Crise 2009 : appuyée sur de solides assises financières, l'économie aquitaine résiste mieux

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En 2009, la région Aquitaine subit la crise financière et touche un point bas à mi-exercice. Dans tous les compartiments de l'économie, le ralentissement de l'activité se traduit par l'érosion de l'emploi et la contraction des budgets d'investissement. Pour autant, le financement de l'économie reste animé, tant au plan de la consommation des ménages que dans sa composante industrielle. Dans l'ensemble, l'Aquitaine se situe parmi les régions les moins fortement impactées par la crise ; en effet, l'économie aquitaine a abordé la crise, dotée d'atouts avérés en termes de structure financière (cf. encadré) ; au cours des précédentes années, l'amélioration continue de la solvabilité des entreprises a renforcé la capacité d'absorption des chocs, la consolidation progressive des fonds propres et un niveau de rentabilité satisfaisant ont donné des marges de manœuvre en matière d'investissement sans alourdissement excessif des ratios d'endettement. Au premier trimestre 2010, comme le reste du pays, l'économie régionale affiche les premiers signes d'une reprise, mais la convalescence sera difficile et graduelle. L'année 2009, un exercice de récession, mais le profil conjoncturel s'infléchit favorablement à mi-exercice Hausse des encours de crédits mobilisés par les entreprises Encadré Les atouts structurels du tissu économique régional à fin 2008
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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ÉCONOMIE
Crise 2009 : appuyée sur de solides assises financières,
l’économie aquitaine résiste mieux
En 2009, la région Aquitaine subit la crise financière et touche un point bas à mi-exercice. Dans tous les comparti-
ments de l’économie, le ralentissement de l’activité se traduit par l’érosion de l’emploi et la contraction des budgets
d’investissement. Pour autant, le financement de l’économie reste animé, tant au plan de la consommation des mé-
nages que dans sa composante industrielle.
Dans l’ensemble, l’Aquitaine se situe parmi les régions les moins fortement impactées par la crise ; en effet, l’éco-
nomie aquitaine a abordé la crise, dotée d’atouts avérés en termes de structure financière (cf. encadré) ; au cours des
précédentes années, l’amélioration continue de la solvabilité des entreprises a renforcé la capacité d’absorption des
chocs, la consolidation progressive des fonds propres et un niveau de rentabilité satisfaisant ont donné des marges
de manœuvre en matière d’investissement sans alourdissement excessif des ratios d’endettement.
Au premier trimestre 2010, comme le reste du pays, l’économie régionale affiche les premiers signes d’une reprise,
mais la convalescence sera difficile et graduelle.
En rupture avec plusieurs années de croissance soutenue, l’acti-L’année 2009, un exercice de récession,■
vité du Bâtiment Travaux Publics ralentit en 2009 (- 7 %). Dansmais le profil conjoncturel s’infléchit
ce contexte récessif, seule la filière du second œuvre conservefavorablement à mi-exercice
une relative tenue. Les conséquences sur les moyens engagés
En 2009, la région subit le plein effet de la crise financière inter- sont sans surprise : globalement les effectifs s’ajustent en nette
nationale ; alors que le retournement du cycle économique baisse et les investissements enregistrent une forte contraction.
était à l’œuvre dès le début de l’exercice 2008, le mouvement La rentabilité se détériore, les pertes de volumes s’additionnant
s’accentue au dernier trimestre, touchant particulièrement l’in- à une pression concurrentielle accrue sur les marges. Les prévi-
dustrie ; techniquement le tissu économique entre en récession sions pour 2010, prudentes au regard de carnets de comman-
au premier trimestre 2009. Un point bas semble avoir été tou- des resserrés, tablent sur une simple reconduction du rythme
ché en mai-juin, le taux de décroissance s’infléchissant gra- actuel de l’activité, conjuguée à une nouvelle réduction des
duellement depuis lors. Début 2010, les chefs d’entreprise profits attendus.
