Emploi, chômage, marché du travail en Lorraine après la reconversion

De
Publié par

Un essai d’évaluation construit sur la base d’évolutions d’emploi dans les secteurs identifiés comme des secteurs industriels sollicités pour prendre le relais des pertes d’emploi dans les industries traditionnelles conduit aux estimations suivantes. En trente ans, de 1968 à 1999, les effectifs employés dans les industries historiques s’effondrent de 180 000 à 20 000 personnes environ. Dans le même temps les industries dites de reconversion ne progressent que de 20 000 à 40 000 emplois, marquant les limites de la contribution directe de ces industries au rétablissement de l’emploi. L’ampleur des écarts au niveau régional ne doit pas faire perdre de vue l’importance qu’ont revêtu certaines implantations pour les bassins d’emploi particulièrement affectés. A rappeler que sur la période 1990-2000, c’est plus l’épuisement du reflux des emplois dans les secteurs historiques que la croissance de l’emploi dans les secteurs de reconversion qui limite l’ampleur du solde négatif.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 49
Tags :
Nombre de pages : 18
Voir plus Voir moins

Dossier “Emploi-chômage”
Sommaire:
Emploi, chômage, marché du travail
en Lorraine après la reconversion
Laurent AUZET, Jean-Paul FRANÇOIS, Jérôme MATHIAS
La description de l’emploi, du chômage et du marché du travail en Lorraine
après la reconversion est présentée sous forme de fiches questions-réponses
Fiche1...........................................36
Quel niveau et quelle structure sectorielle de l’emploi en Lorraine ?
La question de la spécialisation
Fiche27
Quelle évolution depuis 1962 ? Quelles séquences ?
La Lorraine retrouve son niveau d’emploi de 1980
Fiche38
La reconversion proprement dite ?
Une contribution limitée
Fiche4...........................................39
Quelles mutations dans l’appareil productif ?
D’une région industrielle à une région industrialo-tertiaire
Fiche5...........................................40
Depuis 1990, quelles contributions sectorielles à l’évolution de l’emploi lorrain ?
La question de la tertiarisation
Fiche61
Depuis 1990, quelle évolution de la qualification de l’emploi ?
Ouvriers, encadrement technique…
Fiche72
Le chômage en Lorraine : quelle évolution depuis 1990 ?
Fiche8...........................................44
Quelles perspectives à échéance 2010 ?
Population active, emploi, équilibre du marché du travail
Fiche97
Emploi frontalier et chômage : quelle relation ?
Encadré : les 4 types d’ajustement du marché du travail (par zones d’emploi)
Annexes9
Impact du vieillissement de la population : travailleurs, consommateurs et financeurs âgés
Évolution démographique et chômage
Les effets du vieillissement de la population active (encadré)
Économie Lorraine - Dossier n° 19 - Bilan 35Dossier “Emploi-chômage”
En 2002, la Lorraine comptait un peu plus de 850 000 emplois (salariés et non-salariés),
ce qui représente 3,5% de l’emploi français. L’emploi lorrain se décompose en
850 000 emplois 792 000 emplois salariés (93% du total) et 58 000 emplois non salariés.
L’emploi total en Lorraine au 31/12/2002
Part du secteur dans l’emploi total (%)
Secteur d’activité Emplois lorrains
Lorraine France
Services 483 900 57 60
Industrie 181 400 21 17
Commerce 111 600 13 14
BTP 5200066
Agriculture 2150034
TOTAL 850 400 100 100
Source : INSEE : estimations d’emploi total au 31/12/2002 (données provisoires)
Les services représentent 57% de l’emploi total contre 60% pour l’ensemble de la
France. Si ce léger écart place la Lorraine dans une position proche de la moyenne
nationale, la structure de l’emploi à l’intérieur du secteur des services est cependant
différente.
