Femmes : très exposées aux facteurs de pauvreté

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Précarité professionnelle et monoparentalité sont parmi les principaux facteurs de pauvreté des moins de 65 ans. Or les femmes sont relativement plus concernées que les hommes par le chômage et les contrats précaires et elles composent la quasi-totalité des familles monoparentales. C'est pourquoi elles sont 71 000 à appartenir à des ménages lorrains dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté, contre 53 000 hommes. Les jeunes femmes sont particulièrement touchées.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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12N Femmes :

Précarité professionnelle et monoparentalité sont parmi les principaux
facteurs de pauvreté des moins de 65 ans. Or les femmes sont
relativement plus concernées que les hommes par le chômage
et les contrats précaires et elles composent la quasi-totalité des familles
monoparentales.
C’est pourquoi elles sont 71 000 à appartenir à des ménages lorrains
dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté, contre 53 000
hommes. Les jeunes femmes sont particulièrement touchées.
L es situations de pauvreté que connais- monétaires de la pauvreté privilégient donc le
sent les femmes renvoient aux difficultés des niveau «ménage». Mais l’importance relative
ménages auxquels elles appartiennent, et non à des femmes dans la population sous le seuil de
un effet propre de discrimination homme- pauvreté (621 euros par unité de consommation)
femme contrairement à ce que l’on observe nécessite une explication : sur les 225 000
pour les écarts de salaires. Le ménage étant Lorrains de moins de 65 ans à bas revenus,
l’unité où se compose le budget, les approches plus de 71 000 sont des femmes, auxquelles
Le chômage des femmes dans la moyenne des autres régionsCe "4 pages" est issu
d'un partenariat avec
Taux de chômage des femmes et écart avec le taux masculin, selon les régionsle Conseil Économique
6,0et Social de Lorraine Écart avec les hommes (en points)
Nord-Pas de Calais
5,0
Aquitaine
Languedoc-Roussillon4,0 Franche-Comté
Pays de la Loire
Midi-Pyrénées
CentreBretagne Basse-Normandie
Champagne-Ardenne3,0
Bourgogne
Lorraine
Picardie
Poitou-Charentes Provence-Alpes-Côte d'Azur-
Corse
2,0
Rhône-Alpes
Auvergne
Limousin
Haute-Normandie
1,0
Alsace
Taux de chômage des femmes (%)
0,0
8 10 12 14 16
Ile-de-France
-1,0
Source : Insee Enquête Emploi 2002
Vs’ajoutent 53 000 hommes et un tant sur les salaires moyens ou Précarité professionnelle :
peu plus de 100 000 enfants. Le élevés (surtout dans la deuxième surtout les jeunes femmes
taux de pauvreté des femmes est moitié de la vie active). Il est relati-
d’un peu moins de 11% contre un vement faible pour les bas salai- Les Lorraines ayant un emploi oc-
peu plus de 8% pour les hommes. res:lesfemmesles moinsbien cupent par ailleurs plus souvent
Un quart des femmes pauvres vi- payées ont des salaires à peine des contrats «précaires» (15%
vent seules, un tiers élèvent seules plus faiblesque leshommesles contre 12% pour les hommes), no-
leurs enfants et 42% vivent en moins bien payés. Ainsi les 10% tamment plus de contrats à
couple. desheuresdetravail lesmoins durée déterminée (CDD)etd’em-
bien rémunérées des femmes le plois aidés. Pour ces deux types
sont à moins de 5,42 euros, soit de contrats, c’est chez les plus
Plus de chômage
7% de moins que pour les hom- jeunes que la proportion de ces
mes (5,84 euros). emplois, comme l’écart entre lesLe premier facteur de pauvreté
est l’absence de travail (chômage)
Seules, avec un travail et en situation de pauvreté :ou le travail précaire et peu rému-
les trois quarts ont moins de 35 ans
nérateur (travailleur pauvre). Or les
Pyramide des âges des Lorraines vivant seules et sous le seuil de pauvreté, selon l'activitéfemmes sont plus touchées que
leshommespar cesdeuxtypes
Âge en années
Femmes sans travailde précarité professionnelle. Le avec55-64
taux de chômage des femmes est
tout d’abord nettement plus élevé 45-54
quecelui deshommes(près de 3
35-44points d’écart). Il s’établissait ainsi
en 2002 à 9,5%. Cet écart de
25-34
taux de chômage n’est pas spéci-
15-24fique à la Lorraine, la région se si-
tuant dans la moyenne des autres
0 2 000 4 000 6 000
régions.