formulent des prévisions incertaines et généralement pruden- En 2009, le chiffre d’affaires des services marchands, tiré vers le
tes, l’économie aquitaine étant rentrée dans une période de bas par les donneurs d’ordres, recule de 7,4 %, malgré l’orien-
convalescence fragile. tation plus favorable des affaires observée en fin d’année. Le ra-
lentissement de l’activité concerne plus particulièrement le
transport routier, alors que les autres services aux entreprises ré-Mai - juin 2009 : un point bas pour l'industrie aquitaine
Solde d’opinions sistent mieux. Cette tendance se traduit par un recul général des
2008 2009 2010
50
effectifs plus marqué que dans l’industrie, une modération des
40
30 politiques d’investissements et une fragilisation de la rentabili-
20 té. Les prévisions font état d’une reprise modérée (+ 2 %), avecStocks produits finis
10
0 peu de répercussion sur l’emploi et une préservation du niveau
-10 actuel des résultats.Carnets de commandes
-20
-30 Le ralentissement de l’activité du commerce de gros en 2009 est
-40
plus important que ce qui était attendu en début d’exercice-50
J FMAM J J A S O N D J FMAM J J A S O N D J F
(- 7 %) ; il impacte l’ensemble des branches. Cette évolution,
Situation des carnets de commandes et des stocks de produits finis
dans l'industrie aquitaine (solde d'opinions) plus marquée sur le marché domestique qu’à l’exportation, se
Source : Banque de France traduit par une contraction modérée des effectifs et une dégra-
dation de la rentabilité d’exploitation. Les pronostics pour
L’industrie aquitaine enregistre en 2009 un fort ralentissement l’année en cours tablent sur un rebond mesuré des affaires
de son activité (- 8,8 %). Le recul de la production touche (+ 2,5 %), qui ne permettrait pas de rétablir les niveaux d’activi-
l’ensemble des branches en dehors de la filière agroalimen- té précédents.
taire qui préserve globalement ses positions. Le marché natio-
nal se contracte à un rythme équivalent à l’exportation. Les ■ Hausse des encours de crédits mobilisés
chefs d’entreprise adaptent leurs moyens de production à par les entreprises
cette tendance, ce qui se traduit par l’amplification de l’éro-
sion de l’emploi et un retrait marqué des budgets d’investisse- L’activité économique régionale bénéficie de la hausse des en-
ment. La profitabilité des affaires s’en trouve affaiblie. Les cours de crédits mobilisés par les entreprises en 2009 (+ 2,6 %
prévisions font état d’un solde d’opinions de nouveau positif en glissement annuel en Aquitaine contre - 0,9 % pour la
pour 2010, mais la reprise attendue sera limitée par l’insuffi- France entière). La composante “crédits d’investissement aux
sance générale de la visibilité et ne concernera pas les dépen- entreprises aquitaines” tire la tendance avec un rythme de
ses d’équipement. croissance en glissement annuel de 6,1 % qui ralentit sur un an
INSEE AQUITAINE 20 L’ANNÉE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE 2009 EN AQUITAINEÉCONOMIE
Les atouts structurels du tissu économique régional à fin 2008(10,5 % en 2008) mais reste supérieur à la référence nationale
(+ 4,4 %) sur la période. Au cœur de la récession, les encours Entre 2005 et 2008, l’amélioration de la capacité d’absorption des chocs
par le tissu économique régional, entamée depuis plusieurs exercices,de crédits d’exploitation se replient logiquement de 11,5 % en
s’est poursuivie à un rythme régulier et comparable à celui des PME en2009 sur la région (- 14,2 % au plan national), en rupture avec
France. Ainsi, le ratio de solvabilité (fonds propres / total bilan) a gagné
l’évolution et les volumes distribués un an auparavant, mais à
2 points pour atteindre 36 % fin 2008.
l’instar de la production d’ensemble des crédits.
