Contexte national et international : croissance sans éclat (Octant n° 97)

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Malgré un contexte mondial en évolution rapide, la croissance en France a encore accusé en 2003 un fort ralentissement. Le PIB ne s'accroit que de 0,2 %, hausse la plus faible depuis la récession de 1993. Une évolution similaire est constatée dans la zone euro, dont la croissance en 2003 est de 0,4 %. La plupart des composantes de la demande sont en diminution : exportations en forte baisse, investissement stationnaire, contribution des stocks négative Même modestement, la consommation des ménages est la seule à soutenir la croissance.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Contexte national
et international
Croissance sans éclat
Malgré un contexte mondial en évolution rapide, tion en milieu d’année. Après
une évolution quasi récessivela croissance en France a encore accusé en 2003
au premier semestre, la crois-
un fort ralentissement. Le PIB ne s’accroit que de sance est revenue au second se-
0,2 %, hausse la plus faible depuis la récession de mestre vers des rythmes pro-
ches de 2 %. Cette reprise a eu1993. Une évolution similaire est constatée dans la
pour origine la forte expansion
zone euro, dont la croissance en 2003 de l’environnement mondial de
est de 0,4 %. la zone euro, qui a généré un
redémarrage des exportations etLa plupart des composantes de la demande sont en
favorisé un redressement des
diminution : exportations en forte baisse, anticipations des entrepreneurs.
investissement stationnaire, contribution des stocks
négative… Même modestement, la consommation
Les exportations en baisse
des ménages est la seule à soutenir la croissance.
En France, la plupart des com-
L’évolution très décevante de notables. La dépréciation du posantes de la demande ont
l’activité en Europe continen- dollar par rapport à l’euro a pé- connu des évolutions négatives.
tale est loin de refléter les ten- nalisé les exportateurs euro- Les exportations ont enregistré
dances de l’économie mon- péens. Par ailleurs, la forte une baisse sans précédent de
diale. En effet, aux Etats-Unis la croissance mondiale a entraîné - 2,1 % en moyenne annuelle,
croissance a été vive à partir du une augmentation des achats de marque d’un environnement in-
deuxième trimestre et s’établit à matières premières, notamment ternational longtemps déprimé.
3,1 % sur l’année. Elle a été très de la part de la Chine. Il en est Toutefois, elles sont reparties au
forte en Asie où l’Inde et la résulté une forte augmentation milieu de l’année, avec l’accé-
Chine se sont particulièrement des cours des matières premiè- lération de la demande mon-
distinguées, avec des croissan- res. De plus le prix du pétrole diale. Au total la contribution
ces de plus de 8 %. Le Japon a brut est resté à un niveau élevé. du commerce extérieur à la
aussi retrouvé en 2003 une pro- croissance a été néanmoins ex-
gression significative du produit ceptionnellement négative.
national. En France, la croissance
la plus faible depuis 1993
Cette croissance de l’environ- L’investissement a stagné
nement mondial a eu des
Avec une augmentation deconséquences sur la zone euro.
Après avoir pesé sur les expor- 0,2 %, la croissance du PIB en L’investissement a stagné au
2003 a été la plus faible depuistations au premier semestre, la cours des trois premiers trimes-
demande mondiale a vivement 1993, mais ce constat en tres et n’a que modestement
moyenne annuelle doit êtreaccéléré et a été à l’origine de la progressé au quatrième. Les fac-
reprise de la croissance en mi- nuancé par l’existence d’un très teurs pouvant expliquer la fai-
faible acquis à la fin de 2002 etlieu d’année. Mais des consé- blesse de la demande des entre-
quences négatives ont été aussi par la présence d’une accéléra- prises n’ont pas manqué : les
6 Octant n° 97 - Avril 2004 Bilan économique 2003Contexte national et international
anticipations des entrepreneurs, les enquêtes auprès des ména- premier semestre. Cette crois-
fortement affectées par le ges des appréciations sur les sance seulement modérée
contexte international, ne se hausses de prix très supérieures traduirait pour une bonne part
sont redressées qu’à partir de à celles qu’enregistrent les sta- le faible dynamisme de la
l’été. De plus l’ajustement des tisticiens. Ce phénomène, qui a consommation des ménages.