En ce qui concerne l’emploi salarié, la Lorraine est un peu plus riche en emplois publics queDes emplois publics
l’ensemble de la France. L’éducation (8,7% de l’emploi salarié pour la Lorraine contre 7,6% enen nombre
France), la santé et l’action sociale (11,5% contre 10%) et l’administration publique (11,9%
contre 10,9%) y sont légèrement sur-représentées. Les activités de conseil et d’assistance
sont au contraire fortement sous-représentées : elles n’emploient que 3% des salariés lor-
rains contre 5,4% au niveau national. De même, les hôtels-restaurants (2,6% contre 3,4%)
Le conseil et l’assistance et les activités culturelles et récréatives (0,9% contre 1,6%), dont le poids est très lié à des
encore moins représentés facteurs géographiques, sont peu présents. Les activités financières et les activités immo-
bilières sont également sous-représentées.
L’industrie représente 21% de l’emploi total lorrain, contre 17% pour l’ensemble de la
France. Les activités industrielles restent une spécialisation de la Lorraine. Le secteur
historique de la métallurgie et de la transformation des métaux, fort de près de
33 000 salariés, occupe 4,1% des salariés lorrains, soit deux fois plus qu’en France.
L’industrie automobile, qui emploie plus de 22 000 salariés, représente 2,8% de l’em-Des spécialisations
ploi salarié (1,3% en moyenne en France).LaLorraineseclasseentroisièmepositionpar-industrielles fortes
mi les régions françaises pour la part de l’emploi salarié occupé dans ces secteurs.
Lessecteursdu boisetpapier(1,5% contre 0,8%), du textile (0,8% contre 0,5%), des
produits minéraux (1,1% contre 0,7%) et des industries des équipements du foyer (1,2%
contre 0,9 %) sont également sur-représentés. Les industries des composants et des
équipements électroniques et électriques, qui ont pu apparaître comme une voie pos-
sible de la reconversion industrielle lorraine, sont moins présentes en Lorraine que
dans l’ensemble de la France.
Le commerce comme les activités de BTP représentent en Lorraine la même propor-
tion de l’emploi total qu’au niveau national. L’agriculture est nettement moins présente.
Économie Lorraine - Dossier n° 19 - Bilan 36Dossier “Emploi-chômage”
Avant 1973 Entre 1962 et 1973, la Lorraine profite moins que l’ensemble de la France de
la fin de la période dite des “Trente Glorieuses”. Les premières restructura-moindre hausse de l’emploi
tions dans les mines de fer et de charbon, dans le textile et la sidérurgie,
conjuguées avec la fermeture des bases militaires américaines, pénalisent la
A partir de 1975 croissance de l’emploi en Lorraine. Le premier choc pétrolier, en 1973, qui
marque pour l’ensemble de la France la fin de cette période de croissanceperte d’emploi dans
forte, accorde en revanche un répit à l’emploi charbonnier lorrain, qui se stabi-les industries historiques
lise. Cependant, dès 1975, l’effondrement des prix des produits sidérurgi-
ques plonge la Lorraine dans la crise. Au début des années quatre-vingt, sous
l’effet de la concurrence internationale et de la baisse du prix du pétrole, l’em-
De 1993 à 2000 ploi dans le charbon décline de nouveau jusqu’à la fermeture définitive des mi-
hausse de l’emploi nes en 2004. Ainsi, alors que l’emploi français profite de la reprise
internationale à partir de 1985, la Lorraine ne connait qu’une stabilisation deau rythme de la France
l’emploi, tout en enregistrant par ailleurs un fort développement de la produc-
tivité du travail. La récession de 1993 marque, en Lorraine, le point bas de
l’emploi. L’emploi lorrain profite pleinement de la reprise qui intervient en
1994. Les taux de croissance de l’emploi sont alors équivalents en Lorraine et
La Lorraine retrouve son en France, et la Lorraine retrouve son niveau d’emploi de 1980. Cependant, le
niveau d’emploi de 1980 ralentissement de la croissance de l’emploi en France en 2001 et 2002 se
traduit, en Lorraine, par une stabilisation, et l’emploi lorrain diminue à nou-
veau fortement en 2003.
