Des revenus par ménage faibles et inégaux

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Les ménages comprenant au moins un allocataire du RMI vivent plus souvent que les autres en habitat traditionnel avec un niveau de confort réduit. Pourtant, depuis 1990, les érémistes ont eu un accès privilégié aux logements sociaux grâce à la créance de proratisation : ils ont bénéficié de 28 % des attributions de logements sociaux alors qu'ils ne forment que 20 % des ménages. Parmi les ménages de érémistes qui ont déménagé depuis 1990 un sur trois a loué un appartement, et un sur quatre est devenu propriétaire d'une maison individuelle en dur, que ce soit par l'accession à la propriété très sociale, par héritage ou en construisant lui-même son logement. Toutefois le secteur locatif privé moderne leur reste peu accessible et ils s'installent encore souvent dans des cases traditionnelles ou comme occupants sans titre, ou à titre gratuit. La situation familiale des ménages est très liée au logement qu'ils occupent. Les couples avec enfants, qui forment 39 % des ménages érémistes sont plus souvent propriétaires de leur logement alors que les familles mono-parentales sont plus souvent locataires. Les familles mono-parentales, qui forment 28 % des ménages érémistes, constituent ainsi la moitié de ceux qui sont locataires d'un appartement en immeuble locatif. Un locataire sur trois déclare avoir des difficultés pour payer son loyer. Les locataires de cases traditionnelles ont plus de difficultés financières car ce secteur est moins bien couvert par l'allocation logement. Les ménages avec enfants ont toujours plus de mal à faire face à l'ensemble de leurs dépenses.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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dos sier Le point sur le RMI
Des re ve nus par ménage
e cal cul de re ve nus te nantMé na ges et al lo ca tai res compte de la com po si tion desL mé na ges per met de com pa rer les
Un mé nage se lon la dé fi ni tion INSEE ni veaux de vie re la tifs des mé na ges
re groupe l’en semble des per son nes per ce vant le RMI et de ceux qui ne lequi vi vent dans un même lo ge ment.
per çoi vent pas. Dans l’en semble lesUn mé nage peut donc être com po sé
mé na ges al lo ca tai res ont un ni veau ded’un, ou de plu sieurs noyaux
fa mi liaux. Mais c’est la no tion de vie moi tié moindre que l’en semble de
mé nage qui est tra di tion nel le ment la po pu la tion. Ce pen dant les mé na ges
re tenue dans l’étude des re ve nus, car de éré mis tes les plus fa vo ri sés ont un
les mem bres dis po sent en com mun ni veau de vie su pé rieur à cer tains mé -
d’un cer tain nombre de res sour ces, à -na ges qui n’y ont pas droit. Cette si com men cer par le lo ge ment.
tua tion ne s’ob serve pas en mé tro pole.
Un al lo ca taire du RMI ou éré miste
est une per sonne qui, compte tenu de A La Réu nion un mé nage sur cinq com -
ses res sour ces et de la com po si tion de prend au moins une per sonne qui per çoit
sa fa mille (nombre de per son nes à le RMI, contre un mé nage sur cin quante
charge), per çoit le RMI. Un mé nage -en France mé tro po li taine. Cette al lo ca Les mé na ges éré mis tes les plus fa -
au sens INSEE peut donc com por ter vo ri sés ont un re ve nu deux foistion est net te ment plus pré sente à La
plus éle vé que cer tains mé na gesau cun, un, ou plu sieurs al lo ca tai res -Réu nion car les re ve nus y sont plus fai qui ne per çoi vent pas le RMI,du RMI. Dans ce der nier cas, c’est la
bles, et la taille des mé na ges plus im por - pour une com po si tion du mé nageto ta li té de l’al lo ca tion versée au
pra ti que ment iden tique.tante. Le RMI ne re couvre pas la mêmemé nage qui est prise en compte dans
réa li té à La Réu nion et en mé tro pole :l’étude de ses re ve nus.
