Côte-d'Or : développement des grandes surfaces, déclin des commerces traditionnels

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Depuis 20 ans, le commerce a fortement évolué en Côte-d'Or, parallèlement au changement de comportement des consommateurs. Super et hyper-marchés se sont implantés sur une large part du territoire. A l'opposé les commerces de proximité ont connu un déclin.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE Horssérie-Novembre2001BOURGOGNE
Côte-d’Or : développement des grandes surfaces,
déclin des commerces traditionnels
Depuis 20 ans, le commerce a fortement évolué en Côte-d’Or,
parallèlement au changement de comportement des consommateurs.
Super et hyper-marchés se sont implantés sur une large part du territoire.
A l’opposé les commerces de proximité ont connu un déclin.
u premier janvier 2000, la Côte-d’Or isolées comme Pouilly-en-Auxois, Mire- bénéficiaires. A l’inverse, le dynamismeAdispose d’une densité commerciale beau-sur-Bèze, Vitteaux, Pontailler-sur- du pôle dijonnais se confirme et s’étend
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en super et hyper-marchés de 313 m Saône ou Laignes. Au sein de l’espace aux communes périphériques de l’est
èmepour 1 000 habitants. Elle se situe au 13 urbain, les créations des années 80 ont (Arc-sur-Tille, Belleneuve, Varois-et-
rang des départements métropolitains. La essentiellement bénéficié au pôle urbain Chaignot). Il en est de même pour les
moyenne nationale s’élève pour sa part à dijonnais et, dans une moindre mesure, à communes situées le long des principaux
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253 m et celle de la Bourgogne, région la celui de Beaune. axes de communication comme Somber-
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plus dotée de France, à 318 m . non et Créancey sur l’A38 ou Saint-Usage
Le nombre de grandes surfaces a et Brazey-en-Plaine le long de la D968.Généralisation des
fortement augmenté depuis 20 ans, Malgré le développement et la généra-
grandes surfacesnotamment en lien avec l’évolution des lisation des grandes surfaces, leur réparti-
comportements des consommateurs. tion sur le territoire départemental
Les années 90 marquent un chan-Ainsi, 50 communes de Côte-d’Or sont demeure inégale, la forte concentration
gement. En effet, si les implantations dansdotées d’une grande surface en 1998, soit de l’agglomération dijonnaise contrastant
de nouvelles communes se poursuivent,7 % de l’ensemble des communes du avec la quasi-absence de desserte du
département. Ce pourcentage ne s’élevait elles touchent moins les pôles urbains et rural isolé au nord de l’agglomération.
qu’à5%en 1988 et à 3,4 % en 1980. leur périphérie, Semur-en-Auxois et Parallèlement au développement de la
Localisés principalement autour des Nuits-Saint-Georges étant les seuls grande distribution, les commerces
grandes agglomérations et des grands
Moins de commerces de proximitéaxes de communication ilya20 ans, les
super et hyper-marchés sont aujourd’hui % Part des communes équipées
implantés sur une large part du territoire. 60
1980Au début des années 80, les grandes
1988surfaces étaient fortement concentrées
50
1998dans l’agglomération dijonnaise. Une
seule grande surface était ainsi installée
40
au-dessus d’une ligne Montbard-Dijon, à
Châtillon-sur-Seine.
30
Au cours de la décennie 80, les super
et hyper-marchés se sont implantés dans
20
les zones rurales. A l’exception de
Nuits-Saint-Georges, les pôles ruraux ont
10été les principaux bénéficiaires : Châtil-
lon-sur-Seine, Montbard, Is-sur-Tille,
0Semur-en-Auxois, et Auxonne ont ainsi
Bureau de Magasin Station-service Boulangerie Boucherie Super ouprofité de la création d’une grande
hypermarchétabac d'alimentation
surface. Les périphéries des pôles générale
(y.c. supérettes)urbains ont également été concernées
(Sainte-Colombe-sur-Seine), de même Sources : INSEE - SCEES, Inventaires communaux.
que certaines communes plusINSEE Horssérie-Novembre2001BOURGOGNE
Concentration des grandes surfaces autour de Dijontraditionnels que sont le bureau de tabac,
Répartition des super et hyper-marchés par communele magasin d’alimentation générale, la
station-service, la boulangerie et la
boucherie, ont vu leur nombre baisser.