Évolution de l’emploi total en France et en Lorraine
130 Indice base 100 en 1967
125
France
120
115
110
105
Lorraine
100
95
90
Source : Insee, Estimations d’emploi total
37 Économie Lorraine - Dossier n° 19 - Bilan
1967
1969
1971
1973
1975
1977
1979
1981
1983
1985
1987
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2001Dossier “Emploi-chômage”
Un essai d’évaluation construit sur la base d’évolutions d’emploi dans les secteurs iden-
tifiés comme des secteurs industriels sollicités pour prendre le relais des pertes d’em-
ploi dans les industries traditionnelles conduit aux estimations suivantes.
En trente ans, de 1968 à 1999, les effectifs employés dans les industries historiques
s’effondrent de 180 000 à 20 000 personnes environ. Dans le même temps les in-
Lescréationsd’emploi dustries dites de reconversion ne progressent que de 20 000 à 40 000 emplois, mar-
quant les limites de la contribution directe de ces industries au rétablissement dedans les industries
l’emploi.de reconversion :
une contribution limitée L’ampleur des écarts au niveau régional ne doit pas faire perdre de vue l’impor-
tance qu’ont revêtu certaines implantations pour les bassins d’emploi particuliè-
rement affectés.
A rappeler que sur la période 1990-2000, c’est plus l’épuisement du reflux des em-
plois dans les secteurs historiques que la croissance de l’emploi dans les secteurs de
reconversion qui limite l’ampleur du solde négatif.
L’augmentation des emplois dans les industries de reconversion
ne compense pas les pertes des historiques
Emplois (en milliers)180
160
140
Industries historiques
120
100
80
60
Industries de reconversion
40
20
0
1968 1975 1982 1990 1999
Source : Insee, Recensements de la population
Industries historiques : mines de fer, sidérurgie, houillères, textile-habillement.
Industries de reconversion : automobile, caoutchouc-plastique, construction élec-
trique et électronique.
Économie Lorraine - Dossier n° 19 - Bilan 38Dossier “Emploi-chômage”
La Lorraine se classait en 1975 parmi les régions françaises les plus industrialisées.
Cette spécialisation industrielle s’accompagnait d’une forte concentration dans quel-
Une diversification ques secteurs d’activité historiques : sidérurgie, charbon et textile, au point que l’on a
pu quelquefois parler de «mono-industrie».de l’emploi en Lorraine
De 1975 à 1999, les pertes d’emploi dans les secteurs industriels traditionnels, accom-
pagnées d’une hausse de l’emploi tertiaire, et de la montée de l’emploi dans les industries
dites de reconversion, permettent à la Lorraine, sans perdre sa spécificité industrielle, de
diversifier son portefeuille d’activités. Le secteur tertiaire occupe ainsi, en 1999, en Lor-
Qui s’apparente raine, la même proportion de l’emploi qu’en Rhône-Alpes ou en Midi-Pyrénées. L’industrie
structurellement même est aujourd’hui moins concentrée, et la Lorraine se place en milieu de tableau, par-
mi les régions françaises, pour la diversification industrielle.aujourd’hui à la région
Rhône-Alpes Le tertiaire lorrain au service des entreprises s’est développé dans une logique d’ac-
compagnement des modes de production : externalisation d’activités des services opé-
rationnels (gardiennage, sécurité) et développement de l’intérim, croissance du
transport routier de marchandises et des fonctions logistiques. Ce type de tertiarisa-
tion positionne la Lorraine au service du fonctionnement de l’appareil productif, et peu
dans la logique d’investissementsimmatérielsàlongterme(services supérieurs aux en-
treprises), à l’exception notable de la recherche universitaire et de la santé.
FRANCHE-COMTED’une région industrielle ...