dans le pre mier cas, il s’agit d’une al lo - moins 1,7 fois plus éle vé que le quart le
ca tion as sez lar ge ment ré pandue, qui plus mo deste. Par ail leurs, le quart le
com plète les res sour ces des mé na ges mo - mieux loti des éré mis tes af fiche un ni-
des tes. Au ni veau na tio nal, ce re ve nu estLe concept d’uni té de veau de vie re la tif plus éle vé que le quart
l’ul time pro tec tion pour des per son nes en le moins fa vo ri sé des mé na ges qui neconsom ma tion voie de mar gi na li sa tion, et concerne re la - per çoi vent pas le RMI. Les re ve nus
ti ve ment peu de mé na ges. moyens des pre miers sont presque deux
Le nombre d’uni tés de consom ma tion fois plus éle vés pour une com po si tion deest, se lon l’échelle uti lisée par l’INSEE Les mé na ges réu nion nais dont au moins mé nage très sem blable (2,3 uni tés deet EUROSTAT, égal à : un des mem bres per çoit le RMI ont un consom ma tion pour les éré mis tes, contre1 uni té pour le chef de mé nage,n re ve nu moyen par uni té de consom ma - 2,2 pour les non éré mis tes).plus tion en moyenne deux fois plus faible
que l’en semble des mé na ges. Il existe ce -0,5 uni té pour chaque per sonne du La si tua tion de cer tains mé na ges éré mis- n
mé nage âgée de plus de 14 ans, pen dant de for tes dis pa ri tés par mi les tes peut en effet être pré fé rable à celle de
plus mé na ges qu’ils soient éré mis tes ou non. mé na ges plus jeu nes, qui tra vail lent pour
Le quart le plus aisé des mé na ges éré mis - des sa lai res fai bles en moyenne, mais0,3 uni té pour chaque per sonne dun tes dis pose en moyenne d’un re ve nu au dont les res sour ces sont juste au-des susmé nage âgée de moins de 14 ans.
Ce cal cul stan dard d’un re ve nu par
La dis tri bu tion des re ve nus par uni té de consom ma tionuni té de consom ma tion per met ain si
de te nir compte de la com po si tion et à La Réu nion et en mé tro pole en 1997
de la struc ture par âge du mé nage.
Moyenne Part dans le A no ter que le re ve nu par uni té de Réu nion
globale 1er quar tile 3e quar tile nombre
consom ma tion est un in di ca teur de
(en F) (en F) (en F) de mé na gesni veau de vie, pas de pou voir Mé tro pole
d’achat. Pour me su rer ce der nier, il
6 579 3 472 7 572 100 %im por te rait de te nir aus si compte du Po pu la tion to tale
dif fé ren tiel de prix entre La Réu nion 8 848 5 473 10 600 100 %
et la mé tro pole, et ce pour chaque
3 656 2 633 4 329 7,5 %Allo ca taire du RMI chef de mé nage ca té gorie de mé nage consi dérée.
(avec ou sans en fant à charge) 3 908 3 200 4 410 1 %
3 643 2 536 4 404 12,8 %
Allo ca tiare du RMI hébergé
4 724 3 007 5 833 1,1 %
7 324 3 989 8 373 79,7 %
Non al lo ca taire du RMI
8 946 5 560 10 674 97,9 %
20dos sier
fai bles et iné gaux
du seuil qui les ren drait éli gi bles au RMI. d’ac ti vi té est aus si faible en mé tro pole Les re ve nus consi dé rés -Cette dif fé rence de ni veau de vie s’ex qu’à La Réu nion pour ceux qui sont chef
plique prin ci pa le ment par le fait qu’un de mé nage. En re vanche, elle est net te -
Le re ve nu to tal d’un mé nage estgrand nombre de bé né fi ciai res du RMI ment plus faible à La Réu nion pour les
cal cu lé à par tir des dé cla ra tions àn’ont pas de loyer à payer, soit parce al lo ca tai res hé ber gés, ce qui montre que
l’en quête lo ge ment de 1997. Ilqu’ils sont pro prié tai res, soit parce qu’ils ces der niers sont moins pré sents sur le com prend :
-sont hé ber gés dans un mé nage com pre mar ché du tra vail que leurs ho mo lo gues
Les re ve nus d’ac ti vi té, sa la rié et non nnant un ou plu sieurs mem bres ac tifs ou mé tro po li tains.
sa la rié, y com pris les avan ta ges en
re trai tés. na ture. Les al lo ca tai res du RMI réu nion nais se
dis tin guent aus si net te ment par le fait Les re ve nus de trans fert : al lo ca tionnUne si tua tion dif fé rente qu’ils sont plus ra re ment lo ca tai res. Si la lo ge ment, RMI, al lo ca tions
- fa mi lia les, le com plé ment fa mi lial,en métropole pro por tion de mé na ges pro prié tai res, ac
l’al lo ca tion pa ren tale d’édu ca tion,cé dants, ou lo gés gra tui te ment est glo ba - de pa rent iso lé,Ces dis pa ri tés de re ve nus s’ob ser vent le ment iden tique dans les deux ré gions, pour jeune en fant,elle dif fère net te ment au sein des bé né fi -éga le ment en mé tro pole, avec ce pen dant
l’al lo ca tion de sou tien fa mi lial,ciai res du RMI : les deux tiers des al lo ca- quel ques dif fé ren ces no ta bles. En pre - d’adulte han di ca pé, et
mier lieu, il existe un écart de re ve nu tai res pour La Réu nion, contre un peu d’éven tuel les au tres al lo ca tions.