bilans s’est poursuivi. Enfin, en débuté avec l’introduction de Celui-ci résulterait d’une pro-
liaison avec la faiblesse de la l’euro fiduciaire et a ensuite re- gression ralentie du pouvoir
croissance et le niveau élevé du flété des hausses de prix impor- d’achat et d’un comportement
prix du pétrole, le taux de tantes des produits les plus fré- de prudence dans les achats en
marge a continué de baisser. Le quemment achetés (produits raison des appréciations tou-
seul élément favorable à l’in- frais, carburant, tabac…), tra- jours peu favorables portées par
vestissement a été le maintien duit une perte de repères des les consommateurs sur les évo-
de taux d’intérêt historiquement ménages dont on a pu se de- lutions macroéconomiques.
faibles. mander si elle n’a pas eu une in-
fluence sur leur consommation. En revanche, l’investissement
des entreprises, bénéficiant no-
tamment des conditions de fi-La consommation
nancement toujours très favora-des ménages L’emploi a diminué
bles, se redresserait et lea augmenté modestement
comportement de stockage ap-
L’emploi a diminué en 2003, de porterait une contribution posi-
Au total, la contribution des 50 000 pour l’emploi salarié, tive à la croissance.
stocks restant négative sur la pour la première fois depuis
majorité de l’année, la crois- 1993. Ce recul a principale- L‘emploi salarié resterait ralenti
sance a principalement trouvé ment affecté l’industrie manu- au premier semestre, malgré la
un soutien, modéré mais régu- facturière et les services aux en- poursuite d’une croissance mo-
lier, dans la consommation des treprises, alors que le com- dérée, car l’ajustement de l’em-
ménages. Celle-ci a progressé merce et les services aux parti- ploi à l’activité n’a pas été com-
modestement (1,6 %). En effet, culiers ont continué d’em- plet en 2003. Cependant le taux
l’augmentation du chômage a baucher. de chômage serait globalement
incité les ménages à adopter un stable au premier semestre. En
comportement prudent en ma- Le taux de chômage a augmen- effet, la croissance de la popu-
tière de consommation. De plus té de 0,4 point en 2003. Sa pro- lation active est en phase de dé-
le pouvoir d’achat global a cru gression a été limitée par l’aug- célération et le nouveau dispo-
moins vite en 2003 qu’en 2002 mentation moins forte que les sitif de retraite anticipée va
en raison notamment de la années précédentes de la popu- produire ses premiers effets.
faible croissance des revenus lation active, qui traduit le dé-
d’activité : les effectifs em- but de l’inflexion démogra- Par rapport à juin 2003, l’infla-
ployés ont peu évolué et les phique devant aboutir à un tion serait de 2,1 % en juin
hausses de salaires ont été retournement en 2007. 2004 à moins que le cours du
modérées. pétrole, resté élevé jusqu’à
maintenant en raison d’une de-
mande mondiale très forte,Une croissance modérée
n’enregistre au deuxième tri-L’inflation se maintient au premier semestre 2004
mestre un net fléchissement liéà plus de 2 %
au repli saisonnier de la
Début 2004, l’environnement demande.
L’inflation en France a été de international reste porteur et gé-
2,2 % en glissement en 2003, nère une augmentation des ex- A court terme, l’aléa principal
contre 2,3 % en 2002. Ce main- portations de la zone euro. Mais susceptible de peser sur la
tien de l’inflation peut s’expli- les anticipations des entrepre- croissance de la zone euro rési-
quer ponctuellement par l’évo- neurs de la zone euro apparais- derait dans une nouvelle baisse
lution des prix du pétrole, des sent plus hésitantes qu’à l’au- du dollar.
produits alimentaires ou du ta- tomne, même si elles de-
bac. Mais on n’a guère perçu meurent positivement orien-
dans les indices de prix les im- tées.
pacts désinflationnistes de la D’après la note
faiblesse de la croissance et de Dans ce contexte, la croissance de conjoncture
la forte réévaluation de l’euro. française, un peu supérieure à de mars 2004
Par ailleurs, les consommateurs celle enregistrée en zone euro, (Direction générale
ont continué de formuler dans serait proche de 2 % l’an au de l’Insee)
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