Les employés et ouvriers non qualifiés

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Un niveau de vie inférieur d’un quart à la moyenne des salariés En 2007, un salarié sur cinq est employé ou ouvrier non qualifié, soit 5,5 millions de salariés. Des ouvriers non qualifiés de l’industrie aux aides à domicile, l’éventail des métiers exercés par ces salariés est large. Mais les employés et les ouvriers non qualifiés ont en commun le fait d’être plus fréquemment en contrat court, à temps partiel ou en situation de sous-emploi que les autres salariés. Ces conditions d’emploi moins favorables expliquent une partie de l’écart de revenu salarial annuel (- 44 %) avec la moyenne des salariés. La prise en compte des ressources globales des autres membres du ménage, ainsi que des prélèvements et prestations sociales, réduit cet écart. Au final, un employé ou un ouvrier non qualifié a en moyenne un niveau de vie inférieur de 24 % à celui de l’ensemble des salariés. 13 % des employés et des ouvriers non qualifiés vivent sous le seuil de pauvreté, deux fois plus que la moyenne des salariés. En particulier, un quart des femmes employées ou ouvrières non qualifiées vivant seules ou mères isolées sont pauvres. Enfin, 14 % des employés ou ouvriers non qualifiés souhaiteraient avoir un autre emploi, en plus ou en remplacement de leur emploi actuel, en premier lieu pour augmenter leurs revenus. L'emploi non qualifié : 25 ans d'évolution des métiers Davantage de contrats courts que pour les autres salariés Un employé ou ouvrier non qualifié sur trois travaille à temps partiel Des écarts de niveaux de vie moins marqués que les écarts de salaires Un risque de pauvreté plus important, notamment pour les femmes seules Un autre emploi, pour gagner plus Encadré L’emploi non qualifié : des ouvriers non qualifiés de l’industrie aux aides à domicile
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 1250 - JUILLET 2009
PRIX : 2,30€
Les employés et ouvriers
non qualifiés
Un niveau de vie inférieur d’un quart
à la moyenne des salariés
Yves Jauneau, division Études sociales, Insee
n 2007, un salarié sur cinq est em- non qualifié industriel recule et les emplois de
services au domicile se développent. Desployé ou ouvrier non qualifié, soit
emplois dits « féminins » émergent. C’est cetteE5,5 millions de salariés. Des ou-
seule évolution structurelle qui explique la fémi-
vriers non qualifiés de l’industrie aux ai-
nisation de l’emploi non qualifié au cours des
des à domicile, l’éventail des métiers dernières années, alors même que, dans la
exercés par ces salariés est large. Mais plupart des professions non qualifiées, la part
les employés et les ouvriers non qualifiés des femmes a diminué (encadré).
ont en commun le fait d’être plus fré-
quemment en contrat court, à temps par-
Davantage de contrats courts
tiel ou en situation de sous-emploi que
que pour les autres salariés
les autres salariés.
Ces conditions d’emploi moins favora- En 2007, 23 % des employés et des ouvriers
bles expliquent une partie de l’écart de re- non qualifiés sont en contrat court
(définitions), contre 13 % des employés et desvenu salarial annuel (– 44 %) avec la
ouvriers qualifiés, et 14 % de l’ensemble desmoyenne des salariés. La prise en compte
salariés. Un tiers des ouvriers non qualifiés sont
des ressources globales des autres mem-
en contrat court : l’intérim prédomine pour les
bres du ménage, ainsi que des prélève- ouvriers du secteur industriel, l’apprentissage
ments et prestations sociales, réduit cet dans l’artisanat, les contrats à durée déterminée
écart. Au final, un employé ou un ouvrier (CDD) pour les ouvriers agricoles. Chez les
employés non qualifiés, la part des contratsnon qualifié a en moyenne un niveau de
courts est moins importante (18 %). Les CDDvie inférieur de 24 % à celui de l’ensemble
sont cependant répandus chez les serveurs et
des salariés.
les autres employés non qualifiés de la restaura-
13 % des employés et des ouvriers non qua- tion et du tourisme, les assistants maternels et
lifiés vivent sous le seuil de pauvreté, deux les caissiers et autres vendeurs non qualifiés.
fois plus que la moyenne des salariés. En
particulier, un quart des femmes em- Un employé ou ouvrier non qualifié
ployées ou ouvrières non qualifiées vivant sur trois travaille à temps partiel
seules ou mères isolées sont pauvres.