Source : CAF 1999 - MSA 2000A un chômage plus fréquent s’a- Près d’un tiers
joute pour les femmes un emploi des femmes
plus souvent à temps partiel (29% à temps partiel
Des bas salaires à peine plus faibles pour les femmes
des salariées contre 8% pour les
Niveau du salaire horaire net moyen et du premier décile de salaire horairehommes selon les DADS 2001),
donc moins rémunérateur et ainsi
15 Eurosfacteur de précarité. Selon des
études nationales, ce temps par- Moyenne hommes
Lecture : entre 36 et 45 ans,Moyenne femmes10tiel est contraint pour un tiers le salaire horaire net moyen
er des femmes s'élève
1 décile hommesd’entre elles mais c’est un choix
à 8,80 euros;
5 10% des heures travailléespour une majorité, comme le er
1 décile femmes
par les femmes sont rémunérées
ermontre aussi la proportion relati- à moins de 5,58 euros (1 décile).
0vement forte chez les femmes
18-25 26 -35 36-45 46 -55 56 ansd’une demande d’emploi à temps
ans ans ans ans et +
partiel:26% desfemmesde-
mandeurs d’emploi contre 4% Source : Insee - DADS 2001
deshommes(ANPE 2003 hors ac-
tivités réduites).
Les jeunes femmes très touchées
par la précarité professionnelle
Peu d’écart Proportion de CDD et de contrats aidés pour les hommes et les femmes par âge
homme-femme 25 %
CDD femmessur les bas salaires
CDD hommes
20
Emplois aidés femmes
L’écart de salaire entre les hom-
Emplois aidés hommes
mes et les femmes est aussi po- 15
Lecture : 11% des femmes
tentiellement un facteur de 25 à 34 ans ayant un emploi
sont en CDD.10spécifique de précarité profes-
sionnelle pour les femmes, dont
5le salaire net horaire est en
moyenne plus faible : une femme
0
gagne en moyenne 18% de moins <25 25-34 35-44 45-54 >55
ans ans ans ans ans
qu’un homme. L’écart de salaire
Source : Insee - Recensement de la population 1999
horaire est cependant plus impor-
2femmes et les hommes, sont les travail et à bas revenus sont sur- les sont 23 700 dans ce cas, re-
plus importants. tout desjeunes(72% ont moins de présentant le tiers de l’ensemble
Pour lesfemmesvivantseuleset 35 ans) alors que les femmes vi- des femmes en difficulté. Elles
sans enfant, la précarité profes- vant seules et sans travail le sont n’ont pour la plupart pas de reve-
sionnelle (absencedetravail ou tra- nettement moins (seules 39% ont nu du travail.
vail précaire) se traduit directe- moins de 35 ans). La mono- On notera que cette pauvreté liée
ment en termedepauvreté parentalité : à la monoparentalité féminine ne
monétaire. Ainsi, sur les 71 000 un facteur concerne pas la majorité des en-Un tiers élèvent seules
femmes en situation de pauvreté, aggravant fants pauvres : 56% vivent avecleurs enfants
17% (12 200) vivent seules et de pauvreté deux parents tandis que 44% vi-
sans revenu du travail et 7% Le deuxième argument, après la féminine vent avec un seul parent. Cela
(5 200) vivent seules avec un re- plus grande précarité profession- s’explique par le fait que les famil-
venu du travail. Pour les hommes, nelle, qui explique la pauvreté que les monoparentales pauvres ont
ces proportions sont respective- connaissent les femmes, est le généralement moins d’enfants que
ment de 31% et 11%. La solitude fait qu’en cas de séparation du les couples pauvres.
