en 2006). cé début 2007 devrait donc se pour-
sement mondial des échanges exté- suivre au premier semestre 2008,
rieurs en volume. La demande mon- La consommation est toutefois moins mais la croissance de la zone euro
diale adressée à la France ralentit dynamique qu’attendu puisqu’elle devrait encore s’élever à 0,4 % par
ainsi nettement en 2007 (+ 5,5 % reste sur un rythme de croissance trimestre.
après + 8,8 % en 2006). Au final, le équivalent à celui de 2006 (+ 2,5 %).
commerce extérieur pèse de nouveau Le taux d’épargne progresse ainsi de En France, la croissance s’effriterait
sur la croissance française en 2007 près d’un point en 2007. quelque peu au premier semestre
(- 0,8 point après - 0,3 point en 2006). 2008. Le ralentissement mondial et
l’appréciation de l’euro devraient bri-
Nette amélioration der les exportations et l’investisse-
Les services restent ment des entreprises commencerait àsur le marché du travail
ralentir.le moteur de la croissance Avec plus de 350 000 emplois créés
en 2007 dans l’ensemble de l’éco-La production du secteur des services
Après une très forte progression en
nomie, la croissance de l’emploi estcroît de 3,1 % en France, légèrement 2007, le pouvoir d’achat du revenu
au plus haut depuis 5 ans (+ 1,4 %).moins qu’en 2006, contribuant une
des ménages devrait ralentir et contri-
nouvelle fois fortement à la crois- buer à modérer la croissance de la
Cette progression tient en grandesance de la production totale. L’activi-
consommation. Les créations d’em-
partie à l’accélération de l’emploité dans les transports est affectée par ploi pourraient légèrement faiblir et le
dans les secteurs marchands.les grèves en fin d’année. L’activité
taux de chômage se stabiliser à
Comme au cours des années précé-dans la construction reste robuste en 7,5 %.
dentes, les services aux entreprises2007, malgré un ralentissement
et aux particuliers sont les plus créa-(+ 4,2 % contre + 5,4 % l’année
teurs (+ 198 000 emplois en 2007).précédente).
Avec 59 000 postes créés en 2007
comme en 2006, l’emploi dans laLa production manufacturière croît,
D’après la note de conjonctureconstruction continue sa progression.comme en 2006, à un rythme moindre
de mars 2008 et «InformationsL’industrie perd moins d’emplois enque celui de la production dans les
Rapides, Comptes nationaux-2007 que les années précédentesservices (+ 2,3 % en 2007). Cepen-
er1 trimestre 2008 (premiers ré-(- 41 000 contre - 61 000 en 2006 etdant, comme la production manufac-
sultats)» n°137 du 15 mai 2008- 87 000 en 2005). Le moindre dyna-turière ralentit en parallèle chez nos
(Direction générale de l'Insee)misme des emplois dans les secteursprincipaux voisins, la France rejoint
Bilan économique 2007 Octant n° 113 - Juin 2008 7

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