La part du temps partiel est deux fois plusEnfin, 14 % des employés ou ouvriers non
élevée pour les ouvriers et les employés non
qualifiés souhaiteraient avoir un autre
qualifiés que pour l’ensemble des salariés
emploi, en plus ou en remplacement de (tableau 1). Le sous-emploi est aussi plus fré-
leur emploi actuel, en premier lieu pour quent (définitions) : 13 % des employés et des
augmenter leurs revenus. ouvriers non qualifiés travaillent à temps partiel
et souhaiteraient travailler plus, contre 6 % de
l’ensemble des salariés. En outre, même pour
En 2007, on compte 3,6 millions d’employés et les salariés travaillant à temps complet, la
1,9 million d’ouvriers non qualifiés (définitions), durée hebdomadaire habituelle de travail est
soit 22 % de l’emploi salarié. plus faible chez les employés et les ouvriers
Depuis 1982, la structure par profession de non qualifiés (37,7 heures) que pour l’en-
l’emploi non qualifié s’est transformée : l’emploi semble des salariés (39,1 heures).
INSEE
PREMIERELa surreprésentation du temps partiel et (16 500 euros) est comparable à celui des important chez les plus jeunes et ceux
les moindres durées d’emploi sont en ouvriers non qualifiés (16 300 euros), en sous-emploi. Le taux de pauvreté est
partie liées au fait que les employés et les alors que les premiers ont un revenu sala- équivalent chez les ouvriers non quali-
ouvriers non qualifiés sont plus souvent rial de 13 % inférieur à celui des seconds. fiés et les employés non qualifiés.
des femmes (62 % contre 49 % de l’en- Si l’écart entre les employés ou ouvriers Parmi les employés et les ouvriers non
semble des salariés) ou des jeunes non qualifiés et les autres salariés est qualifiés, les hommes sont un peu plus tou-
(18 % ont moins de 25 ans, contre 11 %). plus faible pour le niveau de vie « final » chés par la pauvreté que les femmes
Mais à âge et genre équivalents, le temps que pour le revenu salarial de départ, (14 % contre 13 %, tableau 2).Ceci
partiel, le sous-emploi ou le fait de travail- c’est en partie parce que le calcul du masque des effets de structure importants :
ler un nombre d’heures moins important niveau de vie prend en compte les reve- 66 % des employées et des ouvrières non
sont toujours plus marqués chez les nus d’activité des autres membres du qualifiées vivent en couple, et 8 % vivent
employés et les ouvriers non qualifiés. ménage. En effet, les ouvriers et les sous le seuil de pauvreté. En revanche,
Ces derniers sont également plus sou- employés non qualifiés, ayant de plus fai- 25 % des employées et des ouvrières
vent sans emploi. En particulier, leur bles revenus d’activité, vivent plus fré- non qualifiées vivant seules (avec ou
taux de chômage est supérieur à celui quemment que les autres salariés avec sans enfant) sont sous ce seuil. Chez les
des employés et des ouvriers qualifiés. une personne disposant de revenus plus hommes employés ou ouvriers non
En 2007, 17 % des ouvriers non qualifiés élevés. Par ailleurs, la redistribution
sont au chômage, soit 2,2 fois plus que réduit également les écarts : les ménages Du revenu salarial au niveau
les ouvriers qualifiés et 5 fois plus que peuvent recevoir diverses prestations et
de vie « final »
les cadres. minima sociaux et ils payent des impôts
Écart à la moyenne des salariés (en %)directs. Déclarant en moyenne des reve-
100
nus plus faibles, les employés et ouvriers Revenu salarial
80 Niveau de vie « avant redistribution »non qualifiés sont plus fréquemmentDes écarts de niveaux de vie
Niveau de vie « final »
bénéficiaires de prestations sociales ou 60moins marqués que les écarts
de la prime pour l’emploi. En outre, les
40de salaires
ménages dans lesquels ils vivent sont Employés, Employés,
ouvriers ouvriers non20plus fréquemment non imposables à l’im- qualifiésqualifiésEn 2006, le revenu salarial annuel moyen
0pôt sur le revenu ou à des
ProfessionsCadres(définitions) d’un employé ou ouvrier non
taux moindres. intermédiaires–20
qualifié est inférieur de 44 % à celui de
–40l’ensemble des salariés (graphique 1).