est ainsi moins répandue chez les couple, c’est presque toujours la
La situation de pauvreté des famil-femmes en difficulté. Cet écart femme qui a la charge des en-
les monoparentales s’explique d’a-s’explique notamment par le fants. Si des pensions alimentai-
bord par la charge financière liéenombre important de femmes éle- res compensent une partie de
aux enfants qui pèse sur ces fem-vant seules leurs enfants, ce type cette charge, il reste que plus
mes. La moins grande proximitéde famille étant quasiment inexis- d’un quart des femmes élevant
desfemmesaveclemarchédutant chez les hommes. Les fem- seules leurs enfants sont en situa-
travail rend par ailleurs difficile lames seules avec un revenu du tion de pauvreté. En Lorraine, el-
recherche d’un emploi après une
séparation ou un divorce. Les
Familles monoparentales à bas revenus : femmes sont en effet moins sou-
souvent un seul enfant vent que les hommes sur le mar-
ché du travail (taux d’activité plusFemmes élevant seules leurs enfants Nombre
et sous le seuil de pauvreté par type de famille de femmes faible) et ont connu pour certaines
des interruptions d’activité. EnFamille monoparentale 1 enfant 7 671
sans revenu du travail Lorraine, le taux d’activité particu-
2 enfants 4 654
lièrement bas des femmes lors-
3 enfants ou plus 3 740
qu’elles sont en couple accentue
Ensemble 16 065
ce phénomène.
Famille monoparentale 1 enfant 4 345
avec revenu du travail
2 enfants 2 446
L’extrême pauvreté
3 enfants ou plus 891
plus masculine
Ensemble 7 682
Parmi les 71 000 femmes en si-
Total Lorraine 23 747
tuation de pauvreté, 30 600 (soit
Source : CAF 1999 - MSA 2000
43%) perçoivent un des trois mini-
ma sociaux : 29% d’entre elles
sont bénéficiaires du RMI,8%de
Près de 30 000 femmes en situation de pauvreté
l’API et 6 % de l’AAH (1). Un peu
vivent en couple plus de 40 000 soit 57% ne per-
çoivent aucun minimum social.Environ40% desfemmesensitua- revenus du travail. La fréquence plus
tion de pauvreté vivent en couple. rare des couples avec deux revenus
Les deux tiers des femmes en si-
Dans plus de la moitié des cas, le du travail et pauvres illustre la sécuri-
tuation de pauvreté et sans mini-couple a un revenu du travail ou deux té que procure la double activité.
mum social travaillent et
bénéficient pour 38% d’entre ellesRépartition
d’allocations de logement et pourdes femmes Couple Couple Couple
en situation 2 revenus 1 revenu 0 revenu Ensemble 33% de prestations de logement
de pauvreté du travail du travail du travail avec prestations familiales. Les
vivant en couple
femmes à bas revenus qui sont
Aucun enfant 926 2 274 2 366 5 566 dans le dispositif d’un minimum
1 enfant 1 088 3 275 2 355 6 718 social (RMI, API ou AAH) sont pour
81% d’entre elles sans travail.2 enfants 1 665 4 762 2 250 8 677
3 enfants ou plus 885 4 596 3 238 8 719
Ensemble Lorraine 4 564 14 907 10 209 29 680 (1) Minima sociaux : Revenu minimum
d’insertion (RMI), Allocation de parentSource : CAF 1999 - MSA 2000
isolé (API), Allocation aux adultes handi-
capés (AAH).
3Un enjeu fort autour MÉTHODOLOGIE
de l’insertion professionnelle
Mesure de la pauvreté monétaireLa situation parfois très difficile que vi-
vent les femmes met en évidence des
L’étude de la pauvreté monétaire a charge de moins de 14 ans, auxquels
enjeux en matière d’action publique : l’in-
été réalisée à partir des fichiers des s’ajoute 0,2 pour les familles monopa-
sertion des femmes sur le marché du
Caisses d’allocations familiales (CAF) rentales. Les unités de consommation
travail (effet immédiat et sur la retraite)
au 31 décembre 1999 et des Mutua- permettent de comparer le niveau de
avec en parallèle les aides à la concilia-
lités sociales agricoles de Lorraine au viedeménagesdetailleetdestructure
tion entre vie familiale et vie profession-
31 décembre 2000. Certaines caté- différentes en tenant compte des éco-
nelle, et la situation souvent très
gories d’allocataires ont volontaire- nomies d’échelle au sein des familles.
précaire des femmes élevant seules des
ment été exclues du champ. Il s’agit Le seuil de pauvreté est statistiqueenfants. Ces dernières appellent une at-
notamment des allocataires dont les (la demi-médiane). La médiane esttention particulière, non seulement pour
revenus sont non renseignés, des la valeur qui permet de distinguerles femmes concernées, mais aussi
étudiants ne bénéficiant que d’alloca- les 50% les plus riches des 50% lespour les enfants, dont la situation a des
tions logement, dont les revenus ne plus pauvres dans l’ensemble de laconséquences à long terme pour une
sont pas bien appréhendés, et des population. Pour les études à partirsociété. Lesallocationsfamilialeset lo-
personnes de 65 ans et plus. desfichiersdes CAF, ce seuilestgement contribuent, de fait, à contenir
donné par l’exploitation de l’enquêteLe revenu global mensuel de chaquel’extrême pauvreté féminine.
