La Franche-Comté fortement impactée par la crise

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- 1 - Nº 66 - mai 2010 Nº 66 mai 2010 www.insee.fr/fc insee-contact@insee.fr 0 825 889 452 (0,15€/mn) Entre le premier trimestre 2008 et les derniers mois de 2009, la Franche-Comté est la région métropolitaine la plus touchée par la réduction des emplois salariés du secteur marchand non agricole. C’est également chez elle que, durant cette période, la progression du taux de chômage est la plus importante. La région fait preuve d’hypersensibilité face aux aléas conjoncturels. Son tissu productif, marqué par la forte présence d’activités dites plus fragiles, essentiellement industrielles, en est la cause. Cette caractéristique s’explique par le type d’activités ancrées historiquement dans la région, telle l’industrie automobile. Mais la faible représentation de son secteur tertiaire marchand est également un facteur déterminant. La crise a fait évoluer de manière importante la géographie régionale du chômage. Ainsi, les zones d’emploi de Saint-Claude, Morteau et Pontarlier ont vu leur taux de chômage augmenter considérablement. Au cours de l’année 2009, le plan de soutien à l’automobile a permis une reprise des activités, par un recours accru à l’intérim. Par contre, les activités non soutenues peinent à redémarrer dans un contexte de reprise timide. L’ensemble Dès le début de l’année trimestre 2008.
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Nº 66 - mai 2010
Nº 66
mai 2010
www.insee.fr/fc
insee-contact@insee.fr
0 825 889 452 (0,15€/mn)
Entre le premier trimestre 2008 et les derniers mois de 2009, la Franche-Comté est la région métropolitaine la plus touchée
par la réduction des emplois salariés du secteur marchand non agricole. C’est également chez elle que, durant cette période,
la progression du taux de chômage est la plus importante.
La région fait preuve d’hypersensibilité face aux aléas conjoncturels. Son tissu productif, marqué par la forte présence
d’activités dites plus fragiles, essentiellement industrielles, en est la cause. Cette caractéristique s’explique par le type
d’activités ancrées historiquement dans la région, telle l’industrie automobile. Mais la faible représentation
de son secteur tertiaire marchand est également un facteur déterminant.
La crise a fait évoluer de manière importante la géographie régionale du chômage. Ainsi, les zones d’emploi
de Saint-Claude, Morteau et Pontarlier ont vu leur taux de chômage augmenter considérablement.
Au cours de l’année 2009, le plan de soutien à l’automobile a permis une reprise des activités, par un recours accru à l’intérim.
Par contre, les activités non soutenues peinent à redémarrer dans un contexte de reprise timide.
L’ensemble Dès le début de l’année trimestre 2008. Les États- Ce retournement conjoncturel le revirement du marché de
des économies 2008, les premiers signes Unis et l’Espagne rejoignent marqué est le plus important l’immobilier observé dans
avancées de dégradation de l’activité ces derniers au cours du des quarante dernières an- de nombreux pays depuis le
nettement ralenties économique sont percepti- trimestre suivant. Dans le nées. Il est dû à la conjonc- milieu de l’année 2007.
par la réduction bles au niveau mondial. La même temps, d’autres pays tion inédite de deux chocs : Dans l’ensemble des écono-
du commerce plupart des pays de la zone subissent un net ralentisse- une grave perturbation des mies avancées, la contraction
mondial euro, dont la France, entrent ment de leur activité. Il s’agit marchés financiers liée à la de l’activité s’accompagne
en récession au troisième notamment de la Chine et crise des subprimes et une d’une chute du commerce
des pays émergents d’Asie. récession mondiale. Cette mondial. De nombreuses
situation est amplifiée par entreprises sont ainsi privées - 2 -
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de débouchés pour l’exporta- plus positive de leur future avoir connu deux années de marchand poursuivrait son comtois (respectivement 59% sont de 41% et 31%. Dans la
tion. De plus, les entreprises activité. baisse ininterrompue. recul. En effet, 80 000 pos- et 28%). En moyenne métro- construction, les réductions
pâtissent d’un durcissement Pour la plupart des écono- Le volume des exportations tes seraient supprimés au politaine, ces proportions d’emploi sont d’importance
des conditions financières mies avancées, la sortie de chute fortement en 2009, premier semestre 2010.