ALSACECORSE 60Baisse du poids PROVENCE-ALPES-CÔTE D'AZUR HAUTE-NORMANDIE
50du secondaire
LANGUEDOC-ROUSSILLON PICARDIE40
Part de l’emploi 30
RHONE-ALPESILE-DE-FRANCEdans le secondaire
20
en 1975 et 1999
10AQUITAINE CENTRE(%)
0
MIDI-PYRENEES PAYS DE LA LOIRE
BRETAGNE LORRAINE
LIMOUSIN CHAMPAGNE-ARDENNE
POITOU-CHARENTES AUVERGNE
BOURGOGNENORD-PAS-DE-CALAIS
% secondaire 1975
BASSE-NORMANDIE
% 1999
… à une région industrialo-tertiaire
Et hausse dans ILE-DE-FRANCE
PROVENCE-ALPES-CÔTE D'AZURFRANCHE-COMTEle tertiaire 100
CHAMPAGNE-ARDENNE CORSE
80
Part de l’emploi LANGUEDOC-ROUSSILLONPAYS DE LA LOIRE
60dans le tertiaire
en 1975 et 1999 NORD-PAS-DE-CALAISAUVERGNE 40
(%)
20
AQUITAINEBASSE-NORMANDIE
0
PICARDIE MIDI-PYRENEES
BOURGOGNE LORRAINE
CENTRE RHONE-ALPES
% tertiaire 1975
% tertiaire 1999 BRETAGNEALSACE
HAUTE-NORMANDIELIMOUSIN
POITOU-CHARENTESSource : Insee - Recensements de la population
39 Économie Lorraine - Dossier n° 19 - BilanDossier “Emploi-chômage”
Entre 1990 et 2002, l’emploi total a progressé de 5,9% en Lorraine contre 11,1%Tertiarisation
pour l’ensemble de la France. Cette période a été marquée, en Lorraine comme ende l’économie …
France, par la baisse de l’emploi industriel associée à une hausse de l’emploi tertiaire,
entraînant ainsi une tertiarisation de l’économie.
Les pertes d’emploi dans l’industrie sont plus fortes en Lorraine (-18%) qu’en France
… mais due à une plus forte (-12%). Au contraire, la progression de l’emploi dans les services reste plus faible
baisse de l’emploi industriel (+23% contre +28%). Ainsi, la tertiarisation de l’emploi lorrain progresse au même
et une moindre hausse de rythme qu’au niveau national, mais, en Lorraine plus qu’en France, en raison de la ré-
l’emploi tertiaire duction de l’emploi industriel.
Plusieurs secteurs industriels historiques ont fortement contribué à la baisse des ef-
fectifs industriels sur cette période. La métallurgie et transformation des métaux a ain-
si perdu 27% de ses effectifs salariés depuis 1990, pour la majeure partie avant
1994. La fermeture progressive des dernières mines de charbon a également forte-
ment contribué à la baisse des effectifs industriels. Un peu moins de 22 000 salariés
ont été perdus durant cette période dans ces deux secteurs. Autre point faible de la
Lorraine, les industries textiles et l’habillement-cuir ont perdu 10 000 salariés. En re-
vanche, le secteur automobile a connu une forte progression de l’emploi et compte enHausse de l’automobile ...
2002, 5 000 salariés de plus qu’en 1990.
Les services ont fortement progressé entre 1990 et 2002. La progression la plus re-
marquable concerne les services opérationnels (intérim, nettoyage, …) dont les effectifs
salariés ont doublé entre 1990 et 2002, en Lorraine comme en France, gagnant… et des services
23 000 emplois. Autres services tournés vers les entreprises, les activités de conseilsmais dans le prolongement
et d’assistance ont connu une progression forte des effectifs salariés (+9 000 emplois),des activités industrielles
notamment entre 1999 et 2002, mais restent nettement moins présentes en Lor-
raine que dans l’ensemble de la France. Une partie de ces emplois résultent d’externa-
lisation de tâches autrefois effectuées dans les entreprises industrielles.