Budget de famille de 1994, actuaménage (y compris les prestations ver- -
lisée par l’évolution du revenu dispo-sées par les CAF-MSA) est rapporté au
Savoir plus : nible par habitant avant impôtnombre d’unités de consommation cal-
appréhendé par la comptabilité na-culé selon l’échelle d’équivalence ainsi
tionale. Ce seuil était de 621 eurosdéfinie : 1 pour l’allocataire, 0,5 pour
➢“Pauvreté-précarité en Lorraine”- en 1999 (revenus de 1998). C’estles autres adultes et enfants à charge
Économie Lorraine Dossier n° 18 - un seuil national.de 14 ans et plus, 0,3 par enfant à
avril 2004 - 180 pages.
➢“Les Lorraines : encore des places Temps partiel et salaires
à conquérir sur le marché du tra-
Les chiffres sont issus des Déclara- et apprentis, hors agriculture, sylvi-
vail” - Économie Lorraine n° 3 - Mars
tions annuelles de données sociales culture, activité domestique et extra-
2004.
(DADS) de 2001. Le champ couvert territoriale, État et collectivités
➢Site Internet : www.insee.fr
est celui des salariés, hors stagiaires locales.
Demandeurs d’emploi
Ministère de l’Économie,
des Finances et de l’Industrie Les chiffres sont issus de l’ANPE sur plein, à temps partiel, saisonniers ou
l’année 2003. Les demandeurs d’em- temporaires, sauf ceux ayant eu uneInsee
ploi retenus sont les catégories 1, 2 activité réduite.Institut National de la Statistique
et 3 : demandeurs d’emploi à tempset des Études Économiques
Direction Régionale de Lorraine
15, rue du Général Hulot
CS 54229
54042 NANCY CEDEX Précarité des retraitées veuves
Tél : 03 83 91 85 85
Fax : 03 83 40 45 61 La différence d’espérance de vie en fa- lesse et près de la moitié sont veuves.
www.insee.fr/lorraine veur des femmes combinée à une activi- Peu de femmes mariées bénéficient du
té professionnelle plus faible des minimum vieillesse par rapport au
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION femmes, surtout dans les générations nombre d’hommes mariés qui en bénéfi-
Jean-Paul FRANÇOIS les plus anciennes, fragilise les femmes cient, car les femmes en couple qui
Directeur régional de l’Insee retraitées. Les femmes représentent n’ont pas travaillé en bénéficient surtout
67% des bénéficiaires du minimum vieil- au moment du décès de leur mari.
COORDINATION RÉDACTIONNELLE
Joël CREUSAT Nombre de minimum
William ROOS vieillesse par sexe Hommes Femmes Total
Valérie GUILLEMET et état matrimonial
Célibataires 915 1 982 2 897
RESPONSABLE ÉDITORIAL ET
Marié(e)s 2 184 588 2 772RELATIONS MÉDIAS
Jacqueline FINEL Veufs(ves) 199 3 387 3 586
Divorcé(e)s 171 1 230 1 401RÉDACTRICE EN CHEF
Agnès VERDIN Ensemble Lorraine 3 469 7 187 10 656
Sources : CRAM 2003 - CRAV 1999 - MSA 2000SECRÉTARIAT DE FABRICATION
MISE EN PAGE - COMPOSITION
Marie-Thérèse CAMPISTROUS Probablement du fait des alloca- revenu par unité de consomma-Marie-Odile LAFONTAINE
tions familiales et du montant re- tion est inférieur à 373 euros
latif de l’API par rapport au RMI,ABONNEMENTS contre 27% des hommes sous le
Myriam PUJOL les femmes sous le seuil de pau- seuil de pauvreté.
Code SAGE : EL041240 vreté sont moins nombreuses en
N° à la CPPAP AD 176
extrême pauvreté : 22% des fem-ISSN : 0293-9657
Françoise CABESSUTmes sous le seuil de pauvreté© INSEE 2004
William ROOSsont dans des ménages dont le
4

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