pour réaliser leurs inves- récession intervient au troi- après un maintien à un Ceux-ci s’ajoutent à la perte
tissements. Ces deux effets sième trimestre. Elle a lieu même niveau, en 2008 et de 358 000 postes subie
conduisent à une diminution grâce aux plans de relance 2007. La consommation des sur l’ensemble de l’année
marquée de l’investissement mis en place en début d’an- ménages stagne jusqu’au 2009. Le taux de chômage
productif et de l’emploi. Par née 2009 et à l’amélioration troisième trimestre 2009. se stabiliserait au second
contre, la consommation générale des conditions L’investissement en loge- trimestre 2010.
des ménages continue de financières. ments subit un recul après
progresser, dans un premier En France, la récession a vingt ans de croissance. Sur Emploi :
temps. duré un an, à compter du l’année 2009, le marché la plus forte baisse
La crise atteint son paroxysme troisième trimestre 2008. de l’automobile est soutenu en Franche-Comté
au premier trimestre 2009. Des signes d’amélioration par les primes à la casse.
Les États mettent en place des avaient été perçus au se- Ce qui favorise la reprise de La Franche-Comté est la
plans de relance et des me- cond trimestre 2009. La l’intérim. région métropolitaine la plus
sures pour soutenir le revenu dégradation du marché À l’horizon 2010, la crois- impactée par la crise. Entre le
des ménages. Les primes à la du travail intervient peu sance des économies avan- début 2008 et la fin 2009,
casse en sont un exemple. de temps après celle de cées serait modérée et l’emploi concurrentiel régio-
Dès le second trimestre 2009, l’activité. Le marché de peinerait à retrouver son nal diminue de 5,7% contre
les inquiétudes liées à la l’emploi, en hausse depuis rythme tendanciel. Au sein 3,6% au niveau national.
santé des banques s’apai- 2004, connaît un revirement de la zone euro, la situation La Lorraine et la Picardie,
sent. La chute du commerce de situation au cours du serait assez hétérogène, régions également très tou-
mondial est enrayée par le deuxième trimestre 2008. notamment du fait de la chées, suivent de près avec
maintien de la demande des Il est marqué par une forte stagnation de la demande une baisse de – 5,5%.
pays émergents. À partir du baisse de l’intérim. Le taux des ménages. L’activité fran- Sur cette période, l’industrie
mois d’avril 2009, les chefs de chômage augmente dès çaise s’inscrirait dans une et l’intérim contribuent forte-
d’entreprises ont une vision le printemps 2008, après hausse modérée. L’emploi ment à la chute des effectifs - 3 -
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équivalente à la moyenne industries des biens inter-
nationale (8%). Reprise plus médiaires et d’équipement,
e
Dans le commerce et les marquée et plus 4 pour les industries des
services marchands hors rapide de l’intérim biens de consommation,
e
intérim, le recul de l’em- en 2009 19 pour les industries
ploi affecte moins la Fran- agroalimentaires. Concer-
che-Comté que la France En 2008, la Franche-Comté nant le poids de l’intérim
métropolitaine. Au niveau est la première des ré- dans le tertiaire, la région
e
régional, ces deux secteurs gions métropolitaines (sauf occupe la 20 place. Elle se
e
participent pour respective- Corse) à avoir recours à situe en 14 position si l’on
ment 3% et 2% aux pertes l’intérim dans l’industrie. s’intéresse au secteur de la
totales d’emploi, contre Ainsi, parmi celles-ci, elle construction.