Les services personnels et domestiques ont fortement
progressé (+14 000 emplois), au même rythme qu’au ni-
Évolution de l’emploi total entre 1990 et 2002
veau national. Le secteur santé-action sociale a créé plus
de 16 000 emplois sur cette période. L’administration pu-
blique, bien que créant 14 500 emplois, a progressé à un
Services (+90 700 emplois) rythme moindre que celui enregistré pour l’ensemble de la
France (+18% contre +23%). L’écart est encore plus net en
ce qui concerne les effectifs de l’éducation, ils n’ont pro-
gressé que de 4% en Lorraine contre 11% pour l’en-Commerce (+8 800 emplois)
semble de la France. La progression des effectifs a
également été moindre qu’en France dans les secteurs de
l’hôtellerie-restauration et des activités récréatives, cultu-
BTP (-4 500 emplois)
relles et sportives.
Industrie (-40 600 emplois)
France
Agriculture (-7 300 emplois)
Lorraine
-40% -30% -20% -10% 0% 10% 20% 30%
Note de lecture : l’emploi dans les services a progressé de 23%
en Lorraine, gagnant 90 700 emplois
Source : Insee, Estimations d’emploi total
Économie Lorraine - Dossier n° 19 - Bilan 40Dossier “Emploi-chômage”
La montée de l’emploi tertiaire et les diminutions d’effectifs dans l’industrie modifient le
Les employés paysage de l’emploi lorrain. Les ouvriers sont ainsi en 1999 presque au même niveau
que les employés, alors qu’ils étaient encore 1,3 fois plus nombreux en 1990.rattrapent les ouvriers
Le nombre d’emplois techniques est globalement en diminution. La baisse plus rapide
du d’ouvriers non qualifiés (-17 000 emplois) par rapport à celle enregistrée
pour les ouvriers qualifiés (-10 000 emplois) entraîne une hausse de la qualification ou-
vrière. Les effectifs des ouvriers non qualifiés de type industriel ont ainsi diminué de
Une qualification ouvrière 22% entre 1990 et 1999. Symbole de l’externalisation et de la montée de l’intérim, en
en hausse 1999 moins de la moitié seulement des ouvriers non qualifiés travaillent dans l’in-
dustrie, et un tiers dans le tertiaire.
La qualification progresse également par la hausse des fonctions techniques supérieures.
Les effectifs des techniciens progressent de 21% (+4 900 emplois) alors que les contremaî-
tres et agents de maîtrise sont moins nombreux (-1 700 emplois). De même, la Lorraine a
gagné 1 200 ingénieurs et cadres techniques d’entreprise, ce qui représente cependant
une progression moindre que celle que l’on observe pour l’ensemble de la France.
La hausse de l’emploi de production immatérielle résulte en partie de l’augmentation
de certains emplois peu qualifiés. La Lorraine compte ainsi, en 1999, 16 500 emplois
(+57%) des personnels des services directs aux particuliers de plus qu’en 1990. Le
nombre d’employés administratifs d’entreprises diminue de 5 200 emplois. Les em-
ployés du commerce sont en revanche plus nombreux (+3 600 emplois), sans que cette
hausse ne compense les pertes subies par les commerçants (-4 200 emplois). Par ail-
leurs, les professions intermédiaires administratives et commerciales des entreprises
augmentent (+11 100 emplois), cependant le nombre de cadres administratifs d’entre-
prise reste stable.
La qualification de l’emploi lorrain résulte également des évolutions dans les domaines de la
Les qualifications
santé et de l’emploi public. Si les effectifs desemployésetagentsdelafonctionpublique
aussi en hausse
progressent de 11% (+7 900 emplois), et ceux de la police et de l’armée de 34% (+6 100
dans l’emploi public
emplois), on observe également des fortes hausses pour les professions intermédiaires de
la santé (+29%, soit 8 000 emplois) et pour les professeurs et professions scientifiques
(+35%, 6 500 emplois) et les cadres de la fonction publique (+25%, 2 400 emplois).
