Contexte national et international : Nuages Outre-Atlantique (Octant n° 85)

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L'an 2000 a vu la poursuite d'une phase d'expansion en France aussi longue que celle de la fin des années 80 marquée par une très forte augmentation de l'emploi. Cependant, le trait conjoncturel saillant de 2000 restera le ralentissement de la consommation des ménages en réaction à la hausse de l'inflation importée. Cet effet dépressif du prélèvement pétrolier semble derrière nous. C'est à présent un autre moteur de la croissance qui est bridé : la demande mondiale ralentit avec le freinage brutal de l'économie américaine.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Contexte national
et international
Nuages Outre-Atlantique
a croissance mondiale a progressé sur un rythme infé-Lculminé au premier se- rieur à 3 %.
mestre 2000, puis s’est infléchie
en fin d’année en raison du ra- L’essentiel du prélèvement pé-L’an 2000 a vu
lentissement américain. Elle a trolier a été absorbé par les mé-
la poursuite d’une phase avoisiné 5 % en 2000, contre nages. En effet, la hausse du prix
3,6 % l’année précédente. des produits énergétiques, à la-d’expansion en France
quelle s’est ajoutée la déprécia-aussi longue que celle
tion de l’euro, a renforcé l’infla-
de la fin des années 80 Un environnement tion importée tout au long de
l’an passé. La progression demarquée par une très international
l’inflation, qui a culminé danstrès porteur en 2000forte augmentation de
la zone euro à 2,9 % en no-
l’emploi. Cependant, vembre 2000, est venue mordre
sur le pouvoir d’achat et laCette performance a résultéle trait conjoncturel
d’une progression de concert de consommation a fortement ra-saillant de 2000 restera
lenti. Son rythme de progres-toutes les zones, tant pour les
le ralentissement de pays industrialisés que pour les sion, de 3 % au premier se-
mestre, est tombé à moins deéconomies émergentes. Dans lala consommation des
zone OCDE, les Etats-Unis ont 1 % en seconde partie d’année.ménages en réaction à
progressé de 5 %, la zone euro
la hausse de l’inflation de 3,4 %, le Royaume-Uni de Malgré ce choc, la modération
salariale a prévalu dans l’en-3,1 %. Même la performanceimportée. Cet effet
du Japon, à première vue mo- semble de la zone, si biendépressif du
qu’aucun effet de second tourdeste (1,7 %), est plutôt bonne
prélèvement pétrolier car elle se situe au-dessus de ce marqué des salaires sur les prix
n’a été enregistré. De ce fait, lequ’est maintenant la croissancesemble derrière nous.
tendancielle de ce pays. repli du prix du pétrole depuisC’est à présent un autre
décembre dernier et le mouve-
moteur de la croissance La croissance de la zone euro ment modéré de réappréciation
de l’euro se traduisent par un re-s’est établie à 3,4 % en 2000.qui est bridé :
Après un premier semestre très pli de l’inflation. Ainsi, la zonela demande mondiale
euro aurait largement absorbédynamique, l’activité s’est in-
ralentit avec le freinage fléchie sous l’impact de la les effets du choc pétrolier à la
fin 2000.hausse des prix du pétrole. Aubrutal de l’économie
second semestre, l’activité aaméricaine.
6 Octant n°85 - Avril 2001 Bilan économique 2000Contexte national et international
du temps de travail, particuliè- et la baisse consécutive du tauxEn France, une baisse
rement importants en 2000. Si de chômage (proche de 8½ %un peu inattendue
le tertiaire est demeuré le prin- en juin 2001) entretiendraient
de la consommation cipal moteur de la croissance le dynamisme interne. Dans ces
en emplois, le fait le plus mar- conditions, avec un ralentisse-
La consommation des ménages, quant de l’année a été une pro- ment de la production indus-
qui progressait régulièrement gression dans l’industrie sans trielle, un plafonnement du bâ-
sur un rythme annuel de 3 % précédent depuis 1973. Près de timent et des travaux publics,
jusqu’au premier trimestre 68 000 emplois ont été créés mais une progression des servi-
2000, a stagné au printemps, dans ce secteur qui, en ten- ces, la croissance du PIB avoisi-
puis augmenté sur une ten- dance depuis les crises des an- nerait au premier semestre une
danceinférieureà2%ause- nées soixante-dix, perd réguliè- tendance de 3%. L’incertitude
cond semestre. Ce phénomène rement des emplois en raison liée à l’effet des turbulences
s’explique par une réaction na- des forts gains de productivité américaines sur les anticipa-
turelle à l‘augmentation de l’in- enregistrés. Le secteur de la tions se décale vers le second
flation importée dans un construction, en progression ré- semestre, mais ne diminue pas
contexte de stabilisation des sa- gulière toute l’année, a enregis- pour autant.
laires sur une tendance très tré également des créations net-
modérée. tes d’emplois records. Extraits de la note de
conjoncture de mars
La demande adressée aux entre- Ces créations ont permis au 2001 de la Direction
prises au cours de l’année 2000 taux de chômage BIT de passer générale de l’INSEE.
a été extrêmement élevée. Le sous le seuil symbolique de
produit intérieur brut a progres- 10 % au printemps 2000, ce qui
sé de 3,2 % en 2000 avec un re- n’était pas arrivé depuis 1992.
bond au quatrième trimestre En 2000, la baisse du chômage
dans quasiment tous les sec- a été d’une ampleur jamais at-
teurs de l’économie. Dans l’in- teinte : le taux de chômage est
dustrie manufacturière, l’activi- passé de 10,6 % à 9,2 %.
té a accéléré grâce à la
contribution des échanges exté-
rieurs qui est redevenue posi- La croissance
tive. Ce sont surtout les exporta- avoisinerait 3 %
tions, en franche accélération au premier semestre 2001
(+ 15,1 % après + 4,3 % en
1999) qui ont porté l’activité de
ce secteur. Au début de l’année 2001, l’en-
vironnement international de la
L’investissement a été très vif zone euro est marqué par les
tout au long de l’année 2000, difficultés des deux autres prin-
certainement en raison de la cipales économies industriali-
forte accélération de l’offre. sées. Le Japon est englué dans
Pourtant, bien que très sou- son endettement public et ses
tenue, la croissance n’atteint problèmes bancaires. Surtout,
pas les niveaux que l’on pouvait l’économie américaine ne croît
envisager. L’activité a vraisem- plus. Pour l’heure, l’accéléra-
blablement été freinée par des tion de la demande intérieure
tensions sur l’appareil productif compense l’ impact du ralentis-
lors du premier semestre. sement américain dans la zone
euro et lui permet de continuer
à croître sur un rythme de
Progression historique l’ordre de 2,5% l’an.
de l’emploi
En France, l’année 2001 s’est
ouverte sur des signes de vi-
L’année 2000 a confirmé et gueur de la demande intérieure.
amélioré les excellents résultats L’investissement reste très dy-
de l’année 1999 avec la créa- namique dans un contexte de
tion nette de plus de 500 000 capacités de production très
emplois salariés sur le champ sollicitées et de conditions de fi-
des secteurs concurrentiels nancement encore favorables.
(après près de 400 000 en La consommation des ménages
1999). C’est la plus forte pro- rebondit au premier trimestre.
gression de l’emploi depuis la Le glissement annuel des prix
fin des années soixante. Elle a devrait se stabiliser et ne pas ex-
résulté d’une conjoncture éco- céder 1,5% en juin. La crois-
nomique favorable, mais égale- sance de l’emploi salarié privé
ment des effets de la réduction (200 000 au premier semestre)
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