re
10% et 9% en moyenne se classe 1 pour l’industrie En cette période de fai-
e
métropolitaine. automobile, 3 pour les ble conjoncture, les en-
treprises franc-comtoises
ont commencé à réduire
fortement le nombre de
missions d’intérim dans
l’industrie automobile et permet une relance de Par contre, dans le même d’adopter cette ultime so-
chez les sous-traitants cor- la filière. Ce qui favorise temps, on observe une lution, d’autres possibilités
er
respondants. Entre le 1 une reprise de l’intérim augmentation moins rapide ont souvent été offertes
trimestre 2008 et les trois au niveau régional. Au au niveau métropolitain aux salariés concernés :
premiers mois de 2009, quatrième trimestre 2009, (+12,5%). prise de congés normaux
les effectifs intérimaires celui-ci repart fortement à Pendant la crise, les en- ou RTT, utilisation de l’an-
diminuent de moitié dans la hausse. Sa progression, treprises ont dû recourir nualisation du temps de
la région (– 8 500 postes). de moitié par rapport à à la flexibilité interne afin travail. Par ailleurs, l’indem-
Début 2009, la mise en son niveau du premier d’éviter au maximum des nisation accordée au titre
place, au niveau national, trimestre, correspond à un procédures de licencie- du chômage partiel a été
du « pacte automobile » gain de 4 100 intérimaires. ments économiques. Avant revalorisée en janvier 2009 zzzz
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et la durée maximum de la augmenter leur activité, automobile et ses sous-trai- eu une répercussion sur les
période chômée portée à faute de personnel corres- tants. Il s’est ensuite diffusé équipementiers et sous-trai-
six semaines. En Franche- pondant lors de la phase dans la plupart des activités tants. À cette même date,
Comté, comme ailleurs, de reprise. économiques régionales, le nombre total d’heures
en attente de la reprise, Jusqu’en septembre 2008, les notamment dans celles en chômées dans la région, tous
l’objectif était de maintenir capacités de productions des lien avec l’industrie (services secteurs confondus, s’élève à
le plus de personnel possi- différentes structures restent aux entreprises, transports). 1 200 000. Au mois de mars
ble dans l’emploi ou à sa suffisamment utilisées et les Aidé par le recul massif de 2009, le chômage partiel at-
périphérie (recours à des salariés chôment relativement la construction neuve régio- teint 1 500 000 heures, pour
formations qualifiantes). peu. La dégradation de l’acti- nale, il est entré dans les diminuer ensuite de moitié
Ces dispositions découlaient vité est survenue rapidement. entreprises du bâtiment. Au fin 2009.
d’une leçon tirée des crises Dans un premier temps, le mois de décembre 2008, la
précédentes. Les entrepri- recours au chômage partiel mise en chômage technique Le chômage
ses avaient alors peiné à s’est cantonné à l’industrie du site PSA de Sochaux a régional
fait un bond
« Pacte automobile »
Pendant la crise, la Franche-
Le secteur automobile a été fortement touché par la crise économique. Les incertitudes structurelles,
Comté enregistre la plus
l’apparition de nouvelles technologies, l’évolution de la demande des consommateurs et les
forte progression du chô-
contraintes environnementales pèsent sur les constructeurs.
mage régional, malgré le
Face à ce constat, un pacte automobile a été signé le 9 février 2009 avec plusieurs mesures
recours à la flexibilité externe
phares :
des prêts de l’État aux constructeurs automobiles pour un montant de 6,5 milliards
et interne par les entreprises
d’euros ;
comtoises.
le renforcement du fonds de modernisation des équipementiers automobiles doté de 600
er
Au 1 trimestre 2008, le taux
millions d’euros. Celui-ci est destiné à consolider la filière et à bâtir des entreprises leaders
de chômage franc-comtois
dans leurs domaines ;
est légèrement inférieur à
la signature d’un code de bonne conduite entre équipementiers, sous-traitants et constructeurs
afin de favoriser une véritable relation partenariale dans l’ensemble de la filière ;
la moyenne métropolitaine renouvellement de nombreux trimestre de 2008, il rejoint
la confirmation de la prime à la casse et du plan véhicule décarbonné (électrique ou
(6,6% contre 7,2%). La baisse CDD le font progresser rapi- la moyenne métropolitaine
hybride).