La région Lorraine compte, en 1999, 38 000 emplois métropolitains supérieurs (emplois
Nancy bien classée
de haute qualification), qui représentent 4,6% des emplois lorrains. A Nancy ces emplois
pour les emplois supérieurs sont en hausse de 11%. Sur la recherche et l’information, Nancy se place ainsi en cin-
dans la recherche quième et troisième position des aires urbaines françaises. A Metz, moins riche en em-
et l’information plois métropolitains supérieurs, la croissance est de +21%.
Évolution de l’emploi salarié et non salarié entre 1990 et 1999 par CS
Évolution depuis 1990
Effectifs en 1999Catégorie socioprofessionnelle (CS)
En emplois En % En France en %
Agriculteurs 15 677 - 8 583 - 35 - 38
Indépendants 45 006 - 7 873 - 15 - 13
dont artisans et commerçants 39 205 - 8 618 - 18 - 14
Cadres 80 283 + 11 211 + 16 + 16
dont ingénieurs, cadres techniques 14 308 + 1 212 + 9 + 19
dont professeurs, professions scientifiques 25 320 + 6 520 + 35 + 20
Professions intermédiaires 187 466 + 23 501 + 14 + 19
dont santé, action sociale 35 467 + 8 011 + 29 + 30
Employés 238 990 + 28 878 + 14 + 13
dont personnels des services directs aux particuliers 45 418 + 16 509 + 57 + 45
Ouvriers 248 965 - 26 774 - 10 - 10
dont ouvriers non qualifiés de type industriel 62 166 - 17 238 - 22 - 21
Source : Insee Recensements de la population 1990 et 1999
41 Économie Lorraine - Dossier n° 19 - BilanDossier “Emploi-chômage”
Le chômage est un solde qui rend compte du déséquilibre entre offre et demande
de travail et donc entre population active et emploi (emploi lorrain et emploi frontalier
pour l’essentiel). Il résulte donc des évolutions des différentes composantes de cette
population active et de l’emploi.

6 000 actifs La région Lorraine a connu au cours des années quatre-vingt-dix une croissance an-
nuelle de sa population active de l’ordre de +6,2‰, ce qui représente en moyenne unesupplémentaires par an
croissance d’un peu moins de 6 000 actifs supplémentaires chaque année.sur la dernière décennie...
Cette période a été marquée par un net regain de création d’emploi en Lorraine par
rapport aux périodes de crise précédentes. La contribution de l’emploi à la population
active a été en Lorraine de +2,4 pour 1 000 actifs soit juste un peu en dessous seule-
ment de la moyenne nationale (+3,2 pour 1 000 actifs).
… avec une création Bien que marquant une amélioration sensible de la situation du marché de l’emploi en
annuelle de seulement Lorraine et sans précédent depuis le début des années soixante-dix, cette évolution fa-
vorable de l’emploi aurait cependant été largement insuffisante pour absorber à elle2 300 emplois…
seule la totalité de la croissance de la population active lorraine. L’emploi augmentant
effectivement en valeur absolue de seulement 2 300 emplois en rythme annuel au
cours de la période, soit bien en-deçà des 6 000 actifs supplémentaires en moyenne
annuelle alimentant la population active lorraine au cours de cette même période.
L’équilibre du marché du travail qui aurait résulté de cette évolution de la population ac-… mais le travail frontalier
tive du seul fait d’un ajustement par le chômage et l’emploi intérieur se serait traduit
a absorbé plus de 60 %
dès lors par une très forte augmentation du chômage (+33 000 chômeurs). Le taux de
des actifs supplémentaires.
chômage aurait alors atteint 14% de la population active en 1999 contre seulement
11,7% effectivement observé en 1999.
Dans les faits, et comme cela avait déjà été en partie le cas lors de la période précé-
Au total le chômage est dente, la montée du chômage a été fortement tempérée en raison de l’importante
resté globalement contenu croissance des navettes à destination des bassins d’emploi étrangers : la part des na-
vettes frontalières dans la croissance du nombre d’actifs occupés lorrains étant supé-
rieure à 60%.
