Contexte national et international : Menaces sur la croissance mondiale

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Contexte national et international Menaces sur la croissance mondiale ux États-Unis, la crise immobiliè- Une croissance encore En 2007, le dynamisme A re amorcée en 2005 s’est aggra- vive dans la zone euro des pays émergents stimule vée jusqu’à faire craindre un ralentisse- ment brutal, et a entraîné une crise En 2007, le PIB de la zone euro a crû àencore la croissance financière à partir de la mi-août. Pour un rythme encore soutenu (+2,6 % mondiale, qui reste autour contrer ces menaces, la Réserve fédé- après +2,8 % en 2006), mais qui s’est rale a injecté des liquidités et baissé ralenti à partir du dernier trimestre. Lede sa tendance à 5 % par an. à trois reprises son principal taux direc- ralentissement américain, la hausse Toutefois, l’expansion teur. La consommation des ménages des matières premières, le durcisse- et l’investissement des entreprises ont ment des conditions de financements’affaiblit continuement résisté, permettant à la croissance ont eu des effets pénalisants. A l’inver- dans les pays développés d’atteindre encore 2,7 % en 2007. se, la zone euro profite d’une amélio- Toutefois, ils poursuivent leur recul et ration de son marché du travail. L’eurosuite aux conséquences le point bas de l’activité immobilière a continué de s’apprécier, passant de la crise immobilière n’est vraisemblablement pas encore de 1,30 dollar en janvier à 1,46 dollar atteint. A l’inverse, les pays émergents en décembre.américaine.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Contexte national et international
Menaces sur la croissance mondiale
ux États-Unis, la crise immobiliè- Une croissance encore En 2007, le dynamisme A re amorcée en 2005 s’est aggra- vive dans la zone euro
des pays émergents stimule vée jusqu’à faire craindre un ralentisse-
ment brutal, et a entraîné une crise En 2007, le PIB de la zone euro a crû àencore la croissance
financière à partir de la mi-août. Pour un rythme encore soutenu (+2,6 %
mondiale, qui reste autour contrer ces menaces, la Réserve fédé- après +2,8 % en 2006), mais qui s’est
rale a injecté des liquidités et baissé ralenti à partir du dernier trimestre. Lede sa tendance à 5 % par an.
à trois reprises son principal taux direc- ralentissement américain, la hausse
Toutefois, l’expansion teur. La consommation des ménages des matières premières, le durcisse-
et l’investissement des entreprises ont ment des conditions de financements’affaiblit continuement
résisté, permettant à la croissance ont eu des effets pénalisants. A l’inver-
dans les pays développés d’atteindre encore 2,7 % en 2007. se, la zone euro profite d’une amélio-
Toutefois, ils poursuivent leur recul et ration de son marché du travail. L’eurosuite aux conséquences
le point bas de l’activité immobilière a continué de s’apprécier, passant
de la crise immobilière n’est vraisemblablement pas encore de 1,30 dollar en janvier à 1,46 dollar
atteint. A l’inverse, les pays émergents en décembre.américaine. Dans toutes
ont continué leur forte croissance,
les régions du monde, avec des taux qui ont atteint 11,4 % En France,
en Chine et 9,2 % en Inde. De ce fait, maintien de l’expansion
l’inflation est relancée
la croissance mondiale est restée et reflux du chômage
élevée : elle atteint 4,9 % et dépasse saavec la montée des
tendance de long terme pour la En France, le PIB augmente de 2,2 %
prix du pétrole, quatrième année consécutive. en 2007 comme en 2006. Les compo-
santes de la croissance restent sensi-des matières premières
blement les mêmes que l’année précé-
et des produits agricoles. Les prix du pétrole et des matières dente. La consommation des ménages
premières ont connu des hausses spec- demeure dynamique, progressant de
taculaires. Alors qu’il était aux alen- 2,5 %. Le marché de l’emploi s’amé-
tours de 50 dollars en janvier, le baril liore, avec une baisse du chômage en
de brent a approché les 100 dollars en métropole comme dans chacun des
décembre. En moyenne annuelle, il est quatre DOM : au second trimestre
passé à 74,5 dollars contre 65,1 en 2007, le taux de chômage était pour
2006. Les cours des matières premières cet ensemble de 8,4 % (8,1 % en
alimentaires se sont encore davantage métropole), en baisse sensible par
appréciés pour des raisons à la fois rapport aux trois années précédentes.