rapide de l’intérim et le non- dement. Ainsi, dès le dernier et la dépasse tout au long de - 5 -
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l’année 2009 (+0,4 point au Au cours de cette période, la sante « géographique ») de l’emploi. Ceci se vérifiait vient aucunement dans cette rels ont eu moins d’influence
e
quatrième trimestre 2009). Franche-Comté connaît la place la région au 16 rang quel que soit l’effet, structurel constatation. Durant la crise, défavorable dans la région
plus forte baisse de l’emploi métropolitain. ou géographique. les facteurs autres que structu- que dans beaucoup d’autres
L’emploi comtois régional liée à sa structure Pendant quatre ans, entre le La forte présence de l’in-
pénalisé productive. La région occupe troisième trimestre 2002 et le dustrie et la faiblesse du
par la structure la dernière place, juste après même trimestre de 2006, hors tertiaire marchand sont tou-
de ses activités la Picardie (– 1,16 point). période de crise, la Franche- jours un frein à la progres-
L’évolution de l’emploi liée Comté occupait la dernière sion de l’emploi régional. Le
Entre le premier trimestre 2008 aux autres effets (compo- place en terme d’évolution contexte conjoncturel n’inter-
et le dernier trimestre 2009,
l’emploi salarié régional dans
le secteur marchand non agri-
cole progresse de 2,18 points
de moins qu’en moyenne
métropolitaine. Cette évolution
résulte de la conjugaison de
l’effet structurel et de l’effet
géographique propres à la
Franche-Comté (cf méthodo-
logie). L’incidence de chacun
est respectivement de – 1,58
point et – 0,60 point.
Pendant la crise, l’évolution
de l’emploi, plus défavorable
en Franche-Comté qu’au
Note de lecture : la droite de pente (– 1) en rouge passant par zéro sépare les régions avec un taux
niveau national, s’explique
de croissance de l’emploi supérieur ou inférieur à la moyenne. Six régions (Corse, Languedoc-Roussillon,
principalement par un effet
Provence-Alpes-Côte d’Azur, Midi-Pyrénées, Aquitaine et Bretagne) ont à la fois un effet structurel
et géographique positif. En Franche-Comté, l’effet structurel défavorable (– 1,58 point) se conjugue
de la structure des activités
à un effet géographique négatif (– 0,60 point). Au total, son taux de croissance de l’emploi
économiques régionales.
est inférieur de 2,18 points au taux de croissance moyen national.- 6 -
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(Poitou-Charentes, Lorraine, tivité de l’emploi et du chô- « fragiles ». Ces dernières, productifs départementaux. Plus forte progression du chômage dans le Jura
Taux de chômage localisé par département
Champagne-Ardenne, Bour- mage. Ceci s’explique par identifiées comme telles au Ainsi, tous les départements
er e
gogne, Lorraine et Picardie). le fait que le tissu productif niveau national, correspon- comtois ont une sensibi- 1 trimestre 2008 4 trimestre 2009
Département
En Franche-Comté, la crise régional comporte une part dent aux activités qui ont le lité marquée aux fluctuations
Taux Rang sur 95 Taux Rang sur 95
(en %) départements (en %) départements
provoque une très forte réac- importante d’activités dites plus perdu d’emplois pendant conjoncturelles. De plus, les
Doubs 6,8 46 10,4 25
la crise. activités correspondantes sont
er
Jura 5,5 81 8,9 57
Au 1 trimestre 2007, 39,5% souvent fortement tournées
La Haute-Saône, département le plus exposé
Haute-Saône 6,5 53 9,7 37
à la fragilité des emplois concurrentiels vers les marchés extérieurs.