Variation de la population active et de ses composantes au cours de la période 1990-1999
Composantes de la population active
Population
Emploi Navettes Navettes Militaires active
Chômage
régional métropole frontalières du contingent
Variation 1990-1999 + 20 360 - 2 341 + 31 131 - 6 385 + 10 404 + 53 169
Variation annnuelle + 2 262 - 260 + 3 459 - 709 + 1 156 + 5 908
Contribution annuelle (‰) + 2,4 - 0,3 + 3,6 - 0,7 + 1,2 + 6,2
Source : INSEE - Recensements de la population 1990, 1999 - exploitation complémentaire
Note de lecture : Au cours de la période 1990-1999 plus de 20 000 emplois ont été créés en Lorraine, soit près de 2 300 emplois supplémentaires en rythme annuel. La population
active lorraine a augmenté durant cette période au rythme annuel de 6,2‰, l’emploi contribuant à cette hausse à hauteur de 2,4‰.
Note : Par définition la somme algébrique des contributions des composantes de la variation de la population active est égale à la variation de la population active.
Économie Lorraine - Dossier n° 19 - Bilan 42Dossier “Emploi-chômage”

Période récente : 7 000 Sur la période 1999-2002 la population active lorraine a augmenté à un rythme sensi-
actifs supplémentaires blement supérieur à celui des années quatre-vingt-dix : +7 000 actifs par an soit
par an… +6,9‰ en évolution annuelle.
Le nombre d’actifs occupés (+20,8‰ par an) au cours de cette période évoluant
beaucoup plus rapidement que celui des actifs, le marché du travail lorrain a ainsi
connu une évolution particulièrement favorable. Cette forte augmentation de la
population active occupée a donc permis un reflux important du chômage
(-30 000 chômeurs), le taux de chômage diminuant d’environ 3 points et passant à
… pour 13 000 emplois 8,8% de la population active lorraine.
supplémentaires par an
Contrairement à la période précédente, la croissance de la population active a été
dans la région dopée principalement par l’emploi régional : +39 000 emplois entre 1999 et 2002,
soit une contribution annuelle moyenne de l’emploi à la croissance de la population ac-
tive de l’ordre de +12,8‰.
… soit une conjonction
Le niveau exceptionnel de cette contribution de l’emploi régional à la croissance de latrès favorable sur le marché
population active lorraine reste cependant inférieur à celui observé au niveau national
du travail régional...
(+18,2‰ par an) sur ces trois années.
Dans le même temps la contribution du travail frontalier est cependant restée impor-
tante et s’est même accentuée. Le solde des navettes domicile-travail accuse un défi-
cit supplémentaire de 16 500 actifs sur l’ensemble de la période soit un déficit annuel
moyendel’ordrede5500actifs.Cesoldes’expliqueà90%parlacroissancedesna-… qui s’est traduite par
vettes frontalières. Le déficit annuel moyen observé au cours de la période
une forte baisse du
1990-1999 était de 3 200 actifs.
chômage concomitante
Cette croissance de l’emploi offert aux Lorrains, exceptionnelle par son ampleur dansd’une accentuation du
l’histoire économique de la région, mais portée en partie par le dynamisme luxembour-mouvement frontalier.
geois, reste cependant d’un niveau comparable à la croissance de l’emploi dans
l’ensemble de la France.
Solde des navettes domicile-travail : actifs travaillant hors de la région - actifs venant
travailler en Lorraine.
Population active : la population active regroupe la population active occupée (person-
nes ayant un emploi, apprentis et militaires du contingent) et les chômeurs.
Variation de la population active et de ses composantes au cours de la période 1999-2002
Composantes de la population active
Population
Emploi Navettes Navettes Militaires active
Chômage
régional métropole frontalières du contingent
Variation 1999-2002 + 39 000 + 1 500 + 15 000 - 4 500 - 30 000 + 21 000
Variation annuelle + 13 000 + 500 + 5 000 - 1 500 - 10 000 + 7 000
Contribution annuelle (‰) + 12,8 + 0,5 + 4,9 - 1,5 - 9,8 + 6,9
Source : Insee - PSAR “Emploi-population” investissement “Bouclage du marché du travail 1999-2002”.