conjoncturelles (mauvaises conditions L’investissement global augmente de
météorologiques) et structurelles 4,9 % en volume. Il est stimulé par
(progression de la demande et pres- celui des entreprises non financières,
sions sur les terres agricoles pour dont le taux d’investissement atteint
la production de biocarburants). La 20,9 %, soit son plus haut niveau
montée des prix du pétrole et des depuis 1992. L’investissement des
matières premières a poussé l’inflation administrations publiques se redresse
à la hausse dans les pays développés et (+1,8 %) après une année 2006 très
plus encore dans les pays émergents. basse (-2,3 %). En revanche, l’investis-
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N° 70 - Martinique - Septembre 2008Contexte national et international
sement des ménages (principalement élevée pour plusieurs pays, atteignantEn Caraïbe, des performances
dans l’achat de logements) décélère. 88 % du PIB à la Barbade et dépassantplus dispersées
Comme les années précédentes, 100 % pour l’Union monétaire de la
la croissance française est amputée par Caraïbe de l’Est. Les performances sontLe PIB de la région caraïbe a progressé
le déficit du commerce extérieur. Ce également plus contrastées. Trinidad-de 5,4 % en 2007. Les matchs de la
déficit se creuse encore et réduit la et-Tobago poursuit son expansionCoupe du monde de cricket se sont
croissance française de 0,8 point. Les gazière et bénéficie de la hausse desdéroulés dans huit pays en mars et en
dépenses publiques progressent plus prix de l’énergie : sa croissance atteintavril, entretenant le dynamisme du
rapidement que les recettes. De nom- 5,7 %, l’inflation recule et la dettetourisme. La croissance est moins vive
breuses mesures d’allègement fiscal ont publique ne représente plus que 27 %que les deux années précédentes, où
notamment diminué le produit de l’im- du PIB contre 59 % en 2002. À les préparatifs de cet événement sportif
pôt sur le revenu des personnes phy- l’inverse, la Jamaïque a été rudementavaient nourri un boom de la construc-
siques, qui recule de 7,4 %. Le déficit touchée par l’ouragan Dean et par detion. Elle reste néanmoins élevée sauf à
public se creuse et atteint 2,7 % du PIB. fortes inondations : sur l’année fiscalela Jamaïque, dépassant très largement
Le poids de la dette publique au sens de 2007/2008 le PIB ne progresse que deles niveaux des années 80 et 90. Ainsi,
Maastricht s’accentue de 0,3 point pour 1 %, l’inflation bondit à 20 % et lal’expansion est de 8,5 % en
atteindre 63,9 % du PIB, supérieur au dette est encore de 127 % du PIB.République dominicaine, 4,2 % à la
seuil du Traité (60 %). En moyenne, sur Barbade, 3,9 % dans les pays membres
l’année 2007, l’inflation s’est très légè- de l’Union monétaire de la Caraïbe de
rement repliée (1,5 % après 1,6 % en l’Est. Deux facteurs contrarient ces
2006). Néanmoins, elle s’accentue au performences. L’inflation progresse
fil des mois sous l’effet notamment de dans la plupart des pays sous l’effet de
l’appréciation des matières premières et la hausse des prix de l’énergie et
des produits alimentaires. Vincent HECQUETdes matières premières. La dette reste
Croissance en 2006 et 2007 et projections pour 2008 et 2009
En %
2006 2007 2008 2009
Monde 5,0 4,9 3,7 3,8
Economies avancées, dont : 3,0 2,7 1,3 1,3
USA 2,9 2,2 0,5 0,6
Zone euro 2,8 2,6 1,4 1,2
France 2,2 2,2 1,4 1,2
Allemagne 2,9 2,5 1,8 1,9
Japon 2,4 2,1 1,4 1,5
Pays émergents ou en développement, dont : 7,8 7,9 6,7 6,6
Chine 11,1 11,4 9,3 9,5
Inde 9,7 9,2 7,9 8,0
Amérique latine - Caraïbes, dont : 5,5 5,6 4,4 3,6
Brésil 3,8 5,4 4,8 3,7
Mexique 4,8 3,3 2,0 2,3
Venezuela 10,3 8,4 5,8 3,5
Amérique centrale (1) 6,3 6,5 4,7 4,6
Caraïbe (2) 7,8 5,7 4,4 3,8
Sources : FMI, World Economic Outlook, avril 2008 ;
Insee pour la France de 2006 à 2007(1) : Costa-Rica, Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama
(2) : Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Bélize, Dominique, République Dominicaine,
Grenade, Guyana, Haïti, Jamaïque, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les
Grenadines, Surinam, Trinité-et-Tobago.
Pour en savoir plus :
Fonds Monétaire International : World Economic Outlook, avril 2008
Insee : «Les comptes de la nation en 2007», Insee Première n° 1189, mai 2008
Insee : Note de conjoncture, mars 2008.
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N° 70 - Martinique - Septembre 2008

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