Indicateur de fragilité par département
Territoire de Belfort 7,7 26 10,8 19
régionaux sont liés à ce type Et certaines d’entre elles
er e Source : INSEE (Estimations de taux de chômage)
1 trimestre 2008 4 trimestre 2009
d’activités. Précisément, l’in- sont presque exclusivement
Département
Valeur Rang sur 95 Valeur Rang sur 95 dustrie chimique, la fabrication franc-comtoises (horlogerie,
(en %) départements (en %) départements
de matières plastiques, l’indus- lunetterie). ayant bénéficié d’un plan de Une concentration élevée de
Doubs 38,6 3 35,6 3
trie du bois et l’ameublement Au sein même des activités relance ont évolué favora- l’emploi est particulière à la
Jura 36,8 6 33,7 8
constituent la principale source de fabrication de matériels de blement. zone de Montbéliard. Cette
Haute-Saône 40,4 1 36,4 2
de fragilité pour la région. Ces transport, la filière automobile, Ces résultats confortent le configuration conduit à une
Territoire de Belfort 35,8 9 34,2 6
activités représentent 18,0% incluant constructeurs, équi- constat posé fin 2007 sur forte sensibilité aux chocs
Source : INSEE (Estimations d’emploi)
des effectifs salariés, hors pementiers et sous-traitants, l’attractivité économique de conjoncturels.
Note de lecture : L’indicateur de fragilité mesure la part (en %) dans
secteurs agricoles et services a particulièrement souffert. la région. La Franche-Comté La Franche-Comté se posi-
l’emploi salarié, hors secteurs agricoles et services non marchands, des
non marchands. Celle-ci cumulait des difficultés dispose d’atouts importants, tionne parmi les régions les
secteurs contribuant le plus à la baisse de l’emploi au niveau national.
Il s’agit dans la nomenclature d’activités économiques agrégée
La fabrication de matériels de structurelles et conjoncturelles malgré sa petite taille en terme moins fragiles socialement. Et,
en 17 postes, révisée en 2008, des secteurs suivants :
transport, incluant l’industrie importantes. Le Pacte automo- de population ou d’emploi. paradoxalement, la réduction
C3 Fabrication d’équipements électriques, électroniques, informatiques ;
fabrications de machines ;
automobile, compte pour bile (cf. encadré) a eu un impact Cette analyse faisait notam- de l’emploi et la progression
C4 Fabrication de matériel de transport ;
9,3%. positif sur la situation de la filière ment ressortir les risques po- du chômage, intervenues au
C5 Fabrication d’autres produits industriels ;
LZ Activités immobilières ;
L’intérim représente 6,1% de en Franche-Comté. Il a permis tentiels portant sur certaines cours de la période récente,
I78 Intérim.
er l’effectif total. une moindre détérioration de activités ou zones d’emploi n’ont pas fondamentalement
Au 1 trimestre 2008, avec 40,4% des emplois salariés, hors secteurs
agricoles et services non marchands, la Haute-Saône arrive en tête
La diversité de ces activités l’activité. Ce dont témoigne la (Montbéliard et Saint-Claude changé cet état de fait régio-
des départements métropolitains les plus exposés à la fragilité.
conduit à une forte présence reprise de l’intérim. principalement). En effet, nal. Il faut dire aussi que les
Elle occupe le second rang derrière le département des Ardennes
e
avec 36,4% au 4 trimestre 2009.
de secteurs fragiles, y com- Pour autant, dans la région, ces deux zones présentent départements comtois étaient
Pour en savoir plus : http://www.insee.fr/fr/methodes/default.
pris au sein des appareils seuls les secteurs industriels une spécialisation forte. peu touchés avant la crise.