plus im por tant entre les al lo ca tai res du plus du quart pour la mé tro pole. Comme
n Les pen sions de re traite, et lesen outre les loyers sont plus éle vés à LaRMI chef de leur mé nage (avec éven tuel -
in dem ni tés de chô mage. Réunion, le loyer fic tif af fec té aux mé na- le ment des en fants à charge), et ceux qui
sont hé ber gés au sein d’un mé nage. Par ges concer nés s’en trouve ma jo ré d’au - n Les re ve nus du pa tri moine : les
lo ca tions de biens im mo bi liers, lesail leurs, les dis pa ri tés de re ve nus par uni tant.-
re ve nus is sus de biens mo bi liers, et-té de consom ma tion sont sys té ma ti que -Pour les mé na ges non al lo ca tai res l’ac ti les loyers dits fic tifs, qui sont lament plus fai bles qu’à La Réu nion, vi té est la prin ci pale source de re ve nus prin ci pale com po sante des re ve nus
quelle que soit la ca té gorie consi dérée. du pa tri moine. -même s’ils bé né fi cient éga le ment de re Enfin, le ni veau de vie des mé na ges les
ve nus de trans ferts, de re trai tes, et de re -moins fa vo ri sés ne com pre nant pas d’al - liés à leur pa tri moine (com po sés Le loyer fic tif cor res pond au loyer
lo ca taire du RMI reste en moyenne plus qu’un pro prié taire, un ac cé dant ou unprin ci pa le ment de loyers fic tifs). Les re -éle vé que ce lui des mé na ges les plus ai - logé à titre gra tuit au rait à ver ser s’ilve nus d’ac ti vi té, des re trai tes et des in -
sés com pre nant au moins un al lo ca taire. était lo ca taire du sec teur pri vé,-dem ni tés de chô mage sont plus im por
compte tenu des ca rac té ris ti ques deA La Réu nion comme en mé tro pole, les tants en mé tro pole alors que les re ve nus son lo ge ment. Pour les ac cé dants, ce
mé na ges com pre nant au moins un al lo ca - de trans ferts res tent pré pon dé rants à La loyer fic tif est mi no ré des
Réu nion. gtaire du RMI se dis tin guent net te ment rem bour se ments d’em prunts. Ce
-des au tres mé na ges quant à la com po si cal cul conven tion nel du loyer fic tif
Gé rard FORGEOT per met de com pa rer les ni veaux de vie tion de leur re ve nu glo bal. Plus de la
des pro prié tai res et des lo ca tai res, lesmoi tié de leurs res sour ces pro vient des
pre miers n’ayant pas de loyer à ré gler.trans ferts so ciaux, dont presque 30 %
Le prin cipe de la créance depour le seul RMI. La part des re ve nus
pro ra ti sa tion conduit en outre à
im pu ter un loyer fic tif aux lo ca tai res
du sec teur so cial, égal au loyer qu’ilsStruc ture des re ve nus se lon le type de mé nage (en %)
au raient à ver ser dans le pri vé (pour
un lo ge ment pré sen tant les mê mesAllo ca taire du RMI Allo ca taire du RMI Non al lo ca taire ca rac té ris ti ques) mi no ré du loyer qu’ils Chef de mé nage hé ber gé
rè glent ef fec ti ve ment. On peut en ef fet
consi dé rer que les lo ca tai res du parcRéu nion Mé trop Réu nion Mé trop Réu nion Mé trop
so cial bé né fi cient d’une aide
Part des re ve nus d’ac ti vi té 7,9 8,2 13,8 20,3 48.0 49,9 sup plé men taire par rap port à leurs
ho mo lo gues du pri vé, aide
Part des re ve nus de ap pré ciable no tam ment pour les25,5 28,4 19,8 20,6 12,1 6,3
trans ferts (hors RMI) al lo ca tai res du RMI.
Part du RMI 34,6 44,4 26,8 27,9 0 0
Part des re trai tes et
8,7 6,2 17 20,7 21 31,1
in dem ni tés chô mage
Re ve nus du pa tri moine
23,3 12,8 22,6 10,5 18,9 12,7
(loyers fic tifs)
Ensemble 100 100 100 100 100 100
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