Amélioration continue de la solvabilité
Repli des encours de crédits d'exploitation %
aux entreprises en 2009 45Millions d'Euros
2008 2009 France
24 000 5 600
23 000 5 400 40
Crédits d’exploitation
22 000 5 200 PME France (<250 salariés)
Aquitaine21 000 5 000
35
20 000 4 800 Industrie Aquitaine
Crédits d'investissement
19 000 4 600
30
18 000 4 400 2005 2006 2007 2008
JFM AM J J A S O N D JFM AM J J A S O N D
Rapport Fonds propres / Total bilanCrédits d'investissement (échelle de gauche) et d'exploitation (échelle
Source : Banque de Francede droite) aux entreprises en Aquitaine
Source : Banque de France
En parallèle, les entreprises aquitaines ont conduit une stratégie d’inves-
La consommation des ménages, soutenue tout au long de tissements dynamique qui s’est traduite, en 2008, par une progression
soutenue des encours de prêts consentis, en particulier sur le segmentl’année 2009, s’accélère au quatrième trimestre dans un
des mobilisations à terme (+ 12 % crédit bail inclus). Au total, le tauxcontexte de diminution des taux d’intérêt. Au niveau France, la
d’endettement (endettement financier/fonds propres) ne s’est finale-
croissance des crédits à la consommation consentis aux parti-
ment détérioré que de 0,6 point (à 85 %) car l’augmentation du recours
culiers s’affiche à 3,5 % en décembre contre 2,5 % un an plus au crédit s’est accompagnée d’un renforcement des fonds propres prati-
tôt. En Aquitaine, en revanche, le volume des encours des cré- quement équivalent à la progression des emprunts contractés.
dits à la consommation se stabilise, retrouvant en décembre son
niveau de fin 2008 après le ralentissement du premier trimestre. Des efforts d'investissement soutenus
%Pour les prêts à l’habitat, l’encours des crédits distribués se
30développe à un rythme de 5,6 % en glissement annuel (après Industrie Aquitaine
2510,5 % en 2008). Pour autant, cette variation est plus forte Aquitaine
20qu’au plan national (+ 4 % en 2009). France
15
Des crédits à l'habitat en progression en 2009 10
PME France (<250 salariés)
Millions d'Euros
2008 2009 5
4 150 31 000
4 100 030 000
2006 2007 20084 050
Crédits à la consommation 29 0004 000 Taux d'investissement d'exploitation (Investissement / Valeur Ajoutée)
3 950 28 000 Source : Banque de France
3 900
Crédits à l’habitat 27 000
3 850
3 800 26 000
Cet effort d’investissement, un peu plus soutenu qu’au niveau national,3 750
25 000
3 700 s’est confirmé en 2007 et 2008 ; ainsi, le taux d’investissement d’exploi-
3 650 24 000 tation a progressé de 20,4 % à 20,7 % pour l’ensemble des entreprises
J FMAM J J A S O N D J F MAM J J A S O N D
de la région contre 18,9 % au plan national (après 19,6 % en 2007). À
Crédits à l'habitat (échelle de droite) et à la consommation
noter l’industrie régionale dont le taux atteint 27,0 % (contre 18,3 % auaux ménages (échelle de gauche) en Aquitaine
plan national), essentiellement porté par quelques grandes entreprisesSource : Banque de France
cependant.
En termes de rentabilité, l’Aquitaine continue aussi à afficher de meilleu-L’attractivité de l’Aquitaine et l’évolution favorable de la démo-
res performances que le niveau national : si le taux de marge brute d’ex-
graphie régionale constituent des éléments explicatifs de la
ploitation, après avoir crû entre 2005 et 2007 (de 6,3 % à 7,1 %), s’est
croissance continue des prêts immobiliers dans un contexte contracté à 6,5 % en 2008, il restait malgré tout légèrement supérieur au
conjoncturel pourtant peu porteur. ❒ niveau national (6,4 %).
Isabelle COMMENGE
Pascal LAVERGNE
Banque de France
POUR EN SAVOIR PLUS...
Site : www.banque-france.fr/fr/statistiques/economie/
economie-conjoncture/tendances_regionales/aquitain.htm
Site : www.banque-france.fr (site général)
L’ANNÉE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE 2009 EN AQUITAINE 21 INSEE AQUITAINE

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