asp?page=nomenclatures/agregatnaf2008/agregatnaf2008.htm- 7 -
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Par ailleurs, la Franche-Comté représentent 1,8% du volume pacté l’économie comtoise au hommes. Elle est liée à la dé-
est fortement dépendante métropolitain. Leur nombre cours de cette période. térioration de l’emploi dans
des décisions extérieures. est conforme au poids de la l’industrie, au fort recul de
Parmi les 22 régions métro- région dans le parc d’établis- Le chômage l’intérim et à des retours de
e
politaines, elle occupe le 9 sements national. s’aggrave chez frontaliers dans la région. En
rang. Elle peine à créer des Le caractère industriel de la les jeunes, et plutôt fin de période, les hommes
entreprises, notamment dans région induit une importante chez les hommes chômeurs deviennent majo-
e
le secteur tertiaire (19 rang exposition aux risques ex- ritaires. Ils représentent une
sur 22). Mais lorsqu’il y a térieurs. De 2007 à 2009, En Franche-Comté, entre la part supérieure à la moyenne
créations, celles-ci sont rela- les exportations comtoises fin d’année 2007 et la fin métropolitaine (54,6% contre
tivement plus pérennes qu’en représentaient 2,5% du total d’année 2009, le nombre 53,3%).
moyenne nationale. En 2007 métropolitain. Le recul du de chômeurs de catégorie A Dans la région, les jeunes
et 2008, les défaillances d’en- commerce mondial a, par progresse fortement. La crise comtois sont plus touchés
treprises sont contenues. Elles conséquent, fortement im- touche particulièrement les par les difficultés d’insertion
et les fins de contrats pré-
caires (CDD, intérim) que
Des activités économiques tributaires des décisions extérieures
leurs homologues au niveau chômeurs plus âgés. Ainsi, la le marché du travail font
métropolitain. Entre la fin proportion de demandeurs baisser le poids relatif du
Franche-Comté France métropolitaine
Indicateur
2007 et la fin 2008, la part d’emploi âgés de 25 à 49 chômage de longue durée.
Rang
Valeur Valeur
sur 22 régions
des moins de 25 ans, parmi ans a diminué de 1,1 point La faiblesse des offres d’em-
Nombre de défaillances d’entreprises en date de jugement en 2007 779 – 42 484
les demandeurs d’emploi de et celle des 50 ans et plus a ploi et le redémarrage diffi-
Nombre de défaillances d’entreprises en date de jugement en 2008 842 – 48 294
catégorie A, passe de 18,5% diminué de 0,3 point. cile de l’économie régionale
Taux de création d’entreprises en 2008 (en %) 9,4 19 11,0
à 21,9%. Et en fin d’année En Franche-Comté, pen- conduisent à maintenir dans
Part des salariés travaillant dans un établissement de 200 salariés
22,0 9 22,8 2009, grâce à la reprise de dant la crise, le chômage le chômage de nombreux de-
ou plus au 31/12/2006 (en %)
l’intérim dans la filière auto- de longue durée progresse mandeurs d’emploi. En effet,
Taux de recrutement en CDD en 2006 (en %) 21,4 20 28,2
mobile, celle-ci s’établit à alors qu’il se stabilise en en fin d’année 2009, 28,6%
Taux de licenciement économique en 2006 (en %) 0,7 3 0,6
19,8%. Durant la période de France métropolitaine. Pen- des demandeurs d’emploi de
Taux de dépendance 2007 (en %) 45,3 9 –
fin 2007 à fin 2009, la crise dant un an, dès la fin 2007, catégorie A sont dans cette
Taux de contrôle 2007 (en %) 9,5 18 –
a moins fortement affecté les les nombreuses arrivées sur situation depuis plus d’un
Source : INSEE - DARES?