Difficulté des commerces
traditionnels
Plusieurs éléments d’explication
peuvent être avancés. D’une part, la géné-
ralisation de la voiture, l’augmentation du
travail des femmes hors domicile et la
multiplication des navettes domicile-
travail ont favorisé le changement des
habitudes de consommation. Les
consommateurs groupent aujourd’hui
fréquemment leurs achats en un seul
endroit où ils se rendent une fois par
semaine. Par ailleurs, les attentes des
consommateurs ont évolué : recherche
d’une offre variée couvrant une large
gamme de produits et de prix compétitifs. Sources : INSEE - SCEES, Inventaire communal de 1998.
Ainsi, la part des produits de loisir et de
culture dans les dépenses des ménages,
que n’offrent pas les commerces de proxi- Les magasins d’alimentation générale, périurbain ont été davantage pénalisés.
mité, a fortement augmenté depuis 20 qui offrent la même gamme de produits Aujourd’hui, seules 14 % des communes
ans. Enfin, certains secteurs comme la que les grandes surfaces, et les stations- de Côte-d’Or disposent d’une station-
boucherie, la poissonnerie ou la boulan- service, pénalisés par des prix élevés, ont service.
gerie font face à des problèmes de été les plus touchés. Ainsi, seules 142 Parmi les magasins d’alimentation
communes de Côte-d’Or disposent d’unremplacement des commerçants partant spécialisés, la boulangerie se maintient
magasin d’alimentation générale ou d’uneà la retraite. mieux que la boucherie. Le nombre de
supérette en 1998 (soit 20 % deSi l’ensemble des petits commerces communes dotées d’une boulangerie est
l’ensemble des communes du départe-ont vu leur présence décroître en passé de 171 à 143 entre 1980 et 1998.
Côte-d’Or, le rythme d’évolution et ment) contre 243 en 1980. La baisse a été 20 % des communes du département
l’ampleur du mouvement varient forte- plus forte dans les années 90 (- 28 %) sont aujourd’hui dotées de ce type de
ment selon les cas. qu’au cours de la décennie précédente commerce. La boucherie a pour sa part
La plus forte baisse concerne les (- 19 %). De même, alors qu’une sta- connu un léger déclin dans les années 80
bureaux de tabac. Ils étaient implantés tion-service était implantée dans 193 (de 125 à 114 communes équipées) avant
dans 56 % des communes en 1980 contre communes côte-d’oriennes en 1980, ce de connaître une forte baisse au cours de
31 % en 1998. Toutefois, ils restent le chiffre est passé à 102 en 1998, soit une la décennie suivante (82 en 1998).
commerce traditionnel le plus présent. baisse de 47 %. L’urbain hors pôle et le
Denis Quénelle
POUR EN SAVOIR PLUS INSEE - BOURGOGNE
2 bis, rue Hoche - 21000 Dijon
- Commerce : la grande redistribution - INSEE Bourgogne Dimensions n°85 - Tél:0380406767
septembre 2001. Fax:0380406740
- Le commerce bourguignon s’est bien porté en 2000 - L’année 2000 en Directrice de la publication : Véronique Moyne
Bourgogne - INSEE Bourgogne Dimensions - Dossier n°30 - juillet 2001. Rédacteur en chef : Denis Quénelle
- Équipement des communes de Bourgogne - INSEE Bourgogne Dimensions - Maquette PAO : Catherine Naslot
Dossier n°24 - mai 1999. Abonnement :
- commercial des communes françaises - INSEE Synthèse n°52 - 11 numéros par an + Bilan économique
septembre 2001. et social annuel : 22,87 euros - 150 F
- Le commerce en 2000 - INSEE Première n°772 - avril 2001. 2,29 euros - 15 F le numéro
- Premier rapport de l’Observatoire National du Commerce (1999-2000) - Impression : INSEE Bourgogne
Observatoire National du Commerce - 2001.
Dépôt légal : à parution
ISSN 1246-483 X
Ce numéro spécial d’Insee Bourgogne Dimensions a été rédigé dans le cadre du bilan du
Code Sage D01HS216ème
XX siècle préparé par l’Académie des Sciences, Arts et Belles-lettres de Dijon.
 INSEE 2001

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