Un risque de pauvreté plusUne partie de cet écart tient aux différen- –60
ces de temps de travail (temps partiel, important, notamment pour Lecture : le revenu salarial moyen des employés et des ouvriers
sous-emploi, durées hebdomadaires), non qualifiés est inférieur de 44 % à celui de l'ensemble des sala-les femmes seules
riés. En termes de niveau de vie « avant redistribution »,l’autre à une plus faible rémunération
c'est-à-dire en prenant aussi en compte les revenus d'activité et
horaire moyenne. Le niveau de vie moyen En 2006, 13 % des employés et des les ressources des autres personnes du ménage (y compris al-
(définitions) d’un employé ou ouvrier non ouvriers non qualifiés ayant un emploi au locations chômage et pensions de retraite), l'écart passe à 29 %.
e Enfin, en y ajoutant les prestations sociales, les minima sociaux,qualifié est également inférieur à celui de 4 trimestre 2006 vivent sous le seuil de
la prime pour l'emploi et en y déduisant les impôts directs, l'écart
l’ensemble des salariés, mais l’écart est pauvreté (définitions), contre 6 % des passe à 24 % pour le niveau de vie « final » (utilisé comme base
moins marqué (24 %). En 2006, il s’élève employés et ouvriers qualifiés et 3 % des de calcul du taux de pauvreté monétaire).
eChamp : France métropolitaine, salariés au 4 trimestreà 16 400 euros, contre 21 700 euros pour cadres et des professions intermédiaires
2006 âgés de 15 ans ou plus vivant dans un ménage dont le
l’ensemble des salariés. Le niveau de vie (graphique 2). Comme pour les autres revenu déclaré au fisc est positif ou nul.
moyen des employés non qualifiés salariés, le risque de pauvreté est plus Source : Insee, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2006.
Des durées de travail plus faibles chez les employés et ouvriers non qualifiés
dont
Employés, Employés, dont
Ensemble Professions employés
Cadres ouvriers ouvriers ouvriers non
des salariés intermédiaires non
qualifiés non qualifiés qualifiés
qualifiés
Temps partiel, temps complet (en %)
Temps complet 82 91 86 86 68 57 85
Temps partiel, pas de sous-emploi* 12 711 10 19 25 8
Temps partiel, sous-emploi* 6 23 4 13 18 7
Ensemble 100 100 100 100 100 100 100
Durée hebdomadaire habituelle de travail** (en heures)
Temps complet 39,1 43,2 38,8 38,0 37,7 38,6 36,6 24,3 26,2 25,6 25,1 22,4 22,4 22,8
Temps partiel, sous-emploi* 21,1 20,2 20,3 23,0 20,6 20,7 19,8
Ensemble 36,3 41,6 36,8 36,1 32,6 31,5 34,5
*voir définitions.
** durée déclarée par les salariés pour une semaine normalement travaillée.
Champ : France métropolitaine, salariés âgés de 15 ans ou plus vivant dans un ménage ordinaire.
er eSource : Insee, enquête Emploi du 1 trimestre au 4 trimestre 2007.
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (0) 1 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREqualifiés, le risque de pauvreté est au pauvreté est de 9 %, contre 1 % pour les les ouvriers non qualifiés que chez les
contraire maximal pour ceux qui vivent autres couples de salariés de même caté- autres (13 % contre 5 %). En effet, les
en couple avec une personne sans gorie sociale (cadres/cadres, etc.). Enfin, parents de ces jeunes employés ou
emploi (29 %). parmi les jeunes salariés vivant encore ouvriers non qualifiés sont plus fréquem-
Parmi les couples de deux employés ou chez leurs parents, le taux de pauvreté est ment ouvriers et employés que ceux des
ouvriers non qualifiés en emploi, le taux de deux fois plus élevé chez les employés et autres jeunes salariés (45 % contre 33 %).