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an, contre 26,7% au niveau Doubs occupe le premier rang par les difficultés inhérentes plois intérimaires et les activités relative de la qualification des de travailleurs frontaliers en
national. des 95 départements métropo- à l’industrie automobile. Ces de sous-traitance. Dans ces emplois jouent considérable- provenance de Suisse, pays
litains. Son taux de chômage dernières touchaient aussi bien activités, la forte spécialisation ment contre elles-mêmes. en récession, conduisent à
La géographie progresse de 3,6 points. Dans les emplois directs que les em- économique et la faiblesse Au premier trimestre 2008, une progression importante
du chômage le Jura et la Haute-Saône, les zones d’emploi de Belfort du taux de chômage dans ces
régional modifiée l’évolution est respectivement et de Lure-Luxeuil connaissent deux zones d’emploi. Avec
par la crise de 3,4 et 3,2 points. Ces deux un chômage relativement une hausse de ce dernier
départements prennent donc, marqué, avec respectivement de 6,5 points, la zone de
e e er
Au premier trimestre 2008, dans l’ordre, la 4 et 6 place. un taux de 7,7% et 7,6%. Entre Morteau occupe le 1 rang
avec un taux de chômage Dans le Territoire de Belfort, la le début d’année 2008 et la fin des progressions des zones
de 6,6%, la Franche-Comté dégradation est de moindre d’année 2009, ces deux zones métropolitaines. Toutefois,
e
occupe le 12 rang des régions ampleur (+3,1points pour un voient leur niveau de chômage en fin de période, son taux
e
métropolitaines. Au dernier tri- 12 rang). progresser respectivement de de chômage dépasse légè-
e
mestre 2009, elle arrive au 7 Cette progression importante 3,1 points et de 3,4 points. Sur rement le niveau national. La
rang, avec un taux de 10,0%. du chômage régional conduit la période, la zone de Belfort zone de Pontarlier prend la
e e e
En deux ans, elle enregistre la à un certain bouleversement de passe du 2 au 4 rang ré- 21 place (+3,5 points).
plus forte hausse de métropole sa géographie. Parmi les zones gional et celle de Lure-Luxeuil Hormis la zone d’emploi de
e
(+3,4 points), loin devant la d’emploi de Franche-Comté, garde son 3 rang. Saint-Claude, les autres zo-
Picardie (+3,1 points), la Lor- et durant toute la période de Au cours des trois premiers nes du Jura connaissent une
raine et le Languedoc-Rous- crise, la zone de Montbéliard mois de 2008, les zones évolution du chômage moins
sillon (+2,9 points chacune). affiche le plus fort taux de d’emploi de Morteau et de défavorable qu’en moyenne
La progression moyenne au chômage. Elle est suivie par Pontarlier enregistrent des régionale. Au quatrième
niveau métropolitain est de celle de Saint-Claude qui voit taux de chômage relative- trimestre 2009, la zone de
2,4 points. son taux de chômage presque ment faibles (respectivement Lons-le-Saunier est la moins
Face au chômage, tous les dé- doubler durant la période (de 3,6% et 4,8%). Ils figurent touchée de la région. Son
partements comtois voient leur 6,1% à 11,2%). Celle-ci était parmi les taux les plus bas taux de chômage est alors
situation se détériorer. Entre le toutefois relativement épar- relevés au niveau métropoli- de 7,6%.
premier trimestre 2008 et les gnée jusqu’alors. Ces deux zo- tain. Les réductions d’emploi
trois derniers mois de 2009, le nes sont fortement marquées local, conjuguées au retour Pierre QUILLERYzzzzzzzz
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Un regard sur la récession de l’hiver 1992-1993 Méthodologie
La précédente récession économique remonte à l’hiver 1992-1993. La situation économique s’est alors dégradée L’effet structurel est une moyenne des écarts entre les taux d’évolution
à partir de l’automne 1992, où l’activité marchande commence à se réduire. Puis elle se replie fortement au observés sur la période pour chaque activité économique comtoise et le taux
premier trimestre 1993 (– 4,4%). moyen d’évolution métropolitain, pondérée par le poids de chaque activité
La confiance des acteurs économiques est entamée par l’incertitude sur les taux de change ; l’euro n’existait économique en Franche-Comté.