43 Économie Lorraine - Dossier n° 19 - BilanDossier “Emploi-chômage”

En 2010 une population Selon le scénario central de projection d’actifs dans chaque région calé sur le niveau
national, le nombre d’actifs en Lorraine devrait être en 2010 sensiblement équivalentactive lorraine revenant
à celui observé en 1999 : 1 010 000 actifs, soit une baisse d’environ -0,3%. La popu-à son niveau de 1999…
lation active lorraine après avoir atteint son maximum en 2005 (1 030 000 actifs)au-
rait alors déjà amorcé un lent déclin qui s’accélérerait par la suite pour atteindre, en… seules quatre régions
2020, 932 000 actifs seulement (soit 80 000 actifs de moins qu’en 1999). Ce scénariofrançaises connaîtraient
positionnerait ainsi la Lorraine parmi les régions françaises où l’évolution du nombrealors une évolution de
d’actifs serait la plus défavorable : la Lorraine serait devancée seulement par quatre
la population active plus
régions : l’Auvergne (-3,2%), le Limousin (-2,2%), la Bourgogne (-1,4%) et la Cham-
défavorable…
pagne-Ardenne (-1,2%).
Cependant ce scénario pessimiste mérite d’être tempéré par un certain nombre de
… mais la baisse pourrait
caractéristiques propres à la région Lorraine. En premier lieu, la faible activité des fem-
être jugulée en Lorraine en
mes dans la région pourrait être sujette à un phénomène de rattrapage plus élevé
raison de la présence de qu’ailleurs. Les taux d’activité chez les hommes les plus âgés pourraient également se
gisements de main-d’œuvre redresser : ils portaient encore en 1999 les derniers stigmates des mesures de mise
plus importants qu’ailleurs… en préretraite massive des années 80-90.
Selon leur intensité, ces deux effets pourraient retarder aux environs des années
… la population active 2010 seulement le retournement de la population active (début de la phase de diminu-
pourrait alors atteindre tion). Dans le cas le plus favorable, la population active lorraine pourrait alors atteindre
1 050 000 actifs en 2010 1 050 000 actifs en 2010, soit 4% de plus qu’en 1999.
L’effet des scénarios alternatifs de projection
sur la population active des régions
Contributions moyennes à la active (en points annuels) des scénarios alternatifs
sur l’activité des 55-59 ans et les taux d’activité féminins (période 1999-2010)
impact de la remontée des taux d'activité féminins0,25 Nord-Pas-de-Calais
0,20
Lorraine
Provence-Alpes-Côte d'Azur
0,15 Languedoc-Roussillon
Picardie
Champagne-Ardenne
Haute-Normandie0,10
Franche-Comté
Alsace
Métropole
BourgogneBasse- NormandieRhône-Alpes
Auvergne0,05
Midi-Pyrénées
Aquitaine Poitou-Charentes
Bretagne
Centre
Limousin
Pays de la Loire
0,00
0,15 0,16 0,17 0,18 0,19 0,20 0,21 0,22 0,23
impact de la remontée des taux d'activité des 55-59 ans
Source : Insee - 2003, renouvellement des forces de travail - PSAR “Emploi-population”,
Ile-de-France et Corse hors échelle
Note de lecture : Au cours de la période 1999-2010, la remontée des taux d’activité des femmes selon un scé-
nario alternatif de rattrapage des taux d’activité féminins de l’Ile-de-France pourrait contribuer jusqu’à une hau-
teur de 0,17% l’an à la croissance de la population active lorraine, tandis que l’alignement des taux d’activité
des 55-59 ans sur ceux des 50-54 ans pourrait contribuer à hauteur de 0,21% l’an à l’évolution de la popula-
tion active lorraine.
Économie Lorraine - Dossier n° 19 - Bilan 44

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.