Taux de pauvreté des salariés Répartition et taux de pauvreté des salariés selon le type de ménage (en %)
en 2006 Employés et ouvriers
Autres salariés
non qualifiés
en % Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total
10 15 200 5 25 30
Répartition des salariés
Vit chez ses parents 26 8 15 9 6 7Ensemble
Seul, parent de famille monoparentale 19 22 20 18 24 21Cadres, professions
intermédiaires En couple dont : 51 66 61 71 68 70
Temps complet Employés, ouvriers
avec un employé ou un ouvrier non qualifié en emploi 16 10 12 14 5 10
qualifiés
avec une personne ayant un autre type d'emploi 18 56 42 40 63 50Employés, ouvriers
Temps partiel,
non qualifiés avec une personne sans emploi 17 e 7 17 e 10
pas de sous-emploi
Autre 4 4 4 2 2 2
Temps partiel, Ensemble 100 100 100 100 100 100
sous-emploi*
Taux de pauvreté
Vit chez ses parents 12 16 13 4 6 5
18-29 ans
Seul, parent de famille monoparentale 16 25 22 7 7 7
En couple dont : 14 8 10 4 2 330-49 ans
avec un employé ou un ouvrier non qualifié en emploi 9 9 9 4 3 4
50 ans ou plus avec une personne ayant un autre type d'emploi 4 8 7 1 2 1
avec une personne sans emploi 29 n.s. 29 12 n.s. 12
*voir définitions. Autre n.s. n.s. n.s. n.s. n.s. n.s.
Lecture : parmi les employés et les ouvriers non qualifiés travail- Ensemble 14 13 13 5 3 4
elant à temps complet au 4 trimestre 2006, 11 % sont pauvres.
eChamp : France métropolitaine, salariés au 4 trimestre e : effectifs négligeables ; n.s : résultats non significatifs.
e2006 âgés de 15 ans ou plus vivant dans un ménage dont le Champ : France métropolitaine, salariés au 4 trimestre 2006 âgés de 15 ans ou plus vivant dans un ménage dont le revenu
revenu déclaré au fisc est positif ou nul. déclaré au fisc est positif ou nul.
Source : Insee, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2006. Source : Insee, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2006.
L’emploi non qualifié : des ouvriers non qualifiés de l’industrie aux aides à domicile Évolution de la part des femmes
parmi les employés et ouvriersEn 2007, on compte 5,5 millions d’em- fiés de la restauration et du tourisme.
non qualifiésployés et d’ouvriers non qualifiés, selon la L’emploi non qualifié se féminise depuis
nomenclature retenue dans cette étude 25 ans : 62 % des employés et des ou-
en %
(définitions). La part de l’emploi non qua- vriers non qualifiés sont des femmes en
70
lifié dans l’emploi total est stable depuis 2007, contre 53 % en 1982. Mais c’est
le début des années 2000, après une forte l’évolution de la structure de l’emploi non
60
remontée au cours des années 1990 liée qualifié par profession qui explique cette
en partie aux différentes politiques de féminisation. À structure de professions
50baisse du coût du travail. Au cours des inchangée, le taux de féminisation de
dernières années, l’emploi non qualifié l’emploi non qualifié aurait même diminué
Employés et ouvriers
40progresse principalement dans les servi- (graphique). En effet, dans la plupart des non qualifiés : part observée
Employés et ouvriersces à domicile (assistants maternels, per- professions non qualifiées, la part des
non qualifiés : part à « structure
sonnels de ménage, aides à domicile, femmesareculé.C’estàlafoislecasdes 30 par profession inchangée »
etc.), les récentes incitations fiscales professions auparavant exclusivement fé- Ensemble des salariés
ayant stimulé l’emploi dans ce secteur. minines (le taux de féminisation des em- 20
En 2007, on compte ainsi 1,2 million de ployés à domicile est passé de 99 % en 1982 1986 1990 1994 1998 2002 2007
salariés employés des services à domi- 1982 à 94 % en 2007) et de celles au con-
Lecture : les taux « à structure par profession inchangée » sontcile (22 % de l’emploi non qualifié contre traire très masculines (le taux de féminisa-