pas encore. L’instabilité des monnaies anglaise, italienne et espagnole entame la compétitivité des entreprises L’effet géographique est une moyenne pondérée des écarts entre le taux
françaises. Par ailleurs, le marché extérieur souffre d’une sévère récession en Allemagne, après avoir connu d’évolution observé en Franche-Comté sur la période et celui observé sur
les effets favorables de la réunification jusqu’à mi-1992. Face aux incertitudes, tant sur le marché intérieur - la l’ensemble du territoire pour chacune des activités économiques. C’est un effet
consommation atone -, que sur le marché extérieur, les entreprises déstockent et réduisent les investissements résiduel : il correspond à l’écart à la moyenne qui reste inexpliqué une fois
productifs. Ces derniers baissent de 8% en six mois. qu’on a pris en compte l’effet de la variable de structure.
Le recul de la production s’accompagne d’un repli de l’emploi. Celui-ci intervient d’abord sur les contrats
temporaires (intérim, CDD), en baisse de 60 000 au premier semestre 1993. Les emplois stables perdent 90 000
postes de travail au cours du même semestre et 80 000 postes supplémentaires au cours du second semestre.
Toutefois, dans le même temps l’emploi précaire gagne 15 000 postes. La montée du chômage pèse sur les déficits Pour en savoir plus
publics, malgré un relèvement des taux de la CSG. Il en est de même pour les mesures de soutien de l’économie
S. LACROIX, Les conséquences de la crise sur l’emploi dans les régions,
(remise de TVA). L’endettement de l’état et des collectivités locales s’accroît de près de 2 points de PIB.
Cette rapide chronique de la récession de INSEE, Insee Première, mai 2010, n° 1295.
W. CADET, P. QUILLERY, Attractivité économique : forces et faiblesses de la
1993 n’est pas sans ressembler à celle de
2008. Cependant, ces deux périodes de Franche-Comté, INSEE Franche-Comté, L’Essentiel, septembre 2007, n° 98.
W. CADET, P. QUILLERY, Attractivité économique des zones d’emploi :
récession sont très différentes. En 2008,
davantage d’atouts pour Belfort et Besançon, INSEE Franche-Comté, L’Essentiel,
il s’agit d’un ralentissement mondial de
l’économie, alors qu’en 1992-1993, la septembre 2007, n° 100.
L’Année Économique et Sociale en Franche-Comté, INSEE Franche-Comté,
récession était circonscrite à l’Europe.
Plus limitée géographiquement, la récession Édition 2008.
Tableau de bord d’indicateurs conjoncturels régionaux, INSEE Franche-Comté.
de 1993 fut plus brève : deux trimestres de
e
Les Chiffres du Commerce Extérieur, Franche-Comté, 4 trimestre 2009.
baisse du PIB au lieu de quatre. La baisse de
l’activité était moins intense. En effet, au plus
fort de la récession, le PIB avait baissé de 0,7
point entre les trois derniers mois de 1992
er
et le 1 trimestre 1993. Par contre, celui-
ci recule d’un point et demi pendant deux INSEE Franche-Comté 8 rue Garnier BP 1997 25020 BESANÇON Cedex
Tél : 03 81 41 61 61 Fax : 03 81 41 61 99
trimestres consécutifs en 2008/2009.
Directeur de la publication : François Houssin
Dans un contexte international favorable en 1993, selon les premiers indicateurs d’une « sortie de crise », les acteurs
Rédactrice en chef : Christiane Poncet
avaient repris confiance dès le second trimestre. En 2009, la visibilité de l’avenir demeure incertaine, malgré les
Mise en page : Yves Naulin
évolutions positives relevées dans quelques secteurs d’activité. Le chômage risque de continuer à progresser tout
© INSEE 2010 - dépôt légal : mai 2010
au long de l’année 2010. L’emploi peinera certainement à retrouver son niveau d’avant la crise.

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