obtenus en appliquant à la répartition de l'emploi non qualifié de
10 % en 1982). tion des ouvriers non qualifiés passant de
1982 par groupe de professions la part des femmes observée
Les ouvriers non qualifiés de type indus- 39 % à 32 %). chaque année. Les groupes de professions sont constitués des
triel sont de moins en moins nombreux. Au Entre 1982 et 2007, la part des contrats codes à deux chiffres de la nomenclature PCS (CS : 52, 53, 54,
55, 56, 67, 68, 69). L'évolution ainsi mesurée permet de déter-nombre d’un million, ils représentent 20 % courts dans l’emploi non qualifié pro-
miner l'impact de la féminisation, indépendamment de l'évolu-de l’emploi non qualifié en 2007 contre gresse dans la quasi-totalité des profes-
tion par profession de l'emploi non qualifié. Le changement de
37 % en 1982. On compte également sions. Cette progression est plus vive que
méthodologie de l'enquête Emploi en 2003, ainsi que la modifi-
900 000 caissiers ou vendeurs non quali- pour l’ensemble des salariés, et concerne cation de la classification des professions (PCS), induit une
fiés, 800 000 agents de service, 600 000 tout autant les ouvriers non qualifiés (de rupture de série en 2003.
Champ : France métropolitaine, salariés âgés de 15 ansouvriers non qualifiés de type artisanal et 8 % à 33 %) que les employés non quali-
ou plus.
400 000 serveurs et employés non quali- fiés (de4%à18%).
Source : Insee, enquêtes Emploi.
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (0) 1 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREen grande proportion par des employés pos- l’ensemble des salariés, autres revenusUn autre emploi,
sédant un diplôme de la même spécialité que d’activité, prestations, minima sociaux, re-
pour gagner plus leur profession sont considérées comme des venus du patrimoine, net des impôts di-
professions qualifiées, et les autres comme rects) divisé par le nombre d’unités de
14 % des employés et des ouvriers non des non qualifiées. D’autres défi- consommation(UC).Leniveaudevieest
nitions ont été utilisées pour définir la caté- donc le même pour tous les individus d’unqualifiés souhaiteraient avoir un autre
gorie des employés non qualifiés, en se même ménage. Les unités de consomma-emploi (en plus ou en remplacement de
basant plutôt sur des critères de conditions tion sont généralement calculées selon l’é-
leur emploi actuel), soit deux fois plus que
de travail et de salaire. chelle d’équivalence dite de l’Organisation
les autres salariés. Mais à type de contrat Le terme «non qualifié » ne signifie en au- de coopération et de développement éco-
et temps de travail comparables, la propor- cun cas que le salarié en question ne dis- nomiques (OCDE), modifiée, qui attribue
pose d’aucun diplôme ni d’aucune 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UCtion d’employés et d’ouvriers non qualifiés
compétence pour exercer son emploi. Les aux autres personnes de 14 ans ou plus etsouhaitant avoir un autre emploi est équi-
employés et les ouvriers non qualifiés sont 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans.
valente à celle des autres salariés. Cette
d’ailleurs de plus en plus rarement sans di- Un individu (ou un ménage) est considéré
proportion est ainsi très élevée chez les plôme. En 2007, près des trois quarts comme pauvre lorsqu’il vit dans un
salariés en sous-emploi. d’entre eux ont au moins un diplôme (contre ménage dont le niveau de vie est inférieur
55 % en 1982) et 21 % ont au moins le bac- au seuil de pauvreté. Le seuil de pauvretéParmi les salariés souhaitant avoir un autre
calauréat (contre 2 %). est ici défini à 60 % du niveau de vie médianemploi, la raison principale est d’abord finan-
Comme pour les autres catégories sociopro- de l’ensemble des individus.
cière pour les employés et ouvriers non quali-
fessionnelles (cadres, professions intermé-
fiés : 33 % d’entre eux souhaitent un autre diaires, etc.), pour calculer un taux de Sources
emploi pour augmenter leurs revenus. Chez chômage, on utilise la catégorie sociopro-
fessionnelle du dernier emploi occupé.les autres catégories socioprofessionnelles, le
Sont considérés comme contrats courts (ou L’enquête Emploi est la seule source per-désir d’exercer un emploi plus intéressant
« formes particulières d’emploi ») les contrats mettant de mesurer la situation sur le mar-
arrive en tête des motivations des salariés vou-
à durée déterminée, les contrats aidés, les ché du travail selon les définitions
lant changer d’emploi (28 %). stages, l’intérim et l’apprentissage. préconisées par le BIT. Depuis 2003, elle
Le sous-emploi concerne l’ensemble des est réalisée en continu sur toutes les semai-
personnes actives ayant un emploi au sens nes de l’année en France métropolitaine.Définitions
du Bureau international du travail (BIT), et L’enquête Revenus fiscaux et sociaux
qui remplissent l’une des conditions suivan- est effectuée chaque année. Elle s’appuie
tes : elles travaillent à temps partiel, souhai-Pour les ouvriers, la distinction sur le sur les déclarations fiscales d’un échantil-
tent travailler davantage et recherchent unniveau de qualification existe dans la lon représentatif de 36 000 ménages issus
emploi et/ou sont disponibles pour travaillernomenclature des professions et des caté- de l’enquête Emploi de l’Insee. Le champ
plus d’heures ; elles travaillent à temps par-gories sociales (PCS). Les ouvriers non retenu est celui des personnes vivant en
tiel (et sont dans une situation autre quequalifiés regroupent donc ici les ouvriers France métropolitaine et appartenant à des
celle décrite ci-dessus) ou à temps complet,non qualifiés de type industriel (67), les ménages ordinaires dont la personne de ré-
mais ont travaillé moins que d’habitude pen-ouvriers non qualifiés de type artisanal (68) férence n’est pas étudiante et dont le
dant une semaine de référence en raison deet les ouvriers agricoles (69). revenu déclaré est positif ou nul.
chômage partiel, de ralentissement des af-Pour les employés non qualifiés,on
faires, de réduction saisonnière d’activité oureprend ici la nomenclature proposée en Bibliographie
de mauvais temps.2002 par Olivier Chardon. Il s’agit ainsi :
Le revenu salarial correspond au salairedes agents de service (525a, 525b, 525c,
net perçu de l’année, porté sur la déclara-525d), des agents de surveillance et de sé- Lapinte A., Vanovermeir S.,« Du revenu
tion fiscale en 2006, dont on déduit la con-curité (533c, 534a), des standardistes, salarial au niveau de vie », Les revenus et
tribution sociale généralisée (CSG) nonopérateurs de saisie (541d, 542b), cais- le patrimoine des ménages, Insee Référen-
déductible et la contribution au rembourse-siers ou vendeurs non qualifiés (551a, ces, édition 2009.
ment de la dette sociale (CRDS). L’étude552a, 553a, 554a, 554h, 554j, 555a), ser- Estrade M.-A., « Une prospective so-
porte sur le revenu salarial des salariés enveurs et employés non qualifiés de la res- cio-économique du travail et de l’emploi
emploi au 4e trimestre 2006. Une partie detauration et du tourisme (561a, 561d, 561e, peu qualifié », L’emploi, nouveaux enjeux,
ce revenu salarial peut donc se rapporter à561f), assistants maternels (563a), aides à Insee Références, édition 2008.
un emploi salarié différent de celui sur le-domicile, aides ménagères (563b), em- Amossé T., Chardon O., « Les travailleurs non
quel les caractéristiques d’emploi sont ob-ployés de maison et personnels de ménage qualifiés : une nouvelle classe sociale ? », Éco-
servées au 4e trimestre 2006 (changement(563c), concierges et gardiens d’immeu- nomie et Statistique n° 393-394, Insee, 2006.
d’emploi au cours de l’année par exemple).bles (564a), employés des services divers Chardon O., « La qualification des em-
Le niveau de vie correspond au revenu(564a). Cette nomenclature a été établie de ployés », Document de travail n° F0202,
disponible du ménage (revenu salarial dela façon suivante : les professions exercées Insee, 2002.
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